Je tapais mes pieds sur le sol de la voiture, regardant par la vitre les maisons passer devant moi. La voiture commença à ralentir puis elle s'arrêta en face d'une veille maison qui était peinte en blanc et recouverte de neige. J'étudiais calmement ça quand la voix de mon ouvrier social me coupa dans mes pensées.

« Dernière chance, gamin. Si tu ne restes pas là, alors honnêtement personne d'autre ne voudra de toi. » Il fit un soupir puis il se tourna vers moi. « Jack… Je ne sais pas ce qu'il t'est arrivé chez les Grover mais l'officier Green m'a fait promettre de ne pas te renvoyer là bas, alors je garde mes promesses. » J'ai frotté mes mains sur mes yeux puis j'ai cherché dans mes poches une cigarette. « Son nom est Evelyn Mercer, elle est la meilleur dans le système. Elle prendra soin de toi, donne lui juste une chance. Juste un mois, sans lui causer de problème, c'est tout ce que je te demande. » J'ai soupiré et allumé ma cigarette pour me calmer.

« Facile à dire pour toi. »

« Jette moi ça, Jack. A 14 ans, tu ne devrais pas fumer. » J'ai ri.

« Il y a beaucoup de chose que je n'aurais pas dû faire pour mon âge. Crois moi, une cigarette de temps en temps ce n'est pas si mauvais. » Après, je sais qu'il a prit la cigarette de ma main pour la jeter par la fenêtre. « Hey, tu me fais quoi merde ! »

« Les premières impressions sont importantes Jack. Tu fumeras plus tard, mais pour l'instant nous allons rencontrer Miss Mercer. » Une série d'insulte passa par ma bouche alors que je me dirigeais en face de la porte. Je redoutais ça, je ne savais pas à quoi m'attendre, j'espérais qu'ils ne me battraient pas. Je tenais mon sac près de moi, je restais à côté de Jérôme alors qu'il frappait à la porte. J'ai enfoncé les mains dans mes poches et trépignait sur mes pieds. La porte s'ouvrit lentement, dévoilant une petite femme aux cheveux vieillissants et avec des yeux bleus adorables.

« Ah… Monsieur Caldwell, je vous attendais. A l'heure comme toujours, entrez, vous devez avoir froid. » Jérôme m'a tiré à l'intérieur et nous nous sommes retrouver en face de la porte d'entrée, la chaleur de la cheminée réchauffant mes os. Ca sentait bon les cookies, bien sang que j'avais faim.

« Miss Mercer, comment allez vous ? » Elle sourit brièvement et frotta les mains sur son tablier pour tendre la main à Jérôme.

« Ca va… Alors, ça doit être Jack. » Elle me regarda avec des yeux bleus perçants. Je l'ai regardé également, en penchant la tête sur le côté.

« Oui, oui… C'est celui dont je vous parlais. C'est Jack Bradshaw. Jack, c'est Evelyn Mercer. »

"Bonjour Jack, c'est agréable de te rencontrer enfin." J'ai regardé la main tendue qu'elle m'offrait et je n'ai pas bougé pour la prendre. Je n'ai jamais compris le besoin qu'on avait de toucher la main d'un étranger alors que je n'en avais pas envie.

« Enchanté, j'en suis sûre. » Dis je simplement. Le sourire d'Evelyn faiblit. Je lui souris puis j'ai regardé Jérôme qui me dévisageait.

« Jack, ce n'est pas des manières pour… »

« Non, ça va Jérôme. C'est un nouveau placement, c'est compréhensible. Jack, pourquoi tu ne vas pas t'asseoir dans le salon pendant que je parle avec ton assistant. » J'ai hoché la tête et je me suis retourné vers Jérôme.

« Bon… Tu me manqueras mon pote. Je viendrais te voir, dans quelques semaines ! » C'était un ton sarcastique, je pouvais le sentir. Je suis passé devant Evelyn et je me suis assis dans le divan. Je ne sais pas pourquoi j'étais si désagréable avec elle, c'était juste une veille femme après tout. Mais comment pouvais m'en vouloir, chaque expérience que j'ai eu, aussi loin que je puisse m'en rappeler, n'avait pas vraiment été plaisante. Tout ce que je sais de Jérôme, c'est que je suis né dans un hôpital hors de la ville loin de Détroit. Il m'a dit qu'après ma naissance, ma mère m'a abandonné, parfois je me dis qu'elle aurait mieux fait de me jeter dans une poubelle, mais non, elle ne voulait pas aller en prison pour meurtre. Tous ce que je sais de ma mère, c'est que son nom de famille est Bradshaw. Je n'ai pas la moindre idée de qui était mon père.

Jérôme m'a dit que j'avais été adopté par une famille très croyante. Une petite famille très religieuse. Je ne me souviens pas vraiment d'eux, mais Jérôme m'a dit que j'étais rebelle. Ils m'ont pris trois ans, avant de constater que j'étais un enfant démoniaque et que je ne pourrais jamais être sauvé. Ils ont annulé l'adoption. J'ai soi-disant tué leur chien, j'ai soi-disant volé pour vingt mille dollars de marchandises dans leur maison, je ne m'arrêtais jamais de pleurer, je ne mangeais pas proprement, et j'ai soi-disant mordu le doigt du prêtre qui a tenté de ma baptisé. Ca a été la goutte d'eau pour eux.

