Ils décidèrent qu'Adrien retournerait à la fête et que Marinette viendrait le rejoindre plus tard en Ladybug ''inquiète'' pour détourner les soupçons des gens ayant encore des doutes sur sa véritable identité. Elle pourrait même rester un peu et faire une fausse rencontre officielle avec les amis d'Adrien.
Mais une heure plus tard, Ladybug était toujours absente. Adrien alla rapidement vérifier si elle était encore dans sa chambre. Elle n'y était pas et ses parents ne savaient pas où elle était. Mais le chauffeur d'Adrien était déjà arrivé et il alla le rejoindre à la voiture pour rentrer chez lui. Il profita du trajet pour tenter de joindre le téléphone de Marinette. Il voulait contacter Alya mais voulait d'abord vérifier si Ladybug ne répondait pas. Ce qu'il fit dès sa porte de chambre fermée en se transformant en ChatNoir.
N'obtenant pas plus de réponse, il redevint Adrien. Il mit Alya au courant de la situation et elle promit de faire des recherches. Elle le rappela moins d'une minute plus tard. Une affreuse et très longue minute qu'il passa à scruter la ligne des toits et imaginer les pires scénarios.
« J'ai ouvert mon application pour localiser son téléphone et j'ai eu ton adresse comme résultat. Mais elle ne répond toujours pas. »
« D'accord, je vais aller voir aux alentours. » Il se dirigea vers l'entrée espérant l'y trouver qui arrivait. Comme elle n'y était pas, il commença un tour complet de la propriété. Il échangea un regard perplexe avec Plagg. Même le kwami blasé commençait à s'inquiéter pour Ladybug.
Envoyant le petit dieu de la destruction s'assurer que la voix était libre, Adrien explora des pièces qui lui étaient interdites telle la chambre de son père. Il composait en permanence le numéro de Marinette sur son téléphone pour s'aider dans sa recherche.
Il réalisa finalement que son père non plus, n'était nulle part en vue. De même que Nathalie. Il n'avait croisé que le cuisinier. Retournant à sa chambre, il fit un plan de sa maison pour aider sa réflexion sur tous les espaces qu'il n'avait pas visités.
Il ne lui restait qu'une partie du sous-sol et le rangement au-dessus du grenier. Si Marinette était dans une de ces pièces ou si elle était passée par chez lui pour y perdre son téléphone, tout cela n'annonçait rien de bon.
La jeune fille avait publiquement déclaré deux heures plus tôt être Ladybug et ce, en plein visage d'une personne en contact direct avec le Papillon. Sa disparition était très inquiétante. Adrien s'en voulu amèrement pour l'avoir laissée seule. Il décida de réagir au pire des scénarios envisageable. Enfin, si elle était morte, il n'y avait plus rien à faire mais si elle était aux mains du Papillon ou d'un autre ennemi… Celui-ci était à l'intérieur de la maison.
Sa voix et sa silhouette étaient les seuls indices que ChatNoir ait jamais eus sur son ennemi. Mais à l'intérieur de sa maison, une seule personne correspondait à cette description et il connaissait ses faiblesses.
Il déposa son téléphone sur son bureau et devint ChatNoir. Il composa ensuite le numéro de Nathalie. Elle mit du temps pour décrocher mais le fit tout de même.
« Allô? »
« Nathalie! Vous êtes à la maison? C'est Adrien. J'ai de graves problèmes. » fit-il d'une voix alarmée en se dirigeant vers le bureau et se cachant dans l'entrée, derrière un pot de fleur.
« Adrien, c'est vraiment vous? » répondit-elle d'une voix perplexe.
'Ma voix' pensa-t-il 'elle est différente.' « Oui, j'ai été impliqué dans une bagarre. On m'a cassé le nez. »
« Oh mon Dieu, mais, où êtes-vous? »
« Au poste de police. Ils veulent m'arrêter. Mais, je vous jure que je n'ai rien fait. Je ne suis pas sûr que les journalistes me croiront par contre. »
Les bruits sourds qu'il entendait en fond sonore diminuèrent et furent suivit des pas de Nathalie en direct dans le bureau.
