Merci pour les quelques reviews que j'ai eu ça me fait vraiment plaisir de savoir que mon histoire vous intéresse ! N'hésitez pas à dire ce que vous en pensez, s'il y a des défauts à corriger. Voici la suite et vous allez découvrir les origines de Trebyn et une grande partie de l'histoire de Naessë et de son peuple.

Disclaimer : Tous les personnages issus du Seigneur des Anneaux appartiennent à J.R.R Tolkien.

Distinction des langues :

Italique : Elfique

Italique gras : Sorcier/Tebrynien


*Un accueil en Histoire - Chapitre 2*

La reine avait changé d'habits et avait quitté ses habits de guerrière pour son habit de reine, celui qu'elle préférait porter. Il s'agissait d'une longue robe dont la jupe était verte émeraude et le haut d'un violet profond. Celle-ci se fendait au niveau du haut de ses cuisses et laissait voir un pantalon du même vert. Une ceinture des plus imposantes ceinturait sa taille et descendait presque jusqu'à ses pieds. Elle était violette avec des motifs verts. Sa couronne était en argent, simple et pourtant impressionnante. Elle lui barrait le front et ses cheveux roux étaient relevés en une coiffure très haute et complexe avec une partie de ses cheveux attachés et l'autre voletant librement sur sa nuque. Elle était toujours armée d'un poignard et de son arc en bois avec des ornementations en or. Sa tenue était simple et pourtant empreinte de majesté.

Elle redescendit enfin au patio où l'attendait Legolas. Ce dernier s'était assis en tailleur dans l'herbe et semblait méditer, se rapprochant un peu plus de cette nature qu'il ne connaissait pas. Ses oreilles d'elfes entendirent une personne approcher. Il se releva aussitôt et se tourna vers elle. Il fit un simple signe de tête. Seulement, ses yeux trahissaient son admiration pour sa beauté même s'il ne s'en cachait que trop bien.

« Venez, je vais vous mener à votre demeure... provisoire. », déclara-t-elle avec simplicité. Par cette phrase, elle lui signifiait qu'il n'était pas considéré comme étant officiellement prisonnier mais que toute erreur de sa part le conduirait dehors. Il se risqua cependant à demander pourquoi une telle hospitalité alors qu'elle avait tourné les talons. Il s'appliqua à prendre une voix plus douce, pour contrebalancer l'hostilité de la sorcière.

« Pourquoi m'accueillez-vous ainsi à bras presque ouverts alors que je suis un étranger pour vous ? ».

« Nous ne croyons pas aux forces du hasard, elfe. Nous pensons que vous avez un rôle à jouer sur ces terres mais celui-ci reste encore mystérieux pour nous tous. », répondit-elle en choisissant avec justesse chacun de ses mots. Puis elle se tourna brusquement vers lui en le fixant droit dans les yeux. « Dans votre intérêt, je vous suggèrerais cependant de rester à votre place et de ne pas vous enfuir, notre compagnie est plus plaisante que celle d'un orque, croyez-moi. »

« Je suis du même avis. », répondit Legolas sans poser plus de questions sur cette destinée et ce rôle dont elle parlait. Pour lui son seul rôle était de retrouver ses amis et de trouver le moyen de renverser Sauron. « Comment se fait-il que nous n'ayons pas eu vent de cette cité ? »

Elle s'arrêta et se tourna vers lui. Elle pesait le pour et le contre mais elle vouait une confiance absolue en Isor qui avait vu que cet elfe serait des plus importants pour l'avenir. Elle décida donc de tout lui raconter. Elle se tourna vers la vue qu'offrait le jardin sur la cité et prit la parole.

« Autrefois nous, les sorcières, nous habitions les bois dans lesquels vous avez grandi. Nous étions une petite communauté mais nous vivions en paix avec les autres. Lorsque Oropher, votre grand-père, a été nommé roi de Vert-Bois-Le-Grand, il avait promis de nous laisser tant que nous ne représentions pas une menace pour lui. »

« Et qu'a-t-il fait ? », demanda promptement Legolas à qui Naessë décocha un regard noir, lui signifiant qu'elle n'appréciait pas son interruption.

