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A/N : SPOILERS pour tous ceux qui n'auraient pas vu la saison 3! Le chapitre reprend à la fin du quatrième épisode de la saison 3, voili voilou. (Et excusez-moi, tous mes titres sont toujours en anglais.. ça fait un peu ridicule en fait èé.)
Scott était assis à son bureau en train de terminer un exercice de chimie organique pour le lendemain lorsque l'on frappa à sa porte. Par habitude, il répondit à sa mère qu'elle pouvait entrer et c'est pourquoi il fut terriblement surpris de voir qu'il ne s'agissait pas de sa mère mais d'Isaac.
« Isaac ? Est-ce que tout va bien ? » demanda Scott, tout en se frappant mentalement.
Isaac arrivait chez lui tard le soir, totalement trempé, toutes ses affaires dans son sac et il osait demandé s'il allait bien ? C'était évident que quelque chose n'allait pas. Sinon Isaac serait chez Derek, bien au chaud.
« Est-ce que.. Est-ce que tu peux m'accorder une faveur ? » demanda ce dernier, en triturant les lanières de son sac nerveusement.
Scott fronça les sourcils, l'air interrogateur, mais il hocha la tête positivement. Parce que c'était Isaac qui le lui demandait et que dernièrement, il aurait fait n'importe quoi pour Isaac. Depuis leur première rencontre, Scott avait fini par apprendre à apprécier le jeune garçon qui au fond, ne désirait qu'une chose, qu'on l'accepte, qu'on fasse de lui un ami. Éventuellement, avec le temps, ils étaient devenus amis, et Isaac avait confiance en Scott tout comme Scott avait confiance en Isaac.
« Oui, vas-y, bien sûr, je t'écoute. » murmura-t-il, inquiet.
« Est-ce que.. Est-ce que je peux rester ici ce soir ? » demanda Isaac d'une toute petite voix, le regard fuyant.
Scott regarda Isaac l'air perplexe.
« Et.. euh.. Derek ? »
« Il m'a mis dehors.. Il dit qu'avec Cora, il n'y a plus assez de place.. Mais il a raison.. Je ne suis qu'un embarras supplémentaire, il vaut mieux que je le laisse tranquille. » répondit Isaac en haussant les épaules.
« N'importe quoi, tu n'es pas un « embarras supplémentaire ». Tu es un jeune garçon charmant qui mérite autant que les autres qu'on s'occupe de lui. » dit Scott, rougissant légèrement, en espérant qu'Isaac ne remarque rien.
Ce dernier était bien trop perturbé par ce qu'il venait de vivre – le verre que Derek lui avait lancé pour le faire partir, lui avait rappelé ce qu'il avait subi avec son père, ce qui avait ramené toute une foule de mauvais souvenirs à son esprit.
« Quoiqu'ait fait Derek, c'est un idiot. Mais je suis sûr qu'il ne pensait pas à te faire du mal, il tient à toi Isaac. » continua Scott, tentant de rassurer son ami, posant un bras sur son épaule.
Isaac s'écarta de l'étreinte de Scott et secoua la tête, se passant la main dans les cheveux – cheveux trempés d'ailleurs, tout comme ses vêtements, mais ça n'avait pas l'air de le déranger.
« Je suis désolé Scott, je n'aurais pas du venir ici. », dit-il subitement, en tournant les talons, se dirigeant déjà vers la porte de la chambre.
Scott lui rattrapa le bras, le forçant à se retourner.
« Eh ? Tu comptes aller où ? »
Isaac haussa juste les épaules, comme s'il s'en fichait, comme si au fond, il n'en avait plus rien faire de ce qu'il allait advenir de lui, comme si le verre lancé par Derek avait été la goutte de trop. Il ne savait pas trop à quoi il s'attendait en venant chez Scott. A trouver une épaule sur laquelle pleurer ? Encore aurait-il fallu savoir sur quoi pleurer. Scott lui prit son sac et le posa par terre, à côté de son bureau.
