Le Donjon d'Helgen.
Sundas 17, Vifazur, 10 :00 4E201
Les deux camarades arrivèrent à l'intérieur d'une immense pièce à vivre, assez sombre, malgré la multitude de torches et autres chandeliers allumés. Le Donjon était entièrement de pierre, des pavés dallaient le sol tandis que des colonnes de roches taillées soutenaient le plafond. Cette salle était tout autant une pièce à vivre, qu'une cuisine ou qu'un dortoir. Des drapeaux aux couleurs d'Helgen étaient accrochés ça et là dans un semblant de décoration.
La salle donnait sur une grille, bloquant l'accès aux méandres du Donjon.
- On dirait que nous sommes les seuls à s'en être sortis. C'était vraiment un dragon ? Un héraut de la fin des temps ? Questionna Hadvar. On ferrait mieux de partir d'ici, venez là, laissez moi voir si je peux défaire ces liens.
Julien s'avançait vers lui tandis que le soldat impérial sortait une dague et trancha net la corde qui l'entravait.
- Nous y voilà !
- Merci.
- Tiens, vous savez parler ? nargua-t-il. Plutôt content de le savoir.
Hadvar était un homme sympathique qui malgré l'hécatombe que ses troupes subissaient au dehors, gardait son calme.
Le jeune Bosmer tournait ses poignets dans tout les sens, d'abord lentement, car le moindre geste lui faisais mal puis frénétiquement, retrouvant peu à peu son aisance première.
- Regardez autour de vous, l'équipement ne manque pas ici. Je vais essayer de trouver quelque chose pour ces brulures.
L'Elfe remarqua alors que les bras et les jambes d'Hadvar étaient brulés, quelques cloques s'étaient formées ça et là, mais il ne semblait pas s'en soucier. Sa robustesse était impressionnante.
Julien partit donc à la recherche d'équipement, mais ne savais pas exactement quoi chercher. Il n'était habitué qu'aux habits légers de chasse en cuir et n'avais jamais rien fait d'autre que parcourir la forêt de Val-Boisé en quête de nourriture. Il se dirigea vers une table en bois rustique, attiré par un scintillement doré.
Il se rapprocha et vis quelques pièces d'or éparpillées. Les Nordiques appelaient cela des Septims, monnaie de Bordeciel. Il hésita à s'emparer de ces quelques pièces qui n'étaient pas siennes.
- Prenez tout ce que vous trouverez, mon jeune ami, cria Hadvar de l'autre bout de la salle, les morts n'ont plus besoin de tout ce qu'il y a entre ces murs.
Il avait raison mais ses paroles lui firent froid dans le dos, réalisant que très peu de gens survivront à cette attaque. Il glissa tout de même discrètement les pièces dans la bourse qui pendait à sa ceinture en se sentant à peine moins coupable qu'auparavant. Il leva les yeux et regarda les étagères face à lui, où seul trônaient un livre poussiéreux ainsi qu'un crâne de cervidé.
Un rugissement le sorti de ses pensées et il repartit à la recherche d'un équipement. Il se dirigea alors vers les lits et les grands coffres de rangement à leurs pieds, pensant avoir plus de chance.
Il ouvrit les malles une à une. La plupart d'entre elles était vide, mais il trouva un casque impérial léger et quelques pièces supplémentaires. Un Elfe n'appréciait guère recouvrir ses oreilles. Cela réduisait leur ouïe et était assez dérangeant. Mais après tout un Elfe ne rencontrait pas un dragon tout les jours. Julien mit donc son orgueil de côté et enfila le casque en peau de bête. A peine trop grand pour lui, il permettait au moins à ses oreilles de respirer à leurs aises.
De l'autre côté de la pièce se trouvait un présentoir où était suspendu une épée de fer. Il la décrocha et la soupesa. L'arme était lourde et grossièrement taillée mais semblait en bonne état. Il fit quelques escarmouches dans le vide, vérifiant s'il se souvenait encore de ce qu'on lui avait appris étant petit. Ses gestes étaient hésitants et il perdait souvent l'équilibre sous le poids de l'arme. Lui qui était habitué au poids d'un arc ou d'une dague devra se contenter d'une épée en fer.
Hadvar remarqua sa « danse » et vint à son secours. Il lui enseigna quelques rudiments de combat et une fois le tout mémorisé il prit lui aussi une arme et repris quelques bases du blocage. Le Bosmer se débrouillait plutôt bien, mais il ne pensait pas pouvoir survivre bien longtemps lors d'un combat. Tant qu'il n'aura pas une fidèle dague ou un bon vieil arc il ne se sentira pas en sécurité.
Il remercia Hadvar et pris le fourreau qu'il lui tendait. Il le glissa dans sa ceinture et enfourna l'épée à l'intérieur.
Un autre coffre lui offrit une armure Impériale légère en cuir qu'il enfila immédiatement. Cette trouvaille était bien appréciée, il ne se voyait pas s'enfuir sans rien pour se protéger un tant soit peu. Par la même occasion il enfila une paire de bottes Impériales légères. Plutôt serrées, le cuir s'étendra surement au bout de quelques kilomètres et s'adaptera à sa morphologie.
