L'histoire avance, tout doucement !
Et je vois que j'ai déjà perdu des gens en cours de route X) Bravo aux courageux résistants ! XD On verra qui franchi la ligne d'arrivé avec moi X)
Merci à Calliope pour sa correction ! Toujours très utile et elle permet que je vous précise des passages qui auraient pu être un peu flous pour vous ;)
Bonne lecture !
màj du 21/02/2017 : ouais, si rapide... une phrase s'était faite bouffée, je l'ai remise en entier !
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Hale's love
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chapitre 3 : se connaître
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Stiles regardait le mur de sa chambre recouvert de posters en maintenant son crayon à papier en équilibre entre sa lèvre supérieure et son nez. Cela lui donnait une apparence un peu ridicule mais ça l'aidait généralement à se concentrer ! Sauf aujourd'hui... Voilà déjà une heure que ses yeux naviguaient entre les affiches à l'effigie de Linkin Park et de Robin Thicke en cherchant l'inspiration suprême ! Autant dire que son devoir d'histoire n'était pas près d'être fini.
- On dirait un canard…, commenta une voix dans son dos.
- Tu savais que les canards faisaient partie des rares oiseaux à posséder un pénis ? lâcha Stiles en récupérant son crayon.
Il fit tourner sa chaise pivotante et fit face à son frère qui le dévisageait, visiblement interloqué.
- Est-ce que j'ai envie de savoir où, comment et pourquoi tu appris ça ? demanda Derek en grimaçant.
- Probablement pas ! admit un Stiles amusé. Tu veux en savoir plus sur les canards ou tu avais un truc à me demander ?
- Oublie les canards. Cora m'a dit que tu t'étais fait un ami dernièrement ?
- Tu dis ça comme si c'était exceptionnel, je ne suis pas un asocial, moi, répliqua le plus jeune en croisant les bras.
- Il paraît que c'est particulier cette fois, commenta Derek en se rapprochant.
- Peut-être..., en convint Stiles en détournant les yeux, un peu mal à l'aise pour une raison qu'il ne s'expliquait pas.
Un silence gêné, aussi étonnant qu'inattendu, s'installa entre les deux frères. Derek fut peiné de ne pas voir Stiles se jeter sur l'occasion pour lui raconter sa vie en long en large et en travers comme il en avait l'habitude chaque fois qu'il l'incitait un peu à se confier.
- A ce point ? souffla Derek d'une voix éteinte.
- Je sais pas, avoua son cadet en fuyant toujours son regard. C'est juste… Lui et moi c'est… C'est pas pareil qu'avec les autres…
- Ça ne fait que deux semaines, protesta mollement Derek.
Nouveau silence de Stiles qui admirait ses chaussettes comme si elles détenaient la réponse à la grande question de l'univers.
- Tu pourrais peut-être... l'inviter ici ? suggéra brusquement Derek qui voulait soudainement en savoir plus sur ce « si formidable » ami qui accaparait son petit frère plusieurs soirs par semaine.
La proposition prit Stiles de court et il regarda son aîné avec stupéfaction.
Inviter quelqu'un chez eux ? Il ne l'avait jamais fait jusqu'alors… C'était un accord tacite de la maison, ne ramener personne qui n'était pas au courant de l'existence des loups-garous. Bien sûr, chacun savait se contrôler ! Mais c'était leur territoire, et les lycans étaient naturellement moins vigilants, plus prompts à l'erreur dans leur intimité, alors amener un étranger à la maison ? Très risqué. Par conséquent, les Hale invitaient très rarement des amis non lupins, et la règle s'appliquait aussi bien aux adultes qu'aux jeunes de la meute.
- Je pourrais ? répéta Stiles avec espoir.
Derek recroisa enfin les yeux de son frère et il se retrouva immédiatement vaincu par les ambres brillants. Il se gratta l'arrière du crâne, gêné, ayant lancé cette proposition sans réfléchir. Heureusement pour lui, il capta l'accord de sa mère à l'aide son ouïe surdéveloppée et n'eut pas à annoncer à Stiles qu'il s'était un peu emballé - et surtout la raison de son emballement… La jalousie faisait vraiment faire des choses moches.
- Tu n'as qu'à l'inviter pour vous entraîner au lacrosse, le terrain est grand ici.
Stiles se leva soudainement de sa chaise et se jeta sur son frère pour le prendre dans ses bras.
