Salut à tous ! :D Alors j'ai pas grand-chose à dire, à part que j'ai apporté un peu plus de contenu au résumé de la fic qui me semblait un peu maigre, et merci à tous pour les fav, les follows et tout le reste ^^ Comme d'habitude, si le chapitre vous a plut, n'hésitez pas à me faire part de vos avis dans les reviews :3 Voila. Bonne lecture, à dans 15 jours et joyeux Halloween ! Bisous ! :)

Crazy : Salut Crazy ! Contente de te revoir dans les reviews, tout comme je suis contente que la suite t'enchante et te fasse rire ! ^^ J'espère que la suite te plaira tout autant ! Alors concernant la bague, je peux t'assurer qu'elle n'appartenait pas à Stella :) Encore merci et bonne lecture ! Bisous ! ^^


Chapitre 3 - Séparation

Très loin de la rive des dragons, une rencontre se préparait entre deux tribus qui étaient en guerre et dont la haine animait l'une, tandis que l'autre était animée par la fourberie et la traîtrise. L'une des tribus était celle de Viggo Grimborn, et l'autre, celle de Mala, reine des défenseurs des ailes. Mala et son peuple furent heureux quand ils ont appris que Viggo a était vaincu voila des mois. Mais quand ils apprirent que ce dernier était en vie, leur haine à son égard fut ravivée. Toutefois, le chef des chasseurs avait décidé de proposer une trêve à la souveraine, et de régler les détails de cette trêve sur leur île bien aimée. N'ayant absolument pas confiance en Viggo, Mala hésita un instant avant d'accepter et de renvoyer le messager captif avec sa réponse. Mais après avoir reçu des conseils avisés de son fidèle bras droit Throk et des autres membres du conseil, la reine avait ordonné au messager de faire parvenir le message qui autorisait une entrevue sur la plage de leur île. Mort de trouille, le messager était parti aussi vite qu'il s'était fait capturer. Le lendemain, Mala, Throk et leurs hommes les attendaient de pieds fermes sur la plage. Plusieurs défenseurs des ailes étaient furtivement cachés dans la forêt bordant la plage. Leur mission était simple. Au moindre mouvement suspect envers leur reine, ils avaient pour ordre d'attaquer Viggo et ses hommes grâce à leurs sarbacanes munies de fléchettes soporifiques.

Viggo quitta son seul et unique navire, monta dans une barque et débarqua avec calme et confiance sur la plage, suivis de près par quelque uns de ses hommes, et de son frère, Ryker. Tout comme Throk et les hommes de Mala, ce mastodonte ne détendit pas son regard et fixa avec méfiance chacun de ses adversaires. Mais aucun d'eux n'était intimidé par le regard noir de cette brute, ni par ses deux larges épées qui siégeaient encore sagement dans son dos. A mesure que Viggo s'approchait de la reine, Mala ne le quitta pas des yeux et ne cessa pas de le regarder avec un regard empli de méfiance. Toutefois, elle grimaça légèrement quand elle vit que le visage de son ennemi était à moitié défiguré par une puissante brûlure et que l'un de ses yeux était devenu blanc. Quand Viggo fut proche d'elle, il s'inclina respectueusement devant la reine qui le regardait toujours d'un air méprisant.

- Reine Mala. C'est un plaisir et un honneur de vous rencontrer.

En effet. Jusqu'à aujourd'hui, aucun des deux ne s'étaient jamais rencontrés. Ils n'avaient entendu parler de l'autre que par le biais de récits venant de leurs hommes.

- Plaisir non partagé, Viggo Grimborn. Venez en plutôt aux faits, que je sache si je dois ou non refuser votre offre, tout comme si je dois oui ou non vous laisser quitter notre ile en vie.

- Je comprends. Dans ce cas, asseyons-nous.

D'un simple geste du bras, et sans perdre son sourire, il invita la reine à s'asseoir la première sur l'un des deux sièges présents sur la plage. Mais Mala refusa d'obéir et continua de fixer Viggo avec dédain, les mains dans le dos. Viggo hocha alors la tête et alla s'asseoir en premier. Mala s'asseya à son tour et posa ses mains sur les accoudoirs de son siège. En voyant que Mala attendait patiemment qu'il énonce les conditions de la trêve, Viggo se décida enfin à lui dire ce qu'elle voulait savoir. Pendant que Viggo parlait et que Mala l'écoutait très attentivement, Throk et Ryker ne se lâchaient pas du regard, comme si l'un espérait que l'autre baisse le regard en premier. Au bout d'un moment, Viggo cessa de parler et fixa patiemment Mala qui était plongée dans ses réflexions. Au bout d'un moment, un sourire se dessina sur ses fines lèvres.

- Marché conclu, Viggo Grimborn.

Satisfait de cette réponse, Viggo lui rendit son sourire et tendit sa main vers la souveraine, qui la serra en retour, afin de conclure leur accord.

oO*Oo

Les dragonniers et leurs visiteurs arrivèrent au pavillon dans la joie et la bonne humeur. Sauf Ingrid et Odine, car cette dernière avait demandé à son amie de l'emmener à sa hutte pour qu'elle puisse se vêtir de sa tenue terrestre. Elle se confia en même temps à Ingrid sur ce qu'elle ressentait vis-à-vis de Stoik et Gueulfor, et lui avoua aussi qu'elle n'avait pas très envie de se joindre à eux pour manger.

- T'en fais pas, Odine. Tout va bien se passer maintenant qu'ils sont au courant pour toi.

- Je veux bien te croire, Ingrid. Sauf que ce n'est pas toi qui a failli finir en casse croûte pour la vendetta sanguinaire d'un chef viking…

- J'admets que Stoik n'aurait pas du agir comme ça envers toi. Mais en même temps…

- Il n'avait pas tort. Je sais. Je suis avant tout une sirène. Et les sirènes représentent une menace pour ceux qui s'aventure en mer… Soupira tristement Odine après avoir mis sa deuxième botte

- En majeure partie, oui. Mais Stoik et Gueulfor finiront par voir qui tu es et ils t'apprécieront rapidement.