Tandis qu'il refermait le coffre il remarqua un petit objet à moitié caché par une épée. Il s'en saisit et observa la clé rouillée qu'il tenait entre ses doigts. Une clé pouvait toujours se rendre utile lorsqu'on trouvait la bonne serrure. Il la rangea dans sa bourse, elle pourra peut-être servir plus tard. Il fit encore une fois le tour de la salle mais ne trouva pas grand-chose d'intéressant, seuls restaient deux bouteilles de vin et un balai.
- Ne restons pas là, cette chose est encore là.
Hadvar avait abaissé la grille qui leur barrait la route et s'engageait déjà dans le couloir. Julien se lança à ses trousses.
Une autre grille bloquait le chemin. Tandis qu'Hadvar l'ouvrait le jeune Elfe tenta de se souvenir des formules magiques que le mage du village lui avait apprises. Elles pourraient être utiles par la suite, vue la tournure que prenait les évènements.
- Le dragon est entrain de saccager le château, dit Hadvar le sortant de sa réflexion.
La grille s'ouvrit lentement lorsque qu'Hadvar s'immobilisa soudainement.
- Vous entendez ça ? Des Sombrages ! peut-être qu'il sera possible de négocier avec eux.
Hadvar entra dans la pièce circulaire où l'attendait deux Sombrages, un homme et une femme, rescapés de l'attaque du dragon.
- La liberté ou Sovngarde ! cria la femme on se jetant sur le Bosmer sa hache levée, tandis qu'Hadvar se démenait avec l'homme.
Julien eut tout juste le temps de dégainer son épée et parer le coup que lui infligea la Sombrage. La fureur se lisait sur son visage, ses coups étaient précis et le Bosmer ne faisait que se défendre incapable de frapper. Il perdait du terrain.
Un sourire se dessinait sur le visage de la femme.
- Tu es bien faible pour un Elfe ! riait-elle.
Cette remarque sonna dans ses oreilles tel un gong.
Il n'était certes pas bâtit comme une armoire à glace mais étais plus costaud qu'il n'y paraissait, utilisant d'avantage sa réflexion que ses muscles. Et il allait bien le faire comprendre à son adversaire. Il ne faisait qu'attendre le bon moment. La Nordique, trop sûre d'elle, jeta son bouclier pour se saisir de son arme à deux mains. Elle s'apprêtait à lâcher toute sa rage, levant les bras au-dessus de sa tête pour asséner un coup violent. Julien recula alors soudainement, se collant contre le mur évitant la hache de son ennemi. Emportée par le poids de l'arme, la femme se retrouva à plat ventre, face contre terre. L'Elfe hésita quand même à la frapper. Cette créature restait femelle et il ne pouvait se convaincre de frapper une femme. Elle se releva alors un peu sonnée mais très énervée de s'être fait avoir comme une débutante et redoubla d'intensité dans ses coups. Le jeune Bosmer les parait sans grands soucis. Tout en se rapprochant de lui, la Sombrage lui assena un coup de coude dans le ventre lui coupant net la respiration. Il ne s'attendait pas à un tel geste et se retrouva plié en deux, le souffle coupé. La femme n'hésita pas une seconde et lui taillada la jambe. Sous le coup et la douleur, il tomba à genoux. Elle l'avait frappé. Elle avait fait couler le sang. Son sang. Elle n'aurait pas du. Maintenant il n'y avait plus aucunes raisons de se retenir. Il joua encore un peu la comédie du blessé mais lorsque que son adversaire leva les bras pour donner, ce qu'elle pensait être le coup de grâce, elle reçu un violent coup de poing dans la mâchoire ce qui la fit hurler de douleur et reculer de quelques pas. Le Bosmer se releva et vit la femme au visage ensanglantée s'approcher à nouveau. Elle n'abandonnerait pas. Bien que blessé à la jambe, il regagnait du terrain et le duel fut bientôt en sa faveur. Tout se déroulait bien jusqu'à ce que l'adversaire d'Hadvar, voyant sa mort imminente vint se jeter sur le jeune Elfe, l'écrasant de tout son poids et lui faisant lâcher son épée. D'un coup de pied la femme l'envoya valdinguer à l'autre bout de la pièce. L'autre Sombrage mourut le sourire et le sang aux lèvres, l'épée d'Hadvar à travers l'estomac. Ce dernier vint à la rencontre du Bosmer pour lui venir en aide mais se prit un coup de garde dans les tempes. Il s'écroula inconscient sur le sol. La femme désirait un duel. Convaincue de sa victoire elle s'octroya un court moment de répit. Moment suffisant à l'Elfe pour souvenir du sort appris des années auparavant.
La femme, éreintée et blessée, souriait en se rapprochant nonchalamment de lui. Sa jambe ouverte ne le portait plus. Pourtant il se souviendrait toujours de l'expression de cette Sombrage lorsqu'elle fut frappée de plein fouet par une langue de flammes rougeoyantes qui lui ôtèrent la vie.
