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BONNE LECTURE !

CHAPITRE 1

Ma tête contre son torse, j'osai la relever pour le regarder et espérer qu'il soit toujours en vie, que mon ouïe se soit jouée de moi. Cependant, l'espoir refusait de me quitter.

- Julien ? l'appelai-je en le secouant légèrement.

Je me mis à genoux et lui pratiquai un massage cardiaque. Je faisais régulièrement des cours de premier secours, je savais comment m'y prendre, comment sauver des vies, mais je savais aussi que j'aurais dû le faire plutôt…

Le sang coulait abondamment de son cœur et de sa poitrine, laissant une flaque rouge importante sur la route où il était allongé.

Mes larmes brouillèrent ma vue, mais je m'acharnais sur son cœur, croyant dur comme fer qu'il se réveillera, qu'il ouvrira les yeux, qu'il me dira qu'il était en vie et qu'il allait me promettre de se battre pour le rester.

- Julien, je t'en supplie, réveille-toi, murmurai-je.

Je ne voulais pas y croire. Il ne pouvait et n'avait pas le droit de partir et de me laisser seule. Nous allions nous marier et avoir un enfant…

Jamais il ne me verra en robe blanche, marchant dans l'allée de l'Église Saint Nicolas pour aller le rejoindre devant l'autel aux côtés de mon père qui finira par déposer ma main au creux de la sienne.

Jamais il ne clamera haut et fort qu'il accepte de m'épouser, de devenir mon mari, de me chérir et me protéger dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la maladie comme dans la santé et ce, jusqu'à ce que la mort nous sépare.

La mort nous avait déjà séparés…

Jamais il n'assistera à la naissance de notre fille. Jamais il ne la portera et me félicitera après avoir passé des heures à la maternité pour qu'elle puisse enfin voir le jour.

- Je t'en supplie ! m'écriai-je en laissant tomber ma tête contre son torse.

Mes sanglots ne s'arrêtèrent pas tellement j'avais mal de vivre un tel cauchemar, mais il fallait bien que je me rende à l'évidence…

Il n'était plus...

Je criai de douleur en serrant le col de sa chemise dans ma main, espérant que mes cris et mes pleurs l'appellent de là-haut et le fassent revenir parmi les vivants.

- Madame, m'interpela une voix timide.

L'inconnue posa sa main sur mon épaule.

- Laissez-moi ! répondis-je en la repoussant.

J'avais tellement envie de crier à tous ces curieux de me laisser tranquille et de repartir à leurs occupations. Qu'ils cessent de regarder ce qui était en train de se passer comme s'ils étaient au cinéma. Qu'ils me laissent dire adieu à mon mari.

Nous n'étions pas mariés, mais pour moi, il l'était déjà depuis le jour où il avait fait sa demande après l'avoir fait auprès de mon père.

Un genou posé dans le sable, l'écrin noir en velours ouvert tendu dans ma direction pendant qu'il récitait un poème et me demandait de l'épouser.

Et puis, la vague l'avait frappé en plein visage, le faisant tomber à plein ventre. Je revois son regard terrorisé à l'idée d'avoir perdu la bague, mais je l'avais retrouvé, je m'étais installée sur les genoux pour être à sa hauteur et j'avais accepté parce que je l'aimais et qu'il me rendait heureuse.

Ce soir-là, nous avions fait l'amour et nous avions conçu notre fille.

J'avais toujours préféré être enceinte après le mariage, mais nous avions été tellement heureux d'être fiancés que nous n'avions utilisé aucune protection. Cependant, nous avions appris la nouvelle avec cris et larmes de joie. J'ai toujours voulu être maman et je voulais qu'il soit le père de mes enfants.

Nous avions refusé de suivre la tradition et d'attendre pour nous marier. Nous avions organisé nous-même notre mariage en à peine deux mois. Nous voulions simple sans extravagance.

Les sirènes de l'ambulance et celle de la police me forcèrent à revenir au moment présent.

Mes larmes avaient cessé de couler, mais je me trouvais toujours dans la même position. Ma tête contre son cœur saignant tandis que je fixai sa main gauche où un anneau provisoire séjournait à son annulaire. « J'en mets un parce que je veux montrer au monde entier que je suis fier d'avoir trouvé la femme idéale et que j'ai hâte de l'épouser » m'avait-il dit lorsque je l'avais surpris en train de mettre sa bague de fiançailles après qu'il eût fait sa demande.

