Voici un nouveau chapitre, en espérant que vous l'aimerez !
Chapitre 2
Harry était nerveux. Après trois mois de préparation intensive, ils étaient enfin prêts. Ils avaient vu et revu, encore et encore, chaque points de la cérémonie, avaient calibré tout les déplacements au millimètre près, avait vu toutes les possibilités qui leur étaient offertes, trouvé des moyens de se rattraper en cas de difficultés. Ils étaient enfin prêts. La cérémonie pouvait commencer.
Les tenues qu'ils portaient, Hermione, Ron et lui étaient constituées pour chacune d'une couleur primaire, choses qu'ils auraient pu juger non indispensable mais ils ne préféraient pas prendre de risques. Ils s'étaient donc habillés d'une robe longue et d'un chapeau pour le moins originales mais cela n'importait peu.
Dans exactement trente secondes, ils devraient commencer leurs danses et leur chants afin de ramener Sirius auprès d' eux. De grandes inspirations furent prises, essayant avec plus ou moins de succès de se détendre.
Il ne restait plus que cinq secondes avant commencer la cérémonie. Ils prirent une dernière et profonde expiration pour enfin commencer leur incantation.
La prononciation étaient des plus difficiles. La langue qu'ils utilisaient était rêche et donnait des effets discordants. Mais peu leur importait. Ils avaient répété les mots, les phrases des centaines, des milliers de fois, jusqu'à ce qu'ils s'imprègnent de ceux-ci, que les mots fassent partis d'eux.
La danse avait été plus délicate à apprendre, mais il en fallait bien plus pour les décourager. Ils l'avaient faite et refaite des centaines de fois. Ils en avaient pleuré, avait supplié d'arrêter tout en sachant que même s'ils s'autorisaient à se donner cinq minutes de repos, c'était uniquement pour revoir la chorégraphie. Jusqu'à la rendre parfaite. Ajustée à chacun d'entre eux.
Alors sur le ciel orageux il commencèrent enfin. S'il y aurait eu des spectateurs, ils auraient dit que les jeunes gens volaient, que leur grâce et leur force n'avaient aucun équivalent, que leur chant était des plus envoûtants. Mais ils n'étaient que tout les trois. Et le monde autour d'eux pouvait bien cesser d'exister, ils n'en auraient eu aucune conscience. Car plus rien n'existait autour d'eux. La pluie qui s'abattait sur eux, rendant leurs habit plus lourd, était ignoré, pire, elle n'existait plus. Juste eux et ce qu'ils savaient devoir faire. Une heure passa ainsi. Puis deux. Puis d'autre encore. Ce n'est qu'au bout de six heures de rituel qu'ils finirent enfin, épuisés mais étrangement heureux.
Ils regardèrent autours d'eux. Rien n'avaient changé si ce n'est que l'aube pointait derrière les arbres centenaires qui les entouraient.
Ils échangèrent un regard inquiet. Et si tout cela avait été fait en vain ? S'ils avaient mal fait quelque chose, faisant tout échouer ? Le stress monta graduellement, les faisant trembler. Mais ils ne se déplacèrent pas, restant sur la surface du cercle que leur danse précédente avait tracé sur l'herbe verte de la prairie.
Quand enfin les lueurs de l'aube partirent au profit du jour, une fine brume blanche se condensa au milieu du cercle. Puis se condensa encore un peu plus, jusqu'à former une silhouette allongée sur le sol. Elle prit des couleurs et s'opacifia, jusqu'à avoir une forme humaine et habillée. La même forme qu'avait Sirius avant de passer derrière le voile, portant les mêmes vêtements, il était exactement comme Harry l'avait vu la dernière fois. Il n'avait pas vieillit. Il était resté le même. Le temps passé n'avait eu aucun impact sur lui.
Ils restèrent tous figés pendant quelques secondes, puis Harry se précipita sur son parrain. En larmes. Il le serra dans ses bras, ne pouvant dire aucun mot, aucun n'aurait été à la hauteur de tout les sentiments qui l'assaillir au même moment, au moment où il avait vu Sirius à centre de la prairie. Ils étaient enfin réunis.
