Voici le premier chapitre, officiellement, je suis assez contente des statistiques pour le prologue, sachant que je ne suis pas très connue sur ff ; et que je n'écris pas sur des personnages très connus. Je compte inclure plus tard des personnages du livre, enfin disons que McGonagall disparaîtra (ça sera expliqué, hein), et qu'elle reviendra de temps en temps ; mais surtout il y aura Teddy Lupin, qui n'a que quelques années de moins que les protagonistes, donc voilà.
Les réponses aux reviews, puisque les deux qui m'ont été postées viennent de guest :
Ayundryl ; Merci pour ta review, même si j'avoue que tu m'as un peu faite flipper XD Malheureusement, aucun des personnages de la fic n'adhèrent aux idées de Voldemort, contrairement à ce que les autres croient (à part Lianna, puisqu'elle a été élevée comme ça). J'espère que la suite te plaira aussi et sera à la hauteur de tes attentes ;)
Guest ; (n'hésite pas à mettre un pseudo ou un prénom pour poster une review, enfin perso ça me fait bizarre de t'appeler "guest", je suis pas sûre que tu saches que c'est à toi que je parle, en fait... bref.) Merci énormément pour ta review ; alors au niveau des personnages je pense que le plus dur sera ce chapitre là, puisqu'il y en a encore des nouveaux, enfin je mets un peu en avant les gryffondors qui seront les ennemis des serpentards durant toute la fic, et d'autres personnages important pour la suite mais sans être primordiaux pour autant (et auxquels je n'ai pas vraiment pensé à l'enfance, en fait) feront leur apparition. Pour le coup, Lana Dennell et Wyndscent Oakley, par exemple passeront un peu à la trappe, mais elles reviendront plus tard ; alors que le personnage d'Olliver Newton sera plus développé, et certains auront des surnoms.
Donc, si vous avez vraiment du mal avec les personnages, n'hésitez pas à me le dire, je ferais un petit récapitulatif au début de chaque chapitre histoire de ne pas se perdre. C'est vrai que j'ai déjà une idée des personnages qui seront centraux, mais je vois mal comment éclipser les autres, parce qu'ils ont quand même leur importance, aussi infime soit-elle.
Bref, bonne lecture !
CHAPITRE I ; soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien ( * )
MS MR ; time of my life (Patrick Wolf cover)
Troisième année - septembre.
Une fine silhouette se faufile lentement dans le couloir, le coeur battant à tout rompre. Si il se fait pincer, s'en est fini de lui, au même titre qu'ELLE. C'est une autre peur qui le pousse à aller la voir ; il sait qu'il ne devrait pas, lui qui se fait une gloire de la ridiculiser, souvent, riant grassement à son sujet avec les autres ; mais là, il a besoin d'elle. Un craquement résonne dans la maison, et il fait un bond de surprise, avant de se plaquer contre le mur. Il attend quelques secondes, bloquant sa respiration, avant de la relâcher lentement. C'est juste le bois de l'escalier, rien de plus. Demain, il ne l'entendra plus. Parce que, demain, il sera à Poudlard. Et ça le terrifie. Pire, ça le ronge de l'intérieur, ça lui glace la colonne vertébrale. La plupart des gamins comme lui attendent ça avec impatience, mais pas lui. Lui, il a peur d'être rejeté, au même titre qu'ELLE, d'être mal vu, d'être renié, et de ne pouvoir compter que sur la doyenne de la famille pour forcer ses parents à le reprendre chez lui pendant les deux mois d'été. Deux mois qui doivent lui paraître l'enfer. Même si il se doute que les années qu'elle va passer à Poudlard ne seront pas forcément plus clémentes.
