Titre: Stop, drop and roll!

Résumé: Bella Swan, un étudiante en littérature, rencontre Edward Masen, pompier, lors de l'incendie de son appartement. Il lui livrera son passé hanté et son combat contre ses démons. Bella pourra-t-elle le sauver de ses souvenirs ou continuera-t-il à la repousser? UA BxE

Auteur: Bronzehairedgirl620

Traductrice: Nouni

Rating: T


Je m'impressionne moi-même! Voici le troisième chapitre de SDR! =)

Merci, un énorme merci pour toutes vos reviews, continuez comme ça! =P

Bonne lecture!


Stop, Drop and Roll

*

Chapitre III: Stop and Stare

*

Incapable de dormir plus longtemps, je me hissai hors du lit à six heures, ne voulant pas déranger Alice avec ma toux et mes mouvements incessants. Après avoir chassé le sommeil de mes yeux, j'enfilai des vêtements au hasard qui étaient étalés sur le sol, et sortis dehors, voulant un peu d'air frais. Reconnaissante pour la température plus basse, je marchai sans but dans la rue, et me retrouvai rapidement devant le café.

Les clochettes tintinnabulèrent quand j'entrai, et le barman à l'air épuisé derrière le comptoir me regarda un instant avant de s'effondrer contre le meuble.

« Salut », dis-je timidement. J'avais parlé à Jasper quelques fois, mais la conversation n'était jamais allée au délà de notre santé respective.

« Qu'est-ce que je te sers? », demanda-t-il en étouffant un baillement alors qu'il allait cherchait une tasse en carton. Je commandai la première chose à laquelle je pensais, me noyant dans le silence maladroit alors qu'il préparait la boisson.

« Donc, tu es l'amie d'Alice, n'est-ce pas? », demanda-t-il d'un ton neutre. « Alice Cullen? »

Je mordis ma lèvre pour m'empêcher de sourire. « Ouais », murmurai-je en observant le sol. « Nous sommes colocataires. »

« Cool », répondit-il, et le silence emplit la pièce une nouvelle fois quand la machine s'arrêta. Il s'occupa de poser le couvercle sur la tasse puis de me la tendre en me disant de ne pas me brûler.

« Merci », soufflai-je, et avant que je puisse débattre si je devais lui parler d'elle ou pas, il me coiffa au poteau.

« Qu'est-ce qu'elle aime? »

Je fronçai les sourcils. « Hein? »

Jasper réprima un autre baillement. « Je ne sais rien d'elle, à part qu'elle veut être photographe. »

J'essayai de ne pas sourire largement. « Est-ce que vous parlez beaucoup, tous les deux? »

Il secoua la tête. « Non », répondit-il, bien que je sentais qu'il y avait autre chose qu'il voulait ajouter à la fin de sa phrase.

« Je ne sais pas », dis-je. Je ne savais pas par quoi il voulait commencer. « Tu devrais l'appeler et apprendre à la connaître. »

« Je ne sais pas si elle aimerait ça », marmonna-t-il, et le rouge qui teintait son visage le trahit.

Je ris presque, mais réussis à me maîtriser. « Je pense que si », le raisonnai-je. « Elle parle souvent de toi. »

Alice me tuerait si elle savait quelles techniques j'utilisais mais, malgrè le fait qu'elle serait furieuse que je lui ai parlé, je voulais l'aider. Elle le méritait tellement.

« Vraiment? », répondit-il un peu trop vite. Je ricanai, puis pris une gorgée de café qu'il avait placé en face de moi.

« Ouais », dis-je. « Et de votre cours. »

Son visage se décomposa. « Oh. Elle est une très bonne photographe. »

« Oui », acquiesçai-je. « J'ai entendu que toi aussi. »

Son sourire brillant revint. « A-t-elle dit ça? »

Je ris à combien c'était important pour lui, et ne pus rien faire d'autre qu'hocher la tête. « Ouais, elle a dit que tu as un réel talent. »

« Nous avons un projet », dit-il. « Elle est ma partenaire. »

J'esquissai un sourire. « Je sais ça aussi. »

Il inhala, et son attitude, bien que totalement calme, semblait quelque peu nerveuse. « Est-elle excitée à propos du projet? »

Je pensai au masque rêveur qui n'avait pas quitté le visage d'Alice depuis qu'il l'avait contacté pour la première fois, et hochai la tête. « Elle se meurt d'impatience. »

« Vraiment? » Il semblait heureux. « Aime-t-elle l'idée que nous avons choisie? »

Je répondis précipitamment. « Elle ne m'a pas donné de détails, mais je sais qu'elle meurt d'envie de commencer. »

Il hocha la tête, commençant à paraître plus éveillé alors qu'il commençait à parler de leurs exigences. « Les photos doivent être en format paysage, mais sinon, nous avons une licence artistique. Trois photos. »

J'essayai avec tact de gagner des informations susceptibles d'être utiles à Alice. « Pourquoi l'avoir choisi pour travailler avec toi? »

S'il était paniqué ou nerveux, il ne le montra pas. En fait, il semblait complètement calme, malgrè un éclat incertain dans ses yeux.

