Tout d'abord je tiens à remercier toutes les personnes m'ayant posté une reviews:

Queen-Mebd : Je te remercie pour ses compliments. J'apprécie beaucoup ta fanfiction, j'espère que la suite viendra vite car je suis pressé de savoir ce qu'il va se passer!

lilou65: Merci voilà donc la suite. J'espère qu'elle te plaira!

delphine: Merci pour ce commentaire de plus! J'espère que tu détestera toujours autant ma fanfic alors ^^ et que ce chapitre va te plaire.

desne: Merci pour ce commentaire. J'accepte les critiques certes cependant j'apprécierais celle ci sans la provocation associée. J'admet que mes chapitres sont un peu courts mais je préfère poster plus court et plus souvent que le contraire. Je peux comprendre sans mal que mes fautes sont gênantes et je me relis mais j'en loupe certainement. Voilà, j'ai apprécié ton commentaire honnête et te remercie encore.

Voilà alors un chapitre difficile à écrire parce que les caractère de Tristan et d'Ada son difficiles. Notamment Tristan qu'il faut réussir à faire parler mais pas trop étant donné son indifférence constante. Faire une conversation et les pensées de ses deux personnages a été très délicat pour moi. Un chapitre pas des plus stimulant mais que j'estime nécessaire pour la suite surtout pour poser le personnage d'Ada. Le chapitre suivant devrait contenir plus d'action.


Le brun avait rangé ses lames jumelles et lui souriait adossé à l'un des piliers de la tente. Arthur connaissais ce sourire. Un sourire charmeur, un sourire permanent qui donnait presque un air naïf à cet homme qui était loin de l'être. Derrière son masque de flatteur et de blagueur se cachait un esprit vif et observateur qui savait manipuler les mots et les personnes pour avoir ce qu'il convoitait. Malheureusement, le regard de son chevalier informa facilement le Romain sur ce qu'il convoitait à présent. Artorius devrait se démener avec lui jusqu'à demain. Ada ne pourrait plus dissimuler son secret une fois que les chevaliers remarqueraient l'absence de son sauf conduit. A ce moment, il devrait les empêcher de s'attaquer à l'évêque.

- Ma foi m'aide Lancelot. Pourquoi te gausses-tu de cela ?

Lancelot eu un nouveau sourire. Son chef avait habilement esquivé la seconde question et était revenu à leur perpétuel débat. La religion. Pourquoi parler à un être qui ne répondait pas ? Donc aucune preuve ne pouvait attester l'existence ? Un être censé répandre le bien mais qui les avaient tous envoyés en enfer ? Son commandant était un homme d'honneur, un homme avec des principes bons parfois en trop grand nombre d'ailleurs. Il poursuivait son rêve, ne se détournait pas de son chemin, restait honorable et noble. Alors pourquoi un tel homme, une telle intelligence se pliait elle devant une illusion ? Lancelot était toujours intrigué par cette croyance. Après tant d'horreurs, tant de combats, tant de sang versé par sa lame ou celle d'un autre. Après avoir vu assez de morts pour ne plus en connaitre le nombre, comment pouvait il encore croire ? Penser qu'un être supérieur veille sur lui ? Grotesque.

- Et quelle réponse à tu eu pour ce dévouement Arthur ? Tu es toujours dans cet enfer, tes vêtements restent tachés par le sang des morts qui rampent sous nos pieds et attendent notre trépas.

Le ton du chevalier s'était refroidi. Malgré que certains chevaliers comme Bors ou Tristan semblaient prendre du plaisir à tuer, d'autres comme lui ne pouvaient oublier les visages. Les visages des personnes qu'il n'avait pas hésité à trancher de ses lames… Il ne pouvait se contenter de l'excuse si simple de sa propre survie. C'est vrai il s'était juste défendu, il ne se laisserait pas tué aussi facilement et aujourd'hui encore il n'avait pas hésité. De nombreuses questions torturaient le chevalier. Cet homme, était il obligé de le tuer ? Avait-il des enfants ? Une famille l'attendant toujours à cette heure ou déjà au courant que seul le vide répondrait à présent à leurs attentes ? Avait-il encore fait des orphelins aujourd'hui ? Et lui ? Que lui resterait-il une fois leur œuvre sanglante terminé ? Lancelot ignorait si sa sœur et ses frères étaient encore en vie. La réponse à cette question était surement négative pour ses parents qui si la chance l'avait voulu avaient été emporté par leur vieillesse. Retrouverait-il des attaches dans son pays natal ? Arriverait-il à oublier cette triste période de sa vie ?