- Merci Der', souffla-t-il avec affection. Et merci maman, et tous les curieux qui nous écoutent, hein Cora ? lança-t-il d'une voix plus forte.
- La porte de ta chambre est ouverte ! se justifia sa sœur.
Stiles sourit, l'air béat, contre son frère, avant de le repousser et de rentrer brusquement en mode panique pour son devoir d'histoire. Il réussit à le boucler sans trop de peine, avec, malgré tout, un certain nombre de paragraphes hors-sujet, quand bien même était-il désormais plus concentré.
Le soir, il prépara lui-même le repas pour tout le monde, en remerciement pour l'invitation de Scott. Peter ne put s'empêcher de venir mettre son grain de sel, mais c'était tout de même lui qui avait fait le plus gros ! A peu près… Surtout la salade froide de l'entrée en fait… et il avait épluché les patates pour le poulet… Mais c'est l'intention qui compte, non ?
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Stiles stressait, énormément. Il essayait de ne pas le montrer, seulement c'était loin d'être une réussite s'il en croyait les regards que Scott posait sur lui.
- Si tu veux, on peut aller chez moi à la place, lui proposa d'ailleurs le latino en posant une main rassurante sur son épaule.
- Non ! s'écria un peu trop fort Stiles à cause de la nervosité.
Scott le regarda avec surprise et l'hyperactif se morigéna silencieusement tout en s'ébouriffant un peu plus les cheveux.
- Non, reprit-il d'une voix un peu plus normale. Tout va bien se passer. Cora va nous conduire à la maison si elle se décide enfin à pointer le bout de son museau et ça va être chouette. Très chouette. Tu vas voir.
Son discours sonnait un peu désespéré, même à ses propres oreilles. Il tenta d'adresser un rictus rassurant à Scott avant de finalement laisser tomber tout faux-semblant, baissant enfin sa garde sous le regard inquiet de son ami.
- Bon ok, je stresse à mort… Mais on n'invite jamais personne ! En plus tu ne connais que ma sœur, et uniquement de loin, alors que là il y aura tout le monde! Y compris mon frère qui va faire exprès de nous déranger, je le connais ! Et c'est la première fois que j'invite quelqu'un alors que ça fait genre à peine plus de deux semaines qu'on se connaît alors je flippe à mort et je crois que je vais aller me pendre tellement je stresse à mort et, franchement, tu trouves pas que j'ai dit beaucoup trop de fois le mot "mort" ?
- Je suis sûr que ça va bien se passer, lui assura Scott avec confiance.
- Ça t'en sais rien, gémit presque Stiles en passant une main sur son visage de désespoir.
- Toi non plus, répondit aussitôt Scott en lui enlaçant les épaules.
L'hyperactif expira un bon coup puis releva les yeux avec un sourire un peu plus naturel quoique toujours timide aux lèvres.
- Tu as un frère et une sœur ? demanda Scott pour détourner son ami de ses inquiétudes.
- J'ai deux sœurs et un frère, tous plus âgés que moi, corrigea Stiles en retrouvant le sourire. Laura est actuellement à New-York, elle donne des cours d'italien. Derek est coach sportif privé. C'est un véritable ours ! Mais quand il le veut bien, il est génial. Et Cora, tu as déjà dû la voir, elle est chiante et violente mais il paraît que je dois faire a- Aïe ! Cora ! s'écria Stiles en se frottant l'arrière du crâne après la taloche qu'il venait de recevoir.
- Ça t'apprendra à médire sur moi derrière mon dos, répliqua sa sœur en lui tirant la langue. Bon, vous montez ou vous faites le chemin à pied?
Stiles s'assit à la place passager en boudant tandis que Scott s'installait derrière lui.
- Alors c'est toi le fameux Scott, attaqua directement sa sœur en contemplant le latino depuis le rétroviseur.
- Fameux, je sais pas, mais je m'appelle bien Scott, sourit-il sans paraître décontenancé par l'attitude de Cora, si vive et spontanée.
- Je n'ai qu'une seule question à te poser et si tu y réponds bien, je ne t'abandonnerai pas sur le bord de la route.
- Cora ! râla Stiles.
- J'écoute ta question, acquiesça Scott, une lueur de curiosité dans les yeux.
