Titre : Carpe Diem Baby

Pairing : Il y en aura plusieurs tout au long de l'histoire (toujours yaoi)

Rating : M

Disclaimer : Tite Kubo

Note : De la joie, du bonheur, du rire… Mais aussi du désespoir et des larmes. De l'amour et de la haine, il faut de tout dans ce bas monde.

Warning : /

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Chapitre 2

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Ce matin là, était un matin qui commençait comme tous les autres dans ce qui composait sa triste petite vie depuis six mois. La sonnerie stridente et plus qu'agaçante criait par le haut-parleur de son téléphone qui lui servait de réveil. Les yeux encore fermés, il avait cherché l'objet à tâtons et l'avait fait taire. Machinalement, il s'était dirigé vers sa salle de bains pour faire un brin de toilette et enfiler son uniforme scolaire.

Il avait pris son petit-déjeuner après avoir salué ses deux petites sœurs d'un air absent. Il portait les aliments à sa bouche, les mâchait consciencieusement avant de les avaler, sans porter attention à la saveur qu'ils avaient. Est-ce qu'avant il était capable de reconnaître le goût de la nourriture ? Il ne s'en souvenait pas. Tout ce qu'il savait c'était que maintenant, tout lui paraissait insipide. Que ce soit ce qu'il mangeait ou ce qui l'entourait, rien n'avait plus vraiment d'importance.

Avant de prendre le chemin de son lycée, il avait une fois de plus évité son père qui courait désespérément vers lui afin de lui mettre un quelconque coup de pied ou de poing. Il s'était simplement déplacé d'un geste furtif vers la gauche, ce qui eut pour résultat de voir Isshin se fracasser royalement contre la porte qu'il n'avait pas encore ouverte. Cette vision l'aurait fait sourire ou même rire à gorge déployée il y avait six mois, mais plus aujourd'hui. Il enjamba le corps de son père encore allongé au sol tentant de faire cesser les cloches qui résonnaient dans son crâne et sortit de la maison sans un mot.

Il marchait seul vers son but : l'établissement scolaire et sa classe. Il regardait droit devant lui, ne prêtait attention à rien, ne pensait à rien. Il ne voulait pas penser. De toute façon ce n'était pas dans l'ordre des choses. Le matin il ne pensait à rien, du moins, il s'empêchait de penser à quoi que ce soit. C'était le soir qu'il laissait divaguer son âme. Des oreillettes dans ses oreilles, un morceau de musique d'un groupe qu'il adorait par le passé laissait défiler des paroles et une musique entraînante. Quelque chose qui parlait d'étoiles brillant dans le ciel, des paroles d'espoir qui disaient qu'on devait briller comme les étoiles[1]. Il n'écoutait pas, désormais ça ne voulait plus rien dire.

Il était arrivé à destination, se frayant un passage entre les petits groupes d'étudiants qui s'éparpillaient dans la cour. Il rejoignit la salle dans laquelle il passerait sa journée et s'installa à sa place, les yeux vides, son regard droit devant lui, fixant le tableau noir sans le voir réellement.

Il salua machinalement et sans aucune intonation particulière dans la voix ses amis qui étaient venus lui dire bonjour avant de retourner à leurs places, inquiets pour lui. Il s'en fichait que les personnes qui lui étaient chères auparavant se fassent du souci, il n'avait pas le temps de penser à ça. Les professeurs donnaient leur cours, distillant leur savoir. Il ne participait pas, ne répondait à aucune question, ne prenait part à aucun débat, ne notait pas les informations importantes. Il faisait acte de présence.

Son comportement mettait sérieusement en péril ses chances d'obtenir son diplôme. Ca aussi il s'en fichait. A quoi bon obtenir un morceau de papier qui disait qu'il avait terminé ses études secondaires et que maintenant il pouvait soit se chercher un travail soit entrer à l'université ou dans une école supérieure ? A quoi un diplôme pouvait bien lui servir à lui ? Lui qui n'avait plus envie de rien, plus goût à rien, à quoi bon se chercher un avenir ? Un avenir il en avait eu un. Protéger le monde, protéger ses amis, devenir fort et sauver les humains de fléaux dont ils n'avaient même pas conscience. Aujourd'hui son avenir n'était plus d'actualité. Alors à quoi bon s'en tracer un autre ?