J'avais été touchée par ses mots parce que cela me prouvait que je ne m'étais pas trompée et que je m'apprêtais à épouser le bon.

L'ombre qu'avait créé la présence de mes voisins disparut pour laisser place aux rayons du soleil qui réchauffaient ma peau, me donnant l'impression que même Dieu était du côté du meurtrier. Mais à cet instant, j'aurais préféré qu'il disparaisse et qu'il laisse la place aux ténèbres.

- Madame ? intervint une voix masculine.

Je l'ignorai, incapable d'émettre le moindre mot. Je devinai aisément qu'il s'agissait d'un policier ou d'un ambulancier, mais je ne voulais pas lever la tête pour leur répondre et leur permettre d'emporter le corps de mon mari à la morgue.

- Notre médecin légiste doit analyser la scène de crime, mais pour cela, nous avons besoin que vous vous leviez.

Un médecin légiste. Une scène de crime…

N'allait-il donc pas vérifier si mon mari était vivant avant de conclure qu'il était décédé ? Si je me levais, allait-il me rassurer et me dire une bonne nouvelle ? La seule que j'attendais depuis que ce cauchemar avait commencé ?

Cet espoir allait finir par me tuer, mais je voulais tant m'y accrocher…

Alors je relevai la tête et affrontai l'homme qui venait de me parler ainsi que le reste de l'équipe qui attendait une réaction de ma part pour commencer leur travail. Certains agents étaient déjà en train d'interroger le voisinage et les potentiels témoins.

L'homme en question était un policier. Sûrement un membre du FBI, si je me fiais à l'insigne qui séjournait à sa ceinture ainsi qu'aux trois lettres écrites en capitale jaune sur la droite de sa veste noire. Il était brun avec des reflets cuivrés, avait des yeux verts hypnotisant et à premier abord, il semblait plutôt gentil.

Il me tendit sa main dans ma direction pour m'aider à me lever. Je jaugeai sa main pendant de longues et interminables minutes avant de regarder mon mari, me demandant si j'avais le droit de l'abandonner, de le laisser seul, allongé sur cette route.

- Vous pouvez me faire confiance. Nous trouverons le meurtrier de votre mari, me dit-il d'un ton rassurant.

Je le regardai à nouveau et fermai les yeux lorsque je posai la mienne, tremblante et couverte de sang, au creux de sa main. Il la tint fortement et passa son autre bras dans mon dos pour m'aider à me lever. À cet instant, je n'étais qu'une marionnette qui était incapable d'utiliser ma force et mon mental pour m'éloigner du corps de mon mari.

En sentant l'homme me tirer en arrière, je fus prise de panique et me débattis en criant de me lâcher, qu'il me laisse tomber à terre pour retourner aux côtés de mon mari et qu'il oublie que j'existais, mais il était plus fort que moi, beaucoup plus fort. J'étais trop faible pour continuer de me battre contre lui.

Il me força à m'asseoir à l'arrière de l'ambulance tandis qu'un homme vint me recouvrir d'une couverture épaisse. Je regardai distraitement mes mains couvertes du sang de mon mari, m'arrachant de nouvelles larmes.

« Ce n'était pas possible, ce n'était pas possible, ce n'était pas possible », me répétai-je inlassablement.

- Madame Rowley ? m'appela à nouveau l'homme qui m'aidait jusque-là.

- Mademoiselle Swan, je vous en supplie, appelez-moi Mademoiselle Swan, le corrigeai-je en touchant ma bague de fiançailles, elle aussi, recouverte de sang.

- Votre nom de famille n'est pas Rowley ? me demanda-t-il stupidement.

Pourquoi insistait-il ? Je venais de lui faire comprendre que je ne serai jamais Madame Rowley !

- Je serais devenue Madame Rowley si mon fiancé n'avait pas été assassiné, répondis-je d'une voix morne.

Il ne répondit rien, m'entraînant à relever la tête pour le regarder et essayer de comprendre ce qu'il pensait à travers son regard perçant.

- Je suis l'agent spécial Cullen du FBI, se présenta-t-il en me montrant sa plaque.

Je hochai la tête en guise de réponse, mais ne rétorquai pas pour autant. Je ne savais pas quoi dire et ce n'était pas le moment de faire les présentations avec ce flic.

