Titre : Point of view

Fandom : Harry Potter

Paring : Oliver/Charlie à sens unique, Charlie/Tonks, Charlie/Oliver à sens unique aussi et Marcus/Oliver

Rating : K+

Warning : Triste, peut-être XD Euh, et death de Fred, bien sûr.

Disclamers : Bon ben à part les petits OCs, rien est à moi !

Alors voilà ! J'ai essayé de respecter les bouquins, mais vu que j'ai pas lu le dernier, j'ai dut m'aider de wiki pour tout ce qui touchait au dernier tome =D J'ai eut envie d'écrire ça depuis que j'ai lu que Charlie avait pas eut d'enfants, ni de femmes. Sérieux, je trouvais ça bizarre alors évidemment, mon esprit de slasheuse à trouver une explication au pourquoi, hehe XD. Bon, JKR dit dans un interview que « Charlie n'est pas gay. Je ne crois pas. C'est juste qu'il préfère les dragons aux femmes ». Donc voilà, on va dire que dans ce OS, comme Ollie, ce n'est pas que Charlie est gay, mais c'est juste qu'il aime Oliver. Pareil pour Ollie. C'est un OS beaucoup plus long que les autres, je pensait pas qu'il serait aussi long mais bon. Enfin voilà, j'ai pas trop réussi à écrire la fin comme je le voulais mais j'aime bien la phrase finale x'D Bref. J'espère qu'il y a pas trop de fautes, j'ai relu mais je laisse toujours passer des petits trucs et j'ai vraiment du mal avec le temps… Bon, allez !

A la fic !

X

L'arbre généalogique des Weasley était plus rempli que jamais. Molly ne pouvait s'empêcher de rester debout devant la grande tapisserie à chaque fois qu'elle ajoutait un nouveau nom par magie. Son sourire s'emplissait de fierté et ses yeux de larmes lorsqu'elle voyait des branches s'entrelacer, des nouveaux visages se tisser. Elle restait alors là, seule dans la pièce, ou parfois dans les bras d'Arthur, à observer tous les noms et à se remémorer les naissances, les premiers pas, les premières bétises, les premiers amours de ses enfants et petits enfants. Pourtant, à chaque fois, son regard finissait inévitablement par tomber sur un point. Un nom. Son deuxième fils.

La branche de Charlie Weasley restait obstinément vide.

Molly ne pouvait s'empêcher d'en être contrariée. La première question qu'elle posait à son fils lorsqu'il venait au Terrier restait la même : Alors, as-tu quelqu'un à me présenter ? Au début, Charlie s'était contenté d'hausser ses épaules en riant, protestant qu'il avait d'autre choses à faire et que ces dragons prenaient la plus part de son temps. Ses maudits dragons. Molly ne put s'empêcher de froncer les sourcils en y repensant. Puis peu à peu, Charlie avait finit par rouler des yeux et simplement soupirer. Puis il n'avait plus répondu du tout. Arthur lui disait alors de laisser leurs fils un peu tranquille mais il ne pouvait pas comprendre.

Vraiment. 30 ans, sans femme ni enfants ? C'était tout bonnement inconcevable.

Seul Charlie connaissait la raison de cette… vie de célibat. Et peut-être Bill. Mais aucun de voulait cracher le morceau.

La vérité, c'était que LA raison était longue, compliquée et simple à la fois, et qu'elle lui faisait mal au cœur à chaque fois que Charlie y repensait. Un enchaînement d'évènements. Le résultat d'une seule décision. La seule fois où il avait écouté sa raison à la place de ses sentiments.

Tout avait commencé à Poudlard, lors de sa quatrième année. Le premier jour. Celui où Percy était arrivé. Il se rappelait encore la file de première année grelotant alors qu'ils attendaient leurs tour pour s'asseoir sur le tabouret et mettre le choixpeau sur leurs tête. Il avait beaucoup plut cette journée-là. Et alors qu'était enfin venu le tour de Percy, il ne restait plus qu'un seul garçon debout près de MacGonagall. Petit et maigrichon, les cheveux châtain plaqués sur la tête à cause de la pluie.

-Oliver Wood ! »

Le choixpeau avait mit plus d'une minute à décider. Mais finalement, c'était à « GRYFFONDOR » qu'était tombé le jeune Wood. Un petit nouveau dans la maison. Voilà comment Charlie l'avait vu, et il ne lui avait pas prêté grande attention. Il l'avait même oublié. Son esprit avait été, à ce moment-là, complètement absorbé dans la contemplation de Nymphadora Tonks qui lui adressait des sourires un peu plus loin, à la table des Poufsoufles.

X

Un mois plus tard. Octobre. Charlie bavardait avec Bill dans la Grande Salle. Il y avait peu de monde à cette heure-ci, la plus part étant encore en train de se réveiller. Mais Bill se levait toujours très tôt, et Charlie, lui, avait un entrainement de Quidditch à préparer.

-Je vois pas pourquoi t'hésites tant, Charlie. », dit Bill en tartinant une tranche de pain « T'es encore plus populaire que moi. Et tu dis qu'elle te sourit, alors fonce ! »

Ils parlaient encore une fois de Nymphadora Tonks. Charlie se sentait tout drôle rien qu'en pensant à la belle Poufsouffle. Il haussa ses épaules, pas tout à fait convaincu.

Percy choisit ce moment-là pour s'asseoir à côté de lui en poussant un soupire.

-Alors Perc. Tu t'es pas encore fait d'ami ? », demanda Bill avec un sourire taquin.

-Si. Mais j'ai pas réussit à le réveiller. », répondit le garçon en attrapant de quoi manger.

Charlie n'écoutait que d'une oreille distraite en se demandant comment annoncer à Tonks qu'il voulait sortir avec elle.

-Ah oui ? Qui est-ce ? »

-Oliver Wood. Il est à Gryffondor lui aussi. »

Ce nom lui disait quelque chose. Charlie n'arrivait pas vraiment à se rappeler quoi, mais ça lui était un peu égal. C'était sûrement un garçon à lunette dans le genre de Percy, s'ils étaient amis.

X

Novembre. Charlie marchait d'un pas tranquille vers la cabane de Hagrid, le cœur léger. Tonks avait dit oui ! Il en souriait comme un idiot rien que d'y repenser. Sa vie était parfaite ; il avait une copine superbe, des notes acceptables, il était populaire et capitaine de son équipe de Quidditch, qui en plus de ça raflait toutes les coupes, et Hagrid détenait en ce moment même une nouvelle espèce animale qu'il voulait lui montrer.

Peut-être que c'était un dragon. Charlie dévala les escaliers, frétillant d'impatience. Il était au deuxième étage de l'école lorsqu'il entendit un cri étranglé.

Puis des bruits de lutte et des jurons.

Charlie s'engouffra dans un couloir, là d'où venait tout le boucan. Deux garçons roulaient par terre en se battant comme des chiffonniers, et un autre qui lui tournait le dos allait se jeter lui aussi dans la bagarre. Un simple coup d'œil à leurs vêtements lui permit de les identifier ; deux serpentards et un griffondor. Ni une ni deux, il sortit sa baguette.

-Levicorpus ! »

Le serpentard qui tenait le gryffondor au sol poussa une exclamation de surprise alors qu'il se faisait tirer en l'air par un câble invisible. Tout les trois se tournèrent vers lui, bouche ouverte.

-Ca va ? », demanda t-il au petit gryffondor.

Le garçon se redressa en essuyant du sang qui coulait de son nez. Il réussit à lui adresser un bref hochement de tête avant de fusiller du regard le serpentard qui gigotait dans les airs en poussant des injures. Charlie le laissa retomber au sol sans aucune délicatesse et fit signe au griffondor de s'approcher de lui.

-Allez-vous en, tout les deux. », dit-il d'un air dur.

Les serpentards détalèrent comme des lapins, non sans un dernier regard haineux, et Charlie rangea sa baguette avec un soupire. Il avisa le garçon qui se tenait près de lui, son nez en sang caché derrière la manche de sa robe de sorcier. Ses mèches brunes étaient complètement malmenées et ses grands yeux noisettes le suivirent du regard alors qu'il s'agenouillait devant lui. Charlie attrapa sa main pour l'éloigner de son visage.

-Qu'est ce qu'ils te voulaient, ces deux là ? », demanda t-il gentiment en examinant les dégâts.

-Il a dit que Puddlemere était une équipe de bouses de dragon ! », répondit le garçon outragé.

Charlie cligna des yeux, un peu surpris par la réponse. Il s'était attendu à une histoire de racket, ou de quelque chose de plus grave. Mais non, c'était une juste une histoire de… Quidditch. Pourtant, le garçon avait l'air aussi indigné et furieux qu'une victime de vol. Charlie finit par rire, amusé.

-Ok, t'as rien de grave. Pomfresh va t'arranger ça d'un coup de baguette. Je vais t'emmener à l'infirmerie. »

-Oh !! Vous… vous n'êtes pas obligé… », balbutia le garçon.

-Tu peux me tutoyer », répondit Charlie en le guidant vers les escaliers « On est dans la même maison après tout. C'est quoi ton nom ? »

-Oliver. Oliver Wood. »

L'ami de Percy. Charlie le dévisagea alors qu'ils descendaient. Oliver n'était en rien comme il l'avait imaginé à chaque fois que Percy le mentionnait dans une conversation.

-Et bien, je m'appelle… »

-Charlie Weasley !! », répondit aussitôt le garçon, surexcité « Le capitaine de l'équipe de Gryffondor et le meilleur attrapeur depuis des années !! Percy me parle beaucoup de vous. »

Charlie fut prit de cour, l'espace d'un instant.

-C'est ça… », dit-il finalement avec un sourire.

-Au début, j'étais sceptique parce que vous êtes pas vraiment bâti comme un attrapeur, mais vous êtes vraiment trop fort capitaine ! », continua Oliver « Je regarde tout les entrainements de l'équipe, j'ai vu quand vous avez attrapé le vif d'or en faisant la Feinte de Wronski ! Comment est-ce que vous avez fait ça ?! »

Le rouquin éclata de rire. C'était bizarre d'entendre quelqu'un en dehors de l'équipe l'appeler capitaine. Et même le vouvoyer. C'était la première fois qu'il voyait un garçon aussi passionné, et Charlie se demanda comment Oliver pouvait être ami avec Percy, le rat de bibliothèque. Ils devaient faire une drôle de paire.

-Tu aimes beaucoup le Quidditch, alors. », dit Charlie alors qu'ils atteignaient l'infirmerie.

-C'est la meilleure chose du Monde, capitaine !! », s'exclama Oliver avec enthousiasme « Quand je serais plus grand, je ferais partit de l'équipe !! »

Charlie hésita une seconde avant d'ébouriffer ses cheveux, presque attendri par sa bouille déterminée et son poing levé.

