Milles excuses pour le retard, l'inspiration n'était pas au rendez-vous comme vous pourrez le constater ;) Un petit chapitre sans prétention donc, mais qu'il m'a bien fait marrer à écrire -ouais je sais je crains x(
Comme d'hab, gros gros merci à PapriK qui prends le temps de corriger mes coquilles, et merci à vous qui lisez!
disc : en plus de piquer les persos de JKR, je fauche ceux de racine! millediou...
sur ce, bonne lecture!
« La douleur est toujours question et le plaisir, réponse. » Paul Valery
Stratagèmes
Flint ne s'était pas sentit aussi occupé depuis le début de sa scolarité à Poudlard. Honnêtement, il se demandait presque comment il n'y avait pas pensé plus tôt. Faire enrager Wood était une activité des plus gratifiantes : quelle étrange satisfaction que d'entendre le lion rugir un « FLIIIIIIIIIIINT !!! » rageur dès les premières heures de la journée ? Quoi de plus enthousiasmant que de voir les yeux de son rival s'écarquiller devant le demi article de journal qu'il lui avait laissé, voir son air passionné alors qu'il lisait les quelques lignes, et attendre, jusqu'à l'instant fatidique ou Wood s'étranglait avec sa tartine, frustré de ne pas savoir la dernière ligne contenant la clef de la réussite du double huit. Le panel d'expressions de son rival ne cessait de le ravir, surtout que ce cinglé se mettait dans des états incroyables pour des raisons tout à fait puériles. C'était fabuleux.
La météo de ce début d'automne semblait s'être mise de son côté, car même si Marcus déplorait le fait de ne pas pouvoir enfourcher son balai et voler un peu, l'effet de l'interdiction d'entraînement sur Wood valait bien ce petit sacrifice : le gosse crisait encore plus facilement que d'habitude. Au moindre petit titillement, le gardien se jetait sur lui avec des yeux de tueur, et Marcus se faisait à chaque fois un plaisir de canaliser l'énergie débordante du gryffondor en lui mettant une bonne vieille raclée, à la moldue. La haine occupe bien plus que quoi que ce soit d'autre. Trouver à chaque fois un nouveau plan pour mettre à mal les défenses du Gryffondor, chaque nouvelle insulte qui le ferait sortir de ses gonds… Le Serpentard se surprenait certains soirs à attendre avec impatience le lendemain pour pouvoir mettre ses stratagèmes à exécution.
Un des points les plus fascinants du caractère de Wood était cette stupidité qui l'empêchait de voir qu'il avait perdu d'avance. A chaque fois qu'il s'énervait, il suffisait d'un infime rictus de la part de Flint pour que le lion se jette sur lui sans aucune peur, le frappant à grands coups non retenus sans la moindre conscience qu'il allait sans aucun doute se faire écraser. Quoi que, ces derniers temps –et bien qu'il ne l'admettrait jamais – Flint n'avait pas toujours aussi facilement le dessus. La rage bouillonnante de son rival palliait à la différence de force physique, et vu que cette tête de mule de Wood avait toujours eu une résistance impressionnante (Après tout, ce type était capable d'arrêter les boulets de canon qu'il lui envoyait pendant les matchs), le gardien ne craignait pas vraiment la pluie de coups qui s'abattait sur lui à chaque empoignade. Il ne restait plus à Flint qu'à attendre le lendemain pour refaire la tronche de Wood à l'aide de ses phalanges.