- Les voix du Seigneur son impénétrables pour nous simples mortels Lancelot… Je ne suis que la route qu'il m'a tracé et je pense que tout ceci est un test qu'il m'envoi pour mettre à l'épreuve ma foi.

Arthur n'aimait pas cette conversation. Pourtant celle-ci revenait de manière systématique entre lui et le chevalier. Lancelot comme la plupart des autres chevaliers n'avait pas la foi. La plupart trouvaient cela ridicule et ne croyaient pas en l'existence de Dieu. Lancelot plus que les autres semblait troublé voir même agacé par sa croyance. Depuis 15 ans leurs longues discussions sur ce sujet les avaient laissés toujours au même point. Si Arthur avait effleuré l'idée de convertir ses camarades à sa religion, il avait très vite abandonnée l'idée. Non seulement ils trouvaient cette religion ridicule mais surtout ils l'associaient à Rome et se convertir signifierait une capitulation. Malgré cette déception, le romain continuait de prier pour le salut de chacun. Ce soir il prierait pour la seule femme du groupe. Il avait déjà prié pour elle et pour les autres de nombreuses fois. Cependant après la conversation qu'ils avaient eue, il devait s'en remettre au seigneur pour lui et pour elle. Il était perdu et avait besoin d'un guide pour reconstruire ses opinions et ses croyances. Si Rome n'était plus ce qu'elle était alors il devrait la découvrir à nouveau et agir en conséquence.

- Arthur …

- Non Lancelot. Nous ne débâterons pas de cela ce soir.

Lancelot tiqua. Arthur restait sur ses positions et n'était pas ouvert au dialogue. Il semblait même s'en désintéresser complètement, l'esprit tourné vers des préoccupations inconnues. Préoccupations venant de la conversation qu'avait eue le commandant avec Ada. Le commandant avait ce regard lointain, que lui connaissait Lancelot lorsqu'ils partaient pour une mission périlleuse ce qui ne correspondait à leur situation actuelle. Il avait l'intuition que son amie avait des problèmes et qu'il serait difficile de l'en sortir. Malheureusement à l'heure actuelle, Arthur ne lui confierait rien. Il ne lui restait plus qu'à espérer qu'il serait plus ouvert demain… Demain, ils retrouveraient tous leur liberté. Ils partiraient tous vers la Sarmatie. Il ne restait plus qu'à espérer que Tristan arrive à faire parler Ada d'ici là si Arthur ne l'avait pas fait. La seule chose sure était que tout ceci avait à voir avec la condition d'Ada dans leur groupe. Rome et son statut de femme étaient concernés. La rousse avait malgré la colère de leur chef, fait bien attention à ce qu'aucune de ses paroles ne révèle son secret. Les faibles indices menaient le chevalier dans un chemin qui ne lui plaisait guère. Le brun souleva le pan de tente, regarda une dernière fois le Romain et disparu à l'extérieur.

Il retrouva bien vite les autres chevaliers autour du feu. Ada n'était pas revenue. Tout le reste des guerriers étaient présents, occupés à découper une biche qu'avait ramené la femme. En s'asseyant parmi eux, Lancelot remarqua qu'en réalité, un chevalier n'était pas présent… Tristan. Bien que celui-ci n'ai pas insisté auprès d'Arthur, il semblait qu'il soit partit trouver leur coéquipière. Lancelot souhaita mentalement bon courage au sarmate pour la trouver et pour la faire parler. La rousse n'était pas une grande oratrice, elle ne l'avait jamais été et si elle voulait garder son secret, elle le garderait.