- Ne la crois pas, elle ne le fera pas, grimaça l'hyperactif, à moitié tourné vers son ami.
- Ça, je parierais pas si j'étais toi, menaça l'adolescente. Donc, la question est simple : comment tu fais pour le supporter ?
Un petit silence choqué prit place dans la voiture l'espace de deux secondes avant que Stiles ne réagisse enfin.
- Hey ! Comment ça : « supporter » ? Je suis quelqu'un d'adorable ! Les autres sont supers contents de m'avoir comme pote !
- Qui ?
- Les autres, bougonna Stiles en se renfonçant dans son siège, vexé comme un pou.
- J'ai pas l'impression d'avoir à supporter quoi que ce soit de Stiles, intervint Scott en s'exprimant lentement.
- Même pas son bavardage ? insista Cora en ricanant tout en regardant son cadet avec hauteur.
- J'aime bien l'entendre parler.
Nouveau silence choqué, surtout de la part de Cora cette fois. Stiles se retourna sur son siège et regarda avec attention de Scott, cherchant sur les traits de son visage une quelconque trace de mensonge. Il n'y trouva que l'habituelle expression de douceur et honnêteté qu'arborait en toutes circonstances le jeune homme. Il respirait la franchise et gardait son air placide et doux, comme toujours.
Particulièrement content, Stiles tendit son poing vers l'arrière et Scott le checka sans hésiter.
- Répugnant, lâcha Cora avec une mauvaise foi évidente.
Stiles lui tira la langue et le reste du parcours se fit dans le calme.
La voiture s'engagea assez rapidement sur un chemin de terre coupant la forêt de Beacon Hills en deux. La nervosité gagna à nouveau l'hyperactif qui se mit à pianoter sur la portière.
Le manoir apparut au détour d'un virage, grande bâtisse blanche à la façade en bois au beau milieu d'une large clairière.
- Bienvenue chez moi, annonça Stiles avant de bondir hors de la voiture, incapable de rester immobile plus longtemps tandis que le stress le rongeait.
Sous le perron couvert se trouvait sa mère, qui attendait visiblement ses deux enfants et l'invité que toute la famille était curieuse de rencontrer. Stiles la regarda avec hésitation avant de se diriger timidement vers elle, accompagné d'un Scott visiblement sans crainte.
- Maman, c'est Scott.
- Bonjour, Talia, se présenta sa mère en tendant la main à l'adolescent.
- Madame.
Stiles se détendit visiblement en voyant sa mère sourire à Scott. Il soupira, soulagé, et suivit son ami qui fut entraîné par Cora à l'intérieur de la maison pour prendre un copieux goûteux. Ce ne fut qu'une fois qu'il fut assis, bavant à moitié devant l'assiette garnie de pancakes tout chauds, que le reste de sa famille se décida à faire son apparition. Bloqué par la situation - et par la confiture de myrtille diaboliquement délicieuse de grand-mère Estia - Stiles dut supporter avec angoisse que Scott soit présenté à ses grands-parents puis à son oncle, sans pouvoir rien faire pour l'aider si jamais la situation tournait au vinaigre. Il ne put que retenir son souffle à chaque fois, craignant un rejet de la part de sa famille, un commentaire désobligeant ou une question déplacée, voire même une attaque à la gorge, sait-on jamais… Sauf qu'aucun des scénarios catastrophes que s'était imaginés Stiles ne se produisit, bien au contraire, sa famille paraissait tout au plus étonnée qu'il ait ramené à la maison quelqu'un d'aussi calme et peu bavard - mais lui aussi sacrément gourmand.
Stiles se détendit enfin et finit son assiette, l'esprit plus serein, pendant qu'Estia racontait ses souvenirs de jeunesses - un peu arrangés - à un Scott attentif. Tout se passa tranquillement, jusqu'à l'arrivée de Derek, son frère, qui pénétra dans la cuisine comme en terrain conquis, ses muscles saillants bien visibles sous son haut près du corps et son visage ourlé d'un sourire charmeur.
- Frimeur, marmonna tout bas Stiles.
Cora acquiesça d'un hochement de tête un peu plus loin alors que sa mère paraissait exaspérée par l'attitude de son plus grand fils. Le loup se contenta d'agrandir son sourire et de tendre sa main à leur invité.
- Salut, moi, c'est Derek.
- Scott, répondit le latino sans se départir de son doux sourire.
