Bonsoir!
Etant donné des retours adorables, et de mon temps ce soir, j'ai souhaité updater aujourd'hui. Je suis ravie de voir que cette fiction vous intrigue, et j'espère pouvoir continuer à le faire.
Quant au couple Tom/Kate, j'avoue que Tom est le seul ex de Kate qui ne m'ait pas été détestable. Non pas que je les shippais, mais il y a je trouve, quelque chose de plaisant chez-lui. Un autre personnage va également faire son apparition dans ce chapitre.
Merci à emi (je suis obligée de te répondre ici.) pour ton enthousiasme.
En espérant que cette suite vous plaira.
Bises,
J.
(prochaine update mercredi ou vendredi prochain.)
Chapitre 2 : Ten seconds.
Kate attendait son amie dans un état proche de l'hystérie. En fait, il y avait bien longtemps qu'elle ne s'était pas sentie aussi fébrile.
Madison avait toujours été une amie présente pour elle, et la revoir était vraiment un instant que la jeune femme attendait avec impatience.
La jolie blonde avait été sa complice, sa partenaire de fous-rire, sa part d'insouciance et de joie de vivre pendant des années folles. Elles avaient fait ensemble les 400 coups au lycée, provoquant un nombre assez incalculable de crise de nerfs chez les professeurs les plus sensibles. C'était d'ailleurs en quelque sorte devenu leur but durant des cours d'un ennui soporifique.
Ses lèvres s'étirèrent dans un grand sourire irrépressible lorsqu'elle repensa à Mme Boyle, leur professeur de littérature en terminale. C'était une vieille dame proche de la retraite qu'elles s'étaient amusées à rendre folle. La pauvre en avait vraiment vu de toutes les couleurs.
Mais Madison avait été plus qu'une partenaire de jeu. Elle avait été son moteur durant une période beaucoup sombre : le meurtre de sa mère.
Kate n'était pas du genre à s'épandre sur ses malheurs. La brunette privilégiait toujours le bonheur de ses amis, et s'en contentait si ceux-ci étaient au mieux de leur forme. Elle ne voulait pas rajouter une couche à de quelconques soucis et s'en était toujours accommodée.
Pourtant il arrivait un temps où le poids qui pèse si lourd dans votre cœur menace de vous faire sombrer, et cela à tout jamais.
Kate avait traversé une période des plus pitoyables. On lui avait enlevé sa mère, sa génitrice, la femme à qui elle devait la vie bon sang ! Celle qui l'avait éduquée, qui lui avait collé un sparadrap sur un genou écorché, qui venait la chercher à l'école, qui l'avait bordée lorsqu'elle était malade. Sa maman. Son tout.
Dès lors, elle avait cru que jamais elle ne pourrait recommencer à vivre comme avant. Comment le faire après une perte si brutale, si inattendue ? Il y avait un moyen, et un seul : retrouver et tuer le commanditaire de cette barbarie.
Madison avait été la voix de la raison. Son amie l'avait empêché de se laisser aller à un chagrin incommensurable, à une soif de vengeance trop profonde. Elle avait été son tuteur, tuteur sur lequel elle s'appuyait sans retenue. Pour tout dire, la jolie blonde avait maintes et maintes fois séché ses larmes, ces perles acides qui se déversaient par torrents sur ses joues.
Kate secoua doucement la tête. Elle ne voulait guère resonger à ces instants maintenant. Aujourd'hui, elle se sentait bien. Elle se sentait heureuse. Cette semaine allait être un de ces instants de gaieté à partager entre amies, de rires par milliers, d'anecdotes échangées, de complicité retrouvée.
Kate regarda sa montre et hocha la tête. L'avion de son amie devait avoir atterri désormais. Elle sortit donc son portable et se rendit près des halls où les passagers récupéraient leurs bagages, espérant apercevoir la blondinette le plus vite possible.
Elle pianota un message à la va vite, informant ainsi son amie qu'elle l'attendait à cette endroit précis, tout en continuant à marcher droit devant elle.
OoOoO
Rick Castle sortit le premier de l'avion. Il avait envie de se dégourdir les jambes après 8 heures assis sans avoir l'occasion de le faire, si ce n'est pour un bref aller-retour aux toilettes. Il avait appris à dominer sa peur, mais il n'empêche qu'une fois sur la terre ferme, il n'avait que pour seul et unique hâte celle de sentir le sol sous ses pieds.
