Dismaimer -- Bleach appartient à Tite Kubo et donc pas à moi
Rating -- Âme senssible s'abstenir ; torture physique et psychologique incluses.
Pairing --Mayuri/Grimmjow , Mayuri/Nemu , Nemu/Grimmjow , Grimmjow/(H)ichigo
Résumé Général-- Après le retour tardif des Shinigamis du Hueco Mundo, ils ont perdu la trace d'Aizen-Sama. Le seul indice qu'ils possèdent est un Arrancar qu'ils ont ramené de force à Soul Society. Tentant de lui soutirer des informations sur les Arrancar et les volontés du capitaine en fuite, ils n'auront d'autres choix que de faire appel à un professionnel de la torture. Kurotshuchi Mayuri ne semble pas occuper que le statut de scientifique et médecin et cela, Grimmjow Jaggerjack s'en apercevra assez tôt. De son côté, Kurosaki ne semble pas du tout apprécier la méthode de soutirement d'informations du nouveau conseil juridique.
Entre scientifique et sujet
Chapitre 3
-Bien dormit Kurosaki? chantonna Mayuri.
-Comme vous vous en doutez, grommela l'ado, de mauvaise humeur.
-Tu n'auras pas à rester ici aujourd'hui.
-Vraiment?
-J'ai déjà trouvé une solution qui sera suffisante pour te contrôler.
Il déposa une fiole de pilules entre les mains de son patient.
-Nemu!
-Oui, maître, fit-elle simplement. Il n'y a qu'une porte de sortie pour ton Hollow et ce médicament va la bloquer. Tu dois prendre un comprimé par jour sur l'heure du souper.
-Finalement, cela va bloquer une partie de mon cerveau…
-Oui.
-Et le conseil est déjà d'accord, alors tu peux sortir d'ici, mademoiselle Kuchiki ne devrait pas tarder à arriver. Nemu! Escorte-le dehors.
-S'il vous plaît, grogna Ichigo.
-Quoi?
-Dites-lui s'il vous plaît, la prochaine fois.
Ichigo ne lui laissa pas le temps de répliquer. Il disparut dehors, accompagné de Nemu.
-Tch! Une chose de réglée. Passons à la prochaine.
Presque théâtralement, il fit volte-face vers la salle des tortures. Il ouvrit brusquement la porte. Grimmjow semblait l'attendre.
-Ah! Enfin seuls.
-…
-On ne réplique plus? Tu commences à en avoir marre?
-Je sais que vous êtes au courant.
-De?
-Que je ne sais rien des réponses que vous me demandez.
-Hé, hé, hé, ricana sarcastiquement l'humanoïde. Je le sais oui.
-Connerie. Vous attendez quoi!
-Que le conseil perde patience. Ou que tu perdes ton sang froid. Ça reviendra au même. On finira par me retirer ces stupides restrictions et tu finiras dans des petites bouteilles de verre.
-Je pourrais me bouffer la langue et te laisser dans un deuil très humiliant.
-On voit ça dans les films, mais c'est plus dur à faire qu'à penser, mon pauvre… Tu as apprécié, cette nuit?
-Ça aurait eu plus d'effet avec une femme.
-Ah, oui. Mais en y repensant, tu ne te sens pas idiot?
-Non, j'pouvais pas me défendre. J'suis attaché comme un porc, je te signale.
-Te défendre? Oh, oh, intéressant. Se pourrait-il que le double d'Ichigo t'es fait des siennes?
-Les deux, je dirais, grommela l'intéressé.
-Pas de nouvelles plaies, j'en conçois que çe devait être une douce torture.
Grimmjow soupira. Mayuri faisait exprès de tourner le couteau dans la plaie, sachant que celui-ci allait se retrouver encore seul pendant un bon moment.