« J'y venais justement, elfe. Il a rompu sa promesse, jugeant qu'il était bien trop dangereux de laisser une telle puissance magique aux femmes. Il a brûlé notre village ainsi que bon nombre de mes sœurs. Ils avaient méticuleusement tout planifié et nous ont pris par surprise. », souffla-t-elle avant de toussoter pour reprendre sa contenance.

Legolas ne comprenait pas pourquoi une telle lâcheté chez les elfes de son propre clan mais ne dit rien. Evoquer une telle tragédie révélait chez elle sa sensibilité mais elle reprit. « Chez nous, nous parlons de cette période comme le grand chagrin. Nous n'étions plus que quatre sorcières et nous avons choisi d'aller à l'Est, dans les terres les plus reculées. Certains elfes, dont Isor notre roi, appuyèrent notre cause et suivirent notre chemin. Les nains de la montagne solitaire, vaincus par Smaug nous ont rejoint par la suite. Oropher a alors effacé toute trace de notre existence sur les cartes, les les supports parlant de magie sorcière ont été détruits.

Au fil du temps, les sorcières devinrent des mythes, des histoires que l'on raconte pour effrayer les enfants. Nous avons enterré notre cité dans ces rochers inaccessibles pour ceux qui ignorent où la cité se trouve. C'est là une vieille magie qui ne nous a jamais fait défaut, jusqu'à maintenant. Les ombres s'abattent sur la forêt. »

« Je suppose que Sauron en est à l'origine. Son anneau absorbe toute la puissance de ce monde et si nous ne l'arrêtons pas, nous mourrons tous. », conclut Legolas d'un air sombre.

Il avait résumé en une phrase le destin de la Terre du Milieu. Il était difficile d'envisager la fin possible de toute vie sur cette terre. Imaginer cette cité détruite soulevait le cœur de Naessë, ayant déjà vu la perte des siens.

« Mais… Les humains ? D'où viennent-ils ? », demanda Legolas.

« Vous avez bien des questions, elfe ! Et bien c'est… difficile à expliquer. Lorsqu'une sorcière prend époux, qui est donc d'une autre race puisque nous sommes une communauté totalement féminine, l'enfant qu'elle portera deviendra soit une sorcière si c'est une fille et que la grâce lui est favorable, soit un humain ou un être de la race de l'autre. C'est ainsi que plusieurs humains sont nés et n'ont cessé de vivre ici. »

« Je vois… C'est donc pour cela que vous n'êtes pas nombreuses, n'est-ce pas ? Aucun homme ne peut devenir un sorcier ? »

« Vous êtes fin d'esprit je vois. », se moqua-t-elle gentiment. « Je pense que la rareté est une chose qui doit se conserver. J'ignore pourquoi les hommes ne peuvent devenir sorciers, la nature est ainsi faite. Ce cours d'histoire fut passionnant, j'en conviens mais il est temps que vous vous reposiez, j'ai à faire. Je ne vous ménagerais pas demain petit prince. », déclara-t-elle en reprenant son air espiègle et taquin.

« J'aurais été très déçu du contraire, altesse. », répondit-il sur le même ton.

Elle savait qu'il ne bougerait pas. Elle l'avait fait surveiller et ils se quittèrent alors qu'elle lui lançait un ultime sourire narquois. Elle se rendit alors à la veillée, qui avait lieu tous les deux jours sur la plage. Les trois rois étaient tenus d'y aller et c'est ainsi qu'elle prit place à côté de ses deux compatriotes.

« Pardonnez mon retard messire. », s'excusa-t-elle.

