Loup

Louveteaux

Chaud.

Il faisait chaud.

La canicule s'était abattue sur le Rukongai et je dois avouer une chose :

J'en ai sacrément bavé.

Je suis a moitié loup des steppes, pas chacal, quel est le crétin là haut qui s'obstine a repousser la pluie ! J'le haiiiiiiiiiiiiiiiis !

Voilà mon état d'esprit.

De plus, j'avais du sortir du Kusajishi, où il n'y avait aucun point d'eau, pour m'aventurer dans le Inuzuri, où coulait ce que des esprits sacrément optimistes aurait appellé une rivière.

Me replonger dans mes souvenirs me rend sacrément cynique, dit donc…

Enfin, j'avais eu droit à un peu d'eau boueuse, pas génial le gout mais il fallait faire avec. Les humains me regardaient avec des yeux de rapaces, mais se tenaient à l'écart, intimidés par ma taille et mes crocs. Peut être étaient ils jaloux de ma faculté a boire l'eau qui les rendrait malade ?

Pour tout avouer, je m'en foutais un peu. Depuis le départ de Kenpachi et Yachiru, il y a bien des années de ça, je n'avais plus chassé avec aucun humain. Mes années de bonheur à leur côté, où j'avais été Loup entièrement, me manquaient cruellement.

Des éclats de voix non loin, me tirèrent de mes pensées. Mon « public » s'était déjà détourné vers leur origine. Une bagarre, sans doute. Quelle importance ? Je me détournais pour retourner à mon occupation première.

-« REN-CHAN ! »

-« RENJI ! »

Des voix enfantines me tirèrent brutalement de mes pensées, et sans réfléchir plus avant, je me ruait dans leur direction, bousculant sans ménagement quelques humains cupides qui roulèrent dans la poussière.

Des enfants. Cinq petits humains, qui devaient faire ma taille, faibles et sans défense.

Des enfants cernés par une horde avide de sang.

-« Sales gamins… » grogna un homme, qui avait du embrasser un mur quelque temps plus tôt. « Ca fait longtemps que vous pillez les honnêtes gens, maintenant il va falloir payer ! »

Honnêtes ? Oh la bonne blague !

Mon regard tomba sur les enfants. Ils étaient plus agés que Yachiru mais pas de beaucoup. Il y avait une jeune femelle, et quatre mâles, dont un à crinière rouge, blessé a la jambe. Les autres l'entouraient, tentant de le protéger des mauvais hommes.

Le rapace au nez cassé s'avancait vers eux, brandissant une faucille ébréchée. Les petits se pelotonèrent un peu plus contre le blessé, qui considérait son agresseur avec un regard étincelant.

Bon sang, il y a plus de courage dans ce petit bout d'homme que dans tout les mâles adultes de ce quartier !

Sans hésiter, je bondis pour m'interposer. Les enfants poussèrent a l'unisson un petit cri de surprise. Quant à l'adulte, il se figea en me regardant. Je pouvais presque entendre ses pensées : « il est vraiment très grand, et la taille de ses quenottes est proportionnelle a sa taille, que dois je faire ? » Puis après une seconde d'hésitation…

-« Dégage, clébard ! » brailla t il en s'élancant vers moi

Là, je dois avouer que j'ai vu rouge. Le seul qui pouvait m'appeler comme ça devait être un puissant shinigami, à présent. Il etait fort et puissant, et un crétin trouillard et vantard s'imaginait avoir les mêmes privilèges !

On m'attaque ? Je me défends.

C' est devenu ma devise.

Quand la faucille s'abattit, je l'esquivais d'un petit bond sur le côté, puis d'un seul coup de crocs… j'arrachais le bras qui la tenait. Mon « agresseur » roula à terre en hurlant, tenant d'endiguer le flot de sang de sa main restante.

Je me tournais ensuite vers le reste de « l'assemblée »… et me herissais d'un coup en grognant.

Fuite générale.

Roh, je suis si moche que ça ? C'est limite vexant.

