It's Been Awhile

La matinée du dernier jour d'Août s'averrait douce et ensoleillée, comme un dernier au revoir à l'été qui se mourrait. C'était le genre de jour où, contrairement aux apparences, tout le monde à Square Grimmaurd souhaitait paresser sous les couvertures tièdes. Tout le monde sauf une personne.

Harry Potter, évidemment, était assis seul en bas des escaliers, en face de la cuisine aménagée à la dernière mode, perdu dans ses pensées. Il semblait ne pas remarquer qu'il ne cessait de donner des petits coups de pieds dans le mur, ou que la tasse de thé qu'il s'était préparé était déjà froide. On aurait ou également dire qu'il s'en fichait complètement.

Ce qui explique le fait qu'il ait violemment sursauté, faisant un bond de deux mètres et que son pied ait brutalement heurté le mur lorsque qu'il entendit une voix derrière lui :

« Tu es matinal, aujourd'hui, Potter. »

Harry regarda fébrilement derrière lui pour découvrir les deux yeux de Maugrey Fol-Œil dirigé vers lui. « Heu, oui » murmura-t-il en frottant son pied.

Maugrey Fol-Eil claudiqua lourdement vers une table (comment Harry avait-il pu ne pas l'entendre ?) et Harry s'assit en face de lui. « Je ne m'inquièterais pas trop, si j'étais toi. Tout se passera bien. »

Harry lui lança un regard paniqué. Comment savait-il ? Que savait-il à propos de ses préoccupations ? Il n'en avait parlé à personne, même pas à Ron, alors comment Maugrey Fol-Eil –

« Tout ça ce n'est que du spectacle… Fichu Fudge, il est maintenant capable de bouger son derrière inutile ! Et après avoir passé tant de temps à nier… Ridicule. Tu veux une autre tasse ? »

« Heu… Non merci » dit Harry, en s'empêchant de soupirer de soulagement. Maugrey parlait juste du fait que Harry doive aller au Ministère de la Magie pour donner sa version officielle des faits, à propos du piège du Département des Mystères. Tout le monde avait déjà fait sa déposition, mais Harry avait du aller à Privet Drive pour le début de ses vacances, et il n'était libre que maintenant. Dumbledore, Mr Weasley et Maugrey devaient aller avec lui.

« -donc je ne m'inquièterais pas. » finit Maugrey dans un grognement plus doux qu'habituellement.

« Merci », répondit à nouveau Harry, lui adressant un faible sourire et remerciant le ciel que Maugrey ne soit pas un Legilimens.

Parce qu'il ne s'inquiétait pas du tout de Fudge et du Département des Mystères. Tout ce qu'il avait à faire était leur dire ce qu'il s'était passé et répondre à leurs questions. Et il n'y avait aucun doute quant au fait qu'il se souvenait de tout, il avait revu les évènements tant de fois dans sa tête qu'il ne doutait pas de s'en rappeler une fois vieux et sénile.

Non, ce n'était absolument rien comparé à l'autre évènement de la journée. Son autre meilleur ami, lui, –qu'était-elle, maintenant ?- devait arriver un peu plus tard. Hermione revenait et Harry était submergé par ses émotions hors de contrôle. Il ne pouvait pas attendre de la revoir, même s'il souhaitait encore avoir un peu de temps avant qu'elle ne revienne.

Mais plus de temps pour quoi ? Plus de temps pour se réprimander de lui avoir envoyé cette lettre ? Plus de temps pour relire la sienne, mais s'il la connaissait par cœur ? Plus de temps pour se sentir coupable envers Ron, tout en entendant dans sa tête cette petite voix ennuyante siffler « Trahison ! Trahison ! » ?

Oh, Seigneur, il était si effrayé ! Qu'allait-il dire à Hermione ? Après de tels épanchements, que lui restait-il à dire ? Il avait l'impression d'avoir gaspillé toutes les parties intimes de sa personnalité il y avait 2 semaines. Il avait envoyé à Hermione une lettre tellement personnelle, si profonde qu'il ne savait pas s'il aurait le courage de la regarder à nouveau dans les yeux.