« Tu restes, ce soir au moins. » dit-il en souriant et Isaac ne peut s'empêcher de sourire en retour. « Tu devrais te changer, tu vas attraper froid. »
Isaac hocha la tête et se dirigea vers son sac. Il constata malheureusement que toutes ses affaires étaient trempées. Scott lui prêta un t-shirt, trop grand, qui heureusement était à la taille d'Isaac. Scott eu tout le mal du monde à ne pas garder ses yeux rivés sur Isaac tandis que ce dernier ce changeait. Il n'arrivait pas vraiment à savoir ce qu'il ressentait pour le jeune homme. Il était vrai que ces derniers temps il se surprenait souvent à observer Isaac de loin, comme ça, juste pour savoir s'il allait bien. Enfin, c'est ce qu'il se disait. Qu'il vérifiait juste si Isaac allait bien parce que c'était son ami et que c'était ce que les amis faisaient, non ? Mais il savait qu'après les événements de la journée, après qu'il ait demandé à suivre Isaac aux toilettes, des rumeurs avaient commencé à se propager dans les couloirs du lycée, comme quoi ils sortaient ensemble en secret. Même Stiles l'avait taquiné à ce propos. Même s'il avait tout démenti, il devait avouer qu'au fond de lui, à bien y réfléchir, l'idée ne le dérangeait pas tant que ça. Isaac le tira brusquement de ses pensées.
« Alors, erm.. Tu as un matelas que je peux gonfler ? » demanda-t-il, l'air exténué.
« Oui, enfin non. Il y a un matelas gonflable sous mon lit, il faut juste le tirer, il est déjà gonflé. » répondit-il en souriant.
Une fois le lit fait, ils allèrent se coucher. Pas question de discuter pendant des heures apparemment, pas question de discuter du tout même. Scott n'insista pas, il savait que si Isaac désirait lui parler, il le ferait il n'avait aucune raison de le forcer. Et bientôt Scott s'endormit à son tour, bercé par le bruit de la respiration régulière d'Isaac.
Il fut bientôt réveillé par des gémissements. Il se demanda un instant d'où ils venaient avant de se rappeler qu'Isaac était là. Il roula sur le côté de son lit pour apercevoir Isaac qui se débattait dans tous les sens. Il était en plein cauchemar. Isaac revivait encore chaque nuit ce qu'il avait vécu avec son père : les coups, les objets que ce dernier lui lançait, les insultes, les nuits enfermées dans la cave. Sauf que dans ces réveils tout paraissait à la fois si réel et tellement plus fort, chaque coup donné dans ses rêves semblait laisser plus de marques. Il avait l'impression de ressortir de ces rêves encore plus brisé qu'avant. Il ne le montrait pas cependant. Il n'aimait pas qu'on le considère comme faible. Le jour, il faisait le fier, le fort. Le jour, on l'admirait pour avoir si bien rebondit après ce qu'il avait vécu. Le jour, tout le monde l'admirait parce qu'il s'en était sorti. Mais le jour, personne ne savait que la nuit, cet Isaac n'existait pas. Personne ne savait que la nuit, il était pire qu'un enfant de trois ans devant un film d'horreur. Personne n'était au courant des cris, des cauchemars. Personne ne savait pour les larmes versées dans les profondeurs de la nuit et personne ne savait pour les fantômes qui venaient hanter ses rêves. A part Derek, mais il n'avait rien fait. Il n'avait jamais essayé de l'aider. Parfois, il lui avait dit d'arrêter de dormir. D'autres il lui avait dit de tenter de maîtriser ses cauchemars comme il maîtrisait ses transformations, mais cela n'avait jamais fonctionné.
Penser à Scott, car c'était bien à Scott qu'il pensait à chaque fois, la seule personne à qui il faisait plus confiance qu'à lui même, il aurait risqué sa vie pour Scott, ne suffisait pas à le ramener de ses cauchemars. Si Scott lui permettait de contrôler le loup en lui, il n'arrivait pas à chasser les fantômes et les coups cauchemardesques qui le brisaient émotionnellement – et il commençait à croire que personne ne pourrait jamais les faire partir. Il ne savait pas pourquoi il comptait tellement sur Scott. Peut-être car c'était la seule personne qui ne l'avait pas jugé au début. Peut-être car Scott avait appris à lui faire confiance et qu'il se souciait vraiment de lui – même si après tout, Scott se souciait de tout le monde ainsi. Mais au fil du temps, il en était arrivé à la conclusion qu'il avait plus confiance en Scott qu'en lui-même. Lui, il pouvait toujours tout foutre en l'air, Scott non. Scott était la seule chose qui lui redonnait l'espoir qu'il pouvait croire en lui-même. Scott lui donnait l'impression de ne pas être une cause perdue.
