Et voilà mon troisième chapitre !

J'espère qu'il te plaira Hase,

Avec tout mon amour, Lulu

P.S.: Merci d'être ma fan number one, mon amie fidèle et ma fidèle lectrice. Obicham te 3

Bonne lecture :-)


Avant de reprendre la route, Klaus s'arrêta dans une station essence pour faire le plein. Ils n'étaient plus très loin de leur destination finale, ce qui était un véritable soulagement pour Klaus. Il détestait voyager trop longtemps en voiture, de plus, l'air vivifiant de la mer lui manquait affreusement.

Après avoir fait le plein, il partit l'esprit tranquille.

Une heure à peine après avoir quitté Atlanta, la langue de Stiles se délia. Lui qui jusque là c'était montré tellement silencieux, tellement réservé, il surprit Klaus en jacassant à propos de tout et de n'importe quoi. Il s'extasiait sur le fait que cette « virée » à deux était géniale et qu'il était très excité. Ensuite il commença à poser des questions : Où allaient-ils ? Pourquoi le lieu de leur destination était un secret ? Est-ce que c'était une ville dangereuse ? S'ils venaient de traverser Atlanta et qu'ils empruntaient la route 85, cela voulait dire qu'il se dirigeait vers le Sud, non ? Quelles villes se trouvaient au sud ? Est-ce qu'il avait le droit d'essayer de deviner ?

- Et si tu me parlais plutôt de toi ?, lui proposa Klaus pour détourner son attention.

Poser cette question fut une grossière erreur. Stiles se mit aussitôt à lui détailler sa vie dans les moindres détails. Il brossa le portrait de ses parents, Scott et tout de son entourage. Il lui détailla en long, en large et en travers comment il avait rencontré Scott, comment ils étaient devenus les meilleurs amis du monde, comme des frères et comment ils étaient inséparables depuis l'école maternelle. Ensuite, il lui parla de sa vie à Beacon Hills. Il lui parla du décès de sa mère, du départ du père de Scott, et comment lui, son père, Scott et madame McCall formait depuis une petite famille, singulière certes mais unique.

Un rictus se forma sur les lèvres pleines de Klaus quand le jeune garçon mentionna l'épisode hospitalier de sa mère, il n'osait imaginer la douleur qu'un enfant de cet âge devait ressentir devant une telle situation. Heureusement pour lui, son père était un homme droit, aimant et protecteur, qui a su continuer à assumer son rôle de Shérif et son rôle de père. On ne pouvait que s'incliner devant la prouesse d'un tel homme.

Cependant, le petit rictus se transforma en un sourire en coin lorsque Stiles évoqua sa vie avec les McCall. Oui, c'était une famille bien étrange qu'ils formaient tous les quatre. C'était à se demander pourquoi le Shérif ne s'est pas remarié avec cette femme, il semblait pourtant très éprit d'elle à en croire Stiles. Mais c'était sans doute beaucoup demander à un veuf que de refaire sa vie aussi vite, néanmoins, il devait comprendre que le bonheur est un cadeau tellement rare et précieux, qu'il faut savoir le saisir à tout instant, dès qu'il se présente à nous.

Leur moment d'intimité fut brisé par la reprise instantanée du monologue de Stiles. Ce dernier, non content d'avoir « plombé l'atmosphère » en parlant de « sujets qui fâchent », se rattrapa en évoquant sa vie au lycée, son impopularité, son amour de jeunesse Lydia Martin, sa prétendue phase bisexuel, et en profita, puisque lancé sur le sujet, pour évoquer sa longue phase de célibat, donc son impossibilité à coucher, que ce soit avec un homme ou une femme, et donc, son statut non-résolu de vierge.

Bien qu'il n'était pas nécessaire pour Klaus d'avoir cette information, une partie de lui la trouvait très intéressante et la retenait précieusement. Toutefois, ce long et interminable monologue sur sa vie commençait à lui taper sur les nerfs.