Mais après ces premiers instants, et après avoir reçu sa réponse, il était devenu de plus en plus facile d'écrire, et de continuer à être honnête et direct comme dans sa première lettre. Et ses lettres lui faisaient chaud au cœur, à l'âme. Apparemment, grâce à tous les Dieux et au destin, elle l'aimait aussi ! Il n'existait aucun mot pour décrire l'émotion qui l'avait possédé lorsqu'il avait lu sa réponse. C'était… surréaliste.

Maintenant, en y pensant, il était terrifié. Et si elle avait changé d'avis ? Si elle avait décidé qu »il s'agissait d'une erreur et qu'il valait mieux rester amis ? Il ne pensait pas pouvoir le supporter, si cela arrivait.

Harry se souvenait à quel point il était frénétique lorsqu'il avait vu Hedwige partir, cette fois-là. Les doutes ont douloureusement emplis son crâne alors que ses dents s'étaient mises à claquer, alors qu'il observait son hibou s'en aller dans le ciel. Il avait alors essayé de la retenir… mais il était trop tard, elle était déjà trop loin.

Et ensuite, il n'avait plus rien eu à faire, juste attendre. La semaine a passé, et chaque jour, il était furieux et soulagé de ne pas voir Hedwige avec la réponse d'Hermione. Chaque jour, il se sentait de plus en plus coupable vis-à-vis de Ron. Chaque jour, il soupirait de soulagement, mais se mordait la lèvre inférieure jusqu'au sang tant il était anxieux. Hedwige n'avait jamais été aussi longue, pourquoi n'était-elle pas là ? Peut-être que sa lettre avait tellement choqué Hermione qu'elle n'avait même pas pris la peine de répondre ?

Et puis enfin, sa réponse est arrivée. Et il a oublié toutes ses peurs et a continué à lui écrire. Ainsi de suite.

« Tu sais ce que tu vas dire ? » lui demanda Maugrey, arrachant Harry de sa rêverie.

« Heu… Oui, je pense » répondit-il. Savez-vous combien de temps cela va-t-il prendre ? »

L'œil magique de Maugrey tourna sur lui-même comme pour voir derrière sa tête. « Eh bien, l'horloge dans le hall indique qu'il est 9 heures moins le quart, donc nous ferions mieux d'être prêts. Dumbledore a dit qu'il serait ici vers 9 heures.

Harry se leva et vida d'un trait la tasse remplie de thé froid. « Je reviens dans un instant, d'accord ? »

Maugrey répondit par un grognement et Harry quitta la cuisine et monta les escaliers, essayant de se convaincre qu'il n'avait pas à s'inquiéter. Hermione serait ici dans peu de temps, et il saurait alors comment se passeront les choses entre eux.

Pour le meilleur, ou pour le pire.

"C'était une complète perte de temps" grogna Maugrey un peu plus tard, alors que lui, Harry, Dumbledore et Mr Weasley étaient revenus à Square Grimmaurd. « Pourquoi diable avons-nous rester si longtemps ? Potter a dit à ce fichu employé ce que n'importe lequel d'entre nous a déjà dit, mais il ne l'a pas écouté non plus… Espèce de sale inutile… Oh, bonjour, Minerva »

Le Professeur McGonagall fixa Maugrey avait une sorte de regard désapprobateur avant de se tourner vers Harry. « Vous allez bien, Potter ? »

« Oui », répondit Harry, en sentant ses intestins se tordre. Hermione était-elle ici ? Etait-elle arrivée ?

« Vos amis sont dans la cuisine, Potter » dit Mc Gonagall, comme si elle lisait dans ses pensées. Il la remercia d'un sourire avant de pousser la porte et d'être accueilli par un mélange de sons assourdissants.

« Harry ! Comment ça s'est passé ? » « As-tu faim, mon chéri ? » « Pourquoi cela-t-il pris tant de temps ? »

Il essaya de ne pas paraître déçu alors qu'il regardait dans la salle. Il y avait peu de monde, et aucun d'entre eux n'était Hermione. Il n'essayait de ne pas paraître impoli, mais après avoir écouté Maugrey pendant 5 minutes parler de Fudge, il se leva soudain de sa chaise.

« Est-ce que quelqu'un a vu Hermione ? »

« Oui, elle est en haut avec Ginny » répondit Ron et Harry combattit de toutes ses forces le besoin urgent d'aller la rejoindre.

