Titre en VO: Healing
Titre en VF: Guérison
Rating: T
Genre: Romance / Drama
Auteure: freakyhazeleyes
Traductrice: Bah... Moi ^^
Relectrice: Time Tell Will
Résumé: E/B : " Un garçon qui déteste tout le monde et une fille qui n'a confiance en personne, s'ouvrent l'un à l'autre. Je pense qu'ils sont sur la voie de la guérison... "
Note: Coucou tout le monde! Non, vous ne rêvez pas c'est bien un deuxième chapitre en seulement deux jours, je vous gâte trop, je sais, mais il faut bien que je vous rende la pareille avec toutes les reviews que vous m'avez si gentiment envoyées ^^ L'auteure m'a prié de vous en remercier du profond de son coeur, et je lui ai même traduit - avec sans doute quelques fautes " - ce que vous m'avez dit à propos de cette histoire.
Donc, en nos deux noms, je vous remercie sincèrement!
J'ai traduit hier le chapitre suivant - et non vous ne l'aurez pas demain, vous l'aurez à mon retour d'exams, soit Jeudi prochain... - et je vais sans doute commencer la traduction du chapitre quatre dans le courant de cet après-midi, quand j'aurai fini mon commentaire de Littérature du XX ème ".
Sur ce chapitre-là, l'auteure met un warning car il contient des thèmes assez noirs, donc vous êtes prévenu(e)s! J'ai essayé de vous y transmettre toute la détresse que j'ai moi-même ressenti en le lisant en VO j'espère avoir réussi!
Merci encore à vous! A Jeudi prochain! Bonne lecture! Bisous!
"The real reason for not committing suicide is because you always know how swell life gets again after the hell is over." – Ernest Hemingway
"The flesh endures the storms of the present alone; the mind, those of the past and future as well as the present." - Epicure
Healing
Chapitre deux.
De nombreuses brochures étalées devant elle sur le sol carrelé de la salle de bain, Bella se laissa tomber à genoux, assise sur ses talons, son dos heurtant le mur blanc dans un bruit mât. Elle faisait face à une armoire rattachée à un évier et un miroir, une baignoire à côté d'elle.
Prenant une profonde respiration, elle ferma les yeux et laissa sa tête retomber en arrière contre le mur, puis, poussa un long soupir. Aujourd'hui, son père, la seule famille qu'elle avait, lui avait lancé un ultimatum. Qu'elle se fasse aider ou qu'elle s'en aille. Et il lui avait aussi donné " des devoirs " à faire.
Charlie était allé derrière son dos parler à son thérapeute et il avait découvert qu'elle n'était pas le genre de personnes à faire des progrès, malgré le fait qu'elle lui avait laissé croire que c'était le cas. Elle allait seulement aux séances toutes les semaines depuis environ quatre mois, mais son père avait voulu des résultats concluants immédiats donc, elle lui en avait donnés. Mais bien sûr, seulement en théorie.
Charlie était rentré à la maison après son travail avec toute sorte de brochures d'information colorées pour elle et lui avait demandé de trouver le genre d'aide dont elle avait besoin, sinon de bien vouloir partir avec le diable qui hantait sa maison. Apparemment, il avait perdu toute trace d'humour, puisque dans les deux scenarii, Bella serait obligée de quitter les lieux.
Les yeux toujours fermés, la jeune fille éparpilla les brochures à côté d'elle. Bella s'autorisa à laisser sa main flotter au dessus d'elles d'avant en arrière, avant d'en prendre une et de l'emmener en face de son visage. Louchant à cause de l'absence de ses lunettes, elle y vit son avenir. Hôpital psychiatrique Palo Verde. Première étape: complétez.
Plaçant la brochure de l'hôpital à côté d'elle pour la remplir ultérieurement, Bella releva les manches de sa chemise blanche. Le tissu cotonneux était assez épais pour couvrir ce qu'elle ne voulait qu'il soit vu.
Ce n'était pas comme si elle voulait réellement le faire. Mais il fallait qu'elle le fasse. Et c'était juste une chose qu'ils ne comprenaient pas.
Ils pensaient qu'elle avait des problèmes; peut-être.
Ils pensaient qu'elle voulait mourir; c'était possible.