- Tu le crois ?

- Ça a été le cas pour nous tous. Pourquoi pas avec eux ? Dit-elle avec un sourire convaincant

- T'as sans doute raison. Mais je ne te cache pas que je suis inquiète. A part vous, je n'ai jamais fréquenté d'autres humains… Et j'ai le sentiment que je vais plus me faire passer pour une bête de foire plutôt qu'une… !

Ingrid lui attrapa les épaules afin de la rassurer. Même si son amie avait gagné en confiance depuis qu'elle avait intégré leur groupe et leur mode de vie, Ingrid remarqua qu'Odine pouvait facilement perdre sa confiance en elle. C'est dommage, mais c'est sans doute dû à la vie qu'elle a menée depuis des années, ainsi qu'aux malheurs qui l'ont frappée il y a quelques mois.

- Odine, détend toi. Ça va bien se passer. Et puis on sera là pour éviter que ça dégénère.

- J'aimerais justement que ça ne dégénère pas… Ils sont là pour fêter la nouvelle concernant Astrid et Harold, et je ne voudrais surtout pas gâcher…

- Tu ne vas rien gâcher du tout. Alors arrête de te ronger les écailles et allons vite les rejoindre avant que Rustik ne dévore tout le repas.

- Hin… Parce que tu crois qu'Astrid le laisserait faire sans broncher ?

- Bah si ça arrive, je ne veux pas rater ça !

- Moi non plus !

Elles rirent ensemble, et soudain, l'appréhension d'Odine semblait avoir diminué, si bien qu'elle monta sur Sonovent avec un léger sourire. Toutefois, elle décida d'ôter sa bague et de la mettre discrètement dans sa poche pour éviter de causer un accident d'origine magique. Et par chance, Ingrid ne semblait n'avoir rien remarqué au sujet de cette bague.

oO*Oo

Au pavillon, Varek veillait sur le repas, Rustik et les jumeaux finissaient de mettre la table, tandis qu'Harold, Astrid, Gueulfor et Stoik discutaient entre eux autour d'un verre.

- Et ça fait longtemps que vous êtes ensemble, ou c'est tout récent ? Demanda Gueulfor ?

- En fait… Ca fait trois mois. Répondit Astrid

- Trois mois ? Bah pourquoi vous nous l'avez pas dit plus tôt ? S'étonna le forgeron.

- Bah pour être honnête, on voulait vous le dire, mais…

- On préférerait d'abord voir si ça marchait vraiment entre nous. Répondit Harold avec un sourire confiant.

- Et la, vu que vous avez décidé de nous le dire, ça veut dire que c'est sérieux entre vous. C'est bien ça ? Supposa Stoik

- En effet. Lui répondit Harold

- Merveilleux ! Depuis le temps que j'attendais une nouvelle de ce genre ! S'enthousiasma Stoik

- T'es pas le seul. En tout cas, le village vous doit une fière chandelle les jeunes ! Ajouta Gueulfor avec un sourire en coin

- Comment ça ? S'étonna Astrid

- Stoik était sur les nerfs depuis un bon moment, à tel point qu'il commençait à rendre le village complètement cinglé ! Et bah comme vous lui avez apportez une bonne nouvelle, il sera moins dur avec son peuple. Pas vrai, chef ?

- Euh… J'admets que j'étais un peu sur les nerfs, mais…

- Un peu ?! Avec toute les menaces de mort et les injures que tu leurs a balancé, on aurait de quoi remplir un bouquin de la taille du livre des dragons ! Pouffa Gueulfor

Les deux dragonniers ne purent s'empêcher de ricaner face à la blague de Gueulfor et à la tête de ronchon que faisait Stoik. Leur conversation pris d'ailleurs fin quand Ingrid, Odine et Sonovent arrivèrent au pavillon. Sonovent partit rejoindre les autres dragons pour manger, tandis qu'Ingrid rejoignit Varek en cuisine, après avoir adressé un dernier regard encourageant à la jeune sirène. Restant sur place et ne sachant quoi faire, Odine tourna son regard vers le quatuor et se sentit de nouveau embarrassée en voyant que Stoik et Gueulfor la regardaient bizarrement.

- Je… Vais aller voir s'ils n'ont pas besoin d'un coup de main.

- Attend. L'interpella gentiment Gueulfor

Elle fit demi-tour, mais elle ne put s'empêcher de regarder d'un air inquiet le crochet que portait le vieux viking. Gueulfor s'empressa de la rassurer à ce sujet.

- T'en fait pas, jeune fille. Ça fait des années que je l'ai et j'ai jamais blessé quelqu'un avec. Du moins pas volontairement. Enfin bref. Je m'appelle Gueulfor. Lui souriait-il tout en lui tendant sa main valide

En voyant qu'il semblait très amical et blagueur, Odine tendit à son tour sa main et tous deux échangèrent une bonne poignée de main, ce qui fit apparaitre un sourire sur le visage de la sirène. Ingrid signala que le repas était prêt et tout le monde prit place à table. Odine s'asseya entre Ingrid et Rustik, alors qu'Astrid et Harold s'asseyaient près de Stoik et Gueulfor. Même qu'Harold était content que son père soit enfin au courant pour son couple et qu'il en ressente de la joie, le fait d'être assis à coté de lui le rendait un peu mal à l'aise. Avant d'entamer le délicieux repas d'Ingrid, Stoik se leva pour prononcer un bref discours.

- Avant que nous festoyions… Je tiens à dire que rien ne pouvait me faire plus plaisir que d'apprendre que mon brillant fils et la plus brave des guerrières de Berk ont décidé de parcourir ensemble le long chemin de la vie ! Pour les générations à venir, ils sont un modèle à suivre ! C'est avec joie que je lève mon verre aux futurs chefs de Berk ! Et à l'amour !

- Aux futurs chefs et à l'amour ! S'exclama Gueulfor en levant à son tour son verre

- Aux futurs chefs et à l'amour ! Imitèrent l'ensemble des dragonniers, hormis Harold et Astrid qui se contentèrent de lever leurs verres et de sourire.

