Salut tout le monde!
Ça fait un bon bout déjà... je me mettrai pas à compter mes nombreux jours (mois?) de retards; j'oserai plus me regarder dans le miroir ... (hahaha bon ok non, quand même pas à ce point ^^)
Plus sérieusement, je voudrais avant tout remercier toutes celles qui ont pris la peine d'écrire des reviews, je suis vraiment très flattée, et je fais mon possible pour que la suite vous plaise autant!
Voici donc le troisième chapitre, un peu plus long que les deux premiers, mais assez chargé en contenu (enfin, à vous de me dire comment vous trouvez ça!)
Je vous laisse à votre lecture ^^
Maintenant, elle voyait le bout du tunnel. Elle pouvait enfin croire en une fin autre qu'apocalyptique. À partir de demain, le changement allait commencer.
Trois jours s'étaient écoulés depuis la capture du jeune Malefoy, et Hermione commençait à retrouver sa mauvaise humeur. Les séances de ''torture'' s'avéraient être complètement inefficaces; le détenu refusait de coopérer. C'est simple, il ne disait pas un seul mot.
Un vrai fiasco.
Pour l'instant, ce n'était pas si grave que cela, puisque Harry n'était pas encore revenu. Et donc, il n'y avait que Neville qui lui reprochait son lamentable échec auprès du mangemort.
-Hermione, l'appelle-t-il en l'apercevant se diriger vers les sous-sols. Écoute, je veux pas te mettre de pression, mais on perd un temps précieux. Si leur petit comité s'aperçoit que Malefoy a disparu, il va sûrement pas tarder à modifier les tactiques et plans. Enfin, tout ce que Malefoy sait et pourrait nous dire.
Elle se met à crier sans prévenir.
-Tu crois que je le sais pas, peut-être?
Au fond, elle savait que Neville avait raison, et ça lui faisait mal.
-Tu crois que je perds mon temps, que je m'en vais m'amuser avec l'un des pires hommes qui peuplent cette planète pourrie? continua-t-elle en l'empêchant de placer un mot.
Elle était à quelques centimètres de lui, l'air menaçant.
-C'est pas ce que j'ai dit, répondit-il doucement en lui prenant les épaules. Écoute, je sais que ça doit pas être une partie de plaisir pour toi, surtout qu'on connaît ton historique avec lui…
-De quel historique tu parles? le coupa-t-elle sèchement.
Elle rougit bêtement.
-Heu… ben on sait tous que Malefoy et toi, c'était pas une histoire à l'eau de rose, dit Neville. Vous vous détestiez, et c'est quelque chose qui risque pas de s'améliorer avec le temps.
-Ah. Oui, c'est vrai… reprit-elle pour dissiper le malaise qui s'était installé. Bon, écoute, je fais de mon mieux, d'accord? Je vais encore descendre voir ce que cette ordure a à raconter.
-… Tout ce que je veux dire, insista-t-il, c'est que nous avons l'ordre de le garder en vie. De le ''garder en vie'', Hermione, c'est tout! Mais Harry s'attend bien à ce que Malefoy nous dise pas tout de bon cœur, alors n'hésite pas à utiliser les grands moyens s'il le faut. Et si jamais tu as besoin d'assistance…
-Je te remercie beaucoup, Neville, mais je gère très bien la situation, mentit-elle avec une assurance surprenante. Tout se déroule exactement comme je l'avais prédit.
Elle lui sourit, se retourna et se dirigea vers les escaliers.
-Il revient dans deux jours, lança timidement Neville en s'avançant vers elle. Harry, il revient dans deux jours, et…
Il avait coupé sa phrase, et semblait perdu dans ses pensées.
-Et…? l'encouragea Hermione en remontant les quelques marches qu'elle avait descendues.
-Et je lui ai dit qu'on avait quelque chose, dit Neville timidement.
-Tu lui a dit quoi? s'emporta-t-elle. Neville, nom de Dieu, mais on n'a rien, rien du tout! Qu'est-ce qui t'a pris de dire ça?
Il ne semblait pas très à l'aise, et ses chaussures devenaient soudain très intéressantes à contempler.
-Bon, écoute, dit-il en la regardant dans les yeux, décidé à vider son sac. Tout le monde en parle dans le QG, ils sont à l'affut de tout progrès, et je pense bien qu'ils doutent de notre efficacité à gérer le problème. Enfin, ce matin, j'ai entendu Dean dire à Tony qu'il irait bien…
-Je me fiche complètement de ce qu'ils pensent, le coupa-t-elle. Ils n'ont ni les compétences, ni la capacité d'accomplir ce que nous faisons, Neville, et c'est pour ça qu'on s'en fiche de ce qu'ils racontent. Ils sont bons qu'à ''raconter'' de toute façon.
Il la regardait de son regard perçant, comme s'il l'analysait. Elle détestait ce regard. Elle ouvrit la bouche pour manifester son agacement, mais il fut plus rapide qu'elle.
-Pourquoi t'as voulu t'en charger, de Malefoy ? lui demanda-t-il tout en la regardant intensément.
-C'est étrange que tu me demandes ça, dit-elle. Qui ne voudrait pas s'en charger, ici?
Elle tentait de faire dévier la conversation, parce que la dernière chose dont elle souhaitait parler était la raison qui l'a poussée à s'occuper de l'affaire Malefoy.
