Titre : De la haine.

Disclaimer : J'aimerais revendiquer Severus Snape comme ma propriété personnelle mais je crois que c'est raté… T.T

Rating : T

Genre : Drama, romance.

Bonjouuuuuur ! Hem, j'étais partie pour arrêter le chapitre à 500 mots, mais je n'étais pas résolue à publier un chapitre aussi court ! Bande de chanceux, vous venez d'éviter une fin sadique ! XD Bonne lecture !

Les premières lumières du jour baignaient les boiseries qui habillaient le chalet lorsque Severus émergea du sommeil, les idées claires, les sentiments aiguisés. Il sentait son cœur tambouriner sourdement contre le drap. Il s'enfonça un peu plus dans les couvertures, maudissant la fraicheur de ce matin.

Les yeux fixés sur le mur, il constatait la fragilité de l'enceinte qu'il avait vainement construite autour de sa douleur ; la froideur, le mépris, l'inaccessibilité n'était que de faibles passades que la vue de Sirius avait fait s'égrainer doucement… Et la souffrance jusque là oubliée s'avivait, aussi sensible qu'au jour de sa mort. Il inspira brusquement et se retourna pour affronter celui qui avait réduit sa vie à un pathétique combat.

Il avait disparu.

« Enfoiré ! »

Severus bondit de son lit, dérapant sur la couverture qui trainait par terre et passa la porte entrouverte.

Le soleil, se réverbérant sur la neige, l'aveuglèrent un instant. Ignorant la glace qui mordait la peau de ses pieds nus, il se mit avancer droit devant lui, à corps perdu.

Il n'eut pas à aller plus avant. Il gisait à quelques mètres, inerte.

Il saisit Sirius par le col. Celui-ci s'anima brusquement, le souffle court, portant les mains à son cou, tandis qu'il le traînait jusqu'à la porte.

Severus n'eut aucune pitié lorsqu'il le jeta à travers la pièce. Son corps percuta lourdement le fauteuil, lui arrachant un gémissement et une quinte de toux déchirante.

« On comptait partir sans me dire au revoir ? ».

Ses pas résonnait durement sur le plancher tandis qu'il s'approchait de l'homme dont la respiration devait plus en plus laborieuse. Severus sentait ses muscles se tendre.

Il s'accroupit devant Black et l'observa se débattre comme un poisson hors de l'eau. Il sourit, apaisé par le spectacle.

« Je vais m'assurer que tu ne puisses pas t'échapper de nouveau. »

Il n'eut pas le temps de voir le regard de Sirius s'embraser. Avant qu'il ne comprenne ce qui lui arrivait, Black se ruait sur lui, habité par la force du désespoir.

« Non ! » s'arrachait-il en un sifflement sourd « Je ne te laisserais pas faire ! Je dois le tuer ! Je dois tuer Pettigrow ! »

Severus tentait désespérément d'écarter ces mains de sa gorge, mu par une angoisse indescriptible.

« Tu es fou ! Pettigrow est mort ! C'est toi qui l'as tué !

Non ! C'est lui ! C'est lui qui les a tués ! Il est viv… »

Son corps devint brusquement flasque, avant de s'agiter de convulsion. Il s'étouffait.

Severus contemplait la scène, horrifié.

« Non ! Pettigrow est mort ! »

Il se mit à secouer Sirius dont le teint devenait livide. Le corps comprimé dans ses tentatives d'inspiration, l'animagus ne tarda pas à vomir sur le sol détrempé. Ses yeux papillonnaient.

« Non ! Tu peux pas crever maintenant ! Pettigrow est mort !»

Le regard hagard, Snape regardait Black perdre pied peu à peu. Mourir, en laissant derrière lui une phrase qui pouvait anéantir tout ce sur quoi Severus avait bâti sa survie.

*

Le feu crépitait doucement au contact du bois humide, dégageant une fumée douceâtre. La nuit était tombée. Doucement, en fond sonore, une respiration, comme le son froissé d'un gramophone.

Severus regardait d'un air distant les ombres des flammes projetées sur la pierre. Malgré la chaleur, ses muscles étaient encore fébriles des tensions et crispations. Il passa une main sur ses yeux fatigués.

Il ne parvenait pas à comprendre.

« Je dois le tuer ! Je dois tuer Pettigrow ! »

Son cœur rata un battement. Instinctivement il resserra ses bras autour de son torse.

Sur l'un des pans de mur, une étagère encombrée de potions en tout genre. La force de l'habitude. Il n'avait eu qu'à lui injecter de l'extrait de lierre et de marrube blanc.

Il ne comprenait toujours pas ce qui l'avait poussé à le sauver.

Il jeta un regard en direction du corps reposant dans le lit. On aurait dit une poupée de cire, inerte. Immobile. Seul un léger mouvement de l'édredon rappelait la vie qui l'animait.

Il s'immobilisa un instant, la respiration suspendue, les yeux perdus dans la contemplation de la fragilité émanant du tableau. Comment imaginer qu'un sang chaud puisse couler dans un corps qui a su la tuer de sang froid ?

