Huhu. Huhuhu. Huhuhuhu.
Je rappelle que cette fanfic est déconseillée aux moins de seize ans, que les personnages ne sont pas à moi, et que ce chapitre est le dernier.
Merci à Patte de velours (lire ce genre de review, c'est absolument merveilleux =D), Horu, Ariani Lee Gore, ryuzaki-ryuga et le ... anonyme pour les reviews !
Bref, je vous laisse découvrir cet ultime chapitre de "Chain of Hope"...
Kyrjava. Parce que le Kir, c'est bon, et la Java, c'est cool x)
CHAIN OF HOPE
Partie 3
Pas pour longtemps.
Dès qu'il fut quatre heures du matin, il fut tiré de son sommeil par la voix de son colocataire.
-J'ai mal au crâne… j'ai bu ?
Light, de mauvaise humeur, se pelotonna un peu plus sous les draps.
-T'as pas bu, grogna-t-il. T'as carrément vidé le stock !
-Je te rappelle, Light, que c'est toi qui as voulu aller dans ce dancing, dit Ryuzaki.
Sa voix était pâteuse. Malgré son irritation, Light eut un sourire railleur. Sourire qui disparut bien vite, lorsqu'il se souvint de la position dans laquelle il s'était endormi, la veille. Pris d'un doute, il passa la main sur son bassin. Le bras de Ryuzaki n'y était plus enroulé. Il sentit à la fois soulagé et un peu contrarié. Décidé de ne pas essayer de réfléchir davantage et voulant à tout prix rêver en paix, Light essaya de se rendormir.
C'était sans compter la présence de Ryuzaki, qui avait commencé à se servir un café. Les habituels tchac, glouglou et ploc retentirent… auxquels s'ajoutèrent les remarques de Ryuzaki.
-Tu as raison, Light, c'est fou ce que cette cafetière peut faire du bruit… je ne l'avais jamais remarqué, avant…
TCHAC ! Sa tasse venait de lui échapper des mains.
-AÏE ! laissa échapper Ryuzaki en se bouchant les oreilles, ce qui déplaça la chaîne et la fit glisser dans le cou de Light.
Elle était glacée. Light frissonna et la repoussa violemment. Il y eut un silence que Ryuzaki brisa vite.
-Light, tu ne comptes pas te rendormir… Il est déjà… quatre heures du matin…
-Très bien ! s'écria Light.
Furieux, il se leva du lit, se dirigea vers les fenêtres et tira sur les rideaux d'un coup sec, laissant le soleil rentrer à flot dans la luxueuse chambre. Comme il s'y attendait, Ryuzaki plaqua les mains sur ses yeux, se recroquevillant sur lui-même et gémissant face à cette agression en traître de ses rétines. Puis il roula sur le côté… et vomit les restes de son repas de la veille sur le sublime tapis style Louis XVI. L'odeur retourna le cœur de Light, mais ce le frappa le plus fut le regard qu'eut alors Ryuzaki en s'essuyant la bouche. C'était un regard perdu, comme si le plus grand détective du monde était dans un lieu totalement inconnu, seul et sans espoir de ne jamais retrouver le chemin de son véritable foyer. Il avait ramené les jambes contre la poitrine et les avaient enlacées, posant le menton sur ses genoux d'un air accablé. Ses yeux noir corbeau avait perdu leur froide impassibilité et ne savaient pas où se poser.
Light n'en tira aucune satisfaction. Au contraire, il sentit son cœur se pincer douloureusement. C'était de sa faute, après tout, si Ryuzaki était dans cet état. Mais comment lui, Light Yagami, ordinairement si austère, pouvait-il éprouver des remords ? Il approcha doucement de Ryuzaki et s'assit à ses côtés, lui passant un bras autour des épaules dans l'espoir de le rassurer.
-Je ne me sens vraiment pas bien, Light, souffla le détective.
-Ne t'inquiète pas, Ryuzaki. Je suis là, moi.