« À quel poste êtes-vous? » l'entendit-il demander alors qu'il l'entendait aussi prendre son sac et ses clés sur son bureau.
Il couvrit sa bouche pour répondre en chuchotant : « Poste du 12e. Faites vite! » et il raccrocha sans la laissé poursuivre.
Il la regarda sortir par la grande porte avant de quitter sa cachette. 'Une d'écartée!' Et son père qui disait que la télévision et les jeux vidéo étaient une perte de temps!
Nathalie était arrivée dans le bureau depuis le mur portant le portrait de sa mère, il ouvrit celui-ci pour découvrir le grand coffre-fort qui y était caché et observa le coffre. Se servant de tous ses sens, il repéra grâce à une zone plus fraîche, une fente dans la bordure du coffre mais aucun moyen de l'ouvrir. Il devrait jouer encore plus serré!
Comptant sur le fait que Nathalie n'avait pas spécifié où elle se rendait, il sortit à l'extérieur et provoqua un vacarme avec un rangement d'outil de jardinage en métal et les grilles d'entée extérieures entourant le manoir.
Puis il fonça dans le bureau.
« Père, Père » appela-t-il de toutes ses forces à l'interphone de l'assistante. « Nathalie s'est fait renversée par une voiture! » Un court silence angoissant lui répondit
« Comment cela? » le soulagement lui coula sur les épaules. Son père mordait à l'appât. « Un chauffard a foncé dans la grille d'entrée et elle était juste devant! Vite. » 'Qu'est-ce que je prendrai comme punition, si je dois expliquer que tout ça n'est qu'une blague au final!'
« ...Bien... » un simple 'Bien' précédé et succédé d'un silence fut la seule réponse de son père et Adrien cru que tout cela serait un échec.
Mais, il entendit un bruit venant du coffre et s'élança en deux bonds derrière un mannequin à l'autre bout de la pièce.
« Adrien? » Appela M. Agreste ne voyant pas son fils, il s'avança vers l'entrée alors que la porte qu'était le coffre se refermait.
ChatNoir étira son bâton qui bloqua la fermeture complète. Le styliste sortie du bureau, ChatNoir entra dans la pièce cachée. Il ne vit pas le sourire mauvais du Papillon sur le visage de son père.
000
Dans la pièce sombre, ChatNoir n'eu plus aucun doute sur l'identité du Papillon. Il se trouvait dans son repaire! Marinette était au sol, presque inconsciente. Des akumas purs volaient un peu partout dans la pièce, mais l'un d'entre eux était tenté d'une aura maléfique.
Il se précipita près d'elle et la prit dans ses bras pour s'apercevoir qu'elle était attachée au sol. Il remarqua aussi qu'elle avait été frappée et qu'elle ne portait pas de boucles d'oreille.
« Cataclysme! » Avec son pouvoir, ChatNoir détruisit les lourdes chaînes qui retenaient Marinette au sol avant de s'apercevoir qu'il n'y avait pas d'autre issue que la porte derrière lui. Et il n'avait plus que cinq minutes! Il s'en voulait d'avoir utilisé son pouvoir. Derrière cette porte, il y avait son père, le Papillon qui reviendrait bientôt.
C'est alors que la miraculeuse chance de la coccinelle les sauva. Une coupole fermant une fenêtre s'ouvrit révélant une grande vitre ronde avec des séparations dessinant un Papillon.
Il brisa une des sections du meilleur coup de pied qu'il pouvait se permettre avec ses bottes couvertes de métal. Il reprit ensuite Marinette par la transporter à l'hôpital le plus proche.
Il entra discrètement par un balcon sur le toit et demanda à une infirmière de la cachée dans une chambre privée.
« Son petit ami est en route, il va venir payer pour les soins. Mais elle doit voir un médecin, elle a été battue. Je vous demande de faire en sorte que le moins de personne possible ne la voit. Et surtout pas la presse. »
L'infirmière leur présenta une chaise roulante pour qu'il l'y installe. « Princesse, écoute-moi une seconde. Je n'ai plus qu'un coussinet. Adrien arrive d'accord, tu veux bien rester réveillée jusque là? »
« Adrien, le Papillon, il y avait un autre porteur avec lui. Le Paon. » Elle paressait étourdie et choquée mais cohérente.
