Voilà enfin le troisième et dernier chapitre de cette fiction ! Alors, qui est le coupable ?

Chapitre 3 : Et le coupable est...

Conan eut un sourire. Il n'avait plus qu'à endormir Kogoro... Il fit quelques pas, entra dans la pièce et regarda le meurtrier. Il semblait triste, mais Conan lut un éclat de satisfaction dans ses yeux.

-Tu peux toujours courir si tu crois que tu vas t'en sortir...

Conan se tourna alors vers Kogoro, qui était ait pensif et qui regardait Kenzaki. Il avait désormais l'air de douter, et semblait désormais pensif.

-Ne t'inquiète pas, Kogoro...Je vais régler le problème grâce à Kogoro l'endormi...

Conan sortit sa montre, arma le lance-fléchettes et visa la nuque de Kogoro. Soudain, il pensa à quelque chose :

-Je suis un fan. Et on n'assassine pas une de mes stars préférée impunément ! Kogoro Mouri entre en scène !

Conan hésita un instant, puis baissa sa montre.

-Non...Je ne peux pas faire ça...

-Conan !s'écria Ran. Qu'est-ce que tu fais là, gamin ? Ne les dérange pas !

-Il faut que je l'aide à trouver... Mais comment ? Ah ! Et si...

-Tonton ! Je peux aller me baigner ?

Kogoro se retourna aussitôt, agacé.

-Qu'est-ce que tu dis ? Tu n'as rien d'autre à faire ?

-En même temps, je ne peux pas... J'ai trop peur des serpents de mer !

-Idiot ! Ici, il n'y a pas de serpent de...

Kogoro se tut soudain.

-Attends..Un serpent de mer..Ça me rappelle quelque chose..C'était une affaire avec Eri... Attends, qu'est-ce que c'était ?

-Euh...Ça va, papa ?demanda Ran, voyant son père plongé dans ses pensées.

-Plus tard ! Je réfléchis !coupa Kogoro d'une voix forte.

Les suspects tournèrent la tête vers Kogoro, surpris.

-Ah, je me souviens...Elle s'appelait Kiwako, et elle avait failli se noyer...Et qu'est-ce qui s'était passé ?

-Harumi Matsuzaki, souffla doucement Conan, comme si il avait lu dans les pensées de Kogoro.

-Ah ! J'ai compris !hurla Kogoro. Je sais comment Tomoka est morte !

-Vraiment, Mouri ?réagit brusquement Maigret.

-Oui, inspecteur, j'ai tout compris !

-Vous savez comment Kiwako est morte ?s'exclama Kenzaki.

-Oui, je le sais. Et c'est de votre faute !

-Vous..Vous m'accusez ?

-Pas exactement, je dis juste que c'est à cause de vous qu'elle s'est faite tuer.

-Bien, pensa Conan. Il a compris.

-Pouvez-vous être plus clair, M. Mouri ?demanda timidement l'accessoiriste.

-Avec plaisir ! En fait, Ran, c'est comme avec l'affaire du serpent de mer.

-L'affaire où Mlle Kiwako a failli mourir ?

-Oui, mais ce n'est pas ce qui était prévu à la base...Vous comprenez, messieurs, la question est simple. Pourquoi Tomoka n'est-elle pas sortie du bungalow après avoir crié comme prévu ?

-Elle avait été endormie ?suggéra Ikawa.

-Impossible, Jugo. Personne n'a pu entrer, on l'a prouvé, rappela le réalisateur.

-En effet. Sauf qu'il a raison, monsieur Haru, rétorqua Kogoro.

-Mais...Comment est-ce possible ?s'écria Jiro.

-C'est elle-même qui a utilisé la seringue.

-QUOOOOOIIIIII ?!s'écrièrent toutes les personnes présentes.

-Mais pourquoi ?!s'écria Kenzaki. Pourquoi se serait-elle endormie ?

-Pour que vous vous inquiétez pour elle, abruti.

-Que...Que dîtes-vous ?

-Elle avait découvert la photo et connaissait votre duplicité. Mais elle vous aimait sincèrement, et ne comptait pas vous quitter. Au contraire, elle voulait savoir si vous teniez à elle. D'où ce stratagème.

-Attendez, Mouri...s'exclama Maigret, qui comprenait peu à peu. Ne me dîtes pas que vous suggérez que...