Il lui donna un verre d'eau –par chance, il y en avait sur la table de nuit. Puis il plongea le nez dans les mèches noires et décoiffées de celui qui fut son rival et qui, désormais, était devenu bien autre chose. Puis il le serra plus fort contre lui. Le jeune homme au teint pâle se blottit dans ses bras, posant la tête dans son cou et murmurant à son oreille des mots que Light ne voulait pas comprendre. C'était inconcevable. Et s'il y avait des caméras ? Si quelqu'un le voyait ainsi, enlaçant un homme contre lui ? Light voulut repousser Ryuzaki, mais ses muscles ne lui obéirent pas. Et puis le détective paraissait si faible, si peu sûr de lui…
-Light, je suis désolé de te soupçonner d'être Kira…
Encore et toujours cette même rengaine. Light et Ryuzaki étaient si collés l'un à l'autre que leurs cheveux se mélangeaient et que leurs peaux se caressaient au rythme de leurs respirations. Ryuzaki avait une respiration lente et profonde. Celle de Light était plus rapide et désordonnée, probablement car il avait du mal à respirer tant son cœur battait avec ardeur. Du bout du doigt, il repoussa une mèche de cheveux qui s'était égarée sur le front de Ryuzaki, parmi tant d'autres. Son index se posa alors sur son front et, doucement, descendit le long de son visage, prenant de soin d'imprimer chacun de ses traits, suivant la courbe du nez et se déposant en douceur sur la bouche si particulière… cette bouche fine, joliment incurvée, découvrant des dents trop blanches pour quelqu'un qui mangeait autant de cochonneries… Light se demanda quels goûts avaient ses baisers. Etaient-ils sucrés ?
Il déposa son autre main sur sa joue et, pour la première fois, le cliquetis de la chaîne éveilla en lui un bonheur insoupçonné. Elle lui rappelait que, quoi qu'il arrive, il était lié à Ryuzaki et que le jeune homme aux yeux noirs serait toujours à ses côtés. C'était idiot, bien sûr. Comme s'il avait besoin de quelqu'un, lui qui, jusque là, avait brillamment fait un parcours en solo… à l'aide de sa main, exerçant une pression légère, Light releva le visage de Ryuzaki vers le sien. Le jeune homme aux yeux noisette ressentit une intense satisfaction. Pour la première fois, il avait Ryuzaki tout à lui, prêt à…
Light n'avait jamais remarqué les reflets bleutés qui perturbaient l'onde de sa pupille. Leurs visages étaient proches, et leurs bouches entrouvertes laissaient passer leur souffle de vie dans celle de l'autre. Dans ce calme absolu, dans cette pièce baignée de soleil, tout avait des allures irréelles… doucement, prenant le temps de savourer chaque seconde qui s'offrait à lui, Light pressa ses lèvres contre celles de Ryuzaki. Elles étaient douces, et à peine plus lourdes que la caresse d'une plume. Pfff… la caresse d'une plume… c'était d'une mièvrerie... pourquoi fallait-il qu'il devienne romanti… rho et puis non, il devait savourer l'instant présent. Ryuzaki était là, dans ses bras, faible et hagard, et lui, il l'embrassait… ses lèvres avaient un goût plutôt piquant, mais tellement agréable…
On frappa lourdement à la porte. Les deux adolescents s'éloignèrent brusquement l'un de l'autre, comme si les lèvres de l'autre avaient été chauffées à blanc.
-Entrez ! lança Ryuzaki.
Watari poussa la porte, traînant devant lui un plateau rempli de mets qui auraient pu ouvrir l'appétit de Light s'il n'était pas plongé dans cet état second que lui avait provoqué ce baiser. Le vieil homme repartit vite, ignorant la tache de vomi qui décorait le tapis, et Ryuzaki prit une part de tarte à la fraise. Lorsque Light croisa de nouveau son regard, il put constater amèrement qu'il avait repris tout son aplomb et que la froide impassibilité était revenue.
-Ce n'est pas tout, mais nous avons une affaire à classer ! dit Ryuzaki.
Light approuva vigoureusement. Oui, ils avaient une affaire primordiale à classer. C'était ça, le plus important. Et il n'avait pas à se laisser aller. Qu'aurait dit Misa, si elle l'avait vu ? Et son père ?
« Tu n'as rien promis à Misa… et ce n'est pas à ton père de choisir ton orientation » lui souffla la voix de son imagination.
Pour la première fois de sa vie, il eut terriblement honte.