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Sa journée de cours venait de se terminer. Une nouvelle journée sans goût et sans saveur pour Ichigo. Comme tous les jours depuis six mois, il se leva de sa chaise, prit son sac et quitta la salle de classe sans un mot, ses yeux toujours dans le vide, regardant sans le voir le monde qui l'entourait. Il n'aperçut même pas Keigo qui courait vers lui avec de grands gestes pour lui demander de rentrer avec lui comme tous les soirs ou presque. Son ami excentrique et très envahissant ne décourageait pas, il continuerait encore et encore à le poursuivre jusqu'à ce que l'orangé reprenne ses esprits. Le brun se fichait du temps que cela pourrait prendre. Mais Ichigo, une fois de plus, ne lui prêta pas la moindre attention. Il ne l'entendit pas non plus. Il avait à nouveau vissé son casque sur ses oreilles et la musique résonnait dans son crâne.

Cette fois le morceau était d'un tout autre genre, un genre qu'il appréciait tout autant quand tout était encore normal. Un titre qui parlait de dédoublement de la personnalité, de paranoïa et de sensation d'étouffement[2]. A l'époque il aimait bien ce morceau, il lui rappelait son Hollow. Mais aujourd'hui Shirosaki n'était plus là alors ça n'avait plus aucun sens, de toute façon il n'écoutait pas le flot de guitares électriques assourdissantes qui grondaient dans ses oreilles.

Il avait l'impression d'être un robot. Une machine programmée pour répéter inlassablement, tous les jours, les mêmes gestes et les mêmes actions. Ce n'était plus la vraie vie, c'était un ersatz d'existence sans texture et sans fond.

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Ichigo avait laissé ses amis derrière lui, comme toujours. Les quatre jeunes hommes et les deux jeunes filles restaient debout au centre de la salle de classe. Ils avaient depuis longtemps perdu espoir de faire revenir leur camarade dans le monde des vivants. En tout cas dans le monde de ceux qui ont conscience de vivre. Ils en étaient réduits à attendre désespérément que le déclic se fasse.

« Tu crois qu'il lui faudra combien de temps pour se remettre ? demanda Tatsuki.

- Un long moment. Personne ne le sait, vu que je cache mieux mes sentiments que lui, mais moi aussi j'étais effondré quand j'ai perdu mes pouvoirs. J'étais persuadé que c'en était fini pour moi. J'ai eu le bonheur, si je puis dire, que mon père me révèle que je pouvais les reconquérir et m'ait entrainé dans ce but. Les Shinigamis et les Quincy sont différents. Kurosaki ne pourra jamais retrouver ses capacités de son vivant. Je le comprends, pour lui, à l'heure qu'il est, plus grand-chose n'a réellement un sens. A mon avis, il va déprimer encore un long moment, répondit Uryuu.

- Mais je n'aime pas le voir comme ça, sanglotta Orihime. »

Ishida baissa la tête et crispa légèrement les poings. La petite rousse était un vrai cœur d'artichaut et ces derniers temps elle n'arrêtait pas de se plaindre de l'état du Shinigami remplaçant. Si seulement quelque chose était capable de la calmer. Il n'arrivait pas à se concentrer et à réfléchir calmement quand il entendait cette petite voix débiter des paroles pour la plupart incompréhensibles.

Sado enroula un bras protecteur autour des épaules d'Inoue, ce qui eut pour miracle de la faire taire. Le Quincy devra penser à le remercier pour son geste.

« Il faut le laisser, on ne peut pas l'aider. Un entrainement, même intensif, ne servirait à rien. Nous devons attendre que son mal être passe, en espérant qu'il passe un jour. Quand il se sentira mieux, il reviendra vers nous de lui-même. »

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C'était le début de la soirée. Il rentrait chez lui du même pas qu'il avait quitté son domicile ce matin. Le regard droit devant lui, une démarche qui paraissait assurée mais purement inconsciente. C'était le moment où il se permettait de se laisser aller à ses pensées. Ichigo était donc comme tous les soirs en pleine réflexion.

