2. Cohabitation difficile.
Ce fut un Naruto fatigué qui se laissa choir sur une chaise. Gaara, sujet à de nombreuses insomnies depuis l'hospitalisation de leur sœur avait préparé le petit-déjeuner. Il sirotait son bol de café lorsque Naruto quitta sa chambre, des poches sous les yeux et le teint cireux. Le roux fut loin d'être dupe : la prochaine proximité qu'il allait devoir partager avec l'Uchiwa devait l'avoir tenu éveillé une partie de la nuit. Il versa du café dans sa tasse. Naruto devait parler le premier.
— Tu es content de toi ? Maugréa celui-ci sitôt assis.
— Allons donc, Gaara haussa les sourcils. Qu'est-ce que j'ai encore fait ?
— Tu n'aurais pas du accepter ce... chantage !
— Enfin frérot, je sais qu'au fond, ça t'arranges !
Naruto manqua s'étrangler avec son café pour darder un regard rond de surprise sur le roux qui sirota son liquide comme si de rien n'était.
— Répète-moi ça !
— Ne fait pas comme si tu ignorais de quoi je parle, je déteste ça. Ce Sasuke te plaît et si j'avais un conseil...
— Je n'ai pas envie...
— ...à te donner, c'est de profiter au maximum de ce qui va t'arriver. Met ce temps à profit pour le séduire afin qu'une fois le contrat rompu, il ne puisse envisager de se séparer de toi.
Le blond était horrifié.
Gaara avait toujours semblé au-dessus des lois et ne prenait que rarement en compte les sentiment d'autrui. Lorsqu'il voulait quelque chose, il ne s'embarrassait guère de la morale et faisait tout pour l'obtenir. Durant leurs années de lycée, ce dernier avait terrorisé l'ensemble des élèves par son manque de scrupule et la violence dont il faisait preuve si quiconque osait offenser Naruto. Le blond n'avait souffert d'aucune brimade lors de son coming out. Il lui en était reconnaissant.
Naruto ignorait s'il était déjà tombé amoureux et bien qu'il ne douta pas un seul instant de l'amour qu'il lui portait, il espérait secrètement qu'un jour, son cœur puisse battre pour une autre personne que les membres de sa famille.
— Tu te rend compte de ce que tu me dit ? soupira Naruto.
— Quel mal y a-t-il à vouloir attirer un homme comme lui dans tes filets ?
— Je laisse tomber, grogna Naruto.
Il évita de regarder en direction des deux sac posé près de la porte d'entrée. Gaara s'était occupé de tout parce qu'il en avait été incapable hier soir. L'image du Sasuke rencontré au parc hantait son esprit, à tel point que dans son lit, il s'était laissé aller à imaginer beaucoup de choses. Prit dans la tourmente du désir, les sens enflammés, il avait eu beau ordonner à ses hormones de rester couché, sa main finit par glisser vers son sexe déjà tendu. Les yeux mi-clos, il imagina chaque courbes du corps du brun, l'air extasié qu'il devait avoir sous le joug du désir ; plus il avançait dans ses fantasmes et plus le rythme imposé à sa main s'accéléra ; bientôt, ses gémissement emplirent sa chambre. Un afflux de sensation monta du creux de ses reins pour se répandre dans tout ses membres et il jouit, le visage enfouit dans l'oreiller. Bon sang, jamais encore il n'avait eu pareil orgasme !
Le roux suivi le fil de ses pensées, un vague sourire sur les lèvres. Comme s'il ne l'avait pas entendu la nuit dernière !
— Dépêche-toi, dit Gaara en se levant, la voiture ne va pas tarder.
Il n'eut qu'un grognement pour réponse.
Les deux frères attendait sur le trottoir lorsque l'imposant véhicule de la veille se gara le long du trottoir. Quelle ne fut pas leur surprise lorsque Sasuke en descendit, élégamment vêtu d'un trois pièces sombre. Le cœur de Naruto eut un raté alors que le brun les saluait avant d'entamer une courte discussion avec Gaara. Puis il se tourna dans sa direction, les yeux mi-clos avant de franchir le court espace qui les séparait pour poser ses lèvres sur les siennes.
