Disclaimer : Tout est à JK Rowling, sauf les idées loufoques !
Béta : BettyMars
Bonjour à tous ! me voici avec le 3eme OS des mésaventures de James. A raison d'un OS par mois, je me trouve bien plus régulière que je ne l'aurais cru … bref, j'espère que celui-ci vous plaira !à bientôt pour l'OS suivant !
Mauvais endroits.
C'était pourtant parti d'un bon sentiment. Honnêtement, il n'avait pas pensé à mal. Il avait juste envie de rendre la vie un peu plus douce à son ami, son frère, durant ces longues semaines. Il avait d'ailleurs dû batailler dur avec son père pour obtenir ce qu'il désirait. Il avait également dû faire des sacrifices. Il devrait se passer d'argent de poche pendant une année entière et il savait que son cadeau de noël serait plus raisonnable. C'était la façon de faire de ses parents pour lui apprendre la valeur de l'argent. Il ne savait pas si l'idée portait ses fruits ou pas, mais il avait au moins eu la satisfaction de voir une étincelle de joie illuminer les yeux de son ami.
Mais maintenant, la satisfaction était bien plus âpre. Avec un soupir James se replongea dans le souvenir de ce moment là pour éviter de penser que son idée était finalement très empoisonnée et qu'il aurait mieux fait de s'abstenir. Ou de réfléchir un peu plus avant de se jeter tête baissée dans ce projet. Autant il pouvait faire preuve d'une grande ingéniosité quand il s'agissait de s'attaquer aux Serpentards ou de déjouer l'autorité, autant avec ses amis, il avait un manque de jugeote indéniable.
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Les vacances d'été étaient enfin arrivées. Le Poudlard Express serpentait dans la campagne anglaise depuis un bon moment et la gare de Londres se rapprochait à grands pas. Les Maraudeurs profitaient de leurs derniers moments ensemble avant d'être séparés pour deux mois. L'année prochaine serait plus sérieuse, du moins les professeurs l'espéraient, car ils feraient leur rentrée en cinquième année et qu'ils auraient leurs BUSE à passer. Mais dans l'immédiat, tout ça était bien loin pour eux.
James avait tenté une approche auprès de Lily juste après le passage du chariot de friandises mais était revenu, la joue en feu, défiant Peter dans une bataille explosive comme si de rien n'était. Sirius était alors penché sur leurs notes à propos de la carte magique qu'ils tentaient de mettre au point pour ne plus se faire avoir. Sans lever la tête, il avait ricané à le voir agir ainsi alors que Remus avait rajouté une petite croix sur son marque page avant de se replonger dans son livre.
Quand la fin du voyage fut quasi imminente, que chacun avait rangé toutes ses affaires dans les malles, James se leva, s'étira et vint s'avachir sur la banquette à côté de Sirius. Avec un petit sourire en coin, il glissa sa main dans sa poche pour en ressortir un petit paquet emballé dans du papier kraft et fermé par un bout de ficelle. Puis, il le tendit à son ami avec une joie difficilement dissimulée.
- Cadeau !
- Pour moi ? Mais ce n'est pas mon anniversaire !
- Si tu ne le veux pas, moi je l'accepte avec plaisir, s'amusa Remus avant de le voir attraper le paquet avec possessivité.
- Même pas en rêve Moony !
Sirius lança un regard noir au loup-garou avant de baisser ses yeux sur ce qu'il tenait dans ses mains. Il hésita un instant. Pourquoi lui offrir un cadeau maintenant ? Certes, James lui refilait régulièrement des Patacitrouilles ou des Plumes en Sucre mais c'était principalement pour compenser toutes les Réglisses Malices qu'il lui dérobait secrètement tout au long de l'année. Là c'était bien différent.
- Ouvre Banane ! Le train va bientôt arriver, ricana James.
Laissant ses questions de côté, Sirius laissa la joie d'avoir un présent inattendu l'envahir, et il arracha l'emballage en quelques secondes. Un instant après, il fronçait les sourcils. Certes, il lui arrivait de rester un certain temps dans la salle de bain car il aimait être à son avantage, mais de là à lui donner un miroir portatif, il y avait un fossé ! Il le fit tourner entre ses doigts, réfléchissant à la façon de réagir sans blesser son meilleur ami. Un éclat nacré apparut l'espace d'une seconde sur son reflet et ses yeux s'écarquillèrent.
- Un miroir à double sens ! Bordel James t'as eu ça où ?
- J'ai demandé à mon père. Comme ça, cet été tu pourras me joindre si jamais t'en as marre de ta stupide famille.