Ils burent tous une gorgée, puis mangèrent enfin le repas fumant et alléchant d'Ingrid. Elle avait vraiment un don pour la cuisine ! Elle pouvait cuisiner n'importe quoi, c'était toujours aussi succulent ! Les jumeaux avaient essayé de découvrir si elle utilisait un ingrédient secret, mais non. C'était le talent. Rien de plus. Odine venait de se servir deux côtelettes de yak et un peu de purée de pomme de terre. Elle avait à peine mangé deux bouchées que son regard fut attiré par Gueulfor et Stoik qui la regardaient avec un air étonné.

- Euh… Qu'est-ce qui y'a ? Se risqua-t-elle à demander

- Rien. C'est juste que… Comment dire…. Bafouilla Stoik

- Ont étaient loin de se douter que les sirènes mangeaient les mêmes choses que nous. Répondit Gueulfor

- Et… Vous croyez que je mange quoi ?

- Bah… Des poissons ou… Les humains que vous entrainez vers les profondeurs. Répondit le vieux chef

Odine se pinça les lèvres et détourna légèrement le regard. Ingrid lui donna alors un petit coup de coude, puis d'un simple regard accompagné d'un sourire, elle l'encouragea à leur répondre.

- Euh… Ouais. Bah je vous rassure, on mange des poissons et d'autres trucs de l'océan, mais… Pas les humains. Dit-elle d'un ton à moitié dégouté à cause de cette idée

- Mmh, mmh. Et donc euh… Qu'est-ce que vous mangez d'autre à part des poissons ? Demanda Gueulfor

En voyant que tous le monde la regardaient et qu'ils semblaient curieux de savoir quels étaient les menus du peuple marin, Odine répondit tout en jouant nerveusement avec ses couverts.

- Eh bien… On mange des crustacés comme des crevettes, du crabe ou du homard, des mollusques, des limaces de mers, des algues, de la confiture d'anémones, des beignets aux homards, de la crème de crevettes, de la crème d'algues, on boit également du jus d'éponges de mer et…

Quand elle s'aperçut que tout le monde semblait dégouté et surpris par ce qu'elle venait d'énoncer, elle se pinça de nouveau les lèvres et reporta son attention sur son assiette.

- Mais le meilleur du meilleur, c'est les poissons. Et les crustacés.

- C'est… Intéressant comme menu, je dois dire. Constata gentiment Stoik

- En effet. Approuva Gueulfor

- Hé, y'a un truc que je pige pas, Odine. Comment vous faite pour boire du jus de truc muche sous l'eau ? S'interrogea Rustik

- Bah on prend les éponges de mer et on aspire le jus. Tout simplement.

- Ah… Et ça a quel goût et quel couleur ce truc ? Insista-t-il

- Le jus est vert foncé et ça a un délicieux gout salé. Et en plus…

- Ouais, bah ca va. Ça me file plus la gerbe que l'appétit ton jus de machin de mer…

- Moins que les limaces de mer ? La taquina Astrid

- Bweurp… La ferme, Astrid… Dit-il en plaquant sa main contre sa bouche

- Moi je me demande si c'est plus gouteux que des verres de terre ou des limaces terrestres. Se demanda Kranedur d'un air pensif

- Ah parce que vous avez déjà mangés de ces trucs ? S'étonna Gueulfor avec une grimace, comme la plupart des dragonniers

- Ouais. C'était un gage à la Thorston. Répondit le jumeau

- Tout à fait. Et je précise que c'est moins bon et moins copieux que des escargots. Ajouta sa sœur

Pour éviter que tout le monde ait envie de vomir, Ingrid décida de vite changer de sujet.

- Très intéressant, les jumeaux. Dites… Est ce que ça vous dirait que pour ce soir, je cuisine du poisson ou des crustacés ?

- Mmmh… Pourquoi pas ! Ça changerait de la viande ! Approuva Harold avec un sourire ravi

- Ou des poissons qu'on à l'habitude de manger. Ajouta Astrid

- D'accord. Odine ? Ce serait possible que tu nous ramènes de quoi faire un bon souper ?

- Pas de soucis, Ingrid. Lui souriait-elle

- Parfait ! Tu pourrais même m'aider à préparer quelques recettes de chez toi, histoire de nous faire découvrir ton monde ?

- Euh… Pourquoi pas. Mais on fera des recettes qui seront susceptible de vous mettre en appétit, et non l'inverse.

- Au nom de nos estomacs, je te remercie Odine. Se réjouissait Varek.

- Mouais. Mais pas de jus d'éponge de mer, ok ?

- Dommage. Tu ne sais pas ce que tu rates, Rustik. Dit Odine en haussant les épaules

- Ah ouais ? Et qu'est-ce je risque de rater si je refuse de boire ce truc ?

- Un bon plein de vitamines ! Le taquina Odine

Devant la tête qu'il faisait, les dragonniers et leurs invités se mirent à rire. Mais les jumeaux n'avaient visiblement pas l'intention de lâcher l'affaire aux sujets des limaces de mer.

- Hé, Odine ! Tu pourrais aussi nous apporter quelques limaces de mers ? Je suis trop curieux de savoir quel goût ça a !

- Moi aussi !

- Le gout de limace de mer, peut-être ? Suggéra Varek avec un sarcasme écœuré

- Hin… Pas de problème, les jumeaux. Je sais où en trouver et je vous en ramènerai une bonne quantité.

- Génial ! Merci, Odine ! S'enthousiasma Krane

- Yep ! T'es la meilleure !

Odine se mit à rougir et continua de manger, tout comme ses amis. Au bout d'un moment, et après que le groupe ait discuté de choses et d'autres entre eux, ce fut de nouveau au tour de Stoik d'interroger la sirène.

- Dis-moi, Odine ? Comment as-tu atterri ici ? Une sirène qui est amie avec des humains, faut avouer que c'est pas banal.