-Bon, alors j'ai fait mes devoirs, se gratifia le capitaine. J'ai analysé ta psychologie, jumelée de tes faiblesses physiques. Ça donne un profil assez peu original. Tu veux te connaître un peu mieux? Bien sûr que si. Premièrement, tu réfutais tous contacts physiques lorsque tu faisais partie de l'Espada. Pourquoi? Parce que ça te faisait mal de penser à ces moments. Les moments qu'on t'avait arrachés lorsque le petit garçon que tu étais est décédé, laissant tes parents dans le deuil. Tu croyais pouvoir passer par dessus ton désir d'être près de quelqu'un? Oui, tu le pouvais, tu n'avais qu'à te battre ou te chamailler pour l'oublier. Tu n'es probablement plus puceau, mais tu l'es resté dans ton âme. Tu n'es qu'une pauvre petite bête qu'on a laissée de côté après usage. Alors, alors? Ne suis-je pas un bon scientifique? Tu ne réponds pas, alors je prendrai ça pour un: oui, vous avez raison, Kurotshuchi-sama. Vous avez tout compris de mon être et…
-Et alors, en quoi cela peut-il vous aider? Je n'ai qu'à faire la sourde oreille et le problème sera réglé, stipula machinalement le bleuté.
-J'ai aussi calculé qu'à présent j'étais la personne la plus détestable… à ton égard.
-Pas besoin de calculs pour savoir ça.
-Et que tu réfutes les contacts humains.
Mayuri leva son index, lui disant d'attendre une petite minute. Il sortit de la salle avant de se ramener avec un petit banc de bois. Il s'approcha dangereusement de sa victime avant de monter sur le meuble et d'attraper les liens qui retenaient depuis si longtemps les poignets de son captif. Il y amena des clés et un petit bruit vint confirmer l'horreur de Grimmjow.
-At…Attendez! Si vous me libérez, je vais…
Comme convenu, l'ex-Espade s'écroula sur le sol. La douleur fut si forte que lorsqu'il atterrit sur ses genoux, il faillit s'évanouir. C'est en serrant les dents qu'il put se ressaisir.
-Lève-toi!
-Je… ne peux… pas, s'indigna l'homme.
Mayuri n'attendit pas et lui empoigna le bras. Même si sa victime restait muette, il savait que la souffrance devait être plus que déstabilisante. Et cette nouvelle expression qu'affichait l'être lui fit presque oublier ce qu'il venait vraiment faire aujourd'hui. Il soupira pour faire taire ses pulsions meurtrières. Il le laissa tomber sur le derrière. Grimmjow put souffler un peu, laissant sa tête tomber vers l'arrière. Lorsqu'il releva les yeux, il trouva son tortionnaire ridiculement trop proche. Assis sur son tabouret, il descendit rapidement son pantalon, laissant paraître des jambes humaines. C'était la première fois que Grimmjow avait l'impression d'être en face d'un homme, et non d'une machine. Il y avait du poil, des cicatrices, de la peau. Il du se secouer la tête pour que son regard lâche cette soudaine approche.
-Tu sais ce que tu as à faire, demanda sérieusement Mayuri.
-J'ai des doutes, grommela-t-il difficilement.
-C'est simple, tu es juste à la bonne hauteur.
-Je vois ça.
-Va-y.
-J'aurais aimé dire non, mais ça ne changera pas grand-chose.
-Et pas de dents, sinon…
-Je ne douterai pas de vos intentions meurtrières.
Les minutes passèrent où Grimmjow observait ce qui pendouillait devant lui sans bouger. Sa vision se brouillait quelques secondes, puis revenait à la normal. Une main d'une force surnaturelle vint lui prendre la mâchoire, l'obligeant à regarder les yeux de son supérieur.
-Qu'est-ce que tu attends, meugla-t-il.
-Que veux-tu que je fasse d'une quéquette molle.
Comme si cette affirmation venait de réveiller Mayuri, celui-ci lâcha un petit: ummm. Il délaissa le visage de sa victime.
-Tu as dix minutes pour me faire jouïr ou ce que je ferai sera pire.
-Ça sert à rien de me menacer, c'est mou et c'est tout, voulut-il se défendre, ridiculisant l'homme-marionnette.
