Bonjour à tous !
C'est avec une grande surprise que ce chapitre est prêt ! (à quelques heures près, ce chapitre ne serait pas sorti). Merci à tous pour vos retours, vos reviews, vos follows, j'espère que cette histoire vous plaît toujours en tout cas !
Epsi est rentrée de ses vacances hier à 20h et Aude est parti pour les siennes ce matin à 10h et nous avons quand même réussi à faire les derniers ajustement ! Si ce n'est pas professionnel tout ça… :p
Bonne lecture !
Chapitre 3
Harry passa ce qu'il pensait être deux jours dans un état comateux. Son professeur lui avait avoué ce qu'il savait sur les horcruxes, Dumbledore lui ayant tout avoué avant sa mort dans le but de l'aider dans sa quête, cependant le jeune homme avait beaucoup de mal à le croire. Snape lui avait alors promis de revenir avec quelque chose pour mettre fin à ses doutes mais il n'était toujours pas revenu.
Quand il se réveillait, souvent tremblant et haletant, se croyant toujours sous l'effet de diverses tortures, il était soit seul, soit accompagné de Malfoy qui passait un gant froid sur son visage.
Au bout de deux jours, ses paupières s'ouvrirent sur le blond, qui n'était pas à côté de lui pour une fois. Il regardait le contenu de la pièce et semblait prendre des choses dans un coffre avant de les reposer.
Harry garda le silence et observa l'homme. Il put voir son regard qui semblait quelque peu mélancolique, ses traits étaient tirés et son visage reflétait une grande fatigue. Le Gryffondor n'avait pas l'habitude de voir le fier Lucius Malfoy, sans son masque d'aristocrate.
Peut-être était-ce pour se montrer gentil pour la première fois envers lui, mais Harry referma ses yeux et fit de petits bruits, des bâillements pour montrer qu'il se réveillait. Il put entendre le coffre se refermer et des bruits de pas se rapprocher.
- Monsieur Potter, comment vous sentez-vous aujourd'hui ? demanda l'homme qui avait repris un visage neutre.
- Mieux, enfin je pense…
Le Mangemort se rapprocha et passa une main sur le visage du Gryffondor.
- Votre fièvre semble s'être atténuée, le début du traitement doit fonctionner. Tant mieux. Severus m'a demandé de vous transmettre qu'il passerait dans la soirée pour vous montrer quelque chose.
Harry hocha la tête silencieusement et laissa le blond continuer son examen. Le silence régna pendant quelques minutes alors que le brun ne savait pas quoi dire. Son regard se perdit sur les différents cartons qui encombraient la pièce.
- Pourquoi des jouets d'enfants sont-ils rangés ici ? demanda-t-il en reportant son attention sur le blond.
Il crut voir la paupière droite de l'homme tressauter, mais ce dernier ne répondit pas. Il se contenta de se relever, son examen médical terminé.
- Vous semblez aller beaucoup mieux. Avez-vous des douleurs particulières ?
Harry grimaça face à la tentative de l'homme pour éviter le sujet.
- J'ai pensé qu'il s'agissait d'un débarras, mais qui protégerait son débarras d'un mot de passe ? continua-t-il, ignorant la question de Lucius.
L'homme se tourna à nouveau vers lui, un air mécontent sur le visage.
- Vous ne répondez pas à ma question, Monsieur Potter.
- Vous n'avez pas répondu à la mienne, Monsieur Malfoy.
Le blond plissa des yeux en le regardant, ne sachant pas trop ce qu'il pouvait ou devait dire. Il fit une sorte de grimace avant de se décider à jouer franc jeu :
- Il s'agit de mon placard. Personne ne connaît son existence à part vous et Severus maintenant. J'y range les affaires que je veux garder.
- Vous avez des jouets pour enfants ainsi que des vêtements allant des tailles bébé à ado. Même si je peux avoir un doute sur votre utilisation des jouets, je ne pense pas que les vêtements soient à votre taille, non ?
Un regard noir lui répondit avant qu'une voix basse se fasse entendre :
- Il s'agit des vêtements et des jouets de Draco, Potter.
- Pourquoi les gardez-vous ?