Alors que le nouveau manchot se tortillait pour suivre le troupeau, je me tournais vers les enfants. Ils me regardaient avec des yeux agrandis par la peur, mais aucun d'eux ne fit mine de fuir, restant avec le jeune blessé. La jeune femelle saisit même une branche morte pour me la jeter à la figure.

Et la politesse, jeune fille ?

Le bout de bois ricocha sans mal sur mon crâne et je considéra mon « ennemie » avec un sourire de loup. Elle se recula un peu, mais sans s'écarter.

-« Rukia, va t'en ! »

-« Renji, débile, on va pas te laisser la ! »

-« Ben si, justement ! Laissez moi ici, il va rester puisqu'il est attiré par mon sang, et moi je grimperais dans un arbre ! »

Sachant que l'arbre le plus proche était a dix mètres… Je l'ai trouvé bien optimiste, pour le coup.

Les deux jeunes bruyants ont commencé a se hurler dessus sous mon regard ébahi, sans plus se préocupper de ma presence. Leurs trois amis tentaient sans succès de les séparer ; et moi, je me suis assis pour comptempler le spectacle.

Il passa dix bonnes minutes avant que tous se rendent compte de mon absence de réaction : dans un bel ensemble, ils se tournèrent vers moi, qui les regardait toujours en souriant. Je haussais un sourcil.

-« Heuu, il est bizarre, ce chien… » remarqua Crinière-Rouge

-« Gentil toutou ? » tenta un autre petit mâle, assez fluet

Honnetement, je me suis demandé si je ne devais pas les planter là, ces louveteaux, et continuer ma route : et je l'aurais sans doute fait, si je n'avais pas entendu le bruit d'une cavalcade. Plusieurs humains, tous mâles et adultes, se rapprochaient. Sans doute pour venger leur ami, qu'en savais je ? Ce sont des trucs d'humains !

Sans plus de cérémonie, j'ai balancé le jeune blessé sur mon dos et j'ai démarré au quart de tour : les autres s'élancèrent à ma suite avec divers cris de stupeur. L'enfant sur mon dos s' agrippa de toutes ses forces à ma fourrure, de peur de tomber : je l'ai laissé faire, pas comme s'il pouvait me blesser.

Après quelques minutes de fuite, je m'arretais dans un petit coin que j'avais repéré deux heures plus tôt, dans un bosquet touffu. Les humains, trop grands, ne pouvaient y accéder : mais pour moi et quatre petites crevettes, ce n'était pas un problème. Hors d'haleine, ils se sont affalés en tas dans l'herbe verte, tentant de reprendre leur souffle.

D'une secousse rapide, j'ai fait descendre mon « passager » qui s'étala fort peu gracieusement a terre, puis me mit à lecher sa plaie a petits coups de langue, doucement pour ne pas lui faire mal.

-« Hé, mais arrete ca ! » couina (faute d'un autre mot) Crinière Rouge en tentant de s'écarter.

-« Louveteau, il faut qu'on désinfecte, sinon on va devoir te couper la patte. » j'ai retorqué calmement dans ses pensées.

Petit silence alors qu'il enregistre que OUI, il vient bien d'entendre une voix dans sa tête.

-« Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! »

-« Renji ! Il t'a mordu ! » s'exclama la jeune femelle- Rukia, je crois.

-« Il, il, il… »

-« Je lui ai parlé. » expliquai-je gentiment à toutes les personnes présentes.

-« Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! »


-« Renji, pousse toi ! » grogna Rukia en se blottissant un peu plus contre mon flanc

-« Pas de ma faute si t'es grosse ! » contra Renji

-« Hé ! »

-« Renji, Rukia, s'il vous plait… » gémit Aki, le petit mâle fluet en fourrant le nez dans ma fourrure.

-« C'est vrai, calmez vous. La lune ne va pas tarder à se lever, les louveteaux dans votre genre doivent dormir à cette heure »

-« Oui, Kuro. » répondirent à contre cœur les deux concernés.

Pour éviter d'autres disputes, je déplacais Rukia de mon flanc a mon poitrail, la saisissant par le col de son yukata. Elle se laissa faire sans protester, harassée par la journée, comme les autres.

