Et voilà! Le deuxième chapitre en ligne! En espérant que vous allez aimer :)
Chapitre 2 : You be the beast and I'll be the beauty
Je sursautais en entendant la poignée de la porte d'entrée bouger. Je m'étais endormie quelques heures après son départ et force était de constater qu'il était déjà rentré. Cependant, quand les pas retentirent dans la pièce, je compris qu'il ne s'agissait pas de l'homme mais bien de quelqu'un d'autre et de plus corpulent, le bruit était différent, plus pesant. Il avançait en tentant de faire le moins de bruit possible ce qui indiquait que soit il s'agissait d'un ami de l'homme et qu'il était au courant de ma présence, soit il n'avait pas à être là. J'entendis le tintement d'objets et le crissement d'un sac poubelle. Effectivement, il était entré par effraction et il s'agissait d'un voleur.
Je me relevai pour adopter une posture un peu plus menaçante en attendant qu'il entre dans la pièce. Je savais que s'il n'approchait pas suffisamment, je ne pourrais rien faire pour arrêter le voleur et j'espérais qu'il ne me remarquerait pas. La table basse était trop loin pour que je puisse me cacher en dessous, mais je pouvais toujours m'allonger pour être masquée par le meuble. Je me mis aussitôt en position et attendis patiemment qu'il entre, prête à lui sauter dessus si l'occasion se présentait ou au moins tenter de l'intimider. Je vis ses pieds et l'entendis prendre quelques objets supplémentaires sans pour autant s'approcher de l'endroit où je me cachais et je compris qu'il n'en ferait rien. Je me redressai et vis l'homme, dos à moi. En effet, il était corpulent et visiblement, il n'avait pas une vie des plus aisées vu ses vêtements usés. Mais il était également assez âgé, plus de cinquante ans à ce que criaient ses cheveux gris. Je poussais un cri menaçant oscillant entre le feulement et le rugissement qui résonna dans toute la pièce. Il fit volte-face et ses yeux s'écarquillèrent de terreur en me voyant. Il recula jusqu'à heurter le mur, tenant toujours son sac en main. Je marchais vers la droite sans le quitter des yeux, ma queue battant l'air et mes muscles roulant sous ma peau à chacun de mes pas. Je découvris mes crocs et sortis mes griffes en agrémentant le tout d'un grognement inquiétant. Il partit en courant, emmenant malheureusement les objets avec lui. Je n'avais pas réussi à le retenir mais au moins il était partit et n'avait pas pu voler tout ce qu'il voulait. Je me demandais bien qui ça pouvait être pour entrer ainsi, surtout que vu son visage, il n'avait pas l'air méchant. Si je me concentrais sur ce que j'avais perçu, il n'était pas mauvais, juste effrayé. Alors pourquoi avait-il fait ça ?
Je retournai à ma place initiale pour boire un peu de lait et m'allonger, attendant que le temps passe en réfléchissant à un moyen de me retransformer. Je ne voulais pas rester sous cette apparence plus longtemps mais quelque chose me soufflait que je n'étais pas prête de m'en sortir. Des bruits de pas retentirent et cette fois ci, je reconnus la démarche de l'homme qui m'avait soigné. Il prit quelque chose de métallique et bien plus lourd qu'une clé mais pas autant qu'un vase à en juger. Je compris qu'il s'agissait d'un pistolet quand j'entendis le bruit du cran de sécurité qu'il enlevait. Et quelques secondes plus tard il entrait dans la pièce. Il avait l'air inquiet de voir quelqu'un surgir pour lui tirer dessus, mais d'un autre côté il avait l'air aussi certain qu'il serait capable de se défendre et de faire passer l'envie à celui qui l'avait cambriolé de réitéré l'expérience si jamais il lui tombait dessus. Des bruits de pas très léger retentirent et je m'empressais de me rapprocher de la table basse pour me dissimuler derrière. L'homme vit mon mouvement et se retourna au moment où la nouvelle venue entrait dans la pièce et faisait grincer le parquet. C'était une femme, plutôt jeune avec des cheveux blonds remarquais-je après un petit coup d'œil.
- Shérif Swan… Fit l'homme.
- Vos voisins ont vu la porte ouverte et m'ont prévenue. Répondit-elle d'une voix où pointait une once de méfiance.