-Tu sais bien ce que je veux dire, dit Neville. Tu as insisté pour que ça soit toi. Sur le coup, je me suis dit que tu as voulu te venger après ce qui est arrivé à Ron, mais là… Là je me dis qu'il y aurait peut-être autre chose.
-Eh bien, tu te trompes, lui répondit-elle. Bon, si ça ne t'ennuie pas, je ne veux pas perdre plus de temps, alors je descends. Je vais y arriver.
Elle le regardait intensément, question de lui faire croire qu'elle savait ce qu'elle disait et faisait, chose qui, bien entendu, est complètement fausse.
-D'accord, vas-y, souffla-t-il.
Elle se retourna et prit la direction des sous-sols.
-Hermione, lança-t-il en courant pour la rattraper.
-Oui, Neville? dit-elle en se retournant.
-Garde bien en vue nos priorités, lui dit-il du haut des marches. ''Nos'' priorités.
Elle se retourna, lui tournant le dos, et continua son chemin.
Voilà, elle était seule, dans ce couloir à l'aspect morose, avec comme unique compagnie ses pensées emmêlées. Elle sentit une boule dans son estomac. Le fait est qu'elle détestait mentir à Neville, mais cette fois, elle n'avait pas eu le choix.
Maintenant qu'elle y pensait, il n'avait pas été question de lui cacher la vérité, puisqu'elle-même ne la connaissait pas. Pourquoi avait-elle tenu à s'occuper de Malefoy? Elle n'en avait aucune idée. Était-ce pour se venger du sort qui s'était abattu sur Ron? Ou était-ce pour donner un sens à son parcours? Elle n'en savait rien.
Voilà, elle était devant la porte. Elle prit une très profonde inspiration qui se transforma en toux; l'endroit était très poussiéreux en plus d'empester le moisi.
Bref, elle allait entrer, et soutirer quelque chose à Malefoy. Il le fallait, pour Harry, pour Neville, pour leur cause, pour tous les êtres qui peuplent encore cette terre, et, enfin, pour son propre orgueil.
-Bonjour, Malefoy, lança-t-elle en entrant.
Elle le vit, comme d'habitude, étendu sur le lit à fixer le plafond.
Après avoir fermé la porte, elle jeta un regard autour d'elle, question d'évaluer l'endroit.
-Je vois que tu refuses toujours de manger tes repas, dit-elle en un soupir.
Elle entreprit de s'avancer.
-Tu risques de mourir si tu ne te nourris pas. Tu le sais, ça? lança-t-elle d'un ton sournois en allant récupérer le plateau reposant près du mur à l'entrée.
De la soupe, une miche de pain, et un verre d'eau; voilà qui constituait le repas du détenu.
-Au cas où tu le saurais pas, on est en guerre, Malefoy, dit-elle d'un ton féroce.
Les paroles de Neville lui revenaient en tête, et ça l'énervait.
-Alors si tu t'attends à recevoir de la dinde, du fromage bleu et du vin rouge vieilli, tu risques d'attendre ici éternellement.
Elle le détailla du regard; il avait l'air très mal-en-point. Il avait maigri, son teint était plus pâle qu'à l'habitude. La couleur de ses cheveux avait terni, mélangée avec de la poussière, de la sueur et quelques gouttes de sang.
Il avait l'allure d'un homme fatigué, lassé, affaissé.
Hermione l'envia soudain; il allait sûrement bientôt mourir, et il avait le droit de laisser tomber, de se reposer. En plus, il était seul toute la journée. Que demander de mieux?
Elle s'avança vers la fenêtre.
-Je sais pas ce qui te pousse à garder le silence, Malefoy, dit-elle le front collé contre la vitre qui la fascinait toujours autant, mais il va falloir que tu me dises quelque chose parce que… si tu le fais pas, c'est plus moi qui vais venir te voir. Ce sera des agents qui fonctionnent avec la torture physique. Alors évite-toi cette peine, et dis quelque chose.
Elle se retourna vers lui, s'attendant à ce qu'il ouvre la bouche. Il n'en fit rien, autant s'adresser à un mur.
Elle ne put s'empêcher de remarquer que malgré toute la poisse que dégageait cet endroit, malgré son état précaire, il gardait toujours cette allure fière et noble, cette même allure qu'il avait à l'époque de Poudlard.
Et le voir étendu là, sans pouvoir ni force, lui faisait un effet étrange. Elle avait l'impression de parler à une coquille vide, et elle détestait cette impression. Pourquoi refusait-il de parler?
Elle n'aurait jamais cru penser cela, mais les remarques acerbes et les insultes déloyales lui manquaient presque.
Il n'avait pas le droit de lâcher. Si elle était obligée de rester en vie et de se défendre, alors lui aussi l'était. Elle refusait simplement de lui laisser ce plaisir.
-Dis-moi Malefoy, susurra-t-elle en décollant son front de la vitre pour lui faire face. Comment se fait-il qu'on n'entende plus parler de tes charmants parents?
Elle ne fit aucun mouvement, en attente d'une réaction de sa part, et toujours rien. Il cligna des yeux avec un air lassé.
Non mais qu'est-ce qu'il lui prenait? Elle commençait sérieusement à s'énerver. Ce petit vaut-rien qui se la jouait muet pour l'énerver, juste comme ça. Il a sûrement dû remarquer qu'elle avait développé une certaine insensibilité, avec le temps, vis-à-vis ses remarques. Il a donc changé de tactique : le mutisme allait avoir raison d'elle. Oui, c'était la seule solution possible.
-J'ai entendu dire bien des choses, tu sais, continua-t-elle en allant s'asseoir sur le bord du lit.