Julien se coucha au sol, vainqueur, et reprenait peu à peu mes forces. Hadvar reprit conscience et se releva en se tenant la tête.
- C'est partie pour une bonne migraine, dit-il
C'est là qu'il remarqua le sang s'écoulant le long de la jambe de Julien et le teint livide de ce dernier. Inquiet il se rapprocha de lui et souleva sa tête. Il fouilla quelques instant sous son armure et en sortit une potion de soin qu'il déboucha et déversa entre les lèvres du jeune Elfe qui se laissait faire, trop faible pour bouger. Peu à peu, sous l'effet de la mixture, il reprenait des couleurs et sa blessure se refermait lentement. Attendant qu'il soit sur pied Hadvar alla fouiller les cadavres des rebelles afin de trouver quelque chose d'utile. Il se dirigea vers la Sombrage et la frôla du bout des doigts. Il les retira immédiatement, étonné par la chaleur qui s'émanait du cadavre. Voyant une trace de brulure sur le torse de la vaincue il comprit. Les flammes avait rongé chaque couche de tissus et avait noirci totalement le buste de la Sombrage.
- Flammes ? demanda Hadvar, Vous êtes mage ?
- Pas vraiment, répondit l'elfe à nouveau sur pied, Disons que les arcanes m'intéresse assez. Je suis plutôt un chasseur à l'arc.
- Efficace, rapide et quasi-indolore, argumenta Hadvar pour lui-même. Donc, j'en déduis que cet espadon ne vous intéresse pas?
- Il ne me serait plus encombrant qu'utile à vrai dire.
Hadvar jeta l'espadon de fer plus loin et lui lança une paire de gants en cuir doublé de fourrure, évitant les irritations dut au maniement d'épée. Julien essuya le sang de son épée et la rengaina.
Il s'approcha de la vaincue et examina son hache de fer. Elle était plus facile à manier que l'épée et ne pesait pas aussi lourd, il décida de la garder, l'enfilant à sa ceinture.
Un autre cadavre de Sombrage se trouvait dans la salle mais semblait mort longtemps avant leur arrivée. Bien que les cuirasses de Sombrages semblaient être plus résistante que les armures Impériales, Julien ne voulait pas revêtir l'habit rebelle et encore moins en présence d'Hadvar.
Les deux compères quittèrent la pièce circulaire et se retrouvèrent devant des escaliers. Ne pouvant faire machine arrière ils s'enfoncèrent plus profondément dans les méandres du donjon.
Au détour d'un couloir, ils se retrouvèrent face à face avec deux autres Sombrages, comme à leurs habitudes, ces deux derniers se mirent à courir en direction d'Hadvar et Julien.
- Attention ! prévint Hadvar
Mais les deux Sombrages furent arrêtés nets par l'éboulement du plafond quelques pas devant eux. Les rochers ne les avait pas tués mais au moins ils étaient maintenant séparés par une bonne couche de pierre.
- Bon sang, ce dragon n'abandonne jamais.
Hadvar ouvrit alors une porte et pénétra dans une sorte de réserve où les attendait les deux Sombrages de tout à l'heure. Un des deux hommes était armé d'un lourd marteau. Malheureusement pour lui, une hache se manie bien plus vite et est beaucoup plus précise qu'un marteau et le Sombrage s'écroula vite à ses pieds tandis qu'Hadvar portait le coup fatal au deuxième Sombrage.
La tunique du jeune Elfe était à présent tachée de sang et la plupart des pièces de ce donjon avait recueillis le sang qu'il avait fait couler. Julien n'avait jamais, avant aujourd'hui, fait couler le sang d'un autre être humain, encore moins lui ôter la vie. Et voilà qu'il l'avait déjà fait à deux reprises en l'espace de très peu de temps.
Après tout c'était soit lui soit eux pensa-t-il en essuyant la lame de sa hache contre le tissu bleu d'un Sombrage.
- C'est une vieille réserve. Allez voir si vous trouvez des potions, ça pourrait nous servir, expliqua-t-il
Le Bosmer fouilla la pièce et trouva sur des étagères une potion de soin légère ainsi qu'une potion de magie légère. Il fourra tout cela dans ses poches et continua l'exploration.
Au fond d'un tonneau se trouvait d'autres potions, toutes finir dans les replis de sa tunique.
Hadvar plongea sa main dans un grand sac et en sorti deux pommes, une qu'il croqua à pleine dents et l'autre qu'il envoya vers la tête du Bosmer qu'il évita par réflexe. La pomme alla s'écraser contre le mur dans une explosion de jus.
Julien se dirigea vers le sac et pris une pomme d'une très belle couleur rouge, il croqua dedans et se délecta de son jus et de son goût si sucré.
- Comment faîtes vous en Bordeciel pour faire pousser ces fruits ?demanda-t-il.
- Il fait trop froid pour qu'un verger survive. La plupart de ces fruits nous viennent d'Hauteroche ou de Val-boisé. Seuls des légumes poussent dans nos sols gelés.
Les deux comparses continuèrent leur route à travers un couloir menant à une salle assez sordide en soi.
- La salle de torture, par les Dieux, j'aimerais que nous n'en ayons pas besoin, dit Hadvar.