Il y est. La porte est taguée, il se souvient très bien de ce qu'il y a d'écrit, et où, parce que c'est lui qui l'a fait. Sa mère a rit et l'a serré dans ses bras, quand elle l'a vu. Il l'a repoussée, il déteste qu'une fille, quelle qu'elle soit, le prenne dans ses bras. Les filles, ça sert qu'à apporter des ennuis. Il le voit très bien avec ELLE. Il avance la main pour frapper doucement, puis secoue la tête. Si ça se trouve, elle dort, et elle ne l'entendra pas. Au contraire, ses parents peuvent le trouver là, devant cette porte, être réveillés par le bruit. Sans parler de sa petite soeur fouineuse comme pas deux. Elle, à la limite, il peut lui tordre le bras, et elle ira chouiner dans son coin.
C'est un nouveau craquement qui le pousse à entrer, sans frapper. Il referme le porte silencieusement derrière lui, avant de se tourner vers elle. Elle est étendue sur son lit, ou plutôt sur le matelas que leur mère a été forcée de lui laisser ; au milieu des valises qu'elle n'a pas défaites de l'été. Elle non plus, elle a pas voulu revenir ici, ni les revoir. Quelque part, ça lui fait mal. Il aurait aimé que ça se passe autrement. Après tout, quand leurs parents étaient pas là, ça a tout le temps été elle qui s'occupait de lui et de leur petite soeur. Et ça arrivait souvent, que leur parents ne soient pas là.
Il croise son regard vert réfrigérant, étonnamment, ses yeux ne lancent pas ce dédain froid habituel ; juste de la surprise, et encore. Elle a un espèce de sourire cruel, et il frissonne. Il aurait peut-être mieux fait de ne pas venir la voir.
- Jameson. Je peux t'aider, mon très cher frère ?
Il hausse les épaules, faussement désinvolte. Elle roule des yeux et soupire, avant de lui faire une place sur son tout petit matelas, et de tapoter ce vide, l'incitant à venir s'installer. Elle sait pourquoi il est là. Elle aurait aimé, elle aussi, avoir quelqu'un chez qui se réfugier en cas de problème, lors de sa première année. Mais non. Elle était l'aînée, elle aurait dû montrer l'exemple, et elle avait échoué. Du moins, c'était la version parentale, celle à laquelle Jameson avait eu le droit pendant deux ans, alors qu'elle était considérée comme une pestiférée, alors que toute photo la représentant était soigneusement brûlée. Traître. Assassine. Erreur de la nature. Et pourtant, c'est à peine s'il se rue sous les draps avec elle, se blottissant contre le corps de sa soeur avec soulagement, sentant la tension baisser légèrement en inspirant son parfum sucré.
- Jills...
Il murmure, reconnaissant, mais ça n'a pas l'effet escompté. Elle se redresse brusquement et le regarde avec des éclairs dans les yeux, tel un serpent prêt à mordre sa proie. "Jills", c'est fini. "Jills", c'était avant. C'était l'alliée inespérée, la grande soeur chiante, celle qui se dévouait toujours pour jouer avec lui, celle qui riait à ses blagues avec son rire trop grand, trop franc, même quand elles n'étaient pas drôle, celle qui lui racontait des histoires le soir parce qu'elle savait lire avant eux et que l'habitude était restée, celle qui lui caressait tendrement la joue quand il faisait des cauchemars, celle avec qui il chassait les méchantes sorcières ; celle qui était là. Celle qui est là, actuellement, à côté de lui, alors qu'il a encore besoin d'être rassuré. Et pourtant, cette "Jills", elle est loin. Il le sait, parce qu'il a aidé à la chasser. Alors il murmure, les yeux clos, collé contre elle, alors qu'il n'aime pas les contacts avec des filles, il souffle très bas, et même elle doit tendre l'oreille pour l'entendre.
- Tu seras là, hein, si il m'arrive la même chose que toi ? Tu me laisseras pas tomber, quoi qu'il arrive ?