Tout en se massant la tempe gauche, le vampire l'implora de se taire. Mais c'était mal connaître le jeune homme, qui se mit à parler de son goût prononcer pour la recherche. Plus tard, il se voyait bien instit, ou chercheur. Il avait souvent envisagé la possibilité de devenir flic, mais là encore, il visait plus haut, il se serait bien vu agent du F.B.I. ou peut-être de la C.I.A. mais là encore il hésitait.

- STILES !, râla Klaus soudainement. Je t'en supplie, pas un mot de plus ou je crois bien que je vais t'arracher la langue !

Le jeune homme tourna son regard vers lui, au départ très sérieux, mais cela ne dura pas. Au bout de quelques secondes, il pointa le bout de sa langue, puis la fit remonter jusqu'à essayer de lui faire toucher le bout de son nez, tandis qu'il mimait un loucheur.

Klaus resta impassible quelques secondes, mais sa mimique eut raison de lui et le fit rire. Il détourna son regard pour tenter de regagner une contenance, mais c'était peine perdue. Pauvre de lui, il était tombé sur un clown, un qui ne le laissait pas indifférent d'ailleurs.

Le rire enfantin du jeune homme se répercuta dans l'habitacle, mais une question taraudait toujours l'esprit du vampire :

- Pourquoi est-ce que tu ne prends rien au sérieux Stiles ? C'est insensé ! Je suis un vampire, une créature qui pourrait te tuer en un battement de cil ! Et toi, tu ne trouves rien de mieux à faire que de te moquer de moi.

Stiles haussa les épaules et répondit naturellement :

- Mais je sais que tu ne me feras aucun mal.

- Si tu continues de jacasser, je ne peux rien promettre.

Le jeune humain se tut à nouveau, un rictus étirant ses lèvres, puis il répliqua amèrement :

- Ma meute ne le supportait pas non plus. Chaque fois que je parlais un peu trop, ils me demandaient de me taire, encore et encore, devenant chaque fois de plus en plus grossier… Je suppose que j'ai fini par m'habituer.

Klaus ne dit rien, il laissa Stiles se confier à lui une fois de plus :

- J'ai beaucoup donné à ma meute, beaucoup trop. Je leur ai donné mon temps, mon énergie, et j'ai fini par leur donner ma jeunesse. Alors que j'aurais pu avoir une vie d'étudiant normal, en sortant, en m'amusant, en déconnant, j'ai passé mon temps à sauver mes « amis » et à mentir à mon père pour le « protéger ». Aujourd'hui, je me rend compte que, non content de m'avoir volé ma jeunesse…

- Ils t'ont également volé ton innocence, finit Klaus qui comprenait où il voulait en venir.

- Exact, répondit-il en hochant la tête, avant qu'un sourire ne revienne illuminer son visage. Tu me demandes d'être sérieux, mais c'est ce que j'ai fais pendant quatre ans. Aujourd'hui, je peux prendre ma revanche, enfiler mon nez rouge, et jouer au clown, parce que j'en ai marre de toujours être sérieux.

Le vampire le dévisagea un court instant, une expression amusée sur le visage. Stiles avait une excellente philosophie, malheureusement, Klaus avait d'autres plans pour lui, mais il n'était pas obligé de le savoir, pour le moment.

- Alors, où allons-nous ?, demanda-t-il une nouvelle fois.

Fermant les yeux, Klaus inspira à fond et lutta contre une soudaine pulsion meurtrière.

-Si tu ne veux pas me le dire, donne-moi au moins un indice !

Il ouvrit les yeux, ses nerfs quelques peu calmés :

- Je te propose un marché : Je te donne le nom d'une destination intermédiaire, et en échange, je veux un silence total.

Pour toute réponse, le jeune homme hocha la tête, puis mima de se sceller les lèvres, qu'il ferma à clés. Il ouvrit ensuite la fenêtre et y jeta la clés, avant de la refermer.