« Je veux la connaître », répondit-il à voix basse.

Satisfaite de sa réponse, tout en sachant qu'il y avait autre chose que ce qu'il avait laissé échapper, je me relevai en vérifiant que la tasse d'Alice était toujours chaude avant de lui sourire.

« J'aurais aimé rester plus longtemps, mais je dois retourner voir Alice », dis-je en désignant le café. Il acquiesça en souriant alors que je me dirigeai vers la porte.

« A plus tard », dis-je, puis je grognai en sentant de lourdes gouttelettes de pluie heurter mon visage. Je fermai ma veste, et marchais aussi vite que possible vers la maison d'Emmett et Rosalie.

« Où étais-tu? »

Ce fut l'accueil que je reçus après être revenue sur la pointe des pieds dans la chambre d'amis. Je tendis la tasse de café à Alice, comme signe de paix en lui souriant avec fatigue.

« Je t'ai ramené de la caféine ». Je ris et ouvris les rideaux. « Allez, c'est un jour parfaitement épouvantable. Que veux-tu faire? »

Elle me lança son oreiller. « Dormir », grommela-t-elle.

Je ris, abandonnai la tasse sur la table de chevet avant de battre en retraite dans la cuisine où Emmett et Rosalie étaient assis.

« Hé », dis-je en prenant une grande inspiration. « Que faîtes-vous? »

Rosalie leva les yeux au ciel et indiqua du pouce son petit ami. « Martha Stewart* ici présente a décidé qu'il voulait faire le petit-déjeuner. »

« Vraiment? », répondis-je en m'asseyant sur un tabouret du bar et laissant mes coudes sur le comptoir. « Quand sera-t-il prêt? »

Elle secoua la tête. « Jamais, à ce rythme là. Il critique chaque ligne de la recette. »

Amusée, je regardai Emmett, qui était en train de rayer chaque point de la recette avec un rayon. Je me dirigeai vers lui, puis plaçai une main sur son épaule musclée. « Ca va, Em'? »

Il referma le livre, le replaça sur l'étagère avant de plonger vers le moule à gaufre. « Stupides inventeurs de recettes », grommela-t-il, en cassant deux oeufs puis en les mélangeant dans le récipient avec la farine. « Ils pensent qu'ils sont tellement extraordinaires... »

Je grognai, ignorant son bla-bla. « Emmett, je suis presque sûre qu'ils savent ce qu'ils font. »

Il secoua la tête. « S'il te plaît -ils savent aussi bien faire la cuisine qu'un éléphant fait des maths. »

Rosalie ricana, reposa son journal. « Tu veux de l'aide? », murmura-t-elle en faisant courir sa main sur son torse. Emmett déglutit bruyamment et acquiesça, ébloui. Elle rit puis se mit à la recherche des bons ingrédients dans le placard.

« Que veux-tu Bella: chocolat, banane, noisettes... banane et noisette ensemble », lista-t-il en scannant le contenu du réfrigérateur. « Voyons voir... myrtilles, fraises... »

« Du chocolat me semble bien », dis-je en sachant pertinemment qu'Emmett mettrait dedans ce qu'il voudrait. Il clamait qu'en tant que 'chef', il avait une licence artistique quant à la cuisine.

Alice émergea une demi-heure plus tard, à l'odeur des gaufres chaudes.

« Ca semble bon », dit-elle élogieuse, en embrassant la joue de son frère. Je sortis une assiette, riant à l'étrange assortiment de nourriture et m'assis avec les autres.

« Des plans pour aujourd'hui? », demanda-t-elle, mordant dans sa gaufre. Je mordis ma lèvre avant d'avaler mon jus d'orange.

