Note : Désolée pour le retard !

Je ne trouvais plus la version corrigée par ma bêta.
Voici donc enfin le ch. 3, avec juste une petite semaine de retard...

Bonne lecture ! ^^


III. La Réponse

La chance, c'est quand l'opportunité frappe à votre porte, et que vous répondez.

- Anonyme

Je suis complètement taré, pensa Drago alors même qu'il serrait ses bras encore plus fort autour du corps nu d'Harry Potter.

Au début, il s'ennuyait seulement, mais il était encore sain d'esprit. Quelqu'un devait s'occuper du feu, alors il fallait qu'il reste réveillé, et il n'y avait pas grand-chose à faire pour se distraire. Fixer les paupières closes de Potter n'était pas franchement palpitant, et il avait fallu que Drago trouve autre chose pour passer le temps. Il était allé inspecter les diverses potions dans l'autre pièce. Il avait flâné entre les étagères, essayant de trouver quelque chose d'utile ou intéressant. A la fin, il avait bu une potion Bonnumeur, pas parce qu'il pensait que ça le mettrait effectivement de bonne humeur, mais parce qu'il avait soif et que ça avait le goût du jus de Citrouille. Il se sentit un peu mieux après l'avoir bue.

Il revint au côté de Potter avec un baume blanc qui scintillait et un tissu doux. Il avait un soudain désir de soigner le moindre bleu et la moindre coupure dont Potter avait souffert l'ennui et la Bonnumeur étaient clairement responsables. Drago appliqua le baume sur les bleus qu'il avait à la mâchoire, sur une coupure à la joue là où une branche l'avait giflé pendant qu'ils marchaient à travers la forêt, sur la bosse à l'arrière de son crâne là où il avait dû heurter le sol en tombant, et même sur ses lèvres gercées qui guérirent instantanément au contact du baume.

Il était en train de nettoyer le sang et le reste de baume du visage de Potter quand quelque chose d'horrible arriva. Ça commença lentement – de la chair de poule apparut sur la peau de Potter, s'étendant sur ses bras et sa poitrine, et puis il commença à trembler. Drago retira rapidement la cape de sous sa tête et en enveloppa son corps tremblant.

Ça n'aida pas le moins du monde. Bientôt, les frissons de Potter s'intensifièrent. Ses paupières frémirent et ses lèvres s'entrouvrirent pour laisser échapper des gémissements douloureux. Drago pouvait entendre ses dents claquer. On aurait presque dit qu'il avait une sorte d'attaque.

Drago jeta quelques bûches supplémentaires dans le feu et ensuite s'allongea carrément sur Potter, maintenant son corps tremblant fermement enroulé dans la couverture et la cape. Son état ne fit qu'empirer.

Il apparut à Drago que les tremblements étaient peut-être une bonne chose. Ça pouvait vouloir dire que le sort avait relâché son emprise sur Potter et qu'il était sorti de sa catalepsie il était suffisamment réveillé pour finalement sentir le froid qui étreignait son corps. Mais ce n'était pas vraiment réconfortant de se dire que Potter ne mourrait pas à cause du sort, s'il mourait d'hypothermie à la place. D'une façon ou d'une autre, il mourrait, et Drago ne pouvait pas lui donner une potion pour le réchauffer. Aucune des potions qu'il aurait pu utiliser pour contrer l'hypothermie ne ferait bon ménage avec les potions qu'il lui avait déjà données. Il lui en avait déjà fait prendre trop.

Malheureusement, ou heureusement, selon le pendant, son cerveau refusait de se taire à propos des merveilles de la chaleur corporelle. L'idée avait été là, traîtreusement enterrée dans un coin de son esprit dès le premier instant où il s'était demandé comment il pourrait apporter un peu de chaleur à Potter. Les minutes passaient et les frissons de Potter ne donnaient pas l'impression de vouloir diminuer. Drago ne pouvait juste plus supporter de le regarder trembler comme ça.

Maudissant son cerveau, Potter, et Slughorn pour faire bonne mesure, parce que rien de tout ceci ne serait arrivé s'il ne les avait pas envoyés dans la forêt, Drago se déshabilla et s'allongea à côté de Potter, se collant de tout son corps contre sa carcasse glacée et tremblante. Il dut serrer les dents pour ne pas crier la peau gelée de Potter menaçait de l'emporter dans une mort glaciale. Mais sachant que cela n'arriverait pas, Drago appuya sa poitrine contre le dos de Potter et le frictionna partout où il parvenait à l'atteindre.

Les tentatives de Drago pour réchauffer Potter en s'allongeant à côté de lui, complètement nu, n'étaient pas la preuve de sa folie, cependant. Il lui fallait fournir de la chaleur à Potter et ses actions étaient parfaitement raisonnables, et en plus, cela fonctionnait. Cependant, après que le corps de Potter se soit réchauffé et qu'il se soit tourné pour enfouir sa tête ensommeillée dans le creux du cou de Drago, celui-ci ne fit pas de tentative pour se lever. Au contraire, il entoura Potter de ses bras et l'attira plus près de lui et, pour rendre les choses encore pires, les doigts de sa main gauche insistaient pour jouer avec les cheveux emmêlés de Potter et refusaient d'arrêter de caresser compulsivement les douces mèches noires.

Mais cela non plus n'était pas une preuve de sa démence. Il pouvait facilement rationaliser ce comportement. Ils étaient perdus au milieu d'une forêt, blessés et gelés, et Potter avait failli mourir son soudain besoin de le câliner était sûrement une réaction prévisible à un traumatisme sérieux. C'était parfaitement naturel.

La chose qui avait convaincu Drago qu'il était complètement malade était le fait que lorsque Potter s'était retourné et blotti contre Drago, le corps de Drago avait eu une réaction très inappropriée – et perturbante. Il ne pouvait pas vraiment en rendre le traumatisme responsable. Ce qui faisait que Drago était plus fou encore était le fait que même après que Potter ait émis quelques marmonnements discrets et ait commencé à s'agiter comme s'il allait s'éveiller d'une minute à l'autre, Drago n'ai rien fait pour s'extraire de son étreinte et cacher sa nudité et son érection grandissante. Il se mettait en toute connaissance de cause dans une situation embarrassante – qui savait quelle réaction Potter aurait en se réveillant dans les bras d'un Drago nu et excité ? Cependant, la part démente de son cerveau lui intimait de garder Potter dans ses bras pour aussi longtemps que possible et de s'inquiéter des conséquences plus tard.

Ce moment vint plus rapidement que Drago ne l'aurait souhaité.

Potter grogna contre le cou de Drago et leva lentement la tête. Il cligna de ses yeux verts au regard flou avant de fixer Drago avec incrédulité. Avec une appréhension qui faisait tourner son cerveau à vide, Drago le fixa également, attendant l'explosion.

Potter avait l'air d'aller beaucoup mieux. Ses joues avaient repris des couleurs et son visage propre et sans blessure avait perdu ce terrifiant aspect glacé. Ses pupilles étaient dilatées et ses yeux avaient l'air sombres. Plus que tout, Drago avait envie de presser sa paume contre son front, mais il n'osait pas bouger. A en juger par la chaleur de son corps contre le sien, Potter avait de la fièvre mais, sans baguette, Drago ne pouvait juste pas en avoir la certitude. Pour ce qu'il en savait il faisait une chaleur à crever dans la cabane, mais il ne pouvait pas réellement faire confiance à ses sens en cet instant.