Mon regard se reporta à nouveau sur le corps inerte de Julien, là où le médecin légiste le contournait pour analyser la scène de crime accompagné de son assistant. Il avait déjà dû vérifier son pouls… La bonne nouvelle que j'attendais tant n'était pas arrivée et cette fois-ci, j'avais fini par comprendre que j'étais seule avec mon bébé qui n'était pas encore né.

- Je vous promets que nous trouverons le meurtrier, s'exclama l'agent Cullen d'un ton autoritaire.

- Merci, soufflai-je seulement.

Un ambulancier vint à ma rencontre et commença par nettoyer le sang qui recouvrait mes mains et mon visage avant d'appliquer du désinfectant sur mes genoux et mit un pansement. Il répéta la manœuvre pour mes pieds qu'il banda pour les protéger.

L'agent Cullen me laissa seule avec l'ambulancier et se dirigea vers le médecin légiste pour en apprendre plus sur ce qu'il avait analysé. À cet instant, j'aurais tant voulu pouvoir lire sur les lèvres et avoir une ouïe surdéveloppée pour comprendre et entendre ce qu'ils se disaient.

Julien, lui, il savait lire sur les lèvres et connaissait la langue des signes. Il avait tenté de m'apprendre, mais je n'arrivais jamais à me concentrer à cent pour cent sur des gens en train de parler sans finir par éclater de rire.

Le médecin légiste semblait avoir terminé avec le corps de mon mari puisque deux hommes sortirent un brancard où se trouvait un sac mortuaire noir pour qu'il puisse être autopsié à la morgue.

- Attendez ! m'écriai-je, refusant catégoriquement que mon fiancé s'en aille lorsque son corps fut déposé à l'intérieur du sac mortuaire.

Je descendis du camion, manquant de me tordre la cheville, et avançai difficilement pour qu'ils me laissent dire au revoir à mon homme une dernière fois.

L'ambulancier et l'agent Cullen tentèrent de me retenir, mais je les repoussai vivement, déterminée à réaliser mon dernier souhait.

Arrivée devant le brancard, j'empêchai le médecin légiste de refermer le sac en posant mes mains à plat sur le corps de celui qui aurait dû être mon mari. Et puisque seule sa tête était encore découverte, j'encadrai son visage blanc et pleurai à chaudes larmes.

- Repose en paix, mon ange, dis-je. Je tiendrai ma promesse, ajoutai-je en embrassant ses lèvres une dernière fois.

Sauf que cette fois, elles ne bougeront pas pour répondre à mon baiser, sa main ne se posera pas derrière ma nuque pour me rapprocher de lui et sa langue ne viendra pas taquiner et caresser la mienne.

Je me souvins de notre premier baiser, celui qui avait fait chavirer mon cœur, celui qui m'avait fait frissonner de plaisir lorsqu'il était devenu plus intense.

Il avait été à la fois parfait, doux et sauvage.

Je fermai les yeux en collant mon front contre le sien et je n'eus pas besoin qu'un agent ou que le médecin légiste me dise de m'en aller, que j'en avais déjà trouvé la force.

Malheureusement, je n'avais d'autre choix que de les laisser faire leur travail si je souhaitais découvrir l'identité du meurtrier, de celui-ci qui m'avait arraché mon futur mari, le père de mon bébé.

Je caressai mon ventre en faisant des mouvements circulaires pour tenter de rassurer ce petit être que je portais, pour éviter qu'il ne ressente pas ce surplus de stress. C'était peut-être inutile, mais je ne savais pas ce que je pouvais faire d'autre…

- Mademoiselle Swan, m'interpela l'agent Cullen.

- Je sais, je vais retourner m'asseoir, rétorquai-je sèchement.

Je regardai le médecin légiste refermer le sac mortuaire et pousser le brancard à l'intérieur de la deuxième ambulance destinée à se rendre à la morgue avant de reculer de quelques pas et de retourner m'asseoir à l'arrière du camion.

- Puis-je vous poser quelques questions ? me demanda-t-il.

Je hochai faiblement la tête et le regardai dans les yeux pour qu'il puisse s'assurer de mon honnêteté pendant que je répondrai à ses questions.

Il sortit son bloc-notes et un stylo de la poche de son manteau noir pour se préparer à marquer tout ce que je m'apprêtais à dire.