Il s'était battu en connaissance de cause, Zangetsu l'avait prévenu. Il savait ce qui se passerait s'il y mettait toute son énergie et toute sa volonté. Il avait ressassé tout ça jusqu'au face à face final. Malgré tout, il avait utilisé l'ultime Getsuga Tensho, de toute façon, que pouvait-il faire d'autre ? Sa puissance n'avait jamais été si élevée et dépassait largement celle de son adversaire grâce aux enseignements de son zanpakuto.

Et pourtant Aizen n'en est pas mort. L'attaque n'était pas suffisamment puissante pour en venir à bout et c'est Kisuke qui avait dû venir à son secours, qui avait dû sceller le traitre. Il avait été jugé par la nouvelle chambre des 46 et avait été emprisonné, exilé pour qu'on ne puisse plus l'entendre, ni même penser à lui. Mais Ichigo pensait à cet homme. Aujourd'hui, tout le monde semblait bien se moquer de toute cette histoire.

Ichigo savait que tant qu'Aizen Sosuke n'était pas mort, son ombre planerait toujours sur le Seireitei. Tant que cet homme serait en vie, il représenterait un danger pour le monde entier. Pas que pour les Shinigamis, mais aussi pour les humains, les Hollows, les âmes, tout le monde. En somme, il avait fait tout ça pour rien. Il avait mit toutes ses convictions et toute son âme dans un combat qui n'avait servi à rien. Il avait perdu ses pouvoirs pour rien !

Ca faisait six mois… Six mois qu'il ressassait ça dans sa tête. Depuis tout ce temps, il aurait dû pouvoir s'y faire non ? Il aurait dû se rendre à l'évidence, déprimer un peu quelques semaines et un beau jour se réveiller en se disant que de toute façon le passé était le passé et qu'il ne pouvait rien y changer. Non, il ne se rendait pas à l'évidence et ne se rendrait pas à l'évidence, probablement jamais. Il en avait conscience, conscience de sa bêtise, conscience qu'il était grand temps de tourner la page mais jusqu'à présent il n'arrivait pas à penser à autre chose qu'à ce moment qui avait définitivement changé le cours de sa vie.

Il se maudissait en silence, il était en colère. Contre qui ? Contre lui-même. S'il ne lui restait pas un minimum de bon sens, il aurait attrapé le premier passant qui croisait sa route pour passer ses nerfs sur lui. Cette personne ne lui aurait rien fait évidemment, ça aurait simplement été le destin, le malheur d'être tombé au mauvais endroit au mauvais moment. Heureusement, il n'en était pas encore arrivé à ce point là. Combien de temps arriverait-il encore à résister ?

Il essayait vainement de se calmer mais il savait qu'en rentrant chez lui, il jetterait ses affaires au sol et se plongerait dans son lit pour lâcher sa colère avec des larmes et des cris qu'il étoufferait dans son oreiller, comme tous les jours. Oui, il était définitivement un robot programmé pour répéter les mêmes gestes et actions en boucle.

Depuis six mois, il se remémorait cet instant. La douleur intense qui l'avait prévenu de la fin. Ce courant électrique qui traversait tout son corps, le faisant se cambrer tellement il avait mal. Ce moment qu'il avait tant redouté depuis qu'il se savait en sursis. On lui avait dit qu'on ne savait pas combien de temps cela prendrait jusqu'à la perte de ses pouvoirs, que ça pouvait survenir d'un instant à l'autre ou dans plusieurs semaines. Et au bout de plus d'un an, il avait fini par oublier ce détail. Détail qui avait pourtant son importance.

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Il se revoyait attrapant Zangetsu et se plongeant dans son monde intérieur. Il pleuvait, une pluie torrentielle, un véritable déluge, comme dans la Bible. Les rues en contrebas étaient inondées, le ciel était d'un gris-noir menaçant. Debout en face de la représentation de son arme, il le regardait, apeuré. L'eau s'infiltrant à l'intérieur de ses vêtements, le mouillant des pieds à la tête, trempé comme s'il venait de se jeter la tête la première tout habillé dans une piscine.

« C'est la fin, Ichigo.