Une ride apparut au milieu du front de Potter et il fixa Drago sans cligner des yeux.

« Malefoy ? chuchota-t-il, presque craintif.

— Bien vu, le félicita Drago. »

Il avait décidé que tout ce qu'il avait à faire était d'affirmer que tout ce qu'il avait fait, il l'avait fait pour sauver la vie de Potter. Après tout, c'était la vérité même si, pour une raison ou une autre, ça n'avait pas l'air d'être la vérité, mais juste une explication fantaisiste de sa part. Drago se rendait bien compte qu'il y avait un risque que Potter ne soit pas du tout reconnaissant si c'était Drago qui l'avait attaqué à la base. Il pouvait seulement espérer que si les intentions de Potter devenaient belliqueuses, il pourrait facilement avoir le dessus. Potter était sans aucun doute faible et désorienté.

Toutefois, pour l'instant, Potter avait seulement l'air perdu. Il fit le tour de la cabane du regard, et ses yeux s'élargirent en passant d'abord sur la pièce, la cheminée, le lit, et enfin leur nudité et leur position intime.

« Bon sang, hoqueta Potter quand son regard revint enfin sur Drago.

— Je peux expliquer, dit aussitôt Drago avant de grimacer. »

Il avait l'air beaucoup trop sur la défensive. Il lui fallait exprimer son explication et ses excuses avec beaucoup de soin. Peut-être, et seulement peut-être, que si Drago était assez convaincant et humble, Potter lui pardonnerait de l'avoir attaqué. C'était un dénouement assez improbable, mais il fallait que Drago essaie. Ramper à ses pieds semblait une bonne idée en cet instant. Ce n'était pas le moment de s'en faire pour sa fierté perdue. Il ne voulait pas finir à Azkaban et Potter était le seul qui pouvait le sauver de cet horrible destin.

« Oh, ce n'est pas la peine. »

Potter secoua la tête. Ses yeux semblaient toujours immenses.

« Je crois que ça s'explique de soi-même.

— Vraiment ? »

Potter bougea de façon soudaine et Drago émit un son inarticulé sous la surprise. Il semblait que son corps n'était pas le seul à avoir une réaction inappropriée à leur position intime quelque chose de dur et brûlant venait de cogner sa cuisse.

Même si le choc de Drago à cette découverte fut considérable, ce n'était rien comparé à comment il se sentit quand le visage de Potter se fendit en un gigantesque sourire.

« Non que je me plaigne, mais c'est très gênant, gloussa Potter. »

Il souriait largement à Drago, comme si on venait de lui dire que Noël arriverait en avance cette année.

« Euh, je suis d'accord, mais comme j'ai dit, je peux expliquer. »

Drago essaya de se tourner, mais Potter roula sur lui et l'immobilisa de son corps.

« Je peux aussi me lever et m'habiller avant d'expliquer, ajouta Drago, perturbé. »

Potter sourit encore plus largement, comme s'il n'avait même pas entendu ce que Drago venait de dire.

« Mon cerveau me fait peur, des fois. »

Son regard balaya le visage de Drago avec émerveillement.

« Heu…

— Je veux dire, nous sommes dans un chalet. Un putain de chalet. Allongés devant une cheminée, avec une couverture en… »

Il attrapa la cape de Drago et l'examina.

« En fourrure. De la vraie fourrure. »

Après un moment de silence, Drago leva la main et posa sa paume sur le front de Potter.

« Tu délires, conclut-il. »

Potter était trop chaud et maintenant que Drago le regardait plus attentivement, il remarqua que son regard était toujours flou. Certes, Potter n'avait pas ses lunettes, mais cela n'expliquait pas pourquoi le blanc de ses yeux était légèrement rouge. La fièvre devait être une réaction aux œufs d'Occamy.

La main de Drago glissa sur la joue de Potter mais il la retira vivement comme celui-ci se laissait aller contre lui, avec un mouvement et un son dignes d'un chat. Drago fronça les sourcils. Potter avait besoin d'une autre potion pour faire baisser sa fièvre, mais Drago lui en avait déjà donné une qui aurait dû annuler les effets des œufs d'Occamy. C'était au corps de Potter de les combattre maintenant.

« Potter, dit-il lentement en essayant de se lever en vain. »

Potter pesait une tonne.

« Tu as besoin de dormir et de te reposer, d'accord ? Tu es blessé et…

— Dormir ? lui fit écho Potter, avant de se remettre à rire. Je pense que ça c'est bon. Si tu rêves, ça veut dire que tu dors. »

Drago cligna des yeux.

« Tu n'es pas en train de rêver. »

Potter lui jeta un regard un peu méprisant, du genre qu'on aurait pour quelqu'un d'un peu attardé.

« Malefoy, nous sommes seuls dans un lit, nus, sous une couverture en fourrure, devant une cheminée, dans un chalet. Bien sûr que je rêve. »

La mine de Potter se fit pensive.

« C'est triste, si on y réfléchit, de se dire que les Dursley avaient probablement raison de m'interdire de regarder la télé. Apparemment, on est coincé dans un film cucul des années quatre-vingt. C'est vaguement embarrassant.

— Potter, écoute-toi… Tu radotes, insista Drago. »

Il ne comprenait pas un mot à ce que Potter racontait. L'expression de celui-ci se fit sérieuse. Drago pensa qu'il avait finalement réussi à le convaincre de la vérité, mais le regard de Potter était fixé sur sa tempe douloureuse.

« Tu es blessé, dit Potter. »

L'espace d'un instant, il sembla perturbé, mais juste après il éclata à nouveau de rire.

« Bien sûr que tu es blessé. Une blessure, c'est un must quand on a déjà un chalet et une cheminée. Un accident de ski, sans aucun doute, gloussa-t-il.

— Potter, pour l'amour de Dieu, concentre-toi, le coupa Drago. Tu n'es pas en train de rêver. Tu es dans la Forêt Interdite. Tu es blessé. J'ai trouvé cette… »

Potter poussa un cri de victoire. Il s'était laissé glissé de Drago, avait tendu la main et avait trouvé le baume guérisseur à côté de leur lit de fortune.

« J'ai juste souhaité avoir quelque chose pour te soigner, et c'est apparu juste à côté de nous. Pas un rêve. Sérieusement. »

Drago ferma les yeux.

« Potter, j'ai placé le baume ici… Aïe ! »

Il grimaça tandis que Potter appliquait le baume sur sa tempe.

« Désolé, s'excusa Potter. »

Ses mouvements se firent plus doux. Son visage était dangereusement proche de Drago. Ils partageaient le même oxygène, un oxygène qu'il était soudain dur de respirer. La tempe de Drago le picota comme Potter caressait sa peau alors même que cela n'était absolument pas nécessaire – une fois appliqué, le baume agissait instantanément. Potter plissa les paupières et il avait l'air terriblement concentré sur sa tâche. Drago planifiait de l'arrêter et de se lever, mais au lieu de suivre cette ligne de conduite logique, il laissa ses yeux se fermer pour profiter du contact doux et tendre des doigts de Potter.