- Je vous écoute, dis-je.

J'espérais tant que son interrogatoire ne dure pas des heures pour que je puisse retourner chez moi. Je voulais rester seule, couper le téléphone et m'enfermer chez moi à double tour. Je savais que je serais sollicitée par le FBI pour faire avancer l'enquête, m'empêchant de m'isoler dans le noir pendant des jours entiers, mais je n'allais pas me plaindre puisqu'ils feront le nécessaire pour trouver le meurtrier de Julien.

- Est-ce que Monsieur Rowley avait des ennemis ?

- Julien n'avait pas d'ennemis. Il était aimé par tout le monde, mais si quelqu'un lui a tiré dessus, je suppose que ce n'était pas le cas…

- Avez-vous une idée du potentiel meurtrier ?

Je venais de lui dire que je ne savais pas que Julien avait des ennemis et il voulait que je lui donne des noms qui serviront de suspects potentiels ?

- Je ne sais pas… murmurai-je. Ses amis qui venaient à la maison semblaient l'apprécier et il était très proche de sa famille.

- Votre belle-famille vous acceptait-elle ?

- Quoi ? Mais quel est le rapport ? demandai-je, perdue.

- J'ai besoin de connaître votre climat familial et amical pour essayer de comprendre.

Je fixai un point invisible derrière lui pour éviter son regard.

- Ma belle-famille était contre notre union, me confiai-je les larmes aux yeux. Mais Julien tenait à m'épouser. Il se foutait de ce que son entourage pensait de moi car il m'aimait, ajoutai-je en haussant les épaules.

Je reportai mon regard dans celui de l'agent Cullen et je crus voir une trace de colère traverser ses yeux verts. Je ne relevais pas, supposant qu'il pensait à autre chose qui pouvait le mettre dans cet état et de toute façon, son état d'esprit ne me regardait pas.

- Vous n'avez aucun nom en tête qui pourrait nous aider dans l'enquête ? insista-t-il.

Je soupirai lourdement, cherchant désespérément un nom qui pourrait être le parfait suspect, mais j'avais beau repasser en tête, tous les visages de notre entourage, aucun ne m'avait semblé dangereux…

- Vous savez, je vivais comme dans un conte de fées jusqu'à aujourd'hui. Pour moi, tout le monde était gentil hormis ma belle-famille qui ne m'importunait pas malgré leurs réticences. Comment aurais-je pu m'attendre à ce que Julien se fasse assassiner sous mes yeux ?

Je mordillai ma lèvre inférieure et pleurai silencieusement. Je portai ma main à ma bouche pour camoufler mes sanglots bien que ceci ne soit pas nécessaire.

Je portai ma main à mon ventre qui ne se voyait pas à travers la nuisette et le peignoir en soie que je portais.

Je me sentis soudainement gênée d'être en petite tenue devant l'agent Cullen et je rabattis la couverture pour me couvrir un maximum.

- Vous êtes enceinte ? me demanda-t-il.

- Oui… soufflai-je.

- Il faudra que vous fassiez des examens à l'hôpital, me conseilla-t-il.

Je mourrais d'envie de lui dire que je n'étais pas stupide, que je savais exactement ce que je devais faire, mais je ne dis rien, comprenant qu'en me conseillant ceci, il ne voulait que mon bien.

- Qu'avez-vous fait ce matin avant le drame ?

- Nous nous sommes réveillés en même temps. Il a touché mon ventre pour parler à notre bébé et nous avons fait l'amour.

Gênée, je rougis violemment et me raclai la gorge, peu habituée à parler de ma vie sexuelle à des inconnus. Je n'en parlais jamais même à mes amis. J'étais trop réservée et je préférais que ce genre de conversation reste entre Julien et moi.

- Que s'est-il passé ensuite ?

Je fus surprise par le ton froid qu'il avait adopté et je ne comprenais pas ce qui lui passait par la tête pour me parler ainsi. Cependant, je ne fis rien et préférais ne pas m'attarder sur ses émotions. Encore une fois, cela ne me regardait pas.

- Nous avons déjeuné au lit, nous avons parlé de notre mariage à venir, répondis-je en souriant et nous avons encore fait l'amour, précisai-je en souriant.

Une matinée comme toutes les autres...