« On s'occupera d'eux plus tard. On va commencer par te soigner. » la rassura-t-il avec délicatesse.
Elle se pencha alors vers lui pour chuchoter à son oreille d'une voix sifflante : « Les miraculous, ils sont dans ma chambre. Appelle Alya. »
Il était dans un placard à balai de l'hôpital et pressait Plagg de manger son fromage pour pouvoir faire l'aller-retour chez Marinette, lorsqu'il entendit un simple message à l'intercom. « Message à tout le personnel. Veuillez prendre note que la ville connait actuellement une alerte akuma. Cette hôpital est au niveau d'alerte 1. Le danger n'est pas immédiat. »
Il n'avait même plus la possibilité d'aller la retrouver à présent et maintenant, il serait seul au combat. Marinette avait raison, il ne pourrait pas tout faire tout seul. Il décrocha son téléphone.
« Alya, j'ai trouvé Marinette, elle a été attaquée. Je l'ai amené à l'hôpital du quartier. » commença-t-il.
« Quoi, comment ça? Qu'est-ce qui s'est passé? Qui à fait ça? » répondit la voix affolée de leur amie.
« Est-ce que tu es seule? Est-ce qu'il y a quelqu'un près de toi? » questionna-t-il.
« Attends… Maintenant, il y a seulement Nino. »
« Alya, écoute-moi bien. Tu dois aller dans la chambre de Marinette recherché les miraculous de Ladybug. Et tu dois ensuite venir à l'hôpital et protéger Marinette. » fit-il avec urgence.
« Les miraculous? » chuchota-t-elle.
« Il y a eu un combat » poursuivit Adrien d'une voix sérieuse. « Tu dois trouver les miraculous et les cacher et les défendre. Mais les boucles d'oreille n'ont pas toujours le même aspect. Lorsqu'elles ne sont pas en fonction, elles ressemblent à… »
« Celles de Marinette. » compléta Alya d'une voix blanche.
ChatNoir arriva en vue de l'akumatisé qui faisait des ravages. Le Jardinier mesurait 50 mètres de haut et avait décidé de transformer Paris en champs agricole. Tirant derrière lui une charrue d'époque, il labourait de larges sillons dans le sol mesurant une voix de circulation de largeur. ChatNoir commença par essayer de lui parler. Cet homme semblait placide et raisonnable mais même s'il avait tourné la tête pour regarder dans la direction de la silhouette noire s'adressant à lui depuis un toit, le Jardinier n'avait fait que se retourner et continuer sa tâche sans que la moindre étincelle d'intelligence ne traverse son regard. Et bien s'il n'était qu'un insecte, autant agir comme tel!
De quelques bonds, il se retrouva à l'arrière de la nuque du géant, agrippé au col de sa chemise. Profitant de la placidité et du désintérêt du colosse, il visita l'homme grand comme un immeuble.
Lorsqu'il arriva finalement à la conclusion de l'endroit où se cachait l'akuma, il fut confronté à un problème de taille. Il avait initialement prévu d'apporter l'objet contenant l'akuma à Marinette à l'hôpital, mais il ne voyait pas comment il pourrait transporter une charrue de dix mètres dans la chambre de Marinette sans se faire remarquer.
Il s'apprêtait à repartir la chercher lorsqu'il la vit arriver péniblement au loin.
« Si j'ai demandé à Alya d'amener les miraculous à l'hôpital, ce n'était pas pour que tu viennes me rejoindre. » s'objecta ChatNoir en arrivant près d'elle. « Tu ne devrait même pas être debout! »
« Ça va. Je suis plus forte transformée. Mais j'espère que tu as profité de mon retard pour avancer le travail parce que j'ai déjà hâte d'aller reprendre mon rôle de blessée.»