« Et regarde ! s'écria Potter, jubilant toujours. Voilà que j'ai trouvé par hasard un morceau de tissu. Qu'est-ce que c'est pratique. »

Drago soupira tandis que Potter tamponnait son visage, le nettoyant du sang et du baume qui restait. Après toute cette peur et ce stress, c'était merveilleux de rester simplement allongé, au chaud et en sécurité, avec quelqu'un qui s'occupait de vous. C'était dommage que Drago ne puisse pas faire comme si cela était réellement un rêve.

Potter leva la tête, se souleva sur un coude, et lui sourit. Sa main caressait toujours la joue de Drago. Ses cheveux emmêlés lui tombaient dans les yeux, les boucles sombres se mélangeant avec ses cils. Ses joues semblaient encore plus roses, et ses lèvres avaient l'air inhabituellement pleines. Bien que Drago ait eu des choses à dire, elles furent temporairement oubliées tandis qu'il prenait quelques instants pour apprécier à quel point ses yeux étaient verts. Sans ses lunettes, et ainsi encadrés de ses cheveux et ses cils sombres, ils ressortaient plus que jamais.

« Là, murmura Potter en inspectant de près le visage de Drago. »

Il avait l'air très satisfait de lui-même.

« Parfait. »

Drago frissonna. Il y avait des émotions dans ces yeux si claires et évidentes que sa gorge en était serrée. Pourquoi Potter le regardait-il comme ça ? Drago fit rapidement la liste des ingrédients utilisés dans les potions qu'il avait données à Potter, mais aucun d'eux n'aurait pu produire les effets d'un Philtre d'Amour. Une Potion de Bonnumeur aurait pu donner ça – dans une certaine mesure – mais c'était Drago qui en avait bu. Et maintenant qu'il y pensait, la Bonnumeur était la coupable idéale. Drago pouvait la rendre responsable du fait que ses bras étaient toujours enroulés autour de Potter, l'un d'eux coincé sous son corps pendant que de sa main libre il dessinait paresseusement des cercles le long de la colonne vertébrale de Potter.

« Pourquoi est-ce que tu rêverais de moi ? demanda Drago. »

Il caressa des yeux les épaules de Potter, ses bras et le haut de sa poitrine, qui avaient échappé à la protection de la couverture et de la cape. Eclairée par la lueur du feu, la peau de Potter semblait dorée. Son sourire était indulgent.

« J'ai arrêté de me poser cette question il y a un moment déjà, dit-il. »

Il se pencha en avant.

Potter va m'embrasser.

La pensée se forma dans son esprit et l'espace d'une seconde, il resta figé par le choc. Il essaya de libérer ses mains mais il ne fut pas assez rapide. A la dernière seconde, juste avant que les lèvres de Potter ne touchent les siennes, Drago détourna la tête et Potter déposa un baiser au coin de sa bouche. Cela ne sembla pas l'ennuyer. Il déposa des baisers légers partout où il le pouvait sur le visage de Drago sa mâchoire, sa joue, sa tempe, et il dériva même vers son oreille, se laissant descendre le long de la ligne de ses cheveux vers son cou.

« Potter, protesta Drago avant de se tourner. »

Il libéra à la hâte une de ses mains et l'apposa contre le visage de Potter, mais pas avant que celui-ci ne parvienne à presser un baiser rapide contre ses lèvres. L'estomac de Drago fit un drôle de looping.

« Arrête ! s'écria-t-il en repoussant Potter. »

Son pouce effleura les lèvres de Potter et celui-ci fit sortir sa langue et le lécha. Dans un bruit étranglé pathétique, Drago retira son pouce. Il se souleva sur un coude pour garder le visage de Potter à une distance raisonnable.

Les coins de la bouche de Potter pointèrent vers le bas.

« Sérieusement, Malefoy. Arrête d'être pénible. Tu es assez pénible comme ça quand tu n'es pas le produit de mon imagination.

— Potter, je ne suis pas le produit de ton imagination. Ceci n'est pas un rêve, affirma Drago. Tu te rappelles quand on a traversé la forêt ? Où est-ce que tu crois te trouver ?

— Dans mon lit, dans mon dortoir. En train de rêver. »

Potter avait l'air totalement sûr de lui.

« Et la forêt ? Tu te rappelles cette putain de forêt ? Et la douleur et la marche ? »

Potter fronça les sourcils.

« Hum. Ça devait être un mauvais rêve ça. Un rêve affreux. »

Drago grogna de frustration.

« Non Potter, ce n'était pas un rêve non plus. On t'a jeté un mauvais sort. Est-ce que tu… Est-ce que tu te rappelles qui t'a attaqué ? »

Le visage de Drago se crispa. Il aurait voulu ne pas avoir posé cette question. Il voulait que Potter dorme et se repose comme il en avait besoin, et il ne voulait vraiment pas qu'il se rappelle ce qui s'était passé si cela voulait dire qu'il se mettrait à frapper Drago au lieu de l'embrasser. Bien que, en toute honnêteté, Drago aurait préféré les coups aux baisers. Il méritait les coups. Pas les baisers.

« On ne m'a pas attaqué. C'est toi qu'on a attaqué, dit Potter avec la voix boudeuse d'un petit garçon, comme Drago l'avait accusé d'avoir volé quelque chose. »

Drago soupira mais Potter fronça les sourcils à nouveau.

« Non, attends. Je me rappelle. »

Les yeux de Potter se firent ronds et Drago arrêta de respirer.

« On a été attaqué par des loups-garous !

— Oh, pour l'amour de Dieu ! »

Potter sourit.

« C'est toi qui m'as dit ça. Et tu as dit qu'on devait y aller et sauver Ron et Hermione. Et ensuite tu as parlé d'inviter des loups-garous à dîner… c'était bizarre. Comme les rêves le sont, en fait. Et ensuite on a volé à travers la forêt…

— On n'a pas volé.

— On aurait dit qu'on volait. Et tu me prenais tout le temps dans tes bras…

— Je t'aidais à te tenir debout !

— Et ensuite le rêve a changé et on est arrivé ici. »

Potter eut un sourire rayonnant.

« Tu vois ? J'ai fait un cauchemar idiot mais maintenant c'est fini et je suis en train de faire un rêve – bon, très neuneu pour être honnête – mais fort plaisant.

— Tu sais, dit Drago d'une voix pensive. Je pense que… si je te frappe et t'assomme, le coup ne devrait pas te causer trop de dommages. Et alors, tu seras endormi pour de bon.

— Drago ? »

Potter le regardait sérieusement et le cerveau de Drago s'arrêta de fonctionner, enregistrant lentement le fait que Potter venait juste de l'appeler Drago. Il aurait préféré qu'il ne l'ait pas fait. C'était bizarre.

« Tu pourrais me faire une faveur ? »

Potter eut le culot de battre des cils.

« Quoi ? »

Drago lui jeta un coup d'œil méfiant. Mais la méfiance ne suffisait pas.

Potter passa sa jambe derrière les genoux de Drago, attrapa son bras, et les fit rouler sur le côté sans effort. Drago ne réalisa ce qui s'était passé qu'une fois qu'il se retrouva allongé sur Potter, lové entre ses cuisses. Les jambes de Potter se refermèrent rapidement pour l'emprisonner.

« Arrête de parler et baise-moi. »

Potter lui sourit.