-Passe les essais l'année prochaine. Malone, Stevenson et Peppers vont quitter Poudlard. »

Il lui adressa un clin d'œil et un signe de la main avant de repartir. Alors qu'il traversait la pelouse, les mains dans les poches, il éclata de rire en repensant au visage d'Oliver après sa déclaration. Les yeux brillants d'admiration et un grand sourire alors qu'il avait le nez en sang, les cheveux ébouriffés et quelques dents cassées.

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-C'est lui qui me pose sans arrêt des questions sur toi !! », rétorqua Percy indigné lorsqu'il l'eut interrogé « Ce n'est pas moi qui lui parle de vous ! »

Charlie tapota son épaule pour le rassurer. Après tout, pour tous les garçons de cet âge, être sentimental et parler famille avec son meilleur ami ne se faisait pas.

X

Pour Charlie, Oliver Wood n'était plus que le garçon de Gryffondor et l'ami de Percy. C'était le fan de Quidditch un peu fou qui ne respirait que pour ça et qui squattait tous leurs entraînements. Charlie se surprenait parfois à lui demander son point de vue sur tel ou tel joueur, et même si Oliver ne parvenait pas tout le temps à trouver les mots techniques pour s'exprimer, il avait un jugement plutôt bon. Il s'était rapidement fait accepter par les autres en devenant, en quelque sorte, un membre extérieur de l'équipe. Les filles le trouvaient mignon et couinaient toujours en ébouriffant ses cheveux ou en le prenant dans leurs bras comme s'il était un petit animal adorable. Beaucoup de garçons en auraient profité, parce que ce n'était pas tout les jours qu'on pouvait avoir sa tête enfouie dans la poitrine d'une jeune fille, mais Charlie avait bien vite remarqué qu'Oliver semblait totalement aveugle et ignorant à ce genre de choses.

Un an plus tard, c'est donc sans surprise qu'il retrouva le garçon pour les essais. Un peu pâle, mais déterminé.

-Il n'a pas avalé un seul morceau ce matin ! », dit Iris, un peu anxieuse « J'espère qu'il va réussir, il sera effondré sinon ! »

-Tu l'as déjà vu voler ? », demanda Charlie.

La poursuiveuse secoua sa tête de façon négative.

-Tu devrais le rassurer ! », dit Juan un peu plus loin, alors qu'il aidait Roy à s'étirer.

-Ouais, tu es son héro après tout ! », rajouta le jeune batteur.

-Je sais mais… »

Charlie poussa un soupire. Ce n'était pas l'envie qui lui manquait, mais il était le capitaine de l'équipe. Il ne pouvait pas faire de favoritisme. Déjà, il savait que les mauvaises langues mettraient les capacités de Wood en question parce qu'il était proche de l'équipe. Pas la peine d'en rajouter une couche en venant le voir personnellement avant les essais. Il n'avait plus qu'à espérer que le garçon était doué.

-C'est moi, où tu es stressé pour le petit ? »

Une main s'abattit sur son épaule, rassurante. Bill lui adressait un sourire amusé.

-C'est son rêve de faire partit de l'équipe, tu sais. », répondit Charlie « Si je dois lui annoncer qu'il n'est pas assez bon, il n'aura pas de chance avant des années. »

Et il ne voulait pas voir son visage si souriant et son expression enthousiaste se décomposer. Il s'était prit d'affection pour le garçon, comme tout les autres. Oliver en était inconscient mais il se mettait tout le monde dans la poche. C'était pour ça que tous lui pardonnaient à chaque fois qu'il était un peu trop collant où agaçant à toujours parler Quidditch.

Charlie savait de quoi il parlait, il ne comptait plus le nombre de fois où Oliver était venu le voir alors qu'il était occupé avec Tonks.

-T'inquiètes pas. Percy m'a raconté leurs séance de vol en première année. Il s'est bien débrouillé. »

-Ah oui ? »

-Hm hm. Il a fait quelques loopings et des petites figures. Bon, bien sûr, il a fini par tomber de son balais mais… »

-Quoi ?! », croassa Charlie horrifié.

-C'était il y a un an, je suis sûr qu'il s'est amélioré ! », dit Bill pour le rassurer.

Bibine choisit ce moment là pour ordonner à tout le monde de se mettre en place. Une fois dans les airs, près à jouer son rôle pour les essais, Charlie se permit d'observer Oliver. Ils avaient trois places disponibles, et trente candidats. Un coup de sifflet plus tard, tous les gryffondors se tenaient sur leurs balais et la séance commençait.

Oliver était bon. Doué pour les actions courtes. Et Charlie se mit à rire, soulagé, lorsqu'il bloqua tous les tirs d'Iris sauf le dernier. Oliver fit la moue, contrarié d'avoir laissé passer le souaffle mais c'était gagné pour lui, et Charlie se trouva stupide d'avoir douté de lui.

Evidemment. Un fan comme lui ne pouvait qu'être bon sur un balai.

Alors, c'est tout naturellement qu'il annonça que le nouveau gardien de l'équipe était Oliver Wood.

X

Oliver souriait comme un dément, assis au milieu de sa nouvelle équipe et de quelques supporters. Charlie se laissa tomber près de lui lorsqu'Iris et Juan arrêtèrent enfin de le câliner pour se chercher à boire et à manger.

-Alors, à quoi tu penses ? », demanda gentiment Charlie.

-A Flint. »

-Flint ? C'est ta copine ? »

Oliver le regarda comme si des antennes lui étaient poussées sur la tête. Puis il grimaça bruyamment, dégoûté.

-Non !! Marcus Flint, Serpentard !! Il sera vert de rage quand il va apprendre que je suis dans l'équipe !! Haha ! »

Le sourire victorieux était de nouveau là. Un sourire en coin, entre satisfait et moqueur que Charlie trouva un peu bizarre sur Oliver. Il passa finalement son bras par-dessus son épaule et lui tendit sa bièreaubeurre.

-J'espère que tu es capable de te lever tôt, parce que les entraînements commencent dès demain ! Même si tu es doué, Ollie, on a beaucoup de choses à travailler ! »

Oliver s'empourpra et se mit à balbutier. Comme-ci Charlie lui avait fait un compliment sur la couleur de ses yeux pour le draguer. Couleur qui, d'ailleurs, était un très joli vert à ce moment-là.

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Marcus Flint. Charlie le reconnaissait, maintenant. Ce gosse qui avait attaqué Oliver ce fameux jour. Des dents ignobles, un physique déjà baraqué pour son âge. C'était lui, le rival d'Oliver. Sa Némésis. Charlie n'avait pas vu ce qu'il s'était passé, exactement. Roy lui avait raconté, le teint livide lorsqu'ils avaient tous atterrit après le match.

-Il a prit la batte de Bletcher et… et il a visé Ollie ! »

Et tout ça à peine deux minutes après l'ouverture du match.

-…Quel jour ? », marmonna Oliver, les paupières encore à moitié fermées.

-Mardi. Tu es resté inconscient pendant une semaine, Ollie. »

Le garçon gémit un peu. Charlie remonta la couverture sur lui, il faisait un peu froid dans l'infirmerie.

-Qui… ? »

-Flint. »

-…Il l'a vraiment mal prit, alors. »

Le sourire était de nouveau là. Celui en coin. Oliver ferma les yeux et Charlie se rendit compte qu'il s'était rendormit.

X

Oliver l'avait toujours regardé avec admiration. Une admiration innocente, celle qu'avaient les gosses pour leurs supers héros, comme disait Juan. Mais quelque chose avait changé vers la fin de sa sixième année. Il y avait quelque chose d'autre, maintenant, mêlée à cette admiration.

-Tu as vraiment bien joué aujourd'hui, Ollie. »

Charlie posa ses deux mains sur les épaules dénudées du garçon. Oliver s'empourpra comme à son habitude, détourna son regard sur le côté et serra sa robe de Quidditch contre son torse nu comme pour se protéger.

-Hum… merci capitaine… »

Les yeux noisettes croisèrent les siens, puis se firent à nouveau fuyants, et Oliver trottina jusqu'aux douches à petits pas rapides sans demander son reste. Il n'y avait plus de grands sourires fiers.

-Je crois qu'il a le béguin pour toi. », dit Iris en pouffant de rire, occupée à plier ses vêtements sur le banc d'à côté.

Charlie fût étonné, au début. Mais en y réfléchissant bien, c'était peut-être normal. Oliver avait 13 ans après tout. Cet âge où on commençait à grandir, à s'intéresser au sexe opposé et tout le tralala. Bien sûr, le garçon n'était en rien comme les autres, son fanatisme pour le Quidditch avait sûrement 'tordu' le cour des choses de telle sorte qu'il devait diriger tout ses 'fantasmes' sur lui. Son capitaine.

Non, c'était un peu tordu comme raisonnement. Il devait peut-être en parler avec Bill.

X

-HAAAAAAAAAAAAAAAAAAHAHAHAHAHA !!! C'EST PAS VRAI ! HAHA !! J'EN ETAIS SUR !! OH MERLIN !! »

Bill partit dans une autre crise de fou rire. Charlie s'empêcha de lui donner un coup de pied alors que son frère se tortillait par terre, hilare.

X

Il aurait dû trouver ça gênant. Mais finalement, voir Oliver se mettre à rougir et bégayer à chaque fois qu'il le touchait un peu trop longtemps avait un côté assez mignon. Toute la maison devait être au courant pour le béguin d'Oliver, mais personne ne s'en formalisait. Ils en étaient même amusés, alors Charlie se dit que ce n'était peut-être pas si embarrassant que ça, et se surprit même à le taquiner un peu.

Et puis, si un jour Oliver lui avouait qu'il avait le béguin, Charlie avait déjà pensé à ce qu'il allait lui répondre. Le repousser, très gentiment, en lui expliquant que cela allait passer, qu'Oliver était trop jeune, et qu'il était avec Tonks, de toute façon.

Mais Oliver ne dit rien, alors Charlie non plus.

La sixième et la septième année filèrent rapidement. Comme il l'avait pensé, le béguin d'Oliver s'était un peu calmé. Le garçon était un jeune, maintenant. 14 ans, les muscles qui commençaient à se développer, le visage qui perdait un peu ses rondeurs. Plus grand, plus costaud.

Son dernier jour à Poudlard était arrivé. Charlie était assis au bord de son lit et contemplait sa valise maintenant terminée. Tonks et lui avaient décidé de se quitter d'un commun accord. Une petite amourette de Poudlard qu'ils n'avaient pas voulu continuer plus loin. C'était bien comme ça, il gardait de très bons souvenirs de la jeune fille et tout deux restaient en bons termes.

-Capitaine ? »

La porte s'ouvrit timidement. Le visage d'Oliver passa par l'entrebâillement. Charlie lui fit signe d'entrer et le garçon s'approcha de lui avant de s'asseoir en tailleur à ses pieds. Ses yeux noisettes le fixaient avec pleins de sentiments mêlés. Ils étaient un peu brillants, humides, et Charlie ne put s'empêcher de sourire lorsqu'il vit la lèvre inférieure du garçon se mettre à trembler.

