Merci pour les reviews ! Ca fait plaisir (comme dirait Numérobis)

H'L-lol'a, contente que ça te plaise. pour ce qui est d'écrire vite, j'ai été un peu débordée ce mois-ci, mais là, je mets 2 chapitres d'un coup…

Melior, une de théories sur l'origine de Miriel est juste ! Et ne t'inquiète pas, une fois qu'elle a compris qu'Annatar était Sauron, elle l'a quitté bien vite.

Merci à ceux qui lisent, et grand merci à ceux qui lisent et reviewent. Voilà la suite.

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Le départ de la Communauté

L'aube venait de se lever et les dix compagnons étaient réunis aux portes de Fondcombe. Elrond se tenait devant la Communauté, accompagné de quelques elfes, dont sa fille, Arwen. Cette dernière regardait Aragorn, comme si c'était la dernière fois qu'elle le voyait. Elle regrettait son engagement dans cette quête impossible, et à voir ses yeux, Miriel comprit immédiatement pourquoi. L'histoire se répète, pensa-t-elle. Comme Luthien, Arwen devra renoncer à son immortalité et quitter à jamais ce monde. Elle réalisa à quel point ce choix devrait être difficile. Arwen devrait soit renoncer à suivre son peuple, soit abandonner Aragorn, et quitter la Terre du Milieu. Miriel n'avait jamais vécu ce genre de chose. Elle avait aimé une fois, mais elle avait été trompée. Elle préférait ne plus prendre de risque.

Elle fut tirée de ses pensées par Gandalf.

- La Communauté attend le Porteur de l'Anneau.

Frodon se dirigea vers la porte de Fondcombe, suivi par Gandalf et le reste de la Communauté. Aragorn jeta un dernier regard à Arwen, qui soupira, puis il se retourna et continua sa route, comme Beren l'avait fait de nombreux siècles auparavant.

La Communauté se mit en route silencieusement, passa par un pont et arriva sur les montagnes. Les hobbits admirèrent la vue qu'ils avaient de Fondcombe. Puis ils continuèrent leur chemin. L'atmosphère fut détendue par Merry et Pippin qui racontaient des anecdotes sur leurs vies et sur la Comté. Ils se mirent également à chanter.

*****

Gandalf guidait la Communauté, et la plupart du temps, Frodon se trouvait à ses côtés.

Legolas et Gimli se lançaient des regards plus ou moins hostiles, mais ils apprirent à se supporter. Après tout, ils étaient embarqués dans la même quête, et avaient un but commun. Miriel fermait la marche. Elle aimait beaucoup les hobbits, surtout Merry et Pippin, toujours joyeux, racontant souvent des blagues, mais elle restait relativement éloignée des autres membres de la Communauté. Un jour, Gimli vint la questionner à ce sujet.

- Pourquoi êtes-vous si distante ? Vous êtes une elfe, ma présence vous gène-t-elle ?

- Non, maître Gimli. Je n'ai pas de préjugés liés à la race. J'apprécie autant mon peuple que les humains, les nains ou les hobbits. J'ai juste du mal à supporter la proximité physique avec un individu masculin, quelle que soit sa race. C'est pourquoi je reste à l'écart.

Gimli comprit qu'elle ne voulait pas s'étendre sur le sujet.

Un soir, tous étaient endormis. Sauf Boromir. Depuis le début, il se méfiait de Miriel. Peut-être cela venait du fait qu'elle était une femme, tout simplement, et que selon lui, une femme n'avait rien à faire dans une pareille quête. Les elfes suivaient le même principe, mais Legolas n'interrogeait pas Miriel sur ce point, il se disait que si Galadriel l'avait envoyée là, c'est qu'elle y avait sa place.

Boromir voulait profiter de la nuit pour interroger l'elfe. Il s'agenouilla auprès d'elle et lui toucha l'épaule. Elle se leva d'un bond et dégaina son épée, la pointant sur la gorge de l'homme.

- Je ne vous veux aucun mal, dame Miriel, commença-t-il.

Il se releva et elle ne relâcha pas son attention.