— Qu'est-ce qui vous prend ? Dit Naruto en reculant vivement.
— Ne m'en veuillez pas, souffla Sasuke en le prenant dans ses bras, mais il y a un photographe non loin d'ici qui nous mitraille.
Naruto se laissa aller dans l'étreinte musclé et s'autorisa à soupirer d'aise. L'odeur de musc lui tourna légèrement la tête, son parfum semblait vouloir attirer ses lèvres sur la beau d'albâtre du cou. Du coin de l'oeil, il aperçut une silhouette dissimulé derrière le mur de son immeuble. Qu'il bénit secrètement : grâce à lui, il venait d'avoir son tout premier contact. Puis l'air froid s'engouffra lorsque Sasuke le lâcha.
— Montez !
Sitôt installé, Sasuke ne lui prêta plus la moindre attention et passa le reste du trajet à discuter avec Gaara. L'entente entre ces deux-là fut si immédiate qu'elle attisa la jalousie subite de Naruto. l'Uchiwa aurait dû demander à son frère de jouer le rôle du fiancée. Un pincement au coeur lui fit comprendre qu'il ne devait pas fulminer de leur proximité. Il s'obligea à ne plus y penser. Parvenu au manoir, Sasuke leur apprit qu'il ne pouvait pas rester.
— Faites comme chez vous. Genus, mon majordome s'occupera de tout. Alors à ce soir !
— Merci, dit Gaara.
— Il aurait pu se donner la peine de nous installer, râla Naruto lorsque la voiture s'éloigna.
— Comprend-le, il doit avoir beaucoup de travail.
— Ouais...
Le dénommée Genus, le majordome rencontré le soir d'avant les attendait devant les doubles portes, son visage austère aussi fermé qu'une porte de prison. Naruto le salua chaleureusement, provoquant une expression de surprise de sa part.
— B... bonjour, monsieur.
— Naruto Uzumaki, dit le bond en lui tendant la main.
Genus hésita avant de lui rendre la politesse.
— Genus Bradley.
— Je suis vraiment ravi de faire votre connaissance. J'espère que nous serons amis.
Le majordome hocha la tête, sidéré. Gaara passa devant, un regard de sa part lui interdisant de l'aider pour les sacs. Genus finit par se reprendre et les précéda à l'étage, vaguement amusé par les exclamations de Naruto.
— Super, t'as vu les lustres, Gaara ? Et c'est vraiment grand. Il y a combien de chambres ?
— Huit, monsieur, répondit Genus.
— Combien de personnes vivent ici ?
— Il y a monsieur Sasuke seulement. Quelquefois, monsieur Itachi nous fait l'honneur de sa présence mais c'est plutôt rare. Et mademoiselle Temari est en voyage jusqu'à la fin du mois prochain.
Le majordome s'amusa de l'attitude du blond. Son visage respirait la joie et la bonne humeur, sentiment bien trop rare chez son jeune maître. Il se surprit à espérer que sa nouvelle conquête le tire de cette froideur derrière laquelle il se cachait. Il montra sa chambre à Gaara avant de conduire Naruto dans les appartements privés de Sasuke. L'ensemble se composait d'un petit salon décoré sobrement attenant à une grande chambre aux murs boisés. Un grand lit trônait sur une estrade au centre de la pièce ; sur la droite, un bureau en noyer massif bien rangé soutenait un ordinateur portable. Un écran plasma face au lit et les lourd rideaux rouge complétait l'ensemble. Genus ouvrit une porte dans un renfoncement donnant sur un immense dressing-room, jouxtant à une salle de bain privé.
Naruto ne fit aucun commentaire, indifférent au luxe qui y régnait pour s'attarder devant un tableau représentant un paysage d'une grande beauté.