-Ollie, tu pleures ? »

-P…Pas du tout !! », rétorqua le garçon en renfilant d'un air indigné « J'ai juste une poussière dans l'œil, ça arrive à tout le monde ! »

Il renifla de plus belle et essuya rapidement ses yeux du revers de la main. Attendri, Charlie ébouriffa ses cheveux pour le consoler.

-Alors… Alors tu vas en Roumanie, c'est ça ? »

-Il y a une réserve, là-bas. Ils m'ont déjà accepté. »

Oliver fit la grimace. Ils avaient déjà eut une dispute à ce sujet. Enfin, Oliver avait déjà eut sa crise. Il lui avait hurlé dessus, s'était tiré les cheveux, horrifié, en colère. Charlie avait tout encaissé sans rien dire, parce qu'il avait su, au fond, que le garçon réagissait de la sorte à cause de l'incompréhension. Son héro l'avait déçu, l'avait 'trahit' en quelque sorte, mais Oliver ne pouvait pas savoir que sa passion pour les Dragons était plus forte que celle pour le Quidditch.

-Tu m'écriras, pas vrai ? », demanda finalement Oliver d'une petite voix.

-TU m'écriras. », répondit Charlie « Et t'as intérêt à gagner la coupe. »

-Aucune chance que je la laisse à Flint !! », répondit le garçon, tout feu tout flamme « J'ai déjà pensé à quelqu'un pour te remplacer mais… »

Charlie le dévisagea alors qu'il se lançait dans ses explications. Il était loin, le temps où il avait vu Oliver comme un simple Gryffondor. Ou juste comme l'ami de Percy. Oliver, il le voyait maintenant comme ce garçon passionné de Quidditch, son gardien, son protégé. Celui qu'il avait, en quelque sorte, pris sous son aile.

X

Sa première lettre, Charlie la reçu au mois d'Aout qui suivit.

Cher Capitaine,

Comment vas-tu ? J'espère que tu t'amuses bien avec tes Dragons et qu'ils ne t'ont pas encore déchiqueté. C'est donc moi le Capitaine cette année. J'ai déjà pensé à plusieurs candidats pour vous remplacer Roy et toi, mais à part les jumeaux, aucun n'est aussi bon que vous.

J'ai aussi élaboré de nouvelles stratégies. J'ai fait une copie pour que tu me dises ce que t'en pense. Mon balai commence à fatiguer, j'espère que mes parents voudront bien m'en acheter un neuf, mais la dernière fois que j'ai abordé le sujet, ma mère s'est contentée de rire.

Mon père a eut des places pour le match des Harpies contre Puddlemere. J'espère que Puddlemere va gagner, même si en ce moment leurs performance laisse à désirer !

Fais attention à toi,

Oliver.

Charlie pouffa de rire alors qu'il rangeait la lettre dans un de ses tiroirs. Ce soir-là, la chouette de son équipier repartit avec le comète qu'il n'utilisait plus.

X

Son tiroir se remplit au fil des mois. Oliver lui écrivait régulièrement et souvent. Mais Charlie souriait à chaque fois qu'il voyait Firebolt, le hibou que les parents d'Oliver lui avaient acheté à la place du balai.

Lorsqu'il demandait des nouvelles à Percy, son frère haussait ses épaules et répondait par un bref :

-Toujours le même. »

Les jumeaux, eux, disaient plutôt des choses comme :

-C'est un TYRAN ! »

-Tu étais comme ça aussi ? »

-Il nous a réveillés à quatre heures du matin ! »

-Penché au dessus de nos lits à nous regarder ! »

-Avec un sourire et un air psychopathe ! »

Ou :

-Il a demandé à Angelina de faire du charme à Davies. »

-Pour avoir le terrain à la place de ses heures d'entrainement. »

-On a bien cru qu'elle allait l'étriper ! »

Cela le faisait rire. Il se disait parfois qu'il pouvait rendre une petite visite à Oliver, pour le voir. Mais son job dans la réserve prenait la plus part de son temps et lorsque la journée était terminée, il était bien trop fatigué pour faire le moindre geste.

Alors que les années passaient, les lettres se faisaient moins nombreuses, mais il continuait d'en recevoir une par mois au minimum. C'était normal. Oliver grandissait, il avait sûrement moins besoin de lui. Quel âge avait-il, maintenant ? Il était en septième année, comme Percy. Le temps passait vite.

Lorsqu'il revînt de l'infirmerie, son bras encore entortillé dans des bandages, ce n'était pas le hibou d'Oliver qui l'attendait mais celui d'Iris.

Charlie !

J'espère que tu vas bien. Ca fait un long moment qu'on ne s'est pas vu et vous me manquez. Alors j'ai décidé d'organiser une petite soirée, rien que nous, la vieille équipe. Le 30 à 20h, au Chaudron Baveur. Ne soit pas en retard !

Iris

Charlie relut la lettre une deuxième fois. Il allait revoir tout le monde, toutes ces années après. Il se demanda s'ils avaient changés.

X

Le Chaudron Baveur était bourré de monde. Charlie salua Tom d'un signe de la main et scanna la place à la recherche de son équipe. Il entendit des éclats de rire et des voix qu'il reconnaissait, au fond du bar dans un coin à peu près tranquille.

-Charlie !! Charlie, viens par ici ! »

Iris l'avait vu. La jeune femme lui adressait de grands signes de la main. Ses cheveux avaient drôlement poussés, elle les avait ramenés en arrière dans un chignon bien fait. C'était une jeune adulte, maintenant.

-Voilà enfin notre capitaine ! Comment ça va, Charlie ? », s'exclama Juan en lui donnant une tape sur l'épaule.

-Tu ne regrettes pas trop le Quidditch ? », continua Roy en lui serrant la main.

-Suivre les matchs avec les journaux me suffit. », répondit le rouquin en acceptant la choppe de bière qu'avait poussé Iris vers lui.

Les deux batteurs avaient un peu changés eux aussi. Les cheveux de Juan étaient toujours teints en blond, mais la barbe de trois jours qu'il s'était laissé poussé était sombre. Des exclamations joyeuses signalèrent l'arrivée de Merry et Kristina, ses deux autres poursuiveuses, et Charlie eut la surprise de voir que le ventre de Kristie était bien rond. Sa mâchoire faillit se décrocher au sol lorsque Juan grimpa sur la table et sauta en face de l'eurasienne pour l'embrasser sur les lèvres et l'aider à porter les boissons.

-Depuis quand… ? », balbutia Charlie, choqué.

Kristie et Juan s'étaient toujours envoyé des petites piques à Poudlard. Des piques gentilles mais… mais de là à…

Roy pouffa de rire alors qu'Iris prenait sa main comme pour le rassurer.

-Le bébé est pour bientôt. Et le mariage aussi. »

-Oh ! Et, tant que j'y pense ! », continua Juan « Vous êtes tous invités bien sûr ! On vous enverra un hibou, vous inquiétez pas ! »

Ils s'installèrent à table, chacun avec une bière. Passé la surprise, Charlie félicita la jeune femme et chacun raconta ce qu'il faisait de sa vie depuis Poudlard. Charlie, cependant, ne pouvait s'empêcher de regarder vers la porte d'entrée du bar toutes les dix secondes.

Oliver n'était toujours pas arrivé.

-Est-ce que tu l'as prévenu ? », demanda t-il enfin à Iris.

-Ollie ? Oui, bien sûr. Il a dit qu'il serait en retard ! »

-Ah bon ? Pourquoi ça ? »

La jeune femme le regard un peu bizarrement.

-Il ne te l'a pas dit ? »

-Non… ? », répondit Charlie confus.

Elle finit par sourire et haussa ses épaules, mais ne répondit pas. Il ne savait pas pourquoi il était si agité. Trois ans qu'il n'avait pas vu le garçon, certes… Trois ans qu'il s'était contenté d'anecdotes et de lettres.

-C'est mon tour, je vais chercher à boire. », dit-il finalement.

Il s'approcha du bar et demanda six biereaubeurre à Tom. Cela faisait deux mois qu'il n'avait pas reçu de lettre d'Oliver. De vraies lettres, pour être plus exact. Les petits bouts de papier avec marqué 'Capitaine, j'espère que tu vas bien, j'ai pas vraiment le temps de t'écrire mais je voulais avoir de tes nouvelles. Oliver.' ne comptaient pas vraiment. Qu'était-il devenu ?

-Capitaine ? »

Une main se posa sur son épaule, presque timidement. Charlie fit volte-face, et son souffle se coupa.

C'était lui.

Trois ans… Trois ans seulement et… et ce n'était plus du tout le petit garçon fan de Quidditch qui le regardait avec admiration. C'était un jeune homme, maintenant. Même mèches châtains, mêmes yeux noisettes. Enfin, verts, à ce moment. Mais il avait grandit, il avait prit en muscle et en maturité même s'il restait plus petit et moins baraqué que lui. Il n'y avait plus cette admiration sans fin dans ses prunelles. Juste de l'affection, peut-être.

Et il était là, debout en face de lui, dans un pull bleu ciel avec deux joncs croisés siglés sur sa poitrine.

-Ollie… »

-Je… J'ai signé pour Puddlemere… Je suis en formation en ce moment, c'est pour ça que je ne pouvais pas trop t'écrire mais… mais dans un an je serais vraiment titulaire. »

-Alors c'est pour ça que tu es en retard ? »

Oliver acquiesça, presque gêné. Charlie eut envie d'ébouriffer ses cheveux, comme avant. Mais Oliver avait 17 ans maintenant. Presque 18. Ce n'était plus le garçon qui avait le béguin pour lui à Poudlard. C'était un adulte. Alors il se contenta de presser brièvement son épaule avec un grand sourire.

-Tu pourras bientôt te payer un balai décent, alors ! J'espère que tu m'enverras des tickets gratuits pour voir tes futurs matchs ! »

-Le comète est très bien, capitaine ! », répondit aussitôt Oliver.

Il avait gardé son balai. Charlie se mit à rire, parce qu'au fond Oliver restait le même. Juste… plus grand. Plus âgé. Assez âgé, maintenant.

Son rire s'évanouit et il se racla la gorge.

-Sérieusement, je suis content pour toi, Ollie. »

-Merci capitaine. »

Et Oliver lui offrit un grand sourire. Et Charlie se demanda si son vieux béguin était vraiment passé. Il se demanda ce que cela ferait de l'embrasser. Puis il se retourna pour attraper les bières que Tom avait posées sur le comptoir en se demandant ce qu'il lui prenait.

-Attends, je vais t'aider. »

Oliver demanda une autre bière pour lui-même, et tout les deux revinrent à leurs table. Les autres accueillirent le jeune gardien avec force de cris, de tapes dans le dos et de câlins pour les filles.

-Merlin, Ollie ! Tu es devenu un beau jeune homme ! », dit Iris en le détaillant de haut en bas.

Oliver la remercia en rougissant et noya sa gène dans une gorgée de bière. Il croisa le regard de Charlie, répondit à son sourire, puis rejoignit la conversation.

