Alors voilà emporté dans mon élan, j'ai rédigé deux chapitres d'affilée^^ A dire vrai cela ne devait faire qu'un chapitre mais ça aurait fait trop long alors j'ai découpé le passage en deux^^

Bon j'espère que ça vous plaira, car je ne suis pas certaine de ce que j'ai fais. L'histoire d'Akuze est assez délicate à mettre en scène et j'ai fait de mon mieux^^ Soyez indulgents lol

NB : je me galère toujours avec la mise en page sur ce site alors si celle-ci vous parait peu pratique n'hésitez pas à me le dire et aussi me dire comment faire pour changer ça XD


Le goût amer de la mort

J'avais octroyé une pause entre deux missions à l'équipage, sur Omega. Quel meilleur endroit pour se vider la tête ?
Le club Afterlife. Approprié. Peut-être étais-je la seule à remarquer l'ironie macabre de cet endroit. J'étais pour ainsi dire en termes acceptables avec Aria, la maitresse des lieux on avait donc nos entrées pour le club et l'assurance de ne pas trop être dérangés.
Je m'installai au comptoir du bar et commanda un verre. J'avais pas mal arpenté de coins depuis mon enrôlement par l'Alliance et découvert différents breuvages tous plus insolites les uns que les autres. Mais ce soir ce dont j'avais besoin tenait en un liquide vert éthéré, reflet des contrées de Thessia dont il provenait. Il me rappelait beaucoup l'absinthe, un élixir que j'affectionnais lorsque j'étais sur Terre. Là il s'agissait d'une liqueur asari qu'on disait « Compagne des larmes » et cela paraissait propice à mon état mélancolique du jour. Je suivais, dans la mesure du possible, mes instincts, mes impulsions et mon humeur dictait souvent mon choix en matière de boisson.
Ces derniers temps, des souvenirs passés étaient revenus me hanter et dérangeaient mes heures de sommeil. Un seul remède de préconisé dans ces cas-là.
Tandis que la première gorgée parcourait d'un frisson intense mon être, j'observai distraitement les mouvements alentours. La musique, sombre et électrique, résonnait dans ma tête. Jack se dandinait sur la piste de danse de manière provocante pourtant personne n'osait s'approcher d'elle car tous pouvait percevoir cette aura intimidante qui planait autour d'elle, comme un champ biotique menaçant de vous foudroyer. Les autres étaient dispersés ça et là. Miranda et Jacob s'évertuaient à s'éviter, tout en se jetant des regards furtifs. Thane se tenait à l'autre bout du bar, tel un prédateur en chasse. Tali discutait joyeusement avec Mordin à une table. Grunt semblait chercher les ennuis comme à son habitude, ce soir à un groupe de Turiens. Mais Samara veillait à calmer le jeu.
Un seul ne se trouva pas dans mon champ de vision : Garrus. Et comme s'il avait capté ma réflexion, j'entendis le son sensuel de sa voix derrière moi.

- Vous ne devriez pas en abuser, Commandant. L'élasa est traitresse.

Il vint s'asseoir à ma droite, le barman lui servant une coction turienne, dont je ne parvenais jamais à retenir le nom.

- C'est drôle tout de même. A chaque fois que je me sens… mélancolique, vous apparaissez.

- On a vécu pas mal de choses ensemble, Shepard. C'est grâce à vous que j'ai pu enfin me rendre utile comme je le voulais, loin des règlements et des restrictions. Enfin faire la différence et agir pour le bien commun. Vous aussi vous avez été là quand j'en avais besoin. Il est normal que vous puissiez également compter sur moi. Nous sommes plus que co-équipiers, Shepard.

Etait-ce une révélation ? Une part de moi l'aurait bien voulu, mais s'il y avait des sous-entendus derrière ces mots, ils étaient habilement dissimulés sous le ton amical mais néanmoins courtois, propre à Garrus.

- Je voulais vous remercier de nouveau pour Sidonis.

On avait en effet il y a à peine quelques jours régler son compte à ce traitre de turien, d'une manière des plus expéditives : une balle nette et sans bavure. Vakarian était un tireur hors pair, et il pouvait se montrer d'une froideur et d'une violence implacable. C'était l'un des aspects qui me plaisait chez lui : sous des dehors calmes et contrôlés, résidait un feu intense et glacial terré au plus profond de son être. Un peu comme moi.

- Pas de quoi. Et puis c'était un réel plaisir de vous voir tyranniser cette enflure d'Harkins au passage.

