Chapitre 3 : Washington

Je venais de raccrocher. Avoir Bones au téléphone m'avait redonné la pêche.
J'étais toujours assis à notre table au Diner, un sourire aux lèvres.
- Encore un morceau de tarte ou un café Monsieur ?
La serveuse me fit sortir de mes songes. Je refusais, il était temps de reprendre le boulot.

Après avoir quitté les lieux, je fonçais vers l'Institut, afin de faire le point sur l'enquête en cours et de donner des nouvelles aux fouines, qui, elles aussi, s'inquiétaient du départ de l'anthropologue..

- Salut tout le monde.
- Seel', salut, tu tombes bien, j'allais t'appeler.
- Pour ?
- Angela a une identité. Allons la voir.
Nous nous sommes dirigés vers le bureau de l'artiste avec Camille, Ningel-Murray.

- Salut Booth. Vous tombez bien.
- Cam m'a dit. Alors ?
Elle tapota sur son clavier et un visage apparu.
- Cloé Demesel, trente-deux ans, mariée à James Demesel, un enfant de huit ans. Voici l'adresse.
- Merci Angela. Cam tu m'accompagnes ?
- Bien sûr, je vais chercher mes affaires. Monsieur Murray, vous pouvez retrouver à vos investigations.
Le jeune homme parti donc, en même temps que la patronne de la section médico-légale.
Hodgins et Angela me regardaient, attendant sûrement que je les laisse seuls.
- J'ai eu Bones au téléphone.
- Déjà ! Elle ne devait pas vous appeler le soir.
- Justement c'était le soir chez elle.
- Oh. Dit simplement Jack
- Oui, elle est à l'étranger.
Je soupirais et baissais la tête. Le fait que ma partenaire ne souhaite pas m'expliquer son départ précipité me chagrinait. J'aurai aimé qu'elle me parle et m'explique ce qui se passait, mais elle ne le voulait pas.
- Elle a ses raisons Booth si elle ne vous dit rien. Elle ne m'a rien dit moi non plus.
- Je sais … c'est juste que je m'inquiète.
- Comme nous tous. Mais le Docteur B est très forte.
- Je sais Hodgins mais cela ne m'empêche pas de me faire du souci.
Aucun mot ne fut prononcé immédiatement.
- Elle est où exactement ?
- Elle ne m'a rien dit Angela.
- Vous voulez que je cherche ?
Je levais les yeux vers elle, surprit par sa suggestion.
- Angie !
- Ben quoi Jack, on peut bien se servir des moyens du bord non.
Je me pinçais le nez afin de réfléchir quelques instants. Certes j'avais une envie folle de savoir où elle se trouvait, mais je savais que si elle apprenait qu'on l'avait espionné, elle nous serait hors d'elle.
- Je ne pense pas que cela soit une bonne idée. Bones nous tuera.
- Elle n'a pas besoin de le savoir.
Je fermais les yeux.
- Allez, ne me dites pas que vous ne voulez pas savoir Booth ?
- La question n'est pas là. Mais, comme vous avez dit, si elle ne nous en a pas parlé c'est qu'il y a une bonne raison. Et je ne voudrais pas qu'elle se fâche si elle est au courant.
Je vis l'artiste faire la moue.
- Vous êtes sûr ?
Evidemment que non je n'étais pas sûr. Je voulais plus que tout savoir où elle était et ce qu'elle faisait, mais il était de mon devoir d'ami de ne pas interférer si elle ne le voulait pas.
- Oui, mais merci de l'idée.
- D'accord.

Après un trajet d'environ une demi-heure, nous sommes arrivés avec Camille à l'adresse fourni par l'artiste.
- Bonjour monsieur Demesel, Agent Spécial Booth FBI et voici le Docteur Saroyan.
- Vous avez retrouvé ma femme ?
- Pouvons-nous entrer ?