« C'est à ça que servent ce genre de rêves. »

Drago le contempla muettement. L'expression sur le visage de Potter était toute d'anticipation et d'excitation. Son enthousiasme faisait de drôle de choses à la poitrine de Drago son cœur menaçait de la faire exploser pour s'en échapper. Le fait que son entrejambe soit pressé fermement contre celui de Potter ne l'aidait pas à réfléchir.

Potter voulait qu'il le baise.

C'était dingue. Ridicule. Mal.

Tentant.

Très, très tentant. Bien que, jusqu'à cet instant précis, Drago n'avait eu aucune idée qu'il avait envie de baiser Potter. Mais il avait déjà la tête pleine d'images. Certaines d'entre elles étaient familières elles étaient le produit de ses fantasmes. Il se laissait aller à ce genre de pensées de temps en temps, penser à coucher avec un garçon. Juste un garçon, un garçon anonyme, sans importance. Pas Potter. Peut-être juste avec un air de Potter. Mais c'étaient des pensées absurdes qui surgissaient dans sa tête quand il se masturbait. Elles avaient tendance à lui donner des orgasmes dévastateurs.

Mais bon sang, coucher avec un garçon était un de ses vieux fantasmes. Un qui était vraiment mal et qu'il avait essayé si fort de refouler. Mais l'idée de le faire avec Potter… Simplement y penser était déjà trop. Tout son corps se contracta comme s'il était au bord d'un orgasme. L'air dans la cabane était devenu insupportablement chaud, comme si quelqu'un avait mis le feu pendant que Drago ne regardait pas.

Drago balaya du regard le visage et la poitrine de Potter dans sa tête, il descendit même plus bas. Il s'imagina refermer sa main autour du sexe de Potter, écarter ses jambes, passer la main derrière ses testicules et amener ses doigts…

Il ramena son regard vers les yeux de Potter. Ils étaient emplis d'un désir sincère, un désir auquel il était dur de résister.

C'était ridicule. Le Felix Felicis fonctionnait toujours. Cela lui donnait ce qu'il n'avait jamais osé souhaiter – Potter. Potter qui le détestait, mais qui en cet instant ne le savait même pas. Potter qui le détesterait encore plus si Drago faisait ce qu'il demandait.

Drago ferma les yeux, son euphorie temporaire déclinant rapidement. Qu'est-ce qui n'allait pas chez lui ? Il avait presque tué Potter il ne pouvait pas faire comme si rien n'était arrivé et coucher avec lui. Potter n'aurait jamais proposé ça s'il n'avait pas été en train de délirer.

Essayant de ne pas trouver de plaisir dans son contact intime avec la peau de Potter, Drago se pencha et prit son visage dans ses mains. Il plongea avec détermination dans les yeux verts. La respiration de Potter accrocha un peu, et ses lèvres s'entrouvrirent tandis qu'il se soulevait un peu, s'attendant clairement à un baiser.

La poitrine de Drago se serra et il secoua la tête.

« Non, Potter. Je ne vais pas te baiser. Je sais que tu ne me crois pas, mais tu es blessé et il faut que tu te reposes. Baiser est la dernière chose qu'il te faut. Fais-moi confiance, tu me remercieras plus tard. »

Il grimaça.

« Non, en fait, tu ne me remercieras probablement pas. »

Le visage de Potter se défit à l'instant où il réalisa qu'il n'y aurait pas de baiser. Les mots de Drago lui firent prendre une moue boudeuse à nouveau.

« Tu ne vas pas me baiser ? demanda-t-il comme si Drago n'avait pas été assez clair.

— Non.

— Tu en es sûr ?

— Positivement. »

Potter serra les lèvres.

« Très bien, à ta guise, dit-il, l'air résigné bien que légèrement énervé. »

Drago laissa échapper un soupir de soulagement. Ça avait été facile.

Trop facile, réalisa-t-il comme la bouche de Potter s'étirait en un sourire rusé. En l'espace d'une seconde, il réussit à les retourner et Drago se retrouva sur le dos, Potter au dessus de lui.

« Alors, c'est moi qui te baiserai, déclara-t-il. »

Son sourire rappelait celui d'un Kneazle qui aurait juste avalé un Boursouflet.

« Oh, non, certainement pas ! hoqueta Drago, scandalisé. »

Pour l'amour de Dieu ! Potter était blessé, d'où tirait-il cette célérité ? Il fallait que Drago arrête de se comporter avec indécision et se débarrasse de lui. Avec l'intention de faire exactement cela, il attrapa Potter par les biceps et se rua contre lui. Il réussit presqu'à le déloger, mais Potter grogna et s'écria :

« Incarcerous ! »

Drago se mit presqu'à rire de la tentative de Potter de faire de la magie sans baguette, mais le rire mourut sur ses lèvres lorsque ses mains furent tirées vers le haut et que des menottes en métal froid apparurent autour de ses poignets, l'attachant au sol. Choqué, Drago regarda à gauche puis à droite pour voir ses mains entravées, se demandant si Potter n'avait pas raison en affirmant que tout ça n'était qu'un rêve.

« Tu ne peux pas, souffla-t-il. Tu ne peux pas faire ça sans baguette. C'est impossible ! »

Il tira sur ses liens en vain. Ils ne bougèrent pas. Potter se mit à rire.

« Tu es si bête. Bien sûr que je ne peux pas. »

Potter secoua la tête et tapota les liens métalliques.

« Mais je peux faire absolument tout ce que je veux dans mes rêves. »

Drago le scruta du regard.

« Ce n'est pas un rêve, Potter. Et c'est impossible »

En fait, techniquement, la magie sans baguette n'était pas impossible, juste difficile. Elle nécessitait du pouvoir et un manque de contrôle. Et Potter possédait les deux. Sa conviction que cela était un rêve devait avoir agi en sa faveur.

Par contre, ça n'agissait pas en faveur de Drago. Est-ce qu'il n'avait pas réussi à se convaincre de faire ce qui était bien juste quelques secondes auparavant ? Et maintenant Potter se démenait pour ruiner son sacrifice moral. C'était complètement injuste.

« Potter, relâche-moi.

— Non. »

Il se pencha.

« Attends ? Qu'est-ce que tu as dit ? « Potter, embrasse-moi » ? Parce que dans ce cas, la réponse est d'accord. »

Potter prit son visage entre ses mains.

« Non, je n'ai rien dit de… mmph ! »

Les lèvres de Potter s'écrasèrent sur les siennes et il lui fallut lutter pour ne pas céder et répondre. Le choc de sa soudaine incarcération l'aida et il parvint à résister à l'assaut de la langue et des lèvres de Potter. Celui-ci grogna, clairement mécontent, mais il se réconforta en déposant une multitude de baisers sur tout le visage de Drago. Il était trop rapide au début mais il se calma ensuite ses baisers devinrent tendres et persistants et ses lèvres se firent plus douces et plus souples. Drago dut serrer les siennes pour s'empêcher d'émettre des sons approbateurs. Cela devint de plus en plus difficile quand Potter descendit pour apposer des baisers bouche ouverte sur la peau sensible de son cou. Ses mains se dirigèrent vers le bas, passèrent sur son ventre, ses hanches, ses cuisses, le caressant et le massant tandis qu'il lui faisait des suçons dans le cou, laissant probablement des marques.