- Oui… O-san, j'ai mal.

- Je voulais tellement te protéger. »

Doucement, les immeubles autour d'eux commençaient à s'effriter en de minuscules particules sans texture. Il ne pouvait pas les attraper, il ne pouvait pas les toucher. Il voyait son monde s'effondrer autour de lui sans qu'il ne puisse rien y faire. Ce sentiment d'incapacité qu'il ne connaissait pas s'insinuait sous sa peau comme un serpent s'enterrant dans le sable pour échapper au soleil implacable du désert. Le vieil homme s'approcha de lui et le prit doucement par les épaules.

« Je n'aime pas la pluie, Ichigo.

- Je suis désolé O-san. »

Ichigo pleurait maintenant. Il ne savait pas quand les larmes avaient commencé à rouler sur ses joues, c'est en présentant ses excuses à son zanpakuto qu'il avait entendu les sanglots qui lui déchiraient la gorge. La poigne autour de ses épaules semblait vouloir le réchauffer quelque peu mais était totalement inefficace.

« Quoi que tu fasses, Ichigo, ne m'oublie pas. »

Ses sanglots redoublèrent d'intensité. L'oublier ? Comment le pourrait-il ? Il n'avait pas passé tant de temps que ça avec lui, mais au fil de ses entrainements, son zanpakuto était devenu bien plus qu'une arme pour lui. Il était un allié de choix et un fidèle compagnon, un véritable ami.

« Zangetsu… Je t'aime. »

Ichigo s'était rapproché de lui encore d'un pas, se laissant tomber contre sa poitrine, pour le prendre dans ses bras et le serrer contre lui. Il ne l'avait jamais fait, cette idée ne lui avait jamais traversé l'esprit du temps où il était un Shinigami. Mais là, il le fallait, il sentait que c'était un besoin vital pour lui, sentir une dernière fois la présence de son zanpakuto près de lui. L'homme commençait à disparaître peu à peu. Devenant transparent au fur et à mesure que la pluie ruisselait le long de ses cheveux. Il ne sentait presque plus les mains qu'il avait posées sur lui.

« Je t'aimais aussi, Ichigo. »

Puis en un clin d'œil, l'homme aux longs cheveux bruns et aux lunettes fumées s'était volatilisé sous la pluie. Laissant le roux seul et déstabilisé. Etant appuyé contre la poitrine qui était encore là il y a quelques secondes, il avait perdu l'équilibre. Ichigo fut projeté brutalement dans la réalité et eut le temps de voir son arme qu'il tenait toujours fermement dans sa main tomber en poussières et s'échapper à l'extérieur de la maison par un courant d'air dû à une fenêtre ouverte.

« ZANGETSU »

Le désespoir l'avait fait hurler. C'était le seul mot qu'il était encore capable de prononcer alors que la douleur se tiraillait de part en part. Allongé à même le sol de sa chambre, grelottant de froid et courbant son corps afin de trouver une position qui lui ferait moins mal, il pleurait et il appelait. Quelques instants plus tard, il s'évanouit, ne supportant plus toutes les sensations qu'il ressentait.

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Toujours sur le trajet qui le menait vers la maison de son père, perdu dans ses souvenirs, le roux ne faisait attention à rien. Il était seul dans son petit monde, rien ne l'entourait. Il ne vit pas le feu des piétons au rouge et avec son casque sur les oreilles lui crachant un grand nombre de décibels dans les tympans, n'entendit pas le bruit strident des pneus de la voiture qui essayait de freiner. Il se sentit projeté dans les airs et son corps tomba lourdement sur la route quelques mètres plus loin.

Il ne sentait rien, il était incapable de bouger ne serait-ce que le petit doigt. Il avait vaguement conscience de la foule qui s'agitait autour de lui et qui criait d'appeler les secours. Enfin… Enfin, il remarquait qu'il y avait un monde et de la vie autour de lui. Quelle ironie du sort. Avant il bougeait, ne se rendant compte de rien, et maintenant il voyait ce qui l'entourait mais n'était plus capable du moindre mouvement. La musique dans ses oreilles se fit de plus en plus lointaine et à bout de forces l'ancien Shinigami ferma les yeux.