Comme pour illustrer ses dires, le brun à lunettes sortit son propre miroir de sa poche et l'agita devant lui avant de le ranger vivement quand deux filles de sixième année passèrent en gloussant devant la porte.
- Mince, c'est génial ! S'écria Peter. Dommage qu'on n'en ait pas deux de plus, ça pourrait nous aider pour déjouer les profs le temps que la carte n'est pas au point.
- Ouais mais ça coûte une côte ce machin là, grimaça Sirius. Je ferais un beau cadeau de noël à ton père cette année. Tu sais pas ce qu'il aimerait avoir ?
- Un fils calme et adorable ? Répondit Remus avec sérieux.
- On peut avoir le côté calme avec une potion, mais pour le rendre adorable … , se moqua Peter.
- Merci les gars, c'est bien de se sentir soutenu. Ceci dit, ce n'est pas faux qu'il aimerait recevoir moins de lettres de Dumbledore et de McGo.
- Alors on va finir la carte au plus vite comme ça on ne se fera plus prendre ! S'exclama Sirius.
- C'est ton cadeau Siri, dans ce cas c'est à toi de la finir seul, fit remarquer James avec moquerie.
- Ouais mais si je la finis seul, vous pourrez toujours vous gratter pour que je vous la prête. Bon James, va aux toilettes qu'on teste les miroirs avant de partir.
- Pourquoi aller aux toilettes ?
- Parce que si tu restes ici, le résultat sera faussé car je t'entendrais en réel !
- Ben t'as qu'à y aller aux toilettes ! Pourquoi ce serait moi ?
- Parce que Lily y va toujours avant l'arrêt du train pour affronter le trajet jusque chez elle en voiture, répondit Peter avec amusement.
Un éclat de rire retentit quand une seconde plus tard, le jeune amoureux disparut du compartiment dans un claquement de porte. Le test fut réussi, à la grande joie de Sirius qui avait enfin un peu de baume au cœur pour ces vacances. Pour James ce fut moins concluant car il n'avait malheureusement pas trouvé Lily. Quant à Peter et Remus, ils se regardèrent complices et soulagés. Le temps des beuglantes semblait enfin être terminé !
Mais ce que le jeune Potter n'avait pas calculé, fut que son ami avait une famille très, mais alors vraiment très désagréable. Aussi, le soir, alors qu'il s'apprêtait à aller se coucher, le miroir chauffa pour la première fois. Inquiet, il fronça les sourcils et se dépêcha de fouiller dans la poche de son pantalon pour en sortir l'artefact. Le visage souriant de Sirius apparut à la place de son propre reflet et il soupira de dépit.
- Ça marche ! Ça marche même avec la distance Jamesie chéri ! C'est génial !
Et la communication fut coupée aussi soudainement qu'elle fut créée. Oui, génial, pensa James en cracha la mousse de dentifrice qu'il avait dans la bouche. Mais il se serait bien passé d'un tel appel alors qu'il était en train de se laver les dents !
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Un sourire étira les lèvres du garçon à ce souvenir. Un sourire un peu dépité. Au moins Sirius avait été en joie à ce moment là. Et c'était si rare quand il était chez lui … mais maintenant avec le recul, il pouvait aisément remarquer que c'était un avertissement du destin. Une alerte dont il n'avait pas tenu compte et qui avait annoncé la catastrophe sur le point d'arriver. Avec un ricanement, il se fit la réflexion que Sirius, à lui tout seul, était une calamité et qu'il aurait dû se douter que l'avenir ne serait pas tout rose.
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- James. James ! Jaaaaaaaames !
- Oui Siri, je suis là.
- T'en as mis du temps ! Tu m'avais promis que le miroir resterait toujours à portée de mains !
- Et elles étaient pleines ! J'ai juste mis deux secondes pour tout poser sur mon bureau alors ne va pas faire un scandale non plus !
- Bien sûr que si ! C'est une catastrophe ! Non que dis-je, un drame ! C'est … c'est … c'est horrible !
- Il n'y avait plus de porridge au déjeuner ? Se moqua le garçon à lunettes.
- Non mais ça c'est normal. Je me débrouille toujours pour descendre le plus tardivement possible et Kreattur s'amuse à ne me laisser que des trognons de pomme ou du bacon carbonisé. Non c'est pas ça qui est terrible ! C'est c'est ….
- C'est ?
- C'est une tragédie blonde ! S'écria Sirius.
- Une … quoi ?
- Narcissa, ma cousine ….
- C'est laquelle déjà ?
- Pas Andie ni la tarée hystérique. C'est celle qui a quitté Poudlard l'an dernier.