Dans les vapes, Drago réalisa qu'il s'était tu au lieu de hurler à Potter de se ressaisir et d'arrêter de le molester. Il rectifia cela dès qu'il parvint à faire fonctionner sa gorge à nouveau.

« Potter. »

Ça sonnait comme un gémissement et Drago jura et essaya à nouveau.

« Potter ! Arrête !

— Non, fut la réponse directe de celui-ci tandis qu'il portait ses lèvres au téton gauche de Drago. »

Il retint sa respiration avant de frissonner comme Potter faisait courir sa langue sur la chair sensible. Ses lèvres se refermèrent autour de lui et aspirèrent doucement. C'était peut-être une décision consciente de la part de Drago de recommencer à se plaindre seulement après que Potter ait délaissé son mamelon.

Alors que Potter bougeait pour presser un baiser au milieu de la poitrine de Drago, celui-ci retrouva sa respiration et s'écria :

« Je suis sérieux ! Arrête, Potter ! Tu réalises que tu es en train de m'agresser ? C'est totalement immoral. Sans ajouter illégal.

— Pas si c'est un rêve. »

Potter posa ses lèvres sur son autre téton.

« Et si c'en est pas un ? s'empressa de demander Drago. »

Il savait qu'il ne serait plus capable de parler si Potter se remettait à aspirer. Potter souleva à peine la tête. Ses lèvres chatouillèrent le mamelon de Drago quand il se mit à parler :

« Ce n'est pas très plausible, hein ? »

La délicieuse succion fit taire Drago à nouveau. Il était heureux qu'ils n'aient pas d'oreillers. Il aurait été tenté de regarder Potter et ça aurait été terriblement perturbant. En l'occurrence, son cou lui faisait trop mal s'il essayait de regarder et il était forcer de fixer le rustique plafond de la cabane. Lorsque Potter descendit plus bas, embrassant et mordillant son ventre, Drago essaya de se libérer des menottes, mais elles refusaient de bouger. Doux Merlin, il ne pouvait pas quand même laisser Potter lui faire tout ce qu'il voulait. Cela dit, si ça arrivait, ça ne serait pas sa faute et Potter ne pourrait pas l'en accuser. Potter atteignit sa hanche et la mordit légèrement.

« Mmh, dit-il. Tu es nettement plus musclé d'habitude. »

Drago jeta un regard mauvais au plafond.

« Mais tu n'as pas aussi bon goût. »

Potter embrassa l'os de son bassin, se rapprochant dangereusement de son entrejambe, mais ensuite il revint à nouveau vers la poitrine de Drago. Celui-ci laissa presque échapper une protestation, mais il se força à refermer la bouche et à rester silencieux.

« Et normalement, tu as des cicatrices, ajouta Potter en léchant et embrassant sa poitrine. Et quand je les embrasse, elles disparaissent. »

Drago déglutit difficilement. Sa gorge était sèche.

« Tu rêves de moi souvent ? demanda-t-il en continuant à fixer le plafond. »

C'était une pensée difficile à contempler – Potter, rêvant de faire disparaître ses cicatrices à coup de baisers. Il s'en serait presque senti coupable de mentionner continuellement ces cicatrices à Potter.

« Non, rarement, pour être honnête.

— Oh.

— Je fantasme sur toi souvent.

— Oh, répéta Drago. »

Voilà qui était inattendu. Il avait cru que Potter était juste d'humeur érotique et que lui-même avait de la chance. Il avait pensé que les rêves que Potter faisaient sur lui étaient quelque chose d'incontrôlable et de non désiré qui l'assaillait. Des fantasmes, par contre, c'était quelque chose de complètement différent. Il se remit à penser à la veille.

« Est-ce que tu… hum… »

Drago sursauta quand les mains de Potter s'enroulèrent autour de son sexe. La sensation était incroyable et nuisait terriblement à la concentration. Cela lui prit un moment pour rassembler ses pensées.

« Est-ce que tu flirtais avec moi, en Défense, hier ? »

Potter se mit à rire.

« J'essayais. »

Il rit encore plus fort et Drago leva la tête pour lui envoyer un regard noir. C'était une erreur parce que la vue de Potter enfourchant ses cuisses et touchant son sexe était quelque chose de trop intense. Potter avait poussé la cape et la couverture de côté son corps nu était offert au regard et les yeux de Drago tombèrent sur son sexe – qui retenait bien plus l'attention maintenant que Potter était excité. L'eau lui monta à la bouche.

« Tu étais absolument adorable ! s'exclama Potter, et Drago s'arracha à la contemplation de son sexe pour le fusiller du regard. »

Potter prit une voix censée l'imiter et éclata de rire à nouveau :

« Je prévois de te montrer quelque chose dans la forêt demain, Potter ! »

Il aurait aussi bien pu lui jeter un seau d'eau froide. Drago le fixa, se demandant s'il avait seulement vaguement conscience d'à quel point cela n'était pas drôle. Drago lui avait montré, n'est-ce pas ? Juste comme il l'avait promis. Il l'avait presque assassiné, et bien que Potter ne s'en rappelle pas pour le moment, ça viendrait quand il irait mieux.

Potter le regardait avec tendresse, sa main bougeant de haut en bas, serrant son sexe, et de temps en temps, il passait son pouce sur son extrémité humide. C'était agréable, très agréable, mais Drago ne pouvait se concentrer sur rien d'autre que les yeux de Potter. Ils étaient emplis d'affection. Et le pire, était-il en train de réaliser, était que cette affection n'était pas nouvelle. Drago l'avait vue auparavant, mais n'y avait pas cru. Potter avait fantasmé sur lui, avait eu envie de lui, avait même flirté avec lui. Et Drago l'avait attaqué. Il avait ruiné cette possibilité sans même savoir qu'elle existait. Sans même savoir qu'il la voulait. Mais maintenant, ça semblait être la chose la plus importante au monde. Autant qu'il prenne son temps pour regarder Potter maintenant, car c'était la dernière fois qu'il verrait ces yeux verts être dépourvus de haine. Même si, par un quelconque miracle, il échappait à Azkaban, même si Potter tenait assez à lui pour le sauver encore une fois… Drago avait laissé passer sa chance pour toujours.

« Détache-moi. »

Les mots quittèrent ses lèvres avant même qu'il ait formé une décision consciente.

« Mmh. »

Potter se gratta le nez comme s'il réfléchissait avec ardeur. Il secoua la tête.

« Non.

— J'ai changé d'avis. J'ai envie de te baiser. Détache-moi, Potter.

— C'est pas grave. Ça ne me gêne pas de te baiser. »

Une lueur hilare dansa dans les yeux verts.

« En fait, ça ne me gêne pas du tout de te baiser, surtout quand tu es attaché et sans défense.

— Je veux te toucher. »

Drago pouvait entendre la vérité et le désir dans sa propre voix. Il espérait que Potter l'avait entendu aussi. Il voulait ça plus que tout, et c'était sa seule chance de l'obtenir.

L'hilarité disparut des yeux de Potter. Il se mordit la lèvre, l'air incertain.

« S'il te plaît ? demanda Drago. »

Et comme si le mot était vraiment magique, les liens disparurent. Drago se releva d'un bond et Potter se tendit. Aucun doute qu'il ait un autre sort sur le bout de la langue au cas où Drago essaierait de s'échapper sans le baiser. Mais ce n'était pas son intention. Pas vraiment.