Amusé, Klaus lui répondit :

- Nous allons faire une halte à Montgomery.

- Mais pourquoi Montgomery ? C'est à peine à deux heures et demies d'ici ? Si ce n'est qu'une destination intermédiaire, pourquoi ne pas la zapper pour gagner plus de temps ? A moins que tu n'ai quelque chose de très important à faire là-bas.

Cette nouvelle série de questions était la goutte de boue qui fit déborder la vase. Klaus freina d'un coup sec, forçant la voiture à s'arrêter au milieu de la route, puis il se tourna vers Stiles :

- Je t'en prie ! Par pitié ! S'il te plaît ! Tais-toi ! Tais-toi sinon au diable mes projets, je t'abandonne sur cette route.

- Quels projets ?, demanda le jeune homme intrigué.

Oups ! Lapsus révélateur!

- Écoute Stiles, j'aime beaucoup trop ta compagnie pour t'abandonner sur la route. Cependant, si tu t'obstines à parler sans cesse, je te jure que je te bâillonne.

Satisfait de la réponse, Stiles sourit bêtement.

- Je peux savoir ce qui te fait sourire ?

- Tu as dis que aimais ma compagnie. Beaucoup as-tu ajouté.

Klaus manqua de se frapper le front avec la paume de sa main :

- Je viens de te dire que je comptais te laisser sur le bord de la route, et toi tout ce que tu retiens c'est « j'aime beaucoup ta compagnie » ?

- Avoue que la première option est moins amusante.

Avant de répondre, le vampire rapprocha légèrement son visage de celui du jeune homme, dans une attitude qui se voulait intimidante:

- As-tu vraiment envie de finir muet, mon garçon ?

Stiles l'imita dans un geste de défiance :

- Mais je t'attend, papy !

Leur visage était si près l'un de l'autre qu'ils pouvaient sentir leur souffle les caresser.

Une voiture passa à côté d'eux à vive allure tout en klaxonnant.

- Je crois que tu gênes la circulation, murmura Stiles.

Ils s'écartèrent à contrecœur et Klaus redémarra la voiture, tandis qu'à ses côtés, Stiles jubilait quant au lapsus de son compagnon de route.

Les deux heures de routes suivantes étaient longues et pénibles. Bien que Stiles c'était résolu à ne plus prononcer un mot tant qu'ils n'arriverais pas à Montgomery, ce voyage était toujours aussi pénible. Cependant, un détail égayait l'esprit de Klaus, en effet, le vampire était ravit de voir que les premières étapes de son plan s'emboîtaient parfaitement. Ce n'était plus qu'une question de temps. Il imaginait déjà toutes les choses qu'il ferait une fois son royaume récupéré, et plus il y pensait, plus son impatience grandissait. Mais il se consolait en se disant que bientôt, une nouvelle étape de son plan s'exécuterait, et il en était déjà tout excité.

Ils arrivèrent enfin dans la petite ville de Montgomery, où ils roulèrent une petite heure de plus, avant de se garer dans un parking visiblement réservé au Shérif.

- Qu'est-ce qu'on fait là ?, demanda Stiles.

- Je dois parler au Shérif de cette ville, c'est pour ça qu'on y fait une halte., dit-il en coupant le moteur.

- Tu veux que je t'accompagne ?

Klaus défit sa ceinture et entrouvrit sa porte :

- Non, je veux que tu restes dans la voiture, c'est bien compris ?

- Cinq sur cinq !, répliqua-t-il nonchalamment.

Refermant la porte, Klaus s'en alla à vive allure.

Stiles attendit une bonne dizaine de secondes avant de décider qu'il en avait marre d'attendre. Il sortit de la voiture afin de se dégourdir les jambes.

- Qu'est-ce que vous faîtes là ?