Stiles ricana discrètement en voyant les sourcils de son frère se contracter. Il n'avait pas l'habitude de voir son charme glisser sur quelqu'un sans l'atteindre.
- Vous allez vous entraîner au... lacrosse, c'est bien ça ? insista tout de même Derek. Que diriez-vous que je vous donne quelques conseils ?
- Tu n'y connais rien en lacrosse, fit remarquer Stiles.
- J'apprends vite.
- Tu ne jures que par le basket.
- J'ai envie d'essayer autre chose.
- Je vois pas en quoi tu pourrais nous aider.
- Tu me poses vraiment la question ?
Stiles se renfrogna et regarda son frère avec méfiance. Il était étrange, vraiment très étrange ! Rien que l'idée qu'il veuille sympathiser avec Scott était flippante !
Derek lui renvoya un regard innocent clairement pas crédible.
- Ça ne me dérange pas, lança Scott, surprenant tout le monde. Plus on est nombreux, mieux c'est, non ?
Les deux frères se tournèrent d'un même mouvement vers leur invité au visage rayonnant de gentillesse.
- Ça me semble aussi une très bonne idée, remarqua Talia en intervenant à son tour. Allez dehors et dépensez-moi toute cette énergie !
Stiles réfléchit quelques secondes, une moue boudeuse sur le visage, avant de soudainement se redresser et envoyer un regard rusé à Derek.
« Je sais pas ce que tu trafiques, mais tu vas le regretter, » disait son sourire.
« Compte là-dessus et bois de l'eau fraîche, morveux, » répondit le sourcil haussé de Derek.
Stiles se leva sans s'arrêter de sourire et attrapa son sac de sport ainsi que la main de Scott pour l'entraîner à sa suite sur le terrain à l'arrière de la maison.
Vaste et bordée de résineux, l'arrière-cour avait toujours été un endroit parfait pour des louveteaux ayant besoin de se dégourdir les jambes en toute sécurité. Une longue table de pique-nique fabriquée en bois brut et ayant vu des générations de fesses polir ses bancs trônait sur le bord ouest. Les deux adolescents y déposèrent leurs affaires en vrac. Stiles sortit ensuite sa crosse et la brandit fièrement, tout comme Scott, avant de se la faire voler par...
- Derek ! râla aussitôt le plus jeune.
- C'est ça votre « crosse », donc, nota l'aîné en testant le filet et l'équilibre du bâton.
- Rends-moi ça, grinça Stiles en tendant la main.
- N'oublie pas ce que dit toujours maman, il faut savoir prêter ses affaires ! Et on s'en sert comment ?
Scott, serviable, fit glisser une des balles posées au sol dans le filet de sa crosse et la lança sans forcer. Derek observa attentivement puis regarda sa propre crosse, la fit tourner dans sa main, récupéra une balle avec le filet comme s'il avait fait ça toute sa vie et l'envoya de toutes ses forces, avec une précision surhumaine, vers l'un des séquoias. La balle frappa le tronc avec puissance pour mieux revenir vers eux, sous le regard émerveillé de Scott.
- Tricheur, marmonna tout bas Stiles.
Derek lui fit un sourire éclatant en guise de réponse. Stiles emprunta la crosse de Scott, bien décidé à prouver à son frère ce que savait faire un vrai joueur de lacrosse – ce qu'il n'était lui-même que depuis deux semaines...
A l'intérieur de la maison, Talia et son père Erwan observaient "l'entraînement", partagés entre l'amusement et l'inquiétude. Amusement de voir Derek gonfler les muscles et faire son beau pour montrer au nouvel ami de son petit frère qu'il serait toujours meilleur que lui, et inquiétude à l'idée que cette nouvelle amitié que construisait Stiles, visiblement plus forte que toutes celles qu'il avait pu connaître jusque-là, ne mette en danger la si forte relation entre les deux frères.
- Étrange garçon, non ? commenta Erwan en examinant Scott qui avait une main sur l'épaule de Stiles pour l'empêcher d'aller étrangler son frère après qu'une balle lui eut frôlé le haut du crâne. Ce n'est pas vraiment quelqu'un comme ça que je m'attendais à voir.
- Je vois ce que tu veux dire. Ils sont le jour et la nuit, nota Talia en souriant de voir son fils aîné tenir son petit frère loin de lui d'un simple bras tendu et d'une main sur son front. Ce Scott est aussi calme et silencieux que Stiles est expansif et bavard. Tu as senti quelque chose à son sujet ?