- Ce sont les vêtements de mon seul et unique fils. Narcissa voulait les jeter mais il y a là-dedans d'innombrables souvenirs. Je ne peux pas tout simplement m'en débarrasser comme s'ils ne représentaient rien.
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent légèrement. Avait-il réellement entendu ce qu'il venait d'entendre ? Lucius Malfoy gardait précieusement les affaires de son fils dans une pièce secrète ? Ce n'était pas du tout le genre de comportement auquel il se serait attendu de cet homme. Mais visiblement, le Lord était bien plus humain qu'il ne le pensait, même si ce n'était pas facile à imaginer.
- Je n'ai mal nul part, finit-il par déclarer, puis devant le regard étonné du blond il continua. Vous avez répondu à ma question, je réponds à la vôtre.
Harry baissa les yeux, pensant soudainement à quelque chose.
- Je suis désolé pour votre femme...
- Vous êtes désolé ? Je vous rappelle qu'elle vous aurait tué sans aucune pitié si je ne l'avais pas fait. Elle était certes mon épouse mais je ne l'ai jamais aimée, encore moins depuis qu'elle a suivi sa soeur dans sa folie de plaire au Seigneur des Ténèbres.
- Mais… vous avez eu un fils et-
- Il n'y a pas de mais. J'ai épousé Narcissa dans le cadre d'un mariage arrangé par nos parents et je lui ai fait un enfant pour perpétuer la lignée des Malfoy, ça ne va pas plus loin.
Harry grimaça aux dires du blond.
- Sympa pour votre fils… ça ne m'étonne pas qu'il soit un vrai-
Il s'interrompit avant d'aller plus loin, se souvenant de qui était en face de lui. Lucius le fusilla du regard avant de parler, la voix légèrement déformée par la colère.
- Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. J'aime mon fils et ce même s'il n'est pas le fruit d'un amour inconditionnel.
- Si vous le dites, murmura Harry en haussant les épaules.
Le silence se fit à nouveau, lourd et pesant, tandis qu'aucun des deux hommes dans la pièce ne voulait continuer la conversation. Après ce qui parut de longues minutes à Harry, il se décida à réengager la conversation, mais visiblement le lord avait eu la même idée.
- Est-ce que-
- Que vouliez-
Un sourire narquois étira les lèvres du Gryffondor, reflet de celui de Lucius.
- Allez-y, dit Harry.
- Que vouliez-vous dire par mon fils est-
- En fait, s'exclama soudainement Harry en l'interrompant. Je vais commencer hein ?! Est-ce que vous gardez d'autres choses dans cette pièce ?
Lucius lui lança un regard suspicieux et légèrement énervé répondit :
- Quelques bricoles que j'ai gardées de mes parents et mes grands-parents. L'armoire qui est là-bas était à Draco. Il y a dessus un sort qui permet au meuble de devenir plus grand au fur et à mesure que les vêtements s'entassent. La petite commode là-bas était à ma mère et j'y range toutes sortes de choses… Je vous demanderais bien de ne pas fouiller mais je suis quasiment certain que vous allez le faire. Tout cela est normalement personnel et je n'ai jamais partagé ces… souvenirs… avec qui que ce soit. Je vous demanderai donc de ne faire aucun commentaire sur ce que contient cette pièce.
Harry avait gardé le silence en comprenant qu'il y avait là toute la vie du Mangemort. Toutes les choses qui étaient précieuses à ses yeux et qu'on avait voulu lui retirer. C'était en quelque sorte, son endroit à lui, presque un jardin secret.
- Tout ce que je voulais dire, c'est que votre fils n'est pas comme vous.
- Pas comme moi ? Je ne sais pas comment je dois le prendre.
- Prenez-le comme bon vous semble.
Lucius le regarda un instant, avant de soupirer de façon imperceptible. S'il n'avait pas eu autant de classe, Harry était certain qu'il aurait haussé les épaules ou levé les yeux au ciel.
- Je dois partir, je reviendrai ce soir avec Severus.
Il se tourna et se dirigea vers l'absence de porte, avant d'être arrêté par Harry.
- Attendez ! Pourriez-vous me dire… Comment vont mes amis ? Vous avez des nouvelles ?