Adalarme soupira. Adossée au tronc d'un chêne, sur une branche haute elle ne savait que faire. Cette situation l'agaçait. Elle savait que son secret aurait finis par être dévoilé. L'absence de sauf conduit pour elle demain fera éclater ces 15 ans de silence et elle s'y était préparée. La réaction d'Arthur ne l'avait pas non plus étonnée. Tout ceci était presque prévisible. Malgré tout une angoisse s'insinuait dans son esprit. Elle avait peur. Elle n'avait jamais pensé survivre à ces 15 ans de guerre, elle s'était engagée avec l'idée d'une mort imminente. La rousse n'avait jamais pensé devoir révéler son secret, celui-ci serait venu avec elle dans la tombe. Aujourd'hui elle se retrouvait à la veille de leur séparation, dans l'angoisse de leur réaction et dans la tristesse de ne pouvoir les suivre. Eux, avec qui elle avait vécu pendant toutes ces années. Elle n'aurait pas du s'attacher, elle le savait. Pourquoi s'attacher quand on est sur de mourir ou que l'autre va mourir ? Cela sert juste à se faire souffrir inutilement et à espérer un avenir qui de toute manière de verra jamais le jour. Cependant le cœur a ses raisons que la raison ignore et elle était attachée à ses hommes comme à une famille. Demain cette famille disparaitrait la laissant avec un sentiment amer et une haine sans fin.

La femme aperçue un mouvement à la lisière de son champ de vision et se baissa juste assez vite pour éviter le couteau qui se planta près de son oreille. Si elle n'avait pas bougé, il se serait planté à quelques millimètres de sa jambe droite. Tournant les yeux vers l'arme, elle dégagea celle-ci du tronc et reconnu l'un des couteaux de Tristan. Le chevalier l'avait retrouvé et il lui indiquait clairement de descendre. Seul le chevalier pouvait viser avec une telle précision. Même elle qui se débrouillait fort bien avec un arc et qui ne sortait jamais sans ses couteaux, ne pouvaient prétendre à une telle habilité. Prétendre pouvoir lancer un couteau vers un allié en hauteur et avec une visibilité réduite, sans blesser celui-ci ? Impossible. La rousse ne savait si elle devait être effrayée ou admirative. Elle n'était, également, pas vraiment sur de vouloir avoir cette confrontation avec le chevalier. Celui-ci pouvait se montrer on ne peut plus persistant lorsqu'il voulait quelque chose et tout portait à croire que le secret d'Ada était la chose en question. Entre Lancelot et lui, la sarmate songea que son secret ne tiendrait peut être pas la nuit. Si elle pensait qu'Arthur pouvait s'occuper de Lancelot, elle doutait de pouvoir faire de même avec l'homme l'attendant au pied du chêne.

Tristan avait toujours été quelqu'un de particulier pour elle. Bien qu'elle ne l'avouerait jamais, le chevalier tenait une place particulière dans son cœur. Il avait été le premier, contre toute attente, à l'accepté. Bien évidement, il s'était juste contenté de s'entrainé avec elle alors que les chevaliers persistaient à proclamer qu'une femme n'avait rien à faire avec eux… du moins pour combattre. Cette période n'avait durée que quelques semaines et ils avaient finis par s'incliner devant l'habilité de la rousse mais elle n'avait pas oublié la réaction du chevalier. Comme elle n'avait pas oublié comment il lui avait sauvé la vie lorsque paralysé elle n'avait pu combattre sur le champ de bataille. C'était leur premier combat et l'entrainement avait porté ses fruits. La femme, encore jeune fille à l'époque, avait tué pour la première fois. Elle se souvint son choc et la profonde rupture qui avait eu lieu en elle lorsqu'elle s'était rendu compte de ses actes. Profondément déboussolée elle avait hésité face à l'adversaire suivant, une hésitation qui avait profité à son ennemi. Celui-ci frappant rapidement, l'avait désarmée et mise à terre et alors qu'elle voyait l'arme descendre vers elle, Tristan était apparu. Après avoir tué l'homme, il l'avait prié de se ressaisir en la secouant violemment puis avait disparu à nouveau dans le combat. Depuis elle l'avait sauvé de nombreuses fois et inversement, comme elle avait sauvé les autres et eux de même mais cette expérience l'avait marqué. Après ce jour, aucune hésitation n'avait jamais fait trembler son bras. Ada aurait aimé dire que ce chevalier était comme un frère mais cela n'aurait été que mensonges. Il l'avait été pendant plusieurs années mais ses sentiments avaient évolués sans qu'elle sache pourquoi et sans qu'elle le veuille. Pourquoi s'attacher lorsque l'on redoutait de mourir à chaque mission ? Pourquoi aimer lorsque l'on savait qu'aucune liberté n'était au bout du chemin et que la personne que l'on chérissait allait indéniablement disparaitre de sa vie ?