Ainsi l'Empire possédait des salles de tortures. Cela révulsait un peu Julien, mais se garda d'en informer Hadvar, sa seule connaissance appréciable en Bordeciel.
- Vous avez entendu ? s'enquit-il
Hadvar sauta les dernières marches qui le séparait de la salle de torture avant que Julien n'eut put faire un pas. Dégainant son hache, l'Elfe le rejoint vite et remarqua que le danger avait déjà été éliminé par deux autres Soldats de l'Empire qui, semblaient-ils, étaient les gardiens de la salle.
Trois cadavres de Sombrages gisaient dans leur sang au centre de la pièce.
- Vous tombez à pic. Ces garçons semblent un peu contrariés par la façon dont je divertis leurs camarades blaguait un des tortionnaires.
Hadvar sembla quelques peu dérangé par les paroles du gardien.
- Vous ne savez pas ce qu'il se passe ? un dragon est entrain d'attaquer Helgen ! informa-t-il
- Un dragon ? Allons, ne racontez pas n'importe quoi.
Le tortionnaire finit par comprendre qu'Hadvar ne plaisantait pas.
- Mais maintenant que j'y pense, c'est vrai que j'ai entendu des bruits étranges par là-bas …
- Venez avec nous. Il faut sortir d'ici dit Hadvar
- Vous n'avez aucune autorité sur moi, mon garçon rétorqua l'intéressé.
- Vous ne m'avez pas entendu ? j'ai dit que le fort était attaqué !
Ne comprenait-il pas se qu'il se passait ? Julien était désarçonné par la remarque de l'Impérial. Quelle fierté mal placée…
- Oubliez le vieil homme, interrompit l'assistant tortionnaire, je vous accompagne.
Accrochées au plafond quelques cages à oiseau taille humaine se balançaient au gré des mouvements de foule. Julien ne s'imaginait pas dans quelles conditions les détenus vivaient, pliés en quatre, quasi nus contre les barreaux froids, attendant désespérément la Mort. Contre les murs s'alignaient plusieurs cages un peu plus grandes. Ainsi qu'une sorte de « bureau » pour les gardes où ils gardaient tout objet intéressant. Le Bosmer alla voir le butin accumuler par les deux soldats, mais fut interrompu par l'appel d'Hadvar.
- Une seconde … On dirait qu'il y a quelque chose dans cette cage ! dit Hadvar.
- Ne vous embêtez pas avec ça. On a perdu les clés il y a des siècles. Le pauvre bougre a braillé pendant des semaines ricana le tortionnaire.
Julien regarda Hadvar lui lancer un regard noir et se diriger vers la cage. L'Elfe des bois le rejoignit et s'agenouilla devant la porte. Hadvar lui tendit alors une dizaine de crochets.
- Essayez de l'ouvrir avec des crochets, on a besoin de tout ce qu'on pourrait trouver.
- Bien sûr, prenez tout ce que j'ai. Je vous en prie. Râla le vieux tortionnaire
- Prenez ce que vous pouvez et allons-y trancha Hadvar
Plus personne ne faisait attention aux paroles du bourreau, dorénavant il n'existait plus. Julien devait se retenir pour ne pas lui enfoncer sa lame en travers de la gorge. Tuer quelqu'un d'une faction amie n'était pas une bonne idée, quoi que tuer une personne comme ce sadique ne lui apporterais pas de grands ennuis. Mais pour l'instant les deux compères avaient un ennui de plusieurs tonnes au-dessus de leurs têtes dont il fallait s'occuper au plus vite.
En effet il y avait quelque chose dans cette cellule, mais ça ne bougeait pas. Julien enfonça un crochet dans le verrou et un bout de métal afin de pouvoir faire fonctionner le mécanisme. Il tourna lentement le crochet jusqu'à ce qu'un léger clic se fit entendre, alors il se figea et tourna l'autre bout de métal faisant ainsi s'actionner le mécanisme. Il y allait doucement de peur de casser le crochet et au bout d'un quart de tour la porte s'ouvrit.
A l'intérieur de la cage reposait le corps d'un mage Sombrage. A ses côtés étaient éparpillés des pièces ainsi qu'un livre de sorts Etincelles. Il ramassa rapidement les pièces, mais ne pouvait s'encombrer de livre ou d'équipement superflu.
Hadvar avançait en direction de lui, un Havresac en main. Le sac était assez spacieux et pouvait être porté en bandoulière.
- Tenez jeune aventurier, dit-il, rangez tout ce que vous pouvez la dedans. J'y ai déjà mis des pommes et des crochets.
Julien le remercia et y fourra alors les multiples potions qu'il retrouva aux fonds de ses poches ainsi que le livre de sort.
Havresac sur le dos, il se dirigea vers le butin des gardes, assez piètre soit dit en passant. Seules quelques armes et un livre une Brève Histoire de l'Empire Première et Deuxième Partie formait le trésor des tortionnaires.