Juste à ce moment-là, la porte s'ouvrit et son cœur fit un bond de plusieurs centimètres, mais ce n'était que Ginny. « Oh, salut, Harry ! Tu es revenu. »

« Oui », dit Harry. « Où est Hermione ? »

« Là-haut, en train de s'occuper de Pattenrond. Il s'est coincé la queue dans son panier, alors elle essaie de le convaincre de se clamer. Sale chat » dit-elle en s'effondrant sur une chaise.

Harry regarda Ron qui le regardait lui, aussi, une lueur de suspicion dans les yeux. « Qu'est-ce que tu as ? »

Harry a effacé toute expression de son visage, en espérant être convainquant. « Rien du tout, je… » Mais les mots moururent sur ses lèvres alors que la porte s'ouvrait à nouveau et qu'elle apparut. Ce fut comme si le quelqu'un avait baissé le volume du son autour de lui, et Harry ne voyait plus que la jeune femme devant lui.

Merlin, qu'elle était belle… Elle était bronzée, ses cheveux retenus en une longue queue de cheval, habillée d'un jean et un T-shirt portant une inscription en italien. Elle était tellement belle ! Ses lèvres avaient-elle toujours semblées aussi douces, où était-ce un effet de retour de vacances ? Ses yeux brillaient. Sa meilleure amie. Son amour.

Son observation était si attentive qu'il ne remarqua pas les regards compréhensifs des adultes autour de lui. Il ne vit ni le soupir de Ginny, ni le froncement de sourcils de Ron.

« Veux-tu manger quelque chose, Harry, mon chéri ? » demanda Mrs Weasley, la voix curieusement émue.

Harry détacha son regard d'Hermione. « Heu… Non merci »

« Harry ? » demanda Ron.

Sans un regard vers lui, Harry se leva. « Je reviens », dit-il en se ruant dans le couloir et dévalant les escaliers, les prenant de court. Il ne savait pas exactement où est-ce qu'il allait, il suivit juste son instinct, et il ne fut pas surpris de se retrouver devant la chambre de Buck.

Bien sur. C'était là qu'il s'était rendu compte de ses sentiments, et Hermione devait s'en souvenir. Prenant une grande inspiration, il poussa la porte et jeta un regard rapide à l'intérieur. Buck était allongé sur le sol dans un coin, presque endormi. Et elle était devant la fenêtre, lui tournant le dos.

Harry ferma la porte derrière lui et elle se retourna. Il sentit son estomac se retourner alors qu'ils se regardaient, dans un long et silencieux moment. Harry ne réussit à dire, ou à faire quoi que ce soit.

Et soudain elle sourit. Un timide, adorable sourire qui effaça ce gênant moment et bientôt, il ressentit comme la force d'une catapulte le projeter sur le mur : elle était dans ses bras.

Elle était dans ses bras et il ressentit quelque chose qui ne l'avait jamais effleuré auparavant. Il crut que son cœur allait exploser alors qu'ils se serraient dans leurs bras, et Harry ne voyait plus qu'elle : Ses cheveux, sa délicate odeur…

Il sentait son sang battre si fort à ses tempes et dans ses oreilles qu'il lui fallu un instant pour se rendre compte qu'elle prononçait son prénom sans arrêt. « Harry, Harry, Harry, Harry… »

Il la regarda dans les yeux. Il y résidait tellement de profondeur et de sentiments que même s'il l'avait voulu, il n'aurait pas pu empêcher les mots de franchir ses lèvres : « Je t'aime ».

Elle lui répondit par un beau sourire. « Je t'aime, moi aussi »

Harry toucha son visage, savourant le grain de sa peau. « Hermione. » Ce moment était-il réel ? Etait-il vraiment en train de se passer ? Etait-elle réellement dans bras, le regardant avec une telle adoration ?

Ses questions trouvèrent leurs réponses lorsqu'elle pressa ses lèvres contre les siennes. Pendant une fraction de secondes Harry resta immobile, glacé. Mais il l'attira bientôt à elle, collant leurs deux corps dans une étreinte passionnée. Ses lèvres s'entrouvrirent et Harry y glissa sa langue, jouant avec délice avec la sienne. Elle gémit alors que le baiser se faisait plus profond, puis se détacha de lui, haletante.

Les yeux d'Hermione étaient brillants, et ses joues rosées par le désir. Puis elle plissa ses yeux et déclara d'une voix supérieure. « Ce n'était pas mal »

« C'est vrai ? »

« Tu n'embrasses pas si mal que ça… » dit-elle en souriant.