L'homme fut anéanti par la nouvelle du décès de son épouse, et répondit à l'ensemble des questions que nous avions.
Une heure plus tard nous étions à nouveau en voiture pour retourner à l'Institut.
- Il n'y a pas vraiment de suspect. Dis-je dépiter.
- Je pense qu'il trompait sa femme.
- Quoi ?
- Il trompait sa femme.
- Et qu'est-ce qui te fait penser ça Cam ?
- Et bien, certes il est affecté par sa mort, elle est la mère de leur fils, mais il n'a pas une fois parlé des derniers mois qu'ils ont passés ensemble. Il a dit à plusieurs reprises partir régulièrement en voyage d'affaires et donc ne pas être là.
- Oui, mais cela ne prouve rien.
- Et bien Seel', tu n'as pas été très observateur alors. Ria-t-elle.
Je fis de gros yeux, ne comprenant pas ce qu'elle voulait dire.
- Tu n'as pas vu la marque de morsure dans son cou.
Effectivement j'avais raté ça. Jetant un coup d'œil à l'heure.
- J'y retournerai demain. Je dois récupérer Parker à l'école après. Je te dépose au labo d'abord.
- Pas de problème.
Le silence se fit quelques instants avant qu'elle ne reprenne la parole.
- Tu n'es pas à cent pour cents ces derniers jours.
- Ce n'est pas parce que je n'ai pas remarqué, que je ne suis pas au taquet.
- Il n'y a pas que ça. Tu es ailleurs Seel'.
Je ne répondis rien. Que pouvais-je bien répondre sans pour autant me trahir.
- Tu es inquiet pour elle n'est-ce pas ?
- Pour qui ?
- Seel ', ne te moques pas de moi.
- D'accord, oui bien sûr que je suis inquiet, tu le sais très bien.
- Alors ça n'a pas changé ?
- De quoi tu parles ? Cette fois je ne voyais pas du tout.
- Notre conversation au bar, après ton retour du coma.
- Oh.
Elle se mit à rire et me tapota l'épaule.
- Tu pensais que j'avais oublié. Sérieusement, tu devrais lui parler.
- Pas pour le moment, elle a d'autres choses en tête.
- Ca te dérange qu'elle ne t'est pas expliqué ?
- C'est son choix, je le respecte.

Arrivée devant l'institut, Camille descendit de mon véhicule.
- Cam
- Oui ?
- Tu pourras demander à Angela de vérifier pour les derniers voyages de Monsieur Demesel. Sait-on jamais s'il part avec une de ses collègues.
- Bien, on t'appelle quand on a l'info.
- Merci.
- De rien, et embrasses Parker pour moi.
Je lui souris avant de repartir.

Après avoir cherché mon fils qui passait la soirée et la nuit chez moi, nous sommes allés nous balader au parc manger une glace. Parker était si vivant et si heureux, cela me réchauffait le cœur de l'avoir avec moi.

Après le repas, nous avons regardé un film, puis je l'ai couché.
Seul dans mon salon, je partis à la cuisine me prendre une bière et revenais m'installer tout en déballant le dossier en cours.
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas travaillé le soir seul sur une enquête. Bones était toujours là normalement pour m'aider. Les yeux fermés, mes pensées virevoltaient. Je nous revoyais encore en train de rire après la clôture de notre dernière investigation. Ma partenaire se moquait de moi parce que je prenais, soit disant, trop longtemps à relire son rapport, tandis qu'elle en profitait pour finir toutes les crevettes thaïes que nous avions pris. Son sourire était comme une lanterne éblouissante pour moi. Et ses yeux, me faisaient chavirer à chaque fois que je me plongeais dedans.
Cela ne faisait même pas encore deux jours qu'elle était partie que déjà elle me manquait.
En fait, nous avions nos petites habitudes. Lors des enquêtes, après le travail au labo ou sur le terrain, nous allions manger ensemble au Diner ou prenions à emporter pour continuer à avancer sur le dossier, soit chez elle, soit chez moi. Nos conversations étaient principalement tournées sur le boulot, mais il y avait toujours des moments où l'un ou l'autre parlait de son passé, de ses pensées.
Lorsqu'une enquête était bouclée, nous nous retrouvions autour d'un verre avec les fouines, puis je déposais Bones chez elle, et souvent, nous buvions encore un café ou un verre, heureux d'avoir arrêté le meurtrier.
Même le week-end, cela ne dérogeait pas à la règle. Lorsque je n'avais pas Parker, je passais chez elle ou à l'Institut, afin de la faire sortir pour manger quelque chose, sinon, elle était capable d'oublier de se nourrir. Il nous arrivait même, de plus en plus souvent, de regarder un film ensemble le samedi soir. Souvent un vieux film en noir et blanc, les préférés de Bones.
Lorsque Parker était là, elle nous accompagnait au musée de l'Institut et donnait un cours privé à mon fils qui adorait cela, ou alors, nous allions nous baigner dans sa piscine ayant pris soin de lui dire bonjour auparavant bien évidemment.
En fait, en y pensant, je me rendais compte qu'il était exceptionnel que je ne la vois pas au moins une fois par jour. Et de ne pas l'avoir vu depuis plus de trente heures me rendait nostalgique et triste.