Isor et Moradin la saluèrent et la veillée commença. C'était peut-être l'un des moments les plus ennuyeux pour Naessë. C'était une femme d'action plus que de prières et de chants. La douce voix d'une elfe s'éleva dans l'obscurité et elle entama la transe sorcière qui était de coutume autour du grand feu que les habitants de la cité allumaient chaque jour. Elle tourbillonnait presque autour du feu. Chaque veillée était dédiée à une race différente. Ce soir, il s'agissait des elfes.

« Lui avez-vous raconté notre histoire ? », demanda Isor à voix basse.

« Oui. J'ai senti la sincérité dans ses yeux. Mais ce qu'il peut être effronté ! », se plaignit doucement la voix de Naessë.

« Tout comme vous ma chère. », ne put s'empêcher de faire remarquer Isor.

« Ne vous en faites pas, je m'occuperais de lui faire ravaler sa fierté demain. », fit-elle sur un ton faussement diabolique.

« Je n'en doute pas. », répondit-il.

Moradin quant à lui avait un sourire sarcastique tandis qu'il buvait son quatrième verre de Thalion, la bière des Tebryniens. Il souhaitait bien du courage à ce Legolas, lui-même avait eu tort à plusieurs reprises de défier Naessë en jugeant qu'une femme était faible au combat. Elle maîtrisait son art, la dague, au millimètre près. Rares étaient les combats où il avait réussi à la faire plier. Isor y parvenait presque toujours, l'élève avait encore du mal à égaler le maître mais s'entraînait sans relâche. La veillée se termina sur une complainte à la mer, qui n'appelait plus les elfes de la Terre du Milieu à partir à cause des maléfices de Sauron. Isor lui-même la chantait, en mimant les mots avec ses lèvres, son regard vert fixé sur l'horizon qu'offrait la mer qui venait se briser contre les rochers qui entouraient la crique. Naessë l'observa quelques instants. Il ne semblait pas triste mais apaisé. L'appel de la mer lui avait encombré l'esprit pendant trop longtemps. C'était bien la seule chose qu'ait faite Sauron qui lui paraissait bien de son point de vue personnel. Cependant il savait que cela bouleversait l'ordre des choses.

« Je vais me retirer », déclara Naessë d'une voix douce.

Les deux hommes hochèrent la tête et elle s'en alla. Isor l'observa s'en aller. Il se rappelait encore d'elle dans sa première vie, elle était si jeune, si naïve et si impudente à l'époque. Quand il l'avait rencontrée elle n'avait que seize ans et portait déjà le poids du monde sur ses épaules. Orpheline, inconnue de père et ne sachant pas où elle devait aller. Elle était comme sa fille à ses yeux, il l'avait entraînée, lui avait appris à se comporter comme une demoiselle respectable et à ne pas en vouloir à ceux qui avaient entraîné cette folie. Il avait tenté de lui montrer que les elfes n'étaient pas tous malveillants. Elle avait fini par lui faire confiance.

*Point De Vue Naessë*

J'étais toujours proie au doute quant au sujet de ce Legolas. Je ne le considérais pas comme étant dangereux. S'il tentait quoi que ce soit, il y avait là de quoi mater des centaines de petits princes comme lui. Mais sa venue signifiait que tout ce qui affectait l'Ouest commençait à nous affecter, ma magie souffre continuellement depuis son arrivée. Les orques auront tôt fait de le retrouver et de nous trouver par la même occasion. Heureusement, Moradin avait œuvré pour que chacun soit formé aux arts du combat, filles comme garçons. Il avait eu des réticences au sujet de la gent féminine mais il avait subi tellement de défaites de ma main qu'il n'osait plus discuter. Il est rude mais dans le fond il a bon cœur. Je m'étais assise sur mon éternel banc dans le patio. S'il avait été en mousse, il garderait la forme de mes fesses tant je m'étais assise à cet endroit précis.

« Vous êtes encore là ? », demanda soudain une voix que je reconnus parfaitement comme étant celle d'Isor. Aucun être ne faisait moins de bruit que lui mais avec le temps j'avais appris à ne plus sursauter.