-Ça, ça se nomme pénis et il ne restera pas mou si tu t'y mets, grinça des dents Mayuri.
-Pourquoi ne pas demander à quelqu'un d'autre de m'offrir ce châtiment. Cela ne vous fait aucunement plaisir.
-On se fout de qui, en autant que je jouis, bordel! T'as déjà une minute de moins, sale puceau!
Grimmjow soupira avant de prendre une grande respiration. Il déplaça mécaniquement ses mains sur les cuisses de Mayuri. Il les fit bouger sensuellement. Enfin… ce qu'il pensait être sensuel. Il soupira de nouveau. Ça ne servait à rien.
-Il ne reste que sept minutes, Jaggerjack.
Il aurait voulu grimacer, crier son horreur! Kurotshuchi venait de l'appeler par son prénom!
-Ok… Ma-yu-ri.
-Ta voix manque de charme.
-J'suis pas une femme.
-Tout s'arrange lorsqu'on est un scientifique.
Grimmjow ferma les yeux, tentant d'imaginer autre chose. Après tout, ça ne pouvait pas être si pire que cela en avait l'air. Ça serait bien moins douloureux qu'un coup de poing dans les dents. Sa langue claqua contre son palais. À qui… ou à quoi pourrait-il penser? Pourquoi pas… ça. Grimmjow laissa ses doigts onduler entre les cuisses et les fesses de son partenaire. Ses mains cherchèrent à remonter dans la deuxième partie de l'habit, se frayant un chemin parmi la faible musculature. Il y apporta sa bouche, baisant près du nombril.
-Aidez-moi, Mayuri, gronda-t-il.
L'homme au dessus de lui soupira de mécontentement. Lui, ce qui l'allumait, c'était les femmes… mortes. À quoi avait-il pensé pour venir jusqu'ici avec ces intentions? S'il ne faisait pas quelque chose, c'est lui qui allait passer pour l'idiot. Il laissa sa lourde tête tomber vers l'arrière. Essayant d'imaginer autre chose. Mais les femmes mortes ne bougeaient pas.
-Bordel MAYURI! Ça m'énerve, que voulez-vous que je fasse d'autre! C'est mou et y'a rien à faire!
Grimmjow n'eut droit qu'a un furtif petit coup d'oeil qui voulait dire: plus que cinq minutes. Il finit par perdre son sang froid, et a jouer, sans délicatesse avec ses testicules. Lorsqu'enfin il sentit la chose se raidir, il ne se laissa pas le temps de penser. Sans trop attendre, il se mit à lècher et a le mettre dans sa bouche. Il fit quelques va-et-viens rapide.
-Pas les dents, grogna Mayuri, du haut de son trône.
Plus doucement, il poursuivit l'acte. Il fit bouger une main vers ses fesses, tandis que l'autre vint aider sa bouche. Le scientifique ne bougeait pas, et on ne l'entendait pas respirer. La seule chose qui manifestait un certain désir, était ce qui se trouvait dans le goitre de son sujet. Grimmjow commençait à en avoir marre. Il avait beau y mettre du tien, il ne savait pas si ce qu'il faisait était inutile ou non. Puis, les jambes de son partenaire se crispèrent.
-Une… minute, Jaggerjack.
Entendre cette voix ne lui plaisait vraiment pas. Au moment où il s'y attendait le moins, un liquide chaud vint lui brûler la langue. Il se retira aussitôt, mais lorsqu'il voulut cracher, deux mains lui maintinrent la bouche fermée.
-Avale, gronda, Mayuri.
Les mains crispées sur les cuisses de son tortionnaire, il laissa le liquide descendre dans sa gorge. Kurotshuchi remonta son pentalon. Aussitôt fait, il prit sauvagement les poignets de Grimmjow avant de le rattacher aux chaînes. Il observa un moment le corps du jeune homme avant de lui faire un sourire forcé.
-On dirait bien que tu as réussi.
C'est le silence qui lui répondit. Il se sentit si heureux, si méchant. Ça lui faisait du bien. C'était lui qui avait le pouvoir et Grimmjow le savait. Il sortit de la cellule avant de prendre quelques bouffées d'air frais. Il… se sentait si bien que ça?
