Bonsoir amis lecteurs !
Certains d'entre vous semble avoir des difficultés à accéder à ce chapitre, j'espère donc que cette fois sera la bonne !
Encore un grand merci pour vos reviews, ravie que cette histoire vous plaise.
Bonne lecture à vous !
PS : chapitre édité le 04/03/2014, s'il reste des erreurs, veillez m'en excuser...
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Chapitre 3 :
POV de Rick :
« Castle ! » entendis-je la voix de Beckett m'interpeler, et je levai les yeux pour la voir s'approcher à grands pas vers moi.
L'air froid qu'elle arborait à mon départ du 12th était encore présent, mais s'y mêlait maintenant de l'inquiétude, et une pointe d'exaspération. Visiblement, elle n'avait toujours pas digéré le fait que j'ai eu un rendez-vous avec une femme dont je n'avais parlé à personne, gardant jalousement pour moi le peu que je savais d'elle. Pourtant, je n'avais rien à me reprocher pour une fois. Kate avait Josh, j'étais donc libre de faire ma vie de mon côté. Bien sûr, ce qu'elle ressentait m'importait, donc je ne lui jetais pas cette nouvelle conquête au visage, mais j'avais décidé d'aller de l'avant. Josh était un type bien, et visiblement il rendait Kate heureuse. N'était-ce pas son bonheur qui m'importait par-dessus tout ? Je me faisais petit à petit à l'idée qu'il n'y aurait rien de plus entre ma muse et moi qu'une solide amitié, et compte tenu de la façon dont tout avait commencé entre nous, c'était déjà miraculeux en soi.
« Les médecins l'examinent » déclarai-je en constatant qu'elle m'observait avec impatience, attendant visiblement des explications.
« Vous aviez rendez-vous dans cette ruelle? Je vous savais aventureux mais tout de même… » me railla-t-elle avec un sourire narquois.
Je trouvai ça bon signe qu'elle ait retrouvé suffisamment d'aplomb pour me taquiner sur ce sujet épineux, même si je percevais autre chose que je ne parvenais pas à définir derrière cette boutade.
« Très drôle… Vous avez mangé du clown à midi ? » répliquai-je avec un soupir faussement agacé avant de reprendre, ne lui laissant pas le temps de répondre « J'avais rendez-vous devant l'Empire State, mais elle avait du retard, donc je suis allé me balader en l'attendant. Et cette jeune fille m'est tombé dessus »
« Votre rendez-vous vous a posé un lapin ? » m'interrogea-t-elle une étrange lueur dans le regard, comme si la nouvelle lui faisait plaisir.
« Non, elle a eu une urgence au travail, mais nous avons prévu de nous parler ce soir, et le rendez-vous est reporté » rétorquai-je, piqué au vif, même si je savais qu'elle ne pourrait s'empêcher de se payer ma tête, je n'aimais pas l'idée qu'elle s'imagine que les autres femmes me fuyaient comme elle le faisait.
« Une urgence? Elle est médecin? » s'enquit-elle en penchant la tête sur le côté, surprise.
« Parfaitement » approuvai-je alors qu'en réalité je l'ignorais toujours.
Heureusement, l'arrivée du médecin qui avait pris ma jeune inconnue sous son aile me sauvait de cet interrogatoire en règle que me faisait subir Beckett. Je n'avais vraiment aucune envie de lui expliquer dans quelles circonstances j'avais rencontré mon inconnue, et encore moins lui révéler que je ne l'avais jamais vu. Elle n'aurait pas fini de me chambrer sur le sujet. Et si habituellement, cela m'était égal qu'elle se moque de mes conquêtes, je ne voulais pas faire de mon rendez-vous la cible de ses plaisanteries.
« Comment va-t-elle docteur ? » demandai-je lorsqu'il fut à portée de voix.
« Sa blessure s'était infectée, et elle a frôlé la septicémie. Une chance que vous l'ayez trouvé. De plus, la blessure était assez profonde, et même si aucuns organes vitaux n'a été touchés, elle a perdu énormément de sang. Elle souffre également de déshydratation et de malnutrition. » commença-t-il d'un air grave.
« Sa vie est-elle en danger? » voulut savoir Kate en se concentrant de nouveau sur l'affaire, pour mon plus grand soulagement.
« Sauf complication, elle est tirée d'affaire. Du moins physiquement… » répondit le médecin après une légère hésitation.
« Et psychologiquement? » m'enquis-je en jetant un regard inquiet à Beckett.