- J'ai visiblement été cambriolé.
- C'est drôle ce que ça vous arrive souvent. Ironisa-t-elle alors qu'ils baissaient tous les deux leurs armes.
- He bien, j'ai du mal à me faire aimer de mes congénères. Rétorqua-t-il d'une voix légèrement dangereuse.
Elle sortit son portable mais visiblement, mon sauveur savait qui était le voleur et ce qu'il lui avait volé. En même temps, vu qu'il n'avait pu faire que ces deux pièces avant que je ne lui fasse peur, le propriétaire avait vite fait de remarquer ce qu'il lui manquait. Elle ne semblait pas de l'avis de quitter la maison après avoir abandonné ses recherches et le menaça de le mettre derrière les barreaux pour « obstruction à l'ordre public » ce qui, évidemment, ne plut pas à l'homme.
- D'accord, il s'appelle Moe French, il est fleuriste. Il ne me remboursait plus un prêt et nous avons eu une petite dispute sur la façon de régler la situation. Assura-t-il.
- Je vais aller lui en parler.
- Oh je n'en doute pas, si vous le trouvez avant moi. Déclara-t-il avec un sourire qui me fit frémir. Vous savez, il arrive souvent malheur aux gens qui se comportent mal.
Je venais de me rendre compte à quel point cet homme était dangereux et mes nouveaux sens me criaient que sous ses airs fragiles se cachait quelqu'un qui n'hésiterait pas à tout faire, même le pire, pour arriver à ses fins. Pourtant, ça ne ressemblait pas à l'homme que j'avais découvert avant qu'il ne parte. Il m'avait alors parut sensible, blessé au plus profond de lui-même.
- C'est une menace monsieur Gold?
Il fronça les sourcils et adopta un air innocent qui pourtant n'avait rien de rassurant, au contraire.
- Une constatation.
Elle quitta la pièce et il me lança un bref regard, enfin, là où j'étais dissimulée, avant de se tourner vers elle.
- Bonne chance.
Elle ferma la porte de la porte de la maison et je l'entendis entrer dans sa voiture, un vase explosa à droite, devant moi. Je sursautais et regardait les éclats de poterie éparpillés sur le sol et l'air furieux qu'affichait mon sauveur qui visiblement s'appelait Gold. Il donna un violent coup de canne dans un meuble en verre qui renfermait de la vaisselle et un bruit assourdissant retentit à l'impact. Il se tourna vers moi et je m'aplatis au sol, consciente qu'il risquait de passer sa colère sur moi. Ses yeux d'un marron oscillant entre le chocolat et le caramel me fixaient, me faisant me sentir assez mal. Je décidais tout de même soutenir le sien et à ma grande surprise, malgré l'aspect dangereux qu'il dégageait, je voyais à nouveau ce pâle fantôme logé au fond de sa pupille. Cette tristesse poignante qui me submergea sans que je ne puisse rien y faire. On lui a pris quelque chose à laquelle il tenait énormément, c'était certain.
Au final, je m'étais toujours dis qu'il valait se méfier des personnes trop gentilles dès la première fois qu'on les voyait. Comme ce Dumbledore qui m'avait flatté pour ensuite vanter les mérites de son école pour ensuite afficher un air dangereux et implacable. Il n'y avait plus de vieillard fragile mais bien un homme qui voulait m'emmener avec lui. Et maintenant que j'y repensais, je comprenais qu'il n'avait pas mentis, qu'il était un sorcier comme ces hommes qui m'avaient poursuivis mais il y avait quelque chose d'étrange au fait qu'il me veuille à tout prix et pour le moment je l'avais placé dans la case « personne à ne pas fréquenter sous aucun prétexte ». Gold était différent, certes il avait été gentil avec moi lorsqu'il m'avait trouvé mais d'un autre côté, il venait de montrer qu'il pouvait être violent. Cependant, cette lueur de tristesse qu'il y avait au fond de son regard me criait qu'il était un homme blessé, meurtri et que malgré ce qui pouvait m'arriver, je devais l'aider. J'avais déjà tenté de me suicider après que mes amis m'aient abandonnés les uns après les autres en voyant que j'étais anormale. Seule ma famille m'avait soutenue, mais je devais aussi ma vie à Naïla qui avait été là pour moi. Je ne voulais pas le laisser alors que je voyais qu'il souffrait. Je me relevais et m'approchai de lui autant que me le permettait la chaine qui m'entravait sans le quitter des yeux et je fis tout pour mettre de la gentillesse dans ce regard mais aussi lui dire silencieusement que j'étais là et qu'il pouvait me faire confiance. Il s'approcha et je ne bougeai pas. S'il me frappait, tant pis. Au lieu de ça, il posa sa main sur ma tête et la glissa vers ce qui me maintenait ici. Il desserra le « collier » et me l'enleva. Aussitôt, un sentiment de soulagement me saisit. J'étais déjà plus libre qu'avant et c'était vraiment une bonne chose.
