Chapitre 3 : The fire died while we were talking.

La nuit noire avait fini par nous couvrir plus vite que nous le supposions. Elle enveloppait tout, tout ce qu'elle pouvait, mais le feu est venu nous éclairer, elle n'a pas put l'étouffer. Les lèvres de celle qui me tenait compagnie se sont mises à s'ouvrir pour libérer un baillement plusieurs fois d'affilés, et je tentais de la raisonner pour qu'elle aille se coucher alors que je surveillerais le feu et les environs.

" Tu es morte de fatigue, et si ça t'empêche de réfléchir, alors tu ne me sers plus à rien."

Elle me lança un regard exaspéré.

"Tu as marché toute la journée, tu es plus fatigué que moi. Je prend la première ronde.

- Tu peux rêver. Rétorquais-je. Je n'ai pas passé les 4 ou 5 derniers mois à courir tout le Royaume-uni et à fuir le seigneur des ténèbres comme toi et tes petits copains l'avez fait.

- Je croirais presque que tu sous-entends que tu as dormi sur tes deux oreilles depuis que cette marque est posée sur ton poignet.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit.

- Peu importe bien dormi ou mal dormi. Demain, tu ne ME servira strictement à rien si tu dors debout. Alors va te coucher, je prend la première ronde tant que je suis motivée."

Je capitulais.

"Tu as ta baguette ? Demandais-je "

Elle acquiesça en la sortant.

"Si tu entend le moindre bruit, réveille moi."

Elle leva les yeux au ciel. Je savais qu'elle était très bien capable de se défendre toute seule, mais je ne voulais pas prendre le moindre risque. Je me préparais donc à profiter des deux heures de répit qu'elle m'offrait.

[Ellipse Temporelle]

J'ai dû dormir aproximativement une heure lorsque ma marque des ténèbres, brûlante, me réveilla. J'étouffais un juron et relevait ma manche pour l'exposer à l'air libre. Ce qui n'améliora strictement rien, bien au contraire. A la douleur s'ajouta mon angoisse, car j'avais très bien compris le message qu'on m'adressait : j'étais désormais recherché.

Après quelques minutes, la douleur s'atténua un peu. Je frottais mes yeux et jetais un coup d'oeil à l'entrée de la tente. Le feu rougeoyait encore. J'étais en sueur, mais j'attrappais quand même ma veste et une couverture avant de sortir dehors.

L'air frais me fit du bien. Je me rapprochais du feu contre lequel Granger se réchauffait. Elle ne bougea pas. Je dépliais la couverture que j'avais emporté et la lui posait sur les épaules avant de m'asseoir de l'autre côté du feu, face à elle.

Elle me remercia calmement et me tendit une tasse de thé. Je m'en saisit et bû une longue gorgée.

"Tu n'as pas dormi bien longtemps. Constata-t-elle.

- A qui la faute ? Répliquais-je en lui montrant ma marque qui n'avait pas cessé de me brûler un peu.

- Ils sont à ta recherche ?

-J'en ai bien peur. Répondis-je dans un murmure."

Je lui lançais un regard, elle baissa les yeux en se sentant coupable. L'observant à la dérobé, je remarquait qu'elle venait juste d'entourer sa cheville avec un bandage.

" Comment va ta cheville ?

- Elle se remet doucement.

-Pas de trace de Potter et Weasley ?"

Elle fit tristement signe que ce n'était pas le cas. ça me rassurait.

" Tant mieux. Plus longtemps tu restera avec moi, mieux ce sera pour ta sécurité.

-Pourquoi ma sécurité t'importe-t-elle à ce point ? Ce n'est pas moi qui vais le tuer, je ne suis pas l'élue."

Je fixais le contenu de ma tasse quelques secondes. Je ne pouvais plus fuir cette conversation, c'était peut-être la dernière occasion que j'avais d'être franc avec elle.

" Tu es le plan B, Granger.

- Le plan B ?

- Si Potter échoue, tu es celle qui le tuera. Tout le monde le sait déjà."

Elle me regarda incrédule.

" Mais de quoi tu parles bon sang ?!"

Je soupirais.

" Je ne vais pas te le cacher, tu es la personne la plus traqué de tout le Royaume-Uni après Potter. Il te veux, expliquais-je. Le seigneur des Ténèbre te veux dans son armée.

- Mais...Pourquoi ?! Demanda-t-elle abasourdie.

- Parce que tu es une des sorcières les plus brillantes que cette foutue planète ai jamais porté, bordel de merde ! M'énervais-je."

Elle me lança un regard abasourdi. J'étais pourtant persuadé que ça coulait de source, mais j'avais vite oublié, qu'elle n'était socialement pas dans le même cercle que moi, et elle ne pouvait qu'ignorer ce qu'il m'avait fallut des siècles pour découvrir.

" Ecoute, repris-je, je vais te dire ce que je sais, mais tu dois le garder pour toi, tu dois le jurer.

- C'est promis ! S'empressa-t-elle de répondre."

J'avalais ma dernière gorgée de thé et commençais à lui raconter.

" On ne sait pas ce que c'est vraiment d'être mangemort avant d'entrer dans le cercle fermé des porteurs de marque. Avant que ce soit mon cas, j'étais stupide, je croyais dur comme fer que le seigneur des ténèbres tuerait Potter, et que s'il ne l'avait pas encore fait, c'était juste une question de temps. Mon endoctrinement à été très minutieux. Je voulais rendre mon père fier, et pour moi, il n'y avait pas meilleur honneur que servir tu-sais-qui, je le voulais, c'était ce que je voulais réellement.