« Aucune idée. Je suppose que nous devrions aller voir Mr Brandon pour lui demander quand on pourra récupérer nos affaires. »

Emmett sourit largement. « Je crois que je vais sortir avec les gars aujourd'hui. Certains sont en repos, donc on va tous chez Mike regarder le football. Je pars dans une demi-heure. »

Alice et moi aidèrent Rosalie à faire la vaisselle et attendirent qu'elle soit partie travailler pour retourner dans la chambre nous habiller. Alice venait tout juste de sauter dans la douche quand la sonnette retentit. Je passai la tête dans le couloir, hurlant: « Em! La porte! »

« Va ouvrir. Je m'habille. »

Je grognai, essayai en vain de défroisser mon tee-shirt. Un rapide coup d'oeil dans le miroir, alors que je marchais vers l'entrée, me signifia que mes cheveux étaient sans espoir, donc je les disciplinais avec un bandeau alors que je mettais la main sur la poignée.

Ouvrant la porte en grand, je fus à deux doigts de défaillir. Mes poumons se contractèrent et mes voies respiratoires se coupèrent alors que je regardai le Dieu en face de moi.

Edward était appuyé contre la chambranle de la porte dans toute sa splendeur, ses cheveux bronze parfaitement indisciplinés. Ses yeux verts montrèrent sa surprise, mais elle fut masquée rapidement. « Hé », dit-il avec légèreté. « Emmett est là? »

Je pus seulement hocher la tête et ouvrir la porte un peu plus pour qu'il puisse entrer. Il rit à mon silence et fit un pas en avant.

C'était la première fois que je le voyais vêtu d'autre chose que son uniforme. Son jean sombre collait parfaitement à ses jambes musclées et son tee-shirt noir étreignait son torse. Il portait une simple paire de baskets, et une veste en cuir était posée sur son bras.

« Emmett », s'exclama-t-il. J'haussai un sourcil et fis demi-tour, rentrant pratiquement dans Emmett qui quittait sa chambre.

« Tu vas bien, Bells? », demanda-t-il, inquiet. J'acquiesçai, et sans attendre de réponse verbale, il me relacha après s'être assuré que j'étais stable. Il serra la main d'Edward.

« C'est bon de te voir, mec. Laisse moi prendre mes trucs et je serai prêt. »

Je regardai l'arrière de sa tête sans un mot alors qu'il quittait la pièce, tournant le dos à Edward nerveusement. Je remuai le pied, soudainement intéressée par le motif du tapis.

« Comment te sens-tu? », demanda-t-il, sa voix de velours douce et pleine d'inquiètude. Je relevai la tête et fixai ses profonds yeux verts.

« Je vais bien », répondis-je automatiquement, mais j'aurais aimé trouvé quelque chose de plus créatif. Ses yeux étaient repentants, ce qui me surprit. Nous nous tenions là, maladroitement, et il y avait tellement de choses que j'aurais voulu lui dire. Mais je ne trouvais pas ma voix.

« Merci », réussis-je à souffler. Il haussa un sourcil.

« Pour quoi? »

Je ne pouvais dire s'il me faisait marcher, ou bien s'il était sérieux. Je décidai de lui répondre, juste parce que ça me donnait l'opportunité de lui parler.

« Pour avoir sauvé ma vie. »

Sa bouche formait un 'o'. « Ce n'était rien. Juste mon travail. »

Je sentis mon visage se décomposer, mais il continua de parler, comme s'il ressentait le besoin de combler le silence inconfortable.

« Donc... Emmett est quelqu'un de bien. »

J'haussai les épaules. « Il est parfois odieux, mais ouais, quelqu'un de bien », répétai-je, me demandant pourquoi nous parlions d'Emmett, entre toutes les choses.

Edward observait la pièce, les photos d'Alice, Emmett et moi quand il avait décidé de revenir à Forks pour nous rendre visite au lycée.

« Depuis combien de temps vous connaissez-vous? », demanda-t-il.

« Deux ans. Alice a emménagé dans ma ville pour son année de Terminale alors qu'Emmett allait à PSU » NT:-Portland State University-

« Il n'est pas un peu vieux pour toi? », questionna-t-il suspicieusement. J'écarquillai les yeux, confuse par la double signification de ses mots.

« Je ne sais pas ce que tu veux dire », admis-je. « Je vis juste ici avec lui jusqu'à ce que mon appartement soit réparé ou que nous trouvions un autre endroit où vivre. »

« Et tu vis avec sa soeur, Alice? »

J'acquiesçai. « Tu as probablement entendu ses hurlements il y a quelques nuits. »

Je fus surprise de voir une nuance de rouge profond sur ses joues. « C'est une des raisons pour lesquelles je voulais te trouver aussi rapidement. Elle était si énervée, comme les autres gens sur le trottoir. Je n'aurais pas supporté de la laisser tomber en lui disant que tu étais... tu sais. »

Je frissonai. « J'apprécie vraiment. »

Une fois encore, il chassa ma gratitude d'un geste préremptoire. « Pas de problème. »

Mais ses yeux se firent plus durs une nouvelle fois alors qu'il me regardait, et il se recula d'une dizaine de centimètres jusqu'à ce qu'il soit appuyé contre la porte. Il croisa les bras, consulta sa montre.