Vindicte
Une fois n'est pas coutume, le gardien de gryffondor était enterré au fin fond de la bibliothèque, l'air affairé entre les piles de livres de potions. Il était de notoriété commune que Wood était une quiche en potions, mais cela ne l'empêchait en rien de caresser l'espoir de concocter cette fameuse potion de grelucherie, et ce grâce à l'aide du Préfêt-en-Chef (et accessoirement son meilleur ami) Percy Weasley. Ce dernier était d'ailleurs assis en face d'Oliver et s'était absorbé dans la lecture de « Petites Potions pour Sorcières Avisées ». Wood était quand à lui plongé dans balais magazine, considérant qu'il avait fournit suffisamment d'effort en convainquant Perce de l'aider à « améliorer ses notes en potion ». En plus, c'était un Balais Magazine, spécial « Eclair de Feu », LE balais le plus performant jamais crée, et Wood ne se lassait pas d'admirer le bolide qu'il ne pourrait que rêver d'essayer un jour. Accélération de 240 km/h en 10 secondes… Wood poussa un soupir énamouré : si ça ne tenait qu'à lui, il se serait déjà fait tatouer ces chiffres Ô combien merveilleux. Il tourna la page presque à regret de devoir quitter ces images de rêve, afin de lire les commentaires des plus grands joueurs…
« AAHHK ! » Fut le cri qui échappa à notre grand passionné quand il découvrit qu'une bonne partie de la page suivante avait été rendue illisible à cause de ce qui semblait être du jus de citrouille séché. Ce petit saligaud de Davies ! Il ne pouvait pas faire attention à ses propres affaires ?! Une page aussi importante en plus… Wood senti une fois de plus l'injustice de son sort s'abattre comme un lourd poids sur ses épaules. Cette situation ne devait pas durer plus longtemps. Il ferma le précieux ouvrage et le rangea soigneusement dans son sac, puis s'empara rageusement du premier grimoire de potion qui lui tomba sous la main. Cette fois, c'était du sérieux.
« Perce ! Pas le moment de reluquer Dauclaire ! » S'exclama Oliver, prenant inconsciemment le même ton tyrannique avec lequel il traitait ses coéquipiers lorsqu'ils manquaient de concentration. Sa remarque fut immédiatement suivie du « Chuuuut ! tsk !! » Agacé de Mrs Pince et d'un rougissement notable des oreilles du Préfet en Chef. Celui-ci émit un toussotement gêné, déplorant une fois de plus le manque de finesse de son camarade avant de reporter son attention sur l'ouvrage qu'il avait sous les yeux.
« J'ai les instructions pour la potion que tu voulais faire, » déclara Percy d'un ton hautain « Mais en toute franchise, je ne pense pas que la confection d'une potion aussi ridiculement inutile te permettra de faire de réels progrès dans… »
N'écoutant pas plus que d'ordinaire le laïus du préfet, Wood s'empara du grimoire avec une expression étrange, mêlant l'avidité du joueur devant la vitrine d'un magasin de quidditch et un grand sourire victorieux – le genre de rictus que le capitaine n'arborait en général qu'après avoir soufflé une victoire à son homologue serpentard.
Inattentions
La pluie s'était tue et un vent léger écartait de lourds nuages noirs qui semblaient n'encourager cette accalmie que pour revenir de plus belle et déverser leurs trombes d'eau en y ajoutant de gigantesques éclairs. Le soleil tiède de l'automne perçait donc le voile épais des nuages, illuminant de ses timides rayons les arbres rouges, ocre et or de la forêt interdite. Le paysage flamboyait de toute sa parure automnale, entourant le château qui scintillait d'humidité. La beauté de l'instant était époustouflante, pourtant Oliver Wood s'en tapait comme de l'an quarante. On aurait même pu dire qu'il s'en battait l'œil avec une patte de mante, mais le membre en question était –pour l'instant tout du moins- encore en place sur le corps de l'insecte qui n'en menait pas large enfermé dans son bocal, sur le rebord de la fenêtre du dortoir des gryffondors.
Céphise –c'était le petit nom que la mante religieuse s'était donné- suppliait les cieux de lui rentre sa liberté, jurant qu'elle ne truciderai plus son prochain à tord et à travers si jamais on lui offrait une chance de finir sa carrière autrement que broyée au fin fond d'un chaudron. Malgré sa gueule d'alien et ses mandibules cliquetantes, Céphise semblait avoir apaisé un instant le courroux des dieux : son tortionnaire ne lui prêtait pas la moindre attention. La délicate créature soupira de soulagement et se dit en alexandrin (comme toute mante religieuse qui se respecte, d'ailleurs) 'Je vous l'avais prédit, qu'en dépit de la Grèce/ De votre sort encor vous seriez la maîtresse.'
Tout ceci n'avait, bien sûr, pas la moindre importance dans le déroulement de notre histoire, mais le protagoniste étant lascivement allongé sur son lit, cette petite parenthèse racinienne faisait en réalité office de voile pudique pour masquer la teneur des activités qu'entreprenait Wood dans l'intimité et la solitude de sa chambre.