Elle a envie d'hurler, de lui dire de dégager, que c'est trop tard, qu'il fallait y penser avant. Elle est comme ça, Jillian, elle a plus peur de se cacher, maintenant. Elle a perdu sa famille, qu'est-ce qu'il pourrait lui arriver de pire ? Mais ce que Jameson ne sait pas, c'est qu'elle en a trouvé une autre, de famille. Dans le sourire joueur de Dev - parce que Robert c'est juste un prénom pourri et que Devonshire c'est trop long - ; dans les bras rassurants de Tony, dans les blagues de Kaden, et surtout, et de façon inespérée, dans la supériorité écrasante de Deirdre. Elle a plus peur de dire les choses en face, et c'est d'ailleurs ce qu'elle s'apprête à dire, mais elle voit le visage tendu de son petit frère, qui n'a que onze ans, et qui est déjà terrifié par le futur. Alors, elle ignore la petite voix qui lui souffle que elle aussi, elle n'avait que onze ans, elle soupire, et elle dit :
- Bien sûr que oui, je serais là. Dors, maintenant, c'est une grosse journée qui t'attends, demain.
YANN TIERSEN ; mother's journey
Elle croise le sourire entendu de son frère dans le train et s'en va dans son compartiment, le coeur léger - celui qu'ils se sont appropriés, avec les autres, dès le début. Elle est venue par ses propres moyens, bien entendu, elle ne doit dire à personne qui sont ses parents, pour ne pas leur faire plus honte. Elle aimerait dire qu'elle s'en fiche, maintenant, mais c'est faux. Le vert ne lui va pas si mal, dans le fond, le rouge aurait été trop agressif, pour elle. C'est ce qu'elle se dit, et l'idée lui plaît.
Quand elle rentre dans le compartiment, elle ne peut retenir un sourire attendrit. Olliver et Lianna sont là, l'un contre l'autre. Ollie, lui, fixe Dev avec amusement ; Jillian comprend rapidement qu'il essaie de savoir si oui ou non, ils ont couché ensemble cet été. Elle sait que chez Lianna, ça va pas fort, et qu'elle est déjà allée plusieurs fois chez Ollie quand ça bardait trop. Personne ne sait vraiment ce qu'il s'est passé entre eux, même pas Jamie, la meilleure amie Lianna. Jillian se rappelle qu'ils étaient tout le temps ensemble en première année, et qu'elle n'avait même pas été surprise quand, en deuxième année, elle avait vu Ollie se pencher et effleurer les lèvres de Lianna. Dev les soûlait déjà avec ça, depuis le début.
Mais de là à coucher, il y a une marge, quand même. Ils n'ont que treize ans, c'est peut-être pas très... sain, non ?
- Fou leur la paix, Dev ; elle dit fortement, annonçant ainsi son arrivée.
Le métisse se tourne vers elle avec un gros sourire qu'elle trouve débile, mais qui est néanmoins contagieux. Il fait ensuite une petite moue et se renfonce dans la banquette, passant un bras autour des épaules de Kaden avant l'attirer contre lui. Comme à son habitude, Kaden est en sueur et a les sourcils froncés, le visage tordu en une expression douloureuse. Tout ceux qui le connaissent détestent le voir comme ça. Si Kaden avait des problèmes relationnels en première année, il s'est rapidement senti plus en confiance, et a commencé à être le joyeux luron de la bande.
C'était pas gagné d'avance, pourtant. Il détestait tout le monde, parce que c'était des sorciers. Il n'y avait que Tony qui pouvait l'approcher sans se faire mordre. Et puis, Dev s'est révélé être un mec qui en avait rien à faire de la magie, et ne l'utilisait pas souvent, alors sa présence à côté de Kaden était facilement supportable. Et au bout du sixième mois de vie commune, le sourire de Dev avait finalement détint sur le blond, qui l'avait alors considéré comme un ami. C'est comme ça que Jillian les avait découvert le lendemain, dans un canapé de la salle commune, tout les deux morts de rire, à se raconter des blagues toutes plus nulles les unes que les autres. Et le rire trop bruyant de Jillian les avait accompagné jusqu'à la fin de la soirée.
- Allez Jiji, vient nous faire un câlin !