Quand ils entrèrent dans la salle où ils travaillaient, Matsuda ouvrit la bouche mais s'abstint de tout commentaire. Light s'assit brutalement derrière un ordinateur, chaque muscle de son visage détendu de façon à éviter de trahir ses pensées. Il savait qu'il avait des cernes encore plus tracés que la veille et que ses vêtements étaient totalement froissés, mais il fit comme si de rien était. Ryuzaki s'assit dos à lui et, bientôt, le son du clavier résonna dans la pièce.
Light était perturbé. Quand il songeait qu'il avait embrassé le détective, un affreux goût de nausée envahissait son palais. C'était répugnant. Déjà qu'il n'aimait pas embrasser les filles, alors Ryuzaki… L… il n'était jamais tombé amoureux et ne le souhaitait pas, mais pourtant… non, c'était le stress, le travail, tout ça le rendait trop sensible. Pourtant, il avait déjà connu d'intenses périodes de travail, lorsqu'il préparait son entrée à l'université, et, dans ses souvenirs, à ces moments là, il était très détendu et ne se laissait pas charmer par la première venue…
Oui, mais dans ses moments là, il n'était pas enchaîné à quelqu'un. Et il ne travaillait pas sur l'arrestation d'un dangereux tueur en série. Si on pouvait dire que Kira était dangereux. A l'intérieur de lui, Light l'admirait… mais son sens du devoir et sa curiosité voulaient le retrouver. Ce n'était pas pour Ryuzaki qu'il faisait cette enquête, c'était pour lui-même. Du moins, il essayait désespérément de s'en convaincre.
-Hé, ça va, Light ? s'enquit la voix lointaine de Matsuda.
-Light ? répéta la voix inquiète de son père.
Il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas s'attacher à quelqu'un. Il ne le voulait pas. Il était Light Yagami, merde ! Il avait sa fierté, ses idéaux, ses ambitions… et, dans tout cela, Ryuzaki n'avait pas sa place. Et puis quoi encore, ils allaient se marier ? Il fut secoué d'un rire nerveux et amer. Leur baiser de ce matin ne voulait rien dire du tout. Surtout que, se souvint Light, Ryuzaki avait vomi juste avant… dans ce cas-là, songea une part de lui-même, ce détective était vraiment doué, car son haleine et son baiser n'avaient pas contenus la moindre parcelle de vomissure.
On lui secoua rudement l'épaule.
-Mmmh… quoi ? grogna-t-il.
-Ça fait depuis dix minutes que tu fixes l'écran sans rien dire… tu as une idée ?
Il ne savait pas qui lui parlait et il s'en moquait. Il haussa les épaules, mentant :
-J'en avais une, mais elle est stupide. Non, sincèrement, je ne vois pas l'intérêt d'en parler.
-Il y a toujours un intérêt à tout, dit une autre voix.
Cette fois-ci, Light n'eut aucun mal à l'identifier.
-Ryuzaki, lança-t-il sèchement, je sais que mon idée était stupide et il est inutile d'en parler.
Il se retint d'ajouter : « Et puis je suis sûr que tu sais à quoi je pense réellement, et puis tu ne voudrais sûrement pas que je révèle à toute l'équipe qu'hier tu t'es débrouillé pour te ligoter toi-même avec la chaîne et que j'ai dû te sortir de là et que ce matin tu as gerbé à cause d'une simple gueule de bois et… »
« Liiiiiiiiight ! Il faudrait vraiment que tu viennes, je m'ennuie toute seule, je n'ai absolument rien à faire et tu me manques… »
« … et par pitié, coupez le son de la chambre de Misa ! »
-Oh, zut, j'ai totalement oublié que j'avais un tournage de pub, ce soir ! se lamenta Misa, regardant sa montre d'un air désespéré. Je dois y aller avec Matsuda ! Tu m'attendras, hein, Light ? demanda-t-elle à son pseudo petit ami, levant sur lui un visage plein d'espoir.
Light, qui était assis sur le canapé aux côtés de Ryuzaki, grommela un mot qui n'était ni vraiment « oui », ni vraiment « non ».
-Et toi aussi, Ryuzaki ? demanda-t-elle ensuite en se tournant vers le détective, dardant sur lui de grands yeux brillants.