Ca fait un peu plus de trois semaines que je traine avec eux. Au début, je n'étais pas là tout le temps, me contentant de quelques visites éparses ; mais voir ces Louveteaux se débattre pour suvivre dans ce quartier peuplé de charognard m'a emu. Kenpachi pouvait lutter pour sa survie : eux non. Ils n'étaient que des enfants

Donc, instinct de protection, le retour.

Et oui, je suis un espece de crétin super-sensible, mais si ca peut vous rassurer, je le vis très bien.

-« Dis, Kurooooooooooooo… » Bailla Nanashi, son éternelle tignasse brune devant les yeux, comme d'habitude. « Comment tu sais dépecer un lapin alors que t'as pas de main ? »

Ah, oui, le dépecage. Ca avait été « l'activité pratique » du jour. Honnetement, aucun d'eux n'était doué, mais ils avaient le ventre plein, c'était le plus important.

Quant à la question… Non, elle n'aurais pas du me gener. C'était mon passé, qui était révolu, et en parler ne devait pas me faire mal.

Pour Loup, il n'y a pas de passé, c'est simple. Pour Mischa, le passé est rouge sang, c'est tout. Mais pour Kurocho, le passé est génant, c'est sur.

Néanmoins, je me forcais. Ils ont le droit de savoir, non ? Sans aucun doute.

-« J'ai été humain. Lorsque j'étais encore en vie. »

-« C'est vrai ? » s'exclama Pon, le petit un peu grassouillet, en me regardant les yeux ronds.

-« Bon, les enfants, voici l'histoire de Tonton Kuro, écoutez bien, je ne répeterais pas… »

Puis je leur ai tout raconté : ma vie humaine, ou je ne valais pas mieux que ces loques qui les tourmentent. Mon errance, mon arrivée au Rukongai, Kenpachi et Yachiru…

Contrairement à certaines idées reçues, parler ne me fit pas vraiment de bien. Pas de mal non plus remarque, mais je ne me sentait pas mieux. Peut être parce que je savais que les enfants ne comprenaient pas vraiment ? Je ne sais pas. Et à la limite, je m'en fiche.

-« Donc… tu n'es pas un loup ? » conclua Rukia, sa petite main perdue dans mon épaisse crinière

-« Non »

-« Mais pas un humain non plus ? »

-« Non plus. »

-« C'est d'un compliqué… » avoua timidement Aki

-« J'ai rien compris. » ajouta Renji en baillant.

-« Normal : les garcons sont idiots. » déclara la petite fille avac suffisance.

-« Hé ! » protesterent les trois autres. « Kuro, dis quelque chose ! »

-« Quelque chose. » répondis- je flegmatiquement

-« Kurocho ! »


-« Renji, par la Lune, DESCEND ! »

-« Nan ! Si Rukia le fait, alors moi aussi, je peux y arriver ! »

Renji n'est pas une mule. Non : c'est un troupeau de mule a lui tout seul ! Quand il a une idée derrière la tête, il ne l'a pas ailleurs, et impossible de le faire changer d'avis ! Et le pire, c'est qu'il ne s'est pas arrangé en grandissant.

Là, sa lubie du moment était de prouver a tous qu'il savait faire comme Rukia, vexé a mort que la petite ai plus de talent que lui dans la maitrise du reiatsu. Les jeunes mâles et leur stupide fierté… Normalement, ca me fait rire, mais voir mon louveteau en haut d'un arbre, en équilibre précaire sur une branche bien trop fine m'a oté toute envie de rigoler.

-« Là, j'ai réussi ! » clama finalement le rouquin, visiblement très fier de lui

-« Et comment tu fais pour descendre, maintenant ? » demanda Nanashi, fort a propros.

-« Euh… » fit Renji en regardant vers le sol. « Oh, putain, c'est vachement haut ! »

Soudainement terrifié, il s'accrocha de toutes ses forces à sa branche, lachant un couinement de peur, alors qu'il semble hypnotisé par le sol.

Il me semble qu'il y a un nom, au fait que s'il y a une chance pour qu'il y ai une catastrophe, il y aura une catastrophe. Ah, oui, on appelle ça la Loi de Murphy. Et bien, j'appris pour le coup que sur Terre ou au Soul Society, elle s'applique pareil.