« Et bien je ne suis pas psychologue, mais je dirais que cette jeune fille a subit un lavage de cerveau, ou tout du moins a été conditionnée » déclara-t-il avec un froncement de sourcils.
« Comment ça? » s'étonna Kate, tout aussi estomaquée que moi.
« Et bien après son réveil, j'ai essayé de lui poser quelques questions, concernant sa famille, son nom, son âge, enfin la routine, vous connaissez la chanson, et elle répète toujours la même chose… » nous expliqua le médecin d'un ton désabusé.
« Et que dit-elle ? » m'enquis-je abasourdi qu'on ait pu conditionner une si jeune fille.
« Elle répète inlassablement « Eva. Je m'appelle Eva », et ensuite elle récite toute une série de chiffres » souffla-t-il en jetant un regard sur le dossier qu'il tenait et où il avait visiblement inscrit lesdits chiffres « 943239487 » ajout-it-il au bout de quelques secondes.
« C'est un numéro de sécurité sociale on dirait… » remarqua Kate en inscrivant le numéro sur son calepin.
« Faux probablement… » soufflai-je en grimaçant.
« J'ai contacté un de mes collègues qui devraient pouvoir nous dire si le conditionnement peut être annulé ou pas… » annonça le médecin en refermant son dossier.
« Combien de temps devra-t-elle rester hospitalisée ? » voulus-je savoir en reportant mon attention sur lui.
« Le temps qu'il faudra pour que toutes ses constantes redeviennent normales. Nous l'avons mise dans une chambre individuelle, malheureusement, comme elle n'a pas d'assurance maladie… » commença-t-il, mais je le coupais dans son élan.
« Je paierai pour ses frais médicaux docteur » déclarai-je fermement.
« Ce n'est pas à vous de le faire Castle » s'exclama Beckett.
« Et qui d'autre va s'occuper d'elle ? » répliquai-je en la défiant du regard.
Elle m'observa un long moment, puis avec un haussement d'épaules, elle se détourna et se concentra de nouveau sur le médecin qui attendait patiemment de pouvoir finir son rapport avant d'aller vaquer à ses occupations.
« Et si le conditionnement ne peut être annulé ? » demanda-t-elle avec un froncement de sourcils inquiet.
« Normalement, tous les conditionnements peuvent être annulés. Cela demande simplement énormément de temps et une grande patience. Le tout est de définir combien de temps durera le déconditionnement. » nous expliqua-t-il en se voulant rassurant.
« Y a–t-il eu des cas de déconditionnement impossible ? » demandai-je en sentant l'inquiétude m'envahir insidieusement.
« Lorsque la captivité a été trop longue et particulièrement difficile, rendant la personne d'autant plus vulnérable psychologiquement, il arrive que le conditionnement devienne permanent et irrévocable. Ce cas a été rencontré chez certains prisonniers de guerre. Et l'objet du conditionnement est également à prendre en compte. Temps que l'on ignore quelle méthode a été utilisée, et quel stimulus ont été employés, nous ne pouvons qu'émettre des suppositions… » déclara le médecin, et je sentis bien que même lui se sentait impuissant face à la situation.
« Merci docteur. » soupirait Kate avant de demander « Pouvons-nous la voir ? »
« Nous l'avons mise sous somnifère donc elle dort, mais je ne vois pas d'inconvénient à ce que vous restiez avec elle » approuva-t-il avant de jeter un œil à son bipper qui venait de sonner « Elle se trouve dans la chambre 321B » ajouta-t-il avant de s'excuser et de partir à grands pas de l'autre côté.
« Allons-y » déclarai-je en m'élançant vers les ascenseurs sans prendre le temps de vérifier que Beckett me suivait.
« Je vais appeler le capitaine et lui expliquer la situation. Par mesure de sécurité, je vais demander à ce qu'une équipe soit attribuée à sa surveillance, et à ce que l'accès à sa chambre soit réduit au maximum. » déclara Kate en s'emparant de son téléphone.