- Rien du tout, souffla son père en secouant la tête. Ce gosse semble être ce qu'il dit, bien que j'ai du mal à croire qu'on puisse être aussi... Candide à son âge.
Les deux loups se turent, continuant d'observer l'entraînement des deux lycéens « aidés » par Derek.
- Il a dit travailler chez Deaton, commenta Talia.
- Est-ce nécessaire ? Je veux dire, d'autant se renseigner ? demanda d'un ton hésitant Erwan. C'est sa vie privée. Leur vie privée.
- Pense à ce qui a manqué arriver avec Kate, se referma Talia. Si Stiles... S'il n'avait pas été là, toujours collé à Derek, jamais nous n'aurions su que... Que cette femme Argent... Qu'elle comptait abuser de lui, cracha l'Alpha, ses yeux rougeoyant de colère au souvenir de cette triste période.
- Mais tout s'est bien fini. Les Argent ont même juré de nous laisser tranquilles...
- Comme s'ils avaient eu le choix avec ce qu'elle avait projeté de faire, renifla Talia avec mépris. Je ne prendrai pas de risque, j'interrogerai Deaton sur son assistant.
- De toute façon, rien que le fait que Scott soit son assistant est déjà un très bon signe, déclara Erwan.
Il regarda encore quelques secondes à l'extérieur avant de faire demi-tour, laissant Talia seule à sa surveillance.
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- Je suis désolé pour hier, Derek a vraiment été un chieur, râla Stiles en se laissant tomber sur le lit de Scott.
- Moi je l'ai trouvé sympa, sourit son ami à s'asseyant à ses côtés.
- Parce qu'il y a des gens que tu ne trouves pas sympa ?
- Harris...
- Non mais, en dehors du diable, j'entends !
Stiles vit le latino regarder le plafond pensivement et réfléchir. Encore. Un long moment.
- Qu'est-ce que je disais ! ricana Stiles, fier de lui.
Scott ne répondit rien mais s'allongea à son tour.
- N'empêche, j'ai trouvé ton frère vraiment cool. Et vous avez l'air de bien vous entendre, confessa le latino.
- Je sais pas comment tu as pu voir ça, on a passé notre temps à nous bouffer le nez ! Habituellement, oui, on s'entend bien mais hier, je sais pas ce qu'il avait...
Scott regarda son ami avec un sourire amusé aux lèvres, peut-être un rien moqueur aussi.
- Quoi ? demanda Stile alors que Scott continuait de l'observer en silence.
- Rien... Je me disais juste... Ça doit être bien d'être membre d'une si grande famille, souffla rêveusement Scott en tournant à nouveau les yeux vers le plafond.
- Il y a des bons côtés, admit Stiles. A condition qu'il y ait assez de salles de bain... Et qu'on sache défendre sa pitance ! Tu n'imagines pas comme se garder un paquet de chips ou de gâteaux pour soi , c'est l'enfer ! Et le coup des étiquettes, c'est mort, j'ai déjà essayé, ça marche pas du tout... Cora est une goinfre.
- Vous vous ressemblez beaucoup ta sœur et toi, vous avez les mêmes yeux, sourit Scott.
Stiles se figea, dévisagea son ami plusieurs secondes pour estimer son degré de sincérité, avant d'éclater purement et simplement de rire sous ses yeux surpris.
- En plus t'es sérieux, mec !
L'hilarité augmenta encore d'un cran pour Stiles quand Scott secoua la tête d'incompréhension. Il n'en pouvait plus ! Il était pratiquement plié en deux tellement il riait ! Lui ? Ressembler à Cora ? C'était à mourir ! Et pour ne pas aider, à chaque fois qu'il pensait réussir à se calmer, il croisait le regard totalement perdu de Scott et s'étouffait à nouveau de rire.
Il lui fallut un très long moment avant d'enfin réussir à calmer son hilarité. Ses zygomatiques lui faisaient mal, de même que son ventre et il avait les yeux humides de larmes, mais dieu qu'il n'avait pas autant ri depuis longtemps !
- Tu viens de me tuer là, ricana-t-il un dernier coup. Non ! Ne dis rien ! réagit-il aussitôt en voyant Scott ouvrir la bouche, le regard confus. Si tu dis un truc je repars pour un tour ! Mais ouais, je t'explique, juste, laisse-moi deux secondes.