Sirius, quant à lui, ne savait plus où il en était. Un instant, (un siècle?) plus tôt, il était dans dans le brouillard (il avait décidé en un instant que ce serait ainsi qu'il l'appellerais), puis il s'était sentit tiré en arrière. Maintenant son filleul qui avait énormément changé le tenait étroitement serré contre lui. Et même si Sirius ne comprenait rien à la situation, il pris aussi son filleul dans ses bras. Parce qu'il compris qu'Harry avait survécu, que ses meilleurs amis avaient été vengés et que Voldemort avait périt. Qu'il n'était pas mort et qu'il avait été absent quand on avait le plus eu besoin de lui. Alors à son tour, il fondit en larme. Lui non plus ne dit rien, car il n'y avait plus rien à dire.
Severus était mort. C'était un fait et il n'était plus a démontrer. Et pourtant.
Pourtant il ouvrit les yeux dans un endroit qui lui était totalement inconnu. Même s'il était loin d'être claustrophobe, il ne pouvait que constater que l'espace qui lui était dédié était vraiment très restreint. Trop restreint.
C'est à ce moment là qu'il se dit qu'il y avait vraiment quelque chose de vraiment pas net. Comme par exemple le fait qu'il était capable de discerner les éléments qui constituaient sa prison alors qu'il était dans un noir total.
Ou encore le fait qu'il soit encore en vie alors que la morsure de Nagini l'avait tué.
Il essaya tant bien que mal de garder son calme. Il se remémora ses derniers instants. Il se remémora la douleur cuisante qui l'avait assailli petit à petit quand le poison se répandait dans son corps. Qu'il ne sentait plus tout le bas de son corps, que ses battements de cœur avait diminué, sa respiration aussi. Que les rares endroits auquel il avait encore eu conscience lui avait envoyé la sensation que de la lave et de l'azote liquide avait remplacé le sang, se faisant concurrence sur celui qui le ferait le plus souffrir. Ce fût ces derniers souvenirs.
Heureusement, il n'avait maintenant plus mal nul part, ne se sentant même pas courbaturé. Ou plus exactement en meilleur forme que depuis bien trop longtemps.
Et c'est en ce moment là qu'un constat le frappa de plein fouet. Une telle évidence qu'il se demanda comment il avait fait pour ne pas s'en être rendu compte avant. A l'instant même où il avait ouvert les yeux. Il se traita d'idiot fini, de cancrelats et de cervelle d'escargot atrophiée.
Car au même instant où il avait fini de faire le point sur les derniers instants de sa vie, une évidence lui sauta au visage. Il ne respirait pas. Son cœur de battait pas non plus. Il était vraiment et réellement mort.
Se forçant à rester calme, Severus essaya de faire entrer l'air ambiant dans ses poumons. Il constata que cela ne lui était pas naturel mais qu'il lui restait tout de même l'odorat. Et son odorat lui informait que l'endroit où il était puait le renfermé.
Si on ne pouvait enlever quelque chose à Severus, c'est qu'il était loin d'être bête. C'est pour cela qu'il était arrivé à garder son statut d'espion jusqu'à la fin, captant et délivrant des données nécessaires à la victoire de l'Ordre. Non, Severus était loin d'être bête.
C'est sans doute pour cela qu'au lieu d'être gagné par la peur, il additionna deux plus deux.
La chose la plus importante à faire dans l'immédiat était de sortir de l'endroit où il était enfermé. Il essayerait de tout comprendre plus tard.
Il releva la tête. Assez pour voir qu'il était dans un cercueil.
L'esprit sarcastique qu'il gardait comme une seconde peau lui susurra à l'oreille qu'au moins on ne l'avait pas jeté aux détritus. Donc que c'était l'Ordre qui avait gagné la Guerre, le Lord n'aurait eu aucun scrupule à le laisser pourrir dans la cabane hurlante. C'était donc une bonne nouvelle pour lui.
Sortir de son cageot ne serait donc pas trop pénible. En effet, il était sûre qu'après avoir délivré ses souvenirs à Potter, celui-ci, s'il survivrait, aurait fait des pieds et des mains pour lui faire obtenir l'Ordre de Merlin à titre posthume. Le retour dans le monde sorcier ferait certes un grand bruit mais on n'essayerait pas de le condamner au baiser du détraqueur. Une autre bonne nouvelle.