« Isaac, réveille-toi ! », murmura Scott en remuant Isaac.
Il ne savait pas comment empêcher le cauchemar, mais il ne voulait pas qu'Isaac continue de le vivre. Il était descendu de son lit et s'était agenouillé à côté d'Isaac, le secouant pour qu'il ouvre les yeux. Ce dernier se débattait toujours contre les fantômes de son passé, donnant des grands coups dans l'air – et un dans l'œil de Scott – hurlant tour à tour des protestations, des « Papa arrête » et des « Dereeeek ». Scott comprit à ce moment que cela devait avoir un rapport avec la raison pour laquelle Isaac était venu se réfugier ici, mais il ne voulait pas en savoir plus de cette façon, il finit par recourir à sa voix d'alpha pour ramener Isaac à la réalité. Ce dernier ouvrit les yeux, en nage, en larmes et s'assit brusquement, repoussant Scott. Il se prit la tête dans les mains en marmonnant des excuses. Il se sentait vraiment comme un fardeau. Il ne pouvait même pas passer une nuit tranquille sans réveiller son hôte, il n'aurait jamais du dormir ici. Il aurait du rester dehors et dormir sur un banc ou partir à la recherche des alphas pour s'occuper. Un grand combat dont il ne serait sûrement pas ressorti vivant aurait été parfait. Une belle façon de décharger Derek et Scott du fardeau qu'il était. Scott le regardait sans savoir trop comment réagir. Il ne savait pas comment l'aider et il le regardait tristement, se maudissant intérieurement de ne pas savoir comment réagir.
« Isaac, arrête un peu. T'es pas la première personne à faire un cauchemar. », dit-il en roulant des yeux.
Après tout, quel qu'il soit, un cauchemar restait toujours terrifiant pour la personne qui faisait le rêve, peu importe de quoi il parle. Ils peuvent paraître totalement ridicule et insignifiant à une autre personne alors qu'ils nous glacent le sang. Mais il pouvait comprendre le comportement d'Isaac. Lui-même avait fait plusieurs cauchemars, lorsqu'il était enfant et que les enfants à l'école se moquaient de lui parce qu'il n'avait pas de « papa ». Stiles avait fait beaucoup de cauchemars aussi, lorsque sa mère était morte. Ils avaient toujours pu compter l'un sur l'autre pour se rassurer la nuit, quand l'un réveillait l'autre avec ses cauchemars. Isaac n'avait pas à s'excuser pour en avoir fait un.
« J'ai déjà réveillé des milliers de personnes en faisant des cauchemars, elles ne m'ont pas haïes pour autant, tu sais. » expliqua-t-il doucement, en regardant Isaac dans les yeux.
Ce dernier releva doucement la tête, en fronçant les sourcils.
« Des milliers de personnes ? ».
Il avait l'air étonné.
« Bon, ok, ma mère, Stiles et son père.. Mais ça ne change rien au fait qu'ils me parlent encore aujourd'hui ! », expliqua Scott en souriant, amusé.
Isaac lui sourit en retour. Il semblait légèrement rassuré, même s'il tremblait toujours. Scott se leva alors, se dirigea vers son lit et attrapa sa couette.
« Tu.. tu fais quoi ? » demanda Isaac, intrigué.
« Je vais te montrer un truc. », répondit Scott, l'air très concentré.
Il sorti sa couette du drap-house, posa le drap sur le lit d'Isaac et s'en alla farfouiller sur son bureau pour revenir avec une lampe de poche. Isaac le regardait faire, se demandant vraiment ce que Scott allait faire. Il n'allait quand même pas lui montrer un spectacle d'ombres chinoises pour lui remonter le moral ?
