Hannilloween

OS écrit pour la nuit du FoF en 45 minutes sur le thème « sorcière ».

Une créature aux oreilles touffues et à la longue queue tout aussi fournie frappa à la porte du Dr Lecter qui lui ouvrit et la considéra avec une expression neutre, le sourcil haussé.

« Seriez-vous déguisé en canidé, Will ? »

« Je suis un loup-garou. » bouda l'empathe, lui tendant malgré tout une bouteille d'un excellent vin qui lui avait coûté le quart de sa paie.

Ce dernier s'en empara avec un sourire pointu cent pour cent naturel, simplement mis en avant par l'application de faux sang sur les canines. Habituellement, on ne voyait pas à quel point elles étaient longues parce que les dents du psychiatre étaient légèrement inclinées vers l'arrière mais là, c'était impossible de ne pas le voir. Cela dit, Will ne s'intéressa guère à ce détail, observant plutôt le très élégant costume qu'il portait et qui devait être à la mode au dix-neuvième siècle, composé d'un haut de forme noir, d'un gilet rouge foncé brodé, d'une cravate blanche portée ample en foulard et rehaussée d'une broche où brillait ce qui était certainement un véritable rubis, d'un pantalon noir et de chaussures brillantes. Ah oui, et d'une veste. La veste à grandes basques et à larges revers était noire elle aussi et, du point de vue du consultant pour le FBI, bien plus élégante qu'une cape. Son amant faisait un vampire à tomber.

Profitant d'être le premier invité à être arrivé, Will enlaça le meurtrier et lui vola un baiser.

« Je pensais pas que vous auriez joué le jeu. »

« Tous les invités ont insisté pour que ce soit une soirée déguisée, je ne pouvais pas y échapper. »

« Vous auriez pu prétendre vous être déguisé en éventreur de Chesapeake. »

Hannibal sourit sans relever la plaisanterie. Même si Will et lui étaient amants depuis quelques temps, il avait tendance à ne pas parler de son identité secrète en des termes très clairs. Il était plus honnête sur ce qui composait les plats de la soirée, seulement avec l'empathe bien sûr. Seul un plat était d'origine humaine, et Will accepta d'y goûter pour donner son avis sur l'assaisonnement sans rechigner.

« C'est délicieux. J'imagine que tu diras que c'est du porc... »

« En effet. Entre nous, de la truie pour être plus précis. »

« Avait-elle un chapeau de sorcière, à tout hasard ? »

« Comment as-tu deviné ? »

« Son dernier article sur moi était particulièrement écœurant...Et pour le choix de son déguisement, j'ai pensé qu'elle trouverait amusant de se vêtir de la façon dont elle est décrite par beaucoup de ses détracteurs, une véritable sorcière...Et enfin, tu as flambé la viande au grand Marnier, ce qui est très approprié pour une créature dont on se débarrasse en la brûlant. Comment l'as-tu tuée ? »

« De la façon appropriée. »

Will sourit, révélant ses dents blanches et nettes, absolument parfaites et se passa un doigt sur la gorge. Hannibal lui attrapa le poignet et amena sa main vers sa bouche, puis il suçota l'extrémité de l'index. Son compagnon se laissa faire complaisamment, détendu et en confiance, peut-être un peu trop d'ailleurs. Il cria lorsque les canines percèrent sa chair juste suffisamment pour faire poindre deux petites gouttes de sang que le cannibale lécha avant de le relâcher.

« Tu m'as mordu. »

« De toute évidence. A quoi t'attendais-tu de la part d'un vampire ? »

Le jeune homme haussa les épaules de façon quelque peu impolie, puis il alla ouvrir à leurs invités en compagnie de son amant car le bruit de la sonnette (remplacée pour l'occasion afin de produire un son guttural) venait de résonner. Ils accueillirent Jack transformé en Frankenstein pour l'occasion, sa large carrure collant parfaitement au personnage, Alana qui était une succube s'il se fiait à son décolleté juste assez plongeant pour attirer le regard sans tomber dans le vulgaire et à la petite paire d'ailes de chauve-souris dans son dos, Zeller et Price en frères siamois qui auraient sûrement toutes les peines du monde à manger sans rien renverser, Beverly en chat et Chilton en momie.

Ils quittèrent tous les lieux vers 2h du matin, dans un état d'ébriété avancé pour Beverly et Zeller et Will put enfin se détendre et aller prendre une bonne douche, juste après son amant et seul véritable monstre de la soirée. Il se glissa nu dans son lit et lui mordit l'épaule en guise de bonne nuit.

« Will...tu m'as mordu. »

« C'est la pleine lune ce soir, tu m'excuseras. »

Le tueur se retourna pour lui faire face, et à son regard, Will compris qu'il ne l'excuserait pas. Il croisa inconsciemment les doigts, espérant ne pas finir dévoré vivant au sens propre du terme et que la lueur dans les yeux de son compagnon était uniquement due au désir.