Severus essaya de pousser le couvercle, mais une résistance l'empêcha de le soulever. Il y mit donc plus de force, et, à sa grande surprise, une déferlante de force s'abattit sur lui. Le capot s'arracha du socle par lequel il était retenu. Il repoussa la panique qui menaçait de le submerger à ce fait et décida que le plus important pour le moment était de sortir de là. Il la laisserait ensuite le gagner. Mais pas pour le moment. Au lieu de cela, il s'assit et regarda autour de lui.
Il était bel et bien retenu dans une crypte. Le monde sorcier le considérait donc comme mort. Son retour n'était donc pas prémédité.
Il inspira encore une fois pour s'arrêter tout de suite après. L'endroit puait la décomposition et le renfermé. L'odeur était intenable et lui avait fait monter les larmes aux yeux. Pour se rendre compte que ce n'était pas des larmes qui s'accumuler sous ses paupières mais du sang. En effet, un voile rouge et épais lui obstruait la vue.
La panique latente qu'il essayait tant bien que mal de calmer se fit plus présente encore, son contrôle s'était envolé sur cette dernière découverte. Severus trouva en un temps record l'entrée de crypte, qu'il défonça en un coup de poing en son centre. Les pierres volèrent autour de lui, les cercueils que contenait la crypte sursautant à l'onde de choc qu'envoya Severus.
Cela ne fit qu'accroître sa panique. Il se précipitât à l'extérieur, cherchant une liberté qu'il s'était vu retirée au moment où il avait ouvert les yeux. Il ne remarqua à peine s'être coupé la main. Il vit juste la plaie se refermer d'elle même, comme mûe par une vie propre. Il s'effondra par terre dans sa précipitation. Mais cela lui importait peu. Il releva la tête. Pour se retrouver face au lac de Poudlard donc l'aube faisait miroiter les brèves vagues qui secouaient lentement sa surface.
La paix lui revint à cette vue. Il avait toujours aimé s'y rendre quand les élèves partaient en vacances, quand l'endroit était paisible, ou encore le soir après le couvre feu, quand il voyait la lune se plonger dans les eaux sombres et profondes, le clapotis reposant des vaguelettes se fracassant sur le rebord du lac l'apaisant mieux que quoi que se soit d'autre pouvait le faire.
C'était le seul endroit où il se sentait chez lui, le manoir renommé Snape n'était plus qu'une pâle figure de la grandeur et de la majesté qu'il avait inspiré avant qu'il ne passe entre les mains de son père que celui-ci avait défiguré et enlevé son nom d'origine.
Il prit une grande inspiration. Cette fois-ci, l'air sentait l'odeur caractéristique de la rosée du matin ou tout du moins d'une nuit pluvieuse. Severus avait toujours aimé cette senteur douce. Il avait toujours l'impression d'être plus vivant dans ces cas là, cette fois-ci ne faisait pas exception.
Doucement il s'approcha de le berge.
A un mètre de l'eau, il retira un à un ses vêtements. Il remarqua que ceux-ci était de bonne qualité. De meilleur qualité que tout ce qu'il avait porté jusqu'à ce jour. La robe était noire et épaisse, comme celle qu'il portait habituellement, mais des fils d'or étaient brodés sur les manches et au niveau du col, formant des petits motifs d'oiseaux, et quand on regardait de plus près, de corbeaux.
Il déposa ses vêtement à côté de lui, puis il s'immergea dans l'eau.
Severus commença à réfléchir à tout ce qu'il avait découvert jusqu'ici. Il avait acquis une force, un odorat et une vue exceptionnelle, sans parler de son ouïe. En effet, à cet instant même, il pouvait dire qu'un animal s'approchait à pas lents et feutrés de ses habits, sans doute pour les renifler. Ce qu'il fit quelque instant plus tard avant de fuir. L'odeur que dégageait le corps de Severus faisait donc peur aux animaux. Il y avait aussi le fait que Severus était techniquement mort, qu'il ne respirait pas et que son cœur ne battait pas non plus.
Se laissant flotter sur le dos, il éleva sa main jusqu'à ce qu'elle soit à hauteur d'œil. Si sa peau avait était pâle durant tout sa vie, ce n'était rien comparé à la blancheur blafarde qu'elle avait à cette instant là.
Il ne fallut pas bien plus de temps à Severus pour savoir ce qu'il était devenu.