Emmett surgit quelques minutes plus tard, brisant le silence sévèrement inconfortable.

« Prêt à partir? », questionna Edward. Emmett acquiesça, attrapa sa casquette de baseball des PSU Vikings avant d'enrouler un bras autour de moi.

« Ne fais pas brûler la maison », me taquina-t-il. « Tous les bons pompiers sont en repos. »

Je restais là, abasourdie, alors qu'ils grimpaient dans une Volvo argenté et disparaissaient dans la rue sans un regard en arrière.

Je ne le comprenais pas. Il n'acceptait pas mes remerciements, mais voulait parler d'Emmett et de comment il était de toute évidence opposé à ce que je reste ici. Que voulait-il d'autre que je fasse?

Je retournai dans la chambre d'amis, trouvant Alice en train de fouiller dans l'armoire.

« Qui était à la porte? », demanda-t-elle d'une voix étouffée.

« Personne », marmonnai-je en m'embrouillant avec mes lacets.

« Est-ce qu'Emmett est parti? », demanda-t-elle, refusant de laisser tomber le sujet. Je murmurai quelque chose qui aurait pu être interprété comme un 'oui', dépendant de comment elle écoutait.

Sa tête surgit de la porte. « Est-ce qu'Edward l'a emmené? »

Mes joues rougirent, donnant la réponse à ma place. Alice me lança un regard entendu et retourna à sa tâche dans l'armoire.

« Lui as-tu parlé? », demanda-t-elle d'un ton neutre, bien que je pouvais y détecter sa curiosité brûlante.

« Ouais », dis-je, en jouant le jeu. « J'ai ouvert la porte et j'ai dit qu'Emmett serait là dans une minute. »

« Tu n'as rien dit d'autre? », questionna-t-elle avec scepticisme, déjà prête à me hurler dessus.

« Je l'ai remercié pour m'avoir sauvé la vie », dis-je sarcastiquement en levant les yeux au ciel. « J'ai pensé que c'était approprié. »

« Ca l'était », acquiesça Alice. « Et qu'a-t-il dit en réponse? »

« Il a dit que c'était normal », dis-je, souhaitant qu'Alice laisserait juste tomber. C'était simplement professionnel. Rien de plus.

« Il n'a rien dit à propos de son amour éternel pour toi? »

J'attrapai une chaussure abandonnée et l'envoyai vers l'armoire, mais elle ne fit que rebondir sur la porte. Elle rit, bien que je savais qu'elle ne plaisantait pas vraiment.

« En parlant de vies amoureuses, devine qui était au café ce matin? », dis-je, à moitié pour changer de sujet, à moitié pour voir sa réaction.

« Quoi?! », s'exclama-t-elle, surprise. « Il n'a pas cet horaire! »

« Alice, ne penses-tu pas qu'il est étrange que tu aies mémorisé son emploi du temps? », demandai-je, essayant de l'encourager, mais elle refusa de répondre.

« De quoi avez-vous parlé? »

« J'ai eu toutes les réponses aujourd'hui... », marmonnai-je pour moi même, mais je lui racontai tous les détails significatifs de ce matin.

« Et il a dit qu'il voulait te connaître », terminai-je. Alice sortit de l'armoire, un sourire ecstatique sur le visage.

« C'est un début », dit-elle, contenant son excitation avec peine.

Elle se leva, attrapa sa tasse à moitié pleine et son sac. « Nous ferions mieux d'aller voir notre agent d'assurance avant qu'il ne nous oublie et que nous perdions vraiment tout. »

Je grognai, m'écrasai sur le lit. « On doit vraiment le faire? »

« Pour quelqu'un qui aurait pu mourir à cause de ça, je te trouve horriblement cavalière. »

Je ricana. « Quelqu'un doit agir calmement. »

Elle attrapa ma main, me remit sur mes pieds, et me traîna jusqu'à la porte.

*****

« Ce n'était pas terrible », dit-elle en replaçant ses lunettes de soleil sur son nez alors que nous sortions du bureau.