Stiles bondit en entendant cette voix étrangère. Il se retourna vivement et vit un homme en uniforme approcher. Il devait bien avoir une quarantaine d'années, il était grand, musclé et on pouvait voir sur les quelques mèches qui dépassaient de son chapeau, l'apparition de quelques cheveux gris.

- Vous n'avez pas vu le panneau ? Seules les voitures de polices peuvent stationner ici !

Bien qu'il portait des lunettes de soleil, Stiles pouvait sentir tout le poids de son regard s'abattre lourdement sur lui.

- Je suis désolé ! On ne voulait pas… Mais c'est que… Le Shérif ! On cherche le Shérif !

- Et bien mon petit gars, le Shérif est devant toi, alors dis-moi ce que tu veux!

Le dit Shérif s'approcha de Stiles, suffisamment pour que ce dernier voit son insigne certifiant de son poste.

- Mon ami est partit vous chercher à l'intérieur… Vous devriez le rejoindre.

La panique était évidente dans sa voix, qui effrayé, s'éloignait de lui. Mais plus il reculait, plus l'autre avançait. Quand il se retrouva bloqué contre la voiture, ce fut suffisant pour qu'il se fasse plaquer contre elle par cet inconnu.

- Vous êtes mignon comme gars. Je pourrais vous mettre en cellule pour racolage. Mais, bien sûr, on peut toujours trouver un terrain d'entente.

Sa voix rauque et son sous entendu pervers le faisait trembler de peur. Peur qui s'amplifia lorsque le Shérif posa sur ses fesses une main baladeuse.

- Laisse-toi faire, je te promet que tu ne le regretteras pas !, dit-il en tentant de passer une main dans son pantalon.

- Non ! Arrêtez !, protesta-t-il, en se débattant vainement, les yeux clos par la panique.

Alors qu'il pensait se faire violer sur ce parking, il entendit l'homme gémir de douleur, avant de le sentir reculer. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il vit Klaus, ce dernier avait choppé le pervers par le cou et l'avait fait reculer.

- Laisse le ! Il est avec moi !

- Oh je vois ! C'est ton nouveau jouet !, ricana le Shérif bêtement.

- Nous ne sommes pas là pour ça !, dit Klaus en le lâchant. As-tu l'information que je t'ai demandé ?

- Oui monsieur Klaus !, répondit l'humain et se massant le cou. Elle se trouve actuellement dans le Garden District.

- C'est parfait ! Maintenant, rend-moi un dernier service. Demande lui de me retrouver au bar Leroy ce soir.

Le Shérif hésita :

- Comment être sûr qu'elle acceptera ?

- Précise bien que j'ai une offre à lui faire. Une offre très intéressante. Maintenant va-t'en !

Il hocha la tête et décampa très vite.

Klaus se tourna ensuite vers Stiles et prit ses mains entre les siennes :

- Est-ce que ça va ?

- Oui je crois… De quoi est-ce que vous parliez tous les deux ?

- On parlait affaire, répondit-il de façon évasive.

- Quelle genre d'affaire ?

- Le genre qui ne te concerne pas.

Le ton soudain sec du vampire surprit le jeune homme, qui, pour la première fois depuis sa rencontre avec Klaus, trouvait tous ses secrets inquiétants.

Idiot ! Klaus est un très vieux vampire. S'il garde autant de secret c'est peut-être parce qu'il ne fait confiance qu'à peu de gens.

Oui, c'était sans doute l'explication la plus logique pour expliquer son attitude.

- Viens, je vais nous prendre de quoi manger et on ira se promener sur Riverfront si tu veux.

Stiles hocha la tête et remonta dans la voiture.

Ils prirent leur sandwichs dans une petite boulangerie avant de repartir. Le Riverfront Park n'était pas très loin de là. Klaus gara la voiture dans un petit parking situé dans Coosa Street, puis ils firent le reste du chemin à pied.