- Ah oui. Elle est blonde, ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille.
- Oui et bien elle se marie dans un mois et je dois y aller !
- Oh, voilà donc pourquoi son nom me disait quelque chose, marmonna James. J'avais oublié le mariage.
- Elle épouse un Malfoy ! Cette pétasse blonde de Lucius !
- Et tu t'étonnes ? Merlin mais ta famille et la sienne sont tellement semblables que franchement, j'en suis pas étonné. Je ne sais par contre pas si je dois plaindre ta cousine ou l'autre abruti.
James vit Sirius froncer des sourcils avant de les relever très haut.
- Elle va le faire tourner en bourrique avec ses questions futiles et superficielles. Les nerfs de Malfoy vont en prendre un sacré coup … t'as raison, ça peut être intéressant à regarder.
- C'est une fille mais avec tous les défauts féminins regroupés dans sa petite cervelle trop étroite. Il peut pavaner tant qu'il veut, le Lucius, il va quand même s'afficher avec une dinde à son bras. Côté prestige tu m'excuses mais il y a mieux.
- Allez, sois pas vache, elle est mignonne Cissa, défendit faiblement Sirius.
- Ok, alors il a une dinde mignonne à son bras, t'as raison ça fait toute la différence. Aucun doute qu'il sera ravi de la farcir !
Sirius éclata d'un rire sonore qui entraina son ami dans son hilarité.
- Bref, en quoi ce mariage mérite le titre de tragédie ? Reprit le jeune Potter. Il ne te concerne pas.
- Mais tu écoutes quand je te parle ? Je suis obligé d'y aller ! Avec coutume de sang-pur, tenue de sang-pur et retenue de sang-pur.
- En gros ce mariage va tourner à l'enterrement quand tu seras mort étouffé par la bienséance des Black …
- En gros.
Un silence inhabituel accueillit ces dernières phrases. Sirius se demandait s'il y avait une possibilité pour qu'il meure d'ici là… ou plutôt que l'un des mariés meure d'ici là. James de son côté, essayait de réfléchir à ce qu'il pourrait faire pour aider son ami alors qu'il ne serait pas présent. Ce mariage dans la haute faisait largement parler de lui dans la presse car c'était évidement la mondanité de l'année. Mais l'animosité entre les Potter et les Malfoy avait résolu le problème d'un quelconque malaise ce jour là … La famille de James avait publiquement été non invitée.
- Tu peux toujours t'amuser discrètement, proposa l'épargné de corvée.
- Et comment ? Il n'y aura que des abrutis plus huppés les uns que les autres. Je les déteste, Merlin que je les déteste !
- T'as toujours la potion qu'on avait fait boire à ton frère en seconde ?
- Non pourquoi ?
- Parce que ça aurait pu être marrant de la faire boire à Malfoy.
- Sauf que Regulus saurait tout de suite que c'est moi et le dirait aux parents … qui d'ailleurs reconnaitraient très certainement le résultat qu'on a eu avec leur fiston chéri-adoré-parfait-immaculé.
- C'est vrai. Même s'ils ne feraient rien à la cérémonie pour ne pas jeter l'opprobre sur eux, tu serais douloureusement puni par la suite. Désolé.
- En fait ça pourrait être marrant. Comme tu dis, ils ne pourraient rien me faire sur le coup car tout se règle dans l'intimité. Donc personne d'autre ne le saurait et ce serait drôlement amusant de voir la blondasse avec les cheveux aux couleurs de Gryffondor ! Après, et bien j'ai l'habitude des corrections du paternel et des mots doux de mamounette chérie. Ça vaut la peine de tenter le coup…
- Tu veux que je m'occupe de la potion et que je te l'envoie ?
- Euh ouais, ça pourrait être utile. Pas facile à la maison de jouer au potioniste sans se faire prendre.
- Ok, donc je m'en occupe et je te l'envoie dès qu'elle est prête.
- Et si tu t'approches d'un hibou avec une quelconque fiole, je te promets une fessée tellement forte que tu ne pourras plus t'asseoir avant noël.
James sursauta à la voix froide qui venait de retentir derrière lui. Il se retourna vivement en pâlissant considérablement.
- Maman ! Il fait beau aujourd'hui, hein ? Je me disais que je pourrais t'aider avec la roseraie aujourd'hui.
- Ne cherche même pas à détourner mon attention, James Henry Potter !
- Mais où donc vas-tu chercher de telles idées ? Demanda le garçon avec un sourire et un visage d'angelot.