Le fait de pouvoir jaillir aussi vite de l'habitacle avait été privilégié par son statut de célébrité. C'était là un des avantages qu'il aimait encore conserver.
Ainsi, il pouvait être tranquille, du moins pendant quelques secondes pour récupérer ses bagages, et non pas gêner par une foule mouvante, elle aussi pressée de vaquer à ses occupations.
Il alluma son téléphone pour consulter ses messages. L'opérateur lui annonçait que deux personnes avaient pensé à lui. [C'était en tout cas comme ça que l'éternel enfant qu'il était préférait le voir, il trouvait ça d'autant plus agréable.]
Rick appuya sur son écran pour découvrir l'identité de ces personnes.
Le premier était un de Kyra :
Bonjour mon amour. J'espère que tu es bien arrivé, et que tu n'as pas une nouvelle fois monopolisé l'attention des hôtesses parce que tu as cru voir l'aile de l'avion perdre un composant, ou pourquoi pas le moteur s'éteindre. Alexis est chez Paul, elle m'a dit que tu lui en avais donné l'autorisation. Prends soin de toi, tu me manques déjà. N'oublie pas de me dire à quelle heure tu rentres. Je t'aime. Kyra.
Ce petit sms lui arracha un grand sourire.
Kyra et lui s'étaient retrouvés il y avait 2 ans de cela. Seulement à l'époque, la jolie jeune femme était en couple, et semblait épanouie. Il n'avait pas prévu de la revoir. Il n'avait pas prévu que tous ces souvenirs lui reviendraient en pleine face, emprisonnant son cœur de sentiments contradictoires, convergeant néanmoins tous vers un même point.
Krya avait été son premier amour. Son premier grand amour du moins. Et peut-être le seul, à bien y réfléchir. Pour tout dire, l'auteur qu'il était s'amusait à dire que leurs deux âmes étaient connectées, intimement liées.
Dans le passé, elle avait été celle qui lui avait donné l'envie, le courage de persévérer, de se révéler. Belle, enivrante, entêtante, intelligente, cultivée. Il ne lui trouvait à vrai dire que des qualités. Son seul défaut peut-être était d'être si parfaite. Lui était le garçon réservé, qui attirait parfois l'attention sur lui avec quelques traits d'esprits maladroits, lui valant bien souvent une retenue par des professeurs nullement amusés.
Et pourtant. Krya était arrivée dans son lycée en cours d'année, et semblait un peu perdue. Le hasard, la chance, le destin peut-être, en tout cas, s'était comme ça qu'il préférait le formuler avait fait que la jeune fille avait été placée à côté de lui en classe. Si on s'accordait, peut-être que le fait qu'il eut été seul sur ta table avait un peu aidé. Sûrement, d'ailleurs.
Ils s'étaient bien entendus, passaient du temps ensemble, bien qu'ils se retrouvaient souvent séparés par d'autres amis qu'ils n'avaient pas en commun.
Et puis ce qui devait arriver était arrivé. Ce n'était plus de l'amitié qu'ils partageaient. L'amour avait pris le dessus, les liant, scellant leur âme.
Ensuite, il avait refoulé cette histoire. Un amour de jeunesse, comme sa mère l'aurait qualifié. Rick avait poursuivi sa vie, enchaînant des conquêtes sans lendemain, rencontrant la mère de sa fille avec qui, il est vrai, il avait aussi partagé un amour sincère. Enfin, le schéma s'était répété, et la facilité des conquêtes sans lendemain l'avait séduit.
Jusqu'à ce jour-là. Jusqu'à ce mois de février enneigé. Jusqu'à ce qu'il recroise ce doux regard. Jusqu'à ce que sentiment ravive son cœur.
Les choses s'étaient ensuite bousculées. Sans qu'ils le veuillent, sans qu'ils le cherchent.
Kyra et son fiancé traversaient une zone de turbulences sans précédent. Ce que Rick n'apprit que plus tard. Ils n'étaient pas à leur première dispute houleuse. Le passé la rattrapant, Kyra avait rompu avec son homme. Marre de ces incertitudes sur une vie future, elle avait préféré arrêter les frais plus tôt. C'était mieux ainsi.