« J'ai déjà trouvé la cachette de l'akuma. » l'informa-t-il. « Qu'est-ce que tu penses de ça : Je te dépose sur un toit sur son chemin et je cataclysme sa charrue lorsqu'il passe devant nous? »
« Ça me va. On suit ton plan. Mais je peux marcher. » dit-elle intimidée qu'Adrien la prenne contre lui.
« Oh! Et me priver de l'occasion de te tenir dans mes bras? Tu es cruelle ma Lady! » blagua-t-il.
Muette, Ladybug s'approcha timidement de ChatNoir et glissa les mains sur les épaules de celui qu'elle savait être Adrien pour s'y agripper. Il glissa ses mains sur sa taille mais avant de s'envoler, il la serra contre lui : « Aie confiance en moi, ma princesse. Je ne te laisserai pas tomber. Je te protégerai. »
Pour toute réponse, elle le serra encore plus contre elle. Il ressortit son arme et la transporta délicatement sur un immeuble de trois étages. La laboureuse passerait juste sous elle dans un instant. Le jardinier n'était qu'à deux immeubles d'eux.
Mais l'akumatisé ne traîna jamais l'outil jusqu'à leur hauteur. Il étendit subitement le bras et attrapa Ladybug sur le toit avant de délaisser sa tâche et de ramener sa prise dans son point fermé vers un autre quartier sur la rive de la seine.
ChatNoir se trouva alors face à un dilemme. Il pouvait détruire la charrue et immobilisé l'akumatisé, ce qui serait certes plus efficace mais aussi plus risqué. Si Ladybug ne revenait pas à temps pour purifier l'akuma, qu'il devrait prendre en chasse dans la ville, son autre option, qu'il fut forcé de choisir dans les circonstances, était de les suivre. De toute façon il savait maintenant qui était le Papillon. Et ne voulait à aucun prix, risqué que l'akuma se multiplie et remplisse la ville de géant de 50 mètres apparaissant de nul part pour marcher placidement sur la population.
000
Gabriel Agreste n'avait vraiment commencé à avoir de vrais soupçons sur l'identité de ChatNoir que le jour où ils s'étaient rencontrés face à face avec le super-héros.
Avant cela, il l'avait souvent observé à travers les deux sources d'information dont il disposait. D'abord, il scrutait attentivement les médias les plus crédibles afin de relever toute information y filtrant. D'autre part, son pouvoir de Papillon lui permettait de lire les sentiments dans le cœur d'autrui. Les deux combinés ensemble lui assuraient, avait-il toujours cru, une connaissance inégalée des situations qu'il provoquait. Il pouvait voir les actions des gens ainsi que leurs motivations.
Pourtant, ce n'est qu'en croisant ChatNoir face à face qu'il avait reconnu son fils. Nul autre ne l'aurait pu à son avis. Sauf peut-être Chloé si elle avait porté attention.
Avant le départ de sa mère, Adrien était jovial, rieur, aimant et surtout confiant tout comme Émilie et avec cette tendance à vouloir sauver son prochain.
Mais depuis la disparition de sa femme, Gabriel s'était appliqué à modeler le comportement et le caractère de son fils afin qu'il soit parfaitement comme il le fallait : calme, travailleur, responsable, performant : le meilleur. Adrien se devait de grandir et de devenir adulte. Il n'avait plus sa mère pour le bichonner, il devait s'assumer.
ChatNoir, n'agissait pas exactement comme l'ancien Adrien devant les journalistes ou au combats. Mais en face de son père lors de l'attaque de Jackady, il avait naturellement reprit le caractère qu'il avait avant que son père ne le contrôle et ne le restreigne. Avec du tempérament et de la confiance en lui.
C'est à ce moment que Gabriel avait commencé à élaborer son plan. Adrien tenant le rôle de ChatNoir, le miraculous de la destruction était à sa portée. Ne manquait plus que celui de la création. Et maintenant, tout ce déroulait pour le mieux.
Depuis tout ce temps, il avait vu Ladybug repousser ChatNoir encore et encore. Lorsqu'il avait apprit pour la double vie de son fils, il avait commencé à s'intéresser à celles qui tournaient autour de lui.