Elisabeth Potter regarda son rejeton d'un air sévère, les bras croisés sur sa poitrine. Elle semblait peu encline à se laisser amadouer. Il fallait avouer que les frasques incessantes de James pesaient lourd dans la balance. Elle pourrait monter une encyclopédie en trois volumes rien qu'avec les avertissements reçus de Poudlard. Et puis cette fois, il s'agissait quand même du mariage de l'année, de la décennie presque. La dernière des Black qui épouse l'héritier unique des Malfoy, ce n'était pas rien.
Tout le gratin mondain et sang-pur, les journalistes, le Ministère et tout un tas de personnes haut placées seraient de la noce. Une réception de plusieurs centaines d'invités et son fils manigançait avec son meilleur ami pour faire une blague au marié. Certes, madame Potter n'aimait pas, mais alors pas du tout, la famille Malfoy, mais de là à participer à ce genre de bêtises en fermant les yeux, il y avait tout un monde.
- Ouais ben laisse tomber Jamesie, finalement je me débrouillerais pour la faire la potion par moi-même. Et euh … bon courage mec.
La communication fut coupée. Et James hésita. Se taper la tête contre les murs et jouer à l'elfe de maison repentant devant sa mère pour éviter les ennuis, ou se sauver par la fenêtre avec son balai pour être sûr de prendre assez d'altitude pour correctement mettre fin à ses jours sans se louper. Il n'eut pas le temps de choisir qu'il sentit qu'on l'attrapait par l'oreille et qu'on le tirait jusqu'au coin. Un instant après, il se retrouvait face au mur, avec sur la tête, un seau rempli à ras bord d'une substance gluante et puante, qu'il tenait fermement de ses mains car il ne voulait absolument pas à le renverser sur lui. Ah, avait-il oublié de parler de la plume qui était enchantée pour le chatouiller ? Sa mère était démoniaque … Et son meilleur ami un mort en sursis.
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James grimaça à ce souvenir. Il avait battu son record de longévité ce jour là. Il avait tenu huit minutes et treize secondes avant de se retrouver submergé par le seau. Un seau rempli d'un mélange d'excréments, d'œufs pourris, de bave ou de morve … ou des deux d'ailleurs, et de bien d'autres choses qu'il n'avait pas eu envie de décortiquer. Il avait dû prendre au moins quatre douches et deux bains parfumés pour ne plus sentir l'horrible odeur qui s'était accrochée à lui. Tout ça pour se rendre compte que sa mère avait refusé qu'un elfe nettoie sa chambre et qu'il devrait le faire de lui-même s'il voulait pouvoir un jour ne plus considérer cette pièce comme zone sinistrée.
Sa mère avait bien fait les choses car il n'avait pas retrouvé sa baguette mais n'avait pu manquer le seau, cette fois rempli d'eau propre savonneuse, accompagné d'une éponge et d'une brosse. Il avait été quitte pour squatter la salle de bain quelques heures supplémentaires et pour dormir la fenêtre ouverte pour ne plus être incommodé par l'odeur. Autant dire qu'il avait fait profil bas durant les semaines qui avaient suivi. Mais il avait tout de même pris le temps de récupérer un peu de la mixture qu'il avait enfermée précautionneusement dans une fiole. Il comptait bien la garder au chaud pour Sirius celle là …
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Le mois d'Août était maintenant bien débuté, entraînant dans son sillage le fameux mariage blond. Sirius avait bien contacté James quelques fois entre temps, mais jamais il n'avait fait allusion à l'évènement ou à la probable blague qu'il comptait faire. Et le brun à lunettes n'était pas certain que cela soit rassurant. En fait il était même certain que l'apocalypse serait douce à côté de tout ce que son ami pourrait prévoir. Sa haine de sa famille pouvait le rendre créatif.
S'il gardait son miroir à portée depuis le début des vacances, ce jour là, il l'avait presque gardé à la main depuis le moment où il s'était réveillé jusqu'au soir. Les seuls moments où il l'avait rangé dans sa poche furent lorsqu'il avait été en présence de ses parents. Ceux-ci l'avaient guetté d'un œil suspicieux. Evidement, sa mère avait parlé à son époux de la conversation qu'elle avait surprise. Pas le jour même, mais peu de temps après. Il s'en souvenait très bien, il avait été obligé de passer son dimanche dans le salon, à supporter ses parents en train de se bécoter pendant qu'il devait faire ses devoirs de vacances.