Bien sûre, je ne dis rien de tous ce que ces connards abusifs ont fait. Certains d'entre eux me jetait parceque j'avais un comportement rebelle et que je causais trop d'ennuis à l'école, j'étais trop violent avec les autres gamins. Jérôme dit que j'ai mordu un gamin au bras parcequ'il m'avait prit mon crayon, j'avais cinq ans. D'autres m'ont jeté parceque j'avais des problèmes de drogue, ils m'ont trouvé alors que j'étais défoncé au crystal. Cette famille m'a seulement gardé deux mois. Dans une autre famille, j'ai persuadé leur enfant d'essayer la marijuana, ils étaient si défoncés, les parents ont été horrifiés. Cette famille m'a gardé une semaine.

Les familles qui m'ont gardé plus de deux mois étaient celles qui abusaient de moi. Que ce soit avec une ceinture, un poing, des coups de pieds, tentative de noyade, ou de me pousser dans les escaliers. C'était ce qu'il m'arrivait. Mais le pire que j'ai vécu, c'est certainement dans la maison des Grover.

J'ai entendu la porte se fermer et j'ai vu Evelyn en face de moi qui me souriais. « J'ai quelques personnes qui voudrait te rencontrer. Pourquoi tu ne viendrais pas maintenant, je sais que tu as dû les entendre. » Ensuite, j'ai entende les autres voix.

« Je t'ai dit qu'elle nous entendrait. »

« Hey, c'était ton idée. » C'est alors que j'ai entendu des bruits de pas dans les escaliers. J'étais assis quand j'ai vu trois gars descendre les escaliers. L'un des deux blacks tenait une petite fille, et le troisième gars, un blanc, souriait. Oh mon dieu, j'ai pensé que je n'avais aucune chance contre eux, ils étaient plus grands que moi.

« Jack, je voudrais te présenter mes trois fils. C'est Angel, Jerémyah et le plus vieux ici est Bobby. Et cette petite fille, c'est Missy, elle a quatre ans, elle est avec nous en attendant. Les enfants, je vous présente Jack Bradshaw, il va rester avec nous jusqu'à ce que je lui trouve une famille. » Ils sont tous venu vers moi ensemble. J'avais la nausée…. Qu'est ce que c'était… Je me sentais en colère…. Je voulais effacer leur joli petit sourire. J'étais jaloux, c'était tellement évident pour moi. Alors, j'ai fait le truc le plus atroce possible pour les faire cesser de sourire, j'ai commencé à rire aussi fort que je pouvais. Je me suis levé, et j'ai tenté de reprendre mon souffle.

« Et bien, et bien… J'adorerais rester et parler mais je suis trop fatigué pour ça. Hey, la veille… » Je me suis retourné vers Evelyn, « tu vas me montrer ma chambre ou l'endroit où tu comptes m'enfermer ? » J'ai remarqué que le garçon du nom de Bobby a refermé son poing et il m'a dévisagé.

« Son nom est Evelyn. » J'ai regardé dans ses yeux bruns, je lui ai retourné son regard.

« Je ne me rappelle pas avoir réclamer ton aide. »

« Tu lui montreras du respect et tu l'appelleras par son nom » Evelyn a posé sa main sur son épaule pour le calmer.

« Je l'appellerais comme je veux espèce de connard. Maintenant, pourquoi tu ne la fermes pas, non de Dieu. » Quelque part, au fond de mon esprit, j'étais alarmé : Jack Bradshaw devait se préparer à se faire botter le cul par ce Bobby. Bobby a fait un pas vers moi, et inconsciemment j'ai flanché, j'ai reculé. Il l'a remarqué et il s'avança encore, me fixant avec des yeux intenses. J'ai immédiatement détourné le regard, trop fier pour lui montrer ma peur. C'est alors qu'Evelyn est intervenue.

« Bon les garçons, Jack a eut une long journée éprouvante. Nous devons lui laisser un peu de tranquillité. Jack, si tu pouvais me suivre, je vais te montrer ta chambre. » Quand elle a ouvert la porte, j'étais le plus heureux, j'avais un lit, mon propre bureau, ma garde robe, des choses que je n'avais jamais vraiment eu avant. Je suis entré dans la pièce et j'ai déposé mon sac sur le sol. J'ai regardé mes mains et j'ai remarqué qu'elles tremblaient, le mouvement soudain de Bobby m'avait effrayé. « Fais comme chez toi, la salle de bain est dans le couloir, et j'espère que tu nous rejoindras pour manger ce soir, nous avons un rôti. » Je l'ai entendu soupirer pendant qu'elle refermait la porte. Je me suis rendu près de la fenêtre pour vérifier si c'était un moyen possible pour s'échapper. Je ne comptais pas déballer mon sac, je ne le faisais jamais. Je me suis assis sur le lit. J'ai pensé à Jaime, elle était vraiment un ange gardien. Le sac contenait mes vêtements, une serviette, une trousse de soin, et de la nourriture. Je n'avais pas pris la peine de l'ouvrir quand je suis parti, j'ai pensé que c'était juste des vêtements. Je me rappelle comment elle m'a jeté le sac. « Reste en vie, » elle m'avait dit avant de refermer la fenêtre. Puis, j'ai remarqué une enveloppe que j'ai fini par ouvrir. Ma bouche est restée ouverte quand j'ai vu de quoi il s'agissait. C'était 300 dollars. Il y avait aussi un mot, ce n'était pas une longue lettre, juste un gribouillis :

Jack,

Utilise l'argent pour manger ou autres nécessités. Ne l'utilise pas pour te droguer, ou boire… Jure le ! Je suis désolé pour tous ce qu'il s'est passé, tu me manqueras. J'espère te revoir un jour…

Jaime.