Ils s'installèrent au SandBAR pour déguster leur repas et boire un verre.

Stiles n'avait pas prononcé un mot depuis leur rencontre avec le Shérif. Il n'était pas sous le choc, mais un détail le dérangeait : Lui qui avait abandonné sa maison, sa vie à Beacon Hills pour suivre un étranger, il avait été déçu de constater que ce même étranger ne lui faisait pas assez confiance pour partager ses secrets. Peut-être lui en demandait-il beaucoup, c'est vrai, après tout, il n'était pas dans l'obligation de tout lui dire. Enfin, il avait seulement espéré…

A la fin de leur repas, alors que Klaus réglait la note, Stiles se rendit sur le Riverfront Park et s'installa dans l'herbe. De là, il se mit à rêver en regardant le cours d'eau. Son esprit naviguait sur les rivages du souvenir, des souvenirs de son enfance, avec ses parents et Scott. Où était passé ce temps là ? Où tout semblait tellement plus facile, et où le monde semblait moins effrayant.

Klaus prit place à ses côtés et s'assit en silence. Il laissa le jeune homme se nourrir de songes tandis qu'il laissait son regard dériver vers le cours d'eau.

La tiédeur de ce début d'après midi laissait prévoir une nuit fraîche. Le soleil caressait doucement leur visage, de même qu'une petite brise agréable.

- A quoi est-ce que tu penses ?

Stiles, pas le moins perturbé par cette question, répondit sans s'extirper à sa contemplation :

- Je pensais à mon père. J'étais en train de me dire qu'il devait avoir reçu ma lettre.

Il n'avait pas besoin d'être plus explicite. Le choc de cette nouvelle allait le mettre à genoux, mais la question qui demeurait était : Combien de temps avant qu'il ne se relève ? Car aucun doute ne résidait dans leur cœur de son fils, il allait se relever.

Mais un autre problème le hantait : Celui de sa maladie !

Klaus avait sans doute fait montre d'un grand respect en ne lisant pas le contenu de sa lettre, autrement il lui aurait sans doute parlé de sa maladie. Il ignorait donc que ses jours étaient comptés. Une partie de lui voulait profiter de ce moment d'intimité pour tout raconter au vampire. Mais une autre part de lui, plus petite, et pourtant plus bruyante, lui hurlait de ne rien dire, d'attendre encore peu. Avait-il vraiment envie de voir le regard du vampire changer ? Avait-il vraiment envie de supporter jusqu'au dernier moment la pitié ou la compassion réservée à un mourant ? Non, ce serait trop pénible à supporter.

- Mon père était un homme cruel…

Stiles tournait doucement la tête vers lui, une expression perplexe sur le visage.

- C'était quelqu'un de très exigeant. Il était dur avec tous ses enfants, exigeaient d'eux qu'ils soient forts !

Comprenant qu'il était en train de se livrer à lui, Stiles se rapprocha et écouta attentivement.

- J'avais quatre frères, Elijah, Kol, Finn et Henrik…

- Avais ?

- Henrik est mort, tué par un loup-garou.

Stiles posa sa main sur son épaule :

- Je suis désolé.

- C'était de ma faute. Les adultes nous avaient interdits d'aller voir les loups se transformer, mais on l'a fait. Ma sœur Rebekah a toujours essayé de m'absoudre de sa mort, mais mon père ne l'entendait pas de cette oreille.

- Et ta mère ?

- Ma mère était une sorcière. C'était femme charmante, et elle nous aimait, jusqu'au jour où Henrik est mort. Ce jour là, elle a décidé que plus aucun enfant ne subirait la colère des loups. Le soir même, elle se lançait dans un rituel, et nous transforma tous en vampire.

Les yeux écarquillés, Stiles crut mal comprendre :

- Tu veux dire que tu…

- Oui Stiles !, le coupa-t-il. Ma sœur, mes frères et moi, sommes les premiers vampires de l'histoire.