Elle allait jouer le jeu. Elle allait faire comme si de rien n'était, et peut-être qu'en pensant qu'elle s'en foutait carrément de son petit manège, il se déciderait à dire quelques mots.
-Apparemment, reprit-elle, selon les rumeurs, ton cher père aurait été assassiné par Tu-sais-qui lui-même après avoir quitté les troupes lors de la Grande Bataille de Poudlard.
C'en était carrément jouissif; voilà qu'il serrait la mâchoire. Il ne tarderait pas à craquer, c'est sûr.
-Puis ton agréable mère, folle de désespoir, s'est enfuie on ne sait où, termina-t-elle avec délectation. Peut-être s'est-elle fait écraser par un géant en cours de route… Qui sait?
Bingo, voilà qu'il a détourné son regard vers elle. Elle fixait à présent directement les orbes métalliques de Drago. Ses yeux étaient réellement magnifiques. Si profonds et si froids… ils sont uniques; jamais elle n'en avait vu de pareils.
Sauf que ces yeux si uniques la fixaient à l'instant-même avec une expression beaucoup moins plaisante.
Étrange… Elle qui attendait une quelconque réaction de sa part, voilà qu'elle regrettait déjà ses propos.
Lui était fatigué. Et il avait eu la paix avant qu'elle ne franchisse cette porte. Le silence qui l'enveloppait quand il était seul… Il en avait rêvé ardemment pendant les brefs moments où autrefois il avait la chance de s'assoupir quelques minutes. Depuis son arrivée dans cet endroit qui lui est inconnu, il est en paix. Puis elle arrivait.
Il a fini par connaître sa routine d'abord, il entendait ses pas raisonnant dans l'humidité des souterrains, ensuite, elle frappait à la porte, comme si elle lui rendait simplement visite. Aujourd'hui, par contre, elle n'avait pas frappé à la porte. Elle avait descendu les marches, et elle parlait avec quelqu'un. Il avait d'abord cru qu'elle ne viendrait pas seule. Mais les voix s'étaient tues, et ses pas à elle se rapprochaient. Elle est arrivée devant la porte, puis elle a toussé. Ensuite, elle est entrée d'un air jovial, air qu'il abhorrait particulièrement. Il n'avait jamais besoin de regarder en direction de la porte pour s'assurer que c'était elle et pas quelqu'un d'autre comme cet imbécile de Longdubat. Il savait toujours que c'était elle. Il le savait par son odeur.
Il arrivait à l'imaginer assez aisément maintenant; le nombre de fois où il avait senti le besoin de l'entrevoir sans qu'elle ne soit présente ayant beaucoup aidé. Il se l'imaginait donc, franchissant la porte, ses cheveux bruns ondulant avec ses gestes. Elle portait, sous sa cape, des vêtements de moldus, et se mouvait avec une grâce incroyable.
Il ne pouvait le nier, ça l'avait incroyablement soulagé de voir qu'elle avait été désignée pour se charger de lui. Non pas qu'il avait l'intention de se confier à elle plus qu'à un autre, mais au moins, il aurait le loisir de l'entendre parler quelques instants de plus.
S'il se serait entendu penser quelques années plus tôt, il ne croirait certainement pas à ces propos, et il en rirait même. Sauf que voilà, les choses étant comme elles sont, il y des parties de notre vie sur lesquelles nous n'avons aucun contrôle. Et Hermione en faisait partie.
Sa petite routine en tant que détenu se résume donc à passer la nuit en pensant à n'importe quoi tout en faisant quelques cauchemars pendant ses brefs assoupissements. Pas si terrible, finalement… En plus, il avait droit à une Hermione qui faisait des monologues pendant des heures d'affilée. Que demander de mieux?
Il ne s'attendait pas à ce qu'aujourd'hui soit perturbé de la sorte. Il pensait avoir droit à l'habituel récit où Hermione récitait des menaces qu'elle ne mettait jamais à exécution, mais à la place, voilà qu'elle lui sert des salades sur le sort de ses parents en pensant que ça allait susciter une réaction de sa part à lui.
Ce qu'il trouvait étrange, en fait, ce qui le perturbait au plus haut point depuis qu'il l'avait revue dans ce trou à rat, c'était son comportement à elle. Elle avait fait comme s'ils n'étaient que des connaissances. Or, ils n'étaient pas seulement des connaissances. Ils n'ont pas fait que partager des salles de classes, ou encore des rondes pendant qu'ils étaient préfets à Poudlard; ils ont partagé plus que ça. Lui, il s'en rappelait.
Il s'en souvenait à chaque seconde, ça le hantait depuis quelques temps.
Et elle ne s'en souvenait pas.
Elle préférait dire des absurdités sur ses parents.
Faisait-elle semblant, ou avait-elle réellement oublié le passé? Rien que le fait de considérer la deuxième option lui broyait les entrailles, alors il préférait largement penser qu'elle faisait semblant.
Et donc, pour continuer à faire semblant, voilà qu'elle s'est mise à lui parler de ses parents. Visiblement, elle ignorait qu'il se fichait de leur sort comme de sa plus vieille chaussette.
Il continuait de la sonder du regard.
-Bon, peut-être pas par un géant, reprit Hermione, mais, enfin, on sait pas trop où elle se trouve…
Elle se leva du lit. Bizarrement, la réaction de Drago l'avait prise de cours. Elle savait qu'elle n'allait plus s'aventurer sur ce terrain là; la mort de ses parents devait profondément l'affecter, se disait-elle. Elle serait sadique de jouer à ce jeu mesquin.