-C'est elle-même qui a apporté le sang. Elle avait les mains vides, donc elle l'avait amené discrètement à l'avance. Une fois allongée, elle a joué son rôle, puis s'est endormie avec le seringue. Son bras est tombé, et la seringue a roulé sous le lit. Elle voulait savoir si vous seriez inquiet pour elle en la voyant ainsi.

-To...Tomoka...souffla Kenzaki.

-D'ailleurs, ça explique même la robe blanche. On y voit mieux le sang, ajouta Kogoro laconiquement.

-Mais...Pourquoi vous a-t-elle fait venir, dans ce cas ?

-Pour rajouter du crédit à la mise en scène. On ne s'attendrait pas à cette comédie en ma présence.

-Intelligent, mais il y a une faille, Mouri. En étant endormie, elle ne pourrait voir les réactions de Kenzaki. Donc ta théorie est invalide.

-Certes. Mais elle avait un complice qui, présent sur les lieux, devait observer Kenzaki. Et c'est cette personne qui l'a tué.

-Quoi ? Vous êtes fou ?!

-Ce plan venait-elle d'elle ? C'est possible mais j'en doute. Quelqu'un lui a suggéré ce plan, quelqu'un en qui elle avait confiance. Et cette personne s'est servie de sa crédulité pour la tuer, très habilement.

-Et qui est cette personne, Mouri ?demanda Maigret, impatient.

-Nous avons quatre principaux suspects. Nous pouvons déjà éliminer Kenzaki : c'était lui la cible du plan, il ne pouvait être le complice de Tomoka. Jiro, l'accessoiriste, n'était pas présent sur les lieux : il n'aurait donc rien pu raconter à Tomoka, ce n'est donc pas lui non plus. Quant à M. Ikawa, il est arrivé en dernier : il n'aurait rien pu dire à Tomoka, qui était de toute façon probablement déjà morte avant son arrivée. Et je ne l'ai pas vu faire quelque chose de particulier. Reste donc la première personne arrivée au bungalow... Vous, monsieur le réalisateur.

Tous les regards fusèrent vers le réalisateur. Il était calme, et eut un sourire triste.

-Voyons, M. Mouri. Vous n'êtes pas sérieux. Comment aurais-je agi ?

-Vous avez dû utiliser une sarbacane, ou quelque chose du même genre.

-Ah oui ? Et où est-elle, cette arme ? Les policiers n'ont rien trouvé dans le bungalow, n'est-ce pas ?

Pour la première fois, Kogoro sembla désarçonné. Il se tut, gêné.

-Mouri ?dit Maigret.

-Zut ! Il n'a pas compris, pensa Conan. Bon, je vais l'aider un peu...

-Ah ! Elle est belle, votre caméra, monsieur !

-Hein ? Euh...Merci, mon garçon.

-Mais...Vous ne l'aviez pas fait tomber toute à l'heure, avant d'entrer dans le bungalow ? Vous l'avez récupéré ?

-Tu le vois bien, non ?répliqua le producteur, exaspéré, en sortant son paquet de cigarettes.

-Ah, monsieur ! Vous fumez encore ? Et vous allez faire comme toute à l'heure et l'enfouir sous le sable ?

Le producteur regarda Conan, interdit, sans répondre. Soudain, Kogoro sauta sur ses pieds :

-Mais oui ! Mais c'est bien sûr ! J'ai compris !

-Compris quoi, monsieur Mouri ?demanda Haru d'un ton sarcastique, mais toutefois avec un peu de peur dans la voix.

-La sarbacane était juste à côté de la caméra,n'est-ce pas ?

Le réalisateur blêmit. Kogoro eut un sourire, puis reprit :

-Quand vous êtes arrivé au bungalow, vous avez ouvert la porte. Aussitôt, vous avez porté la sarbacane discrètement à votre bouche, et vous avez tiré sur votre victime déjà inconsciente. Puis, comme si vous aviez été choqué par le spectacle, vous avez lâché votre caméra, et par la même occasion votre arme. Ensuite, vous étiez sur la surveillance constante des policiers, et avant, toute l'équipe était sur le plateau en train d'observer le bungalow. Mais il n'y avait rien d'anormal à ce que vous vous penchiez pour récupérer votre caméra. Et, par la même occasion, d'enfouir profondément votre arme dans le sable. Elle y est toujours. Inspecteur Shiratori, pouvez-vous aller vérifier, s'il vous plait ?