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Quand il les rouvrit, une lumière étincelante l'aveugla quelques temps. Il prit quelques secondes pour se frotter les yeux et s'habituer à la clarté. Il se souvint qu'il avait eu un accident, mais bizarrement, il n'avait pas mal. Sans doute les effets de la morphine. Quand ses yeux bougèrent à la recherche d'une présence, il croisa le regard de son père. Isshin se tenait debout à l'entrée de la chambre d'hôpital, il avait les yeux prêts à surgir hors de leurs orbites et la mâchoire grande ouverte. Il tomba à genoux en tendant les bras vers Ichigo.

« Mon fils… murmura-t-il

- Papa ? »

L'homme si robuste et d'ordinaire si fier ne retenait pas ses sanglots, il pleurait comme un bébé. Ichigo était perdu, il ne comprenait pas. Pourtant il venait de se réveiller, son père aurait du soupirer de soulagement, se précipiter vers lui et l'engueuler parce qu'il n'avait pas fait attention en traversant la route alors que c'était la première chose que l'on apprenait à un enfant.

Il prit conscience de la cause des larmes de son père en regardant la pièce autour de lui. Il n'avait pas remarqué. Il n'avait pas remarqué qu'il se tenait debout au centre de la chambre. Il n'avait pas vu, derrière lui, le lit d'hôpital où un corps reposait inerte et sans vie. Son corps.

Ainsi donc, il était mort ? C'était ça la mort ? Se retrouver debout à côté de son propre corps qui semblait endormi et le regarder. Prendre conscience que l'image qu'il avait n'était pas palpable pour le commun des mortels, qu'une chaîne brisée se retrouvait ancrée dans sa poitrine. Il se dirigea vers son père et posa un genou à terre pour lui attraper le menton afin que leurs yeux se rencontrent.

« Ne pleure pas…

- Ichigo…

- Je suis désolé, papa. S'il te plaît, fais venir Karin et Yuzu.

- Pourquoi ? Mon fils, pourquoi il faut que ça se termine comme ça ? »

Le brun séchait tant bien que mal les larmes qu'il ne pouvait pas retenir. Son fils avait eu un accident et ne s'en était pas relevé. Comment un parent pouvait-il survivre à une telle tragédie ? Tout ça n'était pas dans l'ordre naturel des choses.

« Papa, je veux revoir mes sœurs une dernière fois. Je veux m'excuser de ne pas avoir pu les protéger et leur dire que je les aime. Que je vous aime.

- Ich…

- Chut… Ne dis rien. Ichigo avait placé un doigt sur la bouche de son père. Quand tout sera fini, je t'en prie, je veux que ce soit toi qui t'occupes de mon Konso. »

A ces mots, Isshin sanglota encore plus fort. Son enfant restait étonnamment calme face à la situation. Comment ne pouvait-il pas paniquer face à tout ça ? Il sortit de la chambre pour aller chercher ses filles. Les jumelles pleuraient encore plus que leur père en voyant l'âme de leur grand frère. Le roux passa presque trente minutes à s'excuser de ne pas avoir pu leur offrir un monde meilleur, à leur dire son amour pour elles, à leur demander de s'occuper de leur vieux fou de père.

Quand celui-ci entra dans la pièce en tenue de Shinigami, son zanpakuto à la main, Ichigo serrait les deux jeunes filles dans ses bras. Il ne put réprimer de nouveaux sanglots.

« Cesse de pleurer, papa. Je n'ai plus mal. Je n'ai plus de regrets. Je suis prêt.

- Adieu, mon fils.

- Adieu, papa. »

Le père sécha ses larmes et avança doucement la garde de son sabre qu'il déposa délicatement sur le front de son fils. L'âme s'éparpilla en un million de minuscules particules lumineuses qui se transformèrent en papillon de l'enfer. Il tomba à genoux et prit sa tête dans ses mains mais les larmes ne coulaient plus. Comme si ses yeux avaient été totalement asséchés. Jamais, jamais il n'avait pensé qu'il serait amené à pratiquer le Konso sur son propre enfant.