Il n'y avait d'abord aucun doute dans son esprit, si son fils aimait Ladybug, c'est qu'il savait qui elle était. Malgré ce qu'ils avaient affirmé à la presse, Ladybug et ChatNoir connaissaient leurs identités respectives. Gabriel n'avait aucun doute sur le sujet. Il ne pouvait en être autrement puisque les pouvoirs du Papillon lui avait apprit que les deux héros étaient amoureux l'un de l'autre. Comment deux enfants si amoureux auraient-ils gardé un tel secret?
Mais il avait eu beau suivre son fils en pensées via ses pouvoirs chaque fois qu'il l'identifiait parmi la foule, Adrien n'avait jamais vu la fille donc il était amoureux en dehors de son uniforme. Il y avait bien cette tendresse pour la jeune Marinette qui était un sentiment presque aussi fort mais il était impossible qu'elle ait repoussé son fils donc elle était amoureuse si elle savait qui il était.
Jusqu'à ce que quelques chose change. M. Agreste avait sentit l'énorme vague de colère dans l'esprit de Marinette pour Adrien. Un jour de classe. Juste au moment ou Ladybug avait commencé à sortir avec Adrien. Ses sentiments d'adolescente étaient très confus mais, il en avait comprit qu'elle venait seulement de découvrir l'identité de ChatNoir et qu'elle éprouvait de la colère contre lui. Elle lui en voulait probablement de maintenant sortir avec une autre. Ses sentiments étaient vifs et contradictoires.
Le piège se refermait peu à peu. Si seulement il avait pu lire les émotions des élèves lors de l'attaque qu'il avait provoquée à leur école! Peut-être aurait-il même découvert son identité via sa colère face à l'attaque sur Adrien. Elle, n'aurait pas eu peur. Mais il y avait tant de gens et tant d'émotions que cela parasitait son pouvoir comme toutes les fois où Adrien et ChatNoir rencontrait Ladybug en dehors des combats. Ils étaient toujours très prudents en choisissant le lieu de leur rencontre.
Il n'avait pas cru un seul instant que la petite Dupain-Cheng puisse être la porteuse comme elle l'avait affirmé. Ses émotions durant la fin de semaine écoulée étaient loin d'être ceux d'une jeune fille qui nageait le bonheur d'être finalement avec celui qu'elle aimait. Elle se sentait triste et délaissée avec un brin d'espoir.
Son amour sincère l'avait par contre naturellement poussé à mettre tout en œuvre pour protéger Adrien. Et celui-ci avait été touché par son geste. Gabriel l'avait clairement vu.
Il avait suivit l'évolution des sentiments de son fils depuis le début de sa relation avec sa partenaire et si ceux pour l'héroïne était maintenant mitigés, par contre, ceux pour sa camarade avaient atteint des sommets lorsqu'il l'avait raccompagné après l'attaque sur l'école.
Il se devait d'agir maintenant. Tandis que Ladybug aimait Adrien et Adrien, Marinette. Cette combinaison était parfaite pour accomplir ses dessins.
Il lui avait été facile d'obtenir la styliste en herbe et d'en faire un appât pour ChatNoir qui ne se doutait pas du piège tendu.
Lorsque la porte du coffre se referma sur le super-héros, Gabriel était prêt à faire de sa prise un appât pour une touche plus imprenable.
Malheureusement, son plan A avait échoué. Adrien avait réussit a passé au travers des mailles du filet grâce au coup du sort qui avait ouvert sa fenêtre magique sur une personne prête à se laisser corrompre. Le Papillon avait alors décidé de tout de même profiter de la conjecture actuelle pour frapper un grand coup.
Il ne voulait plus alors, que diviser le duo en les attaquant sur plus d'un front. Adrien coincé à l'hôpital au chevet de la fille qu'il aimait et qui était blessée et Ladybug au prise avec un akuma. Mais c'est ChatNoir qui s'était présenté en premier. Qu'est-ce qui avait bien pu retarder l'héroïne? Décidément, l'incroyable mollesse des adolescents de cette génération le déconcertait toujours autant.