Harry lui sourit en retour. Ca s'était beaucoup mieux passé que lorsqu'il avait embrassé Cho Chang ! Il sentait les poils de ses bras frémir, et sa tête lui paraissait étonnement lourde.

« Tu n'as pas été mal non plus… » dit-il avant de l'embrassant à nouveau.

Ils se serrèrent l'un contre l'autre un long moment, puis se séparèrent.

« Comment vas-tu ? » lui demanda-t-il, chuchotant pour une raison inconnue.

« Je me sens merveilleusement bien » chuchota-t-elle en retour, le regardant dans les yeux. « Oh, Harry, je suis tellement heureuse d'être ici ! Comme ça. Avec toi. »

Il sourit. « Tu es sure ? Ce n'était pas trop dur de laisser tous ces Italiens sexy et sensuels ? »

Elle le regarda d'un air dramatique. « Eh bien, maintenant que tu en parles… »

Ils restèrent ainsi, se souriant, et Harry déplaça sa main pour remettre une mèche de ses cheveux derrière son oreille, sentant son cœur battre encore plus fort. Il ouvrit la bouche pour lui demander de lui raconter ses vacances, mais juste à ce moment-là, la voix d'un des jumeaux s'éleva d'en bas des escaliers.

Et là une ombre se mit à planer sur le bonheur récemment découvert.

"Comment allons-nous le dire à Ron ? » demanda Hermione, démontrant une nouvelle fois comment elle pouvait lire dans ses pensées.

Harry soupira. "Je ne sais pas. Même depuis que je t'ai envoyée cette première lettre, je me sens terriblement coupable à propos de lui. Comme si je faisais quelque chose de mal. »

« Je pense que nous avons juste à être honnêtes avec lui, et le laisser être le premier à le savoir, tu ne crois pas ? »

Elle se mordit anxieusement la lèvre.

Harry leva sa tête "Je suis désolé"

"Pour quoi?"

"Pour compliquer notre amitié"

Elle toucha son visage. "Ca devait arriver. Une fille ne peut pas être si proche de deux garçons sans que les hormones jouent leur rôle. Et n'oublie pas, je suis tombée amoureuse de toi, moi aussi. »

Il la regarda et sourit et instinctivement, ils se comprirent. Ils se perdirent dans leur baiser, leur langue explorant celle de l'autre, quand soudain la porte s'ouvrit. Sentant son cœur tomber dans sa poitrine, Harry vit leur meilleur ami qui les regardait. Son visage exprimait un mélange de peine et de colère. Mais Harry n'y remarqua aucune surprise.

Ce n'était vraiment pas la façon dont il devait le découvrir !

« Que se passe-t-il ici ? » demanda brusquement Ron, ses yeux les scrutant avec méfiance.

Hermione s'avança vers lui et leva une de ses mains. « Ron. Viens, il y a quelque chose que nous devons te dire. »

"Quoi, je vais gagner la médaille du plus idiot du siècle ?" dit Ron, le bout de ses oreilles commençant à devenir rouge vif. Il donna un violent coup dans la porte pour la fermer, puis croisa ses bras sur sa poitrine.

« Allez-y, j'aimerais vraiment entendre ça. »

En voyant une telle agressivité de sa part, Harry hésita et regarda Harry. Il marcha vers elle et lui prit la main, la pressant doucement pour la rassurer. « Le fait est, Ron, que nous ne savons pas exactement comment c'est arrivé, mais Hermione et moi avons –« il s'arrêta, indécis quant à la façon de continuer, et la regarda.

« - Nous avons évidemment pris soin de l'autre, mais maintenant nos sentiments sont plus forts. Au-delà de l'amitié, je veux dire. » Hermione acquieça d'un signe de tête.

« Depuis combien de temps ça dure ? » demanda Ron.

« J'ai réalisé ce que j'éprouvais pour elle durant l'été et lui ai écrit. Elle m'a répondu, et m'a dit qu'elle ressentait la même chose. C'est la première fois que nous nous voyons depuis Juin dernier, comme tu peux le voir. » expliqua Harry.

« Comme je peux le voir » dit Ron d'une voix étrange, son regard posé sur leurs mains jointes.

Pendant un long moment, il y eut un silence pesant, pendant lequel Ron regardait leurs mains, et eux le regardaient d'un air anxieux.