-Nemu…
La concernée vint le rejoindre. Elle le regarda d'un air interrogateur, comme si c'était la première fois qu'il murmurait son nom plutôt que de le crier. Ses yeux s'agrandirent. Du sang se mit à couler de sa bouche. Je vais encore mourir, se disait-elle. Puis le noir l'envahit. Mayuri retira l'arme des tripes de sa fille avant de la regarder tomber au sol. Un sourire psychotique vint illuminer son visage avant qu'il ne se décide d'agripper les longs cheveux de Nemu. Il l'amena à sa chambre et fit ce dont il avait envie.
OOO
-Je vous dis la vérité, bon sang!
-Ichigo, calme-toi, le supplia Rukia. Ça ne plaît à personne, mais Grimmjow ne veut tout simplement pas coopérer. Il a créé son propre désespoir.
-C'est faux. Je veux simplement… que vous arrêtiez de le torturer, se reprit-il.
-Ne veux-tu donc pas retrouver Orihime, demanda Ukitake.
-Je ne sais pas si je suis prêt à payer le prix que d'avoir laisser quelqu'un se faire torturer jusqu'à la mort.
-Il aurait mieux valu qu'il ne voie pas cet Arrancar, soupira Kyouraku.
-Allez Ichigo, continua Rukia, ce n'est pas à nous de gérer cela.
-Mais!
-Tu dois retourner dans ton monde.
-Pour se débarrasser de moi!
-Ça suffit, gronda Rukia, lui donna une gifle au visage. Nous t'avons aidé, accepte donc ce que tu as et vas-t-en!
Ichigo lui sourit amèrement. Elle aussi, elle souffrait de ce qui se passait. Personne ici n'était d'accord. Ils le faisaient pour le devoir… pas pour Orihime et Grimmjow… avait raison.
-Ok, dit simplement, Ichigo.
OOO
Grimmjow se trouvait plus que pathétique. S'il avait déjà voulu être un roi, il l'était maintenant: le roi des ratés! Il était tombé bien bas. Maintenant une semaine était passée entre ce petit jeu sexuel et aujourd'hui, mais il s'en rappelait comme si c'était hier. Tout avait été calculé, selon Kurotshuchi. Et il avait bien raison. Grimmjow souffrait physiquement, mais encore plus de son infériorité. La seule chose à quoi il pensait, était à son erreur. Celle que d'avoir préféré se rabaisser à une pauvre salope que d'avoir combatu jusqu'à la mort. Qui était-il, encore? Ah oui, c'est vrai… Le roi des ratés.
-Ça fait chier!
Et il n'avait rien d'autre à faire que d'y penser et y repenser. Pas de bataille, ni de chamaillage. Il n'avait que ça à faire ; s'apitoyer sur son sort.
OOO
Le scientifique avait donné une mission à Nemu. Mais cette incompétente n'était pas encore rentrée. Elle n'avait qu'à espionner un des capitaines, mais cela semblait bien trop difficile pour elle. Il décida d'aller se coucher, puisqu'il était trop en colère pour finir ses rapports. Le temps où il dormit fut bien court. Des sueurs froides perlaient dans son dos. Encore ce cauchemar. Il prit quelques respirations avant d'essuyer les gouttes qui gisaient sur son front. Il gratta son menton mal rasé pour mieux se prouver qu'il était réveillé.
-Nemu, fit-il de sa voix perçante. Nemu!
Mais évidemment, personne ne vint lui rendre visite. Ses dents grincèrent. Il se leva. Il était nu et couvert de sueur. L'air d'un prédateur, la tête basse, les yeux hauts, il marcha jusqu'à son laboratoire. Il vérifia ses listes de ses sujets. Mais il n'y avait rien. Que des sujets mâles. Ses ongles menaçaient de déchirer les papiers. Il fit volte-face, se retrouvant face une porte de fer.