- Dire que cet imbécile, en plus d'avoir fait en sorte que Belle se suicide, me vole. Cracha-t-il avec colère. J'aurais dû lancer cette malédiction moi-même comme ça, au lieu de le laisser vivre en ayant perdu la mémoire de qui il était autrefois, je l'aurais fait mourir. Je l'aurais fait souffrir pour ce qu'il lui a fait.
Je commençais à comprendre un peu le fonctionnement de la malédiction dont il m'avait parlé. De ce que je comprenais, les personnages de contes avaient étés transportés dans notre monde, et ils ne savaient plus qui ils étaient. Visiblement, on avait réécrit leur vie, sauf dans le cas de Regina et de Gold. D'ailleurs la fille dont il parlait me faisait penser à l'héroïne de la Belle et la bête vu qu'elle avait le même nom, mais celle du dessin animé n'avait pas mis fin à ses jours et encore moins à cause de son père qui d'ailleurs était très gentil. De plus je ne voyais même pas qui était l'homme qui s'occupait de moi dans cet autre univers. Il ne ressemblait à aucun personnage et je n'étais même pas sûr que son histoire fût réelle. Il avait dit que le chasseur de blanche neige avait un loup mais dans le conte il n'en avait pas. Pourtant j'étais sûre qu'il disait la vérité, il n'y avait aucune trace de mensonge dans sa voix ou sur son visage. Mais peut-être qu'il était lui-même convaincu de la véracité de ses propos ? Mais la magie existait c'était un fait inéluctable et donc il ne pouvait mentir à ce sujet. Cependant, il avait parlé de Regina et m'avait dit que c'était elle qui avait créé les nouvelles histoires, donc je pouvais en conclure que c'était elle qui avait lancé la malédiction, mais dans quel but ? Et qui était-elle si elle venait réellement du monde des contes ?
- Ca oui ! Les contes disney, une stupidité incroyable ! Bien loin de notre véritable histoire. Il n'y a qu'à voir Regina qui déteste Snow pour sa beauté. Ridicule ! Il y a des raisons bien plus profondes à leur haine. Et faire passer le père de Belle pour un gentil vieillard qui accepte que sa fille se marie avec une bête. Oh non. Quand elle est rentrée chez elle ils ont essayé de la exorciser car elle avait passé plusieurs années avec moi et que j'avais tué Gaston.
Certes c'était vrai, je l'avais transformé en fleur pour l'offrir à Belle mais elle n'en savait rien ! Ils l'ont fait souffrir et elle s'est jetée du haut d'une tour et tout ça par ma faute. C'est MA faute !
Cette fois, il n'y avait plus trace de colère, des larmes menaçaient de couler le long de ses joues et je compris qui il était. La bête. Cette bête qui au fond d'elle cachait un homme bon, et même si visiblement les histoires n'étaient pas réellement les même, je savais qu'il n'était pas un monstre. Je le sentais. Je frottais ma tête contre son épaule pour lui montrer mon soutien. Je comprenais mieux pourquoi il était si furieux, il avait perdu la femme qu'il aimait et à mon avis, on lui avait volé le seul souvenir qu'il lui restait d'elle. En tout cas, il avait répondu à ma question silencieuse, Regina était la méchante reine de Blanche Neige. Et aussi étrange que cela puisse paraitre, je commençais à réellement le croire. Sa main s'attarda sur ma nuque qu'il caressait avec tristesse.