- Il m'avait dit ça aussi, murmura-t-elle.

- Je veux juste vous poser quelques questions, dit-il d'un air bienveillant.

- Parlez.

- Je sens quelque chose en vous… de maléfique, avoua-t-il après un temps.

- Qui croyez-vous que je suis ?

Sa voix était glaciale. Boromir frémit. Elle le regarda dans les yeux. Il se sentit analysé par son regard noir, quasiment inhumain.

- Je ne suis qu'une elfe, lança-t-elle après un temps. Gardez vos soupçons pour vous. Je ne sers pas le Seigneur des Ténèbres. Je vous le dis et cela doit vous suffire. Je sais ce qui vous embête le plus. Je suis une femme, et selon vous, je n'ai rien à faire à la guerre. Cependant, sachez que tout comme vous, je souhaite mettre le roi du Mordor hors d'état de nuire. Et je ferai tout pour aider Frodon à mener sa quête à bien.

Elle rengaina son épée et détourna le regard. Boromir se sentit libre à nouveau. Il la laissa se rallonger et se rendormir. Il l'imita quelques instants plus tard, non sans s'être éloigné. Il repensa à la quête que son père lui avait confiée. Denethor pensait que s'emparer de l'Anneau de Puissance était le seul moyen de sauver le Gondor. Et Boromir était d'accord sur ce point.

Les jours passèrent sans aucun autre problème.

Frodon, de son côté, était fasciné par les elfes et il arrivait qu'il discute avec Legolas, lui posant des questions sur son peuple. Surtout sur la raison du conflit permanent entre les nains et les elfes. Ce fut Gimli qui lui expliqua :

- Les elfes se croient supérieurs. D'abord parce qu'ils sont les Premiers-Nés des Enfants d'Iluvatar, ensuite, parce qu'ils sont immortels. De plus, la plupart ont été à Valinor, endroit qui est interdit aux mortels, et disent avoir acquis la sagesse des Valar. Donc, les mortels sont supposés les écouter.

Frodon fut surpris. Gimli lui décrivait un peuple orgueilleux, et il n'avait jamais imaginé les elfes ainsi. Ce qui le choquait le plus était que les elfes ne semblaient pas essayer de créer des liens avec les autres peuples, que ce soit les hommes ou les nains.

Il interrogea Legolas :

- Nos peuples sont différents. Les elfes vivent en harmonie avec la nature, et les nains l'exploitent. Ils creusent dans les montagnes, avides de richesses, et ne se soucient pas des autres peuples.

- Et pour les humains ?

- Les elfes n'ont plus eu de rapports avec les mortels depuis des siècles.

Legolas omit de dire que les humains étaient faibles, et que c'était à cause d'eux, ou plutôt de leur roi, que l'Anneau avait survécu. Dans le temps, ils avaient même été responsables de la quasi destruction de leur civilisation.

Legolas se tut. Frodon discuta alors avec Aragorn. Ils parlèrent ensemble durant un certain temps, Frodon de la Comté et du voyage de son oncle, et Aragorn de sa vie de rôdeur, sans pour autant lui révéler son destin, ce rôle qu'il n'était pas encore prêt à assumer. Le hobbit semblait fasciné par ses récits puis il se tourna pour voir Miriel qui, comme toujours, suivait la Communauté à l'écart.

- Pourquoi est-elle si distante ?

- Je l'ignore, Frodon. Le mieux est que tu essaies de lui parler. J'ignore ses origines, je sais que la Reine Galadriel de Lorien l'a envoyée ici. Et si Galadriel lui fait confiance, c'est qu'elle est digne de confiance.

Frodon attendit Miriel et se tut. Il ne savait pas par où commencer. Elle l'impressionnait.

- Dame Miriel de Lorien, êtes vous de lignée royale ?

- Non. Qu'est-ce qui vous fait penser cela ?