- Le Seigneur des Ténèbres est furieux à cause de votre évasion, il passe son temps à vous chercher, il ne sort plus et ses Mangemorts non plus. Il faut que vous sachiez que ce manoir est non seulement très grand, mais aussi empli de passages secrets, pièces secrètes, il y a même un labyrinthe au sous-sol. En plus de ça, la propriété est immense, avec forêt, lac, plaines… Il sait que vous n'êtes pas sorti et va tout faire pour vous retrouver. L'Angleterre est tranquille pour le moment, il n'a pas planifié d'attaque, il jubile en pensant que vous n'êtes qu'un animal blessé qu'il est en train de traquer… Donc non, monsieur Potter, je ne sais pas comment vont vos amis vu que je suis coincé ici moi-même, mais soyez sûr que s'ils ont un problème, ce n'est pas le Seigneur des Ténèbres ou ses sbires qui en sont responsables.
Sans un dernier regard, Lucius traversa le mur, laissant Harry seul à ses réflexions.
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Harry garda le lit jusqu'au soir pour se reposer. Certes il allait mieux physiquement mais il se sentait vaseux et attendait avec impatience le soir pour avoir des réponses à ses questions auprès de Snape.
Son ventre commençait à gargouiller quand Malfoy entra, suivi du professeur de potion. Lorsqu'il vit le plateau repas que lui apportait le maître de maison, il faillit se lever pour sauter dessus, seule l'idée de paraître ridicule devant les deux hommes l'en empêcha. Il se redressa tout de même et s'assit sur le bord du lit alors que le blond posait le plateau sur le tabouret.
Harry, avec un regard noir pour son ancien professeur, se leva et s'approcha du plateau. Il semblait aller bien, ou du moins il pensait aller bien jusqu'à ce qu'il ait l'impression que la pièce tangue.
- Potter ?
Harry essaya de fixer les prunelles grises qui semblaient un peu inquiètes, avant de voir blanc et d'avoir subitement chaud. Il eut à peine le temps d'entendre quelqu'un dire son nom avant de se sentir tomber en avant.
Lucius jeta un regard indéfinissable à Severus alors qu'il rattrapait le Survivant, lui évitant une chute douloureuse.
Harry reprit ses esprits dans les bras chauds d'une personne. Il s'était agrippé comme il le pouvait, c'est-à-dire faiblement, à la robe que portait Malfoy. Comme la tête lui tournait encore, il laissa son front reposer sur le torse de l'homme, attendant que ses vertiges passent.
- Potter ? fit une voix basse.
- Attendez quelques secondes… grogna-t-il.
Harry se sentait bien là. Il était dans une espèce de cocon grâce aux deux bras qui l'entouraient. Il aurait dû être répugné, il aurait dû vouloir repousser Lucius Malfoy, mais il ressentait à ce moment-là comme un sentiment de protection. Lui qui vivait depuis des années en se débrouillant seul, cette impression d'être protégé était inestimable.
- Potter ? insista la voix du blond.
Harry laissa échapper un gémissement de frustration. Ne pouvait-il pas le laisser profiter un moment ?
- Potter ! redit Malfoy, plus fort cette fois-ci. Vos mains.
Harry ouvrit les yeux brusquement alors qu'il prenait conscience de l'endroit où étaient posées ses mains. Elles étaients accrochées au col du blond, étirant légèrement le col en V de sa chemise et laissant entrapercevoir le haut du torse, légèrement poilu de l'homme. Il le lâcha vivement et se recula.
- Pardon… ça doit surement être la fièvre, déclara-t-il, le rouge aux joues.
Le blond haussa un sourcil et lui lança un sourire sarcastique alors qu'il aidait Harry à se remettre debout, puis à s'asseoir sur son lit.
- Voyons Monsieur Potter, nous ne sommes pas assez proches pour que je vous laisse me déshabiller.
- Je. N'ai. Pas. Fait. Exprès. Je me suis raccroché à ce que j'ai pu.
Malfoy eut un petit rire alors qu'il le lâchait enfin.
- Voulez-vous que je vous laisse tous les deux où on peut enfin voir ensemble ce pour quoi je suis là ? Fit la voix grave du professeur derrière l'autre Mangemort.
