Bonjour!

Voici donc le chapitre II, où tout se met en place. Les quatre mystérieux éphèbes font leur apparition ^^

Si je peux vous conseiller une musique à écouter en lisant ce chapitre, c'est Don't Bring Me Down, de Sia. Les paroles ne correspondent pas vraiment à l'histoire, mais elle est plutôt agréable à écouter au niveau du rythme durant la lecture.

Annonce : Je suis en train de chercher une beta-reader qui accepterait de corriger cette fanfic, j'attends des réponses, donc je suis navrée si pour l'instant quelques fautes sont présentes dans le texte, je me relis pourtant bien avant de poster, mais sans doute certaines sont vicieuses et choisissent l'instant où je ne fais pas attention pour passer incognito…

Merci une nouvelle fois à toi, Marluuna.


[ CHAPITRE II ]

POV Yunho

Lorsqu'il sortie du métro, il était pâle comme un mort. Ce n'est qu'après l'avoir observé quelques secondes que je compris qu'il était pâle de nature, sa peau blanche semblait de neige. Une épaisse écharpe entourait son cou et ses épaules, et dissimulait le bas de son visage. Il montait rapidement les marches qui sortaient des entrailles de la terre, entouré d'une masse de gens. C'était l'heure de pointe, la vie continuait son cours et son monotone quotidien. Je ne le vis que l'espace d'un instant, je n'étais pas là pour me laisser distraire, et pourtant son être avait attiré mon regard, m'avait comme appelé. Je détaillai alors furtivement sa silhouette presque féminine, la sacoche pendant nonchalamment à son épaule, et son uniforme, que je reconnu immédiatement, portant moi-même un identique durant les rares journées où j'allais en cours. L'objet de mon attention s'éloignait à présent d'un pas vif, pressé par le temps probablement, ou souhaitant peut-être échapper au brouillard givrant qui persistait depuis l'aube.

- Yunho !

Je mis quelques minutes à réaliser que j'étais totalement pétrifié et subjugué. Subjugué, c'était le mot.

- Yunho ! What are you fucking doing ?

Je tournai un visage impassible en direction de mon ami qui me rejoignait à grand pas, les traits de son visage tirés par l'agacement.

- Au cas où tu l'aurais oublié, on a un travail à faire ! Et j'aimerai le terminer le plus vite possible !...

Yoochun s'arrêta près de moi, ancrant son regard profond dans le mien, qui sembla l'intriguer puisqu'il fronça ses sourcils. Puis, agrippant mon épaule, il me traina avec force, les longs pans de mon manteau s'agitant derrière moi. Mais sa voix se fit plus douce :

- Viens.

Je consentis en me dégageant, lui signifiant d'un regard que je n'appréciais pas qu'il me commande ainsi… Mon ami leva les deux mains en signe d'excuse, avant de s'éloigner, me jetant néanmoins un regard en biais. Lorsque je me retournai, le jeune inconnu n'était plus là.



POV Jaejoong

Vers la pause déjeuner, le soleil faisait timidement son apparition, projetant entre les volutes de la brume ses rayons clairs. La cour intérieur du lycée se remplissait peu à peu d'élèves ayant fini de manger et souhaitant se dégourdir les jambes dans la douceur de l'air ambiant, quelques jeunes échangeaient des passes, un ballon de basket rythmant de son rebond sonore l'agitation de la pause. Je longeais le hall en jetant des regards vers l'extérieur à travers les portes vitrées, les mains dans les poches de mon pantalon d'uniforme gris. Je venais de laisser mes camarades au réfectoire, souffrant d'un manque d'appétit certain, et d'une migraine due à la vigueur des conversations dont je n'avais plus l'habitude.