Elle traversa la pièce et alla se remettre devant la fenêtre. Son regard se perdit dans la triste pluie diluvienne qui trempait l'extérieur, et elle se sentit prise de désarroi.
Elle perdait son temps, et elle le savait. Il ne dirait rien. Le véritasérum n'avait absolument aucun effet sur lui, et il était un excellent occlumens. Ce qu'elle savait aussi, c'est qu'Harry ne tardera pas à la remplacer dés qu'il sera de retour pour constater son manque de progression inquiétant.
Bon, elle ne perdait rien, mais Drago…
Elle se remémora un événement qui l'avait marquée, aux débuts sombres de la guerre. Il s'appelait Creg Hupfer. C'était un mangemort qu'ils avaient réussi à prendre du champ de bataille pour le soigner et, ainsi, l'interroger. C'est ce qu'on lui avait dit, du moins. Parce qu'elle s'était rapidement rendue compte que ''l'interroger'' n'était que l'introduction d'une longue procédure pénible, puis très douloureuse et, finalement, fatale. C'était tout simplement horrible. Évidemment, elle était contre toute forme de torture; c'était l'arme puérile de la coalition, pas la leur. Mais elle n'avait malheureusement plus son mot à dire. Harry lui-même n'était qu'une figure.
En réalité, il s'est formé des petits groupes chargés de la protection d'un territoire ou d'une unité. Et chaque petit groupe faisait absolument tout ce qu'il voulait. Résultat : aucun prisonnier de l'ordre n'est resté vivant plus de trois semaines. Drago n'allait sûrement pas avoir un traitement spécial, au contraire. Il est reconnu comme étant un membre très actif et, donc, potentiellement très dangereux.
Au moins, s'il parlait vite, il s'éviterait une mort lente et douloureuse. C'est ce qu'elle allait essayer de lui offrir. Elle avait été égoïste de penser à le garder en vie un instant plus tôt. Si elle-même avait été prisonnière, elle aurait préféré un rapide Avada Kedavra.
Mais tout cela était étrange. Pourquoi se mettait-elle à le prendre en pitié, ou encore à s'inquiéter de son sort? C'était complètement stupide, et absolument irréfléchi. C'était quand même Malefoy… Enfin, elle n'était plus sûre de rien. Et alors? Ça changeait quoi qu'il soit Malefoy? Ils étaient tous dans un merdier si intense que... l'Ordre ou La coalition, quelle différence? Les idéaux auxquels ils s'étaient tous accrochés jadis étaient désormais enterrés sous les cadavres souillés et mutilés. La vrai cause a été perdue il y a bien longtemps de cela. Elle le savait, au fond d'elle-même, et l'amertume qui accompagne cette vérité coulait dans ses veines en la brûlant à chaque battement de cœur.
Elle soupira bruyamment, lassée.
-Écoute, dit-elle en se retournant pour lui faire face. Tu seras bientôt mort, c'est juste une question de temps. Il faut… il faut absolument que tu dises quelque chose, n'importe quoi d'utile. Et avec un peu de chance, je m'arrangerai pour que tu…enfin, que ça se fasse sans douleur.
En entendant ce qu'elle disait, il se retourna et se cala sur son coude pour lui faire face à son tour. Puis il sourit. Franchement, il trouvait sa réaction assez comique. Ainsi, elle croyait qu'il pensait avoir une chance de vivre? Il ne le savait que trop bien qu'ils allaient utiliser tous les moyens possibles pour lui soutirer des infos avant de l'achever, et il était décidé à les aider le moins du monde.
Hermione se sentit quelque peu insultée. Elle essayait de lui rendre la vie plus facile, et voilà qu'il se moquait d'elle.
-Ça te fait rire? lui dit-elle d'un air dédaigneux. Malefoy, ce que t'a à dire pourrait sauver la vie de milliers de personnes! …Non, mais à qui je dis ça? T'en a rien à foutre des ''autres''. C'était toi qui détruisait famille après famille, qui commettait toutes ces horreurs que nous, arrivés trop tard, trouvions étalés sous nos yeux.
Elle continua sur son élan.
-…Deux ans, Malefoy. Ça fait deux ans que ça se passe toujours de la même manière. T'en a pas marre à la longue? Ça te plaît de voir des atrocités, d'entendre les cris, de déchirer ce qui reste comme espoir aux autres? As-tu perdu toute notion d'humanité, ou as-tu simplement hérité de la démence légendaire de l'énergumène qui te sert de tante?
Elle le fixait droit dans les yeux, s'étant approchée de lui sans le sentir alors qu'elle déversait toute sa rage. Elle avait pensé chaque mot de ce qu'elle avait dit, mais pourtant, elle se demandait si elle avait eu raison de parler de la sorte. Elle ne savait jamais comme réagir avec lui. C'est une chose qui n'a pas changé depuis l'époque…
Il soutenait son regard sans cligner des yeux. Il n'avait capté que quelques bribes de ce qu'elle venait de dire, mais il en avait lu la totalité dans ses yeux. Elle a toujours été très expressive.
Hermione se redressa en soupirant, planta son regard dans le sien, puis se détourna de lui en marchant vers la porte. Elle s'en allait. C'était stupide; elle avait réellement pensé pouvoir lui soutirer quelque chose. Et elle s'énervait avec lui inutilement.