La jeune blonde lui sourit, un peu narquoisement. Dev est le genre de gros nounours qu'on a envie d'étouffer de câlins. Quand on le connaît. Jillian se souvient, l'an dernier, quand un mec de sixième année à Gryffondor était venu chercher des noises à Lianna en lui parlant de sa famille, alors qu'Ollie n'était pas là. Dev s'était alors dressé, plus froid que jamais, avec une lueur cruelle au fond des yeux. Le sixième année ne s'était pas méfié d'un gamin comme Dev, avec son visage d'ange et sa petite taille. Il n'avait compris son erreur que lorsque le poing de celui qui considérait comme un gosse lui a explosé le nez, faisant couler à flot son sang. Si Dev est nul en magie, il sait se servir de ses poings.
Jillian s'assoit néanmoins à côté de lui, et passe doucement sa main dans les cheveux de Kaden. Le métisse la serre contre son coeur, et elle devine son sourire dans ses cheveux. Elle croise un instant les yeux bleus de Kaden et elle lui sourit doucement. Il les referme sans lui répondre. Elle ne s'en vexe pas ; elle sait très bien qu'il n'est pas en état de lui répondre.
Alors que Dev vient juste de la relâcher, la porte s'ouvre à la volée, laissant apparaître des gryffondors de leur année. Carter Lloyd, l'abruti fier, qui essaie toujours de surpasser Tony en cours, en vain ; mais qui excède Jillian comme pas permis. Sa baguette la démange toujours, quand il est dans le coin. A ses côtés, Ruby Tremain. Une pauvre conne égocentrique, dit Dev. Lui, à treize ans, est déjà pas mal attiré par la beauté féminine, et les filles, même les plus vieilles, le trouvent beau. Mais elle, son caractère gâche tout. Elle se la fermerait et aurait l'air moins stupide, ça pourrait passer. Mais non, elle a rien pour elle. A part la maison. Derrière eux, leurs sous-fifres les suivent, ricanant misérablement.
Dev ne lâche pas Kaden. En première année, lors du premier cours de sortilèges, les serpentards ont eu une démonstration de sa perte de contrôle de magie. C'était puissant, et effrayant. Se retrouver à deux mètres du sol sans savoir pourquoi, en entendant les autres hurler à la mort et voir le professeur paniquer ; c'est pas le meilleur moyen de faire connaissance. Mais Tony était là. Tony est toujours là.
Tony ne prend pas la peine de lever les yeux de son livre. Ce n'est pas comme Jamie, qui perd toute sa fierté d'attrapeuse prodige ; ou comme Kendra - une autre fille du dortoir - qui baissent les yeux, mal à l'aise ; c'est juste qu'il ne juge pas utile d'intervenir pour le moment, et qu'il est capable de gérer deux choses à la fois. Alors, voilà le tableau. Des gryffondors en furie à l'entrée du compartiment, Tony qui lit tranquillement son livre ; Kendra et Jamie qui tentent de trouver un trou où se cacher ; Ollie qui n'en mène pas large mais qui a passé un bras ridiculement protecteur autour des épaules de Lianna, qui semble y trouver un refuge, parce qu'elle recule vers lui. Kaden qui souffre, dans les bras de Dev qui ne décolère pas, mais qui ne veut pas non plus le lâcher.
Alors, il n'y a plus que Jillian, seule contre une dizaine de bouffons, et qui sait qu'elle doit éviter la magie le plus possible. Elle se lève, fait quelques pas pour se retrouver face à Lloyd. Elle ne tremble pas. Elle a arrêté de trembler vers la fin de la première année ; après avoir osé lui coller une claque. Pas parce qu'elle était une des rares personnes à enfin se rebeller contre un gryffondor. Pas que. Mais elle avait ensuite croisé les regards de Dev et de Tony, emplis de plusieurs émotions. Admiration, soulagement, fierté, et satisfaction.
- Tu veux quelque chose, peut-être ?
- Ouais. Virez d'ici, c'est notre compartiment, maintenant.
Jillian laisse échapper un rire. Pas son rire trop bruyant, un peu fou, aux accents hystériques, comme quand elle rit vraiment ; non, un rire froid, glacial, sarcastique. Elle le foudroie du regard. Elle le hait. Quelque part, elle éprouve du soulagement, maintenant, quand elle se dit que si elle était à gryffondor, elle partagerait sa salle commune avec lui. C'est pas le cas, ça sera jamais le cas. Et tant mieux.
