Auteur : Ipiu
Titre : Come sink with me
Disclaimer : Ô toi, Masashi Kishimoto

Note : Je suis vraiment navrée pour ce délais de publication. C'est honteux de ma part, déménagement ou non, partiels ou non, je suis trop lente ! MAIS du coup ce chapitre est plus long que ma moyenne habituelle, et franchement il s'en passe des choses ! *clind'oeilappuyé*
Et, pas d'inquiétude, le chapitre 4 est rédigé aux trois quarts et arrive dans la semaine (flagellez moi si ce n'est pas le cas) !

Petite dédicace à mon Ako, sans qui mes punchlines perdent de leur punch ! Merci de me relire encore et toujours même quand je mets des -e partout où je ne devrais pas(d'ailleurs il doit en rester un quelque part, mais où ?) !

Des bisous sur vos fesses à toutes et à tous ! Je vous aime !


Chapitre 3 : In distress

Bzzz... Bzzz... Bzzz...

Bzzz... Bzzz... Bzzz...

J'ai la tête qui bourdonne. Une vibration, qui semble provenir directement de l'intérieur de mon pauvre crâne, m'empêche de me fondre pour toujours dans le sommeil.

Bzzz... Bzzz... Bzzz...

J'entrouvre un œil. Je ne vois rien. Il fait tout noir. Je mets une vingtaine de secondes à comprendre que je suis coincé dans une position bizarre, les bras en l'air et la tête coincée dans mon t-shirt. J'ai du m'endormir pendant que je l'enlevais... ah merde, je suis vraiment un cas !

BZZZ...

Les vibrations se font plus insistantes. Je retire une bonne fois pour toutes mon t-shirt et je regarde autour de moi. C'est bon, tout va bien. Je suis dans ma chambre. Je me cale contre l'oreiller, détendant les muscles noués de mes épaules malmenées par ma débilité et mon goût pour les positions grotesques. Je suis vraiment incroyable !

BZZZ... BZZZ... BZZZ...

La vibration provient en fait de mon coussin, et non de ma tête, ce que je trouve finalement assez rassurant. Je glisse la main dans la taie d'oreiller orange... mon téléphone !

Six messages non lus. Quatre appels manqués. C'est mauvais.

De Neji Hyû à 1:37
Comment ça une « GRANFE NUVELE » ?

De Neji Hyû à 2:04
Réponds surtout pas, espèce d'abruti dégénéré. Et arrête d'écrire en majuscules dès que tu as bu deux verres. Les fautes je comprends, tu es débile, mais les majuscules...

De Sexy Brun à 8:01
Je t'envoie ton contrat par mail. La réunion est à 9.00 demain. Sois pas en retard.

De Sakura❤ à 8:11
Sérieux ? Un film avec de vrais de vrais producteurs ? C'est trop cool !

De Tema à 8:13
Mec c'est toi qui a mes chaussons lapin, les oreilles et les menottes ?

De Sakura❤ à 8:14
Envoie moi des photos du tournage hein ! Mets toi bien en valeur, genre cameraman de l'extrême. Je ferais croire que je sors avec toi pour rendre Eric jaloux. Il tombera dans mes bras, on aura deux enfants et un chien, et une grande maison à la campagne ! Mouahahaha ce plan est parfait ! Je suis diiiiiiabolique !

Je voudrais rire comme un singe en lisant les deux derniers textos mais mon hilarité retombe immédiatement. Il est huit heure vingt... Je. Suis. Dans. Le. CACA.

Je saute sur mes pieds, essayant d'oublier le fait que, putain, ça tangue, pour enfiler des vêtements aussi chics et propres que possible. Alors que je me brosse les dents d'une main, je vérifie l'itinéraire entre chez moi et le siège de l'Uchiha Corporation où se tient la réunion. J'ai à peine le temps de passer un coup de peigne dans mon indomptable tignasse avant de quitter mon minuscule studio en claquant la porte. Je dévale les escaliers, manquant de me rompre le cou en ratant une demi douzaine de marches, quand mon téléphone vibre de plus belle comme si il se foutait littéralement de ma gueule.