- Oui j'avoue, cela m'a bien amusé aussi. Et pour être honnête j'ai été tenté de tirer plus haut.

Repenser à cet évènement eu le mérite de me faire rire. Je sentis le regard de Garrus, affectueux. Comme si son seul but avait été d'obtenir ce sourire sur mon visage.
Je ne savais pas sur quel pied dansait. Il paraissait ouvert à un rapprochement mais je ressentais toujours cette hésitation et cette distance.
Le barman me resservit une tournée d'élasa pour la troisième ou quatrième fois. Je sentais l'alcool s'insinuait dans les méandres de mon esprit, comme un amant mortel s'approchant sensuellement et dangereusement afin de porter le coup fatal. Une vague de chaleur m'envahissait de la tête aux pieds. Cela n'était pourtant pas ma première expérience avec ce breuvage, mais il était toujours aussi surprenant.
Garrus vint m'extirper de cet enivrement qui commençait à me chavirer.

- Quelque chose vous tourmente, Shepard ? Je suis là, si vous avez besoin vous savez.

Une proposition alléchante. Cependant j'avais pris l'habitude de ne me confier à personne. D'autant plus depuis que je suis Commandant. Je me dois de me montrer forte en toutes circonstances. Mais il m'arrivait des moments où trop de choses remontaient à la surface. Cette lourde tâche qui m'incombait venait tirailler des regrets amers et des souvenirs douloureux. J'ai toujours agi du mieux que je le pouvais. Pourtant une trainée de cadavres jonche mon parcours. Et c'est sans doute pour cela que je ne me suis jamais posée nulle part. Là où d'autres retrouvent leur chez soi entre deux missions, moi je ne connais que le Normandy aujourd'hui.

Parfois j'aimerais que tout s'arrête.
J'y ai cru il y a deux ans, lorsque nous fûmes attaqués et que je me retrouvai seule, à flotter dans ce vaisseau qui partait en lambeaux. J'ai beau ne pas me souvenir clairement de ces instants, ils demeurent enfouis et me martèlent dans l'inconscient. La mort m'appelle toujours, réclame son dû et je crois que c'est tout ce que je désire.
Mais tout cela je suis incapable de le révéler. Je me contente de faire passer le tout dans un mélange corrosif de combats, de sang et d'alcool.
Ce qui m'aide à tenir en vérité se résume simplement : ce sont eux, mon équipe. Je sais imposer le respect et l'admiration contre toute attente. Mais eux, ils me suivent sans poser de questions, me soutiennent surtout ils croient en moi et ne me jugent pas. Ils sont ma famille, celle que je n'ai jamais eue. C'est pour eux que je continue. Mais viendra le jour où cette guerre cessera. Viendra forcément le moment, j'en suis convaincue, où les Moissonneurs seront mis en déroute et ne seront plus une menace. Du moins, pour les siècles à venir. Et là je pourrai me reposer… Mais pas avant.

- Rien d'important.

Voilà tout ce que je me contente de dire. Mais j'ai l'impression que mon temps de réponse fut trop long et mon esprit trop vagabond pour paraitre crédible.
J'avalai mon verre cul sec et senti ma tête commencé à tournoyer.

- Je vous raccompagne, Shepard. Vous avez besoin de sommeil.

Oui je devrais réussir à dormir, maintenant.
Nous quittons tous les deux l'Afterlife. Je sens son bras autour de ma taille, afin d'éviter que je ne flanche. On pourrait presque croire deux amants maladroits, tentant de donner le change. Je souris toute seule à cette idée. Peu m'importe ce que peuvent penser les autres.

Il me raccompagne jusqu'à mes quartiers. Je suis dans un état semi-conscient mais je perçois pourtant avec une netteté presque sans faille la scène qui se joue. Je sens son odeur enivrante lorsqu'il se penche pour me déposer délicatement sur le lit. J'esquisse un mouvement pour le retenir. Et à mon grand étonnement il se laisse faire. Il s'allonge prés de moi, enroulant son bras autour de mes épaules. Je sens sa main acérée sur une de mes épaules dénudée et ne peut m'empêcher de ressentir un frisson. Non de peur ou de dégout mais d'excitation. Je me colle contre lui. Il ne porte pas d'armure mais un vêtement au toucher fin et doux, contrastant avec sa peau froide et écailleuse. Je passe mon bras sur son torse et pour la première fois depuis longtemps je me laisse enlacer par un sommeil serein.