Je me contentai d'un hochement de tête et m'emparai à mon tour de mon téléphone. Me connectant sur le forum dont j'avais entrée l'adresse dans mes favoris, j'allais sur ma boîte mail et découvris avec ravissement que j'avais un message de BeckHeat. Avec empressement, et un sourire idiot sur le visage, m'attirant un regard intrigué de Beckett, j'ouvris le message, et mon sourire s'accentua. Elle s'excusait à nouveau de son désistement et m'assurait qu'elle serait plus que ravie de poursuivre nos conversations auxquelles elle avait pris goût. Je m'étais inquiété pour rien, et elle voulait toujours de moi dans sa vie. Je savais que j'étais idiot de me mettre dans un état pareil pour une femme que je n'avais jamais rencontré, mais nos conversations me faisaient du bien, et je me sentais connecté à elle, sans mauvais jeu de mots. Rapidement, je lui expliquai que j'avais à mon tour une urgence au travail, et que je risquais de ne pas pouvoir me connecter ce soir comme nous en avions pris l'habitude et que je le regrettais. M'excusant à n'en plus finir, je lui donnai rendez-vous pour le lendemain soir, et incapable de réprimer le soupir de dépit qui monta du plus profond de ma poitrine, lui envoyai le message.
« Que se passe-t-il Castle ? » voulut savoir Beckett en remettant son propre téléphone dans sa poche.
« Rien. Je viens juste d'annuler mon rendez-vous de ce soir » lui appris-je en soupirant de nouveau.
« Cette femme a l'air de vous faire un sacré effet… » constata-t-elle, sa mine s'assombrissant.
« J'ai l'étrange impression de la connaître depuis toujours. Avec elle, je peux être moi-même, et je trouve ça très libérateur » déclarai-je en souriant sans y penser.
« A ce rythme-là nous célèbrerons bientôt votre mariage ! » ironisa-t-elle en me jetant un regard en biais.
« Qui sais… » me contentai-je de répondre rêveusement.
L'halètement de Beckett me fit réaliser l'énormité de ce que je venais de dire. Le mariage? Je ne l'avais jamais rencontrée et je disais à Kate que c'était une possibilité? Et pourquoi pas après tout? Qui pouvait dire de quoi demain serait fait? Tout ce que je savais, c'était que depuis que j'avais fait sa connaissance, je me sentais revivre, et elle réparait mon cœur meurtri de voir Kate dans les bras d'un autre. Elle m'aidait à faire le deuil de cette relation, et me donnait l'espoir en un futur plus lumineux que ce que j'avais imaginé. Reportant mon attention sur Beckett, je constatai qu'elle fixait intensément le sol, comme si c'était la chose la plus fascinante qui soit, et qu'elle se mordillait furieusement la lèvre inférieure. Elle avait l'air bouleversée, et je m'en voulus de la faire souffrir, mais c'était elle qui était en couple, elle qui ne me laissait pas d'autre option que celle de continuer ma vie sans elle, du moins pas comme j'aurais aimé qu'elle en fasse partie.
La sonnerie annonçant que nous étions arrivés à l'étage désiré retentit, et Beckett se redressa, son masque de nouveau en place sur son visage, signe que la conversation était close. A peine avions-nous fait quelques pas qu'une voix que je n'eus aucunes difficultés à reconnaître retentit sur notre gauche.
« Kate ? Que fais-tu là ? » s'exclama Josh en venant à notre rencontre avant d'ajouter « Bonjour Castle »
« Bonjour Josh, content de vous revoir » déclarai-je avec sincérité.
Mon affirmation me valut un regard étonné de Josh, mais finalement il me sourit, jugeant que je pensais ce que je venais de dire. Quant à Kate, je la sentis se tendre imperceptiblement à mes côtés. Josh ne semblait pas percevoir son changement d'attitude, mais moi qui la connaissais bien le notai immédiatement, et j'en connaissais la raison. Depuis la première fois où elle nous l'avait présenté au 12th, j'avais tout fait pour éviter Josh, ne cachant pas l'antipathie instinctive que je ressentais à son égard. Pas à cause de qui il était, mais de avec qui il était. C'était aussi simple que ça. Mais puisque j'avais décidé d'aller de l'avant, autant apprendre à connaître le petit ami de ma muse. Cela faisait presqu'un an qu'ils étaient ensemble, et ça avait l'air d'être une histoire solide, donc je risquais fort de le croiser souvent… enfin quand il serait à New York.
« Nous sommes là pour une enquête » répondit finalement Beckett en se ressaisissant, en usant du ton qu'elle n'employait qu'avec les suspects et j'en fus fortement étonné, ne l'ayant jamais entendu s'adresser à Josh de cette façon.
« Je vois, tu n'as donc pas de temps à m'accorder je suppose… » Soupira Josh semblant désappointé par l'idée.