De Sexy Brun à 8.29
J'espère que tu es en route. Je déteste attendre.

Non mais il se prend pour qui ce bobo richouille de mes deux pour me parler comme ça ? Je vois aussi rouge que la peinture de ma moto que j'enfourche en quatrième vitesse, mais je ne peux pas m'empêcher de lui répondre.

A Sexy Brun à 8.31
Serre les fesses, princesse ! J'arrive !

En respectant très approximativement le code de la route j'arrive avec trois minutes d'avance, un score que je trouve particulièrement honorable considérant les circonstances. Sasuke m'attend devant le building, propre sur lui et brillant comme les chiottes d'un hôtel de luxe. Encore une fois je me sens déclassé en face de lui, relégué au rang d'urinoir d'un petit hôtel deux étoiles. Il s'approche, un air moqueur et supérieur bien étalé sur son visage parfait.

- Si on doit se donner des surnoms, je préférerais que tu m'appelles Maître.

Je le fusille du regard.

- Rêve pas, ça n'arrivera jamais.

Et que revoilà le petit sourire en coin, hyper sexy et méprisant, que Môssieur affectionne. Il ne répond pas, jugeant sûrement que j'ai été suffisamment distrayant pour toute sa matinée, et tourne les talons. Je lui emboîte le pas, franchissant avec une certaine sensation de surpuissance les portes en verre de la tour de bureaux. Allons donc signer ces saletés de papiers !

The base and the tweeters
Make the speakers go to war !
Aa the mighty trumpet
Brings the freaks out to the floor !

Je prends conscience de ce qui est en train de se passer quand j'entre dans l'ascenceur avec Sasuke. Le réveil brutal et le manque de caféine n'aidant pas, je n'avais pas réalisé dans quoi je mettais les pieds. Et la soirée arrosée hier ne rend pas les choses plus faciles pour mon pauvre cerveau, déjà un peu atrophié en temps normal. Ma mère a du me faire tomber trop souvent sur la tête quand j'étais bébé.

Me voila donc, Naruto Uzumaki, 20 ans, dans un ascenseur avec un presque inconnu en costard, en route pour signer un contrat de production pour mon premier vrai film. Avec de vrais financements. Et un vrai cachet. Et une vraie diffusion en salle. Et mon nom sur l'affiche. Tout a coup, j'ai comme... la pression. Ou le trac. Mon reflet tout chiffonné dans le miroir ne me rassure pas. Qu'est-ce-que je (bordel de merde) fous là, moi ?

Je tripote nerveusement le bout de ma cravate. Dieu comme je déteste en porter ! On ne tient pas un Uzumaki en laisse que diable ! En relevant les yeux je croise ceux de Sasuke, qui me fixe d'un air bizarre.

- Quoi ? J'ai un truc sur la figure.

- Je n'avais pas remarqué ton piercing.

Instinctivement je porte la main à mon oreille droite, piercée au cartilage d'un petit anneau ouvragé en argent représentant un renard qui se mord la queue. Un reste de folie de ma période rebelle à seize ans. Je suis encore plus mal à l'aise tout à coup.

- Je dois l'enlever tu crois ?

- Non, garde le.

Il détourne le regard, pas stressé pour un sou, détendu comme si le monde lui appartenait déjà. D'ordinaire ça m'exaspère, mais là tout de suite je trouve ça réconfortant. Si Sasuke dit que ça passe, alors ça passe. Avec un petit cling distingué, l'ascenseur s'ouvre sur un long corridor où le marbre blanc du hall laisse la place à une toute aussi distinguée moquette bleue. Des hommes en tailleurs vont et viennent dans tous les sens pendant que des femmes en costumes s'affairent derrière leurs ordinateurs, à moins que ce ne soit l'inverse ? Je suis un peu perdu. Je reste bien proche de Sasuke, histoire que personne ne me remarque, moi le petit blond déplacé caché derrière l'aura du fils du PDG. Tout le monde le salue respectueusement, c'est... hyper intimidant. Sasuke c'est un peu le Christian Grey du pays quoi ! Cette pensée déplacée me fait presque rire à haute voix et me décoince légèrement.