Depuis que son père s'était rendu compte combien c'était une torture pour lui de les voir jouer aux amoureux, il avait mis au point ce genre de punition. Là il avait eu la chance d'avoir ses cours, mais des fois, il devait rester assis sur un fauteuil et les regarder se lire des poèmes, se faire les yeux doux, se déclamer des déclarations d'amour mielleuses, et horreur suprême, s'embrasser comme s'ils avaient quinze ans ! Par les chaussettes de Merlin, ils étaient vieux ! Ils ne devraient même plus se donner du « mon ange », « mon cœur », « mon petit sucre » ! Mais non, Henry et Elisabeth Potter étaient d'éternels adolescents en manque.
Et James n'osait même plus passer devant leur chambre, de peur de découvrir qu'ils avaient encore une vie sexuelle ! Si un jour on lui apprenait qu'il allait être grand frère, il se promettait de devenir responsable durant quelques heures afin de leur apprendre que dans la vie … ben c'était à lui de roucouler avec sa Lily pendant que eux devraient juste faire ce que tous les autres parents étaient censés faire. C'est-à-dire : arrêter de s'embrasser à longueur de temps !
Bref, tout ça pour dire qu'il avait déjà subi l'horreur bisous baveux pour avoir suggéré d'utiliser une petite potion de coloration capillaire au mariage. Alors si jamais Sirius faisait carrément tout sauter, il n'osait même pas imaginer ce qu'il devrait subir. Pas la chambre à coucher, Merlin, pas la chambre à coucher ! Bon en étant honnête, il pourrait affirmer que jamais ses parents ne lui imposeraient ce genre de scène intime. Mais la crainte d'une bourde de son ami lui faisait un peu perdre les pédales.
Le miroir brilla brusquement le faisant sursauter. Il était tellement perdu dans ses pensées qu'il mit quelques secondes avant de tendre la main pour l'attraper. Aussitôt, il aperçut le visage maussade de Sirius. Ah … alors avait-il abandonné toute idée belliqueuse et s'ennuyait comme un rat mort à la réception ? Ou alors avait-il merdé quelque part dans son affaire ? Bizarrement, il ne savait pas laquelle des idées il préférait et il trouvait cela terriblement troublant.
- Siri, ça va mon frère ?
- Non.
- Ah.
James passa sa main dans ses cheveux, les ébouriffant fortement, avant de s'asseoir sur le sol, contre le mur sur lequel il appuya un peu violemment sa tête.
- Je suis aussi bien installé que possible, tu peux développer.
- J'avais réussi à refaire la potion sans que les vieux ne soupçonnent quoi que ce soit et sans que Reg et son nez de fouine ne viennent tout découvrir. Et pourtant, comme je te l'ai déjà dit, il est particulièrement collant depuis le début des vacances !
- Donc tu as décidé de tenter la potion, même si ma mère a failli me dépecer. Tu sais ce qu'elle va me faire si jamais elle apprend que tu as fait quoi que ce soit à ce putain de mariage ?
- Je lui ferais un câlin et ça calmera la tourmente, t'inquiète.
- Ouais mais d'ici qu'elle te voit, j'aurais eu droit à une leçon en images du comment on fait les bébés, marmonna James.
- Donc, continua Sirius sans réagir de l'interruption, j'ai laissé la première partie de la cérémonie passer, et je suis officiellement allé aux toilettes. Mais voilà, ma vermine de frère m'a suivi et a découvert que je n'y étais pas vraiment allé. Il est allé chercher mon père qui m'a choppé juste avant que je ne verse la potion dans le saladier de boisson. Comme tout le monde était en train de pleurer hypocritement sur l'union de Pimbêche et Connard, personne n'a fait attention à nous.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait ? S'inquiéta le jeune Potter.
- Il m'a enfermé dans un placard pendant presque une heure avant de revenir avec Abraxas Malfoy. Là ils ont papoté comme s'ils étaient les plus grands amis du monde tout en me traînant dans le couloir afin de m'enfermer jusqu'à ce que le retour soit sonné.
- Tu es où là ?
- Dans un cachot humide, moisi et puant. Parait que comme ça je suis au calme pour penser à mon comportement indigne. Mais honnêtement, quand je vois tout ce qui traîne sur les murs ou le sol de cette cave, je ne suis pas certain d'être le plus indigne de la famille ! Je commence à me demander si la soirée d'union ne va pas se finir par un sacrifice humain.
- Tu veux que je prévienne mon père ? Je suis certain qu'il pourrait trouver une excuse pour s'incruster et venir te chercher.
- T'inquiète, ils me feront rien. J'ai beau être un traître à la famille, aux Serpentards et tout et tout, je n'en reste pas moins l'aîné, l'héritier de cette prestigieuse famille … Enfin bref, je m'emmerde dans ce cachot sombre et froid et j'ai faim car je n'ai même pas pu faire main basse sur un petit four. J'aurais dû écouter ta mère tiens, je m'emmerderais tout autant mais dans de meilleures conditions pour mon estomac.