- D'abord Milah qui est partie avec cet imbécile de capitaine Hook, ensuite Cora qui s'était arraché son propre cœur pour ne plus m'aimer. Dommage qu'arracher un cœur quand on est un sorcier ne suffise pas pour tuer quelqu'un mais qu'il faille en plus réduire l'organe en cendres. J'aurais adoré qu'elle meurt après ce qu'elle m'a fait. Toujours est-il que j'avais perdu Belle. Et puis bien avant ça, j'avais aussi perdu mon fils. Au final, peut-être qu'ils ont raison, je n'ai pas le droit au bonheur. Chaque personne que j'ai aimée et qui m'ait aimé en retour a fini par mourir ou par ne plus jamais vouloir me revoir.
Sa voix s'était brisée sur les derniers mots et cette fois-ci, il se mit à pleurer, secoué par des sanglots qui me fendirent le cœur. Il était seul et se haïssait lui-même. Ce n'était pas un bon mélange et surtout, quelque chose de très, très dur à vivre. Je posais ma patte sur son genou et il me lança un regard humide auquel je répondis par une vague de soutien que je tentais de faire passer à travers cet échange. Je lui donnais un petit coup de tête contre la joue et je finis par appuyer mes deux pattes sur ses épaules pour le renverser sous moi et lui lécher le cou après quelques secondes d'hésitation. J'avais beau être une humaine, pour le moment je devais me faire au fait que j'étais une panthère et que si je devais montrer mon affection, les câlins et les bisous n'étaient pas de mises. Je ne pouvais que me frotter contre lui ou le lécher pour lui signifier que j'étais là pour le soutenir. J'avais longtemps était seule, reniée par mes amis et je savais ce que c'était que de perdre des êtres qui vous étaient chers. Je savais qu'on avait l'impression qu'on vous arrachez une partie de vous-même et que les jours, les mois, les années qui suivent, on passe son temps à se demander si au fond, ce n'était pas nous le problème. Si on n'avait pas fait telle chose, peut-être que ça se serait passé autrement. Et au final, vient le dégout de soi-même. Impossible à combattre si on était seul car de toute manière, si on était seul, c'était parce qu'on n'était pas digne d'intérêt non ?
Je me reculai pour le laisser se relever alors qu'un léger sourire apparaissait sur ses lèvres.
- Tu es vraiment spéciale dearie mais c'est peut-être ça qui me fait t'apprécier.
Je fus surprise par ses paroles alors qu'il se mettait debout avec quelques difficultés. Je m'en voulus un peu, ayant oublié qu'il ne pouvait pas vraiment s'appuyer sur sa jambe droite.
- J'ai des problèmes à régler, reste ici, je reviendrai tard ce soir.
Et il s'éloigna vers la porte d'entrée. Je le suivis et m'arrêtais à la porte qui séparait le couloir du salon. Il ferma la porte avec un dernier regard pour moi et me laissa à nouveau seule. Si j'avais pu, j'aurais affiché un grand sourire. J'étais libre de mes mouvements et je pouvais faire ce que bon me semblait. Je pouvais partir si je le souhaitais, mais pourtant, j'étais certaine qu'ici j'étais en sécurité. Après tout, n'avait-il pas dit que seuls des personnages de contes pouvaient entrer dans cette ville ? Peut-être que mes parents venaient de ce monde… Il fallait que j'en sache plus et de toute manière, mes seuls espoirs de retrouver ma forme originelle venaient de ce monsieur Gold qui semblait s'y connaitre en matière de magie. Je retournais dans le salon et me dirigeais dans une pièce où se trouvaient les escaliers que je gravis précautionneusement, peu habituée à avoir quatre pattes. Je parvins finalement en haut des marches sans trop de problèmes. J'étais dans un grand couloir plutôt sombre et je décidais d'exploser la partie gauche. Malheureusement pour moi, toutes les portes étaient fermées. Je tentais dans l'autre sens et à mon grand soulagement, un des accès était libre. Je pénétrais dans une pièce à la tapisserie violine, avec un grand lit ancien en bois sombre. Il y avait des cadres représentant des paysages de forêt ou de montagne et deux lampes de chevet. Je m'approchais d'un petit bureau en acajou et appuyais mes deux pattes avant sur la chaise pour pouvoir voir ce qu'il y avait dessus. Je vis un dessin représentant un petit garçon d'environ douze ans sur un papier à l'air très ancien, comme s'il s'agissait d'un parchemin. Il y avait la même expression que monsieur Gold et je devinais aisément que c'était son fils qui était représenté. Je remarquais également d'autres dessins, représentant des schémas compliqués. Ils parlaient de magie, d'un sort qu'il semblait chercher à créer pour retrouver une personne. Sur une autre, je vis les effets de la malédiction. Tout était noté là et je compris alors qu'il en savait bien plus que ce qu'il laissait croire sur ce sortilège. C'était lui qui l'avait créé et il avait fait en sorte que quelqu'un le lance à sa place, mais pourquoi ?