Soudain nous quittons les longs couloirs pour arriver dans un bureau spacieux et épuré, au mobilier design dernière tendance, genre pièce témoin pour catalogue. Je reconnais instantanément l'homme qui est assis derrière l'immense bureau en acajou : il était présent à la remise des projets de fin d'année à l'université, en pleine discussion avec Sasuke. D'un mouvement leste mais mesuré, il se lève et s'approche de nous en me fixant. Arrivé à ma hauteur il me dévisage un moment avant de me tendre la main.

- Ravi de te rencontrer Naruto. Je suis Itachi Uchiha. J'espère que notre collaboration à venir s'avérera fructueuse.

Puis il se tourne vers Sasuke.

- Mon frère m'a assuré que tu avais un grand potentiel et qu'il serait judicieux de le faire fructifier. Pour le bien de vos futures carrières ainsi que celui de notre entreprise.

Son frère ? J'aurais du le deviner. Ils se ressemblent tellement entre leur port de tête princier et leurs manières de rois du monde. Cela dit Itachi a quelque chose de moins agaçant, comme si il méritait plus le respect que son insupportable cadet. Moins agaçant, certes, mais enfin plus flippant aussi. La froideur de ses yeux est glaçante : on sent que ce type tuerait père et mère si il avait une bonne raison de le faire. Ça fait froid dans le dos... même pas peur !

- Tout le plaisir est pour moi. Vous ne regretterez pas cet investissement.

Avant qu'Itachi ne puisse répondre, la voix grave de Sasuke l'interrompt.

- En parlant d'investissement, assez de politesses. Venons en aux termes du contrat.

- Mon petit frère, toujours si pressé, répond Itachi en souriant (et en appuyant bien sur le petit), ce qui a le mérite de le rendre beaucoup plus humain. Par principe je me méfie des Uchiha, mais je décide que lui, j'l'aime bien.


- Reprends donc encore une bière, mon petit Naruto ! Ce soir, c'est ma tournée !

Je souris comme un benêt à Temari, déjà ivre en ce beau soir d'été. Les vacances commencent à peine et pourtant nous allons tous très vite être accaparés par nos projets. Kiba nous a rebattu les oreilles pendant trois quarts d'heure avec son super stage dans je ne sais plus quel studio de montage, tandis qu'Hinata va pouvoir suivre un de ses réalisateurs préférés sur un tournage dans une ville proche. Quant à Temari, elle se fait désirer, recevant toutes les propositions et méditant ses options. Mon sourire s'élargit encore en les regardant tour à tour. Ils vont tellement me manquer (même ce crétin de geek ébouriffé à l'odeur de chien mouillé) que j'en aurais presque les larmes aux yeux ! Je m'étais tellement habitué à bosser avec eux sur tous mes projets que j'ai un peu les jetons en pensant à ce qui m'attend dans les studios de la Uchiha Corporation.

Instinctivement, mes pensées dévient vers Sasuke. Le mélange d'émotions qu'il sucite en moi m'étonne. Aussi agaçant qu'il puisse être, j'ai hâte de voir ce que va donner notre "collaboration". Je sens l'esprit de compétition remuer avec force mes entrailles. Et puis ce mec m'intrigue beaucoup trop...

- Bonsoir tout le monde.

Mon sourire s'évapore au simple son de sa voix. Je sens un frisson me parcourir le long du dos tandis qu'il se laisse tomber sur la chaise à côté de moi, collant son genoux au mien sous la table. Je me recompose un visgae serein, pestant contre les battements accélérés de mon cœur, et avale une énorme gorgée de bière pour me donner une contenance (mais avec les mains qui tremblent je frôle la catastrophe).