- Eh bien…

Odine raconta donc toute son histoire au chef de Berk qui semblait très attentif, tout comme le vieux forgeron. Après l'avoir écouté, les deux Berkiens semblèrent plus enclin à l'accepter et à tolérer sa présence parmi eux. Enfin, surtout Stoik. De plus, comme il venait d'apprendre qu'elle fréquentait le capitaine de la garde royale et que la reine était bienveillante à son égard, il se disait qu'il valait mieux ne pas lui causer des ennuis. Il pouvait appréhender une riposte des vikings, des dragons, mais du peuple marin… Euh… Pas vraiment.

- Par le marteau de Thor… C'est une sacrée histoire ! Heureusement qu'elle c'est bien terminée pour vous tous !

- En effet, Gueulfor. Approuva Stoik. Odine. Sache que désormais, tu as gagné le respect et la gratitude du peuple de Berk. Et pour ce que tu as fait pour nos enfants, tu seras toujours la bienvenue sur notre ile.

Odine n'en croyait pas ses oreilles ! Après avoir gagné l'amitié d'un groupe de jeunes dragonniers, le chef d'un village viking venait de la remercier et de lui dire qu'elle était la bienvenue sur leur île !

- Ce… C'est vrai ? Demanda Odine

- S'il te le dit ! Souriait Gueulfor. Après tout, t'a quand même sauvé l'avenir du village ! Le moins qu'on puisse faire, c'est te dire merci et te permettre de venir chez nous sans que tu finisses embrochée ou au bouillon !

Odine esquissa un sourire en coin face à l'humour de Gueulfor, puis elle remercia Stoik qui lui rendit son sourire. Les dragonniers étaient ravis de savoir qu'ils pouvaient emmener Odine chez eux sans qu'il ne lui arrive malheur ! Le repas se termina sur quelques sujets de conversations, puis tout le monde quitta la table. Astrid, Ingrid et Odine s'occupèrent de débarrasser la table et de faire la vaisselle. Stoik et Gueulfor suivirent Harold jusqu'à sa hutte pour qu'il leurs montre ses travaux. En même temps, ses invités allaient en profiter pour lui parler de ses futures obligations et les coutumes à venir. Quand aux jumeaux, ils étaient vite retournés creuser leur labyrinthe sans penser à proposer un coup de main aux filles. Pareil pour Rustik. Le jeune Jorgensen avait pris la poudre d'escampette sous prétexte de devoir bricoler et repeindre les « S » de sa hutte. Soit disant que la précédente averse les aurait abîmés. Varek fut le seul à demander par politesse si les filles avaient besoin d'un coup de main, mais elles refusèrent gentiment. Le dragonnier chercha donc quoi faire. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'avait pas très envie de retourner chez lui et faire face à son jardin carbonisé. Il décida donc de rendre visite aux bébés dragons dans l'aquarium. Avant de partir, il en profita pour donner de leurs nouvelles à Odine et lui donner un avis assez inquiétant et personnel à leurs sujets.

- Odine ? Je peux te parler de tes dragons ?

- Bien sûr, Varek. Comment ils vont ?

- Très bien je te rassure. Ils sont guéris et aptes à nager à leur aise.

- Super ! Je t'en remercie, Varek. Je sais que je n'ai pas eu trop le temps d'aller les voir ou de m'en occuper, mais merci de t'en être occupé à ma place.

- De rien, Odine. Tu sais que Bouledogre et moi on adore s'occuper des bébés dragons. Cependant… J'aurais un avis assez important à te faire part sur tes dragons.

- Je t'écoute.

- Voila. Depuis l'incident, ils ne semblent plus vouloir aller dans l'océan. Surement par peur qu'un incident de ce genre se reproduise. Et vu qu'ils sont encore jeunes et enclin à faire des bêtises sans vraiment écouter ceux qui les entourent, je pense qu'il… Euh… Qu'il serait plus sage qu'ils retournent à l'état sauvage auprès d'autres Mille Tonnerres adultes.

Odine l'avait attentivement écouté. Et maintenant qu'il avait fini, elle resta sur place, l'air extrêmement songeur.

- Attend une minute, Varek. T'es en train de lui conseiller… De se séparer d'eux ? Demanda Ingrid

- Oui. Ne crois surtout pas que je pense que tu es un mauvais dragonnier, Odine ! Mais dans leur intérêt, je pense que c'est mieux qu'ils vivent avec leur semblables afin de rester en vie et de mieux s'intégrer au monde.

- Je comprends, Varek. Et pour être honnête… Je suis d'accord avec ce que tu dis.

- T'est sure ? S'inquiéta Astrid.

- Oui, Astrid. Je les adore et je sais que c'est réciproque. Mais je ne peux pas me permettre de risquer leurs vies. Ils seraient plus grand, ça poserait sans doute moins de problèmes… Varek a raison. Ils doivent retourner parmi les leurs s'ils veulent avoir une chance de survivre dans ce monde.

- Alors on fait quoi ? On les emmène en espérant trouver un groupe de Mille Tonnerre sauvages ? Supposa Ingrid

- Oui. Et par chance, je sais où on peut en trouver. Précisa Varek

- Bien. Dans ce cas, nous irons les chercher après qu'on ait fini la vaisselle. Décida Odine

- D'accord. Je vais informer Harold de ce projet puis je vous attendrais près de l'aquarium. Ajouta Varek

- Ça marche. Répondit Astrid

Varek et Bouledogre quittèrent le pavillon en direction de la hutte d'Harold, laissant les filles entre elles. Une fois seules, Odine poussa un long soupir et afficha une mine contrariée qui inquiéta ses amies.

- Hé ? Ca va aller ? S'inquiéta Ingrid

- Oui… C'est juste que je ne m'attendais pas à gérer cet autre problème…

- Mmh ? Quel autre problème ?

- Bah en fait… Je suis confronté à un problème très sérieux dont je tenais surtout à vous en parler pour avoir votre avis…

Flattées que leur amie veuille se confier à elles, mais étant encore plus intriguées et inquiètes, Astrid et Ingrid l'invitèrent à s'asseoir et l'encouragèrent à leur parler. La jeune sirène leur parla donc de la discussion qu'elle avait entendue entre Tristan et la reine, et de ce qu'elle ressentait par rapport à tout ça. Une fois son problème évoqué, les filles restèrent un moment silencieuses, le regard légèrement sévère et l'air songeur. Quand à Odine, elle attendait patiemment leurs avis.