A l'époque du béguin, il aurait simplement détourné son regard en rougissant.

Ils se séparèrent tous vers deux heures du matin. Sans doute un peu éméché, sous l'impulsion de l'alcool, Oliver l'avait prit dans ses bras avant de le quitter. Une simple étreinte amicale qui dura à peine quelques secondes. Mais Oliver l'avait serré fort, son souffle avait chatouillé son cou et son odeur océanique avait titillé ses narines.

-J'espère qu'on se reverra, capitaine. »

-Et bien, n'oublis pas que tu dois m'envoyer des tickets pour ton premier match. »

Oliver avait sourit. Lui aussi. Puis dans un 'pop', ils avaient disparu.

X

Ils se revirent un mois plus tard. Une simple coïncidence. Charlie se promenait entre les nombreuses tentes qui entouraient le stade lorsqu'il l'avait vu en train de discuter avec une femme aux cheveux sombres ramenées en une tresse un peu décoiffée.

-Ollie ? »

Le garçon tourna son visage vers lui. Il avait l'air surpris, mais finit par lui adresser un grand sourire.

-Hé ! Capitaine ! Tu as eu des places pour la Coupe, alors ? »

-Par chance, oui. »

Il avait rejoint le jeune homme en quelques pas. Oliver se tourna vers la femme qui se tenait à leurs côté.

-Euh… Maman, voici Cap… euh, Charlie Weasley. Charlie, je te présente ma mère. »

-Le fameux capitaine. », dit la jeune femme en serrant sa main avec un sourire en coin « Ollie ne parlait que de toi lorsqu'il était à Poudlard ! Impossible de le faire taire, et j'ai pourtant essayé. »

-Maman !! », protesta Oliver, pivoine « Tu pourrais pas nous laisser tranquille ? »

-J'ai compris. De toute façon, j'avais des choses à faire avec ton père. Va faire un tour avec Charlie et ne reviens pas avant une heure. »

Elle s'engouffra dans la tente en appelant son 'Chériiiiii ?' alors qu'Oliver faisait une grimace dégoûtée.

-C'est tout simplement écœurant ! »

-Ils ont des besoins, comme tout le monde. », répondit Charlie.

Oliver le regarda avec indignation alors qu'il éclatait de rire.

-Désolé. Tu as fait des emplettes pour le match ? J'ai vu plusieurs stands qui vendaient des trucs intéressant. »

-Génial ! », s'exclama Oliver.

Et ils se dirigèrent en direction des stands en parlant de tout et de rien, mais principalement de Quidditch.

Ils se séparèrent peu avant le match. Charlie eut beau chercher dans les tribunes alors qu'ils s'installaient, il ne vit pas une trace d'Oliver mais après tout, il y avait du monde dans le stade.

-Tu ne m'avais pas dit qu'Ollie venait voir le match. », dit Charlie alors qu'il se tenait près de Percy.

Le rouquin haussa ses épaules.

-Tu le connais. Comme s'il allait rater la Coupe. »

Percy n'avait pas tord. Derrière, Bill s'appuya sur ses épaules pour lui parler dans l'oreille.

-Quoi, t'as croisé le petit ? Il est comment maintenant ? Il t'a avoué son amour pour toi ? »

Il éclata de rire, encore amusé par cette fameuse année à Poudlard. Mais Charlie n'eut pas envie de sourire alors qu'il répondait.

-Il est grand. Et non. Tu sais bien que les béguins ne durent jamais longtemps. »

-Par Merlin Charlie, ne me dit pas que tu es contrarié ? »

-Quoi ? », demanda t-il, confus.

-Le petit… me dit pas que tu regrettes qu'il ait plus le béguin pour toi… ! »

-Pourquoi tu dis ça ? »

Charlie était sincèrement surpris. Bill s'adossa à la rambarde pour mieux le regarder, et Charlie se surprit à prier pour que le match commence vite. Parce que Bill lisait en lui comme dans un livre ouvert, voyait des choses dont Charlie lui-même ne se rendait pas compte et parce que Percy à côté d'eux pouvait tout entendre.

Sa prière fut exaucée lorsque Fudge annonça le début du match. Bill laissa tomber pour se concentrer sur les joueurs. Charlie aussi. Pendant toute la durée du match, Oliver lui sortit presque de la tête.

C'est épuisé qu'il s'endormit, pour être réveillé quelques minutes plus tard par un Arthur au visage presque livide.

-Qu…Qu'est ce qu'il se passe ? »

-Les Mangemorts ! Ils sont dehors ! Réveille Percy et attendez moi, je vais réveiller les enfants ! »

Bill, déjà debout, attachait ses longs cheveux roux dans un catogan bien serré. Fébrile, Charlie secoua son autre frère avant de tout lui expliquer en quelques mots, puis tout les trois rejoignirent les autres au milieu de la tente. Les jumeaux, Ron, Ginny et les autres s'enfuirent à l'abri sous l'ordre d'Arthur. Charlie, Bill et Percy suivirent leurs père à travers la foule, baguette en main.

Tout n'était que hurlements. Le chao total. Des feux s'étaient allumés un peu partout, Charlie éteignait ceux qu'ils croisaient d'un simple sort, habitué avec les Dragons. Des bleus commençaient déjà à se former un peu partout sur son corps et ils n'avaient même pas atteint les mangemorts, mais les sorciers qui prenaient la fuite se pressaient et se bousculaient sans faire attention, aveugles aux autres.

-Ils sont là !! », hurla Bill « Stupefix !! »

Charlie fit volte-face. Percy était près de lui mais leurs père avait disparu. Qu'importe, plusieurs mangemorts étaient là et Charlie agita sa baguette.

-Expelliarmus !! »

Son sort fut dévié par un autre. Des jets lumineux jaillissaient dans tous les sens, explosaient au sol dans une gerbe d'étincelles. D'autres sorciers s'étaient joints au combat et des membres de chaque camps tombaient un à un. Charlie esquiva un sort de justesse d'un bond sur le côté, le rayon rouge frôla sa chemise en déchirant un morceau. Un coup d'œil vers Percy lui permit de voir que son frère s'en sortait bien. Un autre, et il vit que Bill était plutôt mal en point.

-Expulso ! »

Le mangemort qui attaquait Bill fut expulsé en arrière et atterrit dans une tente déjà à moitié défoncée. Bill lui adressa un hochement de tête reconnaissant quand ses yeux s'écarquillèrent.

-Attention ! »

Charlie se retourna, leva sa baguette mais déjà le mangemort prononçait sa formule.

-Endo… »

-Ferula ! »

Une sorte d'attèle emprisonna les deux bras du mangemort alors que des bandages s'enroulaient autour de sa tête comme les bandelettes d'une momie. Stupéfait, Charlie jeta un coup d'œil par-dessus son épaule.

Oliver tenait sa baguette plus serrée que jamais, le teint livide. Il respirait fort et ses yeux se pausèrent sur lui, un peu perdu, paniqué, mais déterminé.

-Ferula ? », répéta Charlie hébété.

C'était le genre de sortilège qu'utilisait Pomfresh pour soigner les élèves.

-Je… Je ne maîtrise pas très bien ce genre de sort alors… »

-C'est pas le moment de bavarder ! », s'écria Bill de son côté.

-Reste près de moi ! », ordonna t-il à Oliver.

Le jeune homme venait de lui sauver la vie mais l'instinct protecteur de Charlie était plus fort. Il restait juste deux mangemorts et ils les maîtrisèrent rapidement.

-Où est papa ? », demanda Percy essoufflé.

-Aucune idée. Sûrement avec le ministère à chasser les derniers. », répondit Bill en enroulant un morceau de tissu sur son bras.

-Ollie, où sont tes parents ? »

-Je sais pas, je les ai perdu, je… »

Charlie serra son épaule pour le rassurer. Il croisa le regard de Bill qui finit par acquiescer.

-Percy et moi, on s'occupe de trouver papa et on continue d'aider les autres. Va chercher les parents du petit, on se retrouve ici dans une demi-heure. »

-Compris. »

Il prit la main d'Oliver et le guida derrière lui. Ils marchaient à pas rapides et s'engouffrèrent bientôt dans la forêt, là où la plus part des gens avaient prit refuge. Il pouvait voir les sorciers debout derrière les troncs d'arbres, où assis par terre en groupe, les enfants dans les bras de leurs parents et les ados serrés les un contre les autres. Charlie serra la main d'Oliver dans la sienne, les battements de son cœur devenaient plus calme alors que l'adrénaline retombait.

-Charlie… »

Sa respiration se coupa, l'espace d'un instant. Il s'arrêta de marcher et se tourna vers Oliver. C'était la première fois qu'il… qu'il prononçait son nom.

-On peut aider les autres… », dit doucement le jeune homme.

-…T'inquiètes pas. », répondit Charlie à voix basse « Il ne doit plus rester beaucoup de mangemorts. Il vaut mieux retrouver tes parents, ils doivent s'inquiéter pour toi. »

Oliver acquiesça lentement. Maintenant que tout était calme, c'était inutile qu'il le tienne par la main. Alors Charlie finit par le lâcher.

-Ma mère est auror. Je pense qu'elle et mon père sont partit aider les gens du Ministère. », dit Oliver alors qu'ils se remettaient à marcher.

-On devrait peut-être les attendre ici alors. Ils devraient revenir pour annoncer que le danger à été écarté. Viens là… »

Il s'assit contre un tronc d'arbre et invita Oliver à faire de même. Le jeune homme prit place près de lui. Leurs épaules se touchaient. Ils attendirent en silence. Charlie pouvait voir un garçon en face d'eux, qui tenait son petit frère contre lui. Il eut envie de prendre Oliver dans ses bras, lui aussi, mais Oliver n'était plus un petit garçon, maintenant. Ils avaient grandit, et ce qui était auparavant innocent pouvait-être lourd de sous-entendu.

Ils restèrent ainsi pendant un long moment. Puis Charlie pouffa de rire, tout à coup. Oliver se tourna vers lui, interrogateur, et son rire redoubla.

-Sérieusement… », réussit-il à articuler « Ferula ? Y a vraiment que toi pour rendre ce genre de sortilège mortel ! »

-Hé ! »

Oliver fit la moue, boudeur.

-J'ai toujours eut… un petit problème avec ce genre de sort. J'ai du mal à faire apparaître des trucs comme il faut. Et puis je pouvais penser qu'à ça sur le coup. »

Charlie le prit par les épaules lorsqu'il se calma. Il lui jeta un coup d'œil, et regretta presque de ne pas le voir rougir et balbutier comme avant. A la place, Oliver lui adressa un léger sourire qui le rendit un peu bizarre.

-Ollie ! Ollie, est-ce que tu es là ?! »

Oliver se redressa.

-Maman ? Papa ? »

Deux silhouettes s'approchaient d'eux. Charlie se releva lui aussi, juste à temps pour voir Mme Wood prendre Oliver dans ses bras.