Les secousses martelaient le rien à voir avec un tremblement de terre. C'était autre chose. Plus concentré. Plus rapide. Plus menaçant.
Un mauvais pressentiment s'empara de moi, mon instinct m'incitait à la mobilisation urgente. J'ordonnai à mes hommes de se tenir prêt à tirer, en position et aux aguets. Le commando était réactif et quoi que ce soit qui provoquait ces tremblements il ferait connaissance avec le rugissement de nos armes.
Puis le sol se calma soudainement, retrouvant son inertie initiale. Nous restâmes cependant sur le qui-vive. Et lorsque le premier soldat abaissa son fusil, une chose énorme et indescriptible surgit des profondeurs souterraines dans un tourbillon de terre, de cailloux et de poussières. Et lorsque la clarté de la lune parvint à frapper l'objet jaillissant, ce fut pour nous exposer une créature titanesque, de plus de vingt mètres de haut. Une sorte de ver géant à la gueule acérée. Je ne pris pas le temps de détailler sa physionomie que mon réflexe premier fut de tirer une salve tout en donnant l'ordre à l'escouade de faire de même.
Mais vu la taille impressionnante de cette chose, il fallait parier qu'elle avait la peau dure. J'invectivais alors aussitôt aux soldats les plus proches des mako de se glisser rapidement à l'intérieur afin de faire fonctionner ces putains de tourelles, qui possédaient une forte de frappe bien supérieure à la nôtre.
Cela ne prit que quelques secondes et pendant ce laps de temps infiniment court, j'assistai désemparée au début du carnage.

Les premiers hommes furent pulvérisés par la bête, qui leur envoya un jet d'une substance verte fumante. A en juger, la même composition que celle retrouvée dans le labo scientifique. De l'acide. Mortel. En un fragment de secondes, à peine un battement de cils, quatre soldats se décomposèrent sous mes yeux, parvenant à hurler tandis que l'acide rongeait leur corps pour finir en un tas sanglant de lambeaux de chair et de morceaux d'os.
Alors que nous mettions le plus de distance possible entre ce monstre et nous, les tourelles des deux principaux mako, de chaque côté, se mirent en route et commencèrent à charcuter férocement ce ver géant, qui poussa un râle de douleur. Il lança en représailles un crachat acide en direction de l'un des mako, qui n'eut pas le temps de réagir et fut mis H.S. Les soldats en sortirent du mieux qu'ils pouvaient mais furent happés par la créature qui les déchiqueta avant de les balancer contre l'une de nos lignes de combat, renversant quelques hommes. Le second mako fut ensuite pris pour cible mais son pilote anticipa et esquiva le nouveau jet toxique d'un bond du véhicule et évita ainsi la majorité des dégâts, continuant à malmener notre adversaire qui finit par lâcher prise et replongea sous terre dans un brusque éboulement.

Cela nous laissa l'opportunité de souffler un peu et d'établir une stratégie. Car nul doute qu'elle allait remettre ça.
Nous avions perdu en tout 11 soldats sur cette première attaque, en l'espace de quelques minutes. Tous étaient sous le choc et réclamaient des réponses. Réponses que je n'avais pas. J'ordonnai que l'on s'occupe des blessés et qu'ils se préparent à évacuer le campement.
Je filai directement sous ma tente, encore intacte et activa la radio afin de contacter l'Alliance et réclamer un rapatriement d'urgence. Mais quelque chose semblait brouillé le signal de transmission alors qu'il n'y avait pas lieu d'être, il était donc impossible d'émettre de notre position actuelle. Une raison de plus de quitter le terrain au plus vite.

- Bordel !

Toombs et Tyler firent irruption dans la tente, réclamant entre autre des directives. Que faire des corps de nos frères et sœurs d'armes ? Même si cela me fendait le cœur, on ne pouvait prendre le temps de leur offrir une sépulture descente. Qui sait quand cette monstruosité allait ressurgir et finir le travail.

- Tout le monde est à cran, Chef. Vous avez joint l'état major ? Il nous faut une évacuation d'urgence !

- Je sais, Caporal !

Je sortis de la tente et m'adressa au reste de l'unité attroupée sur la plaine.

- Ok, vous l'avez compris on est dans une sacré merde. J'ignore ce qu'est cette chose et c'est le cadet de nos soucis pour l'instant. On doit déguerpir d'ici, et tout de suite !

- On va être évacué ?

- On rejoint le site de largage et de là je tenterai de contacter à nouveau l'Alliance. On se magne !