Entendre Yong Sun et Heon Hin, la seule fille de notre classe qui, il me semble, avait osé s'introduire dans le petit groupe que j'avais intégré depuis ma rentrée (les autres filles n'étaient pas bien loin de notre table, tout autour de nous, et nous lançait des regards curieux, assez équivoques ou encore totalement sublimés…), se déchirer pendant vingt minutes m'avait vite lassé. Surtout quand le sujet de leur conversation envenimée n'était autre que moi, le débat ayant commencé quand Min Soo avait fait remarquer en rehaussant nonchalamment ses lunettes qu'ils n'avaient jamais eu autant de succès avec les filles que depuis que j'étais là. Coupé dans mon élan de porter une cuillérée d'un délicieux flan à ma bouche, j'avais levé les yeux vers mon camarade, figé. Heon Hin s'était alors exclamé que « c'était normal, on ne voyait pas tout les jours un magnifique androgyne comme [moi] !... » et que « les filles étaient en ébullition, mais pas qu'elles d'ailleurs ».

Sur ce propos, Yong Sun avait recraché sa boisson, avant de regarder Heon Hin puis de me regarder en s'écriant : « Mais…mais il est efféminé ! Quel genre de filles aiment les efféminés ? Les lesbiennes ? Et qu'est ce que ça veut dire ''pas qu'elles d'ailleurs ?!''» Le regard perçant de la jeune fille aux cheveux brillants et sa voix grondante l'avaient alors accroché pour ne plus le lâcher jusqu'à ce que je quitte la table…. Je n'avais pas vraiment envie d'entendre leur propos qui commençaient à dériver, devenant pour l'une la défense de l'ange que je semblais être aux yeux de tous, et pour l'autre un discours enflammé plutôt péjoratif qui me laissa perplexe…

- Jaejoong ! Attends !...

Seung Hun courait vers moi, ses chaussures claquant contre les dalles blanches qui couvraient le sol du hall, et je m'arrêtai, la main posée sur la poignée de la porte que j'allais ouvrir pour m'aventurer dans les couloirs du lycée, à la recherche d'un endroit calme.

- Jaejoong, ne sois pas vexé par ce qu'a pu dire Yongie, il n'en pensait pas un mot, je peux te l'assurer. C'est juste qu'Heon Hin et lui se détestent un peu plus que de raison, si tu vois ce que je veux dire, c'est comme ça depuis plus d'un an, et chacun contredit toujours l'autre par tous les moyens… Une manière bizarre de se montrer leur affection mutuelle si tu veux.

J'éclatai de rire, sans lui avouer que j'étais plutôt soulagé par cette révélation, et je secouai la tête alors qu'il me demandait de revenir :

- J'ai un peu mal à la tête, je voulais trouver un coin tranquille pour me reposer.

- Mais l'infirmerie n'est pas par là. Je vais t'accompagner…

Je souris, angoissé à l'idée de devoir refuser le témoignage de sa gentillesse :

- Non, je t'assure, ça va, je n'ai pas besoin d'aller à l'infirmerie. Ca va passer… J'ai juste besoin…de me retrouver un peu seul. Je n'ai plus l'habitude de vivre en groupe toute la journée, avec mes cours par correspondance. Mais ce n'est pas contre vous !... Je n'aurais pas du dire ça…

Je soupirai, ma main blanche se crispant sur la poigné, ma vision se troublant à travers les mèches inégales de ma frange. Seung Hun posa sa main sur mon épaule, déclarant en riant :

- Ne te stresse pas comme ça, je comprends. Tu es à peine arrivé, et tout le monde te saute déjà dessus, et je te parle pas de quand la rumeur qu'un dieu grecque vivant se trouve dans notre classe aura circulé dans tout le lycée !...Tu ferais mieux de t'y préparer et de profiter de tes derniers moments de solitude.

Un sourire s'étira sur mes lèvres, alors que mon ami s'éloignait en me faisant un signe de la main :

- On se revoit en cours ! T'endors pas, surtout, avec les cernes de trois mètres de long que t'as, tu te réveillerais jamais !

- C'est ça, à tout à l'heure !