Fort de ses erreurs passées, plutôt que de demander au géant d'attraper des boucles d'oreille pratiquement invisibles pour quelqu'un de sa taille, il lui avait demandé de prendre la fille au complet. Et ChatNoir avait mordu à l'hameçon et les avait suivit.
Il avait aussi eu de la chance. L'entrepôt dans lequel il avait demandé au colosse d'enfermer Ladybug sur le bord de la seine était déjà en location au nom de son nouvel homme de main : Diego Rossi.
Quel dommage que cet homme n'ait pas découvert plus tôt que son ex-femme avait emmené leur fille sur Paris. Les miraculous auraient pu être entre les mains du Papillon depuis tellement longtemps! C'était tout de même une bonne chose qu'il ait réussit à réunir le père et la fille sous les meilleurs termes. Il lui suffisait maintenant de faire plaisir à Lila pour faire obéir le père avec zèle. Quelle merveille que ce duo à la fois si capable et si facilement manipulable.
Lorsque ChatNoir arriva à l'entrepôt, le Papillon le su tout de suite. Il pu voir la présence d'un certain schéma de sentiments sur le toit de l'ancienne usine.
Et pourtant malgré tous ses pouvoirs, les héros restaient imprévisibles. ChatNoir avait d'abord cherché à délivrer discrètement sa partenaire plutôt que de chercher à l'affronter seul face à face. Il avait compté sur l'impulsivité de son fils et son désir de toujours tout réglé par lui-même.
Adrien n'était pas une personne qui demandait de l'aide. Il avait un bon travail d'équipe avec Ladybug parce qu'elle lui demandait de l'aider sinon il préférait régler ses problèmes par lui-même.
Mais là, contrairement aux prévisions du Papillon, ChatNoir était d'abord aller délivrer Ladybug. Il était entré en gaspillant son pouvoir contre les barreaux de la fenêtre et avait pratiquement fuit les lieux avec elle plutôt que de l'affronter directement. Comment un garçon rebelle comme lui pouvait laisser une situation tel que ce conflit père-fils être remis à plus tard?
Gabriel avait alors ouvert la cellule pour les combattre au corps à corps avec l'aide de Rossi mais l'héroïne avait immédiatement invoqué son pouvoir plutôt que de le garder pour plus tard comme c'était son habitude. Mais évidement, ChatNoir n'ayant plus que cinq minutes de combat, c'était à prévoir.
Lorsqu'une bombonne d'air sous pression tomba dans les bras de ChatNoir, Gabriel fut une fois de plus surprit par leur comportement lorsqu'ils sortirent par la minuscule fenêtre placée en hauteur, plutôt que de les affronter directement. Pourquoi évitaient-ils l'affrontement? Ils n'étaient pas de taille, mais c'était des têtes brûlées qui fonçaient sans réfléchir à ces détails normalement.
Bien sûr, ils pensaient savoir où le trouver, en théorie, puisqu'il avait plus d'une cachette, mais il n'était pas normal que deux adolescents, surtout ceux-ci, évite la confrontation. Quelque chose lui échappait.
000
Ladybug guida ChatNoir vers un petit débarcadère au bord de la seine. Ils y trouvèrent un simple plateau de bois constitué de planches clouées ensemble, le genre d'objet où on entassait des marchandises dans les entrepôts pour les transporter, un déchet en réalité. Mais placé sur l'eau, il leur fit un radeau et la bombonne d'air, un moteur. Ils atteignirent ainsi l'autre rive, celle où ils vivaient, juste avant de perdre leur pouvoir.
« Tu vas bien? » demanda-t-il lorsqu'ils furent dans les bras l'un de l'autre et au sec. L'inquiétude dominait dans sa voix.
« J'ai eu le temps de voir un médecin. Je n'ai rien de cassé, juste des contusions. Je ne sais pas quel était son but en s'en prenant à une élève de lycée mais il ne sait sûrement pas que je suis Ladybug. Il ne m'a pas questionné sur les miraculous, il a juste parlé de m'utiliser comme appât pour ChatNoir avec la porteuse du Paon. Est-ce que j'étais chez toi? Est-ce qu'il est ton père? Je n'ai rien vu lorsqu'on m'a trimbalé aujourd'hui. »
« Oui, c'est lui et il sait probablement qui je suis, ça parait logique. De toute façon, s'il ne savait pas avant, maintenant il le sait. Mais je suis infiniment curieux de savoir s'il a demandé à un akuma de tuer son propre fils. De ce que j'en ai vu cette après-midi, s'il s'en ait aperçu après l'attaque à l'école, il ne s'embarrasse pas de remord! Il ne m'a même pas demandé comment j'allais.»