- Va crever, on en discutera après.
Et alors qu'il s'avance vers elle, une voix calme, posée, mais sèche et coupante en même temps surgit de derrière eux.
- Dégagez.
Ruby fait mine de s'offusquer, mais obtempère. Elle essaie encore de faire croire qu'elle n'a pas peur de Deirdre. Elle a été le seule folle a oser la menacer, en première année, en lui parlant de son statut de fille de mangemort. Sauf que Deirdre a suffisamment d'argent pour racheter l'école, et que ça se voit dans ses yeux ; loin de toute prétention, quand elle parle comme ça - et ce n'est arrivé que deux fois, lorsqu'elle a répondu à Ruby de ne plus jamais oser lui parler, et là - on file droit, et loin d'elle. Elle a cette aura, ce calme orageux qui fait que presque personne n'ose s'approcher d'elle.
A part Jillian, qui, après avoir surmonté la beuglante de sa famille lui annonçant qu'elle était déshéritée et reniée ; avait vu en elle l'amie idéale et n'avait pas hésité à venir la soûler avec sa voix trop aigüe et ses manières un peu envahissante. Deirdre l'avait juste ignorée. La blonde n'était pas idiote, elle le voyait très bien, mais elle avait continué. Elle avait compris que si l'indienne ne répondait pas, c'est juste qu'elle n'en voyait pas l'intérêt. C'est quand elle avait envoyé balader un préfet de la part de Deirdre que cette dernière avait enfin croisé son regard, la trouvant finalement peut-être pas si inutile. Et depuis, elles étaient tout le temps ensemble.
La troupe de gryffondor s'éloigne donc rapidement, tandis que la tension dans le compartiment s'évapore d'un coup. Dev lâche enfin Kaden et son sourire refait surface, tandis qu'il se lève. Deirdre lui abandonne sa valise sans un mot, attend impassiblement alors qu'il lui embrasse la joue - il est le seul à avoir des contacts physiques de ce genre avec elle, quoi qu'il n'y ait bien qu'une autre personne qui ait des "contacts physiques" avec elle, Jillian - et va s'asseoir entre Jillian et la fenêtre, s'absorbant immédiatement dans le paysage.
Il ne manque plus que deux personnes pour les serpentards de troisième année soient au complet. Jed, un garçon un peu grassouillet mais gentil comme tout ; d'ailleurs personne ne comprend ce qu'il fait à Serpentard, puisque c'est un mec naïf qui aime bien les gens en général, et qu'il aspire à rien de particulier, dans la vie. L'autre, c'est Miranda, une fille super intelligente, qui se fait régulièrement lyncher parce qu'elle a des lunettes et de l'acné. C'est pas la nana la plus sympa de la terre, un peu trop rabat-joie, pessimiste et totalement sans confiance en elle ; mais ça passe.
PAROV STELAR ft LYLITH ; distance
« ABRAHAMS, JAMESON. »
Jillian sourit à son frère, qui lui a glissé un coup d'oeil uniquement perceptible par elle. Le frère et la soeur de Kaden, des jumeaux, ont été tous les deux envoyé à Poufsouffle. Ils lui diront après ; parce que Kaden se planque dans la cuisine, où il mange seul. C'est Dev qui a révélé le truc de la poire à chatouiller, parce que sa soeur était au courant, et elle lui a dit dès qu'elle a su pour Kaden. D'habitude, ils se débrouillent pour qu'il y ait au moins une personne qui aille manger avec lui. Mais le soir de la répartition, c'est pas possible. Tant pis, c'est pas un mec rancunier, en fait, il s'en fou, il parlera avec les elfes si il s'ennuie trop, ça lui pose pas de problèmes.
- Gryffondor!
Jillian expire lentement. Il a eu ce qu'il voulait, c'est bien. Elle n'applaudit pas, mais garde ses mains sous la table. Elle n'a aucune idée de la façon dont son frère va réagir, maintenant. Mentalement, elle commence à préparer ses barricades, pour ne pas souffrir encore plus.