« Euh.. Scott ? », demanda-t-il en voyant Scott rentrer dans le drap housse, sa lampe de poche entre les dents.
« Allez, viens ! »
Isaac leva un sourcil interrogateur, mais c'était Scott et il avait confiance en lui, alors il le suivit. Ils peinèrent à trouver assez de place pour tenir à deux. Ils étaient assis en tailleur, les bras en l'air pour tenir le drap et pouvoir se voir, la lampe de poche allumée posée entre les deux pour éclairer leur visage. Isaac avait toujours l'air perplexe et Scott avait l'air très amusé.
« Je ne me souvenais pas qu'il y avait aussi peu de place là-dedans... », dit-il en riant légèrement.
« Hum, Scott ? Ça te prend souvent de venir t'asseoir dans ton drap, comme ça, là ? », demanda Isaac, légèrement inquiet.
« Non, la dernière fois j'avais neuf ans. C'était quand la mère de Stiles est morte. Quand il faisait un cauchemar, on se mettait dans un drap comme ça, et on avait l'impression de ne plus faire partie de ce monde. Comme si on entrait dans un univers parallèle dans lequel aucun de nos soucis personnels n'existait, dans lequel nos cauchemars ne pouvaient nous atteindre. Des fois, on jouait aux cartes. Des fois, on se racontait des blagues. Mais on oubliait tout ce qui n'allait pas pour quelques heures. » expliqua Scott.
Isaac ne répondit pas. Il observait la façon dont le visage de Scott trahissait toutes ses émotions lorsqu'il racontait ses souvenirs. Il y avait de la tristesse, de la nostalgie, et en même temps, de la joie, comme si ces instants restaient parmi les meilleures instants partagés avec son ami. Scott reprit la parole.
« Quand j'étais plus jeune, c'est ma mère qui m'avait montré cet espèce d'abris. Quand je la réveillais en pleurant la nuit parce que j'avais rêvé que mon père revenait pour mieux nous abandonner par la suite.. » Sa voix vacilla un instant, mais il continua de parler. Parler de lui-même et de ses insécurités amènerait Isaac à parler de ce qui n'allait pas, car ce soir pas questions de s'amuser, ce soir, il voulait vraiment aider son ami à surmonter ses problèmes. « Alors on se mettait dans un drap, comme maintenant, et elle me racontait des histoires. De belles histoires d'aventures avec des pirates et des chevaliers, et même des fois des histoires de princesses. Parfois, elle me chantait des chansons. Et ça marchait à chaque fois, ça me calmait. J'oubliais mon cauchemar, j'oubliais que je n'avais pas de père comme les autres à l'école, j'oubliais qu'on se moquait de moi à ce sujet. »
Scott sourit doucement à Isaac.
« Tu as de la chance... », finit par dire Isaac.
Scott le regarda l'air interrogateur, attendant la suite de la phrase. Isaac ferma les yeux et continua la voix tremblotante.
« Tu as de la chance d'avoir eu ta mère et tes amis. Moi je n'avais personne. Mon seul ami, Matt, m'a laissé tombé du jour au lendemain sans m'expliquer pourquoi et je n'ai compris que cette année que c'était à cause de mon père, encore.. Tout le monde me considérait comme une déception ambulante. Je.. J'en suis une d'ailleurs. », termina-t-il en se mordant les lèvres.
« Non, Isaac, tu n'es pas une déception ambulante. » répondit Scott tristement. « Tu ne m'as jamais déçu, moi. »
« Eh bien, tu es la seule personne dans ce cas. J'ai déçu tout le monde, pourquoi Derek m'aurait-il jeté dehors sinon ? J'ai encore tout foiré, c'est tout. », répondit Isaac, légèrement énervé.
« Ne dis pas ça. Peut-être que Derek cherchait juste à te protéger, de la meute des alphas par exemple ? En restant avec lui, tu devais être en danger ? Ne rejette pas toujours la faute sur toi. »
« Mais tout est de ma faute, tout a toujours été de ma faute, Scott. Mon père me l'a répété assez souvent. », dit-il tristement, en jouant avec son t-shirt du bout des doigts, avant de lever ses yeux tristes vers Scott.