Oh, et puis après tout, ce n'est pas comme si ce qu'il faisait était interdit pas la loi. Et puis, Oliver considérait qu'il était normal pour un jeune homme en pleine forme de relâcher la pression de temps à autres. C'est pourquoi, au lieu de plancher sur son devoir de métamorphoses, le capitaine de griffondor s'adonnait à un plaisir coupable : l'écoute de la retransmission en direct du match des Chauves-souris de Ballycastle contre les Faucons
de Falmouth. Il espérait sincèrement que personne ne le surprendrait en pleine écoute d'un match qui opposait les deux pires équipes des tournois. Elles n'étaient pas les pires au niveau du jeu, mais tout supporter qui se respecte se doit de boycotter les performance d'une équipe potentiellement dangereuse pour celle qu'il soutient.
En toute honnêteté, Oliver n'aurait su dire ce qui le poussait à faire une telle infidélité aux Vagabonds. Les Chauves-souris, tout comme les Faucons, n'étaient pas vraiment réputés pour la grâce de leurs manœuvres, mais le match n'en était pas moins intense : la brutalité et la violence maintenaient le gardien en haleine. Tant de sauvagerie avait quelque chose de fascinant, se disait Oliver alors que la voix du commentateur annonçait un énième arrêt de jeu suite à une blessure grave de l'un des joueurs.
La radio diffusa les premières notes d'une publicité qu'il connaissait par cœur, et son esprit profita de la pause pour vagabonder n'importe où. Sans doute était-ce à cause des joueurs de Flamouth, ses pensées s'orientèrent naturellement vers Flint. Wood avait à présent tout les éléments nécessaires à la mise en œuvre de sa vengeance : il avait la recette, il avait les ingrédients (quoi que, la mante religieuse essayait sans cesse de se sauver) et bien sur il avait extorqué à Percy les conseils nécessaire à la réussite de la potion. D'après le préfet, même un crapaud décérébré aurait pu réussir à concocter un élixir aussi simple. Pourtant, le fanatique du quidditch hésitait. Ce n'était pas un élan suprême de magnanimité qui freinait l'assouvissement de sa vengeance, c'était la méfiance. La potion de grelucherie n'avait pas QUE des effets néfastes, comme on pouvait le constater en essayant d'observer Diggory au milieu de son éternel troupeau d'admiratrices éperdues. Wood voulait ôter à son rival l'aura de terreur à laquelle le serpentard tenait tant, et non lui octroyer une troupe de fangirls en délires prêtes à tout pour se serrer sa personne.
Bon, d'un côté, il y avait fort peu de chance que la sorcière moyenne s'amourache de face de troll. Cédric avait réussi à tourner la potion de grelucherie en atout majeur pour s'attirer les faveurs de la gente féminine, mais il y parvenait surtout parce qu'il était beau garçon. Alors que Flint, avec ses ratiches de cheval, son monosourcil façon sanglier, et sa tête d'abruti… Il y avait peu de chance. Peu de chance oui, mais le risque persistait : après tout, en tant que fin stratège (hahaha), Oliver se devait de considérer toutes les possibilités. Bien que lui-même n'y croyait pas une seconde, le capitaine ne comptait plus le nombre de fois où il avait entendu ses poursuiveuses déclarer « ya pas que le physique qui compte, ce qui compte vraiment, c'est ce qu'on a à l'intérieur… » La suite était moins intéressante (« regarde le chef, il est canon mais je sortirai jamais avec lui alors qu'il a une cacahuète en forme de vif d'or à la place du cerveau… »). Enfin bref, Ollie considérait ça comme une des hypocrisies inhérentes au sexe feminin ('mais non Katie, tu n'as pas grossi du tout' alors que son balai arrive à peine à la soulever) mais force était de constater que c'était parfois le cas : Potter B&B (Binocle & Balafre) n'était pas vraiment le symbole de la sexitude mais il avait quand même un bon nombre d'admiratrices…