- Jillian !
Elle le savait, elle l'a toujours su, elle aurait du s'y être préparée, elle s'était promis de ne pas faillir, de ne pas fléchir, de rester impassible à tout, de ne pas laisser quoi que ce soit l'atteindre si ça se produisait.
- Jillian, bordel, attend !
Le son de ses talons claque sur le sol, et elle se force à se concentrer dessus. Ne penser qu'à elle, à son propre confort. C'est comme ça qu'elle a tenu, jusqu'ici. Elle aurait pas du se mêler à ses histoires, croire qu'il y avait encore quelque chose à sauver.
- Jillian.
Elle secoue la tête. Elle ne va pas craquer maintenant. Elles sont loin, les nuits de première année où elle était trop faible pour ne pas pleurer. Maintenant, c'est la rage au ventre qu'elle avance. C'est fini. Plus jamais elle ne se laissera marcher sur les pieds. Plus personne ne la ridiculisera jamais. Désormais, elle sera comme Deirdre. Où elle va, les gens parleront sur son passage, mais s'écarteront par crainte.
- Jiji...
Elle sent une main se saisir de son coude, et avec sa vitesse, elle fait volte-face sans le vouloir. Elle se retrouve plaquée contre une épaule, alors que la main lâche son bras pour se poser dans son dos, en une caresse rassurante. Elle soupire de soulagement, et en même temps, elle déteste ça. Elle déteste le fait qu'elle ait besoin d'être rassurée.
- Oublie-le. Il te considère plus comme ta soeur, ne le considère plus comme ton frère. C'est qu'un lâche. Un de plus qui n'a pas sa place dans la maison des courageux. T'en fais pas ; moi, je te laisserai jamais tomber.
C'est un couloir désert, elle le sait. Elle le sait parce que Tony ne fait jamais les choses à moitié, il sait avec une précision parfois effrayante que faire dans quel moment. Alors, doucement, elle se laisse aller, se promettant que c'est la dernière fois qu'elle pleure pour sa famille. Même si elle sait que c'est loin d'être la première fois qu'elle se fait cette promesse, et qu'elle l'a toujours brisée.
LIANNE LA HAVAS ; forget
Kaden souffle lentement. Dev lui serre brièvement le genoux, histoire qu'il sache qu'il est bien là, qu'il a beau ne pas dégager de magie, il est réel. Jamais la salle commune des verts et argents n'a été aussi peuplée aussi longtemps. A croire que tout le monde y croit, à cette histoire salle de pestiférés. Même ceux qui y habitent. Pourtant, elle n'a rien de désagréable. Le plus étonnant était bien sûr son plafond; qui donnait sur le lac. On pouvait facilement s'allonger sur le canapé, regarder en l'air, et se laisser bercer par la lumière doucement diffusée à travers l'eau, par les remous chantant des vagues. Mais presque personne ne le faisait.
McGonagall n'était pas souvent au château. La guerre l'avait touchée, elle aussi. Elle revenait en cas d'affaire urgente, pour chaque départ et rentrée de vacances, mais c'était tout. Personne ne l'en blâmait. Elle était vieille et avait vécu de bien tristes choses. Pourtant, Kaden lui en voulait. C'était la femme qui, d'un de ses regards sévères, aurait pu arrêter ce favoritisme envers les rouges et or. Parce qu'il existait, personne ne pouvait le nier. Le directeur des Serpentards, le professeur de potion, Mr Xylander, ne venait plus ici, ne mettait jamais de points à sa maison, et fermait les yeux sur l'injustice. Il ne voulait pas de problèmes. Les autres directeur de maison, eux, s'en donnaient à coeur joie pour les descendre. Surtout les Gryffondors et les Poufsouffles.