Finalement, Harry n'en puit plus d'attendre. « Ron ? »

Ron sursauta comme s'il sortait d'une transe. Ses yeux se tournèrent lentement vers leurs visages et il sourit, mais cela ressemblait plutôt à une grimace. « Eh bien, je ne peux pas dire que je suis surpris. » Il continuait à fixer Hermione. « Je veux dire, tu l'as toujours plus aimé que moi. »

« Ce n'est pas vrai –« commença Hermione.

« Tu le sais, Hermione, ne le nie pas. » l'interrompit Ron. « Vous vous regardiez toujours comme si vous n'aviez pas besoin de parler pour savoir ce que pensait l'autre. Lorsque nous étions tous les trois, tu ne pensais qu'à lui. Même lorsque qu'il n'y avait que toi et moi, comme cet été, tout était « Harry ci, et Harry ça… »

« Pourquoi penses-tu que je me battais verbalement avec toi ? Tellement de fois ? » continua-t-il. « Quand tu étais en colère ou irritée, c'était à cause de moi que tu étais en colère ou irritée. C'était moi qui avais ton attention toute entière. Une fois ou deux dans la journée, tu me regardais. »

Harry baissa la tête. Il ne savait pas que Ron pensait ça, et à la façon dont il parlait, il était évident que Ron s'était mordu la langue à propos de ces choses-là plus d'une fois. La bouche d'Hermione s'était ouverte sous le choc, et les larmes commençaient à rouler sur ses joues. Elle s'agrippait de toutes ses forces à la main d'Harry.

« Ron, » dit-il.

Ron leva sa main. « Arrête. Laisse-moi m'exprimer, Harry. Vous avez été de bons amis, tous les deux. Et je sais que tu n'as pas eu une vie facile et j'espère que nous serons toujours amis après ça. Mais je n'aime pas ça. Nous sommes supposés être des meilleurs amis, tous les trois. Nous sommes supposés être Harry, Ron et Hermione, et pas Harry et Hermione, et Ron derrière. »

« Mais nous ne le serons pas ! » pleura Hermione, horrifiée. « Tu es toujours notre meilleur ami. Tu es toujours notre meilleur ami ! »

« Le suis-je ? » dit Ron d'un ton cassant et Harry se sentit soudain très irrité. Il savait qu'il y aurait des complications, mais il ne pensait pas que Ron remettrait en compte sa valeur, sa valeur pour eux. Comment pouvait-il même-

Mais avoir qu'il ait pu dire quoi que ce soit, Ron continua. « Tu as tout ce que tu veux, n'est-ce pas, Harry ? Un coffre rempli d'argent, un tout nouveau balai, tu es Attrapeur depuis ta première Année. Tu es le gagnant du Tournoi des Trois Sorciers. Tu as une des plus populaires et des plus belles filles de l'école en tant que petite-amie. Tu te devais d'avoir Hermione, également, je me trompe ? Peu importe si je la voulais. Si je la voulais pour moi-même. »

Hermione frémit à côté de lui et une vague de colère monta dans la colonne vertébrale de Harry. Se forçant à rester calme, à parler calmement, il demanda « De quoi est-ce que tu parles, Ron ? Tu aimes Hermione ? »

Ron gesticula, essayant apparemment de paraître nonchalant mais ses oreilles étaient toujours très rouges. « Pas de cette manière. Mais si ça avait été le cas ? Aurais-tu considéré mes sentiments avant de te l'approprier ? »

« Excusez-moi, mais je suis toujours là, vous savez » dit la voix d'Hermione, brisée par l'émotion. « Et j'apprécierais que vous arrêtiez de parler de moi comme si je n'étais qu'un objet que vous voulez vous approprier. »

"Mais ça n'a jamais été un problème, n'est-ce pas ?" dit froidement Ron. « Harry était toujours le meilleur avec toi. Vous me toléreriez simplement, je n'ai pas raison ? Je n'étais jamais aussi bon que vous deux. Je n'étais même pas dans la course. Je suis juste Ron, un autre roux et pauvre Weasley. » Il se tourna vers Harry, et sa voix devint mordante. « Tu es Harry Potter, cela va sans dire. Et tu es Hermione Granger, la sorcière la plus intelligente de l'histoire de Poudlard, toujours là pour les malheureux et les déprimés. Mais ce qui est drôle, ce qu'un de tes meilleurs amis était malheureux et déprimé, mais le soutenais-tu ? Me soutenais-tu ? »

Un tourbillon de pensées et d'émotions embrouillait le cerveau de Harry, l'empêchant de parler et de bouger. Il voulait étreindre ron, le frapper, lui hurler qu'il était un bon ami, une personne qu'il valait de connaître, mais tout ce qu'il pouvait faire était de regarder son meilleur ami la bouche ouverte.