La branche céda.

-« Renji ! » clamèrent en chœur toutes les personnes présentes, alors que mon louveteau chutait au travers du feuillage.

Sans réfléchir, je me jetais sous lui, faisant de mon flanc un matelas pour amortir « l'atterrissage ». Heureusement, j'avais bien calculé mon coup, et Renji se receptionna pile sur mes côtes. Dont une céda à grand bruit.

Je laissait échapper un léger grognement de douleur, puis essayait de me relever. Il me fallut trois bonnes tentatives, avant de me remettre sur mes quatre pattes. Mes louveteaux étaient légerement en panique autour de moi, et parlaient tous en même temps, visiblement au comble de l'inquiétude. Seule Rukia réussit a se maitriser un peu pour tater mon flanc, cherchant l'os brisé.

-« Je vais te faire un bandage, Kuro. Ca va aller ? »

-« Ca va. Renji, viens ici. » fis je de ma plus féroce voix mentale

Je n'aime pas crier sur mes louveteaux, mais là, il avait dépassé les bornes. Penaud et très pâle, il s'avanca timidement jusqu'à se retrouver face à moi.

-« Tu es fier de toi ? »

-« Kuro, je… je suis désolé… »

-« Il ne suffit pas d'être désolé, Renji ! Grâce a tes « exploits » tu viens de priver tout le monde de viande fraiche pour au moins deux semaines ! Comment vais je me nourrir, moi, maintenant que je ne peux plus chasser ?! »

Il ne répondit rien, mais baissa les yeux, tentant de cacher qu'ils étaient embués de larmes. Je deteste crier sur celui que je considère comme mon propre fils. Néanmoins, il fallait qu'il comprenne la lecon.

-« Rukia est plus forte que toi sur un seul point, Renji : son sens des responsabilités ! Alors, arrete un peu de ne penser qu'a toi ! »

Sur ces paroles, je commencais à marcher en direction de notre « tanière », une vieille cabane abandonnée que les gamins avaient restaurée comme ils avaient pu. Mes louveteaux me suivirent, silencieux. Même Renji, qui fermait la marche. J'essayais de ne pas boiter, pour les rassurer et pour me rassurer : malgré mes paroles, il fallait que je chasse. Pour Renji et Rukia, qui avaient vraiment besoin de manger et moi, aussi. Je n'avais tout simplement pas le droit d'être blessé !

Une fois arrivé, je me trainais jusqu'au « lit », un amas de couverture jetées a même le sol dans l'espoir d'imiter un matelas. On était encore en été, les louveteaux n'avaient pas à craindre le froid.

Rukia saisit un vieux bout de tissu qui leur servait habituellement de serviette après le bain, et commenca a le déchirer en fines bandelettes, aidée par Aki. Pendant ce temps là, Pon et Nanashi s'activaient à chercher quelles herbes médicinales pourraient m'aider. Quant à Renji, il m'apporta une gamelle remplie d'eau claire que je but avec grand plaisir.

Puis ma petite louvette banda mes côtes avec beaucoup de douceur, fourrant queqlues herbes broyées entre les bandes. J'avalais également la décoction infame que me présenta Pon, mais je savais qu'elle était très efficace. Finalement, tous me regardèrent, alors que je m'allongeais prudemment sur les couvertures.

-« On va pas pouvoir dormir avec toi cette nuit, alors ? » fit Aki d'une toute petite voix

Je lui lechouillait gentiment la joue en réponse.

-« Bien sur que si, louveteau, j'ai deux flancs ! Il suffira de vous serrer un peu contre l'autre. »

Grand soupir de soulagement collectif. Ou presque. Seul Renji restait en arrière, les yeux baissés, l'image même de l'abattement.

Alors que ses amis venaient se blottir contre moi, il ne bougea pas d'un pouce.

-« Viens Renji. » fis je gentimment.

Je ne peux pas en vouloir a ce gosse plus de cinq secondes d'affilée. Je suis un cas désespéré.