De quoi satisfaire Carter Lloyd, en quelque sorte, qui allait finir par se croire supérieur à Tony ; parce qu'une de ses réponses moyennes voir vides de sens rapportent autant qu'une excellente réponse de Tony. Kaden siffle entre ses dents, dépité. C'est Tony qui a dit à toute la maison de se réunir ici. Une idée de rébellion, il l'a compris. Il n'est pas le seul. Il y en a pas mal qui ne sont pas venus. Pourquoi ? Par peur, par lâcheté, ou parce qu'ils n'ont plus la force d'espérer ? Le canapé s'affaisse à sa droite. Tony vient de s'asseoir à côté de lui, sous les regard interrogateur des autres, qui s'attendent à le voir prendre la parole. Mais il secoue la tête.
- Jillian va arriver ; il dit.
Certains commencent à partir. Ils n'ont pas confiance en Jillian, dont le petit frère est à Gryffondor, et qui s'est faite humiliée il y a moins de trois heures en voulant le libérer d'un sort, sans savoir qu'il s'agissait des bizutages des rouge et or. Des bouffons, se dit Kaden. Lui, si son frère et sa soeur s'étaient retrouvé dans la même situation, il aurait pété un câble.
Quand elle arrive, elle a quitté son uniforme. Elle porte une élégante jupe verte sur un débardeur crème beaucoup plus classique, et a mis des talons, histoire de paraître plus grande. Il sourit. La voilà partie en croisade, et elle sait comment séduire son auditoire.
La plupart des gens la fixent avec un regard bovin, surpris, incertain. Elle s'est assise à même le sol, prêt de la table basse, elle a prit une inspiration, a regardé Tony, pour y puiser la force de parler, et puis, elle a commencé.
- Hum. Bon, vous le savez sûrement, j'ai subi une humiliation de la part des bouffondors, tout à l'heure. Et si je vous ai demandé de venir aujourd'hui, c'est parce que je sais que vous êtes tous victime de discrimination, et que c'est pas normal.
Il a semblé à Kaden que Jillian avait soudainement mûri, que son ton de voix était soudainement un peu plus grave ; et ce dans tous les sens de terme.
- Il y a des lois, contre ça. Il y a eu des guerres, pour que ça change. Enfin... Vous savez bien que la dernière guerre était basée sur une forme de discrimination, et que, au final, c'est censé l'avoir aboutie. Mais, tout ça, c'est des conneries. Je vous dit pas qu'il faut qu'on fasse la guerre, hein, loin de là. Quoi que... c'est peut-être ça. Une... une guerre intérieure. Il faut savoir ce que vous, vous voulez vraiment. On est dans la maison des ambitieux, on est censé tout faire pour atteindre notre but. Ouais, d'accord, on est pas les plus courageux, mais ceux qui se disent "courageux" sont en réalité des putains de lâches qui se croient tout permis.
Elle a un rire brisé, chaotique. Elle a l'exemple de son crétin de petit frère. Du coin de l'oeil, Kaden voit encore des gens partir, mais plus précipitamment, cette fois. Ils ont peur d'y croire, sûrement. Ils ont peut-être pas totalement tord. C'est vrai, quoi ! Jillian n'a que treize ans, c'est encore une gamine, à peine à la moitié de sa scolarité. Une pauvre rêveuse emballée par ses idées, qui avait fini par se mettre debout devant eux, presque exaltée, les yeux brillant d'une lueur étrange qui faisait peur à certains.
La plupart des gens ici sont habitués à vivre dans l'oppression, pour certains, ça paraît même normal. Et ça aurait pu être le cas de Jillian, Jillian et ses larmes enfantines dès le premier soir, Jillian qui se tord les mains devant le bureau de la directrice pour supplier un changement de maison, Jillian qui refusait de porter son blazer avec la marque de sa maison, cette Jillian qui est désormais très loin. Les serpents semblaient avoir pris l'habitude des insultes, des crachats, des ragots, du mépris, de la haine, de l'humiliation.
Et elle, elle s'est levée, au milieu de tous les visages las ; elle n'est pas la plus vieille, ni la plus intelligente, en fait, elle a pas grand chose pour elle ; mais elle s'est levée, et elle a dit :
- Il est temps que ça change.
