Chapitre 3

POINT DE VUE D'EDWARD

Cela faisait deux mois que je la voyais si faible si … humaine. Je ne savais même pas qu'il était possible d'humaniser un vampire. Contrairement à elle, que cette perspective rendait malheureuse, la plupart des membres de la famille voyait favorablement cette option.

Aussi, Rosalie avait décidé de demander aux enfants de la lune de la mordre. Dès qu'elle avait appris la mésaventure de ma Bella, elle avait choisit cette alternative. Esmée avait quand à elle de plus en plus de mal à contenir son attirance pour les humains. Alice s'était enfermée dans sa chambre pour réfléchir.

Nous, les vampires mâles, voyons les compagnes de nos éternités belles et biens décidé à se faire humaniser.

Moi, je me morfondais dans mon coin. Cette histoire allait diviser la famille.

Mais un peur me taraudait: Bella avait de plus en plus le physique d'une femme de vingt cinq ans. Alors je me demandais si cette transformation ne donnait pas l'age que nous aurions du avoir à notre corps.

C'est pour ça qu'il fallait que j'empêche Rosalie et Esmée de se transformer. Elles deviendraient des vieilles femmes centenaires, voir des momies, si on les laissait faire. J'avais exposé cette idée à Carlisle qui m'avait expliquer tristement que si tels étaient leurs choix, on ne pourrait les en empêcher.

Ma fille se sentait mise à part dans cette histoire. Même Rosalie se détournait d'elle.

Je faisais de mon mieux pour la consoler et lui expliquer que tante Rosalie voulait un enfant plus que tout.

J'étais plongé dans mes rêveries -allongé dans notre lit, à moi et Bella, dans notre maison- quand je sentis l'odeur alléchante de ma femme. Le venin coula à flot dans ma gorge. Je l'avalais en vitesse.

La femme de ma vie s'assit sur mes genoux, sans mot dire.

Je lui caressais doucement le dos. Elle gémit de contentement et se tourna pour m'embrasser. Mes traits se fermèrent et je la repoussais sans brutalité.

-Bella... Je ne pourrais me retenir!

-Mais tu l'as déjà fait Edward! Protesta elle.

Voyant que je ne réagissais pas, elle ajouta, désespérée:

-J'ai envie de toi! Non mieux. J'ai envie de faire l'amour tout court! Je t'aime Edward, mais je ne retiendrais pas longtemps mes hormones! Si tu ne veux pas me faire plaisir, j'irai chercher ailleurs.

Mon corps était tendu de désir mais sa dernière phrase me choqua. « J'irai chercher ailleurs ». Elle devait en avoir besoin. Moi aussi. Si elle savait la torture, mentale et physique, qu'elle m'infligeait en me disant ça!

Pour illustrer ses paroles, elle enleva lentement ses habits, devant moi, m'embrassa de force. J'étais le plus fort mais je n'arrivais pas à résister. Je ne VOULAIS pas résister. Mais je le fis tout de même. Lui faire mal était la dernière chose à faire.

Sentant ma réticence, elle attrapa ses affaires et se rendit dans la salle de bain, vexée.

Même de là où j'étais, je pouvais sentir son odeur. Mais je fis de mon mieux pour l'ignorer. Je chantonnais doucement sa berceuse pour me donner du courage.

Ma Bella. Mon soleil.

Ce fut ce moment qu'Alice choisit pour entrer. Elle me regarda et comprenant que je n'allais pas bien, elle s'agenouilla devant moi.

-Écoutes moi, Edward. Ce dont elle a besoin en ce moment, c'est de force et de courage. Pas de mon imbécile de frère qui se traine comme une loque dans toute la maison. Alors tu vas mettre ma petite sœur de bonne humeur, emmène la au restaurant, à Paris, sur l'île d'Esmée je n'en sais rien! Mais si elle n'a pas retrouvé le sourire avant demain au soir, je l'emmène loin de toi.

Elle accompagna ses paroles de gestes menaçants.

« Quel imbécile. Non mais je te jure. Pauvre Bella. Il n'a pas l'air de se rendre compte à quel point elle souffre. En plus avec Esmée et Rosalie qui font des leurs et qui préparent leurs futures vies humaines, quelle famille! »

-Edward, si tu en le fais pas pour moi où pour le bien de cette famille, fait le au moins pour la femme qui tu aimes!

Je hochais la tête. Elle avait raison. Demain, j'emmènerai mon humaine de femme à une pièce de théâtre. Pourquoi pas Roméo et Juliette ?