Un vampire.
Contrairement à la plupart du monde sorcier, Severus s'était intensément intéressé aux créatures magiques qui peuplaient son monde. Un nombre conséquent de créatures à l'apparence humanoïde existaient mais celles-ci étaient très loin d'avoir la même mentalité que les sorciers. Deux grands instincts dirigeaient leurs vies : l'accouplement et la défense de leur territoire. Les deux pouvaient être intimement liés, pouvant l'un comme l'autre pousser l'individu à avoir des pulsions meurtrières.
Parmi toutes les possibilités de créatures magiques, une seule correspondait à son cas. Celle du vampire.
A l'opposé des croyances populaires, les vampires n'étaient pas transformés par l'un de leur paire.
Personne ne savait ce qui faisait d'un mort un vampire. Pas même les principaux concernés. Des recherches auraient pu être faites mais peu de vampires, pour ne pas dire aucun, avait déjà laissé quelqu'un lui prélever ne serait-ce qu'une petite fiole de sang. De plus, les sorciers n'étaient pas les seuls à pouvoir être transformés une fois que leur cœur avait arrêté de battre. De nombreux moldus avaient été recensés comme étant devenus vampire.
Les seules données que possédaient les personnes bien informées, c'était que l'on ne devenait vampire seulement lorsque l'on était mort. Pas avant. Après. Et aucune limite de temps n'était fixée à son retour à « la vie ». Une personne pourrait très bien en devenir un maintenant alors qu'elle était décédée plusieurs siècle plus tôt. C'était par ailleurs arrivé quelque fois, mais heureusement, cela restait quand même peu fréquent, rare pourrait-on dire.
De plus, ils buvaient du sang. Là aussi, contrairement aux croyances, ce n'était que le sang de leur calice, une fois celui-ci trouvé, dont ils s'abreuvaient. Ils n'avaient pas non plus peur du soleil et de la lumière, mais leur vue accrue était extrêmement sensible et une trop forte luminosité pouvait leur causer des migraines abominable.
Étant mort, il était très difficile de tuer un vampire. Et là, même Severus qui s'était renseigné dans de nombreux livres, croisant les recherches encore et encore, ne savait pas comment faire pour en vaincre un.
Mais en cet instant, flottant dans le lac, il sût. Il sût qu'on ne tue pas un vampire, c'est le vampire qui se tue, qui se suicide. Un refus de don du sang du calice pouvait le pousser à la mort, car celui-ci ne peut en aucun cas faire de mal ou forcer celui qu'il considère comme son âme sœur. Ce n'était pas en lui-même le refus de don du sang du calice qui engendrait les pensées suicidaires mais le fait que c'était pour un vampire un rejet total de son complément. Pour tout suceur de sang, le calice n'était ni plus ni moins sa vie et celle-ci tournait uniquement autours de lui.
Le plus étrange, c'était que lorsqu'il était en vie, le vampire aurait pu croiser des centaines de fois son calice, ou encore le connaître, sans que jamais celui n'éprouve quoi que se soit pour lui.
Severus se retourna et fit quelque brasses, profitant ainsi de ces quelques instants de paix. Il savait que lorsqu'il rentrerait dans Poudlard, il n'aurait pas un seul moment de répit avant un long moment. Les vampires étaient rares et craints, et ceci pour une bonne raison : de part le fait qu'il n'y avait que peu de « renaissance » et de part leurs instincts conservateurs qui les rendaient impulsifs et agressifs.
L'ancien professeur de potion reprit pieds. Quelque instants plus tard, il commença à remettre ses habits. Avec un soupir, il se retourna pour faire face à Poudlard. Celui-ci avait toute une façade en ruine mais on pouvait voir ici et là les prémices d'une reconstruction. Il s'avança vers les portes du château. Celle-ci le reconnurent et lui autorisèrent l'entrée. C'est grâce à ce système d'entrées sélectives qu'ils avaient évité grand nombre de morts et d'attaques destinés à faire faiblir le morale et donc la défense de la population. C'était Severus qui en était à l'origine et il n'en était pas peu fier. Le seul bémol c'est qu'il n'avait à ce moment là pas assez de puissance magique due aux trop nombreux doloris que lui infligeaient le Maître pour pouvoir lancer le sort. Il avait donc dû laisser les reines à Sirius Black, lui laissant ainsi un goût d'amertume derrière cette petite victoire.