Il tendit la main et caressa la joue de Potter, tandis qu'il le prenait par la taille de son autre bras. Potter était à genoux, alerte, comme prêt à bondir, et Drago grimpa sur lui, pour s'asseoir à califourchon sur ses genoux. Potter sourit et se détendit, clairement satisfait par ce développement. Il se laissa aller sous la caresse de Drago, pressant sa joue contre sa paume, lui rappelant à nouveau un chat. Lentement, Drago s'avança et Potter le laissa venir. Leurs lèvres se rencontrèrent pour un baiser doux. Drago remua ses lèvres et, de sa langue, explora les contours de la bouche de Potter. Celui-ci frissonna et entrouvrit ses lèvres. Il enfouit ses mains dans les cheveux de Drago et l'attira plus près. C'était étrange de sentir la langue de Potter remuer contre la sienne à cette allure paisible. Drago s'était attendu à ce que leur baiser se transforme en une bataille où ils essaieraient chacun de dominer l'autre. Mais Potter semblait satisfait de cette lente et timide exploration, et Drago n'avait pas l'intention d'interrompre la tendresse du moment. Potter avait le goût des potions, mais il avait comme une saveur sucrée dissimulée sous le goût de médicaments, et Drago voulait davantage de cela. Il passa sa langue partout, revint pour goûter à nouveau aux lèvres de Potter, capturant celle du bas entre les siennes, léchant et mordillant avant de doucement suçoter la chair fragile.

Potter eut un petit gémissement et ses mains descendirent, faisant apparaître de la chair de poule sur le dos de Drago quand il dépassa ses reins. Le contact chaud des paumes de Potter sur ses fesses lui arracha un gémissement sourd et il approfondit le baiser, tandis que Potter pétrissait les muscles de ses fesses et le rapprochait encore davantage de son corps.

Le baiser sembla durer l'éternité, mais ce n'était toujours pas assez long. Les lèvres de Drago le picotaient et il déposa un autre baiser rapide sur la bouche de Potter avant de glisser sur le côté et d'embrasser sa mâchoire. Il aimait la sensation du léger duvet qui piquait ses lèvres et il profita de cette expérience inhabituelle avant de pencher la tête et de poser sa bouche contre le point du cou de Potter où il voyait battre son pouls. Le rythme en était fort et rapide contre ses lèvres et il s'accorda un moment pour profiter de cette sensation. Potter se fit impatient, ses doigts s'aventurèrent entre ses fesses et il caressa la peau sensible qui se trouvait là, pressant ses doigts à l'endroit le plus intime de son corps.

Un frisson violent lui fit fermer les yeux et Drago se mit à couvrir Potter de baisers urgents et désordonnés, s'attaquant à son cou, ses clavicules, ses épaules. La peau y était douce et chaude, si tentante qu'il était difficile de s'arrêter, mais Potter se fit plus audacieux et poursuivit ses exploration plus loin. Il enfonça un doigt en Drago. La sensation était nouvelle et étrange et ses membres semblèrent perdre leur force. Tremblant, il tendit vivement les mains en arrière pour attraper les poignets de Potter et ôter ses mains de là.

« Allez, allonge-toi, chuchota-t-il. »

Sa voix était si basse qu'il la reconnut à peine. Potter sembla méfiant quand Drago descendit de ses genoux et le poussa pour le faire s'allonger à côté de lui, mais il ne dit rien, se contenta de le fixer à travers ses yeux mi-clos. Il se détendit dès que Drago l'embrassa à nouveau, plus passionnément cette fois, incapable de se contenir. Les mains de Potter descendirent à nouveau vers ses fesses, comme s'il était incapable de s'en empêcher, et Drago sourit contre ses lèvres avant de se retirer.

« C'est vraiment une idée fixe, accusa-t-il en chuchotant toujours. »

Potter massa ses fesses tout en souriant, le visage rouge.

« Je passe tellement de temps à le mater, je peux pas laisser passer cette occasion. »

Il lui donna une petite tape et il y avait tant d'affection dans ce geste que c'en était déchirant. On aurait presque dit qu'ils étaient amants. Drago se força à sourire.

« Marrant. J'ai la même philosophie. »

Potter pencha la tête de côté et Drago pressa un autre baiser rapide sur ses lèvres. Avec un gémissement sourd, il se retira et fit glisser sa bouche plus bas, sans jamais séparer ses lèvres de la peau de Potter.

La vérité était que Drago aimait que le sexe soit rapide et brutal. Ça avait toujours été de cette façon-là avec les filles avec qui il avait été et c'était toujours comme ça qu'il l'avait imaginé quand il fantasmait sur des garçons. Il n'était pas sentimental, et s'il aimait les baisers, ce n'était qu'un moyen pour arriver à une fin. Cette fin étant de tirer son coup, vite et bien.

Mais ça, c'était différent.

C'était la première et la dernière fois qu'il pouvait avoir Potter sous lui, consentant et prêt à faire tout ce que Drago voudrait. Cette opportunité ne se représenterait jamais. Il lui fallait prendre tout ce qu'il pouvait, bien qu'il ait conscience qu'il y avait certaines choses qu'il ne pouvait accepter de Potter. Sa conscience était déjà assez coupable comme cela. Mais ce qui semblait impératif était d'embrasser et toucher chaque centimètre carré de Potter et d'enregistrer chaque sensation, chaque respiration et chaque frisson dans sa mémoire.

Il prit son temps, traçant un chemin de baisers sur son cou et ses épaules, sa poitrine, son ventre. Sa langue s'arrêta pour taquiner ses tétons, ôter la sueur de son ventre, s'enfoncer dans son nombril et suivre la ligne de poils qui menait jusqu'à son sexe. Ses lèvres redessinèrent la courbe de ses hanches, ses dents mordillèrent la peau douce. Il enfouit son nez dans les poils sombres et épais de son entrejambe et inspira sa senteur musquée. Il lécha et embrassa ses cuisses la peau y était chaude et douce, et Drago trouva difficile d'en ôter sa bouche. Il prit ses testicules dans sa bouche, l'une après l'autre, les suçant doucement. Il prit son sexe et goûta à l'humidité qui y était apparue à la pointe. Le goût amer ne l'empêcha pas de prendre le gland dans sa bouche, de le lécher et le sucer comme si c'était la meilleure chose qu'il ait jamais goûté, même si ce n'était pas le cas. Drago embrassa et lécha et mordilla et suça jusqu'à ce que ses lèvres soient presqu'à vif.

Potter était à sa merci. Il se tortillait sur le lit, suppliant et gémissant en continu. De temps en temps, Drago s'interrompait pour contempler son corps nu, transpirant et baigné de la lumière dorée de la cheminée. Potter s'agitait en tout sens, essayait de respirer en haletant, incapable de rester immobile. Sa peau devait avoir été rendue sensible à l'extrême car il frissonnait violement à chaque caresse et chaque baiser de Drago. C'était quelque chose de fascinant à regarder. Personne n'avait jamais réagi si sensuellement au contact de Drago auparavant il n'avait jamais réduit un autre être humain à cette masse de désir désespéré à l'état pur. Mais peut-être ne s'était-il jamais donné la peine de le faire.