« Oui, je doute toujours sur ce que nous devrions faire, Isor. Et si c'était un espion ? Et si les orques nous trouvaient ? », demandais-je en posant plus la question à moi-même qu'à Isor.

« Je suis certain que nous avons pris la bonne décision. Et un elfe, espion des Orques ? Ce serait une première. Ne t'inquiète pas, tôt ou tard tu comprendras que c'était la chose à faire mon enfant. », répondit-il de sa voix sage qui berçait presque mes pensées lorsque je doutais.

« Nous allons devoir rentrer en guerre, c'est inévitable. La seule chose que les orques comprennent, c'est la violence. Cela va se terminer dans le sang il n'y a pas d'autres moyens. N'est-ce pas ? », débitais-je d'un ton lourd.

« Nous n'aurons bientôt plus d'autres choix, Sauron ne s'arrêtera pas tant que tout ce qui l'entourera ne sera plus que chaos et décombres. Mais nous avons une issue, jamais Sauron a affronté les sorcières ni notre peuple de guerriers. Mieux vaut perdre une bataille et gagner la guerre. Pour l'instant nous sommes perdants mais il y a toujours une solution, j'en suis convaincu. », me répondit-il en posant une main apaisante sur mon épaule.

« Alors comme ça vous parlez de guerre dans mon dos ? Je devrais vous assommer ! », grogna la voix de Moradin qui était aussi sobre qu'un ivrogne pouvait l'être.

« Nous ne faisions que parler d'évidences Moradin, vous devriez… Hum… Pouvez-vous le relever je vous prie ? Ramenez-le à ses quartiers. », demandais-je aux gardes alors que Moradin s'était écroulé de tout son long dans l'herbe, laissant voir un sourire d'Isor. Ces derniers le relevèrent et le conduisirent dans sa chambre, qu'on avait laissée au rez-de-chaussée exprès.

« Vous devriez vous reposer vous aussi ma chère. », intima Isor en se levant. « Je vous souhaite de passer une bonne nuit. »

« De même pour vous, Isor. », répondit-elle avec un sourire sincère cette fois avant de partir vers ses quartiers.

Le château était construit sur deux étages. Il était couvert d'une couleur rappelant l'or et était sculpté jusque dans les contremarches des escaliers imposants qui le composaient. De larges tapisseries recouvraient certains pans de murs et les éclats de pierres précieuses scintillaient dans tout le château. De grandes fenêtres laissaient entrer la lumière de la lune qui s'ajoutait à la faible lueur que dégageaient les chandeliers. Je vivais dans la tour Ouest, au premier étage se trouvait ma bibliothèque personnelle et au second ma chambre.

De ma fenêtre je pouvais voir tout le royaume ainsi que la mer au loin. Je pouvais m'asseoir ici et rester des heures à l'observer aller et venir. Mais pas ce soir, il fallait vraiment que je dorme car une longue journée m'attendait demain. J'ôtais ma robe que je posais sur la table en bois d'ébène et me glissais dans les draps soyeux de mon lit qui étaient couleur émeraude, ma couleur préférée. J'eus énormément de difficultés à m'endormir, comme de coutume. Mes pensées virevoltaient entre l'histoire de Sauron, Legolas et la préparation de la Sheshta, la fête des trois lunes, ma fête préférée notamment par la danse des dagues que j'adorais depuis que nous avions créé cette danse. Et après de longues heures à soupirer et à me retourner, le sommeil finit par me gagner une bonne fois pour toute.