Sa voix était douce et rassurante. Elle n'avait pas peur de Frodon. Il était un petit hobbit qui n'avait jamais vraiment pris les armes auparavant. Sa force ne pourrait jamais égaler celle de Miriel. De plus, il avait un cœur pur. Elle le savait, elle l'avait vu résister à l'attrait de l'Anneau. C'est pour cette raison qu'elle avait confiance en lui.

- Votre apparence noble m'impressionne, expliqua-t-il.

Miriel lui sourit et se tut. Elle ne voulait pas penser à ses origines, c'était trop douloureux. Elle s'était efforcée d'oublier d'où elle venait, d'oublier tout ce qui s'était passé jusqu'à la fin du Premier Age. Elle n'avait jamais pu.

- Pourquoi semblez-vous si triste ? demanda Frodon.

- Il y a certaines blessures que même le temps ne peut cicatriser, répondit Miriel, son regard perdu dans le vide.

Frodon n'insista pas et marcha silencieusement à ses côtés. Puis Gandalf déclara qu'il fallait faire une pause, ce à quoi Pippin répondit instantanément :

- Ca tombe bien, j'ai faim !

Tous éclatèrent de rire. Et le voyage se poursuivit sans encombre. Puis un jour, Gandalf s'approcha de Miriel. Il voulait la questionner, et enfin comprendre pourquoi il lui semblait la connaître.

- Qui êtes-vous exactement, Miriel ? demanda-t-il d'une voix grave.

- Miriel de Lorien, une elfe.

Gandalf s'apprêta à répliquer mais se tut, en voyant son regard.

- Maintenant, continua-t-elle d'une voix douce et rassurante, la seule chose qui compte est que je veux autant que vous mettre le Seigneur des Ténèbres hors d'état de nuire. Après, peu importe qui je suis.

Gandalf lui sourit et ils avancèrent ensemble. Il ne put s'empêcher de s'interroger. Qui était-elle donc ? Il l'ignorait mais il savait au moins une chose, elle n'était pas seulement une elfe.

Miriel comprenait son questionnement. Il était Maia, après tout. Elle l'aimait bien cependant. Elle se sentait en sécurité avec lui. Elle avait vu dans ses yeux qu'il ne lui ferait jamais de mal, du moins, pas ce qu'elle craignait le plus.

Un jour, les compagnons faisaient une pause. Boromir entraînait Merry et Pippin à se battre à l'épée et Gandalf discutait avec les autres.

- Nous contournerons les rochers pendant quarante jours, vers le sud. Si la chance nous sourit, la trouée du Rohan sera ouverte. Ensuite, nous continuerons vers l'est, vers le Mordor.

- Si vous me demandiez votre avis, commença Gimli, je dirais que nous empruntons le chemin le plus long. Nous pourrions passer par les Mines de la Moria.

Gandalf frémit.

- Non, Gimli, je ne passerai par la Moria que si je n'ai pas d'autre choix.

Quelques minutes plus tard, le petit groupe fut obligé de se cacher sous les rochers. Il fut survolé par une nuée d'oiseaux, qui repartit aussitôt vers le sud.

- Des Crébains du pays de Dun ! s'exclama Aragorn. Le passage vers le sud est surveillé.

- Nous devons passer par le col de Caradhras, déclara Gandalf.

Ce qu'ils tentèrent. Ils commencèrent à grimper dans la montagne. La pente devint plus raide avec de gros rochers, l'air se faisait plus frais, le vent devint froid et la neige finit par recouvrir le sol.

Les hobbits commençaient à s'habituer au froid et à la neige.

Il arriva que Frodon perdit l'équilibre et glissa, roulant jusqu'aux pieds d'Aragorn. Il se releva, vérifiant que l'Anneau était à son cou, et sursauta. Il l'avait perdu.

L'Anneau était tombé aux pieds de Boromir. Le prince le ramassa et le contempla un instant.

- Quel étrange destin… qui fait que nous devons subir tant de peur et tant de doutes, pour une si petite chose…

Sa voix se faisait distante tandis que ses doigts s'approchaient de l'Anneau.

- Boromir ! s'écria Aragorn, le tirant de sa réflexion. Rendez l'Anneau à Frodon.

A contrecœur, le prince obéit.