Dommage… Il aurait pu s'éviter une mort des plus douloureuses. Maintenant, elle savait que ça ne relevait plus de sa compétence. Neville allait trouver quelqu'un pour s'occuper de lui.
Elle tourna la poignée en tirant la porte vers elle.
-Vous ne gagnerez pas, souffla Drago dans un soupir presque imperceptible en se recouchant sur le lit.
-C'est ton opinion? dit Hermione en se retournant pour lui faire face.
-C'est pas mon opinion, c'est un fait! dit-il en élevant rageusement la voix.
-La différence entre toi et moi, Malefoy, c'est que j'ai confiance en notre force et en nos capacités, répondit-elle les mains sur les hanches.
Il se mit à rire doucement. Vexée, Hermione se renfrogna.
-…Votre force et vos capacités ne peuvent rien contre un tyran immortel, répondit-il avec dégoût en perdant toute trace d'humour.
-Mais où étais-tu les deux dernières années? lui dit Hermione. Au cas où ça aurait échappé à ton ingénieuse raison, tous ses horcruxes ont été détruits! Il ne reste plus que lui…
Elle s'était rapprochée de son lit, toujours debout. Lui regardait le plafond sans ciller. Il n'avait plus son air las. Il semblait réveillé, conscient de ses paroles.
-Les horcruxes sont une douce caresse comparés à ce qu'il vient de créer, dit-il simplement.
Un ange passa.
Elle le fixait, ahurie. Elle n'était pas sûre d'avoir bien compris ce qu'il venait de dire. Ça dépassait toute idée; existait-il vraiment pire invention que les horcruxes?
-Que veux-tu dire? Qu'a-t-il créé? s'emporta-t-elle en tentant tant bien que mal de dissimuler son hystérie.
-À ma connaissance, personne n'en sait quoi que ce soit, répondit-il. On sait juste qu'un jour il a réuni les troupes, puis il a annoncé que, désormais, plus aucun mortel ne mettrait en danger son existence.
-Et, c'est tout ce qu'il a dit? s'empressa-t-elle de demander.
-Avec d'autres détails à propos de sa majestueuse personne, répondit-il lentement. Mais sur le fait qu'il allait régner sur le monde éternellement, c'est tout ce qu'il avait dit.
Hermione s'adossa sur le mur faisant face au lit, et se laissa glisser le long des pierres pour s'assoir sur le sol. Ainsi, si ce que Malefoy disait était vrai, ils étaient perdus, condamnés. Le mage noir avait disparu subitement pendant ces deux dernières années, et Harry l'avait vite fait remarquer. Visiblement, ce n'était pas pour des vacances au Sud…
-Et maintenant, demanda-t-il en tournant sa tête vers elle, quel est ton plan, Granger?
Quel merdier! Elle se releva, réalisant l'ampleur de la situation. Elle devait en informer les autres.
-Tu t'es surpassé aujourd'hui, Malefoy, lança-t-elle en se dirigeant vers la sortie. À très bientôt!
En entendant la porte claquer, il redirigea son regard vers le plafond et se perdit dans ses pensées.
-Neville, il faut que je te voie un moment, dit Hermione en déboulant dans la pièce qui servait de salle de réunion.
-On termine dans une vingtaine de minutes, lança-t-il du bout de la longue table. Entre, joins-toi à nous.
-C'est urgent, ça ne peut pas attendre.
-Euh… D'accord, j'arrive, dit-il en se levant. Ginny, remplace-moi un moment.
Il sorti, ferma la porte, puis se retourna vers Hermione.
-Harry est revenu? demanda-t-elle.
-Ouais, ça fait près d'une heure, répondit-il. La troupe aux quartiers de l'est n'a pas pu venir à la réunion, alors il est parti s'informer directement.
Elle avait l'air pensif.
-Ah, d'accord, répondit-elle simplement, songeuse.
-Au fait, à propos d'Harry, entreprit Neville, j'ai une idée à propos de ce qu'on aurait ''soutiré'' à Malefoy…
-Pas besoin d'idée, trancha-t-elle. Il a parlé.
Neville la regarda avec des yeux ronds, surpris. Il n'eut toutefois pas l'occasion d'en savoir plus...
-Hermione! lança Harry en arrivant dans le hall.
-Harry! T'es revenu, dit-elle affichant un beau sourire.
Elle était toujours contente de le voir, et ce, peu importe les circonstances.
-Désolé pour le retard, dit-il en s'arrêtant près des deux aurors. Hagrid m'a appris que les sirènes se sont retournées contre nous, encore, et il a fallu que je renégocie avec elles. Il est hors de question que l'on perde la prochaine bataille.
-Et, ça a réussi? demanda-t-elle, hésitante.
-Oh oui! Il m'a suffit d'élargir leur territoire jusqu'à la frontière de l'Atlantique, et le tour était joué!
Il rayonnait littéralement. Évidemment, la perte de Ron n'a pas été légère, et Harry essayait de se noyer dans le travail. Ainsi, non seulement il avait la possibilité de penser à autre chose, mais, aussi, il se sentait utile.
Hermione redoutait le moment fatidique où elle devrait lui transmettre la nouvelle. Elle ne voulait pas éclater sa bulle de contentement, et pourtant il le fallait.
-C'est génial! dit Neville de son ton enjoué habituel.
-Eh ouais… Et sinon? reprit Harry. Vous avez appris quoi avec Malefoy?
-Hermione allait justement m'en parler avant que t'arrives, dit Neville.