-« Je.. je… »

Et là, ce fut le drame. Il fondit en larme d'un coup. Reflexe conditionné, je voulus bondir sur mes pattes. Heureusement, le poids des enfants m'empecha de le faire, et du même coup de me plier de douleur.

-« Viens Renji. » répétais-je

-« Pardooooooooooooon ! » lacha le pauvre petit en se jetant contre mon poitrail, pleurant toujours à chaudes larmes.

Malgré le fait qu'ils étaient encore des enfants, mes louveteaux pleuraient très rarement. Ils avaient grandi avec la mort. Ils avaient appris que les larmes ne résolvaient rien. Mais bizarrement, voir Renji se laisser aller contre moi me rassura. Leurs cœurs n'étaient pas en pierre, merci a la lune.

-« C'est rien Renji. Ca va aller… »

-« Mais… mais tu peux plus chasser ! A cause de moi ! Tu va mourir ?! »

-« Je ne peux plus chasser seul, c'est vrai. Alors tu va m'aider, d'accord ? » répondit-je doucement, laissant ma voix devenir un léger murmure mental.

« D'accord … Tu m'en veux encore ? » demanda timidement mon louveteau en essuyant maladroitement ses larmes.

-« Mais non. Allez, dors. Demain, tu vas devoir cavaler. » fis je en lui léchant la joue pour essuyer les larmes.

-« Voui, Kuro » fut la réponse ensommeillée.

-« Avec lui, ce sera un miracle si tu arrives a attraper une grenouille ! » déclara une voix féminine aisement reconnaissable, bien que sa propiétaire ai fourré son nez dans ma fourrure.

-« Rukia ! » Protesta Renji

-« Alors, prépare toi a manger de la grenouille pendant quelques temps, Rukia »

-« Berk, non ! »

Les petits éclatèrent de rire à la réponse dégoutée de la jeune femelle. Puis ils sombrèrent tous dans un lourd sommeil, me laissant seul pour veiller sur eux.


-« Allez, au bain tous ! »

-« Woéééééééééééééééééé ! »

-« Non, Rukia, ne va pas avec eux, petite folle ! »

-« Bah, pourquoi ? »

-« Tu es une très jolie jeune fille, Rukia, et tu commences a avoir quelques formes. Les mâles ont les hormones baladeuses, à cette époque de l'année. »

-« Je vais pas leur sauter dessus ! »

-« Non, je sais, ce n'est pas toi le problème . »

-« Hé ! » protestation unanime des jeunes mâles en question.

-« Il y a un autre bassin derrière ce buisson. Je vais me baigner avec toi. »

-« Parce que toi, tu n'as pas les hormones baladeuses ? » railla Renji en se déshabillant

-« Et bien, non, jeune crétin. Regarde ou tu mets les pieds, ne va pas te vautrer comme la dernière fois. »

-« Mééé, Kuro, c'était la faute de Pon ! »

-« Tu m'en dira tant. Bon bain, les louveteaux, n'oubliez pas de bien vous frotter. »

-« Oui, MAMAN ! » répondirent ces jeunes insolents en se jetant à l'eau.

Maintenant que nous étions au printemps, les petits pouvaient de nouveau se baigner dans la rivière, pour leur plus grande joie. Et ma plus grande migraine, aussi.

J'accompagnais Rukia jusqu'au bassin en question : en fait, il s'agissait plutôt d'une bizarrerie de la nature, qui avait creusé un trou parfaitement rond que la rivière avait rempli. A moins que ce soit les restes d'un combat de shinigamis…

Rukia enleva rapidement ses vetements, puis se glissa dans l'eau fraiche avec quelques frissons.

-« Pourquoi veux tu tant qu'on se lave ? » se plaignit elle en saisissant un savon qu'elle avait fait elle même, avec mon aide.

-« Se laver éloigne les maladies, petite puce »

-« Je suis pas une puce ! » protesta la petite femelle en m'éclaboussant.

Je subis l'attaque avec mon flegme habituel, puis entrais dans l'eau a mon tour, me laissant flotter avec délice.

Rukia, en deux saisons, avait bien grandi, et devenait une jolie jeune femme. Les hommes commencaient à la regarder de plus près, et j'avais du en castrer deux qui l'avait coincée dans une impasse avec des intentions pour le moins louches.