-Oh mon garçon !!! Espèce d'idiot, je t'avais dit de nous suivre !! »

-Mais il y avait du monde et je… »

-Il n'a rien, Anna. Tu peux le lâcher, tu vas lui briser quelque chose. », dit Mr Wood d'une voix rassurante.

La jeune femme renifla et essuya les larmes qui perlaient à ses yeux. Son regard tomba sur Charlie et elle le prit dans ses bras lui aussi.

-Merci d'avoir prit soin de lui. »

-Je… J'ai rien fait, madame, c'est lui qui m'a sauvé. »

Elle éclata de rire en le relâchant. Mr Wood lui serra gravement la main. Il ressemblait à Oliver, bien sûr. En plus grand, et plus massif.

-Je dois y aller. », dit Charlie « Mes frères doivent m'attendre. »

-Fais attention, Capitaine. », murmura Oliver.

Il acquiesça et sortit hors de la forêt.

X

Tout s'enchaina vite, ensuite.

Son travail lui prit pas mal de temps. Il devait faire des aller/retour entre l'Angleterre et la Roumanie pour le Tournois des trois sorciers. Transporter des dragons n'était pas de tout repos, et pendant plusieurs mois il se consacra corps et âme à ces bêtes qu'il affectionnait tant.

En rentrant chez lui, le soir, il s'arrêtait toujours pour regarder si un hibou était là, mais Oliver devait être encore en formation. Peu de temps pour lui envoyer des lettres, donc.

Plusieurs mois passèrent ainsi, quand enfin, il reconnut Firebolt perché à sa fenêtre, accompagné d'une chouette. Fébrile, Charlie se précipita vers le hibou pour décacheter la lettre.

Cher Capitaine,

JE SUIS TITULAIRE !! CA Y EST !! Mon prochain match a lieu dans un mois, pour la Coupe d'Europe ! J'ai joint un ticket à la lettre, comme promis. J'espère que tu pourras venir !

J'ai lu la Gazette du Sorcier et j'ai vu que le Tournoi des trois sorciers avait été rétablit à Poudlard. Ils ont annulé les matchs de Quidditch pour ça, tu t'imagines ? Un vrai scandale ! J'ai appris qu'Harry était un des champions, avec ce bellâtre de Diggory. J'espère qu'il va l'écraser ! Mais il y a Krum aussi. Krum !! Tu t'IMAGINES ?!! VIKTOR KRUM !! Même MOI je ne lui ai pas encore serré la main !

J'ai aussi lu qu'il y avait des dragons, et j'ai pensé à toi ! Tu étais à Poudlard, alors ? C'était comment ?

Répond-moi vite !

Oliver.

Charlie s'esclaffa tout seul. Il rangea la lettre dans son tiroir presque plein à ras-bord, puis attrapa le ticket qui restait dans l'enveloppe. Il était bleu pâle, imprimé dans un papier glacé. Une invitation officielle. Charlie le caressa du bout des doigts avant de le ranger lui aussi. Il nourrit Firebolt pour le féliciter et passa à la chouette qui commençait à s'impatienter.

Charlie,

Je me marie dans une semaine ! T'as intérêt à être là, je suis stressé à un point, tu peux pas savoir !! La cérémonie aura lieu au 5, Fruits avenue. Soit là à 11h, tu peux utiliser la poudre de cheminette !

Oh, et c'est une fille ! 3kg56, c'est la plus belle fille de toute la terre. Elle s'appelle Rika !

Juan.

Rika Consuelos, hein. Charlie plia la lettre alors que la chouette reprenait son envol. Il allait sûrement revoir Oliver au mariage de Kristie et Juan.

X

-5 Fruits avenue ! »

Les flammes émeraude l'engloutirent dans un bruit d'explosion. Charlie atterrit sur ses deux pieds en toussotant un peu. Il sauta au sol en s'époussetant et fit un bond en arrière pour éviter un type qui courait en hurlant.

-Je suis pas prêêêêt ! Je suis pas prêêêt, aaaah ! »

Il reconnu la touffe blonde de Juan qui se tenait la tête entre les mains en disparaissant dans une pièce.

-Juaaan ! Ta veste est là, abrutit ! Oh, Charlie, salut ! »

Roy Malone venait d'entrer dans le salon, l'air un peu dépassé.

-Hey. Il commence à paniquer, c'est ça ? », dit Charlie amusé.

-Je lui avais pourtant dit de prendre une potion de détente. JUAAAAAN ! »

Le mexicain retourna dans le salon au pas de course, faillit se ramasser lorsqu'il glissa sur le parquet et percuta Roy de plein fouet.

-Merci !! »

Il attrapa sa veste pour l'enfiler, à l'envers, avant de repartir à toute vitesse en hurlant après ses chaussettes. Roy massa son menton endoloris en poussant un soupire alors que Charlie éclatait de rire.

-Sérieusement, il va se tuer avant la cérémonie. »

-Et il est comme ça depuis ce matin ? Son cœur va finir par lâcher ! », répondit Charlie hilare.

-MES CHAUSSEEEETTES !! »

La cheminée s'alluma à ce moment là. Oliver sauta dans le salon alors que Juan fonçait à toute vitesse. Oh ow, pensa Charlie. Les deux garçons se percutèrent de plein fouet, Oliver voltigea dans arrière en poussant un hurlement et atterrit sur le canapé, la tête en bas et les pieds en l'air.

-Merlin !! », s'exclama Roy en se précipitant vers un Juan K.O au sol.

Charlie rejoignit un Oliver plutôt sonné, mais mis à part le choc, il semblait bien. Alors il se laissa tomber au sol en hurlant de rire, se tenant les côtes alors qu'il revivait la scène.

-Non mais… », commença Oliver en roulant par terre pour se remettre à l'endroit « J'ai cru que j'allais mourir, et tu te moques ?! »

Il frappa gentiment Charlie qui répliqua par une pichenette dans les côtes, et bientôt les deux jeunes hommes roulaient au sol en se chamaillant alors que Roy observait la scène, hésitant entre être blasé ou amusé. Finalement, à bout de souffle, Charlie arrêta de se battre et resta allongé par terre, Oliver assis sur lui. Ses mains reposaient sur les hanches du jeune homme qui souriait les yeux brillants, et Charlie en fut brusquement troublé.

Il n'osait presque pas respirer, conscient de toutes les parties de son corps qui touchaient Oliver, quand le jeune homme se tourna vers Roy.

-Comment il va ? »

-Inconscient. Je crois que c'est mieux comme ça, je vais l'habiller tranquillement et on le réveillera un peu avant la cérémonie. »

Oliver acquiesça et finit par se lever. Il se tourna vers Charlie, près à lui tendre la main pour l'aider, mais le rouquin se redressa avant qu'il ne puisse faire le moindre geste. Ses paumes étaient moites…

-On a du boulot alors. », dit Oliver en passant une main dans ses cheveux « Je vais chercher son nœud papillon ! »

Charlie, lui, se contenta de se rhabiller convenablement.

Un quart d'heure plus tard, ils réveillaient le Mexicain avec un simple enervatum, puis descendaient dans le jardin pour rejoindre les autres invités. Charlie salua ses anciens amis de Poudlard, ceux qu'il avait perdus de vue, puis rejoignit Iris qui papotait avec Merry. La plus jeune des poursuiveuses tenait un bébé dans ses bras.

-Rika, c'est ça ? », dit Charlie en chatouillant la joue du nourrisson avec son index.

-Hmm hmm. Alors, j'ai lu dans les journaux que Puddlemere accueillait un nouveau membre dans son équipe ? », répondit Merry d'un ton excité.

-J'ai toujours su qu'Ollie irait loin. », continua Iris avec fierté « Il t'a invité pour son premier match, pas vrai ? »

-C'est moi qui l'ait formé, après tout. », répondit Charlie en haussant ses épaules.

-Et tu étais aussi son premier béguin. »

Merry gloussa alors qu'Iris souriait d'un air goguenard. Charlie voulu répondre mais Oliver choisit ce moment-là pour arriver.

-Capitaine ! Alors, ces dragons ? Est-ce que Harry a réussit ses épreuves ? »

-Harry Potter ? Oh Merlin, c'est vrai que c'était l'attrapeur de ton équipe, Ollie ! », dit Merry avec de grands yeux.

La conversation dévia sur Potter et le Tournois des trois sorciers jusqu'à ce que la cérémonie commence. Les invités prirent place sur leurs chaises et Kristie fit son entrée au bras de Juan. Ils étaient superbes, tout les deux. Elle dans sa robe blanche, et lui dans son smoking. Et Charlie se rappela avec nostalgie le premier jour où ils étaient entrés dans son équipe.

-Capitaine… tu pleures ? », murmura Oliver à côté de lui.

-Non… j'ai juste une poussière dans l'œil. Ca arrive à tout le monde. », répondit-il avec un sourire.

Oliver rit doucement, et ils reportèrent leurs attention sur les mariés.

X

Charlie regardait son calendrier magique tout les soirs avec impatience. Le temps passait vite mais les semaines s'écoulaient lentement. Drôle de contradiction. Quand enfin, ENFIN, le grand soir arriva.

Fébrile et surexcité, Charlie rangea soigneusement son ticket dans sa poche et transplana près du stade de Liverpool. Puddlemere United contre Kenmare Kestrels. Le stade se dressait au milieu du la ville, imposant. Charlie pouvait entendre les clameurs, les cris et les applaudissements de tous les supporters. Il présenta son ticket à un type dans un guichet.

-Tribune officielle, vingtième étage. »

Charlie grimpa les marches quatre à quatre. Les clameurs étaient presque assourdissantes. La tribune officielle était à moitié remplie, confortable et spacieuse. La vue était imprenable, d'ici. C'était la première fois qu'il pouvait y entrer.

-Charlie ? Viens par ici, mon lapin ! »

Une femme lui faisait signe, assise au premier rang. Il reconnu le visage souriant de Mme Wood.

-Ollie vous a dit qu'il m'avait invité ? », demanda t-il en s'asseyant près d'elle.

-Oh, non. », répondit la jeune femme en ricanant « Mais je le connais. »

-Mr Wood ne vient pas ? »

-Il est dans la tribune des journalistes, pour son boulot. »

-Journaliste sportif, hein ? C'est donc de là que vient la passion d'Ollie. »

Mme Wood éclata de rire.

-Des deux côtés, mon chéri. J'étais Capitaine de l'Equipe de Gryffondor à Poudlard. »

Evidemment, pensa Charlie amusé. Oliver avait du baigner dans le Quidditch depuis sa plus tendre enfance. Voilà pourquoi il ne vivait que pour ça.

-Ca commence !!! », s'exclama Mme Wood lorsque les joueurs entrèrent sur le terrain « Il est là !! Il est lààààà !!! Mon bébé est lààà ! »

La jeune femme sautillait sur son siège, surexcitée. Charlie devait avouer qu'il était presque dans le même état qu'elle, son cœur cognait à une vitesse folle dans sa poitrine alors que les fusées bleu ciel passaient devant leurs tribune à une vitesse folle. L'écran géant montrait le visage de tous les joueurs alors que le commentateur déchaîné donnait ses pronostiques. Lorsqu'Oliver apparu enfin, tout sourire et les lunettes de vol relevés sur son front, des cris hystériques s'élevèrent dans tout le stade. Il devait avoir du succès, bien sûr. Jeune, beau, doué et bientôt riche.