« Il faut appeler Alya. » Marinette composa le numéro de son amie qu'elle avait laissé en plan à l'hôpital. « Alya? Je suis libre. »
« Génial! J'étais trop inquiète! Je suis avec l'agent Roger. Est-ce que vous avez des nouvelles? »
« Nous savons qui est le Papillon. Est-ce que vous pouvez rejoindre ChatNoir au Manoir Agreste? »
« On se met en route. On fait au plus vite pour essayer d'arriver avant lui. » salua Alya avant de raccrocher.
« Et toi qu'est-ce que tu vas faire? » s'enquit Adrien pour connaître son plan. « Allez voir Maître Fu? »
« Tiens Plagg. Tu dois pouvoir le transformer. » Marinette offrit un macaron au kwami, elle ne se gênerait pas pour nourrir Tikki avec ce qu'elle trouverait chez Adrien, Plagg était la priorité, elle avait encore trop de mal à bouger. Mais elle laissa ensuite passer un temps de silence avant de répondre à Adrien. Tous deux se dirigeaient vers la résidence du garçon en passant par les ruelles.
« Ton père est un homme intelligent et méticuleux. Il passe ses journées à prévoir, planifier, élaborer des plans et pourtant, nous le battons depuis deux ans. Nous l'avons déjoué quatre fois rien qu'aujourd'hui. Que ce soit la chance, nos pouvoirs ou parce qu'il a une faiblesse, je suis confiante dans le fait que nous sommes capable de le battre en nous en tenant à nos méthodes habituelles. Surtout, qu'en n'ayant plus de secret l'un pour l'autre nous sommes plus unis que jamais. »
« Tu sais que tu es délicieuse à regarder quand tu crée des plans merveilleux dans ce style? » soupira Adrien dans une déconcertante imitation de lui-même même sans porter le masque de ChatNoir.
« Ne plaît pas ce genre de chose, s'il-te-dis! Ça me fait perdre tous mes milieux! » protesta Marinette en rougissant et en se tenant nerveusement comme cela lui arrivait parfois avec Adrien.
« Bon, euh » se reprit-elle lorsque Tikki flotta dans son champs de vision. « Mon plan, c'est qu'on appelle toutes les personnes qu'on connait et aussi, si je reste cachée le plus longtemps possible, ça le déstabilisera encore plus. Il sera nerveux tant qu'il n'aura pas repéré son ennemie. »
000
Lorsque Gabriel Agreste passa le portail de sa résidence sur le siège arrière de sa voiture, il fut étonné de voir des adolescents devant le mur d'enceinte du manoir. Il en était étonné mais peut-être n'avait-il simplement jamais remarqué. Après tout, il ne voyait jamais le manoir sous cet angle.
Mais il oublia vite ces préoccupations en voyant la bande de filles gloussantes réunies dans sa cour intérieure. « Sortez immédiatement de ma propriété vous n'êtes pas les bienvenues! » Les jeunes filles parmi lesquelles, il reconnu Chloé Bourgeois, avaient cessez leurs bavardages et restaient devant lui sans bouger.
« Je ne vous permet pas. » poursuivit-il de sa voix autoritaire puis il se tourna vers son chauffeur et son nouvel homme de main. « Faites-les sortir d'ici! »
Les deux hommes guidèrent chacun une des jeunes filles à l'extérieur vers le portail qu'ils ouvrirent pour mettre les filles dehors mais lorsqu'ils retournèrent chercher d'autres adolescentes, les deux premières, ainsi que les adolescents qui se trouvaient devant, entrèrent dans la cour.