Elle aurait voulu s'arrêter là, mais un silence impatient semble crépiter autour d'elle. Elle regarde de nouveau Tony, qui lui sourit, comme un père qui encourage ses enfants. Alors, elle continue de parler, sans forcément savoir ce qu'elle va dire.
- Mon frère fait partie de ces lâches. J'estime être plus touchée que beaucoup d'entre vous. J'avais une famille qui m'adorait, j'étais l'aînée, celle qui a pratiquement élevé ses frères et soeurs pour qu'ils marchent dans mes traces. Je ne vais pas vous mentir : j'étais persuadée que j'allais aller à Gryffondor et que j'écraserais les serpents. Mais voilà, je suis ici, parmi vous ; ma famille m'a reniée, j'ai failli me retrouver à la rue, je passe deux mois horribles chaque été, mais je suis toujours là. Oui, j'ai atterri à Serpentard, comme vous ; et vous savez quoi ? Je commence à comprendre pourquoi. Je veux rien d'autre que le meilleur, et je suis prête à tout pour y arriver. Le problème, pour le moment, c'est ces espèces de lionceaux qui se croient supérieurs à nous. Mais ça ne va pas durer, si on s'y met tous ensemble. On est trop divisé, on a pas assez de solidarité entre nous. Faut se faire à l'idée qu'on est pas des exceptions, on sera pas des héros, on réussira pas forcément ; mais que c'est pas pour autant qu'on doit tout lâcher. Tout le monde dans cette école est au même niveau, piégé par les clichés. Et j'ai l'impression que certains d'entre nous se complaisent à leur statut de victimes.
Elle prend une grande inspiration et s'est placée dans un endroit où il y a plus de place autour d'elle. Elle tend le bras droit devant elle, et elle se sent conne, à faire ça. Elle voulait pas faire un remake débile d'un mauvais film moldu où tout le monde se jure fidélité pour la vie. Surtout qu'il était pas dit que leur histoire se finirait bien.
- Alors, qui est avec moi pour réhabiliter les Serpentard à leur juste niveau ?
Un grand rire remplit soudainement la pièce, et elle tressaillit. Mais c'est le rire de Dev, le seul mec content d'être chez les serpents, alors elle le regarde juste, intriguée. Il bondit sur ses pieds, marche rapidement jusqu'à elle, saisi sa main pour lui faire un baise-main, puis, sans la lâcher se place à côté d'elle avec un regard de défit.
- Je te suis, princesse, jusqu'au bout, j'en ai rien à faire qu'on soit que deux.
Tony sourit, et se lève à son tour. Lui, c'était gagné d'avance, ils le savent tout les deux, mais c'est bon de savoir qu'ils peuvent compter sur lui. Alors ils regardent Kaden, qui les rejoint, ils s'y attendaient aussi, Kaden est toujours fourré avec Dev et Tony, de toutes façons.
Une main élégante et parfaitement bien manucurée se pose alors sur les leur, les surprenant un peu. Deirdre ébloui tout le monde en offrant son premier sourire en public, et à Jillian. Alors, ça agit comme des dominos. En voyant une fille de mangemorts les rejoindre, tous ceux qui y sont apparentés viennent aussi, par conséquent cela amène Lianna et par conséquent cela amène Ollie et Jamie ; Jamie qui est précieuse pour l'équipe de quidditch, ce qui amène deux membres, ce qui amène quelques supporters.
Ils ne sont, au final, pas tant que ça, et ce sont surtout des plus jeunes, pas trop de sixième et septième années. Jillian note avec satisfaction que, de leur année, il n'y a que Kendra qui ne les a pas rejoints.
ça y est. La rébellion peut commencer. Tant que les quatre premiers adhérents sont là, ça irait, se répète la blonde comme une litanie, une promesse qu'elle se fait, et que, cette fois, elle tiendra.
( * ) Le titre vient (évidemment) de Noir Désir. Ensuite, pour la musique du chapitre en lui-même, n'hésitez pas à aller voir la version originale, qui est très bien aussi, même si j'ai vraiment un coup de coeur pour cette version-ci.