Sur une petite table au centre de la pièce, était posé Le livre de l'Enfant de dragon, comptant les origines du terme « Enfant de dragon ». Un poignard était posé sur la dite table, il s'en empara délicatement. Il observa la lame, brute et sans finition frivole, cette arme était faite pour tuer et non pour décorer.
Une dague enfin, soupira-t-il, il allait pouvoir montrer ses aptitudes à Hadvar et ne plus le laisser combattre seul pendant que lui essaye vainement de survivre. Le Bosmer glissa l'arme à sa ceinture et rangea son hache dans son sac. Il recommençait à croire en l'avenir et pensait qu'ils arriveraient peut-être à s'en sortir vivants.
Avant de repartir, Julien s'entraina à crocheter les autres serrures des cages. Pendant ce temps Hadvar fouillait les Sombrages étendus à ses pieds et trouva son bonheur dans une hache d'arme terriblement dangereuse. Leur chemin les conduisit dans un étroit couloir délimité par des cellules encastrées à même le mur. Certaines étaient ouvertes, d'autres contenaient des personnes mortes depuis un certain temps, vue l'état de décomposition avancé qu'ils arboraient ainsi que l'odeur nauséabonde qui s'échappait de leurs cases. Les deux camarades accompagnés de l'assistant bourreau débouchèrent ensuite sur une grande salle. Quelques cages pendaient encore au plafond, certaines d'entre elles contenaient toujours leur victime, cadavre de Sombrage et autres squelette en tout genre, tandis que d'autres gisaient au sol, abandonnés.
- Il n'y a pas d'issues par ici informa l'assistant.
- Mieux vaut être ici que là-bas. Déclara l'Impérial. Nous n'avons d'autre choix que de continuer.
Le mur du fond avait été défoncé, formant une ouverture béante vers une grotte. Des hommes les précédaient et ils devaient faire preuve de la plus grande prudence.
Julien soupçonnait la « sortie de secours » d'être souvent empruntée à la vue des grands braseros remplis de charbon qui brûlaient à distance régulière, éclairant suffisamment le passage.
- Bon sang ! Où sommes-nous censé aller ? Où est la sortie ? jura Hadvar.
Ainsi lui aussi était perdu.
Après un dédale de couloir, les deux compagnons arrivèrent dans une grotte assez étendue, où discutaient tranquillement deux Sombrages. Hadvar ne pouvant se retenir s'avança vers eux.
- D'où venez-vous ? demanda-t-il.
La seule réponse qu'il eut fut un cri de rage et un appel au combat de la part de la Sombrage. Se partageant le travail Hadvar s'occupa cette fois ci de la femme tandis que Julien se jeta sur l'homme. L'assistant du tortionnaire n'eut aucunes chances, piètre combattant il fut vaincu rapidement. Julien le vit s'effondrer lourdement et se jeta sur son adversaire, empli d'une force bestiale.
L'elfe avait opté pour sa dague et sa magie. Son adversaire n'avait pas de bouclier et maniait un espadon de fer. Tandis qu'il se rapprochait de lui, le Bosmer lançait un jet continu de flamme. Il arrêta brusquement lorsque sa tête commença à tourner, lui faisant perdre l'équilibre.
- Alors ?! On ne peut pas contrôler sa magie ? ricana le Sombrage légèrement grillé.
Julien avait oublié cette règle fondamentale de l'utilisation des Arcanes. Le mage de son village lui avait dit que lancer des sorts faisait fondre son énergie spirituelle, appeler Magicka, pouvant, si l'on ne connait pas ses limites, causer de graves dégâts. Un tant soi peu découragé, il continua son combat au corps-à-corps visant les membres de son adversaire. Ce dernier envoya une taillade en direction de l'elfe qui se décala légèrement et planta violemment la pointe de sa dague dans le triceps de son adversaire qui hurla de douleur lâchant son arme. D'un second geste rapide, il lui sectionna la carotide. Son adversaire s'effondra, s'étouffant dans son propre sang. Le Bosmer l'acheva une fois à terre d'un coup dans le cœur, ne voulant le laisser agoniser trop longtemps.
Il se retourna pour rejoindre Hadvar quand un autre Sombrage apparu face à lui. Personne ne l'avait vu arriver, il avait du profiter de la cohue générale pour rejoindre ses confrères afin d'achever les blessés.
L'Elfe essaya d'ôter la dague du poitrail de sa victime mais n'y arriva pas, sa main ensanglantée glissant sur le manche. Le Sombrage profitant de la vulnérabilité du Bosmer lui asséna un puissant coup de pied dans l'estomac, l'envoyant au sol. Julien atterrit lourdement sur le dos, le souffle coupé. Il sauta sur ses pieds et vit Hadvar blessé, un genou à terre, se remettre de son duel avec la Sombrage. Il était dans un piteux état. Le jeune Elfe leva alors les mains en signe de reddition. Le Sombrage, à la fois étonné et amusé, lui demanda de mettre les mains derrière la tête et d'avancer lentement. Le Bosmer devait trouver au plus vite une stratégie pour mettre le Sombrage hors d'état de nuire. Il réfléchissait intensément tandis que la distance le séparant de son adversaire diminuait.