- C'est… Assez compliqué comme situation.

- Mouais… Je comprends que tu te sentes perdue.

- Mais je dois faire quoi à votre avis ? Je ne veux pas lui faire de peine et je n'ai pas non plus envie de souffrir. Mais je ne veux pas non plus d'une vie que je n'ai jamais souhaitée ! Surtout en tant que future souveraine du monde des sirènes !

- Oui, mais… Si Tristan était un simple triton du peuple, tu voudrais te marier et fonder une famille, non ? Demanda Ingrid

- Je… Bien sur ! Avant que je ne le rencontre et ne le fréquente, je ne rêvais pas d'une vie amoureuse ni d'une vie de famille. Et pour être honnête, c'est moins de soucis qu'un royaume tout entier !

- Je suis d'accord. Mais si ça se trouve, tu assurerais en tant que reine ! Et il se peut que ça se passe très bien !

- J'en doute… Je n'ai pas ça dans le sang, Astrid. Je suis une sauvage et une exploratrice… Pas une meneuse !

- Odine.

- Et puis je suis différente et timide ! J'ai du mal à parler aux gens ! Bon la j'y arrive parce que vous êtes mes amies et que j'ai confiance en vous, mais devant un peuple qui me méprise en grande partie et qui contestera surement mon accession au trône, je…

Ingrid venait de lui prendre les mains pour la calmer.

- Ecoute. Le mieux que je puisse te conseiller, c'est de parler de tout ça à Tristan. Je suis sure qu'il saura t'écouter et te comprendre.

- Ingrid a raison, Odine. Parle-lui. N'hésite pas à lui faire part de tes émotions et de tes inquiétudes.

- C'est ce que vous faite avec Harold et Varek ?

- Oui. Et en général, ça marche assez bien quand on veut gérer un problème assez compliqué. Que ce soit personnel, en rapport avec nos ennemis, le groupe ou la rive. Expliqua Astrid

- Mmh. Et comment tu gère le fait que tu va devenir la future régente de ton village ? Insista Odine avec curiosité

- Bah… Pour être honnête, j'y ai pas encore trop réfléchi, mais… Au fond, je me dis qu'aux cotés d'Harold, je peux tout surmonter. Et puis je serais fière de contribuer à l'évolution et à la protection de mon peuple. Répondit-elle avec le sourire

Odine demeura muette et se contenta de les regarder successivement comme si elle espérait puiser dans leur regard la force nécessaire pour ce qu'elles lui avaient conseillé.

- Je vois. Dans ce cas… Je parlerai à Tristan ce soir.

- Sage décision, Odine.

- Tu verras, tout va bien se passer.

- Je l'espère... Mais je lui parlerai après le concert.

- Un concert ?

- Oui. La plus grande chanteuse des sept mers va venir chanter au palais et je suis fan d'elle depuis toujours, même si je ne sais pas chanter comme une vraie sirène…

Ne voulant pas s'apitoyer davantage sur son sort, ni entamer un nouveau sujet de discussion, ni embêter davantage ses amies qui ont accepté de l'écouter, Odine esquissa un sourire forcé et se leva de sa chaise afin de poursuivre la tâche ménagère. Les filles échangèrent un bref regard avec une moue navrée et se levèrent à leur tour.

oO*Oo

Harold montrait avec un grand enthousiasme ses inventions, ses plans, ses futures projets et pleins d'autres choses à son père et son mentor. Ces deux derniers l'écoutaient avec une grande intention pendant que leurs dragons digéraient tranquillement au soleil. Quand Harold termina de parler d'un sujet, Stoik décida de prendre la parole pour parler à son fils d'un sujet qui lui tenait à présent très à cœur.

- Très intéressant tout ça, fils. Ta curiosité et ton ingéniosité ne semblent pas avoir de limite.

- Merci, papa. Et encore ! J'ai bientôt l'intention de…

- Je suis sûr que ce projet est très intéressant, Harold. Mais pour l'heure, j'aimerais te parler de quelque chose.

- De moi et Astrid, je suppose ?

- En effet.

Et voila. Harold savait depuis le début que dès que son père serait au courant, une grande conversation probablement embarrassante allait pointer le bout de son nez ! Avec une petite moue blasée, il écouta quand même ce que son père avait à lui dire.

- Alors voila. Se lança Stoik. Vos amis le savent et nous aussi. Et je suis sûr que tout le village sera enchanté de le savoir.

- Et puis au cas où ton père décide de leur refaire vivre un enfer, ils auront au moins une bonne nouvelle qui leur remontera le moral. Blagua Gueulfor, non sans un certain sérieux

- Bref. Le toisa sévèrement le chef. Ça fait bien trois mois que vous êtes officiellement ensemble ?

- Oui. Répondit Harold d'une voix morne

- Mmh. Alors il vous reste trois mois pour que vous échangiez vos cadeaux de fiançailles.

- Hein ? Nos… Nos cadeaux de fiançailles ? S'étonna sincèrement Harold

- Oui. C'est une vieille coutume, Harold. Les traditionnels cadeaux de fiançailles doivent être échangés six mois lunaires après l'annonce du couple.

- Ah ? C'est pas trois mois ? S'étonna Gueulfor.

- Non, c'est six.

- T'en es sûr ?

- Puisque je te le dis ! Je te rappelle que j'ai offert un cadeau de fiançailles à Valka ! Et ça s'oublie pas ce genre de choses ! S'énerva Stoik

- Ok, ok, je te crois. Après tout, t'est le chef. Et t'as le devoir de te souvenir des coutumes vikings.