Severus renifla avec mépris, autant pour Black que pour lui-même. Tuer Pettigrow… Quelle plaisanterie… Black était fou… Et lui n'allait pas tarder à le devenir.

Le pas lourd, Severus se leva et déposa le verre sur le rebord de la table. Il se sentait vieux et las, et, étrangement, bien plus vivant que durant la décennie écoulée. A croire que la haine avait soulevé un peu de ses sentiments décantés. Après avoir vérifié que les liens qui maintenaient Sirius à la structure du lit ne rompraient pas, il s'enfonça dans le fauteuil de cuir et ferma les yeux.

Dormir. Ne pas penser à demain.

*

La peau se contracta au contact de l'eau glacée. Il maudit un instant la paresse qui l'avait conduit à se passer d'une eau chaude, réchauffée sur les braises. Au creux de la pièce exigüe, peinte à la chaux, Severus, recroquevillé, perdait le fil de ses pensées. Quelques secondes s'écoulèrent, salvatrices, tandis que le professeur se laissait aller à un silence intérieur.

Oublier. Être de nouveau seul, loin de tous ces souvenirs incarnés au fond d'un lit.

Il soupira, saisit le baquet d'eau froide et s'aspergea d'un mouvement brusque avant de s'emmitoufler dans une serviette. Le contraste de température le laissèrent un instant dans un état d'hébétude. Engourdi, il se frictionna vigoureusement, et s'empressa de se revêtir de chauds vêtements de laine.

La porte entrouverte laissa échapper quelques volutes de vapeur tandis qu'il se dirigeait, le pas sec, vers le garde-manger. Le repas résiderait en quelques pommes de terre et un morceau de mouton mijotant dans une marmite, au-dessus des tisons. Lentement, il entreprit d'éplucher les tubercules, geste qu'il appréciait dans leur caractère consciencieux, appelant ceux du créateur de potion.

Les cheveux humides caressant ses épaules, il suivait du regard le tracé du couteau, ses réflexions découpant de mêmes cercles, répétitifs. La morte. L'acte. L'homme dans le lit, vivant par ses soins.

Pettigrow.

Un cliquetis l'alarma du réveil du meurtrier. Il coula un regard en sa direction. Puis la douleur. La lame s'était enfoncée dans son doigt.

Jurant, il porta le pouce saignant à sa bouche et souffla une incantation. Puis se remit à sa tâche.

« s…oif… »

Toujours le même geste précautionneux. Le couteau qui glisse sur l'amidon.

L'homme s'agite, tousse.

Le couteau. Entre ses mains.

Severus posa l'ustensile avec douceur et déposa avec application les ingrédients au fond de la marmite de cuivre, recouvrit d'eau. D'une démarche maîtrisée, il rejoignit la cheminée et suspendit le récipient plein au crochet. A ses oreilles, les crépitements de la respiration.

« … soif… »

En quelques pas il rejoignit la bibliothèque et s'empara d'un livre. Puis s'enfonça dans le fauteuil. Sous les ronronnements du cuivre, il entreprit de lire. Byron.

« … je… dois… le… Pettigrow… »

Tourner une page. Le bruissement du papier prenait une ampleur soudaine.

« … il les a tués…

-TAIS-TOI, TAIS-TOIIII ! »

Les muscles tremblants, le livre jeté en travers de la salle, Severus se précipita sur Black.

« C'EST TOI, TOI QUI LES AS TUE ! Mais qu'est-ce qui m'a pris ! Pourquoi avoir sauvé une ordure comme toi !

-…non… les a tués… »

Les mains du professeur se perdaient dans ses cheveux, tiraient comme pour extraire la douleur qui lui vrillait le crâne.

« … il les a tués… c'était lui… gardien du secret… »

Severus éclata d'un rire froid, hystérique.

« Et tu veux me faire croire ça ? Tu es pitoyable.

-…Dumbledore le savait… jamais été mangemort… jamais vendu James… et Lily…

Un battement de cœur. Les yeux écarquillés, Severus s'éloignait du lit, foudroyé.

-TAIS-TOI ! »

« …il doit mourir…mourir… »

Non. Sirius Black était fou… NON !

Et pourtant, une image confuse… Au détour d'un couloir, lors des rassemblements des mangemorts… non…

Severus s'approcha de nouveau du lit et surplomba le visage humide de l'échappé. Un rictus effroyable fleurit sur ses lèvres.

« Tu as tué Peter Pettigrow après avoir tué les Potter. C'était toi, le gardien du secret, Black.

-non… » ses yeux papillonnaient… « ai conseillé Peter à James… peur… de mes ascendances… j'étais …une proie trop facile… je me suis trompé… »

Le silence.

« Tu as tué Peter Pettigrow.

-…non… »

Le souffle court, se débattant contre l'épuisement qui le collait comme de la poix, Sirius se laissa à regarder Severus dont le regard luttait entre fureur, frayeur et avidité, avant de murmurer :

« … j'ai soif. »

A suivre…

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