Hadvar toussa soudainement, crachant son sang, et se tenant le torse. Il semblait touché aux côtes. Tous les espoirs étaient sur Julien. Le crachat de l'Impérial étonna le Sombrage qui se retourna, effrayé. Julien saisit l'opportunité et sortie l'épée de son fourreau. D'un large geste partant de son bassin et décrivant un magnifique arc de cercle, il trancha l'abdomen du Sombrage, sa lame découpant tout de son foie jusqu'à son cœur. L'homme s'écroula au sol et mourut dans un dernier soubresaut sanglant.
Il s'essuya le front à nouveau vainqueur et remarqua Hadvar, chancelant mais debout, qui s'avançait vers lui. Un filet de sang coulait de sa bouche, tandis une auréole rougeâtre s'étalait lentement sur son torse. Julien fouilla frénétiquement dans son sac et en sortie une potion de soin, qu'il dé bouchonna et fit couler dans la bouche entre ouverte de son camarade. Après un court instant les effets de la potion se firent ressentir et ses plaies se refermèrent lentement, toutes les hémorragies avaient stoppé. Hadvar vivait mais n'était pas totalement rétabli, la potion avait des effets minimes. L'Elfe alla retirer la dague du corps du Sombrage et s'approcha du ruisseau qui coulait à travers la grotte, il se lava les mains et effaça toutes traces du combat.
Il en profita pour boire à sa soif, ce qui lui fit le plus grand bien. L'eau fraîche du ruisseau lui montra à quel point sa gorge était sèche. Utilisant le flacon vide de la potion, il ramena un peu d'eau à Hadvar qui commençait peu à peu à reprendre des couleurs. Cette femme, aux entrailles apparentes, semblait avoir été une adversaire coriace.
Sans doute alerté par les bruits du combat deux autres Sombrages étaient arrivés par l'autre côté de la salle. Une femme s'approcha d'eux en courant tandis qu'un autre rebelle visait Julien avec son arc. Ne voulant pas mêler Hadvar à ce combat, le jeune Bosmer se mit à courir en direction du Sombrage, épée levée. Ils n'avaient pas remarqué Hadvar tandis que Julien continuait de courir en direction de l'archer qui continuait de tirer. Malheureusement pour lui l'Elfe savait qu'une cible en mouvement n'était pas facile à atteindre. L'archer s'acharnait tellement qu'une de ses flèches se figea dans la jambe de sa sœur d'armes qui courait sous le flot de flèches. Sans hésitation celle-ci se l'arracha, comme insensible à la douleur. La Sombrage s'approchait dangereusement. Ses pas éclaboussant le sol humide. Du sang s'écoulait de sa cuisse blessée et boitait légèrement, pourtant elle chargea de plus belle. Poussant les limites de son corps à l'extrême la femme hurla de rage lorsqu'elle arriva à la hauteur du Bosmer. Il hésita un moment à la tuer mais sut qu'elle ne l'aurait pas fait une seule seconde et il devait au plus vite retourner aux côtés d'Hadvar. Il enfonça d'un trait la lame de son épée dans les entrailles de la femme qui s'effondra, morte avant d'avoir touché le sol.
Une flèche se planta dans le cadavre de la Sombrage. L'archer n'avait pas cessé de le viser. Devant lui s'étalait une grande flaque d'un liquide visqueux et très odorant. Le Nordique s'avançant fit un pas de trop et plongea son pied dans la couche d'essence. L'Elfe des bois prononça la formule qui lui brulait les lèvres et libéra une langue de flamme de sa paume. L'effet fut immédiat. La flaque s'embrasa repoussant Julien un peu plus loin, sous le coup de l'explosion. L'archer brûlait vif. Celui-ci criait au sol, se tordant de douleur, s'étalant lui-même l'essence dessus, de part ses gesticulations et finit carbonisé. Les flammes disparurent alors lentement, rassasiées.
Julien se dirigea vers le cadavre de l'archer et s'empara de son arc ainsi que de son carquois, les enfilant tout les deux autour de son torse. L'arc en bois avait miraculeusement survécu aux flammes mais la plupart des flèches étaient abimées.
L'ensemble des armes commençait à peser lourd sur les épaules du jeune elfe. Son épée et sa dague pendant à sa ceinture à son côté droit. Son hache était rangée dans son sac en bandoulière pendant sur son flan gauche tandis que l'arc et les flèches recouvraient son dos.
- Très bien… essayons de trouver un moyen de sortir d'ici dit Hadvar, qui était parvenu aux côtés de Julien.
L'elfe acquiesça et observa son ami, il marchait tant bien que mal et semblait respirer avec difficultés. Les combats rapprochés étaient à éviter jusqu'à nouvel ordre. Julien lui tendit une autre potion, mais il la refusa, expliquant que plusieurs potions utilisées à la suite n'avaient pas autant d'efficacité.
- Vous vous sentez prêt à continuer ? lui demanda le jeune Bosmer
- Allons-y, plus vite je reverrais le soleil plus vite je serais remis sur pied.
Plus leur périple avançait plus notre héros sentait ses chances de revoir le monde de Nirn augmenter et cela le réjouissait. C'est le sourire aux lèvres qui se remirent en marche.