Je le regardai retourner dans le réfectoire, et je restai un moment immobile, avant de finalement pénétrer dans le couloir, et d'arpenter les étages. Jusqu'à me retrouver au dernier, plus sombre que les précédents, et qui ne semblait être utilisé que pour les projections de films et les archives.

Un courant d'air me fit trembler et regretter d'avoir laissé mon manteau dans la salle de classe. La porte vitrée, presque invisible au milieu des grandes fenêtres qui longeait le petit hall en haut de l'escalier avant la porte d'entrée du couloir, était ouverte. Je m'avançai pour remarquer qu'elle donnait sur une sorte de toit ou de plateforme. Plissant mes yeux sous la lumière vive du soleil, je sortis, le cœur pincé par un impénétrable désir de voir mourir cette boule de lumière agressive, qui ajoutait à l'impression de suffocation que j'éprouvais constamment… Je marchais lentement, observant autour de moi, le toit était large et l'on avait une vue incroyable sur la ville. Je m'approchai du bord, souhaitant évaluer la hauteur à laquelle je me trouvais, quand un chuchotement à ma gauche me fit légèrement sursauter. Raidie par la surprise, la brise fraîche balayant mes cheveux sombres, je tournai la tête pour découvrir quatre élèves postés à quelques mètres de moi, caché par l'ombre du bâtiment qui laissait un espace assez large, mais plus restreint que le reste, entre le mur et le bord du toit. Quelques rayons éclairaient néanmoins leurs visages, et la stupeur me fit rater un battement de cœur.

La magnificence qui émanait d'eux me clouait littéralement sur place. Une perfection incompréhensible à la raison, une beauté qui semblait circuler dans leurs veines-même pour se rejoindre en une sorte d'entité inatteignable née de leur union, un lien invisible paraissant les relier tout les quatre… Ces pensées m'envahir sur le coup, et je ne me rendis pas compte de leur ridicule, de leur naïveté… J'étais ébloui, et je ne me souciai pas du reste. Ils semblaient avoir le même âge que moi. L'un d'eux était appuyé contre le grillage qui protégeait du vide à cet endroit, grand et mince, des cheveux châtains et courts, un visage délicat, plus angélique que les autres, un livre ouvert à la main. Un autre était assis sur un large cube de plâtre blanc ressemblant au socle d'une cheminée, des cheveux rouges semblant aussi doux que ses yeux plissés par la lumière du soleil, un autre à la stature plus forte et aux cheveux bruns ondulés avait la main posée sur son épaule. Le dernier était adossé au mur, les bras croisés derrières son dos, les paumes de ses mains appuyées contre la surface crépie. Son visage était sérieux, sa posture reflétait une certaine confiance en soi et aisance. Je ne vis de lui, sur le moment, que ses yeux sombres qui me fixaient et ses lèvres entrouvertes comme muées par une surprise silencieuse, mais rien que ces éléments me donnaient l'impression d'observer la prestance même.

La réalité revint à moi violemment, et je me rendis compte que les quatre jeunes hommes s'étaient arrêtés de discuter et qu'ils avaient le regard tourné vers moi, me fixant, tout à fait immobiles. Figés. Embarrassé, je me fis la réflexion que j'avais du les déranger, et me demandai, poursuivant ma logique selon laquelle ils étaient forcément par un quelconque commandement, supérieurs aux autres lycéens, si j'avais le droit de monter sur ce toit qui était peut être leur « territoire »... J'ouvris de grands yeux, les baissant, ne me sentant pas autorisé à les contempler une seconde de plus, et je m'exclamai d'une voix néanmoins hésitante :

- …Oh, pardon !...

Avant de m'esquiver rapidement sans attendre la moindre réponse de leur part. Je passai la porte le cœur battant, considérablement perturbé par cette rencontre insolite.


