Un chapitre un peu plus long, en espérant que cette histoire vous plait toujours.

Pas d'hésitation à avoir, les commentaires font toujours plaisir et aident à avancer.

Neuf mois seule à ne voir que les murs de ma cellule et parfois quelques autres condamnés comme moi, à tord ou à raison, mais que je ne fréquente pas, je veux rester seule et aujourd'hui une visite surprise, je n'aime plus les surprise depuis que je suis ici. Je m'attends à voir entrer le chef du commissariat de Boston je sais qu'il fait une demande d'appel, vient-il me demander d'autres détails, me donner un premier verdict, je n'ai plus la notion réelle du temps et de ce qu'il se passe dehors. Et soudain, une vision, un rêve, mon rêve quotidien en chair et en os là devant moi, dans cette pièce, j'ai du mal à retenir les larmes, j'ai besoin d'air, mon cœur accélère. Comment, pourquoi, tu ne devrais pas être là, tu ne devrais même pas savoir, personne ne sait, je ne suis plus rien pour toi, juste une image du passé que tu aurais du oublié depuis longtemps maintenant, c'est pour cette raison que j'ai tout accepté. Alors pourquoi es-tu là ?


En entrant dans cette petite pièce ou seule une table et des chaises forment le mobilier je n'ose y croire, c'est bien toi, je t'ai enfin retrouvé, je peux enfin être à tes côtés. Je n'ai plus le droit à l'erreur j'en suis consciente alors je te parle, doucement, tendrement, je t'avoue tout jusqu'à mes sentiments réels pour toi qui n'ont pas changés. Au contraire, tu voir me prouve qu'ils sont encore plus forts qu'avant, tu m'as manqué, tellement, à en devenir douloureux. Mais la douleur continu et il me faut toute mon énergie et ma force pour ne pas pleurer, ne pas m'effondrer, je ne comprends pas, tu es là devant moi mais tu as l'air ailleurs, tu ne dis rien et ne me regarde pas.

Je suis à court de mots, moi celle que tout le monde appelle wikimaura, je ne sais plus quoi faire alors je te regarde, tu as changé, tu as perdu du poids mais tu semble encore plus musclée qu'avant, je suppose que c'est une façon de passer le temps ici. Tu as l'air triste, il n'y a plus cette étincelle qui illuminait ton visage et tes cheveux, plus longs encadrent négligemment celui-ci relevés dans une coiffure non soignée.

J'ai mal, je t'ai laissé affronter cela seule, j'aurais du être avec toi dans cette épreuve, pendant ce temps là, je pensais qui tu m'oubliais en refaisant ta vie ailleurs en ne pensant plus à moi, à nous. Je m'en veux des horreurs auxquelles j'ai pensé parfois alors que tout ce temps tu étais ici pour me protéger.


Neuf mois à me convaincre que j'avais fait le bon choix, que tu ne serais pas plus atteinte que ça par mon départ au vu de ton comportement, que tu ne serais pas triste mais au contraire peut-être même soulagée de me voir partir, à me persuader qu'il me fallait t'oublier. Avoir connaissance de la demande d'appel avait été un premier choc, je commençais seulement à ne plus penser à toi chaque minute, mais simplement trois à quatre fois dans l'heure, et maintenant il me fallait lutter contre l'envie de te voir, lutter pour me convaincre que si celle-ci est acceptée, il me faudrait malgré tout partir, garder le silence et refaire ma vie loin de vous tous, loin de toi. Nouveau nom, nouveau numéro, permis de conduire, tout était fait pour cela après tout j'ai tué un grand parrain alors j'aurais le droit à la protection des témoins. Mais voilà que tu es là devant moi et que tu gâches tout, jusqu'à ma volonté même de disparaître. Je ne peux pas te regarder, je sais que je ne suis pas capable de cacher les sentiments qui m'habitent en ce moment, ni même aucune émotions d'ailleurs. J'entends les mots que tu prononces, ceux dont j'ai tellement rêvé venant de toi mais aujourd'hui je ne veux y croire, il est trop tard. Je ne peux plus rien t'apporter, je n'ai plus de vie, plus d'existence, Jane Rizzoli sera bientôt déclarée morte en mission. De plus comment croire ces mots, nous sommes dans un parloir et tu connais les raisons de ma présence, ils ne sont que le reflet de ton incompréhension ou pire de ta culpabilité pour ce que je vis, tu dois être triste pour moi et peut-être même pour toi, à ta place j'aurais agis de la même manière et sûrement prononcé les même mots bien que dans mon cas ils auraient été des plus sincères. Il faut que tu partes que tu m'oublies, je refuse la pitié, laisses moi au moins mon reste de dignité, je ne reviendrais pas.