Il s'arrêta au niveau du hall. Celui-ci avait beaucoup enduré pendant la guerre et pourtant il était exactement dans le même état que lorsqu'il était étudiant si ce n'est quelques marques de brûlures qu'il restait à quelques endroits, comme des cicatrices de temps tristes et douloureux.
Il tourna la tête vers le sablier. Celui-ci était encore actif, signe que l'école avait repris et que le château était maintenant sécurisé. Severus en fût soulagé. Il voulait que les élèves est une scolarité normale, et Poudlard avait toujours était une très bonne école et un refuge pour les nombreux élèves qui avaient été accueillis en son sein.
Ne se laissant plus distraire, il se dirigea vers le bureau du directeur, dont il espérait voir Minerva assise sur le fauteuil qui avait un jour accueillit les prédécesseurs d'Albus Dumbledore.
Quand il s'arrêta devant la gargouille, il eu un temps d'arrêt. Il n'avait aucune idée du mot de passe qu'avait choisit le nouveau directeur. Avec un sourire, il pensa à ses nouvelles facultés. Aucun mots de passe ne pouvait lui échapper. Il n'avait qu'à mettre la main sur un objet pour deviner lequel il fallait choisir.
« Margarine »
A croire que le vieux fou ne disparaîtrait jamais de l'enceinte du château.
Lentement, il gravit les escaliers jusqu'à arriver devant une porte de chêne. Il toqua doucement à celle-ci et attendit qu'on lui dise d'entrer. Ce qui ne tarda pas.
Il l'ouvrit doucement et regarda la pièce dans laquelle il allait entrer. Celle-ci était beaucoup plus ordonnée que pendant le temps de l'ancien directeur même si des objets dont il n'avait aucune idée de leurs origines trônaient ça et là autour de lui.
Il regarda ensuite la personne qui lui faisait face. Celle-ci n'avait pas encore relevé la tête, s'attendant sans doute à voir un des professeurs se plaindre que les locos où ils enseignaient n'était pas encore remit à neufs. Severus pût voir des cernes souligner le regard de son ancienne collègue. Alors d'une voix douce qu'il n'employait que très rarement, il prit la parole.
« Minerva... »
Il n'avait pas parlé depuis un long moment pourtant sa voix était fluide, de celle que l'on qualifie d'envoûtante.
La dénommée releva aussitôt la tête, après avoir vu Severus, elle ferma les yeux, les traits un peu plus tirés par la détresse, puis les rouvrit. Pendant quelques minutes, elle ne bougea plus puis leva la main comme pour toucher le visage de Severus alors que quelque mètres les séparaient encore tout les deux.
« Severus… Est-ce que… Est-ce bien vous mon cher ami ?
- Oui, c'est moi.
- Vous étiez mort Severus, on vous a enterré et vous êtes là, devant moi. Comment est-ce possible ? S'il vous plaît, ne me dites pas que c'est mon vieil esprit qui me joue des tours. J'ai survécu à beaucoup, mais là ce serait bien trop pour moi. S'il vous plaît, ne me dites pas que c'est un tour de mon esprit, s'il vous plaît... »
Severus s'avança alors vers sa vieille amie, lui touchant la joue. Elle était en larmes, persuadée qu'il n'était pas là.
« Je suis là Minerva, et pour un bon moment. Je suis bien mort, mais ce que vous voyait n'est pas mon fantôme. Je suis mort et je suis en vie. Je viens juste de me réveiller, enfermé dans un cercueil, et de nouvelles capacités me sont apparues. Je suis en vie et je suis mort ma chère amie. Je ne sais Merlin pourquoi, mais je me suis transformé en vampire. Je ne sais depuis combien de temps j'ai été pour ainsi dire inconscient, ni ce qu'il s'est passé entre temps. Je vais avoir besoin de votre aide pour me retrouver et vous êtes la seule à pouvoir le faire. »
Mc Gonagall avait cessé de pleurer. Ce n'était pas dans son caractère de se lamenter. Elle avait été effrayée de voir Severus mais celui-ci était là, en chaire et en os. Alors tout allait bien.