Le coup de sifflet fût donné et le match commença avec rage et énergie. Les joueurs et les actions allaient vite, mais Charlie était principalement concentré sur la robe bleue qui volait face aux trois anneaux dorés.

Mme Wood attrapa son bras au bout d'un moment et menaçait de couper son flux sanguin à chaque fois que le souaffle volait près des anneaux. Mais Oliver s'en sortait bien et arrivait à bloquer bon nombre de tirs. Le score s'élevait de 270 à 150 en faveur de Puddlemere au bout de trois heures de jeu.

« REED SEMBLE AVOIR APERCU LE VIF D'OR !! IL S'ELANCE AU SOL SUIVIT DE PRES PAR CONRAD ! »

Toute l'attention se focalisa sur les deux attrapeurs qui fonçaient à toute vitesse vers le gazon en esquivant les cognards à la dernière minute. Il n'y avait plus aucun bruit dans le stade, Charlie pouvait presque entendre les coups de batte, les balais filer dans les airs. Puis les attrapeurs remontèrent brusquement en piqué. Reed, dans sa robe bleu ciel, tenait son bras dans les airs, poing brandit.

« ET REED ATTRAPE LE VIF D'OR !!! PUDDLEMERE UNITED GAGNE DE 320 A 150 !! »

Les acclamations et les hurlements reprirent tout à coup. C'était comme-ci quelqu'un avait rallumé le son d'une chaine hifi. Charlie hurla lui aussi, Mme Wood au bras, alors que les joueurs saluaient leurs public. Puis, un à un, ils volèrent vers la tribune officielle, et Charlie se rendit compte qu'il avait du mal à respirer parce qu'Oliver était enfin là, près de lui, les mèches châtains toutes mouillées, de la sueur aux tempes et les yeux verts plus brillants que jamais, et qu'il le regardait en se mordant la lèvre inférieur, tout sourire.

-Charliie !!! », dit-il enfin, et Charlie voulu le prendre dans ses bras pour le féliciter, comme au bon vieux temps.

Mais d'autres étaient là et il dut se contenter d'une poignée de main énergique alors que les joueurs des deux équipes se saluaient, se félicitaient et serraient la main de toutes les personnes importantes assise dans la tribune.

Mme Wood saluait un homme aux cheveux déjà grisonnants, le capitaine de l'équipe de Puddlemere, Charlie serrait la main de Reed qui lui adressa un clin d'œil, mais ses yeux étaient rivés sur Oliver qui signait les autographes de deux jeunes filles aux paupières papillonnantes. L'une d'elle lui demanda même de signer sur sa poitrine avec un feutre magique, et Oliver s'exécuta même s'il paru un peu intrigué. Il finit par revenir vers lui, encore tout sourire, et Charlie se retint d'éclater de rire. Le jeune homme était toujours aussi aveugle.

-Capitaine !! Alors, c'était comment ? », demanda Oliver en attrapant son bras sous le coup de l'excitation.

Un flash lumineux les aveugla l'espace d'une seconde.

-C'était… C'était bien Ollie, tu étais bien ! », répondit Charlie.

Mais il n'eut pas le temps d'en parler plus, parce que les deux équipes devaient retourner dans les vestiaires. Oliver se pencha vers lui pour lui murmurer à l'oreille.

-Tu m'attends ? Prend le passe et demande à ma mère. »

Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, il y eut un autre flash et Oliver prit son envol. Charlie regarda la petite carte qu'il lui avait mit dans la main et se tourna vers Mme Wood qui le fixait avec un sourire en coin.

-Hum… », dit-il avec gène « Ollie… »

-Oui, oui. », répondit-elle d'un air goguenard « Je vais t'emmener dans le QG de Puddlemere. »

Elle prit sa main avant de transplaner.

X

Charlie attendait dans le hall. Mme Wood était partie rejoindre son mari quelques minutes plus tôt, et il se retrouvait là, tout seul, le cœur battant la chamade. Quelques personnes passaient parfois, tantôt en costume, tantôt en blouse de médecin, mais aucun ne faisait attention à lui.

Finalement, il entendit des bruits de pas. Il jeta un coup d'œil vers la personne qui arrivait mais ce n'était que Thomas Reed, l'attrapeur de Puddlemere. Un type de la trentaine aux cheveux noirs et au sourire enjôleur élu plusieurs fois Mister Month par Fashion Witch. Il le savait parce que Moira, l'infirmière de la réserve, annonçait toujours haut et fort l'homme qui avait été élu le plus beau d'Angleterre en rajoutant ensuite un 'Prenez-en de la graine !' amusé durant chaque repas.

Le regard de Reed se posa sur lui et il sourit.

-Charlie Weasley, hein ? », dit-il.

-Oui, c'est ça. », répondit Charlie pris de cour.

-Je dois te remercier, je crois. », continua l'attrapeur en lui serrant la main « C'est grâce à toi que j'ai eut ma place dans l'équipe. Elle t'était réservée, à la base. »

-Pas de quoi. », dit Charlie en riant, encore un peu troublé.

Reed lui adressa un autre clin d'œil.

-Je suppose que tu attends la crevette. Il devrait pas tarder ! » Il remonta son sac sur ses épaules avant de lui faire un signe de la main « Bonne soirée ! »

Charlie haussa ses sourcils. La crevette ?

-Capitaine !!! »

Il se retourna. Oliver courait vers lui, les bretelles de son sac glissant de ses épaules à moitié, les cheveux encore mouillés.

-Hey. », dit Charlie avec un sourire amusé.

-C'était bien, hein ? Mais j'ai laissé passer plusieurs buts rattrapables. Tu as vu quelques défauts ? »

-Doucement, Ollie. Tu veux qu'on aille quelque part pour en parler ? »

Oliver prit brusquement sa main.

-Je sais ! Je t'ai pas encore montré chez moi, Capitaine ! »

Charlie n'eut pas le temps de répondre qu'ils transplanaient.

Il faisait bon. C'était la première chose qu'il remarqua en atterrissant. Il cligna des yeux pour s'habituer à l'obscurité de l'endroit, mais Oliver éclaira les lieux d'un coup de baguette. C'était un salon de taille moyenne, simple mais confortable pour une personne.

-C'est chez toi… », murmura Charlie en regardant autour de lui.

Il y avait une grande baie vitrée qui donnait sur Londres.

-Yep. Mon appart. Ca fait pas longtemps que j'habite ici. C'est un peu… euh, en bazar mais j'ai pas eut le temps de ranger… Tu veux boire quelque chose ? »

-Bière ? », suggéra Charlie.

Oliver acquiesça et disparu dans la cuisine, dans une pièce de l'autre côté du salon. Il y avait un vieux souaffle défoncé qui gisait au sol, et quelques magasines aux couvertures déchirées. Un balai reposait contre un mur, Charlie reconnu le vieux Brossdur d'Oliver. Plusieurs vêtements étaient éparpillés ça et là. Charlie attrapa un pull vert bouteille qui disait sur le canapé.

Il était drôlement grand… Trop grand pour Oliver, en tout cas.

Quelque chose tomba en sol. Charlie s'arracha de la contemplation du pull pour voir qu'Oliver le dévisageait avec de grands yeux, une bière à ses pieds.

-Oh… euh, c'est… c'est quelqu'un qui me l'a… offert mais c'est un peu trop… hum, grand. », balbutia le jeune homme alors qu'il ramassait la bouteille.

Bizarre. Charlie sourit, un peu incertain, et reposa le pull pour attraper la bouteille de bière que lui tendait Oliver. Le jeune homme jeta les vêtements hors du canapé pour leurs faire une place et se laissa tomber dessus.

-Alors, raconte ! », dit-il enfin en s'appuyant sur le dossier.

Charlie décapsula sa bouteille alors qu'il se remémorait le match.

-Et bien… j'ai vu quelques petites fautes, oui. »

Il se lança dans ses explications, la voix basse et calme. Oliver répondait parfois par des « hm » et des hochements de tête, mais ses yeux se fermèrent peu à peu, et Charlie continua de parler jusqu'à ce que la respiration du jeune homme soit plus lente, ses membres détendus.

La bière qu'il tenait menaçait de tomber hors de sa main, alors Charlie attrapa doucement la bouteille pour la poser sur la table basse. Il se leva à la recherche de la chambre qui était encore plus chaotique que le salon. Des chaussettes sales et des sous-vêtements trainaient un peu partout, l'armoire était grande ouverte et une pile de vêtements gisait à ses pieds. Le lit était défait. Charlie prit la couverture et revînt dans le salon. Il allongea Oliver sur le canapé et posa la couverture sur lui avant d'enlever ses chaussures.

Puis il s'assit sur la table basse, en prenant soin à ne pas renverser la bouteille de bière encore à moitié pleine.

Ses yeux se posèrent sur le visage endormit d'Oliver. Il poussa un bref soupire avant de transplaner.

X

-Charlie !! Charlie, viens voir ça ! »

Moira lui faisait de grands signes depuis la tente qui faisait office d'infirmerie. Elle ne pouvait pas s'arrêter de glousser et tenait un magasine dans ses mains. Charlie délaissa la corde qu'il était en train de rouler pour la rejoindre, curieux.

-Alors c'est lui le gosse qui t'envois des lettres ? Je croyais que c'était un gamin !! », s'exclama la jeune métisse en lui montrant la page de l'article.

Une photo le montrait, lui et Oliver. Le jour du match, lorsqu'il était venu dans la tribune.

-Il est carrément bien foutu ! », continua Moira « C'est lui le Mister Month ce mois-ci ! Et dis donc, vous sortez ensemble ou pas, alors ? »

Charlie faillit s'étrangler avec sa salive.

-Quoi ?! »

-Je suppose que ça veut dire non… »

-Mais qu'est-ce que… »

-Lis l'article, patate ! »

Elle lui mit le magasine sous le nez, et Charlie le parcourut du regard, les joues brûlantes.

Oliver Wood, Gay ?!

Le jeune gardien de Puddlemere United est, comme vous le conviendrez mesdames et mesdemoiselles, un des plus beaux partis de l'année ! Agé tout juste de 18 ans, notre bel éphèbe est, selon ses dires quelques mois plus tôt ( voir Fashion Witch n.589 ) libre comme l'air ! Certaines sources nous rapportent que le gardien auraient eut quelques relations avec une ou deux jeunes filles lorsqu'il était à Poudlard. Mais Il semble également que depuis son admission dans l'équipe, les femmes et l'amour laissent le jeune Wood de marbre. ( Preuve en page 7 lorsque deux jeunes fan lui demandent de signer un autographe sur leurs poitrine ). Moi, Ginger Gossip, en suit donc venu à me poser une question : Oliver Wood serait-il gay ?