_. ~0~ ._

Le lendemain, je m'éveillais aux aurores et me redressais presque immédiatement. Les rêves n'étaient pas venus me tourmenter et je souriais à cette pensée. Je bondis sur mes pieds, l'énergie affluant dans mes veines malgré ma courte nuit. J'entrais dans la salle d'eau où je m'appliquais à me laver consciencieusement mes longs cheveux roux. J'avais souvent songé à les couper mais je crois que j'aurais choqué la moitié de la population et je n'avais encore jamais vu de jeune femme avec des cheveux courts, la tradition étant qu'une dame se doit d'avoir une chevelure imposante et volumineuse. La magie m'aidait à me coiffer en un temps record. On vit ainsi mes cheveux du dessus se tresser pour s'enrouler à l'arrière de ma tête à la façon d'un chignon. Les autres se bouclaient naturellement et les deux grandes mèches qui encadraient mon visage étaient lisses et douces, comme les cheveux des elfes, et retombaient sur mon sternum. C'était ainsi que j'aimais me coiffer, loin de toutes ces coiffures protocolaires. Je n'avais pas besoin de cela pour rappeler mon statut de souveraine, tout le monde me connaissait dans la cité, si grande qu'elle puisse être. Et pourtant je ne me comportais pas comme une reine devrait le faire, uniquement avec les étrangers. D'ailleurs il est grand temps que je montre à ce Legolas ce dont les femmes sont capables. Il semblait dubitatif hier et même s'il aurait pu en impressionner plus d'un, il ne m'impressionnait pas. C'était un elfe et uniquement cela et je vais m'appliquer à le lui rappeler.

Je mis une tenue similaire à celle de la veille sauf que cette fois-ci il n'y avait pas de robe. Uniquement une blouse vert émeraude et un pantalon marron tout deux près du corps. Je portais également mon armure, qui avait été fabriquée par les elfes et les nains d'ici et qui ressemblait fortement au mithril dans sa matière car elle était très solide et pourtant assez légère. Je me récitais le programme de la journée.

Tout d'abord Legolas, qui n'était qu'à deux pas d'ici. Ensuite je me devais de le tester pour savoir à qui exactement j'avais à faire même si je n'avais nul doute quant à son audace. Il l'avait démontrée en tentant de m'envoyer une de ses flèches. Et ensuite je devais m'occuper de l'enseignement des jeunes enfants qui étaient initiés au combat dès qu'ils pouvaient tenir une arme. Bien sûr je ne leur confierais jamais un arc ou une vraie épée, alors je m'exerçais avec eux grâce à des outils en bois. Isor se chargeait quant à lui de l'entraînement des futurs soldats. Moradin formait les forgerons qui fabriquaient nos armes. Et oui, les rois et les reines de cette cité ont aussi une fonction plus terre à terre et prosaïque.

Nous avions une armée efficace et formée à contrer toutes les créatures connues, tous les habitants savaient manier au moins une arme même si tous ne choisissaient pas cette vocation. Ce fut notre première loi lorsque nous nous sommes établis ici. La sécurité avant tout. Voir les miens se faire brûler était la dernière chose que je voulais au monde. Tous ces cadavres de sorcières qui sentaient le brûlé et qui n'avaient sur eux que de pitoyables lambeaux de peaux noircis sur la carcasse de leurs os. Je me souvins de ma mère et de ses dernières paroles.

« Sauve nous, ait foi en la paix et ne laisse pas la vengeance obscurcir ton jugement. »

Je m'en souvenais comme si c'était hier, alors que j'étais dans ma première vie et que je venais d'avoir seize ans. Ma mère m'apparaissait quelques fois sous forme de mirage dans mes rêves. Je ne l'avais pas vue brûler, j'avais gardé sa vision d'elle portant son éternelle robe bleu foncé et ses cheveux roux qui commençaient tout juste à blanchir ça et là. Ses yeux bleus, les mêmes que les miens étaient d'une bienveillance hors du commun. Il n'était pas une chose que je ne tenais pas d'elle sauf peut-être mon caractère plus froid et dur.