Elle resta silencieuse quelques minutes, le temps d'apprécier les caresses apaisantes que lui procurait Severus sur sa joue. Puis elle commença à raconter ce que son ami avait loupé durant ces cinq ans d'absence.
Le récit fût long. En effet, il avait beaucoup de choses à rattraper, mais il aurait maintenant un temps infini pour réparer ces lacunes.
Il apprit qu'il avait un nouveau ministre, Mindervald, un peu moins bête que son prédécesseur mais qu'il était néanmoins obnubilé par l'image qu'il renvoyait au monde sorcier, le faisant ainsi faire quelques bévues. Il apprit aussi la mort de bon nombre de ses anciens collègues de l'ordre, et même s'il n'en était pas attristé il ne put que penser que c'était plutôt dommage.
Après avoir discuter un bonne partie de la journée, Minerva le poussa à aller au Ministère de la magie afin de pouvoir entrer dans les règles et ne pas avoir de problèmes si quelqu'un le reconnaissait.
Ce fut donc avec un soupir qu'il se dirigea vers l'âtre de la cheminée, en poussa un deuxième quand il pris la poudre de cheminette, la jeta et d'une voix claire il énonça sa destination.
Severus était énervé. Il savait bien que le Ministère était composé en grande majorité de harpies, mais il avait espéré que la guerre aurait fait changer légèrement les choses. Il se dit alors qu'il faudrait un miracle pour que cela soit fait.
Quand il avait atterrit dans la cheminée beaucoup plus large que celle de départ, il eu la désagréable surprise de voir que quelques journalistes se trouvaient parmi les personnes qui attendaient dans le grand hall du Ministère. Dans un premier temps ceux-ci n'avaient pas fait attention à lui, et ne croyant pas sa chance se dirigea le plus discrètement possible vers les ascenseurs. A seulement dix mètres de sa destination, il fût repéré par un gamin. Merlin, qu'il pouvait les détester.
« Maman, maman, regarde la bas ! Regarde ! C'est pas le méchant professeur qui est mort mais qui était finalement pas si méchant ? »
Tout ça bien sûre en le pointant du doigt.
En moins de dix secondes, il fût assailli de flaches et de questions en tout genres, de la plus concrète (« comment se fait-il que vous soyez encore en vie ? ») à la plus déplacée (« avez-vous une amante secrète chez qui vous vous êtes réfugié ? »).
« Je répondrais à CERTAINES de vos questions une fois que j'aurais réglé les différentes affaires qui m'amène au Ministère. Je vous pris de me laisser entre temps afin que celles-ci soient faites le plus rapidement et le plus efficacement possible. »
Il prit sa voix froide, et sur la fin le sarcasme était nettement présent.
Severus pût enfin se diriger convenablement vers les ascenseurs, et pût régler en un temps record les différentes paperasses qu'il lui incombait de remplir. En effet, il n'y avait que peu de choses à faire, en tant que nouveau vampire, il n'avait qu'à signaler son nouvel état afin de pouvoir récupérer les biens qu'il possédait avant de mourir. Et de faire une photo avec le nouveau ministre, celui-ci voyant sa cote de popularité enfler avec la présence d'un héro de guerre mort mais plus si mort.
Il se dirigea ensuite vers les journalistes. Il y en avait maintenant beaucoup plus mais il leur racontât juste le strict minimum. C'est à dire qu'il s'était réveillé dans son cercueil, sans qu'il ne sache par quel moyen il aurait pu arriver à le faire. Non, il n'avait ni été au courant qu'il allait revenir, non cela n'était pas voulu non plus. Il ne leur dit pas en contrepartie qu'il était devenu un vampire. Son instinct lui disait de garder ce « détail » secret.
Il n'avait jamais aimé que l'on s'immisce dans sa vie privée, et le fait qu'il soit maintenant un vampire n'avait fait qu'aggraver cet aspect là de sa personnalité. La rencontre là aussi fût abrégée au minimum.
Il quitta donc le ministère pour Poudlard en quelques minutes.
S'il était resté quelque minutes de plus, il aurait put voir Harry venir, lui aussi accompagné de sa Némésis, elle aussi pour signaler qu'elle était revenu parmi le monde vivant, qui elle aussi eu droit aux questions des journalistes et à sa photo avec le ministre.