Les deux hommes se tournèrent vers Hermione, attendant qu'elle prenne la parole.
Quant à la jeune femme, elle avait le regard lointain. L'information que lui avait dit Malefoy mettait son temps à être absorbée. Alors comme ça, ils tournaient en rond… Ils s'épuisaient à se batailler, à perdre leurs membres, à donner tout ce qu'ils avaient jusqu'à ne plus rien posséder, et ce, pour une cause perdue d'avance. Ça devait amuser le Mage noir de les voir perdre la vie, apeurés, déboussolés, esseulés.
-Hermione, dis-moi ce qu'il y a, dit Harry en lui prenant les épaules.
Il avait tout de suite senti que quelque chose ne tournait pas rond. Hermione est toujours décidée quant il s'agit de défendre leur cause. Et là, elle avait un regard distant, chargé de pensées.
Elle soupira, puis elle se décida enfin à les regarder en face.
-J'ai… une mauvaise nouvelle, finit-elle par dire.
-Dis toujours… lança Neville en croisant ses bras.
-Selon Malefoy, Vous-savez-qui est maintenant immortel, lâcha-t-elle lentement, guettant la réaction du Survivant.
-…Quoi ? Mais, Hermione, on a détruit ses sept horcruxes, il ne reste que lui… Il n'est pas immortel, voyons ! dit-il en s'approchant d'elle davantage.
Harry tentait vainement de la convaincre, de lui faire recouvrer la raison. Avec un peu de chance, elle aurait juste zappé ce détail. Il fallait qu'elle se trompe…
Autrement, il devrait admettre l'inadmissible. Si Voldemort était devenu immortel… Non, ça ne pouvait pas être possible.
-Je le sais bien, ça, reprit-elle en soupirant. Mais Malefoy a parlé d'un autre type de magie, beaucoup plus puissant que celui des horcruxes, qu'il a ensuite qualifiés d'une douce caresse comparés à son invention.
-C'est impossible… Ça ne se peut pas, non.
Harry faisait les cent pas dans le hall. Neville restait debout, muet. Et Hermione s'était encore perdue dans ses pensées.
À cet instant précis, un vide gênant accompagna les pas résonnants de Harry. La situation dans laquelle ils se trouvaient était on ne peut plus ironique. Voilà que l'espoir auquel ils s'accrochaient tous pendant deux années sombres, l'espoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres, venait de partir en cendres. Ils se sont essoufflés sans relâche, puisqu'ils étaient convaincus que c'est en persévérant qu'ils viendraient à bout de cette guerre.
Pendant ce temps, Lord Voldemort était on ne sait où, entrain de se rendre immortel, en envoyant ses troupes de temps en temps pour rigoler un peu. Et eux, Harry, Neville, elle-même, Ron, l'Ordre au complet, se donnaient au maximum, croyant arriver à quelque chose. Au bout du compte, ils avaient l'air de vulgaires pantins, tirés par les fils invisibles d'une fausse croyance.
Les pas de Harry raisonnaient encore dans le hall du QG, et Hermione était là, debout et immobile, les bras ballants. Puis elle se mit à rire. Ne pouvant plus s'arrêter, elle fut prise d'un fou rire incontrôlable. Harry s'arrêta de marcher, il la regarda, ahuri.
-Est-ce que je dois prévenir les autres ? demanda Neville à Harry. Ils sont encore en réunion, et ce serait le moment de…
-Non, surtout pas, trancha Harry. Nous en parlerons à Ginny, pour l'instant, mais ça sera tout.
Sa voix se mêlait aux éclats de rire d'Hermione qui emplissaient le hall, rires sans aucun humour.
-Neville, cette information restera entre nous quatre, reprit-il en élevant le ton pour mieux se faire entendre. N'en parlons à personne d'autre.
Neville hocha gravement la tête, puis il se tourna vers Hermione. Elle pleurait en riant.
-Hermione, s'il-te-plaît, arrête, lui dit Harry en s'approchant doucement d'elle.
Progressivement, son rire diminua, puis elle se tut.
-Et pourquoi veux-tu qu'on garde le secret Harry ? demanda-t-elle d'une voix enrouée en s'essuyant les joues.
Harry soupira. Il n'aimait pas la voir dans cet état.
-Il vaut mieux de garder ce genre d'information entre nous, on ne sait jamais.
D'un bond, la jeune femme se leva, et fit face à son meilleur ami en un quart de seconde. Elle ne riait plus du tout.
-On ne sait jamais quoi ? cria-t-elle en le regardant dans les yeux. Par pitié, épargne-nous ton optimisme ridicule… Tu sais aussi bien que moi que c'en est fini pour nous. Tu-Sais-Qui vient de gagner, et même si une solution existe pour le sortir de l'éternité, nous ne la trouverons jamais assez tôt.
La pression qui régnait dans le hall était quasi-palpable. Neville était en retrait, il ne ratait pas un seul mot de l'échange. Hermione et Harry étaient face à face, enflammés. Ni l'un ni l'autre n'était conscient de ce qui l'entourait, absorbés par ce qu'ils ont longtemps pensé sans jamais avoir osé le dire.
-Dans ce cas, pourquoi s'en occuper ? répondit-il en haussant systématiquement le ton. Laissons-le gentiment s'amuser à s'approprier tous les biens et à asservir ce qui reste de l'humanité. En attendant, on a qu'à… faire du thé, tiens ! Luna plante justement de la lavande depuis quelques mois.