POV Yunho

Ce fut comme si un souffle d'air froid nous avait balayé. Alors que j'écoutais d'une oreille distraite Yoochun et Junsu s'échanger des murmures, souriant parfois en observant Changmin, en face de moi, lire avec concentration un livre écrit en chinois, les chuchotements de mes deux amis s'étaient brusquement tus. Intrigué par leur silence, j'avais alors remarqué avec inquiétude qu'ils étaient tous deux immobiles, le regard tourné vers l'autre côté de la plateforme, une expression indéchiffrable plaquée sur leur visage. Je compris en une fraction de seconde. Il y avait un intrus.

Mais l'intrus en question me paralysa dès que j'eu posé mes yeux sur lui. Je reconnus le jeune homme de ce matin, à la sortie de la station de métro. Ce devait être le destin, pour le rencontrer une deuxième fois, en de telles circonstances… Il était lui aussi figé, et ne semblait pas s'être attendu à trouver quelqu'un d'autre que lui sur ce toit. Ses cheveux d'un noir de jais étaient agités par le vent, tout comme sa veste d'uniforme qui était soulevée par l'appel d'air. La blancheur de sa peau, éclairant son visage et sa gorge, dissimulée ce matin par l'écharpe, me frappa une nouvelle fois, ses lèvres balayées par les mèches souples tremblaient légèrement sous la fraîcheur de l'air, et ses yeux sombres reflétant une profondeur et une richesse intérieure tel que l'on pouvait lire en lui d'un seul regard semblaient nous sonder chacun à notre tour. La lumière du soleil, haut dans le ciel à cette heure de la journée, jetait ses rayons derrière lui, si bien que je devais plisser les yeux pour le voir clairement, sa silhouette étant plongée dans le contre jour, comme si l'astre lui-même voulait l'illuminer. Une vision si pure m'arracha le cœur. Sa voix s'éleva soudain dans le silence pesant, chevrotante, alors que son regard fuyait vers le sol :

- Oh, pardon !...

Il disparut de notre champs de vision aussi rapidement qu'il y était apparut, me laissant indécis. Jamais personne, si longue que fut ma vie, ne m'avait fait un tel effet, et je me recomposai un visage impassible. Je remarquai que j'avais retenue ma respiration jusque là, tout comme mes amis… Yoochun éclata alors de rire, relâchant la pression, bientôt suivi par le reste du groupe :

- Vous avez vu comme il a détalé ?!... On a du lui faire peur…

Junsu enchaina avec un doux sourire, en me jetant un regard :

- On n'est pourtant pas particulièrement effrayant !...

Je restai silencieux, et m'accroupie en glissant contre le mur, la tête toujours tournée vers l'endroit où il était resté prostré avant de fuir.

- Tu l'avais déjà vu avant, Yunho ?

Je reportai mon attention sur mon ami, levant mon visage vers lui. La matinée me revint en mémoire, en réalité, elle était restée présente dans mon esprit depuis, mais je ne souhaitais pas leur en parler. Je voulais garder cela secret, enfoui quelque part dans mon cœur.

- Non, je ne l'ai jamais vu.

Le ton posé de ma voix était sans appel, et Yoochun éclata à nouveau de rire, visiblement amusé par ce qui venait de se passer, desserrant la cravate de son uniforme, alors que Changmin se rapprochait de nous en déclarant :

- Ce doit être le nouvel élève qui devait arriver cette semaine.

Puis il s'avança en direction du centre de la plateforme, sortant de la petite impasse où l'on se réunissait à chaque pause, et s'exclama en levant les bras dans un étirement de souplesse :

- Bon, les gars, si on allait en cours ? ça va bientôt sonner...

Je me relevai en souriant et en administrant une tape sur l'épaule du plus grand d'entre nous, qui émit une protestation agacée.

- Ha la la, Max et ses études, une grande histoire d'amour !...

Junsu et Yoochun me suivirent en riant, dépassant notre cadet, qui resta en retrait, vexé, alors que nous quittions à notre tour le toit pour rentrer dans l'étouffante atmosphère des couloirs du lycée.



J'espère que cela vous a plu.

Les chapitres suivants, à présent, seront de plus en plus longs. ^-^