J'haussai les épaules. « Je ne sais pas si c'était terrible, ou pas. Les assurances ne sont pas mon truc. »

« Je vais te résumer le plus important », dit-elle avec un sourire suffisant. « Notre appartement a brûlé. Nous avons besoin de nouveaux meubles. »

Je grognai, shootai dans un caillou perdu sur le trottoir. « Alice, nous avons besoin d'un endroit où vivre avant d'acheter des meubles. »

« Tu as demandé le plus important. Nous aurons besoin de ça un jour. »

« Pouvons-nous chercher un nouvel appartement? », demandai-je. « Nous ne pouvons pas vivre avec Emmett et Rose pour toujours. »

Alice grimaça. « Définitivement pas », dit-elle. « Nous devrions voir si nous pouvons regarder à l'intérieur de l'appartement, ou que quelqu'un le fasse pour nous. »

Décidant de passer là-bas, nous roulâmes doucement dans la rue, puis nous arrêtames devant l'immeuble. Les murs extérieurs étaient endommagés et carbonisés, la brique était noire, ce qui me laissa peu d'espoir de trouver quelque chose de sauvé.

Nous traversâmes le hall, puis je toquai à la porte de Mr Brandon avec hésitation. En quelques secondes, l'homme l'ouvrit en grand et nous sourit.

« En quoi puis-je vous aider? », s'enquit-il, calme, bien qu'il semblait un peu secoué. J'inhalai, pointai Alice du doigt.

« Nous nous demandions quand nous pourrions voir les dégâts de notre appartement et récupérer nos affaires », répondis-je. Il hocha la tête, nous indiquant de rentrer à l'intérieur.

« Quel était votre numéro de porte? »

Je débitai les chiffres, attendant patiemment alors qu'il feuilletait un classeur contenant de nombreux papiers.

« Ah, Mary Alice Cullen et Isabella Swan? »

J'acquiesçai, retenant mon souffle alors qu'il continuait de scanner la feuille, une expression perturbée sur le visage.

« Malheureusement, votre appartement est le plus endommagé. Les pompiers ont noté que vous êtes maintenant autorisées à entrer dans les pièces, mais l'un des leurs doit être présent pour vous faire entrer et collecter vos possessions. »

Je regardai Alice. « Devons-nous vraiment regarder maintenant ou pouvons-nous attendre jusqu'à ce qu'Emmett puisse venir avec nous? »

Elle jeta un coup d'oeil à sa montre. « Il n'y a pas de raison de le voir maintenant. Nous pouvons amener Em' ici plus tard. »

Je me retournai vers Mr Brandon. « Nous reviendrons plus tard dans l'après-midi avec quelqu'un. »

Après cette déclaration, et quelques derniers mots du propriètaire, Alice me tira hors du bureau et m'attira jusqu'à la voiture. Je me battis pour attacher ma ceinture alors qu'elle appuyait avec force sur la pédale d'accélérateur et roulai dans la direction opposée de chez Emmett. Elle fouilla derrière son siège, attrapa son sac et le laissa tomber sur mes genoux.

« Trouve mon téléphone et appelle Emmett. Je veux que nous allions le chercher pour en finir avec la liste des dégâts. »

Je tapai rapidement le numéro, me sentant presque mal à l'aise à l'idée de couper court à son jour de repos.

« Allô? », répondit-il, mais le son était étouffé. Je l'entendis prendre une gorgée de quelque chose, déglutir et coller sa bouche au téléphone. « Allô? »

« Emmett? C'est Bella. »

Il ricana. « Bells! Ma personne préférée. Que me vaut le plaisir de cet appel? »

J'ignorai son sarcasme. « Nous devons passer te prendre pour t'emmener à l'appartement. Quelque chose comme avoir besoin d'un pompier pour entrer, je ne sais pas vraiment... » Je l'entendis grogner en assentiment, donc je continuai. « Où es-tu? »

Je l'entendis hurler quelque chose à un autre gars avant de me relayer l'adresse.

« Je ne veux pas que vous m'emmeniez! », gémit-il, ressemblant à un gamin de trois ans. « Le match a commencé! »

Je souris. « Désolée. Nous avons besoin de ton aide. »

Je raccrochai, replaçai le téléphone dans son sac avant de transmettre l'adresse à Alice.

*

« Je ne veux vraiment pas partir. Le match est serré! », fut notre accueil de la part d'Emmett quand il ouvrit la porte de quelques centimètres, comme s'il avait peur que nous la poussions et le trainions dehors. Comme si on pouvait...

« Em, nous avons besoin de ton aide. Tu es le meilleur pompier ici », citai-je de sa déclaration de toute à l'heure.

« Que se passe-t-il? » La voix d'Edward venait de résonner, et son corps magnifique apparut à côté de celui d'Emmett. Il avait une canette de bière à la main, regarda Alice et moi avant d'éclater de rire.