Pendant que ses aînés discutaient bruyamment sur le sujet, Harold devint pensif et afficha une mine légèrement contrariée. Et aucun des deux ne remarqua son état. Un cadeau de fiançailles… Il devait trouver une idée de cadeau pour Astrid et il avait trois mois pour en trouver un ! Il se mit intérieurement à paniquer. Déjà que pour trouver une idée de cadeau pour un anniversaire, il galère comme un fou ! La preuve pour les 18 ans d'Astrid. Alors pour un événement aussi important que des fiançailles… Et il avait beau chercher une idée, il se maudissait de ne rien trouver ! Lui qui avait toujours pleins d'idées pour ses inventions… Pourquoi n'en trouvait-il pas une qui conviendrait ?! Il n'était vraiment pas doué pour offrir des cadeaux. Il se sentait nul et désemparé.

- Ca va, Harold ?

- Euh... Ouais ça va. J'étais juste en train de réfléchir à une idée de cadeau.

- Et t'en a trouvé une ? Demanda Gueulfor

- Non. Comme c'est pour un événement très important, je pense que je vais devoir réfléchir longuement pour trouver le cadeau parfait. Avoua-t-il en essayant de paraitre naturel et convainquant

- Inutile de te creuser les méninges, fils. J'ai déjà le cadeau idéal ! Affirma Stoik

- Ah ouais ? Demanda Harold d'une voix un peu douteuse

- Oui. J'aimerais te donner le médaillon que j'ai offert à ta mère pour nos fiançailles.

Harold fut figé de surprise ! Il ne s'attendait vraiment pas à entendre ça ! Gueulfor était également surpris de l'idée de Stoik. Mais comparé à Harold, il s'était simplement contenté de hausser un sourcil.

- Tu… Tu l'as gardé ?

- Après notre mariage, ta mère l'a rangé précieusement dans ses affaires. Et même qu'elle n'est plus là, je n'ai pas pu me résoudre à me débarrasser de ses affaires. Donc si tu es d'accord, je te le donnerai dans trois mois pour que tu puisses l'offrir à Astrid.

Un sourire se dessina sur le visage du jeune dragonnier. Pour une fois, Harold était ravi que son père se mêle de ses histoires ! Il venait carrément de lui sauver la mise ! Son père savait que cette idée enchanterait son fils, tout comme il devait savoir qu'il n'était pas doué pour offrir des cadeaux.

- Avec plaisir, papa. Merci beaucoup.

- Je t'en prie, fils. Et puis je serais heureux et fier de voir ce médaillon au cou d'Astrid. Tu as vraiment choisi la viking parfaite.

- Merci papa.

Père et fils se souriaient, sous le regard de Gueulfor qui esquissa également un sourire. D'ordinaire, leurs conversations privées engendraient des moments de gênes et de silence assez longs et pesants. C'était peut être dû aux conséquences d'avoir élevé seul un fils qui, au fils des années, ressemblait de plus en plus à sa défunte épouse bien-aimée. Mais quand ça concernait le village, les dragons ou une menace ennemie, ils savaient discuter, partager leur opinions et se mettre d'accord. Mais là, Gueulfor était heureux et soulagé de voir que ces deux là pouvait réussir à s'entendre sur un sujet d'ordre privée, et de réagir comme un père et un fils. Y'avait plus qu'à prier les dieux pour que ce ne soit la seule et unique fois !

oO*Oo

Sous le regard curieux de Poulet et l'indifférence du Braguettaure, les jumeaux continuaient de creuser leur labyrinthe souterrain. Ils avaient eu encore pleins d'idées durant le repas et ils avaient trop hâte de se mettre au travail ! Les premières galeries creusées à l'opposé de l'autre furent creusées sans soucis. Le manque d'air, de lumière et d'espace ne semblaient pas les déranger. Mais au bout d'un moment, les jumeaux continuaient de creuser sans prendre en compte la direction qu'ils prenaient, si bien que leurs galeries se rencontrèrent et ils tombèrent nez à nez avec leur double ! Et bien évidemment, les disputes et les reproches éclatèrent, suivie d'une bonne bagarre. A la surface, Poulet et le dragon les entendaient parfaitement, même si leur voix était étouffée par la terre. Le dragon soupira et s'en alla faire une sieste, tandis que le gallinacé caqueta d'un air blasé, sans pour autant quitter des yeux les entrées du labyrinthe.

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Après avoir informé Harold, et en attendant les filles, Varek et Bouledogre observaient avec amusement les Milles Tonnerres qui jouaient dans l'aquarium. Toutefois, le dragonnier ne cessait de penser à la tête qu'avait faite Odine quand il lui avait fait part de son avis. D'apparence, elle était restée calme, mais Varek avait pu voir dans son regard que cette idée la chagrinait quand même. Même quand elle avait donné son accord. Varek fut envahi par les regrets. Peut-être avait-il eu tord de lui suggérer cette idée ? Mais son expérience de dragonnier, ainsi que sa compassion et son amour pour les dragons l'obligeait à faire part aux autres de ce genre d'idée. Varek imagina également la réaction d'Odine et des petit dragons quand ils devront se séparer. Il savait d'avance que personne, et surtout Odine, n'aimerait ce moment. Bouledogre se rendit compte que son dragonnier était triste et pensif, alors elle se colla à lui pour le réconforter. Avec un sourire, Varek caressa affectueusement la tête de sa chouchoute d'amour.

Quelques minutes plus tard, les filles arrivèrent à l'aquarium à dos de dragons. Odine et Varek essayèrent de convaincre les petits de venir dans l'océan pour une balade. Réticents au début, ils finirent par accepter quand Odine leur proposa de faire la course jusqu'au lieu ou ils devaient se rendre. Odine ôta ses vêtements à l'abri du regard de Varek, puis elle alla dans l'eau, suivie de ses dragons, puis elle se métamorphosa en sirène. Les dragonniers décollèrent à leur tour et tout le groupe se dirigea vers l'île qui abritait les Mille Tonnerre. Le trajet dura une heure. Odine n'était pas trop fatiguée du voyage. Elle était contente d'avoir réussi à emmener ses dragons et d'avoir pu jouer avec eux une dernière fois. De plus, les dragons l'avaient suivie sans faire d'histoire, ce qui arrangeait tout le monde. Ils se posèrent tous sur la plage qui bordait l'île, car non loin d'eux, quelques Mille Tonnerre les observaient avec méfiance. Les trois petits étaient sortis de l'eau et regardait leurs congénères adultes avec curiosité. Parmi eux se trouvait également d'autres petits, ce qui intrigua davantage le jeune trio. Sous le regard encourageant des dragonniers, Odine se changea en humaine et s'approcha de ses dragons pour leur expliquer la raison de leur présence sur cette île. Et même si une part d'elle n'avait pas envie de se séparer d'eux, elle décida de se montrer forte et de ne penser qu'à leur bien.