Stiles prit une forte inspiration puis souffla un bon coup, ce qui ne l'empêcha pas de pouffer en regardant Scott.
- Je peux pas ressembler à Cora, mais genre vraiment pas ! Surtout physiquement ! Ou alors c'est de la pure coïncidence, expliqua-t-il, à peu près calmement en s'asseyant plus correctement.
- Pourquoi pas ?
- J'ai été adopté et, de naissance, je suis un Stilinski, pas un Hale, indiqua Stiles en toute simplicité.
- Je suis désolé, s'excusa aussitôt Scott en le regardant avec ses yeux de chiot triste.
- T'as pas à l'être, je suis bien avec ma nouvelle famille, sourit l'orphelin. Ils sont cools, je les adore et sans eux ma vie aurait pu être franchement merdique !
- Et tes vrais parents ? l'interrogea maladroitement le latino. Enfin, si tu n'as pas envie de m'en parler ce n'est pas...
- Non, c'est bon, ça fait huit ans maintenant alors… Ils sont morts, lâcha Stiles en baissant les yeux tout en se passant une main dans les cheveux.
L'ambiance joyeuse retomba aussitôt vite qu'elle était apparue. L'humeur de Stiles tourna au morose et pourtant… Pourtant il avait envie d'en parler, à lui, à Scott. A croire que c'était le bon moment… Scott posa sa main sur son épaule, ce qui le décida à se livrer davantage.
- Ma mère est morte d'une maladie, longue et douloureuse, et mon père... Mon père était le shérif ici avant, avec l'étoile et tout ! s'enthousiasma-t-il dans un bref éclat de joie et de fierté. Après la mort de ma mère, il a vraiment, vraiment beaucoup travaillé. Il a même sauvé son adjoint lors d'un vol qui a mal tourné ! Il a pris la balle, à sa place... souffla-t-il, la voix altérée par l'émotion. C'était deux mois après que ma mère soit morte.
Stiles frotta ses mains l'une contre l'autre avec nervosité. Il ne repoussa pas le bras de Scott quand il glissa sur son dos pour entourer ses épaules.
Il ne parlait pas souvent de cette période, il préférait considérer que c'était derrière lui plutôt que de se faire des nœuds au cerveau avec des souvenirs somme toute pénibles. Parfois, il lui arrivait tout de même d'y penser mais, vivant dans une famille de loups, ses vagues à l'âme étaient vite repérés et il se retrouvait chéri, dorloté et entouré de toutes parts avant d'avoir eu le temps de dire ouf. Ce fut d'ailleurs pour cette raison qu'il posa tout naturellement son front sur l'épaule de Scott, parce qu'il était habitué à être très tactile avec sa meute et que Scott semblait être fait du même bois, parce qu'il avait besoin de contact aussi.
- Mon grand-père Erwan était encore flic à cette époque, sur le départ, mais toujours flic, reprit Stiles en dirigeant ses pensées vers quelque chose de plus joyeux. C'est lui qui a parlé de moi à Talia, ma mère actuelle. Elle avait plein de place et une grande famille, moi plus du tout, alors voilà ! s'exclama-t-il dans une maigre tentative de paraître enthousiaste. Je suis devenu un Hale ! Et maintenant, tu sais pourquoi Cora et moi on ne peut pas se ressembler, finit-il avec un petit rire nerveux.
Scott ne relâcha pas son épaule, bien au contraire, et ses yeux chocolat continuèrent de le fixer avec une compassion désarmante.
- Je pense quand même que vous vous ressemblez beaucoup, insista Scott, le visage sérieux. Et je pense que tu as aussi pris un peu de Derek et de ta mère.
Stiles le regarda avec stupeur, un peu interloqué par ses propos. Le froid et le chaud se mêlèrent en lui, la tristesse et la joie, le passé et le présent. Il déglutit avec difficulté, ne sachant s'il devait se réjouir de s'être aussi bien intégré à sa nouvelle famille, ou s'il devait être chagriné de perdre chaque jour un peu plus les souvenirs de ses parents biologiques, au point que cela touche son identité.