Le jeune homme était bouche bée, il ne savait pas trop quoi dire, ni même quoi penser.

Le rire de Klaus le ramena à la réalité :

- Si j'avais su que cet aveux te ferais perdre ta langue je l'aurais dis plus tôt.

Amusé, Stiles rit de bon cœur avec lui, jusqu'à ce qu'un nouveau silence s'installe. Il n'avait pas besoin de rajouter quoi que ce soit. Il ne pouvait que remercier Klaus pour cet élan d'honnêteté, à croire qu'il avait sentit que tous ses secrets le pesaient. Ce premier pas qu'il avait fait lui mettait du baume au cœur.

Le reste de l'après midi passa ainsi, dans un calme plat et apaisant. Au loin, on pouvait voir le soleil disparaître, laissant dans son sillage un voile flamboyant se mêlant aux premières nuances de bleues, prémices du manteau de la nuit qui allait recouvrir et souffler ce voile incandescent.

A mesure que le soleil disparaissait, la morsure du vent se faisait plus fraîche. Vêtu d'une simple chemise à carreaux rouges et noir par dessus son t-shirt Batman, commençait à trembler comme une feuille.

- Tu es prêt à y aller ?, lui demanda Klaus.

- Encore cinq minutes, répliqua-t-il en croisant se frottant les bras.

Klaus se leva et vint se placer derrière Stiles avant de s'asseoir à nouveau, de façon à avoir le jeune homme entre ses jambes. Il le prit ensuite par la taille et le rapprocha de son corps. Il se tendit au départ, puis se détendit progressivement, jusqu'à se serrer davantage contre lui pour profiter de sa chaleur corporelle.

- Tu réalises que tu me dois une explication, n'est-ce pas ?

Il n'avait pas besoin d'être plus précis, Klaus savait de quoi il voulait parler. Ses bras serpentèrent autour de sa taille et il murmura :

- Plus tard.

Cette réponse sembla le satisfaire puisqu'il ferma les yeux et se laissa bercer par ses bras puissants.

Tenir le jeune humain dans ses bras ne lui posait aucun problème. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait été si proche de quelqu'un. Ce n'était pas désagréable. Certes, Stiles était un pion dans son échiquier, mais un pion pouvait servir de différente manière quand on savait les manipuler correctement. Le fait qu'il se laisse aller dans ses bras montrait qu'il lui faisait confiance et se sentait en sécurité avec lui. C'était presque trop facile !

La nuit tombait doucement, et Klaus savait qu'ils allaient devoir se lever. Tout de même, il n'était pas pressé que ce moment arrive. Ce doux parfum de vanille qui émanait du garçon était si délicieux qu'il ne se lassait pas de le humer. Par ailleurs, il avait une peau si douce…

Stop ! Ressaisis-toi ! Ce n'est pas le moment de divaguer !

Jugeant qu'il était temps de partir, Klaus se releva avec Stiles et rejoignirent la voiture. Le bar Leroy n'était qu'à dix minutes du parc, sur Forest Avenue.

- Qu'est-ce qu'on vient faire ici ?, demanda Stiles perplexe alors que Klaus coupa le moteur.

- Je suis venu chercher une vieille amie.

- Vieille de combien ?

Klaus hésita :

- 500 ans.

- Rien que ça ? C'est d'elle que tu parlais avec le Shérif ?

- Oui ! J'ai besoin d'elle pour une affaire, mais elle ne sera pas facile à convaincre.

- Est-ce que je dois rester dans la voiture ?

- Non, tu peux venir avec moi. Cependant tu m'attendras un peu plus loin pendant que je lui parlerais.

Klaus sortit de la voiture, suivit de près par Stiles qui demanda :

- Pourquoi elle aime pas les humains ?

La main sur la poignée de l'entrée, Klaus répondit :

- Si elle les aime… Un peu trop si tu vois ce que je veux dire.