L'inspecteur sortit de la salle et se dirigea vers le bungalow. Par la fenêtre, tout le monde l'observa se diriger vers le bungalow, s'arrêter à la porte, se pencher, fouiller lentement le sable...Et en sortir une sarbacane.

-ASSSSASSSSIN !s'écria Kenzaki en se jetant sur le réalisateur, fou de rage.

-Arrêtez, monsieur Kenzaki !hurla Maigret en s'interposant entre les deux hommes.

-Parce que tu vaux mieux ?répondit soudain, avec hargne, le réalisateur. Tu l'as trompé !

-Pourquoi l'avez-vous tuée, Haru ?demanda soudain Kogoro, d'une voix très froide.

-Je la détestais, ce n'était qu'une sale allumeuse. Elle a refusé mes avances. Elle ne méritait rien d'autre.

-Pourquoi vous mentez, monsieur ?dit soudain Conan. Je vous ai vu ! Vous aviez un regard très triste, toute à l'heure ! Je ne peux pas croire que vous lui en vouliez !

-Et croyez-vous vraiment qu'elle vous aurait confié son plan ou écouter le votre pour connaître les sentiments de Kenzaki ?renchérit Kogoro. Ça ne tient pas debout. Pourquoi l'avez-vous tuée ?

Il y eut un silence, puis le réalisateur poussa un profond soupir.

-Tomoka était la meilleure actrice que j'ai jamais connu. Dans son registre, bien sûr. Elle incarnait pour moi un idéal dans son art. Puis elle a rencontré Kenzaki. Un grand duo. L'apothéose de son art. Et puis...Il a commencé à être distant avec elle. Et aussitôt, son talent a disparu, s'effaçant peu à peu dans sa tristesse. C'en était fini d'elle...

-Et voilà que votre ami vous propose un scénario...reprit Conan.

-Oui, dit soudain le réalisateur. Un rôle parfait ! Ç'aurait été son plus grand rôle.

-Mais après...Rien n'aurait été à la hauteur, fit lentement Kogoro.

-Ouuuiii...Vous comprenez...Je ne pouvais la laisser continuer sa carrière après « Le Lagon rouge »... Je devais agir. Elle m'a parlé de son plan, je l'ai « amélioré », et aujourd'hui, j'ai...

Conan regarda d'un coin de l'œil Kogoro, dont le poing tremblait dangereusement. Mais Maigret fut plus rapide.

-Vous...Vous avez tué un être humain pour une raison aussi ridicule que cela ! Quelqu'un qui avait confiance en vous !

-Et vous ne connaissez rien à l'art, monsieur, s'exclama Conan.

Cette réplique sembla accabler le réalisateur, qui sembla flancher sous le choc. Shiratori s'approcha doucement et lui passa les menottes, avant se sortir doucement avec lui de la pièce.

-Ahem...fit le producteur. Je crois que je dois prévenir l'équipe...Mais comment allons-nous faire, pour le film ?

-Plaignez-vous !s'exclama Kogoro, d'un ton cynique. Vous avez votre scène, non ? Vous n'avez qu'à couper au bon moment. Et changer le titre du film...

-Mais...

-Vous vouliez qu'on voit son dernier rôle, non ? Alors débrouillez-vous !coupa Maigret.

-Bon, je vais y aller...répondit le producteur, avec un mouvement de recul. Jirô, Kenzaki ? Vous venez ?

Les deux hommes hochèrent la tête et se levèrent pour sortir. Kenzaki sortit en premier, et Conan le suivit des yeux, préoccupé. Ikawa allait sortir quand il s'exclama :

-Ah, avant que j'oublie... Tenez, messieurs.

Il sortit quelque chose de sa poche et le passa à l'inspecteur Maigret. Celui-ci y jeta un œil, puis s'écria, furieux :

-Mais c'est la photo de Kenzaki avec cette mademoiselle Yoku ! C'est vous qui l'aviez ?

-Oui, je l'ai récupéré de peur que Kenzaki ne la prenne. Bon, je dois y aller...

-Attendez !..

Mais le producteur avait déjà filé. Conan se rapprocha de l'inspecteur discrètement et jeta un œil à la photo. On y voyait Kenzaki qui tenait apparemment l'appareil, au côté d'une jeune femme. Les deux paires d'yeux noirs étaient rieurs .

-Dis, Ran ! Cette jeune femme, c'est Hikari Yoku ?