-D'accord, répondit le détective.
-Vous ne faîtes pas trop le bazar dans ma chambre, hein ! ajouta la jeune fille aux longs cheveux blonds, leur faisant un clin d'œil complice.
Puis elle partit de la chambre en sautillant, claquant au passage la porte derrière elle. Light et Ryuzaki échangèrent quelques minutes de silence avant que la sonnerie stridente du téléphone ne retentisse. Light porta le combiné à son oreille, intrigué.
-Light ? C'est ton père. Matsuda et Misa sont partis il y a quelques minutes, et Aizawa est parti rejoindre sa famille. Mogi est allé prendre un peu l'air, je crois qu'il voudrait passer une nuit à l'extérieur pour ne pas être trop coupé du monde et continuer les recherches de son côté, et moi je vais profiter de ne plus avoir à surveiller Misa pour aller voir ta mère et Sayu. Il n'y aura personne au quartier général hormis vous d'eux. Nous reviendrons en même temps que Misa, dans environ trois heures.
-C'est ok, papa, pas de problème.
-Je crois que nous allons avoir tout l'hôtel pour nous, dit tranquillement Ryuzaki pendant que Light reposait le combiné.
Light eut l'impression que son cœur manqua un battement.
-Que veux-tu dire ? s'enquit-il, même s'il avait clairement une idée de la réponse.
Comme il s'y attendait, Ryuzaki ne répondit pas. Light, qui ne pouvait pas aller bien loin, alla le rejoindre sur le canapé. La chambre de Misa, bien que plus petite que celle qu'il partageait avec Ryuzaki, était tout aussi confortable et il y régnait une agréable odeur de parfum. Light, qui savait pertinemment que la soirée était censée être dédiée à l'affaire Kira, se laissa tomber sur le dos et posa les mains derrière la tête, observant négligemment le plafond. Que lui arrivait-il ? Cette enquête était sa priorité. Alors pourquoi… pourquoi ne voulait-il pas bouger de là et rester allongé près de Ryuzaki, sur ce canapé moelleux ? De toute façon, ici ou ailleurs, le détective serait avec lui…
Ce dernier se laissa d'ailleurs glisser à ses côtés, dans la même position. Le canapé n'était pas très large, si bien que, pour ne pas se retrouver par terre, les deux jeunes hommes devaient se coller l'un à l'autre.
-On pourrait réfléchir ici, proposa Light.
-L'ambiance n'est pas très propice au déroulement d'une enquête.
-L'ambiance ? Quelle ambiance ?
-Les bougies que Misa a posé sur la table. Je suis sûr que si on éteignait les lumières, ça donnerait un peu plus de charme à l'endroit. Et puis cette odeur de chocolat à la cannelle… elle est peut-être mince, mais je suis sûr qu'elle est gourmande, Misa…
-Je t'ai dit que je n'aimais pas parler d'elle, coupa sèchement Light.
Silence de mort.
-Tu vas mieux depuis ce matin ?
-Oh, la gueule de bois passe très vite, quand on y met de la volonté. Tiens, en y pensant… je ne t'ai pas remercié ?
-Remercié de quoi ?
-De m'avoir… réconforté… ce matin.
-Bof, tu sais, tu n'allais pas très bien. C'est naturel.
-Tu n'es pas, ou du moins plus, hypocrite, comme le prouve le fait que tu refuses d'embobiner Misa pour le bien de l'enquête.
-Ouais, et alors ?
-Et alors, merci beaucoup.
Puis Ryuzaki se laissa glisser vers Light, jusqu'à se retrouver couché sur son torse. Le jeune homme aux yeux noisette le laissa faire, une boule d'angoisse obstruant sa gorge. Pourquoi fallait-il que le détective se fasse si insistant ?
Sa main alla d'elle-même vers le visage penché au-dessus du sien, se posant, pour la seconde fois de la journée, sur sa joue. « Non ! » hurla une voix à l'intérieur de lui. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pour… ses réflexions furent interrompues par des lèvres qui se scellèrent aux siennes. Ce baiser était plus agréable que le premier, probablement car cette fois-ci Ryuzaki ne venait de pas de vomir juste avant… mais il entailla la fierté de Light. Contrairement à leur précédent baiser, ce n'était plus lui qui avait le dessus, mais Ryuzaki, qui l'empêchait de bouger, le clouant sur ce canapé. Une main se glissa sous sa chemise, faisant accroître en lui un sentiment d'extase profonde. Des frissons de plaisirs l'envahirent lorsque cette main prit le temps de descendre, s'amusant à tracer des cercles autour de son nombril. Il retint un gémissement lorsqu'il la sentit frôler son bas-ventre et il ferma les yeux.