« Vous semblez si désespérée », expliqua-t-il, se battant pour se maîtriser mais il échoua misérablement. « De quoi avez-vous besoin? »

Alice expliqua notre situation, et il acquiesça d'un air compréhensif. J'aurais dû participer à la conversation mais j'étais trop occupée à dissimuler mes sentiments. Je ne suis pas sûre que j'aurais réussi à parler, de toute façon.

« Emmett, si tu veux rester et regarder le match, je peux y aller avec elles », offrit-il en posant la canette sur une table en verre dans l'entrée. Je sentis ma machoire se décrocher sous le choc, mais je la refemai rapidement avant qu'il ne puisse remarquer.

« Vraiment? Merci, mec », dit Emmett, son regard retournant inconsciemment à la télévision. Edward hocha la tête.

« Ouais, ça va. Je ne suis pas vraiment fan de football de toute façon. Le baseball est plus mon sport », répondit-il en souriant.

« ...cord, Bella? », intervint Alice, me sortant brusquement de ma rêverie. Je la regardai, confuse.

« Quoi? »

« J'ai dit que nous avions juste besoin d'aller là-bas pour savoir ce que nous pouvons emmener », répéta-t-elle.

« D'accord », acquiesçai-je à voix basse, les yeux toujours fixés sur son visage. Il se retourna, attrapa sa veste et sortit un trousseau de clefs de sa poche.

« Je peux conduire, si vous voulez », offrit-il, et Alice décida rapidement pour nous, se plaignit jusqu'à ce qu'elle soit sûre que je serai celle qui monterait sur le siège avant de la magnifique Volvo argenté.

Edward ouvrit la porte pour moi, sourit légèrement lorsque je me cognai la tête sur le toit en essayant à la fois d'entrer dans la voiture et de le regarder. Mon visage maintenant écarlate, je détournai les yeux et m'asseyai sur le siège de cuir. En une seconde, il était à mes côtés, démarrait le moteur et sortait doucement du parking.

« L'adresse est.... »

« Je sais », interrompit-il Alice, en me regardant du coin de l'oeil. Je rougis pour la seconde fois dans les dernières minutes, et gardai mes yeux fixés sur mes genoux jusqu'à ce que nous atteignâmes les restes de notre appartement brûlé.

Pour éviter tout autre embarras, je fus capable d'ouvrir rapidement la porte avant qu'Edward ne s'approche, me projetant à la tête du trio et prenant quelques pas d'avance. Il ne devait pas me tenter, même inconsciemment.

« Parce que je dois agir professionnellement, voilà ce que nous allons faire », dit-il derrière moi. Me maudissant mentalement, je me retournai pour lui faire face. « Je vous laisse à l'intérieur, mais nous devons y aller ensembler. De ce que je me rappelle, c'est votre appartement qui a souffert le plus. Donc, s'il vous plaît, restez ensemble pour qu'aucun accident qui aurait pu être évité n'arrive. »

L'espoir qu'Edward vienne avec nous pour être avec moi fut envoyé par le fenêtre après cette déclaration. Son ton était strictement professionnel, et on aurait dit qu'il voulait en finir avec ça le plus tôt possible.

Prenant les escaliers jusqu'au troisième étage, Alice introduisit la clef dans la serrure avant de la tourner avec hésitation. J'attendais, le souffle court, me rappelant comment les deux entrées avaient été bloquées par les débris. Heureusement, elle s'ouvrit facilement, révélant un chemin parfaitement clair au centre de la pièce.

« Ils ont rangé un peu pour qu'il n'y ait pas de danger », expliqua Edward, répondant à ma question tue.

« Oh Mon... », s'écria Alice en entrant. Je fermai les yeux un moment avant de la suivre, tournant la tête de tout côté pour voir l'étendue des dégâts.

« ...Dieu », finis-je pour elle, la bouche grand ouverte. Le salon entier ressemblait à l'intérieur d'un feu de camp -tout était noir et carbonisé. Je pouvais voir où Edward avait brisé la fenêtre, les éclats de verre gisaient sur un large espace. Je fis courir automatiquement ma main sur mon bandage et continuai mon chemin vers la cuisine.

Les souvenirs me bombardaient. Mes appels au secours. Les larmes. Les hurlements. L'impuissance.

Si je pensais que le salon était dans un mauvais état, il semblait prestigieux comparé à la cuisine. Il n'y avait plus rien. Tout s'était effondré sur le sol, et des morceaux de l'arbre apparaissaient à travers le petite fenêtre au dessus de l'évier. Je détournai la tête, prenant quelques inspirations profondes avant d'aller dans la chambre.