Ma gêne revint aux galops, mais je savais que tous ces détails me servaient en tant qu'alibi. Je ne voulais pas que l'agent me soupçonne d'avoir tué mon mari alors que j'étais devenue la spectatrice. Ce serait horrible d'être suspecté de cet acte immonde.

- Nous nous sommes préparés pour la journée. Il s'apprêtait à partir à son bureau. Sur le pas de la porte, nous nous sommes promis de prendre soin l'un de l'autre, il m'a embrassé en caressant mon ventre, il a descendu les marches, il s'est avancé vers sa voiture et c'est à ce moment-là que les coups de feu ont retenti.

Je ne pouvais pas être plus précise…

- Combien de coup de feu ?

- Deux.

Il griffonna quelque chose sur son bloc-notes et releva la tête pour me regarder.

- Vous avez d'autres questions ? le devançai-je en essuyant mes dernières larmes.

Il s'apprêta à me répondre lorsque son téléphone sonna. Il soupira lourdement, le sortit de la poche arrière de son jean et le porta à son oreille pour décrocher.

- Agent Cullen, dit-il en s'éloignant.

Pendant sa conversation, il jeta quelques coups d'œil dans ma direction, titillant ma curiosité au passage. J'ignorais s'il me regardait pour s'assurer que je ne m'en aille pas ou s'il le faisait parce que la conversation me concernait et c'était très déstabilisant.

- Merci pour cette information, je vais regarder ça, marmonna-t-il en revenant moi avant de raccrocher.

Il fouilla dans son téléphone, regarda ce qui semblait être l'information et fronça les sourcils. À cet instant, je désirais ardemment lui arracher l'appareil de ses mains pour m'assurer qu'il n'y avait rien de grave parce que, intérieurement, je savais que cela concernait l'enquête.

- Mademoiselle Swan ? m'appela-t-il. Connaissez-vous cet endroit ? me demanda-t-il en me montrant la photo d'une maison qui, à première vue, semblait abandonnée.

- Non, je ne connais pas cette maison. Pourquoi le devrais-je ?

- Monsieur Rowley était connu de nos fichiers et, il y a de cela cinq ans, nous avons trouvé des cargaisons de cocaïne ainsi que des armes à l'intérieur. Êtes-vous sûre que vous n'étiez pas au courant ?

Je me figeai en entendant toutes ces informations aussi surprenantes l'une que l'autre. Je connaissais Julien, je savais pertinemment qu'il n'avait rien à voir avec ça. Il n'était pas un trafiquant d'armes et de drogues.

- C'est impossible… soufflai-je.

- Nos fichiers mentent rarement, Mademoiselle Swan.

- Mon père est shérif et le connaissant, il a dû faire des recherches sur lui. Je vous assure qu'il n'aurait jamais accepté que je vive avec Julien s'il avait découvert que mon petit-ami était un trafiquant.

Ma réplique sembla énerver l'agent fédéral, mais je m'en fichais. Je n'allais pas le laisser déblatérer des accusations à l'encontre de mon défunt fiancé. Je trouvais que son attitude était déplacée surtout après ce qu'il venait de se passer.

Il soupira lourdement et passa sa main dans ses cheveux. Il semblait perdre patience, mais ce n'était pas mon problème. Il fouilla encore dans son téléphone, essayant par tous les moyens possibles de me faire avaler que mon fiancé était un trafiquant.

- Pourtant, nous avons sa photo, rétorqua-t-il en braquant à nouveau son appareil devant mes yeux.

Sur la photo, se trouvait un homme aux cheveux châtain clair et vêtu d'une blouse orange. Il tenait un écriteau dans ses mains où étaient écrits CHARLES MULLER en lettre capitale blanche ainsi que l'année de son arrestation. Je déglutis.

- Julien était brun, dis-je à voix basse.

C'était tellement plus facile, tellement moins douloureux de se voiler la face et de refuser la réalité. Pourtant, il s'agissait bien d'une photo de Julien. Bien sûr, il était beaucoup plus jeune, mais il était impossible pour moi de ne pas le reconnaître. Il y avait même sa tache de naissance sur le cou qui était si particulière et que j'aimais embrasser après l'amour.

- Mon fiancé, l'homme que j'aurais dû épouser demain, est mort sous mes yeux et vous, vous perdez votre temps à me montrer ces maudites photos ?! Vous cherchez à enfoncer le couteau dans la plaie encore plus profondément ou quoi ?! m'emportai-je.