Ensuite il y avait eu ce restaurant. En tout bien tout honneur évidement, sans même aucune arrières pensées, mais aussi et surtout pour l'ami qu'il était, Rick avait tenu à remonter le moral de la jeune femme, ne supportant pas de la voir au plus bas.
Ils avaient passé la soirée à parler du bon temps, évitant soigneusement tout sujet fâcheux, tout en se contentant de rire et de profiter, pour tout oublier.
L'alcool aidant, mais surtout un profond et réel désir les avaient poussé à se retrouver. Définitivement. Se retrouver, pour ne plus se quitter.
Rick relut le message une nouvelle fois, un vestige de sourire encore peint sur le visage. Il tapa sa réponse :
Bonjour toi. Je suis bien arrivé, et non, je n'ai pas traumatisé tous les passagers du vol. Pour une fois. J'espère que tout va bien, passe une bonne journée. Je t'embrasse. Rick.
PS : Alexis chez Paul ? Elle m'avait dit qu'elle dormait chez Emma …
Il afficha ensuite le contenu du second sms. Celui-ci était bien moins agréable à lire, et il aurait préféré que la destinataire l'oubli, pour une fois.
Rick, tu as exactement 30 minutes pour rappliquer. Ça fait déjà des semaines qu'on aurait dû se voir, je te rappelle que tu n'es pas une exclusivité et que j'ai un emploi du temps très chargé. J'ai dû me démener pour déplacer certains rendez-vous et t'accorder quelques heures, alors ne me déçois pas. Je t'attends, dépêche-toi. Ah, et tu as intérêt à avoir un manuscrit valable à me proposer. Si tu en es encore capable, mais j'en doute. Gina.
Rick poussa un profond soupir, et leva les yeux au ciel, exaspéré. Depuis quelques mois, Gina ne cessait de le relancer sur son manque d'écriture. Elle disait qu'il lui devait des comptes, que sa carrière avait atteint un point culminant grâce à elle, et qu'il n'en serait jamais arrivé là où il était sans son aide. En réalité, son ex-femme était simplement une sangsue avide d'argent, prête à tout pour se retrouver sous le feu des projecteurs.
Alors certes, elle avait été sa compagne, et il savait qu'elle possédait malgré cela de grandes qualités. Il n'empêche que depuis un certain temps, celles-ci n'apparaissaient plus, pas même durant un centième de seconde.
Rick avait été clair pourtant. Il lui avait maintes et maintes fois expliqué sa décision. Derrick ne lui plaisait plus, et il n'avait pas la force, ni l'envie de chercher une nouvelle histoire à écrire, un nouveau personnage à exploiter. Il désirait profiter, se consacrer à sa famille. Ce que Gina ne comprenait pas.
Elle songeait davantage à une crise passagère, à un caprice d'auteur imbu de sa personne. Ce genre d'homme qui perdait toute crédibilité à travers la presse à scandale, massacrant petit à petit son œuvre, préférant une soirée arrosée (et encore, ce mot était parfois un euphémisme) plutôt que le travail.
Rick ne faisait pas partie de cette catégorie de people. Certes, il aimait sortir et faire la fête de temps en temps, il ne s'en était d'ailleurs jamais caché. Mais pas de cette manière stupide où le but était de s'afficher le plus possible devant une foule de paparazzis, ou devant le gratin de ces « amis » célèbres.
Au contraire, lui était plutôt un casanier. Il aimait rester chez lui, jouer aux jeux-vidéos et particulièrement à Guitar Hero qu'il maîtrisait encore mieux que Jimi Hendrix lui-même ( dans ses rêves, en tout cas ), se goinfrer de pop-corn devant un film mettant en scène des extraterrestres ou des zombies, et faire des parties de sabres lasers avec Alexis. Ces moments étaient d'ailleurs ses instants favoris. C'était un rituel depuis que sa fille était toute petite, et il comptait bien le garder encore quelques années. De toute manière, il n'y avait pas d'âge pour jouer aux sabres-lasers, c'était un fait dont il était entièrement convaincu.
Toujours est-il que peu importe à quoi il consacrait son temps, Gina ne lui laissait aucun répit et ne cessait de le relancer.