« Je veux bien vous la laisser quelques minutes, mais il faudra qu'elle soit rentrée avant minuit sinon papa Montgomery risque de se fâcher » lançai-je en souriant à Josh sans tenir compte du regard noir que me lança Beckett.
J'ignorais ce à quoi je m'étais attendu en proposant de m'éclipser pour leur laisser un peu d'intimité, mais la réaction de Beckett valait son pesant d'or. Même si elle dissimulait parfaitement ses émotions, elle bouillonnait littéralement. La crispation de ses épaules et le fait qu'elle se morde la lèvre au lieu de la mâchouiller étaient de bons indicateurs de son état d'esprit. J'aurais juré qu'elle n'avait aucune envie de se retrouver seule avec son compagnon. Y aurait-il de l'eau dans le gaz? Je me retins d'exécuter une petite danse de la victoire à cette pensée, ne voulant pas me faire descendre, même si nous étions dans un hôpital. Et voilà que je recommençais à prendre mes désirs pour la réalité. Comme le disait le proverbe, chassez le naturel, il revenait au galop, et en ce qui me concernait, j'allais avoir du mal à ne plus me mêler de la vie privée de Beckett en espérant une ouverture dans laquelle m'immiscer. J'avais décidé de rester cantonné à mon rôle de spectateur et je devais m'y tenir.
« Vous n'aurez qu'à me rejoindre lorsque vous aurez fini. Au revoir Josh, à bientôt » déclarai-je avant de m'éloigner sans attendre la réponse de Beckett.
Alors que je m'éloignais, je pouvais sentir son regard me vriller la nuque, et un frisson remonta le long de ma colonne vertébrale. Cette femme aurait toujours un effet incroyable sur moi, mais je savais que m'éloigner d'elle était la meilleure chose que j'avais à faire. J'avais suffisamment souffert, et il était temps que je tourne la page, même si je n'étais pas encore prêt à sortir définitivement de la vie de Kate Beckett, si je l'étais un jour. J'avais beaucoup changé depuis le tout début de notre collaboration, j'avais mûrit, bien malgré moi, mais Beckett ne semblait pas en avoir conscience, et je savais qu'à ses yeux, je resterais ce bon vieux Castle, adolescent dans l'âme et auteur à succès. Bien sûr, je savais qu'elle m'appréciait, mais force m'était d'admettre qu'elle n'était pas amoureuse de moi. Elle avait acceptée ma présence dans sa vie professionnelle, et dans une certaine mesure dans sa vie personnelle, mais jamais je n'accèderais à cette partie d'elle qu'elle offrait à Josh. Alors pourquoi continuer à me torturer et à me perdre dans une histoire qui n'en serait jamais une?
Arrivé devant la chambre 321B, je marquai un temps d'arrêt, faisant le tri dans mes émotions lorsque mon portable vibrait. Intrigué, je m'en emparai, me demandant qui pouvait m'envoyer un message. Ce n'était pas Alexis qui n'était pas du genre à textoter pendant les cours, ni mère qui avait une audition importante et serait donc indisponible pour le reste de la soirée, et encore moins Beckett qui devait être trop occupée avec Josh pour songer à m'envoyer des messages incendiaires. J'espérai que ce n'était pas Gina qui voulait savoir quand je lui enverrais les premiers chapitres du prochain Nikki Heat. Déverrouillant l'écran, je découvris qu'il s'agissait d'un message d'alerte m'informant que je venais de recevoir un MP, et à nouveau un sourire idiot apparaissait sur mon visage. Tapotant sur la petite bulle, j'attendis que la connexion se fasse, et mon sourire s'agrandit en lisant le message.
« Décidément, nous avons un timing épouvantable.
A moins que tu n'ais réalisé que j'étais trop forte pour toi et que tu ais décidé de déclarer forfait face à la supériorité de mes énigmes…
Je ne t'imaginais pas comme un petit joueur, mais j'ai dû me tromper…
Prouves-moi que je me trompe et connectes-toi ce soir malgré tout…
Sinon à demain soir, mais je considèrerais que j'ai remporté cette manche et réfléchirais à ton gage…
A ce soir… »
En quelques lignes, elle avait réussi à me remonter le moral, et je me promis de me connecter ce soir, même si ce n'était que pour quelques minutes. J'avais besoin de discuter avec elle, de sentir que je comptais pour quelqu'un qui n'était ni ma fille ni ma mère, de savoir qu'il y avait une personne dans ce monde qui s'intéressait suffisamment à moi en tant que personne pour se demander ce que je faisais et pour vouloir prendre de mes nouvelles à la fin de la journée. Et avec elle, j'avais cette sensation. C'était comme si en rentrant à la maison, j'avais une personne pour m'accueillir et m'écouter me lamenter sur mon horrible journée, une personne qui acceptait de partager le fardeau des responsabilités qu'une vie d'adulte apportait. Rapidement, je rédigeai ma réponse, mes doigts volant sur l'écran, comme lorsque j'étais en pleine création littéraire. Avais-je trouvé une nouvelle muse ? Ce n'était pas la première fois que je me posais la question depuis qu'elle était entrée dans ma vie, et celle-ci revenait de plus en plus souvent. Secouant la tête, je refusai de penser à ce que cela impliquerait, et me concentrai sur ma réponse.