Snape ricana alors qu'il posait près de l'armoire, une soucoupe large mais plate : la pensine.
- Il est peut-être trop faible pour la pensine Severus, dit Lucius en redevenant sérieux tout à coup.
- Ca ira… dit Severus en extirpant ses souvenirs pour les mettre dans la bassine de pierre.
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- Respirez Potter… dit une voix grave à côté de lui.
- C'est pas possible… souffla Harry. C'est pas possible…
- C'est pourtant la strict vérité.
- Dumbledore…
- Vous a envoyé à l'abattoir… Mais je pense qu'il avait un plan malgré tout. Nous ne saurons jamais. Je sais que mes mots sont durs, mais ce vieux fou avait une profonde affection pour vous et je ne pense pas qu'il vous aurait sacrifié s'il n'y avait pas eu une chance derrière pour que vous surviviez.
- J'ai été utilisé ! cria Harry.
- Moins fort monsieur Potter, fit le blond en se manifestant. Albus Dumbledore a utilisé de nombreuses personnes, comme Severus ici présent. C'est comme si nous étions tous des pions dans son échiquier. Il a même peut-être réussi à me donner une place dans son plan à moi aussi ! Après tout, vous êtes ici et je ne vous ai pas tué. Qui sait, il l'avait peut-être prévu…
- Si vous me dites qu'il avait prévu que je me fasse kidnapper par des rafleurs avec Ron et Hermione et qu'ils nous auraient emmené directement chez vous pour nous livrer à Voldemort. Si vous me dites qu'il avait prévu que je sois le seul à rester coincé sur place pour me faire torturer par Voldy et ses lèches bottes-
- Nous ne-
- Taisez-vous ! Franchement, s'il avait prévu tout ça, je peux vous dire qu'heureusement qu'il est mort sinon je lui ferais son affaire maintenant !
- Monsieur Potter, reprit Lucius d'un ton plus ferme. Je comprends que vous soyez en colère mais je vous rappelle que vous n'êtes pas seul dans ce manoir et que si vous comptez vous faire entendre, il pourrait y avoir des personnes qui seraient plus qu'heureuses de vous écouter hurler.
Harry ferma les yeux quelques secondes, le temps de se calmer, au moins partiellement avant de reprendre, d'une voix plus douce :
- Je… Ma mère ?
- Si nous pouvions éviter ce sujet… répondit le professeur en serrant les dents de honte et de douleur.
Severus avait dû montrer quelques souvenirs qu'il avait de Lily pour que le jeune homme comprenne pourquoi il avait rejoint le côté de la lumière. Mais bien sûr, n'importe qui pouvait voir les sentiments qui l'animaient. A l'époque, il n'arrivait pas si facilement à cacher ses émotions.
- Je suis désolé pour ce qu'il s'est passé.
- Ca suffit Potter, je ne veux pas en parler.
- Mais vous m'avez sauvé la vie pour…
- Pour rembourser la dette de vie que j'avais envers votre père ! répondit durement Severus.
- Mais je…
- Ca n'a rien à voir avec le sujet ! Je voulais vous prouvez que vous pouviez me faire confiance, que le meurtre pour lequel vous me haïssez n'était pas un meurtre de sang froid, mais un nouveau coup d'échec.
- J'aimerais quand même parler de ma mère, vous-
- Donnez moi votre bras, dit Snape en le coupant dans sa phrase. Vous êtes encore malade et je dois reprendre de votre sang.
- Pourquoi ?
- Le traitement que je vous ai donné il y a deux jours ne réagit pas comme prévu. Je vais devoir faire une potion de soin assez puissante pour vous remettre sur pied en peu de temps. Pour celà, je dois vous injecter le contenu d'une fiole qui va réagir avec le sang et le rendre instable mais révéler sa magie. Je vais ensuite prendre votre sang et le diluer dans ma potion pour multiplier son pouvoir. Les sorts que le Seigneur des Ténèbres a utilisés sont en train... de faire pourrir vos organes… Seule cette potion est assez puissante pour stopper et ensuite inverser le processus. Vous commencez peut-être à aller mieux grâce à la potion que je vous ai donnée il y a quelques jours mais c'est une sensation illusoire.