Aujourd'hui, Rick comptait la retrouver en partie pour cette raison.
Il devait tout d'abord lui annoncer que non, il n'avait aucun manuscrit, et qu'il ne pensait pas en produire un dans les mois qui venaient. Passée cette annonce, si Gina n'avait pas subi une crise cardiaque foudroyante, ou qu'elle ne l'avait pas étranglé, il tâcherait de lui expliquer qu'il comptait rester en France, et non pas poursuivre sa vie à New-York, comme elle le désirait. En effet, elle trouvait cela plus pratique d'un point de vue échange. C'était le cas, certes, mais pour le moment, Rick ne voyait pas quelle utilité il aurait à rester près d'une femme qui gérait une carrière au point mort.
Castle aurait le droit à l'habituel couplet sur l'argent que Gina, ainsi que Black Pawn de manière générale avait misé sur lui, sur les pertes immenses qu'il engendrerait dans le futur. Comme d'habitude, elle le menacerait de porter plainte. Et comme d'habitude, elle ne le ferait pas.
Exaspéré, perdu dans ses pensées, il continua à marcher le plus vite possible, sans prendre garde à la direction qu'il empruntait ou aux gens qu'il frôlait. Il regarda son mobile.
Kate marchait toujours d'un pas pressé, continuant à harceler son amie de sms pour que celle-ci la retrouve. Portable en main, elle allait envoyer une dernière missive.
Une collision violente. Un poids.
Deux I-phone qui volent, effectuant sans aucun doute le plus prodigieux vol plané de leur vie.
Rick, Kate, trop occupés pour prendre garde à l'univers qui les entouraient s'étaient rencontrés de manière peu agréable.
Sous l'impact du choc, Kate s'était retrouvée projetée en arrière légèrement sonnée. Quant à Rick, il avait tenté d'éviter d'enlacer le sol en posant un genou à terre. Genoux qui étaient à présent très douloureux.
— Excusez-moi, je ne faisais pas attention et je ne vous ai pas vu arriver. Dit un Rick confus.
Kate dévisagea quelques secondes son interlocuteur. Se pouvait-il que ?
Mais oui, c'était bien lui. La jeune femme avait si souvent vu son visage sur ses livres qu'il n'y avait aucun doute à avoir. Richard Castle. L'écrivain. SON écrivain, en quelque sorte. Celui qui sans le savoir, sans le vouloir, l'avait tellement aidé. Là, en chair et en os, devant elle.
— Je... non, désolé je ne vous avais pas vu non plus. Bredouilla-t-elle.
L'homme lui tendit une main pour l'aider à se relever. Elle la saisit, et dans un sourire timide, le remercia.
Les regards s'accrochèrent, les iris se rencontrèrent. Un mélange électrique, ensorcelant. Inexplicable. Yeux dans les yeux, main dans la main, et toujours ce regard partagé, qu'aucun d'eux n'a envie de gâcher. Phénomène étrange, inexplicable, troublant. Leurs âmes se reflètent dans ce contact anodin, et chacun d'eux a comme l'impression de lire en l'autre. C'est juste un regard. Pourtant, plus tard, ils se rendront compte que tout cela, c'est bien plus.
Kate cligna des yeux la première, baissant les yeux sur leurs mains toujours jointes.
La magie se brise, le contact s'évanouit, s'évapore, comme si rien n'était arrivé, comme si cette connexion étrange n'avait jamais existé.
Rick se rend lui aussi compte que l'univers suit son cours autour d'eux, indifférent à cette petite bulle hors du temps, qui vient d'éclater après seulement quelques secondes d'existence.
— Oh, mon portable. S'exclame la brunette.
— Le mien est tombé aussi. Attendez, je vais vous aider à le chercher. Répond-il.
Il, elle se baisse, à la recherche de l'objet porté disparu.
Les mains s'effleurent, se referment sur l'objet de leur convoitise. Chaque propriétaire reprend possession de son bien. Kate, Rick, se relève d'un seul et même mouvement, ne se rendant pas compte de la proximité gênante de leurs deux corps.
— Je… Eh bien, bon voyage. Au revoir. Dit-elle.
— Euh, oui, vous aussi. Au revoir.