- Neji, petit chou t'étais où ?!

Il hausse un sourcil étonné devant le surnom (hyper) osé dont Temari vient de l'affubler, mais ne relève pas. Il répond et je n'entends pas ce qu'il dit, parce que sa voix est une musique trop agréable pour que je me concentre.

Nous n'avons pas reparlé de ce qui s'est passé la dernière fois devant la fac, et notre routine habituelle à continué, comme si rien n'avait été dit. Je ne sais pas ce qu'il pense maintenant, alors que sa jambe est collée à la mienne et que soudain il fait bien plus chaud. Je l'observe à la dérobée : ses longs cheveux tombent en mèches folles autour de son visage, balayant son torse pâle que découvre une chemise un peu trop ouverte. Ses manches sont relevées au dessus des coudes, laissant voir ses muscles fins. Ses doigts jouent avec son paquet de cigarettes, et moi je me prends à rêver qu'elles jouent avec autre chose...

- ... une série de court-métrages artistiques. Ils ont besoin d'un gros travail sur les lumières et un de leurs représentants était à la soirée de présentation des projets. Il faut croire que notre film a séduit.

Je n'ai pas tout entendu, mais il semblerait que Neji aussi soit jeté dans l'arène niveau projet professionnel. J'éprouve un petit pincement au coeur à cette idée : nos deux tournages ne nous laisseront que peu de temps libre... je ne le verrai plus autant qu'avant. J'ai beau savoir que cela devrait être une bonne chose, l'idée de ne plus le voir apparaître deux ou trois fois dans mes journées me mine. Neji me donne un petit coup de coude et je baisse la tête. Il tient deux cigarettes dans sa main. Il me connait par coeur, bien mieux que moi même, et je suis certain qu'il sait ce à quoi je viens de penser. Je le remercie d'un petit hochement de tête en prenant celle qui m'est destinée, sortant de l'autre main mon briquet pour le lui tendre. Il ne le prend pas, attendant que j'allume moi même sa clope. Répétition de gestes dont nous avons l'habitude, pas même besoin d'échanger un regard. A l'intérieur, je hurle.

Je ne veux pas y penser, mais je pense à ce fléau qui bouffe notre relation. Je maudis la fatalité qui suce la vie de mon meilleur ami et qui nous empêche de partager plus que deux clopes et un briquet. Cette foutue maladie qui grandit en lui petit à petit, qui le dévore et qui l'éloigne de moi, jusqu'au jour où il disparaîtra pour de bon.

La colère qui m'envahit est destructrice, et d'autant plus malsaine qu'elle n'est dirigée vers personne. Je suis incapable d'en vouloir à Neji. Ce choix qu'il fait de me tenir à distance, il le fait pour me protéger. C'est moi qui le pousse toujours à céder. C'est moi qui suis égoïste dans cette histoire, parce que je refuse de le laisser partir. Nous sommes dans la même impasse depuis plus d'un an. Nous cherchons des marques impossibles à trouver parce que, aussi cru que ça puisse être, notre relation a une putain de date de péremption.

J'exhale la fumée avec un long soupire. Il faut que je stoppe le flot de ces pensées. Je siffle une bonne moitié de ma bière, m'appliquant à me saouler avec rapidité. J'ai du mal à me reconnecter avec la conversation qui se déroule autour de moi. Temari est dans sa phase câlins, tenant Hinata par les épaules et invectivant Kiba en même temps, pendant que ce dernier s'égosille sur sa chaise. Je me force à sourire, encore sourire, jusqu'à ce que cela redevienne naturel. L'alcool aidant je finis même par rire, me moquant à loisir de Kiba et Temari. Je sens Neji se détendre lui aussi contre ma jambe. Il parle toujours aussi peu, ne s'exprimant que pour clasher avec classe le trio de fous furieux que nous formons quand nous buvons en plein soleil.