- Prenez ce que vous voulez… souffla Harry qui commençait à se sentir de plus en plus mal.
- Sachez monsieur Potter, qu'une fois que j'aurais injecté le produit et pris votre sang, votre corps va réagir, sûrement mal, mais il me faut cette mixture pour vous soigner totalement.
Le Gryffondor accepta et tendit son bras, laissant le potionniste donner et prendre ce dont il avait besoin.
Une fois fait, Harry s'affala sur son lit et commença à voir des points blancs danser devant ses yeux. Subitement, il se pencha sur le côté et vida le contenu de son estomac sur les chaussures de son ancien professeur qui grogna en s'écartant.
- Lucius, occupe toi de lui, je vais chercher la potion. Mets un linge mouillé sur sa tête et s'il convulse, maintient le bien.
Aussitôt que le professeur disparut à travers le mur, Harry sentit les premiers tremblements le prendre. Ses dents claquèrent et il se rendit compte qu'il ne contrôlait plus son corps, ni ses mouvements.
Lord Malfoy réagit immédiatement, et souleva le corps fin du jeune homme pour se glisser en dessous. Il appuya son dos contre la tête de lit, tirant le Gryffondor contre lui, entre ses jambes et resserra ses cuisses pour lui empêcher de se faire du mal en convulsant. D'une main, il prit une serviette trempée qui reposait dans une bassine sur la table de chevet et lui maintint sur le front, évitant par la même occasion qu'il ne tape trop violemment sur son torse avec son crâne.
- Potter… murmura Lucius à son oreille. Potter écoutez-moi. Severus va revenir. Calmez-vous… Tout va bien…
De son autre main, il maintenant le torse du jeune homme, glissant au fil des mouvements jusque dans l'échancrure de sa chemise et dévoilant sa peau. Il priait pour que Severus arrive au plus vite et le calme avec cette potion car les soubresaut étaient de plus en plus violent.
Le Maître des potions arriva quelques minutes plus tard.
- Te voilà ! Aide-moi ! fit Lucius en serrant la mâchoire.
Le professeur s'approcha rapidement et fit ingérer la potion au jeune homme avec difficulté. Celui-ci se calma petit à petit et finit par se blottir dans l'étreinte du Mangemort derrière lui, exténué. Severus le regarda alors que le griffon commençait à s'endormir. Avec un haussement de sourcil suggestif, il fit un signe vers la main qui avait glissé entre les pans de la chemise.
Lucius fixa sa main et la retira vivement sous les ricanement de son ami.
-Il fallait bien le tenir, grogna le blond en commençant à bouger.
L'homme essaya, sans être trop brusque, d'allonger Harry sur son lit. Lucius put ainsi se relever et regarder le Gryffondor endormi.
-Il devrait aller mieux maintenant… fit Severus en rangeant le flacon dans sa robe.
Lucius acquiesça et passa une main sur le front du jeune homme.
-Il ira bien Lucius. Essaie, si tu peux, de lui donner plus de repas. Il doit reprendre des forces et ce n'est pas avec ses deux portions par jour que cela va s'arranger.
-Merci Severus. Tu es un réel ami.
Severus fit une grimace et balaya sa remarque d'un geste de la main. Non, il n'aimait pas les effusions de sentiments et là, c'était déjà à la limite du supportable pour l'homme qu'il était.
-Bon, je dois retourner à Poudlard. Le Seigneur des Ténèbres se demande pourquoi je viens plus souvent en ce moment…
-Tu crois qu'il se doute de quelque chose ? demanda le blond avec un regard inquiet.
-Je n'en sais rien mais si j'étais toi, je ferais attention…
Lucius ferma les yeux et soupira tout en se massant les tempes. Il avait beaucoup de mal à réussir à s'absenter sans que personne ne le voit, mais il allait devoir venir plus souvent en redoublant d'attention…
Lorsqu'il rouvrit les yeux, le professeur et la pensine n'étaient déjà plus là. Il ne restait que lui et Harry.