Ada avait souvent envié Bors pour cela. Envié sa capacité à laisser quelqu'un entrer dans sa vie, à créer quelque chose avec cette personne et en ignorant les risques de perdre ce bonheur. Si le géant avait une vision de la famille et notamment de l'éducation des enfants un peu particulière parfois, il n'en restait pas moins le seul parmi eux à avoir su monter une famille. Le seul à avoir retrouvé ce qu'ils avaient tous perdus en payant leur dette à Rome… Elle ne pourrait surement jamais connaitre cette situation.

Un sifflement près de son oreille, sortit la sarmate de ses pensées. Un couteau était planté à quelques centimètres de son oreille gauche cette fois. Légèrement agacée d'être ainsi menacée, la rousse lança le premier couteau vers la silhouette du chevalier. Le mouvement de celui-ci, indiqua à la femme qu'il s'était attendu à sa réplique et que cela ne l'impressionnait guère. Tristan était un éclaireur hors pair, silencieux, agile et appliqué, il faisait preuve d'une grande patience lorsqu'il était question de ses missions. Les autres chevaliers étaient toujours très amusés de voir que cette patience disparaissait en dehors de son devoir et qu'il pouvait se montrer très exigent à sa manière. Ada trouvait cela beaucoup moins amusant lorsque ces exigences étaient tournées vers elle.

Elle descendit de son perchoir après avoir récupéré la deuxième arme du brun. Celui-ci était adossé au chêne et la fixait de ses yeux noirs. Ses mèches indisciplinées portaient une ombre sur son visage l'empêchant de voir l'expression de l'éclaireur. Il y avait peu de chance qu'elle puisse y déceler quoi que ce soit de toute manière. Il avait depuis longtemps appris à dissimuler toute émotion, à tel point que chacun s'étonnait de voir parfois apparaitre un semblant de sourire. Elle-même ne savait plus comment exprimer ses émotions. Elle avait su autrefois… aujourd'hui son corps et son esprit ne semblait pu en voir l'intérêt. Il était plus sur de rien montrer et de ne donner aucun moyen au autres d'avoir du pouvoir sur elle. En contrepartie elle se refusait à toute relation plus poussée avec les autres. Elle gardait ses sentiments et ses pensées pour elle tout simplement.

Tristan observa Ada sauter souplement sur le sol. Les cheveux de la rousse étaient comme à l'accoutumé relever en un chignon désordonné. Elle leva les yeux vers lui. Les yeux verts de sa coéquipière ne laissaient rien entrevoir, comme à l'accoutumé. Pourtant elle lui cachait quelque chose à lui et aux autres. Une chose qu'elle avait révélée à Arthur et non à lui. Cela l'agaçait. Il est vrai qu'Ada et lui parlaient peu. Il n'était pas du genre à faire des confidences et elle non plus. Alors pourquoi cela le dérangeait-il qu'elle soit allée d'abord vers Arthur plutôt que lui ? Il était leur chef, du moins pendant encore quelques heures, il était donc normal qu'elle l'informe en premier lieu… Il n'aimait pas savoir que cette femme cache quelque chose. Elle en cachait beaucoup. Elle n'avait jamais été du genre à s'étendre sur le déroulement de ses missions, elle cachait souvent certaines de ses blessures et les soignait seule si personne n'intervenait. La rousse semblait vouloir rester indéfiniment seule. Bien qu'elle ait réussie à s'intégrer au groupe et qu'ils aient tous lié des liens forts, il semblerait qu'elle n'arrive toujours pas à s'ouvrir à eux.