Je lus rapidement ce qui était écrit, ce qui de l'extérieur devait sembler des plus étranges pour une panthère. Maintenant je comprenais nettement mieux. Tous les personnages des contes étaient ici sous de nouvelles identités, loin des personnes qu'ils aimaient car ils ne se souvenaient de rien de leur ancienne vie. Seule Regina se souvenait car elle avait lancé la malédiction, et Gold parce qu'il l'avait créé mais ça, la méchante Reine ne devait pas le savoir. Cependant, dans ce monde, ils n'avaient pas accès à leurs pouvoirs car la magie n'était pas présente ici. De plus, la ville était protégée par un sortilège qui empêchait quiconque ne faisant pas partie de leur monde d'entrer et il arrivait malheur à ceux qui tentaient de quitter la ville et qui étaient sous l'effet du sortilège. Ce qui signifiait en soit que des personnes venant des contes mais ayant quitté leur monde avant la malédiction, comme moi qui était originaire de France, pouvions entrer et sortir de cette ville nommée Storybrooke comme bon nous semblait. Il y avait aussi un passage qui parlait de la fille de Snow et du prince Charming qui s'appelait Emma Swan et était la seule à pouvoir briser la malédiction. Donc le shérif que j'avais vu était la clé pour la liberté de ces gens.
Je reposai mes pattes sur le sol et m'éloignait dans le couloir pour explorer les pièces du bas. Il y avait une cuisine d'aspect ancienne mais chaleureuse. Je ne découvris rien de très intéressant, c'était pareil pour le salon. Cependant, par la porte de la baie vitrée, je pus apercevoir un beau jardin bien entretenu. Il y avait également une porte que je n'avais pas pu franchir mais je devinais à la fraicheur qui en émanait qu'elle menait au garage. Je retournais dans la pièce où j'étais autrefois attachée et montais sur le canapé pour m'y allonger de tout mon long en étouffant un bâillement. La transformation et mes blessures m'avaient fatiguée et je ne tardais pas à sombrer dans un sommeil profond.
Quand je me réveillais, bien plus tard, je remarquais que la nuit était tombée et que la pièce était baignée dans la lueur argentée de la lune. Je lançais un coup d'œil à l'horloge. Il était quatre heures du matin et j'étais certaine que Gold n'était pas encore revenu. Lui était-il arrivé quelque chose ? Je sautai sur le sol et me dirigeai vers la porte d'entrée, soucieuse. Et s'il lui était arrivé quelque chose ? Mon espoir de redevenir humaine s'envolait et cet homme à qui je devais la vie aussi. Il était clair que l'homme qui l'avait volé n'était pas très fort ni très courageux et par régler des affaires, j'étais assez intelligente pour savoir qu'il comptait se venger de ce vol. Donc ils avaient dû s'affronter mais je n'étais pas certaine de l'issue de ce combat si jamais Moe French n'était pas seul et se doutait que Gold allait lui faire payer ce délit. Peut-être qu'il était tombé dans un piège ? Ou peut-être que les protections n'étaient pas si efficaces que ça et que Dumbledore avait retrouvé ma trace. Où ces gens qui m'avaient poursuivis dans la forêt, ceux qui disait de moi que j'étais une mangemort. Je ne savais même pas ce que ça voulait dire. Des gens qui mangeaient la mort c'était assez étrange… En tout cas, c'étaient des ennemis de ce vieillard qui avait envoyé ces hommes à ma poursuite donc ils étaient surement plus fréquentables. Ou alors ils étaient tout aussi cinglés et dans ces cas-là, je n'étais pas prête de m'en sortir vivante si on me prenait pour l'un des leurs.