-Euh, oui. Elle a apparu il y a peu de temps dans le domaine de la mode. C'est Kenzaki qui l'a projeté au premier plan, et ils se sont mis ensemble quelques mois après, avant qu'il ne la quitte pour mademoiselle Tomoka. Heureusement qu'il l'a fait connaître d'ailleurs, car sans lui, personne ne l'aurait remarqué, avec tout le monde qui dit être une « grande chanteuse ». D'ailleurs, c'est une fille très timide. Elle n'a rien voulu dire sur sa famille, elle a juste montré une photo de ses parents. Tiens, je l'ai..

Ran pianota sur son portable puis montra à Conan une photo de deux personnes bien portantes et souriantes, avec de beaux yeux bleus.

-Hum...Merci, Ran.

Conan sortit du bungalow et aperçut Kenzaki, qui se tenait debout face à la mer. Conan fit quelques pas sur la plage, avant de prononcer :

-Attendez, monsieur ? Je peux vous dire quelque chose ?

-Quoi ? Euh, oui...

-Cette mademoiselle Hikari Yoku...C'est votre sœur ? Ou quelque chose du même genre ?

-Hein, quoi ? Que...Qu'est-ce que tu dis ?

-Eh bien, vous avez les mêmes yeux. Et puis, c'est vous qui l'avez fait connaître, et vous ne vous êtes mis ensemble qu'ensuite.

-Mais ça ne veut rien dire ! J'avais juste foi en elle !

-Oui, mais sur la photo qu'elle a montré, ses parents ont les yeux bleus. Mais elle a les yeux noirs, et selon les lois de Mendel, donc ce ne sont pas ses vrais parents. C'est vous qui lui avez suggéré ça, n'est-ce pas ? Pour qu'on ne pose pas trop de questions sur elle-même. Ran l'a décrit comme étant timide, et ne souhaitant pas être considérée uniquement comme étant « votre sœur », vous avez fait comme si vous étiez ensemble. Mais quand ensuite vous vous êtes mis avec Tomoka, pour ne pas causer de problèmes entre elles deux, vous aviez fait comme si vous l'aviez quitté. Mais vous l'avez quand même revu, mais discrètement, pour ne pas éveiller de soupçons chez Tomoka. Malheureusement, vous avez pris une photo, que vous avez rangé là où votre petite amie l'a cachée.

-Et tu connais la suite... Tu as raison, gamin. Tu es intelligent.. Comment as-tu su ?

-Votre regard m'a semblé trop triste pour être celui de quelqu'un après la mort d'une femme qu'il trompait...

-Elle est morte par ma faute. Je ne mérite pas de...

-Vous souhaitez donc abandonner ? Je le comprends, vous avez perdu quelqu'un. Moi aussi, j'ai vécu ça...Et je ne peux rien vous dire vraiment...Si ce n'est que...Je ne crois pas que c'est ce qu'elle souhaiterait.

-Conan, viens !cria Ran. Nous devons y aller !

-J'arrive, Ran !répondit Conan, puis, se tournant vers l'acteur : Au revoir, monsieur Kenzaki ! Et...Bonne chance.

Puis Conan s'éloigna sur la plage, laissant l'acteur interloqué, avant qu'un sourire ne lui arrive au visage.

(…)

-C'est bon, vous êtes bien attachés ?demanda Kogoro, d'une voix morne.

-Oui, papa, c'est bon, répondit Ran après un coup d'œil vers Conan.

-Alors, allons-y !s'écria Kogoro en démarrant.

Le moteur se mit à vrombir, et la voiture s'élança en avant. Soudain, Ran s'écria :

-Papa, Conan ! Vite, regardez !

Conan tourna la tête et retint son souffle. Le soleil s'était couché, et la mer resplendissait d'un rouge violent.

-Le lagon rouge, finalement, souffla Conan.

-C'est si beau...

-Bon, trêves de plaisanteries, il est déjà tard ! Allons-y !

Et Kogoro démarra. Mais, furtivement, il regarda la mer par la fenêtre. Et, tout doucement, il souffla :

-Au revoir, Tomoka...

Et la voiture s'éloigna.


Voilà, j'espère que ça vous a plu, et que rien ne vous a semblé incohérent !

Désolé, pour ce retard d'une semaine, et peut-être à bientôt sur une nouvelle fiction ! Et surtout, encore merci à Axterr et Layla pour leurs reviews sur le premier chapitre !