OoOoOo
A quelques mètres de là à peine, Madison cherchait son amie, se mettant sur la pointe de pied afin de mieux distinguer son visage si reconnaissable parmi une foule de voyageurs.
Enfin, après quelques minutes à batailler entre ces inconnus qui la bousculent puis, sa valise dans une main, elle l'aperçoit.
La blondinette marche à grand pas vers elle. Stoppée net dans son élan, elle s'aperçoit qu'elle n'est pas seule. Étrange, Kate lui avait pourtant dit qu'elle ne viendrait pas accompagnée.
La jeune femme plisse les yeux afin de mieux distinguer l'interlocuteur de son amie. Une chose est sûre, ce n'est pas Tom. Peut-être que Kate avait rompu – enfin – avec ce petit ami trop … parfait ?
Pourtant, si cela avait été le cas, elle lui en aurait sans doute parlé. Alors qui pouvait-être ce grand brun ?
Une expression de surprise se peint sur son visage lorsqu'elle reconnaît l'homme. Richard Castle. L'écrivain dont Kate lui avait si souvent parlé, la bassinant parfois sur ses romans. Elle savait son amie fan, mais elle n'était au courant d'une quelconque amitié entre eux.
L'expression de stupeur s'élargit devant la proximité qui semblait les lier. Se pouvaient-ils qu'il y est, derrière cette proximité frappante, bien plus qu'une amitié.
Pourtant, l'homme s'éloigne déjà.
— Ah non, pas au moment où ça devenait intéressant. Protesta-t-elle pour elle-même.
Elle sourit amusée en voyant Kate suivre le brun du regard. Madison la connaissait tellement qu'elle pouvait d'ores et déjà affirmer que Kate devait se mordre furieusement la lèvre inférieure, puis essayer de camoufler le rouge qui lui était monté aux joues suite à ce contact. Mais, bien évidemment, elle nierait en bloc tout moment d'intimité partagé, prétextant un hasard, ou bien un coup de chaud – et cela, même si la température extérieure pouvait avoisiner les -10 degrés. –
Toujours est-il que son amie allait lui devoir des explications.
— Kate ! hurla-t-elle à pleins poumons.
Son amie se retourna, cherchant d'où pouvait venir cette voix. Un large sourire, des yeux pétillants, une mine d'enfant accueillirent l'appel de Madison
Les deux jeunes femmes se rapprochèrent à grands pas l'une de l'autre, partageant ce même air ravi. Quiconque était témoin de cette scène pouvait sans aucun doute se rendre compte que cette euphorie n'était pas feinte, et qu'une grande amitié liait intimement la brunette et la jolie blonde.
Enfin, elles se jettent dans les bras l'une de l'autre, ce même sourire béat toujours peint sur les lèvres. Des retrouvailles, des promesses, un désir de rattraper en une semaine le temps perdu.
Le portable de Kate vibra, stoppant l'étreinte que les jeunes femmes échangeaient.
Le lieutenant n'eut pas le temps de découvrir le destinataire du sms que Madison lui avait déjà arraché son appareil des mains.
— Pas question que tu passes ton temps à bidouiller sur ton truc, où qu'on soit dérangées pendant mon séjour. Cette fois, tu es entièrement à moi ! s'exclama-t-elle.
— Maddy, c'est peut-être le commissariat… protesta Kate
— Et alors ? Tu as posé tes congés, à ce que je sache. Ils se passeront de toi, tu n'es pas indispensable. Par contre, moi, j'ai besoin de toi. Donc …
Et, sans plus de cérémonie, la blondinette déverrouilla le téléphone. Elle ne fit aucun commentaire devant le fond d'écran de son amie. C'était une photo d'un comics. Elle ne savait pas Kate passionnée de science-fiction, mais après tout, pourquoi pas ? De toute manière, ce n'était pas ce qui lui importait le plus. Elle appuya sur le petit bouton, sélectionna le mode silencieux, puis glissa le portable de son amie dans son sac à main. Ainsi, pas de risque qu'elle le chaparde en douce.
Maddy s'esclaffa en remarquant la moue boudeuse de son amie, puis l'attrapa par un bras, la précipitant vers la sortie de ce hall d'aéroport.
— Alors, raconte-moi tout. Qu'est-ce que j'ai loupé depuis tout ce temps ?