Drago se retira rapidement, ne voulant pas laisser Potter jouir maintenant. Celui-ci pleurnicha mais Drago ignora ses plaintes. Il s'essuya machinalement le menton du dos de la main et se releva pour s'installer à nouveau entre les cuisses de Potter. Il s'étendit sur lui et plongea dans ses grands yeux verts. Potter était rouge et il transpirait, sa respiration était lourde et il regardait Drago avec émerveillement.

Occupé à se demander si Potter le repousserait s'il essayait de l'embrasser avec sa bouche souillée, Drago sentit la respiration lui manquer quand Potter attrapa sa tête et le tira à lui pour écraser sa bouche sur la sienne en un baiser torride. Gémissant sans arrêt, Potter n'arrêta pas de l'embrasser avant que Drago se sente étourdi et hors d'haleine. Même après qu'il ait relâché sa prise mortelle sur les cheveux de Drago et qu'il l'ait laissé relevé un peu la tête il n'arrêta pas pour autant de faire pleuvoir des baisers sur sa bouche et sa mâchoire.

« Le baume, pantela-t-il entre deux baisers. On peut l'utiliser comme lubrifiant. »

Drago fit glisser ses lèvres contre celles de Potter et secoua la tête.

« Non, on n'aura pas besoin de lubrifiant, dit-il fermement. »

Potter fronça les sourcils, l'air de se sentir trahi. Drago l'embrassa à nouveau longuement et lui sourit. Il bougea sur la droite et baissa la main pour saisir leurs sexes et les tenir ensemble. Potter donna un coup de hanches vers le haut et sa moue boudeuse disparut. Drago serra et bougea. Il ferma les yeux tandis que son sexe glissait contre celui de Potter mais les rouvrit rapidement comme son compagnon laissait échapper un son incandescent de désir.

« On baise pas, souffla Potter. »

Il ne semblait pourtant pas trop malheureux.

« Ca ira. »

Drago sourit et roula des hanches. Il prit son temps pour se remettre sur Potter. Celui-ci fit descendre ses mains et saisit ses fesses. Il l'attira plus près et ses jambes emprisonnèrent les cuisses de Drago. Celui-ci luttait pour garder les yeux ouverts afin de ne pas manquer une seule seconde du plaisir de Potter. Mais il était difficile de ne pas les fermer et se perdre dans la beauté du moment. Leurs corps trempés de sueur glissaient sans difficulté l'un contre l'autre, poitrine contre poitrine, sexe contre sexe, accélérant à chaque mouvement. Ses cils battaient malgré lui. Drago se pencha et attacha ses lèvres à celle de Potter dans un baiser désespéré et maladroit, sans pour autant interrompre leurs mouvements dont le rythme continuait à augmenter. Le monde de Drago vacilla et il lutta pour ne pas s'écrouler tandis que Potter tremblait sous lui et s'arcboutait, agitant ses hanches frénétiquement et serrant les fesses de Drago si fort que cela faisait presque mal. Drago avala ses cris et ensuite accéléra son allure, se frottant contre lui sans réfléchir, jusque à ce que sa vision ne tourne au blanc et que son corps se mette à trembler sous l'assaut du plaisir.

Il ne pouvait pas s'arrêter de bouger pas même vaguement embarrassé par les sons mouillés et un peu sales que faisaient leurs corps en glissant l'un contre l'autre. Bien trop tôt, les agréables frissons diminuèrent et Potter geignit sous lui. Drago força son corps à s'immobiliser et enfouit son visage dans le creux du cou de Potter, essayant de calmer sa respiration et son cœur qui tonnait.

Après un long moment, il releva la tête et regarda Potter. Son visage était toujours rouge et en sueur. Potter le contempla avec une mine soucieuse et des questions plein les yeux.

« Il y a quelque chose qui ne va pas ? demanda Drago avec une drôle de voix un peu râpeuse. »

Il s'éclaircit la gorge et se mordit la lèvre. Potter scrutait son visage.

« Ça ne ressemble plus à un rêve. »

Potter leva la main et passa ses doigts sur la joue de Drago, puis sa mâchoire.

« C'est un rêve, Potter. Fais-moi confiance. Ça n'est jamais arrivé. »

Potter avait toujours l'air perturbé.

« Tu n'es pas comme ça dans mes rêves. Tu es plus… en colère. »

Potter plissa les yeux en le regarda puis secoua la tête.

« Ce rêve était cucul à un point inquiétant. J'ai dû manger quelque chose de bizarre hier. »

Désireux que Potter cesse de réfléchir à cela, Drago l'embrassa à nouveau. Potter eut un petit hoquet mais se laissa bientôt fondre sous le baiser. On aurait dit qu'il n'avait pas de squelette. Ses mouvements ralentirent et Drago se retira à regret. Il se rappela que Potter était souffrant et devait se reposer.

Il ignora les plaintes peu convaincues de Potter et se releva pour prendre un tissu. Après les avoir nettoyés du mieux qu'il le pouvait, il s'étendit à côté de Potter et étendit la couverture sur eux. Il déposa un baiser rapide sur les lèvres de Potter et sourit de son expression ahurie, avant de carrément s'enrouler contre Potter. Il posa sa tête sur sa poitrine tiède. Le rire de Potter était incrédule.

« Attends. Ne me dis pas que tu veux un câlin ?

— Pour tout dire, si, marmonna Drago contre la poitrine de Potter. »

Qu'importait la dignité. Ils étaient dans le rêve de Potter et ça voulait dire que Drago avait le droit de demander les choses les plus absurdes.

Potter gloussa mais enfouit sa main dans les cheveux de Drago et les peigna délicatement avec ses doigts. De son autre main, il caressait le bras de Drago qui reposait en travers de sa poitrine. Drago ferma les yeux et décida qu'il emporterait ce moment avec lui à Azkaban.

« Tu as fichu mon fantasme en l'air pour toujours, tu sais, murmura Potter. Je ne pense pas que je pourrai me branler en pensant à ce câlin.

— Je ne pense pas que tu auras encore envie de te branler en pensant à moi, Potter.

— Je ne pense pas que je pourrai arrêter de penser à toi. Surtout maintenant. »

Sa voix se fit plus sourde :

« Drago, c'était gé…

— Chut, murmura Drago. »

Il fit courir ses doigts sur la poitrine de Potter.

« S'il te plaît, arrête de parler. »

Peu importait à quel point les affirmations énamourées de Potter étaient merveilleuses, il était difficile de les entendre. Potter bailla.

« Pauvre type, marmonna-t-il dans les cheveux de Drago. »

Il resta silencieux après ça.

Drago contempla le feu. S'il voulait l'empêcher de s'éteindre prochainement, il allait devoir se lever et jeter quelques bûches dans la cheminée, mais il n'avait pas l'intention de se lever tant que les doigts de Potter étaient dans ses cheveux et qu'il jouait avec ses mèches.

Bien trop tôt, les caresses de Potter ralentirent puis stoppèrent. Sa respiration se fit plus profonde et Drago l'écouta pendant encore quelques minutes. Ce n'était pas un mauvais moment pour craquer et se mettre à pleurer, mais ses yeux restèrent secs. Il soupira et se leva à contrecœur.