-« Kuro ? » fit la voix de ma louvette, me tirant de mes pensées.

-« Oui, petite puce ? »

Rukia grimaca.

-« Tu vas rester avec nous, hein ? »

-« Toujours, je vous le promets. »

J'étendis ma réponse aux garcons un peu plus loin.

-« Géniaaaaaaaaaaal ! » hurlèrent mes petits à l'unisson

Je me contentais de sourire comme un loup en regardant Rukia se savonner. C'était bien, d'avoir une famille…


Pon mourrut en premier.

Comme le suggerait son ventre légerement proéminent, il aimait bien manger, quand bien même il n'en avait pas besoin. Malgré toutes mes mises en garde, il vola la nourriture d'un marchand qui le laissa filer sans histoire. Cela aurait du lui mettre la puce à l'oreille, déjà, mais trop content de lui, il avait profité de l'aubaine.

Le riz était empoisonné. C'est moi qui ai trouvé le corps, les yeux révulsés et la peau bleue. Nous l'avons enterré sur le promontoire qui domine la ville, et dont moi seul connaît un accès praticable.

Le lendemain, j'ai entendu un marchand se vanter « d'avoir débarassé le quartier d'un sale rat ». Je lui ai ouvert la gorge dans la journée, après l'avoir fait fuir pendant des heures, pour qu'il connaisse le destin des enfants qu'il avait maltraités.

Le second fut Nanashi.

Normalement, lorsque je n'etait pas avec eux, les enfants restaient dans la foret ou dans la tanière, à réparer ou créer quelques menus objets pour la vie quotidienne. Nanashi a à peu près autant d'instinct de conservation que Renji : Il a voulu sortir prendre un bain, seul . Seulement, il y avait eu un orage la veille, et la rivière, bien que n'ayant pas grossie, avait un courant bien plus rapide. Ne voyant pas le danger, il a plongé.

C'est de nouveau moi qui ai trouvé le corps, un kilomêtre en aval. Mort noyé, trahi par ce courant qui l'avait emporté.

Enfin, Aki.

La mort la plus pénible.

Il est tombé malade du jour au lendemain, sans que personne sache pouquoi. Malgré toute ma science des simples, je n'ai rien pu faire pour lui.

Nous l'avons vu s'affaiblir de jour en jour, devenir plus pâle, plus maigre. Rukia lui preparait décoction sur décoction, utilisant toutes les connaissances que je lui avais données. Renji allait loin dans la foret pour chercher fruits et légumes pour une meilleure alimentation. Je ramenais des proies bien juteuses et bien grasses pour que leurs forces et leur vigueur passent dans le petit corps trop faible : rien a faire.

Il mourrut dans son sommeil, paisiblement. Nous l'avons enterré auprès des deux autres.

Renji et Rukia avaient bien grandi. C'était presque des adultes à présent. Il ne restait plus que nous trois.

La suite… Renji et Rukia voulurent devenir shinigamis. Pour quitter le Inuzuri. Pour quitter la tristesse aussi. Ils passèrent sans mal les test de l'Académie. Ils sont doués, mes louveteaux, après tout !

Et moi, eh bien… Je les ai suivis.

Après tout, je le leur avait promis.


Bouhouhouhouhou, c'est triste ! Vous remarquerez que pour ce chapitre, je me suis inspirée du manga, et pas de l'anime : les enfants ne vivent que tous les cinq. Quant aux nom des trois autres… c'est totalement inventé, hein ! J'ai pris Aki et Pon, parce que c'est facile a retenir. Et nanashi, ca veux dire « sans nom », ca resume mon inspiration pour le personnage.

Merci a dja-chan or nekosan et Azzash pour la nouvelle avalanche de compliments. Je vous adore toutes les deux ! Merci a Fiber, pour sa review très courte, mais qui m'a fait chaud au cœur. Comme interdit de repondre plus en détail à vos reviews, n'hésitez pas a m'écrire à ma nouvelle adresse mail mariesha4545aol.fr pour des précisions, ou juste pour discuter.

Ja na !