Je commençais à faire les cent pas dans le hall d'entrée, attendant plus ou moins patiemment que Gold revienne. En même temps, je réfléchissais à un moyen de reprendre ma forme originelle car visiblement, en tant que panthère, je n'avais aucun pouvoir où en tout cas, leur accès m'était bloqué. Peut-être que ça agissait sous le coup de l'émotion car, après tout, c'était lorsque j'étais terrorisée et paniquée que je m'étais transformée. Devrais-je vivre les mêmes émotions pour reprendre ma forme humaine ? J'espérais que non car je ne souhaitais pas de nouveau vivre cette expérience. Depuis ce jour où le vieux fou avait débarqué dans mon appartement, j'étais constamment sur mes gardes, ayant peur pour ma vie. Je ne faisais que fuir sans arrêt et j'avais dû quitter ma famille sans leur dire au revoir. Bien qu'ils ne soient que mes parents adoptifs, je les aimais comme s'ils étaient du même sang que le mien.
Je me retournai encore une fois pour rejoindre la cuisine pour revenir sur mes pas à nouveau. J'avais les nerfs à vif et je rêvais de pouvoir sortir de la maison pour partir à sa recherche mais de toute façon, c'était impossible d'aller à l'extérieur sans briser une vitre ou la porte. Ensuite, je serais bien incapable de m'orienter dans cette fichue ville et si quelqu'un, pour quelque raison que ça soit, sortait et me voyait, j'allais surement me faire attraper et piquer. Ou envoyer dans un zoo et là, c'était certain que je ne parviendrais plus jamais à retrouver ma véritable apparence. Je me laissai tomber sur le sol, las de marcher sans que ça ne serve à rien et bien décidée à surveiller cette porte jusqu'à ce qu'il revienne.
De longues heures s'écoulèrent ainsi sans que je ne bouge, la faim finissant par venir me tirailler. Je laissai échapper un grognement quand une voiture se gara dans l'allée et que deux portières claquèrent. Je m'empressai de rejoindre le salon et de me glisser sous la table basse, veillant à ce qu'aucune partie de mon corps ne dépasse et attendant patiemment qu'il entre. Je reconnus sa démarche et un profond soulagement m'envahi.
- Shérif Swan, si vous voulez bien vous donner la peine d'entrer, j'ai un service à vous demander. Fit-il.
Je l'entendis entrer à sa suite et ils se dirigèrent vers la pièce où je me trouvais.
- Je suppose qu'il s'agit de cette faveur que je vous dois ? S'enquit-elle.
Je devinais son sourire narquois au moment où il répondait :
- Non, il s'agit d'un petit travail payé. Je réserve cette faveur pour une autre fois. J'aimerais que vous me déverrouilliez cet ordinateur.
Je ne pus m'empêcher de m'interroger sur cette fameuse chose que la jeune femme devait au propriétaire de la maison.
- Je peux savoir à qui il appartient monsieur Gold ? Vu votre don pour collectionner les contrats frauduleux, j'ai comme l'impression qu'il n'est pas à vous.
Je l'entendis émettre un petit rire.
- Mademoiselle Swan, ne soyez pas si agressive voulez-vous ? Je l'ai trouvé et j'aimerais le rendre à son propriétaire. D'autant plus que, comme vous l'avez remarqué, quand bien même il s'agirait d'une action « hors la loi » de ma part, je me sortirais toujours d'affaires. Oh et, ce n'est pas trop dur pour vous de vivre avec mademoiselle Blanchart ? Lui devoir tout sans pouvoir vraiment la dédommager vu le peu d'argent que vous gagnez en tant que shérif. Vous n'allez tout de même pas vous assoir sur deux mille dollars ?
Je fus stupéfaite par sa facilité à argumenter pour que les gens aillent dans son sens. C'était impressionnant d'autant plus que visiblement, il venait d'être trainé en justice et s'en était sorti avec brio. Enfin, d'après ses propos.
- Ne tentez pas de m'acheter monsieur Gold. Je vais le faire car j'ai déjà suffisamment d'ennuis avec madame le maire pour en plus vous rajouter à la liste.
Elle s'agenouilla à quelques centimètres de moi et mit l'ordinateur en route. Je l'entendis pianoter durant plusieurs minutes avant de s'arrêter.
- Quel mot de passe vous voulez ? Demanda-t-elle.
- Si vous me permettez.
Il s'agenouilla avec un peu plus de difficultés et tapa à son tour le mot de passe. J'entendis l'écran qui s'allumait.