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Harry était complètement inconscient du temps qui passait. Lord Malfoy lui avait apporté des livres et quelques jeux de logique à jouer seul. Il lui apportait plusieurs repas par jour, suivant ses disponibilités et lui avait même apporté quelques vivres non périssables au cas il ne puisse pas venir.
Le Lord était chez lui et personne ne s'étonnait de le voir déambuler dans les couloirs de son propre manoir, il arrivait donc à venir assez régulièrement. Harry lui avait demandé pourquoi il ne confiait pas cette tâche aux elfes de maison et il lui avait répondu que depuis Dobby, il n'accordait plus aucune confiance aux elfes, surtout depuis que le Seigneur des Ténèbres en personne habitait chez lui. Lorsque Harry avait commencé à paniquer parce que les elfes pourraient rapporter sa présence à Voldemort, Lucius avait expliqué que les sorts que son Maître avait renforcés, interdisaient tout transplanage - sauf pour le Seigneur des Ténèbres lui-même - et comme aucun elfe ne connaissait le mot de passe pour cette pièce, ils ne découvriraient pas son existence.
Le Survivant était toujours alité. Il ne se levait que rarement pour se rendre à son pot de chambre qui se vidait automatiquement - Merlin merci ! - et faire quelques pas. De toute façon, il n'avait pas grand chose à faire de plus…
Ses blessures avaient du mal à se soigner. Il se sentait très affaiblie et savait qu'il lui faudrait encore du temps pour se rétablir. Il profitait de son isolement forcé pour dormir un maximum. Maintenant que Voldemort n'était plus dans sa tête, il n'avait plus de douleur, plus de visions et en profitait largement.
Il avait un peu l'impression d'être de retour dans son placard, quand il était enfant, à la différence que son lit, même petit, était plutôt confortable et que Vernon ne viendrait pas lui donner des corvées ou lui hurler dessus sans raison. Lui qui connaissait ce qu'il se passait à l'extérieur, il était assez heureux de se sentir protégé. En plein milieu du repère de Voldemort, c'était plutôt ironique.
Lord Malfoy lui avait apporté un petit calendrier et il rayait chaque jour depuis celui de son emprisonnement. Bien sûr, c'était Lucius qui l'informait de la date à chaque fois qu'il venait, le débarras n'ayant pas de fenêtre. Mais ce n'était pas gênant... Il savait alors qu'il était retenu au manoir depuis quarante-cinq jours.
Par contre maintenant… Il se rendait compte qu'il n'avait pas vu Lucius depuis un moment, et il avait faim… Ses réserves étaient vides. Au départ, il avait pensé avoir beaucoup mangé, plus que d'habitude, mais il s'était rendu compte que c'était peut-être simplement que Lord Malfoy n'était pas revenu depuis un certain temps.
Etrangement, il se sentait seul. Il ne savait pas si c'était parce qu'il n'avait vu personne depuis trop longtemps ou c'était Lord Malfoy qui lui manquait, mais il commençait à trouver le temps long. Depuis que l'homme l'avait amené dans cette étrange pièce, il avait pris l'habitude de ses visites, des quelques mots qu'ils échangeaient, même si la conversation était rarement longue. Et maintenant qu'il était complètement rétabli, et qu'il ne passait plus son temps à dormir ou comater, il s'ennuyait fermement.
Harry continua d'observer la pièce autour de lui, cherchant quelque chose pour s'occuper. Il y avait bien toutes ces caisses que Malfoy gardait, il en attrapa une et la posa sur le lit. Il se mordit la lèvre inférieure, hésitant un instant. Après tout, Malfoy ne lui avait jamais fait promettre de ne pas fouiller.
- Bon d'accord, il m'a demandé de ne pas le faire, murmura-t-il pour lui-même. Mais ça ne compte pas vraiment...
Sa main effleura un instant le couvercle du carton devant lui, laissant un trace de doigt dans la couche de poussière qui le recouvrait. Avant qu'il n'ait pu prendre une décision, des pas se firent entendre derrière lui.
- Je n'allais pas fouiller Monsieur Malfoy ! Je faisais juste un peu de… ménage, expliqua-t-il, d'une voix rapide, se retournant vers son visiteur.
Une expression d'horreur se peint sur son visage quand il remarqua que ce n'était pas Lucius Malfoy devant lui.