« Pas si vite mademoiselle…
Je n'ai pas dit mon dernier mot…
Je lis clairement dans votre jeu et décide de surenchérir…
Je suis le roi du bluff et l'on ne m'a pas aussi facilement…
Je serais là ce soir, sinon je me plierai dignement à la sentence qui sera la mienne…
A ce soir donc, et si je tiens le pari, ce sera à moi de décider du gage… »
En riant doucement sous le regard légèrement inquiet d'une infirmière, j'envoyai mon message avant de ranger mon téléphone et entrai enfin dans la chambre. Heureusement que Beckett n'était pas là, parce qu'après le plan que je lui avais fait, elle m'aurait taillé toute une nouvelle garde-robe pour l'hiver, le tout gratuitement. Je jouais les cupidons, mais je sentais que ça allait me retomber sur le coin du visage. Pour une fois que j'étais sympa avec le casqué, Beckett aurait visiblement préféré que je ne le sois pas. Je ne comprenais décidément rien aux femmes. D'ailleurs en parlant de femme, je me concentrai sur le petit bout de femme qui dormait paisiblement, merci les médicaments. Elle était métamorphosée sans la couche de crasse qui la recouvrait. Elle avait de longs cheveux bruns avec des reflets dorés qui formaient des vagues soyeuses sur les draps. Son visage était d'une extrême pâleur et je suspectais qu'elle l'était au naturel.
L'observant attentivement, j'essayai de deviner son âge, et décidai finalement qu'elle devait avoir entre 13 et 16 ans, mais pas plus. Trop jeune en tout cas pour avoir subi ce par quoi elle était passée. Doucement pour ne pas la réveiller, je m'assis sur le fauteuil qui se trouvait dans le coin droit de la chambre et veillai son sommeil, me promettant de tout faire pour mettre la main sur ceux qui avait détruit sa vie. Perdu dans mes pensées, je ne pris conscience de la présence d'une infirmière que lorsqu'elle passa devant moi pour vérifier la perfusion de ma petite Xena.
« Excusez-moi, mais le docteur Walker m'a dit que c'était vous qui régleriez les frais d'hospitalisation de cette jeune fille » lança-t-elle après avoir vérifié que tout allait bien.
« En effet. » approuvai-je en posant les yeux sur elle, constatant qu'elle devait tout juste sortir de l'école, tant elle paraissait jeune. Presque autant que sa patiente.
« Dans ce cas pourriez-vous vous rendre au service comptable pour régler les formalités s'il vous plaît ? » me demanda-t-elle en me tendant un papier dont je m'emparai machinalement.
« Dès que ma partenaire sera là » répondis-je en rangeant le papier dans ma poche.
Elle acquiesça avant de s'éclipser, non sans avoir noté quelques informations sur le dossier au pied du lit de la patiente. A nouveau seul, je me perdis une fois encore dans mes pensées, me focalisant sur BeckHeat. Elle m'intriguait, et plus j'en apprenais sur elle, plus je voulais en apprendre. Ce qui me ramena à mon interrogation concernant son rôle dans ma créativité littéraire. Nos conversations m'avaient inspirées plusieurs chapitres du dernier Nikki Heat, et je sentais que ce n'était qu'un début. Evidemment, je n'en avais pas parlé à Beckett, mais je commençais à croire que bientôt, je n'aurais plus besoin de suivre Beckett et les gars dans leurs enquêtes pour continuer d'écrire. Je ne voulais pas finir les Nikki Heat, mais ma présence constante aux côtés de Beckett paraissait de moins en moins utile. Viendrait bientôt le moment où je devrais lui en parler, mais je repoussais l'échéance, sachant que cette décision marquerait un tournant décisif dans notre relation, la clôturant même peut-être…