- Votre ordinateur appartient à une certaine Lilwen Smith.
Peut-être qu'il allait trouver une solution finalement. Après tout, il connaissait mon prénom désormais et pourrait avoir accès à mes fichiers. Ils se relevèrent tous les deux, et ils repartirent vers l'entrée.
- C'est toujours un plaisir de faire affaire avec vous mademoiselle Swan.
Elle ne répondit pas et partit. Je sortis de ma cachette et il me lança un regard amusé bien que je voyais qu'il était fatigué. Il posa une tasse ébréchée sur un meuble avec un air quasi-religieux. Je reconnus la tasse de la belle et la bête, à la différence que celle-ci n'était pas vivante au contraire de celle dans le dessin animé. Il se tourna ensuite vers mon ordinateur portable avec un sourire triomphant. Il allait enfin pouvoir comprendre qui j'étais. Une sonnerie retentit. Celle de skype ! Je me demandais de qui il s'agissait et j'espérais secrètement qu'il ne s'agissait pas de mes parents adoptifs car ils auraient surement paniqué. Je leurs avait passé un coup de téléphone en attendant mon avion, leur expliquant que je devais partir au plus vite mais je ne leur en avais pas donné les raisons exactes, leur signifiant juste de faire très attention.
- On a de la compagnie. Allons-y, parlons avec cette personne. Elle pourra peut-être me renseigner sur toi.
Je l'entendis cliquer et je sursautais en voyant le visage de ma meilleure amie apparaitre sur l'écran. Mon cœur battit plus vite et un profond soulagement me gagna. Elle allait bien même si elle semblait totalement stupéfaite de voir l'homme en face d'elle.
- Qui êtes-vous ? Où est Lilwen ?
- Je n'en sais rien, j'ai trouvé cet ordinateur sur la route.
- Oui c'est ça ! Foutez-vous de moi !
Je réprimais un sourire devant le caractère de feu de mon amie qui ne mâchait pas ses mots quand elle était en présence d'inconnus et surtout, sous le coup de l'émotion. D'ailleurs, mon locataire sourit avec amusement.
- Je n'oserais jamais. C'est pourquoi j'affirme que je ne vous mens pas. Sa moto était abandonnée et dans un sale état. J'ai également trouvé un animal, j'espérais que vous pourriez m'éclairer sur la situation. Enfin, si c'est dans vos capacités
Elle eut un moment de silence, surement agacée par le ton qu'il prenait avec elle, et son regard se posa sur moi. Je compris qu'elle m'avait reconnue à son expression. Car en regardant dans le petit écran qui renvoyait mon image, j'avais les mêmes yeux bleus que lorsque j'étais humaine.
- Où vous habitez ? J'arrive la chercher !
Il fronça les sourcils.
- Vous connaissez cet animal ?
- Oui, c'est celui de Lilwen. Elle est dresseuse. Mentit-elle.
Je laissais échapper un petit grognement dépité que personne n'entendit. En voulant me protéger, elle l'avait convaincu que j'étais un animal normal, il allait falloir que je ruse pour lui prouver le contraire. Et malheureusement, je n'avais aucune idée de comment m'y prendre pour le moment.
- Très bien. J'habite à Storybrooke, dans le Maine.
Elle s'étrangla avec sa salive à la réponse et poussa un profond soupir.
- Lilwen dans quoi tu t'es encore fourrée ! D'accord, j'arriverais d'ici une semaine, je ne peux pas faire plus court. Expliqua la jeune femme.
Je manquais de m'offusquer à sa première phrase mais vu des derniers évènements, elle n'avait pas tout à fait tort. L'angoisse me saisit peu à peu. Elle avait l'air fatiguée et en plus de ça, il allait lui falloir une semaine pour rejoindre le Maine. Moi j'en avais mis tout autant mais juste parce que je ne cherchais pas Storybrooke mais que je tentais d'échapper à des cinglés. Je n'avais pas emprunté le chemin le plus court en somme. Gold sembla surprit par le délai qu'elle lui donnait mais fini par hocher la tête.
- Très bien, je vous attendrais à la limite de la ville.
Il ferma la fenêtre et se tourna vers moi avec un sourire amusé.
- Voyons ce que ta maitresse a comme secrets à nous révéler dearie!