- Il est rare de voir Arthur perdre ainsi ses moyens…

Ada soutint le regard du chevalier qui avait planté les yeux dans les siens en prononçant cette phrase. La phrase de Tristan laissait clairement entendre qu'elle était la raison de ce changement et qu'il allait découvrir pourquoi.

- C'est vrai la dernière fois c'est lorsque Bors avait attaqué ce pauvre soldat…

Les commissures des lèvres du brun frémirent alors qu'un sourire apparaissait et disparaissait de son visage. Tous les chevaliers connaissaient cette histoire. Le soldat en question avait fait des avances assez poussées à Vanora, la mère des enfants du géant. Si celui-ci ne faisait que peu de cas d'un certain Lancelot charmeur, il n'avait pas du tout apprécié de voir le Romain tenter d'embrasser sa belle. Il n'avait pas réagit le soir même mais le matin suivant il tira par accident une flèche vers le romain. Ada et les autres qui s'entrainent à ses côté n'avaient pas vraiment saisie la raison de cette agression jusqu'à ce qu'il menace le pauvre homme de trouer l'autre fesse si il s'approchait à nouveau de Vanora. La plus belle crise de jalousie qu'avait fait l'ours. Cependant, Arthur n'avait pas beaucoup apprécié et avait commencé à sermonner Bors. A cette époque, le capitaine n'était pas aussi maitre de lui qu'aujourd'hui et s'était un peu emporté. Il s'était époumoné contre le géant pendant une heure alors que celui-ci ne montrait aucun regret au contraire. Il semblait très fier de lui et encore aujourd'hui il racontait souvent cette histoire en riant bien que Lancelot lui rappelait toujours perfidement la suite des évènements. Il avait due nettoyer les box des chevaux pendant un mois. Voir ce fier et grand guerrier réduit à ramasser le crottin de cheval avec un air des plus grognons avait beaucoup amusé toute la troupe.

-As-tu attaqué quelqu'un Ada ?

Celle-ci haussa un sourcil et secoua la tête. A y réfléchir, elle aurait peut être due après tout. Elle aurait été enfermé ou alors exécuté mais de toute manière c'est ce qu'il l'attendait. Sa fierté l'avait emporté. Elle voulait mourir en combattant, pas en provoquant sa propre mort. Si elle avait survécu jusqu'ici ce n'était pas pour se suicider lâchement par dépit des choix qu'elle avait fait. Il lui était arrivé de se demander si son choix avait été le bon. Si elle n'aurait pas été mieux à la solde d'un romain. Il arrivait des moments où elle était épuisée de tous ces combats Epuisée des réveils en sueur après avoir fait un énième cauchemar Epuisée de voir son corps se recouvrir peu à peu de blessures de plus en plus douloureuses et difficiles à supporter. Alors, elle se demandait quel Enfer était le pire… le sien ou celui refusé. Elle se reprenait vite en s'imaginant laisser un romain la toucher, il n'était pas question qu'un politicien véreux pose un doigt sur elle et qu'elle se soumette ainsi.

- Alors que ce passe t'il pour qu'Arthur te hurle dessus ainsi ? Cela à quelque chose à voir avec l'évêque Germanus ?

Tristan avait regardé la sarmate se plonger dans ses pensées. Il semblait qu'elle se remémore certains souvenirs, souvenirs peu agréables de toute évidence. La femme ne l'avait peut être pas remarqué mais ses doigts s'étaient posés instinctivement sur la cicatrice qu'avait la rousse à l'avant bras et la retraçait en un mouvement répétitif. Des cicatrices, ils en avaient tous. Certains plus que d'autres. Bors étaient le plus marqué. Sa manière de combattre qui se basait sur la puissance des coups portés plutôt que sur la défense lui avait value de nombreuses blessures. Après lui venait Dagonet, un peu plus prudent mais pas de beaucoup. Ada avait eu aussi son lot d'entailles, de déchirures ou de casse. Malgré son habilité au combat, sa mission l'avait parfois mise dans des situations très délicates et elle n'avait pu éviter les blessures. Tristan s'était souvent demandé pourquoi elle s'était portée volontaire pour ce rôle. Après tout, lui ou Lancelot auraient pu le remplir. Ils pouvaient tous deux êtres assez discrets et bons à l'arc pour offrir une couverture suffisante au groupe. Cependant ses interrogations s'étaient tues devant l'efficacité de sa coéquipière. Il la savait déjà redoutable au combat, après tout ils s'entrainent ensemble régulièrement mais en véritable conditions de combat, rien ne semblait l'arrêter. L'homme se remémora l'un des rares combats qu'ils avaient fait côte à côte. Il avait d'abord pensé qu'elle le gênerait comme à chaque fois qu'il se retrouvait trop proche d'un de ses allié mais la suite l'avait autant surpris qu'exalté. Leurs entrainements ensemble avaient créé entre eux une coordination presque parfaite et monstrueusement efficace. Si il allait à gauche elle défendait sa droite et inversement, une parfaite symbiose qui avait fait d'un affrontement difficile un combat rapidement terminé.