— C'est magnifique ! S'exclama-t-il. Qui l'a peint ?
— Monsieur Sasuke est un véritable artiste. Hélas, il n'a guère le temps de continuer à peindre.
— C'est dommage, dit doucement le blond. Il a beaucoup de talent.
— Le dîner sera servi à huit heure, monsieur.
— Oh... Sasuke sera rentré ?
Genus hésita à lui dire la vérité. Et puis après tout, étant son fiancé, il devait savoir à quoi s'attendre avec son maître.
— Il rentre rarement avant dix heures.
Naruto ne drépondit pas, rangea ses affaires puis retrouva son frère en bas des marches. Tout deux décidèrent d'un commun accord de visiter la demeure, décoré avec goût. Sasuke disposait de sa propre salle cinéma, d'une salle de sport et d'une piscine à débordement couverte. Ils firent un détour par les cuisines, le blond ayant insisté pour saluer les domestiques. Après leur départ, les remarques fusèrent.
— Je suis surprise, dit la gouvernante, une femme rondelette dénommée Marthel. Il ne ressemble à aucune de ses conquêtes habituelle.
— Moi, j'en suis ravie, dit la femme de chambre, Etia. Il est gentil et si mignon ! Par contre, son frère me fait froid dans le dos.
— C'est vrai que maître Sasuke les préférait brun et plus...
— Imbu de leurs personne ? Termina Marthel à la place de Genus. Un peu de fraîcheur ne pourra pas lui faire de mal, d'autant plus que ces derniers temps, il ne semblait pas aller très bien.
— Je ne doute pas de ce jeune homme, dit Genus, songeur. J'ai eu la sensation qu'il était différent.
— Dis plutôt que tu l'aimes bien parce que, contrairement aux autres il ne t'a pas ignoré.
— J'ai le droit d'en être flatté, s'offusqua le majordome.
— Et nous aussi, dit Etia. Dis Clarisse, qu'est-ce que tu en penses de ce Naruto ?
Ce que j'en penses ?
Assise au bout de la longue table qui ornait sa cuisine, la maîtresse des lieux fumait paisiblement en écoutant les diverses remarques de ses collègues de travail. Contrairement aux autres, elle priait pour que le jeune blond puisse apporter tout le bonheur possible à son jeune maître, déjà très éprouvé par la vie.
— J'espère que sa lumière trouvera le chemin du coeur de maître Sasuke.
La conversation fut close.
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A la fin de la journée, Gaara passa son coup de fil hebdomadaire à l'hôpital. Naruto se dirigea vers la piscine où il fit quelques longueurs, unique solution pour se vider l'esprit. Brun qui, au même moment, le regardait fendre les eaux claires, les yeux brillant. Il était repassé à la maison prendre un dossier lorsqu'il le vit traverser le hall, habillé en tout et pour tout d'un maillot noir. Sa bouche s'était aussitôt asséchée en voyant les muscles rouler sous la peau doré et il n'avait pu s'empêcher de reluquer l'adorable paire de fesses du blond. Dieu ce qu'il avait envie de lui !
Dissimulé derrière la porte menant à la piscine, il le regarda sortir de l'eau et s'étirer, le corps ruisselant de milliers de perles de diamant. Avant qu'il n'ait pu réaliser son geste, il avait quitté son abri pour venir l'enlacer par-derrière.
— Que...? s'écria Naruto.
— Chut !
Le blond se crispa lorsque les lèvres chaudes de Sasuke vinrent tracer un sillon de feu sur sa nuque. Il gémit doucement au contact de ses mains le long de son torse, rejeta la tête en arrière et ferma les yeux, s'abandonnant aux sensations naissante. Sasuke posa de légers baisers sur son cou avant de l'obliger à tourner la tête pour prendre possession de ses lèvres. Sa main libre délaissa son torse pou son entrejambe qu'il massa délicatement. Naruto gémit dans sa bouche et le brun se colla contre son dos, appuyant sa virilité sur ses fesses. Quand soudain...