OOO
Quelque chose secoua Grimmjow. Celui-ci ouvrit lentement les yeux.
-Qui…
Il serra les dents. Un homme ? Le vrai homme qui se tenait devant lui n'était nul autre que Mayuri en personne. Il prit une grande respiration, sachant déjà se qui se passerait lorsque les clés tinteraient. Les liens se détachèrent et le corps de Grimmjow s'affala sur le sol de pierre. Il ne cria pas sous la douleur. Il n'eut pas le temps de se remettre de ses émotions qu'on l'entraîna par le bras. La peau de ses hanches s'éraflait sur le sol. Il arrivait à ne rien faire. Il était trop préoccupé à fermer sa grande gueule. Comme s'il ne pesait rien, Mayuri le monta à sa hauteur. Grimmjow fut surpris du regard perçant de son tortionnaire. Un regard sombre, empli d'une rancune qu'il ne lui connaissait pas. Le scientifique largua l'Arrancar sur les couvertures de son lit avant de tourner en rond, faisant les cent pas. Ce court instant fit monter en Grimmjow, une peur qui se lisait pour la première fois sur son visage habituellement si dur. Lorsque Kurotshuchi eut fini de tourner en rond, il attrapa son Zanpakutou avant de venir s'asseoir à califourchon sur le maigre ventre de sa victime qui tentait vainement de le repousser. Il planta l'arme dans le matelas avant d'étirer son bras au maximum vers l'arrière.
-Oh… putain, laissa échapper Grimmjow.
Une rafale de coups vint se perdre sur son nez, sa bouche, ses yeux. Tous d'une violence telle qu'un simple mortel n'aurait pas pu y survivre. Lorsque l'agresseur en eut assez, il empoigna son katana, transperçant de bord en bord celui qui luttait pour sa vie sous ses cuisses.
Quelques minutes passèrent. Grimmjow respirait à peine. Du sang coulait de sa bouche qui venait se perdre dans la marre sous lui. Seuls ses doigts tremblaient. Ses yeux étaient presque fermés, mais refusaient de le plonger dans le noir.
-Encore en vie, souffla Mayuri en se penchant près des oreilles de son spécimen. T'es encore conscient?
Grimmjow était conscient. Il n'avait pas la force de répondre et encore moins l'envie. Il avait tellement mal qu'il ne ressentait plus rien. Pas même le liquide rouge onduler sur sa peau, ni même le poids et la chaleur du Shinigami. Lorsque les yeux du bleuté bougèrent, cherchant on ne sait trop quoi, Mayuri recula son visage.
-T'aurais plus de valeurs mort, siffla-t-il entre ses dents.
Un petit moment les sépara chacun dans leur monde. Mayuri se mit à ricaner tout doucement.
-Ah, et puis de toute façon, l'odeur du sang est toujours la même d'une personne à l'autre.
Il retira, nonchalant, l'arme qui tenait l'épaule de Grimmjow contre le matelas. Il la laissa tomber sur le sol avant de se mettre à quatre pattes. Il empoigna violemment la mâchoire de sa victime, l'obligeant à ce qu'il le regarde droit dans les yeux. Les deux hommes nus se défigurèrent longuement. Lorsque Mayuri en eut assez, il approcha son visage de celui défiguré de Grimmjow. Léchant le sang, suçant les lésions, il sembla soudainement heureux. Le bleuté amena sa main dans le dos du scientifique, voulant qu'il cesse ce petit jeu. Il encra les ongles qui lui restaient dans sa peau, ce qui mit son supérieur de mauvaise humeur. Grimmjow sentit ses jambes se soulever, suivi de son bassin. Son dos se courba douloureusement. Aucun son ne sortit de sa bouche, mais un souffle de surprise vint chatouiller ses dents endolories. Il… ouais… ce salaud était en lui. Il n'arrivait pas à y croire. Comment avait-il pu en arriver là? Lui, le grand Grimmjow, à se faire… violer? Il ne put se retenir, un rictuce enflamma sa gorge. Qu'il se trouvait pathétique! Mayuri fit la sourde oreille et commença ses va-et-vient. La cadence était rapide, douloureuse pour les deux partenaires. Grimmjow ne pouvait pas bouger, cloué sous ce poids qui l'avait presque tué plus tôt.