Lui, Light Yagami, se laissait toucher par cet… individu… il avait du mal à aligner deux pensées correctes… il entendit le bruit caractéristique d'une fermeture éclair que l'on ouvre, ou plutôt d'une… d'une braguette ? Il voulut remuer mais son corps refusait, entièrement plongé dans ce plaisir intense et envoûtant que lui procurait les… les coups de… les coups de langues que prodiguait… Ryuza… L… sur… sur cet organe si sensible… les larmes de plaisir perlaient sous ses paupières closes… Light devenait se mordre la lèvre pour ne pas gémir trop fort... il s'accrochait au canapé, le contact de la bouche de Ryuzaki étant si... le détective cessa, alors qu'il était au bord de l'orgasme, pour s'amuser à lui chuchoter des mots que Light n'essaya même pas de déchiffrer, désirant juste qu'il continue... mais Ryuzaki avait commencé à embrasser son cou, avant de lui mordiller tendrement le lobe de l'oreille, couché sur lui, frôlant volontaire son bas-ventre brûlant de désir. Puis, prenant son temps, Ryuzaki le remit dans sa bouche et recommença ses légers coups de langues précis et assurés. Light eut alors l'impression que son corps entier explosait de plaisir et il se cambra brusquement, poussant un cri qui résonna dans toute la pièce, faisant frémir l'homme qui s'occupait de lui…
Puis il ouvrit les yeux. Ryuzaki était de nouveau penché sur lui, son visage à deux doigts du sien. Il l'embrassa, d'abord doucement, puis passionnément. Light laissa ses mains parcourir le corps tant convoité de celui qui, à cet instant, représentait tout pour lui... Il ne savait plus du tout ce qu'il faisait, il obéissait à des pulsions qu'il croyait inexistantes en lui…
Lorsque Misa revint de son tournage, quelques heures plus tard, elle eut la surprise de voir Light et Ryuzaki endormis sur SON canapé, dans les bras l'un de l'autre, un étrange sourire de satisfaction similaire inscrits sur leurs visages. Elle courut vers eux et leur hurla dans les oreilles :
-VOUS ÊTES MALADES OU QUOI ? VOUS VOYEZ PAS QUE C'EST MON CANAPE ? ALLEZ FAIRE VOS TRUCS COCHONS AILLEURS !
Light ouvrit des yeux ensommeillés.
-Oh, salut Misa…
-Light, je peux savoir ce que tu fais dans les bras de Ryuzaki ?
-Hein ? Oh je… QUOI ?
Il s'éloigna brusquement et eut l'air dégoûté.
-On a dû s'endormir, et comme ton canapé est trop étroit… quelle horreur…
-Ça, tu peux le dire ! approuva sauvagement Misa. Un peu plus et j'aurais pu croire que tu me trompais !
Le lendemain, ils retournèrent travailler sans un mot, entretenant une relation froide et détachée. Pour Light, c'était mieux ainsi, et il savait que Ryuzaki était de cet avis. Pour éviter de céder de nouveau à ses pulsions émotionnelles qui lui dictaient de se jeter sur Ryuzaki pour l'engloutir avec ses baisers passionnés, ils avaient décidé d'un commun accord d'être toujours accompagnés de Misa… qui prenait cela très à cœur et était ravie de contribuer à l'enquête avec « ses deux amis Light et Ryuzaki ! »
Mais malgré cette précaution, le soir, ils furent de nouveau seuls, dans leur appartement fastueux. Light osa prendre la parole en premier.
-Je crois qu'il vaut mieux…
-… tout oublier, acheva Ryuzaki.
Light acquiesça.
-Il faut mettre notre énergie dans l'enquête plutôt que dans… enfin, tu vois, quoi.
-Je vois, dit calmement le détective.