« Tu sais, quand on a le nez dans ses problèmes on ne s'aperçoit pas forcément de toutes les possibilités qui s'offrent à nous. Il suffit juste de lever la tête pour remarquer toutes les mains tendues. Il y en a toujours. Seulement parfois, elles sont là où on ne les attends pas. Il suffit d'une rencontre, d'un jour, d'une phrase, alors qu'on ne s'y attends plus ou alors qu'on prie chaque jour pour que ça arrive, et ça peut tout changer. S'il y a une chose que j'ai appris, c'est qu'il ne faut jamais baisser les bras. »
Isaac regardait Scott fixement, buvant ses paroles, comme s'il s'accrochait à ce que Scott disait pour continuer à respirer.
« Je ne te dirais pas que je suis désolé pour tout ce que tu as vécu, parce que je sais à quel point on a envie de frapper les autres quand ils nous ressortent leurs excuses toute faites. Mais je compatis, je comprends tes raisons de refuser de faire confiance aux autres. », commença Scott.
« Toi, je te fais confiance. » murmura Isaac, tellement bas que cela n'interrompit pas vraiment Scott, même s'il sourit doucement à ces mots.
« Tu faisais confiance à Derek aussi, pas de la même façon que tu me faisais confiance, mais tu lui faisais confiance aussi. Il t'as permis de changer ta vie, il t'a offert une endroit où dormir la nuit, il te tenait compagnie. Au final, tu as été déçu. Je ne sais pas ce qu'il a fait, mais il a trahit ta confiance. C'est la vie, elle est faite ainsi. Et parfois, on accorde sa confiance aux mauvaises personnes parce qu'elles arrivent à nous charmer, à faire résonner en nous ce qu'on a toujours voulu entendre. Alors oui, on a envie d'y croire, de les croire, de se dire qu'avec elle tout ira enfin bien. Pourquoi au final? Tu me diras pour être blessé et perdu. Ça arrive. Mais parfois, on rencontre une personne différente, qui elle ne nous laissera pas tomber. Et ça peut prendre plus de temps, parce qu'avec ce qu'on a vécu on n'ose pas se lancer dans la vie comme si on n'avait plus aucune attache. Mais ça fini toujours par arriver. C'est comme après une chute de cheval, il faut remonter en selle, c'est le seul moyen d'avancer. »
Isaac soupira, Scott semblait lire en lui comme dans un livre ouvert. Il semblait réussir à mettre des mots sur toutes ses pensées les plus profondes.
« Ça peut te sembler infaisable maintenant, mais avec le temps les blessures s'estompent peu à peu, même si elles ne disparaissent pas vraiment. C'est comme lorsque tu as eu l'impression d'étouffer: à ce moment, c'est l'enfer. Tu sens l'air qui n'arrive plus dans tes poumons, tu as l'impression que tu vas mourir, que tout est fini, qu'il n'y a plus d'espoir, et soudain l'air s'engouffre à nouveau dans tes poumons. Au début ça fait mal, une grande bouffée d'oxygène comme ça. Et puis, après quelques inspirations, cela va déjà mieux et au bout d'un certain temps tu respires à nouveau normalement. », continua Scott.
« Alors ne baisse pas les bras, tu peux t'en sortir à nouveau. Et surtout, il faut bien que tu comprennes une chose: cela ne sert à rien de te blâmer pour ce qu'il s'est passé. Ce n'est pas de ta faute, tu ne pouvais pas savoir à l'avance ce qui allait se passer, tu n'aurais pas pu l'empêcher non plus. Ne te repasses pas pendant des heures les mêmes images en boucle, cela ne t'aidera pas à aller mieux. C'était une mauvaise rencontre comme tu en feras plein dans ta vie, tu es encore jeune, tu en feras pleins d'autres, et tu rencontreras des gens formidables. Oublie ce qu'il a fait, même si je sais que cela ne se fait pas aussi facilement qu'on le dit. Je suppose que tu dois être en colère en ce moment, mais ne le soit pas contre toi. Tu n'y es pour rien, d'accord? Ce n'est pas ta faute. Si tu veux être en colère contre quelqu'un, soit en colère contre lui. Éventuellement ça passera quand tu te rendras compte que cela ne t'apporte rien. Mais promets-moi une chose : arrête de penser que tout est de ta faute, car c'est faux. Tu es loin d'être fautif dans ce qu'il vient de se passer, et rien de ce qu'il t'est arrivé avec ton père n'était de ta faute non plus. » termina Scott, sur un ton presque suppliant.