»Comment peux-tu dire ça ? » dit lentement Hermione, la voix cassée. « Comment peux-tu nous dire ça, Ron ? Je sais que tu te sens écrasé par tes frères, par leurs exploits, mais quand Harry ou moi ne t'avons jamais donné le sentiment que tu étais inférieur à nous ? Quand ne t'avons-nous pas soutenu ? »

"Hmm, voyons voir" dit Ron d'un ton sarcastique, tapotant son menton. « Que penses-tu du jour où ni l'un ni l'autre n'a pu rester pour me voir jouer à la finale de Quidditch ? Je suis votre meilleur pote ; ce n'était sans doute pas trop de ma part d'attendre un peu de support de votre part ? »

L'injustice de Ron sortit Harry de sa paralysie. « Q'est-ce qui ne va pas avec toi ? Tu sais que c'était parce que Hagrid avait besoin de nous pour… »

« Oh, bien sur. » l'interrompit Ron. « Hagrid avait besoin de vous, donc vous vous fichiez que j'ai besoin de vous. Vous voyez, cela prouve que j'ai raison ! »

« Arrête-ça, Ron ! » dit Hermione, les larmes coulant sur son visage. Une nouvelle fois, Harry se sentit envahir par la colère.

Ron secoua tristement la tête. "La vérité blesse, n'est-ce pas ? Et maintenant vous sortez ensemble tous les deux derrière mon dos, mais oh, je suis sur que ça importe peu. C'est juste Ron. Ce vieux Ron, toujours à se plaindre, ennuyant avec ses robes d'occasion, son balai de bas niveau et son animal offert par le parrain mort de Harry Po… »

C'était ça.

Presque sans savoir ce qu'il faisait, Harry était devant Ron et l'agrippa par le collet de son pull. Il y avait ce tintement maintenant familier dans ses oreilles, alors qu'il son meilleur ami avec fureur.

« Tais-toi. »

Les yeux de Ron s'écarquillèrent d'horreur alors qu'il compris ce qu'il venait de dire, et il eut la bonne grâce de paraitre honteux. Le silence de la pièce était tendu et sembla durer une éternité, et aussi soudainement qu'elle était arrivée, la colère d'Harry sembla le quitter et il se retrouva à éprouver une étrange lassitude. Il baissa ses mains et se recula de Ron.

« Tu ne comprends rien, n'est-ce pas ? » dit-il tout bas. C'était plus une affirmation qu'une question. Sa voix reflêtait une terrible tristesse. "Tu ne comprends pas la chance que tu as. A quel point tu peux être heureux. Donc tu as à porter les robes de tes frères ? Donc tu n'as d'Eclair de Feu, tu ne prends pas en compte que tu aies eu un nouveau balai ? Donc Coquecigrue était un cadeau de Si-" La voix d'Harry se brisa et il dû s'arrêter et avaler l'énorme boule qu'il avait dans la gorge.

Hermione émit un petit sanglot derrière lui mais Ron était silencieux, se sentant extrêmement inconfortable, le visage pâle.

« Alors quoi ? Alors quoi, Ron ? Tu as une famille. Tu as une mère, un père, des frères et une sœur. Tu as toutes ces personne,s et elles t'aiment. Je donnerais presque tout pour que mon père et ma mère reviennent. » dit-il d'un ton féroce. « Je donnerais presque tout pour entendre, ne serait-ce qu'une fois, ma mère me dire qu'elle m'aime, pour que mon père me prenne dans ses bras. »

Les yeux d'Harry se remplirent de larmes, mais cette fois-ci, il les ignora. Cette fois-ci il avait autre chose à faire que de se soucier de pleurer devant son meilleur ami. Peut-être que Ron n'était pas le seul à s'être mordu la langue car alors qu'Harry parlait, une partie de lui se sentit soulagée.