Ouais, c'était tellement plus simple de se voiler la face et de mettre des œillères.

Dans ma tête, j'avais du mal à imaginer Julien en trafiquant d'arme et de drogue. Il était l'homme parfait parfois trop protecteur, mais j'aimais ce genre de relation. Me sentir protégée et aimée était ce que je recherchais chez un homme.

Je l'avais rencontré lors d'une soirée entre amis. Il connaissait Paul et Leah, mes deux meilleurs amis, mais nous ne nous étions jamais vus auparavant. Au début, j'étais réticente de rejoindre mes amis dans un pub qui, d'après leurs dires, était très réputé. Je préférais les inviter chez moi.

Si j'avais su que j'allais rencontrer l'homme qui me faisait rire chaque jour, je n'aurais pas hésité un seul instant.

Il avait été si beau dans sa chemise blanche et ses yeux bleus azur m'avaient littéralement séduite. Il ne m'avait pas lâché de la soirée et m'avait même aidé à éloigner les hommes qui s'approchaient un peu trop de moi alors que je ne voulais pas danser avec eux.

Nous avions ri et nous avions même oublié la présence de nos amis. Ces deux-là étaient tellement occupés à danser et boire en compagnie de leur conquête du soir, qu'ils n'avaient même pas remarqué que nous nous entendions bien. Enfin, c'était ce que m'avait dit Leah avant que Paul m'avoue qu'ils ont toujours voulu que je rencontre Julien.

Et bon sang, ils ont visé juste parce qu'au fil des rendez-vous que nous nous donnions et le jour où je m'étais donnée à lui, j'avais compris qu'il était celui que j'attendais, celui avec qui je voulais faire ma vie, me marier et avoir des enfants.

C'est seulement trois mois après notre rencontre que nous avions franchi le cap et que nous avions accepté de nous mettre ensemble. Mes amis, quant à eux, étaient contents pour nous et je leur étais reconnaissante d'avoir joué les entremetteurs entre Julien et moi.

Mais aujourd'hui, pensai-je la même chose ?

Ce flic venait de me prouver que Julien ou plutôt Charles, était un ancien trafiquant de drogue et d'arme et que, visiblement, il mentait sur son identité depuis plus de cinq ans. Cela me paraissait invraisemblable, complètement faux, mais cette photo qu'il sortait des fichiers personnels du FBI ne pouvait pas être inventée ou falsifiée... J'espérais tant que ce soit le cas...

- Si ce que vous me dites est vrai, sachez que je n'ai rien à voir avec cela, me confiai-je après plusieurs minutes de silence.

- Mes agents n'ont rien trouvé vous concernant, mais je suppose que vous êtes suffisamment intelligente pour ne pas nous mentir.

J'ouvris la bouche pour lui répondre, mais la refermai sans émettre le moindre son.

- Est-ce qu'il vous a dit quelque chose avant de mourir ?

Comment oublier ?

- Il m'a dit de prendre soin de moi et de notre bébé...

- Y a-t-il un autre point que vous n'avez pas encore abordé et que vous jugez important ?

- Je vous ai dit ce que je savais même si mes réponses ne peuvent pas vous aider puisque je n'ai rien remarqué, répondis-je en baissant la tête.

- Montez dans l'ambulance pour que vous puissiez être auscultée, m'ordonna-t-il en fermant son calepin pour le mettre dans sa poche suivit de son stylo.

J'avais envie de lui demander s'il connaissait autre chose concernant le passé troublant de Julien, mais je ne dis rien, persuadée qu'il n'avait pas le droit de me fournir ces informations et montai dans l'ambulance où un ambulancier m'incita à m'allonger sur le brancard.

Je n'étais vraiment pas à l'aise dans ce camion, mais même si mon envie de me réfugier dans ma maison me démangeait, je devais passer par-là pour m'assurer que mon bébé allait bien. C'était ma priorité.

Je dus m'endormir pendant le trajet puisque je fus réveillée pour passer des examens. Un infirmier m'aida à m'installer sur un brancard pour procéder à l'échographie. Lorsque la bonne santé de mon bébé fut confirmée, les médecins décidèrent de me garder en observation le temps d'une nuit. Une infirmière m'aida à me laver et à enfiler une tunique bleue et blanche pour dormir.