- Vous êtes un menteur pitoyable Monsieur Potter, se moqua Snape.
Harry ne répondit pas et lui tourna le dos. Il attrapa la boite et la remit en place.
-Snape… soupira Harry.
Bizarrement, il se dit qu'il aurait préféré que ce soit Malfoy qui le prenne la main dans le sac… Il avait certes accepté le rôle de son professeur mais il avait encore du mal à être à l'aise en sa présence. Avec le blond, c'était tout le contraire. Sans comprendre pourquoi, il arrivait à être un peu plus lui-même lorsque l'homme était là. Plus le temps passait, plus il prenait de l'assurance à ses côtés.
Harry se mit droit et regarda enfin Snape. Il fut surpris de voir une boîte dans ses bras avec quelques aliments séchés. Le jeune homme avait l'habitude de ces boîtes mais d'ordinaire, c'était Malfoy qui venait les lui donner. Sans comprendre réellement pourquoi, il trouva cela étrange. Mais après tout, le blond ne lui avait jamais dit qu'il allait s'occuper de lui seul. Ce fait, plus l'absence de Lucius que Harry avait remarqué, laissait naître une légère inquiétude pour le blond.
-Je vous apporte de quoi vous nourrir, fit l'homme en mettant de force la boîte dans les bras de Harry.
Il se retourna, prêt à partir quand Harry s'exclama :
-Attendez !
Il posa rapidement les aliments sur le lit et s'approcha de son ancien professeur qui se retourna pour lui faire face.
-Que se passe-t-il monsieur Potter ? Je n'ai pas de temps à vous accorder. Je ne suis pas censé être ici et si le Seigneur des Ténèbres l'apprend, je-
-Justement, pourquoi ce n'est pas Monsieur Malfoy qui vient me donner la nourriture ? Cela fait plusieurs jours que je ne l'ai pas vu… je ne sais même pas quel jour nous sommes en réalité…
-Nous sommes le sept mai Monsieur Potter. Je suis venu car il m'a demandé de venir s'il n'était pas revenu de mission.
Severus se retourna, voulant prendre congé mais ne put que grogner quand le jeune homme l'interpella encore une fois.
-Une mission ? Mais… tout se passe bien ?
-Oui, une mission Potter et je ne sais pas comment ça se passe vu que je n'y suis pas ! Maintenant je vous rappelle que je n'ai pas de temps à perdre à vous écouter jacasser et qu'il y a une école dont je dois m'occuper !
Le professeur ne laissa pas à Harry une autre chance de l'arrêter. Il sortit directement et laissa le jeune homme qui regardait son calendrier avec angoisse.
Huit jours.
Cela faisait plus d'une semaine que Malfoy était parti. Harry attrapa le calendrier, prit une plume, la trempa dans son encrier et laissa sa main, légèrement tremblante, faire huit croix.
Tout pouvait se passer en tant de jour. L'homme pouvait être n'importe où, peut-être en train d'attaquer des innocents à cause des ordres, peut-être en train de rechercher des informations pour Voldemort, ou peut-être était-il mort.
Harry n'était pas ami avec le blond mais il avait compris que l'homme ne méritait pas la mort en tout cas. Il souhaitait réparer ses erreurs et aider le Gryffondor dans sa quête.
Harry vida la boîte de ses aliments pour les ranger dans l'armoire où il avait l'habitude de les mettre sans oublier d'en poser un peu sur sa table de chevet pour les manger maintenant. Il n'avait pas mangé depuis la veille lorsqu'il avait fini les réserves et avait vraiment faim. Il essaya en même temps de ne pas se focaliser sur l'homme qui était désormais absent, même si chaque chose dans cette pièce le lui rappelait à chaque fois.
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Harry mit plusieurs heures avant d'accepter son angoisse pour Malfoy. Il avait au début essayé de se dire qu'il n'en avait rien à faire mais il avait dû se rendre à l'évidence que ce n'était pas le cas quand il s'était rendu compte qu'il n'avait même pas l'envie d'ouvrir les cartons dans la pièce. Il ne s'était pas gêné les dernières fois et savoir que cela agaçait le blond rendait cela encore plus intéressant, mais quel intérêt y avait-il si l'homme n'était pas là pour grogner contre lui ?