Petite, je me demandais souvent à quoi ressemblait mon père mais on ne m'en avait jamais parlé et j'avais fini par abandonner l'idée d'avoir un vrai père. La seule figure qui pouvait en faire office était sans doute Isor. Depuis 232 ans que nous nous connaissons il m'a appris de très nombreuses choses et s'occupa de moi presque comme sa fille. Au début je le détestais car c'était un elfe et c'était à cause d'eux que nous nous étions retrouvés dans une situation pareille. Mais en grandissant j'ai compris énormément de chose et j'ai appris à ne plus goûter à la vengeance. Grâce à lui je suis devenue une guerrière alors que lui-même me disait que cela était impossible. Je lui ai appris à parler la langue sorcière, qui avait fini par devenir notre langue usuelle, et lui m'avait appris comment devenir une reine, comment parler de diplomatie et comment appréhender l'avenir.

« N'oublie pas qu'être reine implique certes des responsabilités mais que ta personne est ce qui rend ce rôle magnifique et non l'inverse. »

J'avais promis de ne jamais oublier.

_. ~0~ ._

J'arrivais justement devant la maison où Legolas avait dormi. Elle était petite mais confortable, c'était là que j'habitais avant de prendre mes fonctions de souveraine. J'entendis des chuchotements en langue sorcière derrière moi, m'indiquant que Legolas n'avait pas essayé de fuir. Ces petits étaient les meilleurs en matière de surveillance, ils me rendent souvent services et de bon cœur. Il s'agissait d'une fille et de deux garçons, un elfe pour une naine et un humain qui s'entendait tous très bien. Ils n'avaient pas encore dix ans et trouvaient ça excitant d'avoir des missions secrètes. Je les aimais beaucoup.

« Legolas ! », lançais-je à plein poumons alors que je venais d'arriver devant la maison.

Il n'y eut pas de réponse immédiate. Je décidais d'entrer, peu importe la situation dans laquelle j'allais le trouver. Il n'y avait aucun bruit ni aucune trace de lui. Mais mes oreilles connaissaient bien le silence des elfes qui approchaient, mon ouïe s'était affinée et je pouvais dire avec précision que Legolas se tenait derrière moi à une vingtaine de chita de moi. Je posais discrètement ma main sur l'une de mes deux dagues qui pendaient à ma ceinture. Ensuite je fis un mouvement brusque, pivotant sur mes jambes qui se plièrent jusqu'à raser le sol avec mon pied. Il esquiva mais je fus plus rapide que lui et il se retrouva acculé dans un coin avec ma dague pointée sur lui.

« Est-ce là un défi, elfe ? », demandais-je avec mon sourire moqueur qu'il commençait à bien connaître.

« Bonjour à vous aussi. », répondit-il simplement alors que je rengainais ma lame. « Comment faites-vous ? »

« Pour vous entendre ? Vous faites autant de bruit qu'un nain ! », me moquais-je en sortant de la maison à sa suite. Evidemment c'était faux, mais on n'échappait pas si facilement à ma magie. L'air était un élément des plus utiles pour cela.

« Vous moqueriez-vous ? », demanda-t-il en arborant à son tour un sourire narquois.

« Absolument pas, ce n'est pas dans mes habitudes. », plaisantais-je avant de reprendre un air sérieux. « J'espère que votre sommeil fut doux car ce matin je vous laisse une nouvelle chance pour m'impressionner. »

« Une provocation en duel si j'en crois mon expérience ? J'espère que vous ne serez pas trop déçue de la défaite votre majesté. », fit-il avec un ton posé et maîtrisé.

« Votre prétention vous perdra prince. Oh ! Isor, vous êtes déjà là ? », m'étonnais-je en apercevant mon ami qui nous attendait de pied ferme dans le cercle de combat.

« Je n'aurais manqué cela pour rien au monde ma chère ! », lança-t-il.


Et voilà, j'espère que ce chapitre vous aura plu ! J'ai essayé d'en dire le plus possible sur ce peuple tout en laissant planer quelques mystères ! Dites-moi ce que vous en pensez !