Patron VS Panda
Chapitre 3
Maître Panda s'arrêta, essoufflé et trempé jusqu'aux os, devant l'immeuble austère. Il hésita quelques secondes devant le pas de la porte puis rentra d'un air décidé.
Sur ses gardes, il explora l'appartement pièce par pièce, fronçant le nez devant la crasse qui recouvrait chaque objet. Il arriva dans une salle où pendaient deux chaînes, et où une flaque de sang s'étendait jusqu'à ses pieds. Le chanteur de SLG la contourna prudemment et s'avança dans la salle, à la recherche d'un signe de vie.
Il fut servi: le signe de vie en question déboula dans la pièce, avec des yeux de fous et le nez en sang.
-IL EST OÙ? OÙ EST CE SALOPARD?!
Maître Panda eut à peine le temps de se retourner que l'ennemi numéro 1 du Patron le saisit à la gorge et l'envoya valdinguer contre le mur.
-Je vais le retrouver et le faire payer, ce connard...
Il ressortit en courant, laissant le Panda, la tête en sang, avachi par terre.
Il fallut quelques minutes à ce dernier pour rassembler assez de force pour se relever et sortir du bâtiment, la tête dans les mains :
-Putain il m'a pas raté...
Il regarda sa main: elle était poisseuse de sang.
-Il faut absolument que je retrouve le Patron... Réfléchis, où est-ce qu'il pourrait être? Dans une de ses planques, par exemple. J'en connais une pas très loin. Autant y jeter un œil...
Côté Mathieu:
-Bah, merde alors...souffla Mathieu, perplexe.
Lui, le Geek et le Hippie (qu'ils avaient trainé avec eux) se trouvaient dans l'appartement poussiéreux.
-Y'a personne, dit le jeune homme à la casquette en essayant de cacher son soulagement.
-Justement, ils devraient y avoir des gens. Regarde, y a des menottes et une flaque de sang, tu trouves pas ça bizarre? Si ça se trouve... (Il marqua une pose, imaginant la scène) Le Panda est arrivé, le Patron détachent ses menottes, lui tape dessus et part.
-Elle tient pas debout ton histoire, banane! Et Tony alors?
-Bah je sais pas moi, il est allé faire les courses!
-Tu te goures sur toute la ligne, gros!
Mathieu et son double au t-shirt rouge se retournèrent, surpris, en entendant le hippie qui l'ouvrait pour la première fois depuis qu'ils étaient partis.
-Je suis sûr que c'est pas du sang mais du ketchup, gros! Ils ont voulu essayer le nouvel aspirateur Symphony de chez Bissel et ils ont mangé des pattes bolognaises tous les trois. Ils auraient pu nous attendre...
Il se replongea aussitôt dans une béate admiration de ses mains.
-J'ai presque cru qu'il allait dire un truc intelligent... soupira le présentateur de SLG. Bon, il va bientôt faire nuit, il vaut mieux retourner à la maison. Ils reviendront tous seuls.
Ils repartirent à la voiture, pas mécontents de sortir du bâtiment.
Côté Patron:
Le Patron s'avança sur le pas de la porte, dégaina le flingue qu'il avait "emprunté" à Tony, l'arma et ouvrit sans bruit la porte et rentra dans la maison Sommet.
Quelques minutes plus tard, un cri retentit:
-Vous êtes où, bandes de mauviettes?!
Il ressortit d'un pas rageur, arrêta un taxi et partit vers une de ses planques.
"Autant recommencer à les chercher demain...Mmm... Je vais chercher une victime dans une boîte de nuit ou pas? Nan, chuis pas d'humeur et j'ai mal au crâne..."
Quand il arriva devant une de ses planques, il faisait noir. L'homme en noir paya le chauffeur, attendit qu'il soit parti et ouvrit doucement la porte en face de lui.
Côté Panda:
Maître Panda boita jusqu'à la planque du Patron la plus proche, priant pour qu'elle soit ouverte. Elle l'était. Il rentra dans le studio, vérifiant quand même s'il y avait un Patron qui traînait dans les parages. L'odeur de l'appartement ne l'avait bizarrement pas quitté... Le chanteur visita le peu de pièces du studio, et ne fut pas surpris de trouver un lit deux places, des chaînes, des paquets de cigarettes, des boites de préservatifs et pleins d'objets non identifiés, disséminés partout.
Il sursauta en voyant la porte d'entrée. Fermée. Il ne se rappelait pourtant pas l'avoir refermé. Le Panda secoua la tête: le coup lui avait embrouillé l'esprit. Il éteignit toutes les lumières pour ne pas attirer l'attention, et s'allongea sur le canapé. Il était pourtant relativement tôt, mais, épuisé par sa journée, l'homme au kigurumi s'endormit aussitôt. Sa dernière pensée fut plutôt insolite: l'odeur de moisi était plus forte que jamais. Il ne s'en occupa cependant pas et sombra dans un sommeil agité. Jusqu'au moment où la poignée de la porte se baissa en grinçant...
A suivre...(sans blague)