- Ce n'est plus le cas maintenant. Devina-t-elle.

- La réalité est bien plus acceptable quand tu n'allume pas un gros projecteur dessus. Quand je suis rentré dans le cercle, j'ai ouvert les yeux, j'ai été dépassé par les évênements, ils m'ont dégouté au plus profond de moi. Depuis 2 ans, je cherche une foutue issue à ce cauchemar. Alors j'écoute, je ne dis jamais rien, mais j'écoute, et je sais beaucoup de chose.

- Qu'est-ce que tu sais ?

- Je sais que quand on se vante d'être le mage le plus maléfique de tous les temps, on ne traque pas un adolescent boutonneux à lunettes pendant toute sa vie, à moins que cet adolescent boutonneux à lunette représente une menace très sérieuse. Ce qui est soit dit en passant ne serait pas le cas s'il ne se trouvait pas exceptionnellement bien entouré. Il y a d'abord eu Dumbledore, il a mis sa confiance en Potter, il l'a aidé, ce n'est pas négligeable. Malheureusement pour le seigneur des Ténèbres, Dumbledore n'était pas du genre à rejoindre les forces du mal tous les 4 matins, du coup, le seigneur s'est rabattu sur le second sorcier le plus intelligent de son vivant. Rogue, nous savons aujourd'hui toi et moi que le débat est clos à son sujet. Viennent ensuite les Lupin, Fol Oeil, Shacklebolt et compagnie qu'il a soit essayé de rallier, soit essayé de tuer. La quatrième et dernière cible, proche de Potter, c'était toi. Tu es, depuis toujours, le cerveau le plus proche de Potter. Tu connais ses habitudes, tu sais comment il agit, comment il pense, tu es une perle rare. Et tu n'a pas idée à quel point il te convoite. Tu ferais une mangemorte extraordinaire, lui et moi le savons. Mais Bellatrix aussi le sait, c'est pour ça qu'elle se sent en concurrence avec toi, et qu'elle essaiera de s'acharner sur toi au maximum comme elle l'a fait aujourd'hui. Elle connait les consignes, il te veux vivante, peu importe si tu es amochée, tant que tu es vivante. Il veut que tu coopère, et si tu ne le fais pas, tu mourira de sa main, seulement de la sienne. "

Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais se ravisa. Son air surpris s'effaça vite, car elle compris rapidement que j'avais raison. Elle scruta longtemps mes yeux à la recherche d'une réponse à une question que j'ignorais.

" Tu es là...pour m'aider moi...ou lui ? Murmura-t-elle inquiète.

- Toi, soufflais-je, tu es mon issue. Je sais que Potter a besoin de toi, que si tu ne l'aides pas, il ne réussira pas, et même si j'ai du mal à l'admetre, je veux qu'il réussisse. Je veux être libre, je veux rembourser mes dettes et recommencer à zéro. "

Elle aquiesça et resta silencieuse quelques instants, méditant mes paroles.

"Pourquoi tu n'as pas agit plus tot ? Demanda-t-elle. Tu cherchais des issues, et je sais que plusieurs t'ont été proposées, pourquoi tu nes les as pas saisies ? Poudlard l'an dernier, la tour d'Astronomie ? Pourquoi tu n'as rien fait pour te libérer ?"

J'eus un petit rire amer, elle ne savait pas de quoi elle parlait, c'était clair.

" Tu ne sais pas comment c'est. Répondit-je. Tu n'as pas idée de la pression qu'il fallait supporter, de la force de volonté que ça demandait.

- Alors pourquoi aujourd'hui ?"

Je mis longtemps à répondre, je ne savais comment formuler ma réponse, mais elle devait sortir, coute que coute.

" Parce qu'aujourd'hui, c'est à toi qu'ils s'en sont pris, et je préfère endurer le cauchemar que j'ai vécu pendant deux ans, toute une éternité plutôt que laisser cette situation se reproduire. Je ne les laisserais plus jamais t'approcher. "

Elle baissa la tête et, je constatais aussi bien que le feu me le permettait, qu'elle rougissait.

" As tu conscience des risques que tu prends ? Murmura-t-elle au bout d'un moment.

- Je sais que tôt où tard, je ne regretterais pas de les avoir pris. "

Elle se leva et me rejoignit. Doucement, pour ne pas m'affoler, elle posa une main sur ma joue. J'eu un mouvement de recul, mais elle ne céda pas. Un frisson me parcouru. Elle me regarda dans les yeux, et chuchota, près de mon visage.

" Mais qui es-tu ?"

Je la regardais surpris, avant de comprendre le fond de sa question. Elle ne savait plus à qui elle avait affaire. Il était bien loin celui qu'elle avait connu entre les murs de Poudlard. Moi même, je ne savais plus vraiment qui j'étais, tout ce que je savais, c'est qu'une barrière s'était brisée au fond de moi, cette même barrière qui pendant des années avait maintenue l'empathie enfermée. Aujourd'hui, j'avais changé, j'avais décidé de faire moi même les choix qui me concernaient, et le premier d'entre eux avait été de devenir...humain.

Avant que j'ai pu formuler une réponse, le feu s'éteignit brusquement et ce fut le noir complet. J'attrappais ma baguette et me levais à tatôn pour essayer de parer n'importe quelle attaque qui nous serait adressée. Subitement, j'entendis Hermione hurler :

" ça suffit, libérez le ! "

Alors la lumière se rétablit suffisamment pour que je puisse discerner deux baguettes tendues sous ma gorge qui me menaçaient. Les baguettes de Potter et Weasley.