Oliver soupira, roulant sur le côté pour atteindre le poste qui grésillait anormalement. Il fronça les sourcils alors que les commentaires du match se faisaient de moins en moins perceptibles. A Poudlard, la transmission magique avait toujours été d'une excellente qualité. La seule fois où il avait eu ce genre de problème était quand les jumeaux avaient voulu lui faire un cadeau d'anniversaire en enchantant son poste pour qu'il enregistre automatiquement les matchs des Vagabonds de Wigtown…
La radio hoqueta quelques minutes encore, avant de se taire complètement. Affolé, Wood se releva brusquement, secouant le poste dans le vain espoir d'entendre la fin de son match. Le grésillement reprit, s'arrêta, et le son revint avec une clarté surnaturelle : « he ben mon petit Woody, on se laisse aller à suivre les Faucons ? Tu te fais du mal… » Oliver regarda son poste, interloqué. Sa conscience s'adressait à lui à travers la radio, et bizarrement, sa conscience avait la voix de… « Flint ?! » Un rire gras répondit à son exclamation interloquée « Lui-même, Woody. T'as enfin compris quelle était la seule équipe viable du championnat? »
« Bordel… Flint, sale crevure, dégage de mon poste ! »
« J'avais pas l'intention de papoter avec toi toute la nuit de toutes façons. » Répondit la voix du Serpentard, moqueuse. « J'ai un peu bidouillé ta radio, tu m'en veux pas… Je me suis dit que vous les Gryffondors vous aimiez bien les moldus, alors je voulais te faire une petite surprise… »
La voix du serpentard mourut, laissant place à une mélodie agaçante. « Oops, I did it again ! » chantonna la radio, alors que les yeux du capitaine de gryffondor s'écarquillaient si largement qu'ils menacèrent de choir de leurs orbites.
« FLIIIIIIIIIIIIIIINT ! »
Inégalités
Les serpentards, eux, n'étaient pas réputés pour leur courage. Les braves verts et argent de septième année avaient donc déguerpi sans demander leur reste en entendant une série de grognements sourds provenant de l'une des chambres de leur étage : Flint était donc seul à s'esclaffer allègrement dans son dortoir. Son rire tonitruant traversait les murs, inquiétant hurlement, si bien qu'à présent les sixièmes années aussi se demandaient s'ils n'allaient pas aller voir ailleurs si Rogue y était.
Son propre poste de radio était tombé au sol, éjecté sous la secousse de ce corps qui se gondolait sous l'hilarité : « WAAAARRHAHRRHHFFWHARHF ! RRRARF !AHHRRRWWFFRHH ! » Ah… il avait mal au ventre, les larmes lui dégoulinaient sur les jours, dans le cou, il avait le nez qui coulait, et en fond sonore, la voix de Wood qui s'égosillait à travers le haut parleur de sa radio faisait redoubler son fou-rire à chaque fois qu'il entendait les hurlements du gryffondor atteindre un nouveau sommet dans les aigus. Ahhh… ce type était impayable.
Cette fois-ci, il s'était vraiment donné du mal. Il avait du effrayer, menacer et tourmenter une bonne douzaine de rouge et or avant de réussir à mettre la main sur le poste de Wood, mais franchement, le jeu en valait la chandelle. Il pouvait à présent narguer le gardien jusque dans sa chambre, et connaissant la nature psychotique de son rival, l'autre n'aurait pas le réflexe de détruire son poste tant qu'il avait l'espoir d'y écouter la moindre miette d'émission en rapport avec le quidditch. C'était fabuleux. Flint se savait génial, mais des fois, comme c'était le cas à présent, il était presque surpris par sa virtuosité dans l'art de pourrir chaque seconde de l'existence de Wood.
« Flint, laisse moi écouter la fin, ou alors… » gargouilla le gryffondor, la voix affaiblie d'avoir tant crié.
« Ou alors quoi Wood ? » répliqua Flint, narquois
« OU ALORS GWARYLAHAHAA !!! » Le hurlement incompréhensible qui suivit rappela le serpentard à son activité première : se bidonner face à l'impuissance de son rival.
Fini pour ce chappy!
Alors, avec PapriK on a pris Céphise en affection... du coup j'ai un peu de mal à la tuer cette brave petite : vous en dites quoi? (pour que Céphise soit sauvée, tapez 1, pour que... arrghhhh!!! tais toi cerveau!)
à vous!
Swen.