- Bon les gars, j'vous'aime, mais j'vais pisser !

Dis-je en me levant, titubant entre les tables jusqu'aux minuscules toilettes au fond du bar. Après m'être allègrement soulagé, alors que je galère à me laver les mains tout en restant debout dans l'espace exigu, je sens un souffle chaud dans ma nuque. Je relève les yeux vers le miroir face à moi, pour apercevoir le visage de Neji derrière moi, les lèvres à quelques millimètres de mon oreille. Je rougis d'un seul coup, la vision soudain brumeuse.

- Tu me donnes bien trop envie quand tu bois.

J'essaie de rire mais c'est un soupir rauque qui franchit mes lèvres. Il me fixe dans le miroir, et lentement ouvre la bouche pour me mordre le cou. Je gémis quand les sensations déferlent en moi, rejetant la tête en arrière sur son épaule. Ses mains sur mes hanches collent nos bassins, et je sens son érection contre mes fesses tandis qu'il caresse la mienne par dessus mon pantalon. Je vais mourir, là, dans ses bras, si il ne me prend pas tout de suite.

But those are the days that bind us together, forever
And those little things define us forever, forever

Répondant à mon appel comme si il lisait dans mes pensées, il me pousse dans la cabine et ferme le loquet derrière nous. Acculé face au mur, je le laisse défaire ma ceinture sans opposer aucune résistance. Ses doigts froids sur mon bassin électrisent ma peau, me rendant un peu plus fou à chaque seconde. Je voudrais l'embrasser mais je ne veux pas me retourner, je le veux comme ça, sauvagement.

All this bad blood here
Won't you let it dry?

Je n'ai pas à attendre longtemps. Je me retrouve sans sous-vêtements, ses mains explorant chaque recoin intime possible de mon corps. Alors qu'il se colle contre moi, je sens sa virilité à nu contre mes fesses. Je retiens mes gémissements tant bien que mal, mais je ne peux retenir un râle quand il me pénètre violemment. La douleur s'estompe presque instantanément tant la vague de plaisir qui me submerge est intense. Agrippé à mes hanches, il nous impose un rythme brutal qui me ferait hurler si je ne mordais pas mon poing jusqu'au sang. Dans cet espace étroit, il n'existe plus que nos deux corps, qui n'en forment qu'un seul, liés dans une bestialité sensuelle qui m'excite au plus haut point. Sa main migre plus au sud, achevant de me plonger dans la perdition la plus totale. Ses coups de reins brutaux se font plus secs, plus erratiques, et bientôt vient la dernière contraction qui me laisse pantelant et extatique.

It's been cold for years
Won't you let it lie?

Je pose mon front contre le carrelage froid du mur, le temps de reprendre une respiration moins saccadée. Les bras de Neji enserrent mon torse avec force, et je m'agrippe d'une main aux siennes, à la hauteur de mon cœur. Après quelques instants, il dépose un baiser sur ma nuque avant de s'écarter.

- Clope ?

Je hoche vigoureusement la tête, remettant tant bien que mal mon pantalon avant de le suivre à l'extérieur, mon sourire habituel sur le visage. Comme si de rien n'était.


- Une couleur éclatante pour un véritable éclaté.

Je ne prends pas la peine de tourner la tête pour lui répondre, ôtant mon casque de moto d'un air désinvolte. Déjà parce que la seule réplique qui me vient à l'esprit c'est "Et ta mère, elle est bien éclatée ?", ce qui est tout de même un peu trop trash pour un jeudi matin à huit heures, et ensuite parce que je ne suis vraiment pas d'humeur. J'émets un vague grognement en guise de "Bonjour à toi aussi, môssieur le péteux", passant devant lui sans m'arrêter pour m'engouffrer dans le hall des studios du tournage, en direction de la salle de réunion attribuée à notre équipe.

Pour une fois, j'ai envie de me noyer dans le travail. Même les joutes verbales avec Sasuke n'ont pas d'attrait à mes yeux ce matin. Qu'on me foute là paix, je suis là pour faire ce que j'ai à faire et je retournerai me bourrer la gueule dès que ce sera fini.