Ma chambre d'hôpital était froide et vide. Je me sentais atrocement seule, me maudissant de ne pas avoir demandé de partager ma chambre avec quelqu'un pour me rassurer. Mais d'un autre côté, je n'aurais pas voulu raconter ce qui m'était arrivé à mon voisin.

J'étais en train d'admirer le plafond à la recherche d'une quelconque tache lorsque quelqu'un frappa à ma porte et entra. Quelle ne fut pas ma surprise de voir l'agent Cullen aux pieds de mon lit. Je ne m'étais pas attendue à le revoir de la journée étant donné qu'il avait fini de m'interroger, mais il semblerait qu'il ait à nouveau besoin de moi.

- Que faites-vous ici ? lui demandai-je.

- Je suis venue vous dire que des agents de police se trouvent devant votre porte pour vous protéger.

- Ce n'était pas nécessaire, je vous assure.

- Je préfère ne prendre aucun risque. Le meurtrier pourrait très bien s'en prendre à vous. Désormais, vous êtes sous la protection du FBI.

Je soupirai de soulagement parce que oui, j'étais rassurée de savoir que la police ne me laissait pas tomber, de savoir qu'il y avait des hommes qui me protégeaient après ce qu'il s'était passé.

- Autre chose ?

- Avez-vous une personne qui pourrait vous héberger ou rester avec vous le temps de l'enquête ? me demanda-t-il.

- J'ai des amis, mais je ne veux pas les embêter avec mes histoires, répondis-je en baissant la tête.

Si Paul et Leah m'entendaient dire cela, ils m'en auraient voulu toute leur vie parce que je savais qu'ils seraient toujours là moi comme je le serais pour eux. Nous étions tous les trois liés comme les cinq doigts de la main et nous passions souvent nos soirées ensemble à boire une tequila, à manger des pizzas et à parler de tout et n'importe quoi.

J'étais certaine de pouvoir compter sur eux, mais je ne savais pas comment leur expliquer ce qu'il s'était passé et surtout, si j'avais le droit de leur dire ce que Julien me cachait ou plutôt ce que le FBI avait trouvé sur lui. Qu'allaient-ils me dire après ça ?

- Je ne veux pas être leur boulet.

- Vous ne devriez pas penser cela, me dit l'agent fédéral.

J'écarquillai les yeux, me rendant compte que je venais de penser à voix haute. Maintenant, l'agent Cullen connaissait mes craintes.

- Des agents se posteront devant votre maison pour surveiller les alentours, mais vous ne devriez pas rester seule et ceci n'est qu'un conseil qui est à prendre ou à laisser.

- Pourquoi est-ce que vous êtes comme cela avec moi ? l'interrogeai-je.

- Je ne fais que mon travail, se renfrogna-t-il d'un ton sec. Vous êtes l'une des témoins de ce crime et vous êtes probablement en danger. Vous protéger fait aussi parti des obligations du FBI.

Son ton m'indiqua que je devais cesser d'être trop curieuse et m'incita à ne plus poser de question concernant son comportement, ce que je fis. Néanmoins, maintenant que j'étais saine et sauve, que je me trouvais dans ce lit d'hôpital à espérer que la nuit passera vite pour que je puisse rentrer rapidement chez moi, d'autres interrogations me vinrent en tête.

Je devais absolument les résoudre.

- Dites-moi en plus sur Julien, s'il vous plaît, demandai-je timidement.

Il se raidit et sa mâchoire se contracta pour une raison qui m'était inconnue. Je ne savais pas s'il agissait ainsi parce qu'il n'avait pas le droit de me donner les informations dont j'avais besoin ou si ma demande le dérangeait. Et son regard sombre me dissuada de plonger à l'intérieur pour mieux le comprendre.

- Je vous en supplie… Je… J'ai besoin de savoir pour réaliser…, bafouillai-je.

Son regard s'adoucit, me permettant d'espérer. Il ne pouvait pas me laisser dans l'ignorance après m'avoir avoué que je ne connaissais pas si bien l'homme que j'aurais dû épouser demain.

- Je vous ai dit tout ce je savais.

Je fus déçue en constatant qu'il venait de me mentir. Pourtant, tout dans son regard me disait qu'il était sincère, mais le ton sec qu'il avait utilisé me disait tout le contraire et je lui en voulais un peu. J'espérai sincèrement que j'en saurai plus au cours de l'enquête.