— Sasuke chéri !
— Merde ! dit le brun qui relâcha son phantasme à contrecœur pour quitter précipitamment la pièce. Naruto se laissa choir sur le carrelage, le souffle court. Le cœur battait à tout rompre, le visage rouge et une furieuse érection plus que douloureuse. Ce Sasuke... il finirait le rendre fou !
— Et maintenant, une douche glacé !
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— Qu'est-ce que tu fais ici ? Dit Sasuke.
— Tu m'évites et je veux en connaître la raison !
Sasuke l'entraîna de force dans le salon sous le regard désapprobateur de son majordome. Il claqua la porte, se retourna et lui envoya une gifle.
— Mais tu es fou ! S'écria celui-ci.
— Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas te voir ici.
— Ce n'est pas une raison pour me frapper.
— Tu m'exaspères !
— Alors, c'est vrai ?
Sasuke le fixa, perplexe.
— Qu'est-ce qui est vrai ?
— Tu as un nouvel amant ? Cracha Kiba. Pardon, un fiancé ?
— Qui...?
Puis il se souvint du photographe du matin. Ce sale paparazzi n'avait pas attendu pour vendre son scoop au plus offrant, il ne s'était pas contenté que des journaux à scandales. Comme le lui apprit un Kiba plus que furieux, les journaux télévisé en avait fait leur choux gras.
— Et moi, qui suis ton fidèle ami, tu ne me dit rien ?
L'Uchiwa l'ignora pour aller se servir un verre. Kiba était un idiot. Beau, bien bâtit mais puéril et infidèle. Sasuke ne lui avait jamais dit qu'il connaissait son autre amant ; un gars plutôt cool mais un peu fainéant du nom de Shikamaru. Ce pauvre mec ignorait que Kiba couchait régulièrement avec lui. Le Nara l'avait amusé un temps mais Naruto avait chamboulé ses habitudes. Il comptait bien être libre comme l'air lorsqu'il le mettrait dans son lit.
— Tu l'aimes ? Cracha Kiba.
— C'est ridicule.
— Ce n'est pas ce que je veux savoir.
— Cesse de te conduire comme un enfant gâté. Sasuke avala le liquide d'un coup.
— Il est là, n'est-ce pas ? Fulmina le Nara. T'étais avec lui, hein ? Est-ce que tu l'aimes ?
— Bon sang, non ! Cria Sasuke. Ce n'est qu'un moyen de me libérer de tout ces cafard qui gravitent autour de moi. Et si je peux combiner ça avec une partie de jambe en l'air, je ne dis pas non.
Vaguement rassuré, Kiba ondula jusqu'à lui, se colla contre son torse et l'embrassa légèrement.
— Alors, ce n'est pas sérieux ? Tu viens chez moi, ce soir ?
— Allons-y ! Mais après ça, je ne veux plus te voir ici.
— Tant que tu viens, je m'en fiche ! Susurra son amant.
Il n'avait pas besoin de savoir qu'au moment de sa rencontre avec Naruto, sa personne s'était aussitôt effacé de sa mémoire. Le Nara était une pipelette, mieux valait ne pas lui confier le moindre secret si on ne voulait pas que tout le monde le sache. Mais ça, Naruto l'ignorait lorsqu'il s'enfuit, les larmes aux yeux d'avoir tout entendu.
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— Je suis vraiment bête, se lamenta Naruto.
Après avoir reprit ses esprit, le blond décida de suivre Sasuke afin d'avoir une discussion. Il voulait qu'il cesse de le perturber, lui faire comprendre qu'entre eux, rien n'était possible. En approchant du salon, une voix qu'il ne connaissait pas l'intrigua ; après moult hésitation, il décida d'entrouvrir la porte pour jeter un oeil : ce qu'il vit le figea sur place.
Un brun élégamment vêtu s'accrochait lascivement au cou de l'Uchiwa qui le regardait amoureusement. Il enfouit sa tête dans les coussins en sanglotant lorsqu'il se remémora les paroles dures de l'Uchiwa.