Il frissonna en contournant Potter pour gagner la cheminée. Il avait peur d'avoir attendu trop longtemps et que les bûches ne prennent pas feu. Il fixa l'âtre et pria pour qu'elles s'enflamment. Il se demanda s'il allait retourner se coucher ou s'habiller et aller chercher de l'aide. Il n'avait plus d'excuses pour ne pas partir. Potter allait mieux, il n'avait plus besoin de lui, mais Drago haïssait l'idée de le laisser.

Cependant, son dilemme se trouva rapidement résolu.

Du coin de l'œil, il aperçut un éclair de lumière d'un bleu vif. Il se tourna pour en découvrir la source mais n'eut pas à chercher loin.

Il fixa le corps endormi de Potter. Inexplicablement, Potter brillait.

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Deux ans auparavant, son père lui avait raconté ce qui s'était passé le jour où Arthur Weasley, accompagné par des Aurors, était apparu sur leur seuil. Ils avaient apparemment reçu des conseils d'un informateur anonyme et étaient là pour fouiller le Manoir Malefoy. Ils ne trouvèrent rien du tout, mais tout le temps qu'ils étaient restés dans le bureau de son père, le bout de la baguette de Weasley avait émis une lueur bleue, indiquant que le Charme Locateur avait trouvé ce qu'ils cherchaient. Les Aurors avaient retourné la pièce en tous sens mais n'avait absolument rien trouvé. A la fin, ils avaient été forcés de conclure que le Charme Locateur s'était trompé. Mais ce n'était pas le cas. Le charme avait trouvé des objets maléfiques et des potions létales, mais ils étaient cachés par le Dissimilis.

Drago paniqua pendant quelques minutes avant de se rappeler cette histoire. Seulement après, s'autorisa-t-il à respirer normalement.

Potter était lumineux parce que quelqu'un les avait trouvés avec un Charme Locateur. Et non seulement ça, mais la personne qui avait lancé le Charme devait se trouver dans la clairière. Pour ce que Drago en savait, la personne pouvait se tenir juste à côté de lui, mais ils étaient incapables de se voir à cause des protections magiques.

Drago remit la main sur ses vêtements et s'habilla à une vitesse record, ses méninges tournant à plein régime. Il n'y avait pas réfléchi auparavant, mais maintenant cela semblait évident. Cela faisait des heures que Potter et lui avaient disparu il était assez improbable que les professeurs restent paresseusement assis dans le château alors que Harry Potter avait disparu. Ils avaient dû organiser des équipes de recherche, peut-être même alerté les Aurors. Il y avait là-dehors des sorciers et des sorcières en train de chercher désespérément leur héros disparu.

La main sur la poignée, Drago se retourna pour jeter un regard sur Potter dont le corps était toujours lumineux. L'espace d'un bref instant, il considéra l'idée de le rhabiller, mais il avait eu une raison valide pour lui enlever ses vêtements personne ne pouvait le blâmer pour ça. Par ailleurs, son pantalon et sa chemise étaient toujours mouillés ça ne lui ferait aucun bien si Drago le forçait à remettre ses vêtements gelés.

Sa décision prise, Drago revint au côté de Potter et y prit sa cape bordée de fourrure avant de se précipiter vers la porte et de sortir. L'air froid et le noir le surprirent. Il lui avait semblé que l'enclos protégé était tiède quand il l'avait trouvé, mais maintenant il trouvait que ça gelait. Il s'empressa de fermer la porte, inquiet pour Potter, nu et seulement protégé par une couverture.

Cela lui prit un moment avant que sa vue ne s'ajuste à l'obscurité. Il regarda autour de lui mais ne vit rien d'autre que les arbres silencieux, baignés dans la lueur dorée des protections. Ça ne voulait pas nécessairement dire qu'il n'y avait personne alentour. Celui ou celle qui les avait trouvés avait très bien pu continuer à tourner en rond autour de la clairière, troublé par les indications du Charme Locateur. Son regard tomba sur l'arche qui brillait. S'il voulait qu'on le voie, il allait devoir sortir de l'enclos magique. Il n'y avait pas d'autre solution.

A contrecœur, il effectua quelques pas vers l'arche et se figea. Une silhouette sombre était apparue devant lui, comme sortie de nulle part. La personne portait une cape et son visage était couvert il était impossible de dire de qui il s'agissait.

Perturbé d'avoir quelqu'un qu'il ne connaissait pas juste devant lui, et d'être seulement séparé de lui par un fin voile de magie, Drago se retrouva soudain terriblement conscient qu'il n'avait pas d'arme. Il fixa la pointe de la baguette dans la main de la mystérieuse personne elle émettait une lumière bleutée. La silhouette avançait lentement, pointant la baguette à gauche et à droite, mesurant sans aucun doute la force de la lumière qui changeait à chaque mouvement. Il n'y avait que quelques mètres entre la silhouette et le grand chêne.

Drago scanna le sol du regard et ramassa un gros caillou sans prendre le temps de réfléchir ou d'établir un quelconque plan. Mais il lui était apparu que la personne à l'extérieur de l'enclos ne faisait pas nécessairement partie d'une équipe de secours. Drago ne brillait pas. Cette personne cherchait Potter, et seulement Potter. Drago savait que Potter était certainement une priorité, mais il y avait une autre possibilité. Bien qu'il soit plus ou moins certain d'avoir été celui qui avait attaqué Potter, il était toujours possible que quelqu'un d'autre essaye d'assassiner Celui Qui Avait Vaincu le Seigneur des Ténèbres. Potter s'était à coup sûr fait des ennemis et peut-être qu'un de ces ennemis était revenu pour finir le travail.

La silhouette se rapprocha de l'arbre.

Drago se mordit la lèvre. Il avait trouvé l'entrée de la cabane, quelqu'un d'autre pourrait y arriver aussi. Serrant fort la pierre dans sa main, Drago maintint ses yeux sur la baguette lumineuse de l'inconnu.

Il ne pouvait pas prendre de risque. Si la personne était un ennemi, Drago serait incapable de les défendre, Potter et lui. Il n'aurait qu'une seule chance, et c'était maintenant. Il lui fallait cette baguette.

La silhouette s'arrêta elle était juste devant l'arbre et l'arche.

Les protections magiques ne laissaient rien passer à l'intérieur, mais cela ne voulait pas nécessairement dire qu'elles ne laisseraient rien passer à l'extérieur. Drago leva la main et plissa les yeux. Attaquer maintenant et poser les questions ensuite semblait une bonne tactique.

Sans savoir si les barrières magiques le permettraient ou non, Drago lança la pierre aussi fort qu'il le pouvait dans la direction de la tête de l'inconnu. Les protections scintillèrent quand la pierre les traversa avant de s'écraser contre la silhouette dans la cape sombre. La personne n'eut pas le temps d'émettre un son et s'écrasa instantanément au sol.

Drago sourit et, sans détacher son regard de la baguette qui brillait, il se précipita à travers l'arche. Il s'avança ensuite prudemment vers la personne qui gisait sur le sol gelé. Il lui arracha la baguette et prit une grande inspiration. Seulement alors il lui ôta sa capuche.

Son regard tomba sur un front ensanglanté et des cheveux châtains arrangés en un chignon élaboré. Il la contempla, horrifié.

Il était bien possible qu'il vienne juste d'assassiner le professeur Eunice Primevère.