La chambre qu'Alice et moi occupions était relativement propre. Malgrè un peu de dégâts causés par l'eau de la lance, tout semblait comme si nous pouvions découper le pièce de l'appartement et la mettre dans la voiture. Alice attrapa immédiatement deux valises d'un tiroir de l'armoire, déposant tout ce qui était à portée de main dedans.

Je soupirai, ne me souçiant de rien. Attrapant moi aussi un sac vide dans l'armoire, je commençai à balancer des objets dedans, ne prenant même pas la peine d'identifier ce que c'était.

Edward était appuyé contre la chambranle, regardant sa montre très souvent. Le temps que nous ayons terminé, les rayons du soleil avaient disparu, et le ciel maintenant noir étincelait de milliers d'étoiles, malgrè les brillantes lumières de Portland.

« Merci encore, Edward », dit Alice en chargeant le dernier sac dans le coffre de la Volvo. « Tu es un sauveur de vies. »

« Littéralement », ajoutai-je, voulant entendre encore sa voix magnifique. « Tu m'as sauvé d'un jour de shopping, pour de nombreuses choses dont nous n'avons pas besoin, avec le petit démon », crachai-je à Alice derrière mes dents. Elle sourit simplement, me laissant une nouvelle fois devant avec Edward.

Montant dans la voiture, je sentis la chaleur de son corps à mes côtés, l'odeur légère de son parfum me submergeait. Elle embrûmait chacune de mes pensées, et je devais m'empêcher physiquement de m'approcher pour le toucher. Trop rapidement, à cause de sa conduite rapide, nous étions arrivés en face de la maison de Mike, la Porsche jaune d'Alice était là où elle l'avait laissé.

Je courus jusqu'à la porte, entraînant Emmett et un autre mec, dont je ne me rappelais plus le prénom, pour qu'ils nous aident à décharger la voiture d'Edward pour remplir celle d'Alice. En dix minutes, le processus était terminé, et Alice disait au revoir à son frère.

« Es-tu sûr que tu ne veux pas qu'on te ramène? », lui demanda-t-elle pour la cinquième fois.

Il rit et secoua la tête. « Oui. Rosie passe me prendre sur le chemin du retour. »

Les sourcils d'Edward se rejoignirent. « Qui est-ce? », demanda-t-il, perplexe.

« Rosalie Hale est la petite amie de longue date d'Emmett », expliqua Alice.

J'observai, ébahie, les dix expressions différentes qui passèrent sur son visage, allant de l'excitation, au soulagement, jusqu'à quelque chose qui aurait pu être identifié comme de la colère.

Je reculai d'un pas, et m'envoyai presque m'écraser sur le sol dans ma hâte. Edward s'approcha et me rattrapa. Alors que ses doigts s'enroulaient autour de mon poignet, sa peau entrant en contact avec la mienne, je sentis une décharge éclectrique me traverser. Retrouvant mon équilibre, je rétractai ma main, frottant mon pouce là où sa peau avait touché la mienne.

« Désolé », murmura-t-il, semblant aussi surpris que moi.

« Petite amie? », répéta Edward, essayant de se recomposer alors qu'il regardait Emmett.

« Ils sont ensemble depuis des années », intervint Alice, en frappant le bras de son frère. « Nous attendons juste qu'il la demande en mariage. Ca ne devrait plus être long, maintenant... »

J'aurais juré que ses joues se colorèrent de rouge à la phrase d'Alice. L'expression d'Edward restait ébahie alors qu'Emmett continuait de lister toutes les plus fines qualités de Rose, sa voix devenant plus tendre à chaque compliment. Je ne pus m'empêcher de grimacer de jalousie à la manière dont il parlait d'elle, et la douleur écrasante de mon coeur reviendrait chaque fois que je regarderai Edward.

Dégoutée par la façon dont j'agissais près d'un mec que je ne connaissais pas quelque jours auparavant, je m'approchai d'Alice, attrapai sa main.

« Peut-on partir? », murmurai-je, dardant subtilement mon regard vers Edward. Elle comprit le message, acquiesça brièvement avant de dire au revoir aux autres. Je marmonnai mes remerciements, pris mon temps pour descendre les marches et retourner à la voiture dans l'obscurité. J'étais à mi-chemin quand j'entendis mon nom être appelé par cette voix sexy et rauque.

Oh Merde.