— Je ne suis rien d'autre qu'une ellipse dans son monde. Jamais il ne me considèrera digne d'être de lui. Et puis, il ne m'a rien promis !
Naruto avait mal. Se faire avoir par ses propres sentiments était si dur ! Et dire que jusqu'ici, il s'évertuait à ne pas en ressentir afin d'éviter d'être blessé. Et lorsque son coeur, pour la première fois se retrouvait totalement mis à nu, il le retrouvait piétiné sans vergogne.
— Je suis bête, maugréa-t-il entre ses dents. Je savais où ça allait me mener et j'ai foncé tête baissé. Mais foi de Naruto, il ne va m'utiliser comme ça. Je suis peut-être idiot d'avoir succombé aussi vite mais il ne se moquera pas de moi.
Puisque les sentiments d'autrui étaient si peu important pour l'Uchiwa, le blond décida de rendre coups pour coups. Un plan d'attaque ne serait pas de trop pour prendre sa revanche. Puisque Sasuke semblait aimer les hommes stylisé, il allait lui montrer que lui aussi ne manquait pas de ressources. Et une seule personne pouvait l'y aider. Il se leva prestement, fouilla dans ses poches et sortit son portable.
— Allô, Sakura ?
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POV Sasuke
Bon sang, j'ai cru que je ne me débarrasserais jamais de Kiba ! Quelquefois, je me demande ce que j'ai bien pu lui trouver. Je dois admettre qu'il est plutôt drôle et ne manque pas de reparties fines mais pour le reste, zéro. De plus, je ne peux pas lui faire confiance.
Il ne se doute même pas que je sais qu'il couche avec son cousin. Non mais franchement, il ne manque pas de scrupules. Il faut de l'audace pour venir me faire une crise de jalousie alors que lui-même est infidèle. Heureusement, il pense que Naruto ne me plaît pas, que c'est juste un jeu. Ce n'est pas à lui, la plus grande pipelette que je dirais que ce blond m'a tourné la tête.
Moi, Sasuke Uchiwa, patron d'une multinationale en pleine expansion et réputé être le plus impénétrable du siècle suis complètement sous le charme d'un blondinet rencontré dans un parc à l'aube. Son sourire... il me bouleverse. Je pense à lui sans arrêt, je n'arrive plus à me concentrer à mon travail et ce matin -malgré une nuit satisfaisante avec Kiba - je me suis branlé comme un fou en pensant à lui.
Seulement, je ne peux pas le traiter comme les autres. Il est différent et je veux que ça le soit entre nous. Il est si... innocent ! Je vais devoir la jouer fine si je veux l'approcher. Quoi que, au vu de ce qui s'est passé à la piscine, je me demande si le plus simple ne serait pas d'y aller franchement. Mais il y a un tout petit détail : Gaara.
Je ne suis pas idiot. Ce type est très intelligent, vraiment redoutable, il ne semble pas s'embarrasser de scrupules, tout ce que j'aime. J'aurais du travail pour lui, un homme pareil doit pouvoir me servir. Il faut que je le mette dans ma poche. Si j'ai sa bénédiction pour séduire son frère alors tout ira bien. Son visage inexpressif ne facilitera pas la discussion mais ce que j'en ai vu me dit qu'il me tuera au moindre dérapage. J'ai froid dans le dos. Il est comme Itachi. Ces deux-là vont s'entendre ou ce sera la guerre sous mon toit. Sans parler de Témari !
En amour, c'est comme à la guerre : tout les coups sont permis. Le plus incroyable, c'est que je n'avais jamais envisagé de faire autant d'effort pour séduire quelqu'un. A croire que je devrais me remettre en question.
