J'avais mis complète mais, voilà, je n'ai pas résisté à un troisième volet (et oh, il y en aurait peut-être un troisième). Cette fois-ci, Francis est là.

« Papa ! »

Oui, Arthur avait craqué. Oui, le petit Canada après des heures d'yeux de chiens battus étaient venus à bout du Grand Empire Britannique. C'était juste histoire de ne pas passer pour un monstre au su de tous. Il était au-dessus des envies égoïstes d'un petit enfant, il allait montrer à tous son côté magnanime.

Francis était évidemment aux anges de revoir son ancienne colonie en bonne santé, et il avait promis de se tenir bien sagement pour une fois. Arthur se demandait combien de temps il arriverait à tenir cette promesse.

A peine le petit Canada fut dans les bras de Francis qu'il commença à parler à son ancien tuteur de son daddy. Avec enthousiasme s'en étonna l'anglais. Francis lança à Arthur un regard vraiment mauvais mais il se radoucit quand Canada conclut que son papa lui avait manqué.

Et c'est là qu'Arthur eut un gros doute. Les deux autres nations avaient souri de la même façon. Ses yeux se plissèrent pour noter toutes les ressemblances entre les deux. Les cheveux blonds bouclés descendaient sur leurs épaules, leurs yeux avaient une forme similaire bien qu'ils n'aient pas la même tonalité claire. Et le nez ne saurait mentir.

Arthur tourna sept fois sa langue dans sa bouche pour ne pas faire de commentaires sur ce lien de parenté plus réel qu'il ne l'imaginait. Il fallait vraiment les voir côte à côte pour faire le rapprochement. Toute nation s'inventait des liens de parenté avec les autres, histoire d'ennuyer le monde et de créer un pseudo-lien affectif… enfin, il était bien le fils de Britannia et de Germania… Et Francis, celui de Gaule et de Rome… ça pouvait arriver… dans l'ancien temps.

Serait-ce le signe que son rival faiblissait et s'éteindrait comme les anciens ? Et avoir une main mise sur son fils biologique lui conférait un avantage certain.

Evidemment, en tant qu'Angleterre, il s'en réjouissait, il s'en frottait les mains, il en jubilait d'avance. Seulement, Arthur n'était plus un adolescent revanchard, et il tenait peut-être une occasion en or de se faire pardonner un grand nombre de ses vacheries.

Quand Francis dut partir, Arthur lui assura qu'il s'occuperait bien de son « fils ». Il s'amusa de voir une petite lueur de peur dans les yeux de son rival. Arthur déposa un baiser sur les cheveux de Canada qui dormait dans ses bras pour rassurer le français quant à ses intentions.

« Ne t'inquiète pas, je ne ferais pas de mal à l'une de mes colonies. »

Apparemment, le français l'avait pris comme une menace.

« Je ne plaisante pas, je le protègerais, je te l'ai promis.

- Et comment pourrais-je te croire après tout ce qu'il s'est passé entre nous ! Crois-tu vraiment que je n'ai pas tout fait pour le garder près de moi ! »

Canada s'agita légèrement n'appréciant pas qu'on crie aussi près de lui.

« Je le sais très bien. Et j'ai tout à fait conscience de sa valeur sentimentale, je n'en abuserais pas.

- Et pour quelles raisons, cher rival ?

- Parce que si, un jour j'ai un enfant et qu'il tombe entre tes mains, je n'aimerais pas que tu te venges sur lui. Et puis, je tiens vraiment à Matthew.

- Ta première raison me fait espérer que tu ne feras pas l'idiot. Est-ce tu sais ce que cela fait de se faire enlever son premier enfant par son ennemi juré ? Toutes les nuits blanches que je passe ! A me demander si je le reverrais un jour ! A savoir s'il va bien ! J'ai perdu ma plus grande bataille contre toi, je ne le verrais pas grandir ! »

En tant qu'Angleterre, Arthur comprit qu'il avait terriblement blessé Francis. Il ne pensait pas que ce serait encore possible.

« On ne peut échapper à notre destin de nation, en conclut Arthur. La seule garantie que je peux t'apporter c'est celle de pouvoir venir le voir. Je prendrais soin de lui, c'est promis. »

Francis avait l'air très méfiant ainsi que peu enclin à partir sans avoir eu le dernier mot.

« Je reviens demain, et il a intérêt à se lever pour réclamer son sirop d'érable. »

Arthur ne put s'empêcher de ricaner.

« Tu l'as au moins mis hors de portée, demanda Francis soucieux tout à coup.

- -Évidemment. Et à ce qu'il paraît, tu ne le faisais pas », lui avoua Arthur en lui faisant un clin d'œil.