Alors après avoir accepté son angoisse, Harry passa trois jours avec ce sentiment. Soit il pensait à Malfoy, envisageant sa possible mort qui lui faisait peur, soit il pensait à ses amis… envisageant leur possible mort qui lui faisait peur.
Il tournait en rond, mangeait, dormait, s'occupait comme il le pouvait avec ce que lui avait donné le blond mais son angoisse n'était jamais partie.
Harry était en train de dormir lorsqu'il entendit le bruit qu'il connaissait maintenant par coeur, d'un corps passant à travers le mur. Une sorte de glissement, comme un souffle de vent léger. Il ouvrit les yeux et mit quelques secondes avant que son cerveau comprenne, que Lucius Malfoy venait d'entrer. Le jeune homme n'avait pas ses lunettes mais il reconnaissait parfaitement ces cheveux blonds, presque argentés, que faisait briller la lumière des torches. Elles étaient toujours allumées, tout simplement parce qu'il n'avait pas de baguette pour les allumer et les éteindre, c'était des torches éternelles et n'avaient donc pas besoin d'être renouvelées.
Il sauta de son lit et attrapa ses lunettes sur le tabouret qui lui servait de table de chevet pour pouvoir observer Malfoy Senior. Celui-ci portait une boîte de nourriture, et il avait l'air plutôt mal en point. Les traits de son visage étaient tirés, et il avait une grande estafilade sur la joue droite.
- Vous allez bien Monsieur Malfoy ? demanda Harry légèrement paniqué.
- Je vais bien, grogna celui-ci. J'étais juste venu vous apporter votre nourriture.
Il posa le paquet sur le lit et se retourna pour partir lorsque Harry agrippa son bras.
- Laissez-moi vous soigner…
- J'ai des elfes pour ça.
- Pourquoi le faire faire par un elfe plus tard, alors que je peux le faire moi-même immédiatement. J'ai tout ce qu'il faut pour ça dans la besace. Laissez-moi me rendre utile…
Lucius se tourna pour regarder le jeune homme dans les yeux. Il se doutait qu'il devait se sentir seul, enfermé dans ce château depuis maintenant deux mois, ne voyant personne autre que lui. Avec un soupir, il revint sur ses pas et s'assit sur le lit.
Harry, heureux d'avoir enfin quelque chose à faire, saisit la besace et sortit les fioles nécessaires pour soigner son patient. Il prit soin de les aligner sur la commode, faisant durer le plaisir de se sentir vraiment utile.
Avec un linge propre, il nettoya la joue du Lord, puis recommença avec un autre chiffon imbibé de potion.
Le regard du Lord Malfoy se perdit dans la pièce et il fronça les sourcils avant de regarder à nouveau le jeune homme.
- Vous avez ouvert les cartons, dit-il d'une voix dangereuse.
Harry se contenta de sourire.
- C'est vraiment plus marrant quand vous êtes là…
Lucius soupira à nouveau, vaincu. Il se laissa faire et lorsque la plaie fut enfin refermée, se leva prestement et retourna en direction du passage secret mais s'arrêta avant de traverser le mur.
- Demain, nous ferons une partie d'échec, dit-il simplement avant de partir sans un regard.
Harry l'observa s'en aller avec un léger sourire. Il était revenu et son angoisse n'existait plus.
Nous avons constaté une nette baisse du nombre de reviews sur le chapitre deux :O L'histoire a-t-elle prit un tournant que vous ne vouliez pas ? Nous essayons de nous rassurer en nous disant que les exams, les vacances, le début de l'été, n'aident pas à la lecture, mais n'hésitez pas à nous faire part de ce qui ne vous plait pas. Nous lisons et répondons à tous les commentaires, même les négatifs, dans la mesure ou se sont des critiques constructives et écrite avec politesse.
A mardi prochain.
PS : Et oui ! Nous ne sommes pas mardi ! Tellement stressé de ne pas pouvoir poster ce chapitre avant que nous (bon ok... C'est moi, Epsi...) avons posté avec un jour d'avance. Bah... tant mieux pour vous xD
Aupaupsi.