Ce qui me plait chez Naruto ? la réponse n'est pas aussi simple que je l'aurais cru. Le plus dur fut de retranscrire exactement mes sentiments : c'est bien la première fois que j'ai à le faire, moi qui m'évertue à les cacher sous une froideur polaire. Il est tellement différent de ceux que je côtoie. Tendre, gentil et aimable. Il rayonne aussi, d'une beauté qui irradie de sa personne. Son sourire est communicatif, il a déjà conquis mes domestiques. Même la vieille Clarisse est tombé sous le charme, il est le seul à avoir réussi cet exploit. J'ai eu droit à un sacré sermon agrémenté de menaces à peine voilé sur le fait que si je le faisais souffrir, je devrais faire attention à tout ce que j'avalerais.
Que voulez-vous ? Je la considère comme ma mère alors son avis à beaucoup d'importance pour moi. Tout mes domestiques sont raide dingue de lui et il a réussi cet exploit en un jour.
Mais qu'est-ce qu'il a, quel est son secret ?
Fin POV
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Sasuke entra dans sa chambre pour trouver Naruto assis au bord du lit, les jambes dans le vide. Un portable collé contre son oreille, il babillait joyeusement. Ses yeux brillait, les joues légèrement rose. Sasuke dût se dominer pour ne pas lui arracher le cellulaire des mains. Qui était à l'autre bout du fil pour qu'il irradie autant de bonheur ? Son coeur se serra à l'idée que ce fusse un prétendant et il attendit patiemment qu'il raccroche pour venir se planter face à lui, l'oeil sombre.
— C'était qui ?
— Je ne crois pas que ça vous regarde, laissa tomber Naruto.
— Je crois bien que si, cracha Sasuke. Vous n'êtes, en aucun cas autorisé à recevoir des appels de vos amants et encore moins les faire venir ici.
Naruto n'était pas décidé à faire marche arrière. Il lui tiendrait tête.
— Oh, parce que vous vous gênez, peut-être ? Moi, je n'ai pas le droit de voir qui que ce soit mais vous, oui ? Je ne marche pas !
— De quoi est-ce que vous parlez ?
— Tiens, on a la mémoire courte ? Cracha le blond.
— Je ne tiens pas à répéter ce que je viens de dire, dit Sasuke sur un ton dangereusement bas. Ce sont les règles et vous devez vous y soumettre.
— Puisque c'est comme ça, le contrat est rompu. Je rentre chez moi !
Avant qu'il n'ait pu faire un pas, Sasuke le repoussa violemment sur le lit, lui sauta dessus et l'immobilisa. Assis à califourchon sur ses hanches, il maintint ses poignet au-dessus de sa tête.
— Tu n'iras nulle part, dit-il d'une voix vibrante de désir.
— Vous croyez ça ?
— Je le dis, tu ne bouges pas d'ici.
Naruto eut beau se débattre comme un beau diable, le poids de Sasuke l'empêcha de bouger. Mais ce qui le troubla le plus fut la chaleur envahissant son bas-ventre. Un mouvement plus vigoureux fit glisser les hanches du brun et se faisant, ses fesses vinrent frotter son entrejambe. Le blond gémit. Comme si Sasuke n'attendait que ce signal, il fondit sur ses lèvres, les dévorant dans un baiser passionné. Sa langue quémanda un passage vite accordé et le ballet de leurs langues altéra la réalité alentours. Dans un sursaut de lucidité, Naruto détourna la tête, brisant le contact charnel. Rouge, essouflé, il pria Sasuke de le relâcher.
— Hors de question, souffla l'Uchiwa.
— Je vous hais.
— Tout ce que je sais, c'est que je vais te prendre. Ici et maintenant !
Il posa ses lèvres gonflés de désir sur le cou de Naruto, remonta vers l'oreille qu'il titilla voluptueusement avant de reprendre ses lèvres. Le pauvre blond ne savait plus où donner de la tête, partagé entre ses sentiments et son envie de ne pas être considéré juste comme de la chair fraîche. Il gémit délicieusement lorsque, à travers le tissu de son tee-shirt, la langue chaude de son tortionnaire s'enroula autour d'un de ses mamelons durcit par le plaisir et que ses doigt venait titiller l'autre. Sasuke commença à onduler du bassin, frottant leur virilité l'une contre l'autre. Ôter son jean affolant pour le prendre, encore et encore.