Leur avancée fut vite interrompu par une herse levée indiquant qu'aucuns hommes n'étaient arrivés jusque là. Le Bosmer actionna le levier qui abaissa la herse avec moult grincements du mécanisme rouillé. Le passage les mena dans une grotte naturelle, traversée de part en part par une rivière. Julien s'avança lentement, en éclaireur afin de s'assurer qu'aucuns dangers ne se présentaient aux alentours. Hadvar boitait toujours et avait du mal à suivre l'allure rapide du jeune elfe. Il entra à son tour dans la grotte et s'accouda contre la paroi. Un courant d'air se faisait ressentir, signe d'une ouverture, d'une échappatoire.
L'air se mit alors à vibrer. A vrai dire toute la grotte s'était mit à résonner. Le dragon n'avait toujours pas abandonné. Un pan du plafond se décrocha et ensevelit le donjon d'Helgen, empêchant les deux compagnons de faire machine arrière.
- Bon sang. On ne pourra pas revenir en arrière. Constata Hadvar. Nous avons de la chance que ça ne nous soit pas tombé dessus. Nous devrions continuer, je suis sûre que les autres trouveront une autre issue.
Si les autres n'étaient pas écrasé sous des tonnes de roches songea Julien.
- On dirait que la sortie est devant nous. Allons-y encouragea l'Impérial empli d'une énergie soudaine.
On voyait au bout du couloir la rivière disparaitre, sans doute en une cascade extérieure. Les deux amis avancèrent à un rythme soutenu, pressé de revoir la lumière du jour, mais durent se confronter à la dure réalité des choses. Ils se retrouvèrent face à une paroi rocheuse fissurée qui ne laissait passer que l'eau, aucunes chances à quelque chose de plus grand qu'une molécule de passer. Un peu déçu mais pas sans espoir, ils cherchèrent un autre chemin.
- Ça ne mène nulle part … Je crois que nous allons devoir essayer par là
Un chemin continuait vers la droite d'où émanait une odeur de putréfaction. L'atmosphère ne donnait pas envie de s'enfoncer d'avantage dans les profondeurs de la grotte, mais leur salut en dépendait. Un squelette les accueilli à l'entrée du couloir, pas très rassurant comme comité de bienvenu. Une bourse trônait à côté du cadavre, sans aucun scrupule Hadvar s'en empara vida la moitié dans la sienne et lança le reste à Julien. Le parcours commençait à être habillé d'une multitude de toiles d'araignée, de plus en plus épaisse à mesure qu'ils avançaient. Hadvar eut un frisson. Serait-ce les araignées sa seule crainte ? Un homme aussi brave et fort que lui avait peur d'une pauvre araignée ?
Après tout, chacun avait sa petite faiblesse. Mais l'Elfe des bois ignorait tout des araignées de Bordeciel et il n'allait pas tarder à découvrir pourquoi Hadvar redoutait tant ses créatures à huit pattes.
Ils arrivèrent dans une salle où la roche n'était quasiment plus visible tant la concentration de soie au centimètre carré était dense. Du plafond pendaient des cocons renfermant progéniture ou stock de victuailles, Julien ne saurait dire et il ne put y réfléchir très longtemps. Trois araignées avaient remarqués la présence des deux visiteurs et à première vue ils n'étaient les bienvenus qu'en tant que plat principal. Elles étaient aussi hautes que des gros chiens et étaient hérissées de poils sur tout le long de leurs pattes effilées. Elles crachèrent quelques giclées de poison en direction de Julien qui les reçut de plein fouet, l'odeur était insupportable et telle que la vision de l'elfe se brouilla quelques instants. Hadvar avait déjà mis à terre deux des arachnides et Julien se chargea de la troisième d'un balayage de son épée, coupant net les pattes de la créature avant de lui planter sa dague entre ses trop nombreux yeux. Deux sœurs de ces défuntes Givrépeires tombèrent alors sur les deux aventuriers les plaquant au sol, ses dernières étaient beaucoup plus imposantes que les précédentes et écrasaient leurs victimes de tout leur poids. Empêchant d'un bras la Givrépeire de lui planter ses mandibules, Julien brula les rétines de son adversaire d'un jet de flammes. La douleur fit reculer l'araignée aveugle qui faisait claquer ses crochets l'un contre l'autre. Mais ayant perdu la vision elle ne vit pas l'épée s'abattre sur elle et s'effondra au sol, recroquevillant ses pates contre son abdomen.
Hadvar gisait à côté du cadavre de la seconde Givrépeire. Il était pâle et de la sueur perlait sur son front. Il était empoisonné. Ses mains tremblaient. Il avait froid mais son front était bouillant.
- Et puis quoi encore, des serpents géants ? plaisanta Hadvar
Les hommes de Bordeciel étaient vraiment déroutants pensa Julien, alors qu'Hadvar était proche de la fin il arrivait toujours à blaguer.