Hermione soutint son regard quelques secondes, puis elle tourna sa tête, regardant ailleurs. Harry soupira. Il s'approcha de son amie et lui prit les épaules en signe d'affection.
-Nous nous battrons, Hermione, murmura-t-il en baissant la voix.
Il chuchotait presque.
-Nous nous battrons jusqu'à la dernière seconde pour cette cause à laquelle je ne cesserai jamais de croire, continua-t-il.
Hermione tournait peu à peu la tête vers lui, soutenant son regard, et absorbant ses paroles. Un silence bienfaiteur s'installa.
Un bref moment plus tard, la porte de la salle de réunions du premier étage (anciennement une salle d'attente pour les blessés par créatures vivantes) s'ouvrit à la volée, laissant sortir en petits groupes une douzaine de sorciers qui discutaient vivement de sujets divers. Ginny fut la dernière à sortir de la salle. Elle referma la porte derrière elle, et se dirigea vers Harry, Hermione et Neville.
-Quelle plaie, cette Victoria, lança-t-elle en s'approchant d'eux. Elle ne manque aucune occasion pour relever la population décroissante des sirènes.
-Oh, t'as qu'à l'ignorer, répondit Neville en réajustant sa cape. La plupart du temps, elle cherche juste à se faire confier une mission, alors elle attire l'attention sur elle.
-Eh bien, peut-être que si elle visait juste, elle en aurait, des missions, s'enflamma presque Ginny, les mains sur les hanches.
Harry et Neville rirent de bon cœur. Hermione, sortant de sa torpeur, esquissa un léger sourire.
-Au fait, Neville, John a demandé à te voir, dit Harry en reprenant un ton moins rieur.
-Oui, j'ai reçu son patronus, tout à l'heure, répondit ce dernier. J'y vais de ce pas. Et ne m'attendez pas pour ce soir, je passerai sûrement un ou deux jours au nord, y'a beaucoup de choses à régler dans ce coin.
-Entendu, reprit Harry.
Alors que Neville sortait sa baguette et rabattait sa capuche sur sa tête, Ginny se mit à son tour à ajuster sa cape, l'air de s'apprêter à sortir.
-Tu vas quelque part ? demanda Harry à la jeune femme.
-Oui, je vais sécuriser le périmètre, répondit-elle. Dean est rentré y'a quelques minutes pour se reposer. Je dirai à Dawlish de rentrer, lui aussi.
Elle sortit sa baguette, et rabattit sa capuche sur sa tête.
-Je vais t'accompagner, lui dit Hermione en mettant sa cape. J'ai besoin de prendre l'air.
-Et toi, dit Ginny en pointant Harry du doigt, tu vas monter dans la chambre et tu vas te reposer, toi aussi.
Il se passa la main dans les cheveux en soupirant.
-Je dirais pas non, finit-il par répondre. Soyez prudentes !
Il devait être autour de 15 h de l'après-midi. Les deux jeunes femmes marchaient sous une fine brise tombant du ciel gris londonien. La poussière qui jonchait le sol s'est transformée en boue, et le bruit de succion que faisaient leurs chaussures rythmait la cadence de leurs pas.
Il n'y avait pas un chat dehors. Le silence régnait en maître, insidieux, remplissant les coins les plus étroits et s'élevant jusque dans les plus hauts nuages.
Leur baguette brandie en avant, Hermione et Ginny marchèrent quelques dizaines de mètres sans échanger un seul mot. Elles respiraient de grandes bouffées d'air humide et purifié par la pluie.
-Je m'inquiète un peu pour Harry, dit Ginny, brisant ainsi le silence.
Arrivées à l'intersection, elles tournèrent à gauche de la boutique de l'apothicaire, désormais en ruines. Le champ était libre.
-Quand on est allé voir Hagrid, reprit-elle, il n'a pas dit un seul mot. J'ai dû moi-même mettre Hagrid au courant pour Ron.
-Et comment il va ? demanda Hermione.
-Oh, il a pas arrêté de pleurer quand je lui ai dit, je ne savais même plus comment le réconforter.
-Hagrid a toujours été très sentimental…
Elles s'engagèrent sous un pont de pierres grises. Dans les flaques d'eau sombres, elles voyaient leur reflet onduler gracieusement.
-Et au fait, comment se passent les journées avec Malefoy? Lui demande Ginny avec un sourire en coin.
Elle a choisi ses mots exprès.
-C'est la grande joie ! entreprit d'expliquer Hermione en entrant dans le jeu de son amie. Figure-toi qu'entre les tasses de thé conviviales et les longues discussions, il m'a appris que Tu-Sais-Qui était désormais immortel ! Qui l'eût cru ?
Ginny s'immobilisa sur le champ. Ne s'en apercevant pas, Hermione fit quelques foulées avant de s'arrêter à son tour. Elle se retourna pour faire face à son amie.
-C'est une blague, c'est ça ? demanda Ginny d'une voix juste assez haute pour se faire entendre.
-Absolument pas, murmura Hermione.
D'un tic nerveux, la plus jeune des Weasley se passa la main dans les cheveux en levant la tête, son regard fixé aux horizons embrumés.
-Qui est au courant ? demanda-t-elle enfin après quelques secondes de silence.
-Il n'y a qu'Harry, Neville, toi et moi qui le savons, lui répondit Hermione en vérifiant rapidement ses arrières, sa baguette toujours brandie.
On n'est jamais trop prudent.