Mais le blond n'avais pas dit son dernier mot. D'un coup de tête bien sentit, il explosa le nez de l'Uchiwa qui s'effondra par terre, en sang. Sans lui jeter un regard, Naruto quitta la pièce en courant, les larmes aux yeux. Il devait absolument s'éloigner. Hurlant de douleur, Sasuke s'enferma dans la salle de bain pour fouiller fébrilement les placard, à la recherche de coton. Mais qu'est-ce qu'il lui avait prit ? Si jamais son nez était cassé, il le lui paierait ! Une douche plus tard, il croisa Genus qui lui apprit que Naruto avait quitté le domaine.
— Et m... où est…
— Claude l'a conduit.
Sasuke le remercia du regard puis s'empressa d'appeler son chauffeur. Dix minutes plus tard, il roulait comme un fou vers la ville à bord de son coupé. Il ne lui fallut pas moins d'une heure pour dénicher le blond, assis à la terrasse d'un café en compagnie d'une fille aux cheveux roses. Fou de rage, il s'avança vers le couple, tira une chaise et s'installa sans autre forme de procès. Refusant d'analyser son attitude, il héla un serveur pour passer sa commande sous le regard halluciné des deux compères.
— Mais que faites-vous ici ? S'emporta Naruto. Vous m'avez suivi ?
— Enchanté, dit Sasuke en lançant un regard froid à la fille. Sasuke, le fiancé de Naruto.
— Heu…Sakura, enchanté ! Bégaya celle-ci, mal à l'aise.
— De quel droit…
— Vu que tu es partit sans me dire où tu allais, coupa Sasuke, j'ai appelé Claude pour savoir où il t'avait déposé.
— Et…
— Je suis donc venu. Un problème ?
Ils s'affrontèrent du regard durant un long moment, heureusement coupé par l'arrivée du serveur qui déposa la pression non sans jeter une œillade enflammé au brun, heureusement ignoré. Entre rage et envie de hurler sa joie, Naruto ne sut plus à quel saint se vouer. Que déduire de sa conduite ? Il avait passé la nuit avec son amant, le laissant seul dans un endroit inconnu puis piquait une crise de rage. Et maintenant, ça ? Il jeta un coup d'œil à Sakura qui lui fit un clin d'œil. Pour elle, aucune autre possibilité : l'Uchiwa tenait plus à son ami que Naruto le croyait.
— Je ne rentrerait pas ! Le blond gonfla les joues, boudeur. Un fin sourire étira les lèvres de Sasuke qui se pencha pour les effleurer d'un baiser. Et qui s'accentua lorsque Naruto sursauta.
— Tu es adorable !
— Mais bon sang, arrêtez !
Sakura s'esclaffa devant sa gêne. Devant le sans-gêne de l'Uchiwa et vu le charme qu'il déployait sans se soucier des badaud autours, Naruto devait craindre pour…ben pour rien. Parce que sa vertu, il ne l'avait plus depuis longtemps. Et hélas prise de force par un salopard de première qui s'était joué de ses sentiment. Elle se souvenait encore de ce moment, lorsqu'elle l'avait récupéré anéanti et au bord du suicide après sa coucherie forcé. Elle avait alors eu envie de tuer ce péquenaud mais il était trop hors de portée !
Voilà la raison de ce comportement froid et méfiant de son ami. Et cela, l'Uchiwa l'ignorait. Elle sentait que ce jeune homme était le bon, le seul capable de rendre le sourire à l'ange blond qui était devenu son meilleur ami au collège. Toujours vivant, si gentil et attentionné, il l'avait soutenu à la mort de ses parents sans jamais faillir à son lien d'ami véritable. C'était son tour aujourd'hui. Elle l'aiderait jusqu'à ce qu'il soit heureux !