- Je ne te dirais rien Tristan, de toute manière tu le seras bientôt mais il sera alors trop tard…

La rousse ne soutint pas son regard, quand il tourna les yeux vers elle en fronçant les sourcils. Trop tard pourquoi ? Il se souvint des derniers mots qu'elle avait échangés avec Arthur. La seule femme à combattre avec les Romains… Ils savaient tous que la tribu de la sarmate n'avait pu remplir le contrat à cause d'une épidémie qui avait fait des ravages parmi les enfants. Ada avait été la plus résistante. Chance ou malédiction ? Elle avait due se poser également la question. Une femme chevalier était quelque chose d'exceptionnel. Peut être trop exceptionnel pour ne pas cacher quelque chose. Il s'en rendait compte à présent. La réaction de l'évêque Germanus se matin était la même réaction qu'ils avaient au en rencontrant la rousse. La même qu'avaient eu tous les hommes en découvrant une femme chevauchant et combattant d'égale à égale avec eux. Si la jeune femme passait devant eux sans y faire attention, elle ne faisait pas non plus attention aux regards menaçant que jetaient la plupart de ses compagnons aux hommes. Ils la protégeaient comme si elle était une femme sans défense d'hommes qui la jugeaient justement parce qu'elle ne l'était pas. Après tout ils avaient eu des années pour s'habituer. Cependant le brun se posait aujourd'hui la question. Pourquoi Rome, une cité remplies d'hommes dont les idées étaient les même que l'évêque, avait accepté qu'Ada combatte ? Tristan tiqua, il sentait que le problème se situait là mais il ne trouvait aucune raison valable. Qu'est ce qu'il y avait bien pu passer dans la tête de ces hommes 15 ans auparavant ? Adalarme le savait et Arthur aussi. La réaction du chef l'inquiétait. Qu'est ce qui avait pu se passer pour que cela bouleverse cet homme à ce point ? Le comportement encore plus fermé de la femme devant lui, faisait hurler son instinct. Cette histoire ne sentait pas bon…

Ada fit tourner le couteau entre ses doigts. Cela faisait plusieurs minutes que Tristan restait silencieux. Son expression n'avait pas changé néanmoins. Ce silence l'angoissait. L'éclaireur était loin d'être un idiot et elle avait laissé beaucoup d'indices derrière elle. Une raison de plus pour laquelle elle n'aimait pas parler. On se laissait trop vite dominer par l'envie d'exprimer son opinion, de défendre son point de vu et on en révélait trop. Les derniers mots qu'elle avait laissé s'échapper en présence des chevaliers les avaient clairement menés sur la piste. Ils n'auraient surement pas le temps de remonter jusqu'à la vérité d'ici qu'on leur révèle demain mais cet écart l'agaçait. Elle était censée se contrôler et non se laisser ainsi portée par ses émotions… Tristan releva la tête, elle pu entrevoir de la suspicion dans son regard. La conversation allait être difficile…


Merci pour votre lecture. La suite au chapitre suivant...

Petites curiosité :

Que pensez vous de ce chapitre?

A votre avis, Ada va t-elle révéler son secret à Tristan?

Que vont faire les chevaliers en découvrant son secret? ou pour le découvrir?