- Écoutez-moi. Si nous sommes venus ici, c'est pour…

Elle n'eut malheureusement pas l'occasion de finir sa phrase. Les petits de l'île venaient d'appeler le jeune trio pour qu'ils viennent jouer avec eux et le trio s'était aussitôt retourné vers eux, tout comme les dragonniers. Ces derniers constatèrent que les dragons adultes de l'île semblaient d'accord pour qu'ils les rejoignent. Ce serait une bonne chose si leur mission pouvait aboutir sans difficultés ! Les petits les appelèrent encore une fois, et le trio se sentit quelque peu perdu. Ils avaient envie de les rejoindre mais ils voulaient savoir si leur dragonnier serait d'accord. C'est avec un sourire encourageant qu'Odine les encouragea à les rejoindre et à se faire de nouveaux amis. Ils rugirent de joie puis ils coururent sans plus tarder vers leurs semblables. Contente d'avoir mené à bien cette mission, mais triste de s'être séparé d'eux, Odine décida de vite retourner dans l'eau et de s'en aller tant que les petits étaient préoccupés. Les adieux seraient moins pénibles. Elle informa ses amis qu'elle avait besoin d'être seule un moment, mais qu'elle les retrouverait sur la rive. Après les avoir vus hocher la tête, Odine disparut sous l'eau et nagea en direction de la rive. Peu de temps après son départ, les dragonniers quittèrent l'île, non sans ressentir de la peine pour Odine. Quand aux petits Mille Tonnerres, ils ne se rendirent compte de leurs départs que lorsque les trois dragonniers furent de petits points à l'horizon. Ils étaient tristes et étonnés, mais leur amusement reprit vite le dessus quand les autres petits se remirent à jouer avec eux.

oO*Oo

De retour sur la rive, Odine récupéra ses vêtements et s'habilla non sans tirer une tête d'enterrement. Elle était contente pour les petits dragons, mais se séparer d'eux l'avait affecté. Déjà que ses problèmes avec Tristan et son avenir incertain la contrariait beaucoup, elle n'avait pas besoin d'être contrariée avec ça.

- J'ai l'impression que mon destin est d'être seule et de devoir me séparer de tous ceux pour qui j'ai de l'affection. C'est un miracle que j'ai encore les dragonniers dans ma vie… Je n'ai vraiment pas envie de me séparer d'eux… Je ne le supporterais pas. En plus, comme mes dragons ne sont plus là… Bah je ne suis plus un dragonnier. Je crois que je n'en serais jamais vraiment un. Voir même jamais. Pas plus qu'une princesse ou une reine.

Quand elle remit son pantalon, sa bague tomba de sa poche et termina sa course par terre. Odine l'avait un peu oubliée. Elle la ramassa et l'observa un instant. Curieusement, plus elle la regardait, plus elle avait l'impression que cette bague lui était familière. Ou peut-être que c'est la magie qu'elle contient qui lui donnait cette impression.

- Qu'est-ce que c'est ? Fit une voix derrière elle

Odine sursauta, même si cette voix était celle d'Astrid. Ils avaient mit une heure à l'aller, mais comme ils ne devaient pas gérer la vitesse de déplacement d'une sirène et de trois bébés dragons pour le retour, c'est sûr qu'ils avaient pu rentrer plus vite.

- Une trouvaille de ce matin. Répondit-elle avec un sourire, alors qu'elle remettait sa bague à son doigt

Elle tendit ensuite sa main vers ses amis pour qu'ils puissent satisfaire leur curiosité. Et comme elle s'y attendait, ses amis observèrent le bijou avec admiration.

- Elle est magnifique… Souffla Astrid

- On voit bien que c'est une bague du monde marin ! Rien à voir avec nos bagues viking ! Constata Varek en jetant un œil aux gravures

- C'est drôle, je croyais que tu n'étais pas très bijoux ? S'étonna Ingrid

- Moi aussi, mais je l'ai trouvé tellement belle que je n'avais pas envie de la revendre.

- Tu gardes jamais tes trésors pour toi ? S'étonna Varek

- Si. Mais pas les bijoux, les perles ou les pierres précieuses qui valent la peine d'être revendus. Je garde juste ce qui est abimé ou qui a peu de valeur.

- Ah, j'allais dire aussi ! Ce serait bête que tu ne garde pas quelques trouvailles pour toi !

- En effet. Au cas où je ne pourrais pas partir en exploration, je serais bien contente de me servir de ce que j'ai mis de coté pour acheter à manger en ville.

- Je peux l'essayer ? Demanda Astrid

- Euh…

Odine était réticente à prêter sa bague à cause de la magie qu'elle renfermait. Elle avait peur que si Astrid la porte, la magie se manifeste d'elle-même et qu'elle blesse Astrid. L'affreux souvenir d'Astrid qui se faisait électrocuter par Stella lui revint brutalement en tête. Elle n'avait pas envie de revoir ça et elle était sûre qu'Astrid ne serait pas non plus très enchantée !

- Rassure-toi, je ne vais pas te la piquer. Dit-elle avec un air surpris

- Ce n'est pas ça… C'est juste que… Regardez.

Elle savait qu'elle n'aurait pas pu garder très longtemps le secret de cette bague. Et puis elle tenait à protéger ses amis. Elle se tourna donc vers l'aquarium, leva sa main droite et essaya de faire venir une petite boule d'eau jusqu'à elle. Et tellement que sa volonté fut grande, elle y parvint du premier coup. En voyant se prodige, les dragonniers lâchèrent un hoquet de surprise et suivirent la boule d'eau avec des yeux rond. Une fois le projectile au dessus du creux de sa main, Odine se tourna vers eux et se justifia.