Il ne savait pas depuis combien de temps ils étaient ainsi, mais il sentait ses bras s'engourdir. Il se sentait faiblir, mais il s'en fichait. Il aurait tout fait pour aider Isaac à aller mieux et si tout faire signifiait rester debout une grande partie de la nuit à tenir un drap au-dessus de sa tête, il le ferait sans hésiter. Ils étaient tellement proches l'un de l'autre, sous ce drap, que Scott sentait le souffle d'Isaac sur son visage. Isaac ne quittait pas ses yeux du regard, l'air concentré sur les paroles qu'avait prononcé Scott, puis ses lèvres formèrent un petit sourire. Si Scott n'avait pas était aussi prêt, il ne l'aurait même pas remarqué, et cela lui fit chaud au cœur. Il sentit son cœur se déchaîner dans sa poitrine et il pria silencieusement pour qu'Isaac ne le remarque pas. Un silence s'était installé entre eux, mais ce n'était pas un silence pesant, il ne vous mettait pas mal à l'aise. Il était très confortable et aucun des deux adolescents n'avait envie de se remettre à parler. Ils se regardaient juste, détaillant le visage de l'autre du regard, se mordillant les lèvres.
Éventuellement, les piles de la lampe se vidèrent et ils se retrouvèrent dans le noir. Privé de la chaleur rassurante de la lumière, Isaac laissa échapper un petit gémissement. Le drap commençait à l'oppresser, maintenant que les ténèbres étaient revenues. Scott lui attrapa le bras, comme par réflexe, et descendit sa main jusqu'à trouver la main d'Isaac, qu'il serra.
« Il ne t'arrivera rien ce soir, je suis là. »
« Promis ? » demanda Isaac d'une toute petite voix.
« Promis. » répondit Scott.
Ils sortirent tant bien que mal du drap, sans se lâcher la main, et s'allongèrent sur le matelas d'Isaac. Chacun sur un flanc, leurs mains jointes entre eux, leur front se touchant presque, leurs jambes entremêlées.
Scott ne savait pas vraiment ce qu'il ressentait pour Isaac. C'était semblable à ce qu'il avait ressenti pour Allison mais en plus fort et en mieux. Et il n'aurait changé ça pour rien au monde. Isaac regarda Scott s'endormir sans trouver le sommeil. Seulement, cette fois, ce n'était pas un cauchemar qui l'empêchait de dormir, c'était les battements de son propre cœur et les pensées de sa tête. Scott avait promis qu'il ne le laisserait pas, Scott s'était quasiment endormi dans ses bras, Scott croyait en lui. Et pour la première fois, Isaac avait envie d'y croire. Il avait envie de croire qu'il ne méritait rien de tout ce qu'il avait subi et que ce n'était pas sa faute. Et surtout, il avait envie de croire en un futur possible pour Scott et lui.
Après tout, il avait fini par comprendre pourquoi il avait accouru chez Scott à la recherche d'un abri, pourquoi Scott lui permettait de contrôler le loup en lui en gardant la partie humaine en contrôle. C'était parce qu'on dit souvent que chez soi c'est les bras dans lesquels on peut se reposer en toute sécurité et que ce soir Isaac avait trouvé son chez-soi. Scott. Il se pencha légèrement en avant pour embrasser le front du jeune adolescent avant de fermer les yeux à son tour.
Ils dormirent sans se soucier de rien, cette nuit là. Et quand ils se réveillèrent ce matin là, ce fut les yeux pleins de promesses et leurs lèvres qui se mêlèrent pour les sceller.
Voilà, mon premier OS Scisaac! J'espère que je ne fais pas trop honte au pairing parce que c'est mon OTP et que je vais mourir à cause de ces deux-là, c'est sûr.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé et si vous avez une idée de pairing pour le prochain OS, n'hésitez pas à me le dire :).