- C'est vrai que voir les mariés, cousine Bella et tout le bataclan, c'est plus agréable que la solitude d'un cachot, ironisa James.
- Je n'avais pas vu ça comme ça … ouais finalement je suis pas mal là. Et toi t'as fait quoi de ta journée ?
- Rien, j'ai attendu ton coup de miroir toute la journée en me demandant comment mes parents allaient me punir pour tes conneries.
- Et je te dérange pas au moins ?
- Bah, j'étais sous la douche et je commence un peu à avoir froid, mais bon je suis rassuré que tu n'ailles pas trop mal.
- Ouais, ça va … sauf que j'ai un peu les yeux qui brûlent tous seuls.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? S'inquiéta son ami.
- Jamesie, tu devrais vraiment relever le miroir … installé comme tu es, j'ai une vue plongeante sur tes parties depuis tout à l'heure mon pote. Si encore tu étais une fille … là franchement tu m'excuses, mais j'ai vraiment l'impression de discuter avec lui.
Même si à Poudlard les douches étaient communes, James avait assez de pudeur pour ne pas s'exposer volontairement. Aussi quand il se rendit compte qu'effectivement, il avait les bras posés sur ses genoux et que du coup, Sirius avait effectivement son sexe en premier plan, il rougit fortement en remontant sa main devant son visage. Son ami rigola franchement à sa réaction et le traita de demoiselle effarouchée.
- Y a pas idée aussi de m'appeler durant les dix minutes où je suis sous la douche alors que je suis resté accroché au miroir toute la journée, s'offusqua-t-il.
- La prochaine fois je t'enverrais une beuglante pour te prévenir quand je te contacterais, pleura de rire le garçon dans le cachot. Ah non c'est vrai, vous me les avez planquées !
- Connard. Je te rappelle tout à l'heure.
James coupa la communication et reprit sa douche. Il n'y avait décidément que Sirius pour le joindre aux pires moments de la journée ! Peut-être devrait-il souffler à ses parents qu'il voulait bien un petit frère ou une petite sœur à la condition que son meilleur ami soit témoin du bon déroulement de toute l'opération … quoique non. Cela voudrait dire qu'il pensait à ses parents en train de faire ça et il en était hors de question.
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Le pire à ce moment là, fut quand sa mère avait frappé à la porte en lui demandant s'il allait bien car cela faisait un moment qu'il était enfermé dans la salle de bain. Sans compter qu'elle lui avait signalé qu'elle avait entendu des voix et donc qu'elle savait que Sirius l'avait contacté. Il avait soupiré en lui disant que tout allait bien mais n'avait pu résister lorsque la menace d'un énorme câlin familiale en fin de mois sur le chemin de traverse fut abordée.
Elisabeth Potter était tyrannique. Oser lui promettre de jouer à la maman surprotectrice avec lui et à la maîtresse aimante avec Henry, et ce devant inconnus et amis, avait de quoi rendre malade n'importe qui. Bref, il avoua que Sirius avait tenté sa blague, qu'il s'était fait prendre et qu'il croupissait dans un cachot. Madame Potter l'avait regardé en secouant la tête de dépit avant de l'envoyer dans sa chambre pour la nuit. Et alors qu'il repartait dans le couloir, elle pouffa de rire en lui demandant si le jeune Black avait apprécié la vue.
Un « maman ! » crié, suivi d'un éclat de rire résonna dans le couloir alors que l'adolescent se précipitait, rouge de honte, dans son lit. Par le caleçon de Merlin, il voulait une mère, une vraie ! Pas cette espèce de gamine qui pourtant le menait à la baguette à chaque fois qu'il désobéissait. Même du fond d'un cachot moisi, son meilleur ami arrivait encore à le fourrer dans des situations pas possibles. Mais quelle idée de lui avoir offert un miroir à double sens ! La prochaine fois, il y réfléchirait à deux fois avant de faire ce genre de bêtises.
Parce que mine de rien, ce maudit miroir lui avait bien pourri la vie ces derniers temps. Fin août, comme chaque année, il était allé sur le Chemin de Traverse pour acheter ses fournitures scolaires. Sirius l'avait appelé dans le courant de la journée pour pester contre ses parents qui l'empêchaient de s'y rendre aussi. Tout ça à cause de Regulus qui n'avait rien trouvé de mieux que de s'initier à l'alcool en chipant une bouteille de whisky Pur-Feu dans la réserve d'Orion Black. Sauf que le paternel avait remarqué le vol et le cadet avait avoué, ses yeux débordant de fausse innocence qu'il n'était au courant de rien mais qu'il avait vu Sirius traîner près du bureau.