En voyant cela, M. Agreste attrapa son téléphone et menaça : « Je vous préviens, la sécurité est alertée et la police est en route! » avertit-il ensuite.
« Elle est déjà là, en fait! Merci de l'invitation.» La voix venait de derrière lui, depuis la porte d'entrée de la maison. Sur les marches, se tenaient encore plus de personnes que dans la cours. Des parents sortaient de sa résidence et rejoignaient les enfants pour l'entourer. Il y avait même des policiers qui arrivaient de la rue.
Adrien regardait le mouvement de la foule depuis sa cachette derrière les portes du hall. La plupart des gens présents étaient d'anciennes victimes d'akumatisations et leur famille mais beaucoup d'autres personnes avaient répondu à l'appel à l'aide d'Alya.
Lorsque tout le monde fut en position autour de son père, Adrien s'avança en face de lui, laissant Ladybug dans la cachette. Il n'était vraiment pas d'accord pour qu'elle soit le renfort musclé et qu'elle confronte son père fece-à-face en cas de problèmes, elle était beaucoup trop mal en point. Mais c'était son père à lui et inverser les rôles (qu'il soit ChatNoir et elle Marinette) aurait été dévoiler leurs identités à tout le monde.
Adrien s'arrêta devant son père et tendit la main pour lui demander silencieusement son miraculous. Comme il ne bougeait pas, il retira le foulard que son père avait commencé à porter en permanence depuis le départ de sa mère et ce malgré le passage des modes. Puis, tendit de nouveau la main.
Lorsque son père ne bougea toujours pas, Adrien se résolut à tendre la main pour se saisir du miraculous mais lorsque ses doigts se refermèrent sur le bijou, son père plaida : « Adrien, j'ai besoin des miraculous pour sauver ta mère! »
D'abord saisi, Adrien expliqua : « C'est un but très noble mais quoi qu'il en soit, vous avez utilisé le miraculous du Papillon pour vous en prendre à des personnes innocentes et vous avez risqué leurs vies sans les prévenir. C'est pour cela qu'ils sont ici pour s'assurer que personne d'autre ne revive cela. L'utilisation des deux miraculous formant le pouvoir suprême est un autre débat. » Et il retira la broche contenant la photo de sa mère. Il recula jusqu'aux marches de l'entrée.
L'agent Roger lisait ses droits à son père et le plaçait en état d'arrêt pour les crimes du Papillon. Ladybug s'avança jusqu'à lui : « Je vais aller placer ce miraculous en sécurité. »
Adrien plaça la broche dans sa paume tendue : « Je t'accompagne. » Et il passa un bras sous ses épaules pour l'aider à marcher en rentrant dans la maison.
Dans le soleil couchant d'une très longue journée, Ladybug et ChatNoir survolaient les toits de Paris pour le dernier acte de leur combat contre le Papillon.
Épilogue
Marinette profitait de la fraîcheur de la nuit pour observer les étoiles depuis son balcon. Il y avait presque une semaine qu'elle avait été confrontée au Papillon, à Gabriel Agreste, et elle était pratiquement remise.
Adrien vivait avec Nino en attendant qu'une décision soit prise concernant sa garde. Ils s'étaient parlé à l'école, mais puisqu'ils n'y étaient jamais seuls, ils n'avaient pas abordés la grande question de leur couple.
Marinette ne l'avait pas pressé sachant qu'il avait beaucoup de chose à remettre en place dans sa vie. Elle avait simplement été attentive à être là pour lui.
« Bonsoir princesse. » fit une voix derrière elle. « Alors, es-tu aussi curieuse que moi de savoir si Julia retrouvera sa véritable apparence ou as-tu visionné la fin de l'épisode sans moi? »
« Non, je t'ai attendu. Cette émission est meilleure quand je l'écoute appuyée sur ton épaule. »
« Si tu préfères, j'ai aussi trouvé ce nouveau film. Ça parle… d'amour. »
« Ça aussi c'est meilleur appuyé sur ton épaule. »
ChatNoir devint Adrien et entraîna Marinette sur leur divan pour une soirée cinéma où ils n'eurent pas besoin d'allumer l'écran pour voir des rêves se réaliser.