« Bella », répéta-t-il, d'une voix plus forte. Je pouvais entendre le bruit de ses pas derrière moi alors qu'il courait dans l'herbe humide, s'arrêtant juste devant moi.

« Hé! »

Je mordis ma lèvre, plongeai mes mains dans mes poches arrière. « Salut », répondis-je, ma voix ne semblant pas aussi assurée que j'en avais besoin.

Je le regardai avec attention, alors qu'il semblait livrer un combat avec lui-même à propos de quelque chose.

« Merci pour l'aide, aujourd'hui. Ca fait deux fois », commençai-je, espérant que ça le guiderait dans la bonne direction pour dire ce qu'il avait à l'esprit.

« Ce n'était vraiment pas un problème. » Sa réponse était toujours la même. Il passa une main dans ses cheveux ébouriffés, puis sur sa nuque. « Bella... »

Mon souffle se coupa alors qu'il baissait les yeux vers moi. « Oui », fut tout ce que je pus dire. Il se rapprocha de quelques centimètres, réduisant ainsi marginalement l'espace entre nous.

« J'étais... Je voulais savoir si... » Il s'arrêta, la tension était presque suffisante pour me tuer. « Voudrais-tu sortir et... manger? »

Je recrachai l'inspiration que j'avais retenue. « Est-ce que je veux sortir et manger? », répétai-je dans un rire. Il leva les yeux et observa le ciel brièvement.

« Je veux dire... veux-tu... peut-être... puis-je... avoir ton numéro? », se reprit-il, penaud. « Je sais que ce n'est pas professionnel et que je ne devrais pas demander, mais... »

Je le coupai en tendant ma main. « Puis-je voir ton téléphone? » , demandai-je d'une voix plus forte.

Il fouilla dans les poches de son jean et me tendis le petit objet argenté. Je l'ouvris, admirai le fond d'écran avant d'entrer mon nom et mon numéro dans sa liste de cotnacts.

« Merci », murmura-t-il en replaçant le téléphone dans sa poche, avant de regarder le ciel de nouveau.

Nous restâmes là, dans la pelouse humide, silencieux, jusqu'à ce que les autres garçons sortent en hurlant et en se chamaillant sur le match. Edward pinça l'arête de son nez, puis ses mains retournèrent dans les poches de son jean. Je pouvais entendre le tintement de ses clefs alors qu'il les sortaient, les faisant tourner autour de son index.

« Est-ce que je pourrais t'appeler, un jour? », chuchota-t-il. Je sentis mon corps se rapprocher du sien, et je me redressai rapidement avant qu'il ne remarque.

« Oui », répondis-je tout aussi doucement. J'avais l'impression que j'étais retournée au collège, et que c'était mon premier béguin. Mais je ne pus m'empêcher de laisser s'épanouir un sourire ecstatique alors qu'il approchait une main pâle de mon visage et effleurait mon menton. Mes yeux étaient plongés dans les siens.

« Bonne nuit, Bella », dit-il d'une voix aussi onctueuse que le miel. D'un mouvement lèger, ses doigts tracèrent le contour de mes joues et replacèrent une mèche de cheveux derrière mon oreille avant de baisser la tête et de retourner vers sa voiture.

Je l'observai, me demandant ce qui avait causé ce changement brutal d'attitude. Il avait été froid, distant et professionnel tout l'après-midi, mais une fois que le Soleil s'était couché, il s'était transformé en une personne calme et attentionnée que je voulais connaître.

Je restai là jusqu'à ce qu'Alice me traine jusqu'à la voiture, me demandant les moindres détails, mais j'étais encore trop hypnotisée pour me concentrer sur les questions qu'elle me posait. Tout ce que je pouvais me rappeler était la manière dont il m'avait regardé, ses yeux étincelant plongés dans les miens; la façon dont ses doigts avaient effleuré ma peau légèrement, mon coeur battant la chamade; et la sensation de mon corps si proche du sien, et pourtant trop loin.

Mais il avait mon numéro.

Il y avait encore de l'espoir.

Tout ce que j'avais à faire était attendre.


NT: Martha Stewart, célèbre animatrice de télévision américaine qui conseille sur la cuisine, le ménage...

Sinon, toi fidèle lecteur qui lit ces quelques mots, tu es dans l'obligation de laisser une review à la merveilleuse -et si modeste- traductrice qui vient de s'acharner à te traduire ce chapitre en un week-end -alors qu'elle aurait du faire son commentaire de Littérature. Nous n'avons pas les mêmes priorités, que voulez-vous... ^^

Donc ne m'oubliez pas, dites-moi si ça vous a plu...

Merci d'avoir lu.

Fanny