Evidement, Orion l'avait cru lui et non les récriminations de l'aîné, pour une fois blanc comme neige. Forcément, avec les différentes frasques de Sirius, Regulus passait pour un ange même quand il était coupable. Bref, James avait évidement été déçu et énervé de ne pas le retrouver, surtout que Remus devait se remettre de la pleine lune et que les parents de Peter avaient, cette année, décidé de faire leurs courses plus tôt. Pourtant ce ne fut pas à cause de cette solitude que le jeune Potter avait le plus pesté.
Non, c'était parce qu'il avait retrouvé Lily à la librairie et qu'il avait réussi à entamer une conversation amicale avec elle quand son ami l'avait contacté en vociférant tous les jurons possibles et imaginables. Même s'il n'avait pas répondu à l'appel, la jeune fille avait cru que c'était lui qui l'insultait. Elle l'avait giflé, frappé avec un livre avant de lui écraser le pied et de partir comme une furie. Ce ne fut qu'à ce moment là qu'il avait attrapé le miroir pour entendre sans vraiment les écouter, les récriminations vulgaires de son ami.
La fois suivante fut juste après la rentrée. Les sélections de Quidditch avaient eu lieu quelques temps avant et le premier entraînement aurait déjà dû de faire. Sauf que les Serpentards avaient débarqué avec un mot de Slughorn pour le droit au terrain alors que les Gryffondors avaient déjà réservé pour la fin de l'après midi. Cela avait tourné en pugilat verbal avant que James et le batteur de l'équipe adverse n'en viennent à sortir leurs baguettes. Ils avaient fini tous les deux à l'infirmerie pendant que les autres joueurs s'étaient dispersés, laissant le stade libre.
Une fois que Pomfresh les eut réparés, les deux garçons avaient pris la direction du bureau du directeur afin d'affronter les conséquences de leurs actes. Les deux directeurs de Maison avaient été présents et les avaient regardés avec un regard si désapprobateur, que James aurait presque préféré voir ses parents se tripoter. Pourtant, le moment difficile devint franchement gênant quand le miroir chauffa dans sa poche. Il ferma les yeux de dépit, priant pour qu'une fois dans sa vie, Sirius attende qu'il l'attrape avant de parler, mais sans grande illusion.
Et effectivement, un instant plus tard, la voix surexcitée de son ami lui criait qu'il avait mis sa langue dans la bouche d'une Poufsouffle de sixième année et que c'était la meilleure chose qu'il n'avait jamais faite au monde. Une exclamation offusquée échappa à McGonagall alors que les deux Serpentards le regardaient comme s'il était fou. Seul Dumbledore le regardait avec un sourire, les yeux pétillants de malice, le félicitant pour cet exercice de ventriloque qu'il venait de leur offrir mais qu'il n'était pas l'heure à l'amusement.
Ce fut terrible pour son ego de savoir que les autres avaient marché dans cette fausse excuse, enfin peut-être pas sa directrice vu le regard qu'elle lui avait lancé … , et l'avaient réprimandé ou moqué pour son parlé si peu respectueux, mais que le directeur savait parfaitement la vérité. Il aurait préféré que ce soit ce batteur incompétent de Serpentard qui s'en rende compte et non les membres de l'autorité qui pourraient en glisser un mot à ses parents. C'était la honte suprême.
Pourtant ce jour là, son miroir à la main le visage dégoûté de Sirius en face de lui, il n'était plus certain de la fiabilité de son échelle de notation pour la honte. Il fallait avouer qu'en ce jour de sortie à Pré-au-Lard, les évènements avaient soufflé le chaud et le froid. Il s'était levé tout souriant, avec dans l'idée de passer une bonne journée. Son humeur était légèrement retombée quand il avait pris un énième refus de Lily pour l'accompagner au village. Il avait évité la gifle de justesse car les manigances de ses camarades de maison l'avaient incité à ne plus entrer dans leurs paris. Depuis qu'il était au courant, il ne savait plus comment agir avec celle pour qui son cœur battait.
Bref, après avoir évité la douloureuse confrontation de sa joue avec la main de la belle rouquine, il avait dû supporter l'humeur de chien de Sirius le temps du petit déjeuner. Un grand repas de famille avait été programmé pour, il ne savait plus quelle raison, et son ami avait été convié … largement menacé de douloureuses représailles était le terme le plus juste d'ailleurs. Et il avait quitté l'école par le bureau du directeur juste après avoir massacré son bacon au lieu de l'avaler et en tentant de tuer tout le monde d'un simple regard.