Ils l'ont supplié pour qu'elle arrête; ce ne fut pas facile.
C'était la seule connexion que Bella avait eue et qu'elle avait quittée. C'était pour elle, une sorte de séance morbide.
Dans ces moments-là, quand elle prenait une lame et la pressait contre sa peau, elle sentait une présence, elle aspirait alors à un ailleurs, elle y aspirait réellement.
Et dans ces moments-là, c'était comme si sa mère ne l'avait jamais quittée.
Se levant et atteignant l'armoire, elle en ouvrit une porte et farfouilla sur l'étagère pour trouver sa " cachette ". Saisissant un sparadrap après réflexion, elle cala son dos contre le mur et observa la lame brillante du rasoir. Comment un petit morceau de métal qui causait tant de bouleversements pouvait être une telle merveille à ses yeux ?...
Elle avait toujours aimé les objets brillants, mais lorsqu'elle avait treize ans, ils prirent pour elle une toute autre signification.
Le brillant signifiait le métal, le métal, un couteau de cuisine, un couteau de cuisine, la mort.
Il lui aura fallu deux ans pour avoir le courage de le faire, mais elle avait gardé la lame près d'elle depuis ce jour-là, et elle ne l'oublierait jamais.
Puis enfin, il y avait environ de ça dix mois, le besoin désespéré de ressentir les choses l'avait bouleversé. Ce qu'elle avait vu lorsqu'elle avait treize ans tournait encore et encore dans son esprit et elle voulait savoir si elle était capable d'éprouver des sentiments.
Cette émotion sur le visage de sa mère...
Eh bien, Bella ne savait pas ce que c'était.
Et elle avait espéré le savoir.
C'était comme ça que tout avait commencé.
Sa mère n'avait pas voulu mourir ; elle avait juste profité de ce dont elle était passée pendant de trop nombreuses années de mariage avec le père Bella. Charlie et Renée n'étaient tout simplement pas faits l'un pour l'autre, même la jeune fille le savait. Son père ne voulait jamais rien faire, Renée voulait toujours tout tenter. Et l'une de ses expériences avait tourné au drame.
C'est ce que Bella disait toujours.
Au retour de l'école, un jour de printemps, il y avait de ça quatre ans, elle avait trouvé sa mère étendue sur le sol de la cuisine, couteau en main, des lignes sanguinolantes sur les poignets. Elle avait été incapable d'appeler son père ou la police parce que sa mère avait toujours dit qu'elle allait bien.
Ca ne pouvait être qu'une égratignure.
Ca ne pouvait être qu'une terrible erreur.
Bella s'accrochait à cette idée depuis près de cinq ans, indépendamment de l'avis de la police qui avait conclu à un suicide, son père tentait de lui faire réavoir raison et ses thérapeutes tentaient de faire cesser le même sentiment que la jeune fille avait vu dans les yeux de sa mère ce jour-là. Sur cette émotion, Bella ne peut toujours pas mettre un nom dessus. Elle savait qu'elle y arriverait le jour où elle aussi la ressentirait.
Prenant une profonde inspiration, mettant de côté les pensées qui envahissaient son esprit, les yeux fermés, Bella pressa la lame contre sa peau et se coupa. Elle ressentit la douleur au début, elle la ressentait toujours. Mais ensuite, tout disparaissait. Tous les bruits de l'extérieur, de la télé dans le salon où passaient certains évènements sportifs que suivait son père, tout cela était mis en sourdine comme si le calme s'était installé tout autour d'elle.
Et à travers ses yeux fermés, Bella vit le visage de sa mère.
L'expression qu'il avait ce jour-là...
Le jour de sa mort...
Le seul moment où Bella l'avait vu vraiment vivante.
Prenant une autre longue inspiration et expirant doucement, Bella balaya la petite rigole de sang sur son bras et plaça un pensement dessus. Elle se leva ensuite lentement et se regarda dans le miroir. Rassemblant ses cheveux bruns en une queue de cheval et essayant d'essuyer les quelques larmes qui coulaient le long de ses joues, elle se pencha et reprit la brochure de l'hôpital psychiatrique qui serait désormais son nouveau foyer.
A suivre...