- Je comprends, soufflai-je, déçue.

Il soupira et me répondit :

- Je vais devoir vous laisser. Je vous donne ma carte en cas de besoin.

Il me tendit sa carte après l'avoir sorti de sa veste. Je m'en emparai et la regardai.

Agent Spécial

Edward Cullen.

Je relevai la tête pour tenter ma chance une dernière, mais je fus instantanément déçue en m'apercevant qu'il était parti sans le moindre bruit. Aussi silencieux qu'un chat.

Je posai ladite carte sur la table de nuit et m'allongeai plus confortablement dans le lit. À travers la petite fenêtre de la porte de ma chambre, j'arrivais à apercevoir le dos d'un agent de police, me forçant à me demander ce qui avait bien pu m'emmener dans cette situation.

Je n'avais pas menti en disant à l'agent Cullen que Julien avait beaucoup d'amis, qu'il s'entendait très bien avec sa famille. Il n'avait aucun ennemi ou du moins, il ne me parlait jamais de quelqu'un qui aurait pu lui causer du tort ou d'un collègue qui l'importunait au travail.

Il avait toujours le sourire et il apportait la bonne humeur dès qu'il rentrait à la maison. Il n'avait pas l'air malheureux ou terrorisé.

Il ne devait pas au courant qu'il allait se faire assassiner ou alors, la menace pesait sur lui depuis tellement longtemps qu'il avait appris à rester indifférent. Si c'était le cas, je ne pouvais que constater qu'il jouait incroyablement bien. Après tout, si je me fiais à cette photo et aux informations fournies par l'agent fédéral, il avait eu une autre vie complètement différente avant de me rencontrer.

J'étais complètement perdue.

Je ne savais plus où donner de la tête. Je ne voulais pas croire à toutes ces informations. Je voulais continuer à me voiler la face et à mettre des œillères pour éviter de souffrir.

Je venais de perdre l'homme que j'aimais, celui aurait dû devenir mon mari, demain à douze heures tapantes, celui qui aurait dû m'accompagner à l'accouchement en me tenant la main pour m'encourager, celui qui aurait dû voir grandir notre fille.

Je ne pouvais pas croire qu'il était ce trafiquant. Cela ne reflétait en rien celui auprès de qui je m'étais donnée corps et âme. J'aurais même pu me sacrifier pour lui…

Pourquoi m'aurait-il menti ? Pourquoi m'aurait-il caché sa véritable identité ? Avait-il eu peur de ma réaction ? Avait-il eu peur de me perdre ? Avait-il menti parce qu'il voulait me montrer qu'il n'était plus le même homme ? Ou était-ce plus grave que cela ? Devrai-je en avoir peur ? Je l'ignorais et je n'arrivais pas à résoudre toutes ces interrogations qui étaient la cause de ma migraine.

Cette nuit-là, je n'ai pas réussi à fermer l'œil de la nuit. J'avais pourtant essayé de penser à autre chose, de parler à mon bébé pour me rassurer et m'entraîner dans un sommeil reposant, mais ce fut un véritable échec.

Mes pensées étaient concentrées sur mes cinq années passées aux côtés de Julien. Elles souhaitaient ardemment savoir si j'avais laissé passer des détails importants pouvant le trahir et m'emmener sur la voie de son ancienne vie. Il fallait que j'analyse ceci plus en profondeur.

Malheureusement, je ne pouvais compter que sur mes souvenirs puisque la personne concernée était décédée dans mes bras.

Qu'étais-je censée faire ? Étais-je capable de jouer l'indifférente ? Certainement pas, surtout après ce qu'il s'était passé. Je mourrais d'envie de savoir, de connaître la vérité et de me rassurer sur le fait que je ne m'étais pas trompée d'homme.

À cet instant je savais ce que j'allais faire. Je ne pouvais pas rester les bras croisés. Je devais à tout prix savoir. J'en avais besoin, pour moi, pour mon bébé.

Et je me fis la promesse de découvrir sa face cachée.

THE END !

A VOS CLAVIERS !

Offrez-moi vos plus belles reviews et vos plus belles hypothèses ! Je suis impatiente de les lire !

A dimanche prochain,

Amicalement,

Floridianna.