Entendant des lamentations lointaines, Nemu s'approcha de la chambre de son maître. Lorsqu'elle aperçut le tableau, elle ne sut pas comment réagir. Elle resta là, plantée comme une automate. Son père, son maître, son amant… faisaient l'amour avec un vivant. Un vivant qui était loin d'être elle. Ce sujet de laboratoire subissait en ce moment ce qu'elle avait toujours souhaité. Il était en vie, bien en vie! Ses dents se serrèrent. Elle se mit à trembler de dégoût. Elle délaissa cette vision pour aller s'asseoir sur la chaise divine de Mayuri. Elle était en colère. Ça lui faisait mal, ce sentiment n'était pas normal pour elle. Puis, tous ces tremblements cessèrent et furent remplacés par… des larmes silencieuses.
OOO
Rukia n'arrivait pas à dormir depuis qu'elle avait vu Ichigo la dernière fois. Ce regard qu'il lui avait adressé. Elle s'en mordait les doigts. Elle aussi, elle se sentait coupable de ce qui se passait à la tête du conseil. Tous se sentaient impliqués, mais personne ne faisait rien! Si le but d'Ichigo était de faire réfléchir les plus concernés à propos de Grimmjow, il avait bien réussi. Un silence qui tue, se disait-elle. Ce simple OK, qui avait mis fin à la conversation lui donnait mal à la tête.
Voyant encore de la lumière dans la chambre de sa soeur, Byakuya se sentit obligé, cette fois-ci, d'aller voir ce qui se passait. Elle avait les traits tirés depuis la venue d'Ichigo et sa tête d'enterrement commençait à le rendre mal à l'aise. Il toqua à sa porte avant de se donner le droit d'entrer. Elle ne dit rien.
-Rukia, il faut que tu dormes.
-Je ne peux pas.
-Pourquoi.
-…
-Que t'a-t-il dit?
Il lui prit du temps pour répondre, mais elle avait envie que ce massacre se sache.
-De Grimmjow.
-L'Arrancar? Tu ne devrais pas t'en faire pour un ennemi tel que lui, il a fait du mal à tes amis, à Orihime.
-Il n'en reste qu'un humain, non?
-Il en a l'air.
-Il est vivant, cela revient au même. Byakuya, torturer un homme… si longtemps? Je… je ne peux simplement pas fermer les yeux. Nous n'arrêtons pas prôner la paix et l'éradication de la violence, mais nous ne faisons que le contraire depuis que…
-Depuis toujours, Rukia.
-Ça suffit, Byakuya, sort de ma chambre. Ton air indifférent me rend malade.
-…
- Et si on l'avait torturé si longtemps pour rien! Et s'il ne savait vraiment rien!
-Calme-toi Rukia. Si cet homme ne savait rien, Kurotshuchi Mayuri nous l'aurait mentionné dans ses rapports. Grimmjow, ne veut simplement pas coopérer.
-Et si Kurotshuchi Mayuri masquait la vérité.
-…
-Alors!
-Cesse de dire de telles sornettes, tu vas t'attirer des ennuis.
-Je le savais! Ça suffit, je ne resterai pas encore plus longtemps à ne rien faire.
-Rukia.
-Il faut arrêter cela et il le faut maintenant ! J'irai parler à tous les capitaines et…
-Rukia! Ce n'est sûrement pas à toi, simple Shinigami, de t'occuper de cela!
-Mais… Byakuya, fit-elle sur le bord des larmes.
-J'irai moi-même.
Ses yeux s'agrandirent. Elle ne se retint pas et sauta dans les bras de son frère. Elle se sentait légère, comme si tout le poids de ses tracas venait de s'estomper.
-Merci.
-Ça va, répondit Byakuya, un peu embarrassé.