Il s'était mis à manger avec plus de vivacité encore que d'habitude, enfournant dans son estomac à une vitesse spectaculaire toute forme d'aliments sucrés. Light se demanda s'il était possible de faire une overdose de sucre. Puis il se demanda ce que ressentaient les éclairs au café que Ryuzaki prenait d'abord le soin de lécher avant de rentrer dans sa bouche. Il soupira. Il lui restait une dernière chose à demander, avant de tenter de vraiment « tout oublier ».
-Ryuzaki… penses-tu encore que je sois Kira ? Je veux dire, après tout ça…
-Kira est peut-être romantique. A près tout, il sauve des vies en tuant des meurtriers. Mais si tu étais Kira… alors…
-Alors ?
-Alors Kira embrasse vraiment bien.
Quelques jours plus tard. Le ronflement de l'hélicoptère, les cris, la précipitation… comme toujours, Ryuzaki gagna. Lorsque Light le vit prendre le Death Note, un mauvais pressentiment emplit son esprit. Il avait peur. Il ne comprenait pas d'où lui venait cette crainte, mais il redoutait quelque chose. Bien sûr, Ryuzaki et lui avaient faits mine que rien, entre eux, ne s'était passé. Mais Light devinait, à certaines attentions, certains mots, certains gestes, que cela ne laissait pas Ryuzaki aussi insensible qu'il voulait le faire croire. Mais le détective mettait de la distance, entre eux. Avait-il, lui aussi, ce mauvais pressentiment qui lui glaçait les entrailles ?
Light hésita puis prit le cahier de la mort.
Ses doigts entrèrent en contact avec la surface froide et lisse du Death Note. Il crut voir le monde chanceler autour de lui, puis fut assailli d'images terribles. Sa tête explosait. Un crochet s'était introduit dans son cerveau, pour y tirer des choses qu'il avait accomplies puis oubliées. Il ressentit un flot d'émotions qui se succédaient à une vitesse fulgurante. Le doute, l'horreur, le plaisir, l'envie d'être un Dieu pour ce monde trop pourri pour mériter d'exister. Il lui semblait entendre le cri de ses anciennes victimes, comme si elles agonisaient à ses côtés. C'était à la fois terrifiant… et terriblement jouissif. Oui, tous ces criminels méritaient d'être punis. Il fallait éradiquer le mal. Il était Kira, le seul, l'unique. Ce Death Note lui appartenait, et grâce à lui, il pourrait régner en Dieu absolu. Son cœur, qui s'était mis à battre au point de faire trembler tous ses membres, se calma d'un coup et Light crut, l'espace d'une seconde, qu'il avait un arrêt cardiaque. Puis il remarqua qu'il hurlait et il se tut. Des gouttes de sueur perlaient sur son front. Il entendit la voix de Ryuzaki, mais ne comprit pas ce qu'il racontait.
Alors, Kira se félicita d'avoir pu être aussi proche du détective. Oui, tous ces moments charnels, ces baisers… tout cela était prévu, évidemment, depuis le début. Il n'avait jamais rien ressenti envers le jeune homme aux cheveux noirs. Ce n'était qu'une comédie, pour atténuer ses soupçons, tout comme son amour pour Misa n'était que façade. Désormais, non seulement il avait récupéré son Death Note, mais en plus, il avait réussi à charmer le plus imperturbable des détectives. Il avait gagné. Quand il croisa le regard noir corbeau de son rival, il se souvint qu'un jour, il avait pu y déchiffrer une émotion forte, profonde… et totalement inutile.
Kira commença à comparer la liste des victimes avec les noms inscrits dans le Death Note, totalement insensible à la présence de Ryuzaki à ses côtés.
Ce détective ne représentait rien de plus pour lui qu'un obstacle. Il fallait le détruire. Durant une fraction de seconde, l'esprit de Kira s'embrouilla et il eut l'impression qu'une main d'acier pressait son cœur. Il fut pris de remords… mais tout cela partit aussi vite que c'était arrivé.
Il était Kira. Il allait éradiquer le mal.
Et tuer L.
C'était prévu depuis le début.
Fin.
Je remercie tous ceux qui auront pris la peine de lire jusqu'au bout cette fanfic et qui auront laissé un petit commentaire ;)