-C'est très contraignant comme nouvelle, je pense, continua Hermione. Mais Harry ne veut pas qu'on abandonne le combat. Alors…
Elle marqua un silence.
-Bien entendu, vous avez cru Malefoy tout de suite, répliqua Ginny avec son ton sarcastique légendaire. Surtout quand on connaît bien Malefoy, on sait qu'il ne lui arrive jamais de mentir.
Elle marque un point. Jusqu'ici, ils ont tous supposés qu'il disait vrai. Ils n'ont pas considéré l'option qu'il racontait n'importe quoi.
-Ça m'étonnerait beaucoup qu'il ait menti, répondit Hermione sans trop d'assurance.
-Eh bien ton étonnement ne sera pas la seule conséquence de ses mensonges, t'en es consciente ?
Ginny s'est enflammée. Elle est visiblement très en colère. Et Hermione se tait. Elle ne peut pas se risquer à diriger la discussion quelque part, puisqu'elle-même ne sait pas où les choses en sont.
Les jeunes femmes n'ont jamais besoin de trop s'expliquer, elles se comprennent toujours sans trop d'efforts. Et maintenant, Hermione sait que Ginny est en colère à cause de l'incertitude qui entoure la révélation du jeune Malefoy. Contre ça, elle-même ne peut rien.
Les mains sur les hanches, la brune soupira lentement, puis elle examina les alentours en attendant que son amie se calme.
-Vient, on continue la ronde, les autres vont s'inquiéter si on tarde trop, lui lança-t-elle après un moment.
Ginny releva sa baguette, et rejoignit Hermione décidée à rentrer le plus tôt possible.
Elles reprirent leur marche en avançant plus vite, à petites foulées. Sans plus dire un mot, chacune des deux aurors regardait attentivement autour d'elle, vigilante. Elles tournaient au coin de chaque bâtiment qui délimitait la zone de leur QG. Il ne restait plus que quelques dizaines de mètres entre elles et l'Hôpital Ste-Mangouste, quand quelque chose attira leur attention.
Elles venaient d'entendre un bruit, comme une pierre qui a déboulé. Les deux jeunes femmes s'arrêtèrent, se mirent dos à dos, leur baguette tendue devant elles.
-Qui est là ? lança Hermione d'une voix forte. Annoncez-vous immédiatement.
Sa voix résonna en écho loin jusque dans le champ de ruines. Elles étaient dans une longue ruelle bordée de vitrines d'anciennes boutiques désormais poussiéreuses et sombres. Ça ne les aidait pas du tout le bruit aurait pu venir de n'importe où.
Elles tournaient sur elles-mêmes lentement, toujours dos-à-dos, en scrutant attentivement chaque détail des environs. Il n'y avait pas un chat dehors.
-Peut-être que c'était juste le vent, murmura Ginny.
-Il n'y a pas de vent, répondit Hermione aussi bas.
Au loin, Ginny aperçoit une cape noire qui a ondulé en s'apprêtant à tourner au coin d'une rue.
-Là ! cria-t-elle en lançant l'incantation informulée du sort d'immobilisation.
Un éclair rouge jaillit de sa baguette et rata sa cible de quelques centimètres, juste avant que celle-ci ne disparaisse loin d'elles.
-On le suit ? demanda la rousse en s'apprêtant déjà à courir vers l'intrus.
Hermione lui empoigna le bras tout de suite.
-Non, on retourne au QG, répondit-elle très bas. Si ça se trouve, il n'est pas seul.
-Mais s'il y a quelqu'un d'autre, il risquerait de nous suivre !
Sans attendre un moment de plus, Hermione empoigna solidement le bras de son amie et transplana dans un lieu privé d'éclairage.
D'un coup de baguette, Ginny illumina l'endroit, révélant un local abandonné qui servait sûrement de magasin de prêt-à-porter moldu avant le début de la Guerre.
Vu la poussière qui jonchait le sol, il est évident que personne n'est passé par ici depuis très longtemps.
-Allons-y, dis Hermione en s'avançant vers ce qui servait de comptoir de paiement à l'époque où le magasin était fréquentable.
Ginny la suit sans poser de question. Ce magasin a été transformé en issue de secours au cas où quelqu'un voudrait entrer ou sortir du QG en évitant l'entrée principale. Et sous le comptoir de paiement se trouvait une trappe invisible à quiconque ignorait son existence.
Guidés par la lueur que projetait la baguette d'Hermione, les deux aurors s'inclinèrent, ouvrir la trappe, et s'enfoncèrent dans les escaliers souterrains humides et glissants.
Maintenant qu'elles étaient en sécurité, elles réalisèrent qu'ils avaient un problème, et un gros !
Depuis que les membres de l'Ordre occupent l'endroit, c'est la première fois qu'un intrus est venu aussi proche de leur QG.
Ce qui est sûr, c'est que l'intrus en question fait partie de la Coalition. Sinon, il aurait révélé sa présence sans attendre.
Et si ça se trouve, il ou elle les a peut-être reconnues… ou a peut-être entendu leur conversation. Si c'est le cas, alors il ou elle sait que Malefoy est retenu prisonnier.
Maintenant qu'il s'est enfui, elles sont sûres que les ennuis ne font que commencer.
Voilàà! Fin du troisième chapitre!
Alors, vos impressions?
Revieweeez! Plus vous êtes nombreuses à m'écrire et à me donner votre avis, plus j'écris vite.
Et je promet de ne plus jamais être aussi en retard :)
À très bientôt alors!
Et groos bisou à toutes!