OOO
La tête de grimmjow pendait vers l'avant. Il regardait le sol depuis bientôt plus de vingt-quatre heures, sans bouger. Encore retenu par des chaînes, il sentait son coeur battre jusque dans les plaies de son visage. Il était ensanglanté, sale, très sale. Un liquide qui le dégoûtait avait séché le long de ses cuisses. Il ne pensait plus. Ne vivait plus. Il en avait seulement marre. Une lumière vint éclairer le sol de pierre rougie par le sang. Il entendit des pas, mais ne prit pas le temps de s'assurer de qui c'était. Sans bouger ses lèvres, il murmura:
-J'ai les réponses.
-Tu ne peux pas les avoir, souligna Nemu.
-Je parlerai, souffla-t-il.
-Ça ne changera rien.
Ce soudain changement de ton de la part de la jeune fille fut assez surprenant pour que le crucifier trouve la force de relever la tête vers elle. Il y aperçut le même visage sans vie que Nemu arborait habituellement. Il plissa les yeux, sentant craquer son visage sec. Une lueur sombre volait dans les pupilles de la femme. Elle s'approcha rapidement de lui, attrapant sa gorge, juste au dessus du collier. Elle pressa de toutes ses forces. Grimmjow la regarda faire. Il aurait voulu sourire, mais il ne sentait plus aucun de ses muscles. Il allait enfin disparaître. Enfin. Bientôt. Maintenant. Lorsque les doigts de Nemu lâchèrent leur prise, le bleuté avala, malgré lui, sa salive.
-Fais-le. Tue-moi.
Il la vit trembler. De rage, de peur… ? Il ne savait pas.
-Pourquoi vous.
Grimmjow ne savait pas quoi répondre, ni même de quoi elle parlait.
-Pourquoi vous a-t-il choisi ce soir-là, fit-elle, tentant d'éclaircir sa voix.
Il ne sut pas s'il devait être heureux de déceler un sentiment humain dans les yeux de Nemu, ou s'il devait se sentir lâche de ne pas pourvoir lui donner une réponse.
-C'est à lui de te répondre, murmura-t-il, presque pour lui-même.
-Mais… il ne vous a pas tué, finit-elle par souffler, laissant ses larmes couler à flot. Et il vous a aimé.
Il ouvrit la bouche.
-Il ne m'aime pas.
-Mais, pourquoi alors… pourquoi.
-Parce que… parce qu'il voulait… être le plus fort. Être celui qu'on supplie… Celui qu'on fuit en vain.
Elle releva ses yeux humides vers ceux crasseux de Grimmjow. Pourquoi ce qu'il disait lui faisait si mal? Pourquoi ce qu'il disait semblait si vrai, si prenant!
-Désolé, finit-il par laissé tomber.
-Dis pas ça!
Il sentait qu'il gagnait du chemin. Elle ne prenait même plus le temps de le vouvoyer. Elle était en colère, triste… déçue.
-Si personne ne prend le temps de lui montrer qu'il n'est pas aussi fort qu'il croit l'être, alors il te décevra toute ta vie… tes vies.
Nemu se sentit attaquée. Elle gifla Grimmjow sur la joue. Celui-ci échappa un grognement douloureux malgré lui. Il se fâcha presque, mais ne s'arrêta pas de parler.
-Alors, si c'est toi qu'il doit aimer, montre-lui que tu n'es pas faible, Nemu. Montre-lui que tu n'es pas faite pour qu'on t'utilise et te jete ensuite!
Du sang coulait le long des doigts de la femme. Grimmjow tremblait sous la douleur. Son corps n'en pouvait plus désormais. Il ne mangeait pas, ne buvait que rarement et ne dormait pas. Il ne récupérait pas de ses blessures. Il laissa sa tête tomber vers l'avant. Soufflant pour reprendre le contrôle de ses pensées. Elle le regardait. Elle ne savait plus si elle devait être fâchée, ou insultée ou peu importait, de toute façon. Elle reprit son air monotone habituel. Tout cela était trop pour son petit coeur d'automate.
Fin du Chapitre 3