Je sais que tu ne le feras pas de toi-même alors je te demande de quitter les lieux, ma voie est rauque, au bord de la cassure, je te demande de ne pas revenir et de n'en parler à personne, c'est le dernier service que je te demande. Tu ne bouges pas alors je me lève, je passe à côté de toi, pouvant sentir ton parfum, toujours le même et je tape à la porte appelant ainsi le gardien ne pouvant rester plus longtemps. En quittant la pièce, je te demande comme une prière de m'oublier, ma voix est basse, triste et je sais que tu as du le remarquer mais la prison a eu raison de ma force.


J'aimerais être dans ta tête, je voudrais comprendre, savoir pourquoi tu ne me dis rien toi qui a toujours été si bavarde avec moi. Plus je te regarde et plus je me dis que tu ne dois que rarement avoir de la visite mais le souhaites-tu vraiment.

J'aimerais faire le tour de cette table et te prendre dans mes bras, effacer les souffrances et les blessures dont je sais être à l'origine, pouvoir enfin revenir en arrière et ne pas gâcher la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie, Toi, et ton amitié sans faille même lorsque moi je t'ai abandonné, je le sais maintenant.

Je te vois bouger un peu, vas-tu enfin accepter ma présence, me regarder, me parler. Je serais même d'accord pour que tu m'engueule si cela te soulage, je veux juste que tu fasses quelque chose.

Voilà une fois de plus j'ai souhaité quelque chose sans réfléchir, pourquoi ai-je souhaité que tu me parles, j'étais prête à tout accepter, engueulade, reproches, même des mots de colère, après tout vu ce que tu as fait pour moi qui oserait te blâmer. J'étais prête à tout mais pas ça, tu veux juste que je parte et pour être certaine car tu sais que je ne serais pas partie aussi facilement, voilà que tu appelles le gardien et qu'il entre pour t'emmener. Tes derniers mots pour moi, les seuls que j'aurais de toi, c'est une demande, celle de me taire, de n'en parler à personne mais comment le puis-je, tout est de ma faute, tu es seule sans personne à cause de moi. Avant que tu ne sortes il faut que tu te souviennes, je t'aime, je t'ai toujours aimé et je t'attendrais. Mais tu ne vois pas les choses de la même manière et ta seconde et dernière phrase me déchire le cœur, t'oublier, cela est impensable, comment le pourrais-je. Tu ne me verras pas m'effondrer sous le poids de ces mots, ils t'ont déjà emmené vers ta cellule lorsque je craque.


Une phrase, une seule résonne dans ma tête comme un écho continu, mais pourquoi a-t-il fallu que tu me dises cela, voulais-tu me faire souffrir encore plus que ce n'est le cas, si c'est la raison c'est gagné. Une fois hors de ta vue je ne peux plus contenir les émotions que cette visite a réveillé en moi, mes épaules gardées hautes jusque-là pour ne pas perdre constance devant toi sont trop lourdes et elles s'affaissent en même temps que les larmes coulent. L'essentiel à ce moment précis est que je n'ai pas craqué devant toi, je ne veux pas te montrer à quel point je suis devenue faible en neuf mois. Je ne sais pas si respecteras mon souhait, je ne veux pas que les gens sachent ou je suis, je refuse que ma mère et mes frères subissent les conséquences de mes actes. De même, je ne sais pas si tu accepteras de m'oublier mais il le faudra car je ne peux pas revenir, jamais plus je ne pourrais supporter vos regards, je ne suis qu'une prisonnière de la prison fédérale, et dire que j'ai eu du mal à pardonner mon frère.

Le couloir vers ma cellule n'a jamais paru aussi long, je ne veux qu'une chose, qu'on me laisse seule, pouvoir m'effondrer sur mon lit et laisser mon cœur se briser en mille morceaux tranquillement, mes larmes couler et perdre à nouveau la notion du temps comme à mon entrée ici.

Je ne serais plus jamais la même, je ne pourrais jamais oublier ce moment ni tes mots, particulièrement cette dernière phrase, elle restera à jamais gravée dans mon cœur.