- Mauvaise nuit ?

"Et ta m..". Je serre les dents. Restons calme. Répondre posément. Ton neutre.

- Occupe toi de ce qui te regarde, princesse.

Sur le coup je m'en veux presque de ma froideur envers lui. Le tournage a commencé depuis une semaine maintenant, et les choses se déroulent bien mieux que prévu. Sasuke s'avère être un partenaire de travail intéressant, et malgré ses côtés casse-burnes, j'apprécie vraiment le temps passé en sa compagnie. Il est pédant et condescendant parfois, mais il est doué. Je ne l'avouerais jamais à haute voix, mais j'ai appris beaucoup en filmant avec lui. Bien sûr ce n'est pas pareil que de tourner avec Temari, qui me connaissait très bien et n'avait besoin de me donner que le minimum en termes de consignes. Pourtant nous avons vite pris nos marques, le grand brun me laissant beaucoup de libertés et de latitude décisionnelle.

Étonnamment, il n'insiste pas. Alors qu'il tourne les talons et va donner ses directives aux acteurs dans un autre coin de la salle, je me fustige mentalement. Il ne m'a rien fait après tout. Enfin rien de plus que d'habitude. Une petite pointe de culpabilité vient s'ajouter à mes ondes négatives et je soupire.

La vie, ça tue.

Essayant de m'empêcher de penser, je sors rapidement mes affaires et me dirige vers le plateau n°7, me cognant au passage la tête contre un linteau de porte trop affectueux. L'ambiance, d'ordinaire si électrisante, ne parvient pas à me détendre. Les gens vont et viennent, les bras chargés de cables, de costumes et d'éléments de décors, mais ce matin je réponds à peine à leurs saluts. Même quand j'arrive sur notre plateau et que je commence à régler les paramètres de la magnifique et extrêmement coûteuse caméra qui me fait d'ordinaire baver de bonheur, je ne réussi pas à sourire. Quelle merde.

Pourquoi faut-il que je sois aussi sensible ? Où sont mes putains de couilles, bordel ? Je ne pourrais pas agir en mec normal, et me foutre royalement du fait que mon plan cul, aka mon ex, aka mon meilleur pote (dans cet ordre là s'il vous plaît), ne veut plus me voir ? Je ne pourrais pas juste, comme n'importe quel porteur du chromosme Y, écouter les pulsions imposées par la testostérone qui coule à flot dans mes veine et sortir dans n'importe quel bar, la bite au vent et l'œil sur le radar, pour me trouver une petite proie pas dégueulasse ? Boire avec des potes, une jolie nana sous chaque bras, histoire d'oublier...

Mais non. Naruto Uzumaki est bien trop fleur bleue pour ça. Naruto préfère regarder Mama Mia, en chantant (pas) presque mieux qu'Abba, en tête à tête avec ses trois bouteilles de vodka. On vomi un bon coup avant d'aller travailler, puis on est reparti pour une bonne journée les gars !

Mon humeur massacrante me rend difficilement supportable à moi-même. On dit souvent de moi que je ne réfléchis pas assez, et on a bien raison. Sauf maintenant. Je suis là, planqué derrière ma caméra, filmant les acteurs et pourtant je ne vois que Neji. J'imagine sa main sur mon épaule, notre complémentatrité quand on tourne ensemble, notre compréhension qui tient parfois de la télépathie. Son parfum suave, ses longs cheveux qui me frôlent, ses yeux si expressifs quand il me regarde. Non, me regardait...


- Écoute Naruto, je préfère qu'on ne se voit plus tout les deux.

Il fait froid non ? Je tremble tout à coup.

- Ça ne sert à rien ce qu'on fait. Ça me fatigue.

Tiens, j'ai mal là, dans la poitrine. On dirait que j'ai un truc brisé là-dedans. Ça coupe comme du verre. Mais il n'y pas de sang...