- Comme vous pouvez le voir, cette bague est magique et me permet de manipuler l'eau. Je peux la faire léviter, créer des vagues ou encore la changer en glace. Tout à l'heure… Une mouette en a fait les frais.

- Quoi, t'as… T'a tué une mouette ? S'étonna Ingrid

- C'était accidentel ! Elle refusait de me laisser tranquille ! Et puis je ne savais pas que cette bague était magique ! J'ai juste agité la main pour chasser l'oiseau, puis un pic de glace s'est formé et… Il l'a embroché.

Ingrid et Varek grimacèrent légèrement en imaginant le sort de ce pauvre volatile. Quand à Astrid, elle continuait juste de regarder la bague avec une certaine réticence. Le souvenir de son électrocution devait hanter son esprit. Odine décida alors de laisser la boule d'eau s'écraser sur le sol.

- C'est pour ça que je ne voulais pas te la prêter, Astrid. J'avais peur que la magie se manifeste d'elle-même et qu'elle te blesse. Se justifia Odine

- Je t'en remercie, mais… Tu compte vraiment garder cette bague et t'en servir ? Les souvenirs concernant la magie de Stella ne t'encourage pas à t'en débarrasser ?

- Curieusement, non. Je sais que je ne suis pas comme Stella. Moi, je veux juste la garder et m'en servir pour pouvoir me défendre lors de mes explorations. Pas pour faire mal aux autres, et surtout pas à mes amis. Et puis je vais m'entraîner à me servir de ces pouvoirs. Comme ça, je suis sûre de pouvoir tout contrôler et blesser aucun d'entre vous. Expliqua Odine avec un sourire convainquant

- Sage décision, en effet. Approuva Astrid

- Euh… Est ce que je peux quand même l'essayer ? Histoire de s'assurer qu'elle est inoffensive pour les vikings. Demanda Ingrid

- Tu crois que seule une sirène peut la contrôler ? Lui demanda Varek

- Ça m'en a tout l'air.

- Mais s'il t'arrive quelque chose… S'inquiéta Odine

- T'inquiète pas. J'ai survécue à pleins de choses, Odine. Ce n'est pas un peu de magie qui va me faire peur.

- Tu te serais fait électrocuter par une sirène sadique, tu ne dirais pas ça. Rétorqua Astrid avec sarcasme

Ingrid l'ignora et prit la bague qu'Odine accepta finalement de prêter. Quand elle la prit, rien ne se produisit. Ni quand Ingrid mis la bague à son doigt. Elle se tourna vers l'aquarium, inspira un grand coup, se concentra et tendit sa main vers la masse d'eau dans le but de faire venir une boule d'eau. Mais rien ne se passa. Même après cinq essais. Astrid, Varek et Odine furent soulagés que rien de grave ne se soit produit et que la bague ne soit pas un danger si un humain la porte.

- Bon bah faut croire que seul une sirène peut s'en servir. Constata Astrid

- Mouais. Dommage, ça aurait été drôle de manier l'eau…

Quelque peu déçue, elle la retira avec une petite moue et la rendit à sa propriétaire qui l'a remit à son doigt. Ayant assez parlé de magie, Odine interrogea le groupe sur ce qu'ils allaient faire cette après midi.

- Bon. Qu'est ce qu'on fait ? On va s'entrainer ? Proposa Odine aux filles

- Pas maintenant, Odine. On va aider Varek à remettre son jardin en état. Les jumeaux l'ont accidentellement carbonisé. Expliqua Astrid

- Hein ? Oh désolée, Varek… Je sais à quel point tu aimais ton jardin de la sérénité…

- Mmh, mmh…

Ça faisait mal au cœur de le voir dans cet état. Comme elle devait ramener à manger et des limaces de mers, elle se promit mentalement de lui ramener quelque chose pour lui remonter le moral. Elle ne savait pas encore quoi, mais elle allait sûrement trouver une idée une fois chez elle. Le quatuor se mit en marche vers la hutte de Varek, mais en voyant qu'Odine les suivaient, Astrid s'arrêta et s'adressa à elle avec une légère crainte.

- Euh… Tu compte garder ta bague au doigt ?

- Bah oui, pourquoi ? S'étonna Odine

- Je… Ne le prend pas mal, Odine. Mais tant que tu ne sauras pas vraiment maîtriser la magie de cette bague et si tu ne compte pas t'en séparer… Je préfère que tu ne t'approche pas de moi.

Ingrid et Varek échangèrent un discret regard inquiet. Mais il n'y avait pas lieu de s'inquiéter car Odine ne pouvait en vouloir à Astrid de se méfier. La pauvre devait être encore traumatisée de son expérience brutale avec la magie.

- Ne t'en fais pas, Astrid. Je comprends. Je vais aller m'entraîner. Répondit-elle avec un sourire

- Merci, Odine. C'est pas que je n'ai pas confiance en toi, mais…

- Tout va bien, Astrid. La rassura t-elle. Allez, à plus tard. Et bon courage avec le jardin.

- Merci, à toi aussi.

Sur ce, Odine partit vers la plage et le trio alla chez Varek. Bien qu'Odine se soit montrée compréhensive envers Astrid, son sourire s'était progressivement effacé dés qu'elle avait eu le dos tourné. Cette situation, bien que très différente de ce qu'elle avait vécue maintes fois dans sa vie, lui rappela de très mauvais souvenirs, et ça l'attrista beaucoup. Le sentiment de rejet était l'une des choses qui la chagrinait le plus au monde. Même si ça venait de son amie pour des raisons justifiables. Une fois devant l'océan, elle essuya ses larmes, puis elle se concentra, main tendue vers l'océan. Elle avait l'intention de s'entraîner une heure, puis elle allait s'occuper de ramener le repas pour ce soir, de ramener les limaces de mer pour les jumeaux et un cadeau pour Varek, avant de partir au palais pour assister au concert.