Mais comme on le dit, il y a un temps pour chaque chose. Et ce temps était venu. It was now.

« Ta famille a survécu malgré toutes ces horreurs, l'as-tu remarqué ? Pnse à Neville. Pense à Susan Bones, dont la famille de son oncle a été entièrement détruite. Mais nous sommes à nouveau en guerre. Au lieu d'être si superficiel, peut-être que tu devrais embrasser ta famille. Peut-être que tu devrais être fier de ce que tu es. Parce que vous êtes tous en danger. Tu peux perdre n'importe quel membre de ta famille, Ron, mais tu ne le vois pas parce que tu es trop occupé à te préoccuper et pleurnicher sur ce que tu n'as pas. »

Harry se redressa et essuya ses yeux d'un geste las, avant de continuer. « J'aime Hermione. Je sais que jamais je n'avais ressenti ça avant, et quelque part, je sais ce que ça veut dire. Cet amour est vrai et réel. Je l'aime. Et je ne laisserai pas ruiner ça. Mais tu es mon ami, Ron, et j'ai besoin de toi. Maintenant plus que jamais. Tu as été mon premier ami et tu es très important pour moi. »

« Pour nous », compléta Hermione alors qu'elle marchait vers eux et glissait sa main dans celle d'Harry. Son visage était empli de tristesse, et il passait son bras autour de ses épaules et la tint serrée contre lui.

"Je suis désolé que nous ne te l'ayons pas dit auparavant, mais nous avions décidé d'attendre que nous soyons tous dans la même pièce, et c'est justement la première fois que nous sommes dans la même pièce, depuis Juin. Je savais que ça changerait des choses. Mais peut-être une partie de moi ne voulait considérer comment tu allais réagir, parce que je ne m'attendais certainement pas à une scène comme ça. Et j'espère juste que tu ne passeras pas au dessus de cinq années d'amitié juste parce que tu ne peux pas voir au-delà de ce que tu n'as pas. Ma célébrité, mon argent, je te les donnerais tous les deux si je le pouvais, Ron. »

Il aurait voulu en dire plus, beaucoup plus, mais Harry se sentit soudainement incapable de continuer, incapable de rester ici et regarder son meilleur ami qui pouvait être, même mtnt, si aveugle.

"Nous t'aimons, Ron. Et ça ne changera jamais. » dit doucement Hermione alors qu'Harry la menait vers la porte.

Harry regarda un long moment Ron avant de fermer la porte derrière lui, laissant son ami immobile comme une statue au milieu de la pièce, Buck endormi dans un coin.

TBC…

A nouveau, merci de m'avoir lue ! J'espère que l'histoire prend un tournant qui vous plait, car, hélas… je n'en suis pas maître ! ;)

Alors… Réponses à vos gentilles reviews…

Ptronille : Merci d'avoir lu la suite ! Le mot génial ne peut être donné qu'à l'auteure originelle… Mais je te remercie quand même ! Eh oui, quatre chapitres, c'est court, hein ? Mais, crois-moi, largement suffisant pour une première fic traduite ! ;) Alors, tes avis sur cette suite ? Bisous.

Eraendil : Je suis ravie de voir que j'ai peut-être réussi à te convaincre alors ! ;) Je te remercie de tes compliments et de m'avoir lue… A bientôt pour la suite !

Rini : C'est moi qui te remercie de me lire… C'ets toujours un plaisir de traduire quelque chose qu'on a soi-même apprécié si les autres l'apprécient aussi. Gros bisous !

El Padawan : Aaah… Ecoute, je crois que parmi tous les reviewers que j'ai eu so far, tu es definitely my fave ! Vraiment, tu as une façon de mettre des reviews qui mettent par terre ! Je me souviens de celle pour J'Accuse, je ne m'en suis toujours pas remise. Et je t'en remercie du fond du cœur. Tu es génial. Pour en revenir à la fic, je sais qu'elle prend un tournant que… peut-être tu n'apprécieras pas trop, car les sentiments se dévoilent à une vitesse grandiose et déjà les tensions sont là… Mais j'espère que tu as aimé quand même… J'avais particulièrement aimé l'interaction entre le Trio car je l'avais trouvée particulièrement réaliste. Donc… A toi de voir ! Je t'embrasse bien bien fort, et merci de m'être fidèle jusqu'au bout. A bientôt !