James avait alors profité de la journée pour flâner avec Remus et Peter tout en parlant du banquet d'Halloween qui avait lieu le soir même mais si ses deux amis étaient excités par les différentes sucreries qu'ils pourraient avaler, le jeune Potter n'avait pu que baver sur Lily qu'il avait eu en ligne de mire presque toute la journée. Ce bon moment de matage avait par contre vite tourné au désespoir quand son cœur avait été une nouvelle fois malmené. La jeune fille avait fini par le remarquer et lui signaler d'un regard noir qu'il ferait mieux de s'arrêter s'il ne voulait pas qu'elle le castre. Enfin c'était ainsi qu'il l'avait interprété car il doutait sérieusement qu'elle soit aussi vulgaire même dans sa tête.
Au moins cette fois, il avait été satisfait de voir que Snape n'était pas dans les parages. Il ne supportait pas que ce sale type soit si proche de sa Lily à lui ! Par les … parties de Merlin ! Il était quand même mieux que ce veracrasse huileux non ? D'ailleurs il avait toutes les filles de leur Maison ainsi qu'un bon nombre des Serdaigles et de Poufsouffles, qui soupiraient sur lui. Il suffisait qu'il s'ébouriffe un peu les cheveux et elles tombaient évanouies à ses pieds. Cela prouvait bien qu'il valait mieux que ce Snivel à la noix non ? Ben non, pas pour sa Lily d'amour.
Le moral en berne, il avait abandonné ses amis pour rentrer au château. Après s'être jeté sur son lit pour broyer du noir en solitaire, James avait sorti son miroir de sa poche, espérant désespérément que Sirius le contacte aussitôt. Mais cela n'arriva pas. Et il n'osait pas l'appeler de peur de lui attirer de bien vilaines bricoles. Avec la famille de dégénérés qu'il avait, il fallait s'attendre à tout. Surtout quand Bellatrix et son époux ainsi que le jeune couple Malfoy faisaient partis de la tablée. Le brun à lunettes sentit tout de même son humeur remonter légèrement. Sa situation n'était pas si pire que ça … lui au moins ne risquait pas sa vie juste pour avoir respiré de travers.
James avait alors rangé le miroir en soupirant, enfouissant sa tête sous son oreiller. Il ne l'avait ressortie qu'à l'arrivée des deux autres Maraudeurs qui s'empressèrent de partager avec lui quelques friandises et anecdotes amusantes et bienvenues. Sirius ne devait rentrer que le lendemain et ils avaient déjà décidé de se pencher sur leur carte en préparation. Ils avaient quelques essais à faire pour savoir si déjà, ils arrivaient à tracer le trajet d'une personne. Ils devraient donc avoir l'esprit clair et reposé. Aussi ils se dirigèrent assez tôt dans la Grande Salle, désireux de profiter au mieux du banquet de fête sans avoir à se coucher trop tard.
Maintenant il était presque prêt à aller se coucher et finalement, son moral était bien remonté tout au long de la soirée … jusqu'à maintenant. Comme à chaque fois que son frère de cœur était dans sa famille, il ne quittait jamais son miroir de peur qu'une alerte ne lui tombe dessus et qu'il ne doive prévenir quiconque d'une tentative de meurtre sur lui. Sauf qu'une nouvelle fois, il aurait mieux fait de s'abstenir. Il n'avait pas senti la chaleur le prévenir qu'une communication était en cours, mais il avait clairement entendu Sirius l'appeler vivement.
Instinctivement il avait attrapé le miroir pour lui faire face … sauf qu'il avait oublié où il était. Et à peine avait-il échangé quelques paroles avec son correspondant, qu'une flatulence des plus sonores leur coupa la parole avant qu'un « ploc » significatif ne les fasse tous les deux grimacer. Une chose était certaine, dorénavant, il laisserait son artefact à l'extérieur quand il irait aux toilettes. Cette situation était suffisamment embarrassante pour qu'il ne la retente plus jamais.
- Putain James, je t'aime vraiment beaucoup mon frère, mais j'aurais franchement préféré ne pas en entendre autant de ta part … ça casse le mythe là !
- Alors arrête de me contacter dans les pires moments de ma vie, grommela James.
Avec une énorme envie d'aller se pendre, il se dit que finalement, il allait peut-être lui rendre les beuglantes qu'ils lui avaient confisquées, après avoir justement confisquer le miroir … ainsi il aurait peut-être une chance de retrouver un peu l'intimité qu'il avait perdu depuis cet été !