Karin et Yuzu aidèrent leur père à se relever et sortirent de la pièce pour laisser la place à l'équipe de soins tenue d'emmener le corps sans vie à la morgue.

« 19 ans… Si c'est pas malheureux de partir à cet âge ! » s'exclama l'un des infirmiers.

Isshin ne prêtait pas attention à la conversation qui se tenait dans son dos. C'était fini. Il avait perdu sa femme et dix ans plus tard son fils était parti aussi. Maintenant il fallait réussir à gérer tout cela, il devait être fort pour ses deux autres enfants. Une page venait de se tourner et un chapitre avait prit fin. Comment faire pour remonter la pente maintenant ?

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Depuis son arrivée au Rukongai, Ichigo ne parlait à personne, il était solitaire et renfermé. Beaucoup l'avait reconnu mais il ne voulait pas leur raconter son histoire, il ne voulait pas se replonger dans l'horreur de la guerre. Non, il voulait être tranquille et tous les soirs il se rendait au même bar et se saoulait. Ce soir-là, il n'avait pas aperçu le groupe qui s'était installé à une table derrière lui.

Il avala d'une seule traite le huitième verre de saké de la soirée. Sa tête commençait sérieusement à tourner et il n'avait plus les idées très claires. Il décida donc qu'il était temps pour lui de retourner dans sa petite cabane à l'écart des autres pour pouvoir sombrer dans un sommeil sans rêve. Il tituba légèrement avant de buter contre une jambe, perdit l'équilibre et s'écrasa lourdement sur le sol.

« Teme ! Tu peux pas regarder où tu mets tes pieds ? lança le roux en se tenant le nez.

- Ichigo ? »

Ikkaku avait cru rêver mais en se retournant sur ses compagnons, il comprit que ce n'était pas une hallucination. Yumichika, Kenpachi, Iba, Hisagi et Kyoraku affichaient le même regard étonné en direction du jeune homme toujours étalé par terre. Le capitaine de la onzième division se leva pour se diriger vers lui.

« Alors gamin, on tient pas l'alcool ? »

Il lui tendit un bras pour l'aider à se relever. Aussitôt sur ses jambes, Ichigo chassa la main qui l'avait aidé.

« Fout moi la paix Kenpachi.

- Mais au fait, qu'est ce que tu fais ici ?

- Ca se voit pas ? Je tonds les moutons abruti ! »

Le roux se prit une tape sur l'épaule de la part du géant mais ne répliqua pas, l'alcool avait engourdi ses réflexes.

« Mais… Ikkaku avait une voix incertaine. Quand… quand est-ce que…

- Quand est-ce que je suis mort ? Il y a trois semaines à peu près.

- Comment ?

- Je me suis fait rouler dessus. Et j'ai pas envie d'en parler ! Je rentre chez moi.

- Ah ça, il n'en est pas question gamin ! s'exclama Kenpachi. Tu viens avec nous ! »

Ichigo n'eut pas le temps de protester, la montagne de muscles l'avait attrapé et soulevé comme une plume pour le maintenir sur son épaule. Les autres qui n'avaient pas encore bougé se levèrent et accompagnèrent le capitaine et son butin jusqu'aux locaux de la quatrième division. Le roux fut attaché à un lit pour passer sa nuit en dégrisement.

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[1] Asterisk – Orange Range

[2] Sweating Bullets – Megadeth

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Note 1 : Raaaah mais qu'est-ce que c'est que cette auteure qui peut pas s'empêcher de tuer Ichigo dans ses fics ? (et pourtant, je vous promets, je l'aime bien) Menfin, cette fois je suis à moitié pardonnée, il revient…

Note 2 : Suite à une grande idée de Yurika S. vous avez le droit à un nouveau concours. Dans les deux prochains chapitres il y aura l'attribution des postes de taicho et fukutaicho. Celles qui trouveront qui aura quel poste et dans quelle division (pas besoin de me faire toute la liste, une seule bonne réponse me suffit, sinon c'est trop difficile) gagneront un OS.

Note 3 : Le concours du lemon est toujours ouvert, il est encore temps de participer. Pour le moment, 4 participantes seulement… Et qui ont toutes donné la même réponse !

Note 4 : A bientôôôôôôôôôôt !