S'imaginant déjà vidé de son sang par une folle furieuse, Stiles hocha vivement la tête. Une fois rentré dans le bar, il s'éloigna le plus possible du vampire, tandis que ce dernier cherchait sa proie.

Il la trouva, assise à une table près d'une baie vitrée. Il vint prendre place face à elle.

- Klaus !, s'exclama-t-elle avec un faux sourire.

- Katherine ! Je suis ravie de te revoir ! J'imagine que le plaisir n'est pas partagé.

- J'ai appris que tu avais un marché à me proposer, alors ne me fait pas languir plus longtemps et viens en au fait.

Le sourire de l'Originel s'élargit :

- Bien ! J'imagine que tu sais que j'ai bâti un empire à la Nouvelle-Orléans.

La jeune femme pouffa :

- Bien sûr, tous les vampires assez vieux pour connaître ton nom le savent.

- Ce que tu ne sais pas en revanche, c'est que ce même empire m'a été volé par Marcel…

- Ton fils adoptif ?, le coupa-t-elle.

- Lui-même.

- Et comment s'y est-il prit ?, demanda-t-elle, perplexe.

- En demandant assistance auprès d'une sorcière, d'une hybride et de Rebekah et Elijah.

- Et qu'attends-tu de moi au juste ?

- Joins-toi à moi ! Si tu m'aide à récupérer mon royaume, je te promet du pouvoir, et la garantie de ne plus être pourchassé… Par moi en tout cas.

- C'est tout ? Nous deux contre une sorcière, ton fils, ton frère et ta sœur ?

- Voyons Katherine, tu sais que je ne viens jamais les mains vides, répondit-il en pivotant vers le bar.

La jeune femme imita son geste et attendit.

- Tu vois le jeune homme avec sa chemise à carreaux.

Elle hocha la tête.

- Il sera notre carte maîtresse !

- Cet enfant ! Comment ?

- Tu vas devoir me faire confiance Katerina. Joins-toi à moi, et je te réserverais une place de choix dans mon empire.

Katherine resta dubitative un moment avant de répondre :

- Je fais sans doute une erreur, mais je sais d'expérience que s'il faut être dans un camps, mieux vaut choisir le tien.

La joie de l'Originel à peine contenue, il sourit avant d'aller chercher Stiles. Il le ramena à leur table et fit les présentations :

- Katherine, je te présente Stiles ! Stiles, voici Katherine, ma vieille amie !

- Enchanté !

La jeune femme se leva et, avec son habituel sourire charmeur, lui serra la main.

- Je suis ravie de te connaître, vraiment !

- Maintenant que les présentations sont faîtes, hâtons-nous. La route est encore longue.

Guidant ses deux « amis » jusqu'à sa voiture, Klaus songeait déjà à la prochaine étape de son plan.

Quelques heures après leur départ de Montgomery, Stiles s'assoupit une nouvelle fois dans la voiture.

- Les humains sont tellement fragiles, râla Katherine.

Klaus n'avait pas répliqué, elle ne savait pas tout ce que ce garçon avait enduré. Il se retenait de lui dire à quel point il était fort. Ça, elle n'avait pas besoin de le savoir, c'était un secret entre lui et Stiles.

Vers minuit, ils arrivèrent enfin à Eden Isle, leur nouvelle résidence. Une petite ville au bord de l'eau. Après l'ouragan Katrina en 2005, Klaus avait investit dans une maison dans le quartier de Vela Cove. Il avait beaucoup aimé celle qui se trouvait tout à l'est, maison qu'il avait par ailleurs rénové entièrement.

Coupant le moteur, Klaus sortit de voiture avant d'ouvrir la porte de Stiles. Il défit sa ceinture et le porta ensuite à l'intérieur de la maison. Il le déposa à l'étage, dans la chambre qui allait être la sienne, le déshabilla et glissa un drap sur lui avant de quitter la pièce.