- J'ai juste plus envie. C'est une perte de temps. Pour toi comme pour moi.

Oh, le monde devient flou. Tout est brouillé autour de moi. Est-ce qu'il pleut ? Oui, il doit pleuvoir. J'ai les joues trempées.

- Ne le prends pas mal. Ça devait arriver de toutes façons. Bon je dois y aller. Au revoir.

Silence. On a éteint la lumière dans ma vie. On a effacé le chemin devant mes pieds. Pourquoi je ne tombe pas ? Si je tombais, j'aurais au moins une direction où aller.


- Viens là Naruto.

Je relève la tête, reprenant pied dans la réalité comme si je sortais d'une séance d'apnée de plusieurs heures. Sasuke m'observe, planté près de Sai et Tenten nos deux acteurs principaux, attendant que je le rejoigne. Je me dirige vers eux, interdit. Je n'ai rien suivi à leur conversation, bien trop perdu dans mes pensées, et j'ai bien peur de passer pour un idiot si on me demande mon avis sur quoi que ce soit, là tout de suite.

- Si tu n'y mets pas un peu de passion, la scène perd son sens. Fais le comme ça.

J'arrive à la hauteur de Sasuke lorsqu'il finit sa phrase. Je n'ai pas le temps de poser une question que ce dernier m'attrape par la nuque et m'attire vers lui. J'écarquille les yeux en sentant ses lèvres se ruer sur les miennes. What the FUCKING FUCK ? Mon cerveau déconnecte d'un coup. Shut down et panne générale du système.

Je suis infoutu de comprendre ce qui m'arrive, bien trop concentré sur les sensations qui m'envahissent. Sa main dans ma nuque me presse toujours plus fort contre lui, tandis que l'autre vient caresser mon visage avec… avec passion ?! De surprise, ma mâchoire se décroche et il en profite pour glisser sa langue contre la mienne. Ok, j'arrête de chercher à comprendre, c'est juste trop agréable. Dans un sursaut de lucidité, je ferme les yeux et réponds à son baiser, agrippant ses hanches pour le coller à moi.

Sensation de nouveauté enivrante. Ce corps inconnu contre le mien m'appelle, attise ma curiosité et le feu au creux de mes reins.

Nice to meet you
Where you been?

Je veux le découvrir.
Le connaître.
Le savourer.

I could show you incredible things
Magic, madness, heaven, sin

Après ce qui me semble une éternité dans l'obscurité, il se sépare de moi et je rouvre les yeux. Pour les plonger dans les siens. Une demie seconde à peine avant qu'il ne se détourne, mais ce regard… ce regard là.

Oh my god !
Look at that face !
You look like
My next mistake

- C'est comme ça que tu dois faire Sai.

Pantelant, je retourne me cacher derrière la caméra, avec la sensation étrange qu'une paire d'yeux sombres fixe mes fesses.

Love's a game, wanna play ?


Fin de ce chapitre qui s'est fait attendre ! J'espère, je prie, pour qu'il vous plaise et que vous vouliez la suite ! Les réjouissances seront... disons qu'on va changer de ton, mais notre cynique de Naruto restera notre cynique de Naruto parce qu'on l'aime comme ça !

Mention spéciale à Heatcliff, parce que franchement tu es bien trop adorable ! J'espère continuer à écrire des choses qui te plairont !

Je suis curieuse de savoir ce que vous attendez pour la suite ! Des idées ? Des envies ?

Et pour celles à qui le pairing de départ, à savoir le NejiNaru, posait problème : ça va mieux ou vous avez décidé d'abandonner ? Je suis vraiment curieuse de vos réactions !

En tout cas, merci pour vos lectures et merci mille fois pour vos reviews motivantes qui donnent envie de continuer à avancer !

Je vous aime !


Musiques :

- Timmy Trumpet & Savages - Freaks
- Bastille - Bad Blood
- Taylor Swift - Blank Space