Doute qui se serait renforcé suite au premier match disputé par le jeune prodige, où le jeune Wood a été vu, dans les tribunes officielles, en compagnie d'un beau jeune homme roux ( voir photo en page 9 ). Une seule solution s'imposait alors pour répondre à ma question : un interview du principal intéressé. C'est donc dans un pub branché de Londres que j'ai rencontré le gardien de Puddlemere.

G.G : Alors Oliver, passons directement dans le vif du sujet. Tu as été vu en compagnie d'un jeune homme lors du premier match de la Coupe d'Europe…

O.W : Oh !! (regarde la photo avec un sourire) Oui, c'est Cap… Euh, Charlie !

G.G : Charlie ?

O.W : Mon capitaine, à Poudlard. Je lui dois tout, il m'a tout appris ! Enfin, presque.

G.G : Donc vous n'avez, tout deux, aucune relation plus… personnelle.

O.W : Personnelle ? Comment ça ?

G.G : Vous n'êtes pas gay… ?

O.W : (surpris) Non, pourquoi ?

G.G : Une question que je me posais. Sinon, Oliver. Pourrais-tu dire à nos fidèles lectrices quel genre de personnes t'attires ?

O.W : Euh… et bien je suis pas très difficile, vous savez. J'ai pleins d'amis différents, il y en a même qui n'aiment pas le Quidditch. Euh… attendez, vous parlez bien de façon amicale, hein ?

Notre interview ne menant pas à grand-chose, j'ai décidé de m'adresser à quelques-uns des coéquipiers de notre jeune gardien. Après tout, tout le monde le sait : Les rumeurs vont bon train dans les vestiaires. En faisant le guet près des douches, j'ai ainsi (aperçu le magnifique Thomas Reed en plein savonnage) pu poser quelques questions à deux de ses collègues.

« Olive ? Gay ? Non non, pas du tout. Ce type n'est ni gay, ni hétéro, ni zoophile. Il est asexué, vous comprenez ? Asexué, et marié au Quidditch. », dixit Steven Hatcher, batteur.

« Stevie à tout résumé. », continue Joscelyn Wadcock, poursuiveuse « A la limite, il pourrait s'intéresser à des joueurs de Quidditch… Mais personnellement, je vois pas qui pourrait supporter de vivre avec la crevette. Sérieusement, même en dehors du terrain il n'a que le mot Quidditch à la bouche. Et puis vous savez comme il est… Le romantisme, la Saint-Valentin et les Rendez-vous galants, tout ça… il connait pas ! Je suis même étonnée qu'il sache comment faire des bébés. »

Charlie observa les deux photos à côté de l'article. C'était bien lui. Dans la deuxième, Oliver le tenait par la main et murmurait à son oreille.

-Charlie !! Ah, te voilà enfin !! Je t'ai cherché partout !! »

Lizzie MacDonald courait vers eux, sa queue de chevale à moitié défaite.

-Ton frère t'attend à l'entrée de la réserve. Bill. Il dit que c'est urgent ! »

Bill ? Charlie redonna le magasine à Moira qui paraissait inquiète elle aussi. Charlie fronça les sourcils alors qu'il transplanait vers l'entrée. Bill était bien là, il se jeta presque sur lui lorsqu'il apparut. Son visage était pâle. Apparemment, quelque chose de grave s'était produit. Et si Bill revenait juste après la finale du Tournoi des trois sorciers…

-Qu'est ce qu'il se passe ? Il est arrivé quelque chose à Harry ? »

-Pas à Harry, Charlie. Mais à Cédric Diggory. Il est mort… »

Charlie ouvrit de grands yeux, stupéfait.

-Mort ? »

-Tu-sais-qui est revenu, Charlie. Les choses se mettent en place. », murmura Bill en le prenant par les épaules.

X

Le temps fila rapidement, après ça. Charlie se retrouva mêlé aux affaires de l'ordre, et recrutait des sorciers roumains pour organiser la résistance. L'annonce du retour de Voldemort avait plongé le pays dans un état d'alerte générale. La guerre était là, le danger omniprésent, les Mangemorts devenaient de plus en plus fort et l'insécurité régnait partout. Charlie coupa tout contact avec ses amis qui ne faisaient pas partit de l'Ordre. La chouette de Juan, celle d'Iris et Firebolt ne revinrent plus et Charlie se retrouva sans nouvelle.

Il écoutait Potterwatch d'une oreille attentive en se demandant si ses amis allaient bien, si quelques-uns s'étaient fait attraper ou d'autres tués. Il savait que Roy était en cavale, Juan l'avait mentionné dans la toute dernière lettre qu'il lui avait envoyée. L'ancien batteur était un fils de moldu et devait se cacher. Iris avait le sang mêlé, elle, tout comme Merry et Juan. Kristie, par contre, avait des parents sorciers. Oliver aussi.

La Coupe d'Europe battait toujours son plein, presque imperturbable alors que l'Angleterre était plongée dans un chaos total, mais les matchs se faisaient plus fermés, à huit-clos. Quelques joueurs avaient fugués et les équipes se retrouvaient un peu mal en point, mais Charlie suivait les résultats, lisait chaque articles à la recherche du nom d'Oliver lorsqu'il le pouvait.

Deux années passèrent ainsi quand la bataille finale prit place à Poudlard. Il fallait qu'il ramène le plus d'alliés possible en faisant vite. Il appela Moira, quelques sorciers de son équipe, transplana chez Juan et Kristie, chez Merry et Iris, puis se rendit à Pré-au-Lard pour prévenir des personnes qu'il connaissait et en qui il avait confiance. Chacun appela autant de contacts qu'il pouvait et au final, ils se retrouvèrent plus d'une centaine à pénétrer dans Poudlard.

L'école se faisait exploser de part en part, il entendait des cris de douleur, des sorts que l'ont jetait. Il y avait de la poussière partout, des pierres projetées dans tous les sens et trop de corps, par terre. Trop de sang, trop d'adolescents et d'enfants allongés sans vie sur le sol. L'odeur de mort et de brûlé flottait partout. Depuis combien de temps est-ce qu'il se battait ?

Une voix s'éleva brusquement. Celle de Voldemort. Elle lui fit froid dans le dos. Une trêve, il annonçait une trêve.

Il n'y avait plus aucun mangemorts en vue. Plus de cris. Plus de jets lumineux. Charlie aidait quelques adolescents à se relever, tous se dirigeaient en direction du Grand Hall. Sa cape était en lambeaux, il l'enleva pour la mettre sur les épaules d'un garçon qui grelottait près de lui. Il aperçut la silhouette de Bill au loin, et s'apprêtait à la rejoindre quand quelque chose de bleu clair captura son attention.

Oliver.

Oliver était là. Il descendait les escaliers derrière un adolescent aux joues rondes. Tout les deux tenaient un petit corps qu'ils posèrent délicatement près des autres au milieu du Grand Hall.

Charlie s'approcha de lui à pas rapide et le prit par les épaules. Il crut un instant que le jeune homme allait le frapper, parce que ses yeux s'étaient grands ouverts sous le coup de la surprise et qu'il tenait sa baguette serrée dans la main. Mais lorsqu'il le reconnu, ses traits se détendirent et il essuya ses yeux du revers de la main.

-Charlie… », murmura t-il enfin.

-Qu'est ce que tu fais ici ? Comment est-ce que tu as su ? »

-Katie. »

Katie ? Qui était cette fille ?

-Ma poursuiveuse. Enfin, ancienne poursuiveuse. J'étais dans les vestiaires quand elle m'a… prévenu et… »

Il ne finit pas à sa phrase. A ce moment-là, un hurlement horrible déchira le silence du Grand Hall. Charlie eut mal au cœur rien que de l'entendre, mais il se rendit compte qu'il reconnaissait cette voix.

-MON FILS !! OH MERLIN, RENDEZ-MOI MON FILS, JE VOUS EN SUPPLIE !! »

Les sanglots faisaient mal. Charlie fit volte-face, et son cœur rata un battement. Tous les rouquins étaient amassés dans un coin. Les cris venaient de là. C'était quelqu'un de sa famille. C'était sa mère, sa mère qui pleurait.

Comme dans un rêve, il sentit qu'il s'approchait de ses frères agglutinés, collés les uns aux autres. Sa main bougea d'elle-même lorsqu'elle se posa sur l'épaule de Ron pour le pousser.

Il mit un temps à reconnaître le visage du jeune homme allongé au sol.

Fred.

C'était Fred. Il le savait, parce que George secouait son jumeau comme un prunier en hurlant 'Fred, Fred réveilles-toi BORDEL !' d'une voix brisée.

-Tout est de ma faute… tout est de ma faute !! », murmurait Percy à sa droite.

Charlie se demanda vaguement quand est-ce qu'il était arrivé. Sa vision était floue. Il ne sentait plus rien à part la douleur, lancinante, qui déchirait son cœur. Il recula. Quelqu'un se jeta dans ses bras. Il enlaça son petit frère alors que Ron s'était mit à pleurer dans son cou et tourna son visage pour regarder sur le côté.

A travers ses larmes, il vit qu'Oliver pleurait.

X

Le deuil était dur à porter.

Molly avait pleuré, nuit et jour. Même aujourd'hui, lors de l'enterrement, ses épaules tressautaient et ses sanglots ponctuaient le discours que prononçait Arthur d'une voix tremblante.

Charlie regardait la scène à l'écart, adossé au mur de la maison. Le cercueil fut mit en terre, les invités se dispersèrent dans la cuisine et le salon pour se remémorer leurs souvenirs. Charlie resta dans le jardin, continua d'observer George qui se tenait toujours debout devant la tombe. Il était tombé dans une sorte d'état catatonique après sa crise d'hystérie. Aucun n'avait su trouver les mots pour le réconforter. Leurs présence n'avait même pas réussit à le sortir de son mutisme.

-Hey. », murmura Oliver en s'approchant de lui.

-Hey. », répondit Charlie, à peine inaudible.

Ils restèrent silencieux pendant un long moment, puis Oliver s'approcha de George, cette fois. Il se posta près du jeune rouquin, se mit à parler mais Charlie n'entendait pas clairement ce qu'il disait avec la distance. Bill s'adossa à côté de lui et ils regardèrent, tout les deux. Ils regardèrent Oliver parler à voix basse. Ils regardèrent George se mettre à trembler. Ils regardèrent le rouquin prendre le brun dans ses bras et sangloter bruyamment.

Et alors qu'Oliver continuait de parler en tapotant doucement son épaule, Charlie se rendit compte à quel point le jeune homme était proche de leurs famille.

Le petit de Bill.

Le meilleur ami de Percy.

Le capitaine de Fred et George.

Le prédécesseur de Ron.

Son gardien.

Oliver releva son visage en reniflant, et Charlie l'entendit, très distinctement.