Se souvenant des trouvailles du donjon, Julien fouilla dans son sac et en sortit un flacon rouge, une potion de soin. Par tout les Dieux que ses mixtures étaient utiles. Hadvar l'avala d'un trait et les résultats ne se firent pas prier, l'Impérial faisais sortir les toxines à grands coups de régurgitations. Comme quoi la magie ne faisait pas tout. Le temps qu'il se remette doucement, le Bosmer alla récupérer le venin des Givrépeires dans le flacon vide de la potion, il voulait en enduire les pointes de ses flèches pour les rendre plus destructrices. Ses pensées le troublèrent, il réfléchissait comme un chasseur.
Il n'avait même pas passé un jour à Bordeciel que déjà il était un autre homme, qui avait, soi dit en passant, échappé une dizaine de fois à une mort lente et douloureuse en l'espace de quelques heures. Hadvar était pressé de quitter cette maudite infection et continua vers un corridor où résonnait le clapotis de l'eau. Ils avaient retrouvé la trace du ruisseau. Décidé à ne plus le quitter, ils le longèrent.
Hadvar mit alors un genou à terre et fit signe au Bosmer de faire le moins de bruit possible.
- Un instant. Il y a un ours droit devant. vous le voyez ?
En effet, un imposant ours brun dormait en boule de l'autre côté de la rivière. Il fallait se faire discret pour ne pas le réveiller et éviter ainsi tous combats. Les deux compagnons avancèrent donc doucement mais Hadvar ne pouvait marcher lentement, il avait du mal à se tenir sur une jambe bien longtemps. Chacun de ses pas était aussi bruyant voir plus qu'une marche normale. Le bruit était amplifié par les parois de la grotte et résonnait. L'ours se retourna, grognant dans son sommeil.
- On ne pourra pas passer sans le réveiller, déclara Julien.
- Désolé, mais nous devons avancer.
Julien dut se résigner à combattre l'animal, bien qu'il ne pense pas tenir bien longtemps face à un tel amas de muscle. Un coup de patte suffirait à décrocher sa tête de ses épaules.
D'un geste de la main il stoppa Hadvar et mis un genou à terre. Il prit une flèche et l'enduisit du venin de la Givrépeire, il fit de même avec deux autres flèches avant de poser le flacon vide à ses côtés. Il se saisit de son arc ainsi qu'une flèche et pris la corde en crin de cheval entre ses doigts. Ce contact était merveilleux aux yeux du Bosmer. La sensation de chasse était à nouveau présente, chaque fibre de son corps était en ébullition. Retenant son souffle, il banda son arc et décocha la flèche en direction de l'ours qui se figea dans sa nuque. La bête se réveilla alors en rugissant cherchant l'origine de l'attaque. Elle remarqua le jeune elfe qui armait déjà une autre flèche. L'ours voulut rugir avant d'attaquer mais Julien avait déjà relâché la corde et le projectile se ficha entre les deux yeux de l'animal qui tomba sur le côté soulevant des mottes de poussière. Le poison n'avait même pas eu le temps d'agir que la bête avait rejoint les bras de Morphée pour l'éternité.
Hadvar était subjugué par la précision et la concentration de son ami. Il avait assisté à la scène, osant à peine respirer tant l'atmosphère était figée. Julien avait réarmé son arc avec tant d'aisance et avec une rapidité digne des Elfes des Bois. Ce dernier s'était relevé et s'approchait de l'ours, dague à la main et vérifia que l'ours était bien mort. Hadvar le rejoignit alors.
- Allons-y, dit celui-ci.
Hadvar était impressionné par tant de savoir-faire. Julien était vraiment fait pour la chasse et pour rien d'autre. Il cachait ses atouts au plus profond de lui-même pour les laisser sortir aux moments opportuns et ne laisser aucunes chances à ses victimes.
Après quelques pas, Julien remarqua l'attitude qu'il avait depuis qu'il avait abattu l'animal. Ses habitudes de Val-Boisé avaient repris le dessus. Dans son pays natal, il avait l'habitude d'être toujours seul et trouvait dans la chasse une échappatoire qui lui permettait d'oublier ses soucis. Il avançait à un rythme soutenu et se rendait compte qu'Hadvar avait du mal à suivre, il s'arrêta alors et attendit son compagnon essoufflé le rejoindre. Ils se sourirent, ils n'avaient pas besoin de mots chacun avait compris.
Les deux amis continuèrent le chemin, guidés par les braseros de cendres, jusqu'à ce l'air se refroidi légèrement. Julien tourna la tête et fut éblouis par la lumière extérieure. Ils avaient réussis, ils allaient enfin sortir de ce donjon et ressentir la chaleur des rayons du soleil sur leurs peaux. Le Bosmer avait l'impression qu'ils étaient restés des jours dans cette grotte.
- Je crois que c'est la sortie ! cria Hadvar impatient. Je commençais à douter sérieusement de nos chances.
Tandis qu'ils avançaient rapidement en direction de la sortie, un manteau de neige recouvrait peu à peu le sol. Julien s'arrêta un moment et profita de sa sortie imminente. Il marqua le pas qui le séparait de l'extérieur et entra dans le halo lumineux pouvant à nouveau respirer l'air frais de Bordeciel.