-C'est le meilleur batteur que j'ai jamais eut. »

X

Ils mirent du temps à récupérer. Mais Voldemort était définitivement hors d'état de nuire, cette fois, et la vie se reconstruisait petit à petit. Ron se maria avec Hermione. Ginny avec Harry. Leurs mère retrouva peu à peu le sourire alors que naissaient les premiers petits. Percy revînt à la maison accompagné d'Audrey. Et George annonça qu'il allait épouser Angelina.

Ils se remettaient tous de leurs blessures, peu à peu, reprenaient leurs routine. Charlie. Ses dragons et ses lettres. Oliver se faisait plus assidu, lui décrivait les endroits qu'il visitait après un match, lui racontait des anecdotes sur les joueurs qu'il croisait. Il lui annonça qu'il avait enfin pu serrer la main de Viktor Krum, que Puddlemere avait perdu face aux Magpies mais qu'ils finissaient tout de même troisième au classement de la Coupe d'Europe.

Les mois passaient, et Charlie se disait que peut-être, il pouvait se rapprocher d'Oliver. Essayer de faire renaître son béguin, tenter quelque chose. Il réussit à en parler avec Bill, après moult bégaiements et de nombreux rougissements, et son frère avait éclaté de rire avant de lui taper l'épaule et de lui dire de foncer.

-Sérieusement. Depuis la Coupe du Monde, ça fait combien de temps ? Le petit m'intrigue, franchement. Passer des années sans batifoler avec quelqu'un, c'est humainement impossible ! »

-On est pas tous comme toi, Bill. », rétorqua Charlie en roulant des yeux.

-Pitié. C'est un mec, et comme tout les mecs il doit bien se décharger quelque part. »

Charlie trouva ça troublant d'imaginer Oliver se 'décharger' avec quelqu'un. Et encore plus lorsqu'il s'imagina le faire avec lui. Bill dut le sentir car il le repoussa en s'esclaffant.

-Hors de ma vue, Weasley ! Tes pensées impures vont finir par ternir ma fille. »

Charlie éclata de rire avant de transplaner dans l'appartement d'Oliver. Il ne l'avait pas vu depuis l'enterrement, à part en couverture de magasine et en photo. Le salon était éclairé par une lumière tamisée, mais nulle trace du jeune homme.

-Ollie ? »

Il sortit dans un petit couloir. De l'eau coulait dans une pièce. Sûrement la salle de bain.

-Ollie, c'est moi ! », dit-il en frappant à la porte.

Il y eut un couinement, d'autres bruits bizarres et Oliver sortit brusquement de la pièce avant de s'adosser à la porte fermée, les joues écarlates et le souffle cour. Ses cheveux encore mouillés commençaient déjà à humidifier le tee-shirt trop grand qu'il avait enfilé à l'envers.

-C…Capitaine… Qu'est ce que tu fais ici ? », bégaya le jeune homme, la voix un peu aigue.

-Je te dérange ? »

-C-C'est-à-dire que… »

La porte s'ouvrit à se moment là, Oliver faillit en tomber à la renverse. Charlie recula d'un pas, le souffle coupé et les yeux écarquillés.

Marcus Flint.

Marcus Flint était là. Dans la salle de bain d'Oliver. AVEC Oliver.

-C…C'est pas ce que tu crois… ! », balbutia Oliver alors que Flint disparaissait dans une autre pièce sans un regard pour eux « Je veux dire… C'est tout à fait ce que tu crois mais… mais pas comme tu penses, enfin… hum, tu veux boire quelque chose peut-être ? »

Charlie se força à reprendre ses esprits. Il acquiesça, mais ses gestes étaient mécaniques. Oliver bondit hors du couloir, en direction de la cuisine. Il avait l'air mortifié, mais Charlie ne savait plus quoi dire.

Voilà avec qui il se décharge, pensa t-il de façon cynique.

Non, il n'arrivait pas à y croire. Marcus Flint, bon sang !! Son ennemi de toujours, son rival depuis le premier jour !! Il l'avait toujours haït, ce n'était pas possible que… tout les deux…

-Weasley. »

Charlie s'arracha hors de ses tourments intérieurs. Flint se tenait contre l'encadrement de la porte de la chambre, les bras croisés et un sourire en coin presque triomphant.

-Je sais ce que tu penses. », dit le jeune homme à voix basse « Tu n'avais qu'à te bouger avant. Il est à moi, maintenant. »

Il le dépassa pour se rendre dans la cuisine. Charlie pouvait les voir, d'ici. Flint attrapa sa baguette et marmonna un sort pour sécher les cheveux d'Oliver qui faisait bouillir de l'eau. Il se pencha vers lui, ensuite. Renifla ses mèches châtaines avant de l'embrasser sur la tempe. Et Oliver se laissait faire, comme si c'était quelque chose d'habituel, qu'il faisait tout le temps.

Peut-être que c'était le cas.

Charlie détourna son regard et transplana sans un mot. Il avait l'impression d'avoir avalé une pilule énorme au goût horriblement amer.

X

Le goût d'amertume était toujours dans sa bouche, le lendemain. Il avait ouvert son tiroir pour contempler toutes les lettres pliées à l'intérieur. Il y en avait tellement…

Charlie sortit tous les morceaux de parchemins. Il alluma un feu dans la cheminée d'un coup de baguette et contempla les flammes, les lettres dans les bras. Il resta ainsi pendant un long moment, immobile, quand une des lettres tomba près de l'âtre.

Il sursauta avant de toute les envoyer dans un coin pour se jeter sur celle qui commençait déjà à brûler. Ignorant la douleur, il éteignit les flammes en tapotant sur le parchemin comme un malade. Un bout était noircit, il poussa un juron en se traitant d'idiot.

Frustré, Charlie se jeta sur son lit en se tirant les cheveux.

T'es vraiment nul, t'es un idiot, bon sang, t'aurais du faire le premier pas avant ! Pourquoi tu l'as laissé partir, pourquoi, pourquoi, pourquoi !!, pensait-il en gémissant de rage.

Il serra les dents et resta immobile, à se traiter d'imbécile.

Sa crise passée, il attrapa la lettre pour la déplier et la lire. C'était celle-là. Celle avec marqué : « L'équipe me manque », mais où un Tu avait été rayé pour être remplacé par l'équipe.

X

Firebolt laissa tomber la lettre avant de s'en aller. L'enveloppe atterrit sur les dix autres. Une semaine depuis qu'il savait.

X

-Charlie ! Quelqu'un te demande à l'entrée. »

-Tu peux t'occuper de Ralph ? »

Son équipier acquiesça avant d'attraper le dragonneau avec précaution. Charlie préféra marcher plutôt que transplaner ; il n'était pas loin de l'entrée.

Il entendit des gloussements. Ses yeux se levèrent pour se poser vers le jeune homme qui attendait au milieu de Lizzie, Moira et Nikola, une polonaise bâtie comme un homme qui pourtant, détestait tout les comportements typiquement féminins.

Evidemment, c'était lui.

-Capitaine ! »

Oliver le rejoignit en courant. Ses joues prirent une teinte pivoine, il avait l'air mal-à-l'aise. Charlie jeta un coup d'œil aux trois femmes qui les dévisageaient avec avidité.

-Laissez-nous tranquille, s'il vous plait. », demanda t-il poliment.

Elles s'exécutèrent sans un mot, et Charlie reporta son attention sur Oliver.

-Je… Tu n'as pas répondu à mes lettres… »

-Désolé, j'étais pas mal occupé en ce moment. », mentit Charlie.

-Oh… » Oliver baissa les yeux au sol « Est-ce que ça te dérange ? », demanda t-il finalement.

Charlie ne répondit pas, et il finit par relever son regard vers lui.

-Flint et moi… je veux dire… »

-Je dois avouer que ça me surprend un peu. Je croyais que tu le haïssais. »

-C'était à Poudlard... Mais… Mais je suppose qu'on a un peu changé. », répondit doucement Oliver.

Il revoyait le pull trop grand abandonné sur le canapé. Le tee-shirt qu'avait enfilé Oliver lorsqu'il l'avait surpris. La scène de domesticité.

-Depuis combien de temps ? »

-…La dernière année de Poudlard… les choses ont changé. Mais, après la guerre… c'est devenu plus… concret. »

-Et… tu es heureux, avec lui ? »

Oliver sourit. Son sourire lui fit mal, parce qu'il était vraiment sincère, et que ses yeux étaient si verts, si brillants…

-Je crois… », murmura t-il enfin.

Charlie détourna son regard. Il déglutit avec difficulté, se força à lui sourire le plus sincèrement possible.

-C'est bien, alors. »

Et Oliver eut l'air vraiment soulagé. Heureux. Charlie, lui, sentit quelque chose se briser en lui.

-Préviens-moi la prochaine fois que tu viens alors, capitaine. Iris devrait bientôt organiser un rendez-vous, de toute façon. »

-C'est bien… »

-Je… je te dérange pas plus, alors. Fais attention avec tes dragons. »

Charlie acquiesça, et Oliver disparu dans un 'pop' après un dernier sourire.

C'était fini.

Il se rendit dans le bar le plus proche, ensuite, et bu verre après verre. Il se demanda depuis quand les rôles avaient changés. Depuis quand c'était lui qui attendait les lettres avec impatience, depuis quand c'était lui qui regardait Oliver différemment. C'était lui qui avait le béguin, maintenant. Non, pire encore. Pas un simple béguin. Il l'aimait. Il aimait Oliver autant que les dragons, et il préférait les dragons aux femmes. Enlever Oliver à l'équation et le résultat était simple.

Il se demanda si les choses auraient prit une tournure différente si à Poudlard, il avait réagit. S'il avait répondu à Oliver, s'il avait flirté avec lui.

Il se demanda comment Flint et lui étaient passés de la haine à autre chose. Peut-être que Flint l'avait forcé au début. Peut-être que Flint l'avait menacé, et qu'Oliver avait fini par aimer. Ou alors peut-être que c'était Oliver qui avait fait le premier pas.

Il se dit qu'il aurait du faire quelque chose. Qu'il voulait retourner en arrière. Qu'il pouvait toujours dire à Oliver, de but en blanc, qu'il ne le voyait plus que comme un simple garçon passionné de Quidditch.

Mais non.

Oliver était heureux. Il ne pouvait pas lui faire ça.

X

-Charlie ? Charlie, c'est toi ? »

Il répondit par un 'Ngg…', la démarche mal-assurée.

-Bon sang, Charlie. Tu pues l'alcool ! »

Il se mit à rire, doucement. Bill le guida jusqu'au canapé, il n'y voyait vraiment rien dans le noir et le sol semblait tanguer dans tout les sens. Horrible. Il rit à nouveau, mais cela ressemblait plus à un sanglot qu'autre chose.

-Charlie… tu pleures ? »

Il voulu s'esclaffer, mais seuls des sanglots s'échappèrent de sa gorge alors que Bill l'allongeait sur le canapé.

-Juste une poussière dans l'œil. », dit-il enfin, la voix pateuse tandis qu'il fermait les yeux « Ca arrive à tout le monde… »

END