- Bon ! éclata-t-il brusquement en se levant, refusant de s'attarder sur la question, pas ici, pas maintenant. On ne va pas passer la soirée et le week-end à se regarder dans le blanc des yeux quand même ! T'avais prévu qu'on fasse quoi, Scotty-Boy ?
Le latino désigna d'emblée sa console et un Stiles, dont la joie était en partie simulée, lui sauta aussitôt dans les bras.
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Derek courait à petites foulées régulières, sa respiration soigneusement contrôlée et son cœur battant avec la régularité d'un métronome. Ce matin, il ne courait pas dans le but de repousser ses limites ou t'établir un nouveau record, il décrassait simplement ses muscles tout en se vidant la tête.
Son tour fini, il revint au manoir, sentant la sécurité l'envahir dès que le grand bâtiment blanc fut en vu. Par habitude, il compta les personnes présentes à l'aide de son ouïe tout en s'approchant.
Quelque chose clochait... remarqua-t-il aussitôt. Stiles était là. Pourtant, il était censé passer le week-end chez son ami ! Et nous n'étions que dimanche matin...
Il ouvrit la porte, un peu inquiet, et chercha rapidement le regard de sa mère dans l'espoir d'en savoir un peu plus. Celle-ci haussa les épaules avec une expression d'impuissance découragée, grand-mère Estia secoua la tête et grand-père Erwan souffla bruyamment.
- Il est dans ta chambre, lui indiqua Talia.
- C'est grave ?
- On ne sait pas, soupira Estia. On ne sait rien. Il est revenu ce matin et a traversé le salon comme une flèche ! Je crois qu'on ne l'a jamais vu courir si vite ! Mais... Il n'était pas malheureux, pas vraiment.
- Paniqué, angoissé et excité, analysa Peter, depuis l'entrée de la cuisine. Un bien curieux mélange...
- Je vais voir ça.
Derek monta les escaliers avec nervosité, passa par la salle de bain pour essuyer brièvement la sueur qui le couvrait. Il poussa ensuite la porte de sa chambre avec prudence.
- Tu crois pas que t'es devenu trop vieux pour ça, râla-t-il rapidement en découvrant la forme cachée sous les couvertures qui ne pouvait être que son frère.
Pas de réponse. Derek leva les yeux au ciel, referma la porte et alla enfiler un haut sec avant de s'asseoir sur son propre lit.
- Je te préviens, hors de question que je te rejoigne ! Et on ne fera pas un fort en couvertures et en coussins !
- Pourquoi ?! se plaignit Stiles en sortant brusquement à l'air libre, les joues rouges de chaleur et les cheveux dans tous les sens.
- Parce que tu as seize ans, plus dix.
- Tu m'aimes plus, déclara son cadet avant de se réenfouir sous les couvertures.
Derek roula des yeux. Comme s'il y croyait une seconde...
- T'étais pas censé être chez Scott, toi ? Plutôt que de squatter ma chambre et mon lit...
Wow ! Le loup se prit l'afflux d'odeur en pleine truffe. Exactement comme l'avait dit son oncle. Panique, angoisse et excitation... Sans parler de son cœur qui était bien parti pour le sprint de sa vie.
- Il s'est passé quoi ? demanda Derek avec curiosité.
- …
- Réponds-moi, Stiles.
- …
- Je dois l'appeler lui pour savoir ?
L'hésitation de son petit frère suite à cette proposition était palpable.
Finalement, après encore quelques secondes supplémentaires d'immobilité et de silence, il sortit sa tête – et juste sa tête – de sous la couverture et regarda son aîné avec détresse.
- J'crois que j'ai fait une connerie, avoua-t-il avec timidité.
- Pire que d'habitude, tu veux dire ?
Derek regretta sa petite taquinerie devant les yeux perdus de son cadet.
- Der', tu t'es déjà demandé si... Si t'étais pas... Genre, pas hétéro ? demanda Stiles d'une toute petite voix.
- Non, répondit tout de go son aîné. Pourquoi ? Tu te poses la question ?
Stiles s'assit sur le lit, la tête basse, et tritura la housse de couette avec nervosité.
- Tu sais que ça n'a pas d'importance pour nous, n'est-ce pas ? essaya de le rassurer Derek.
- Je l'ai embrassé. J'ai embrassé Scott, confessa son frère d'une traite.
Panique, angoisse, excitation. Cœur qui bat la chamade.
Derek ouvrit de grands yeux, surpris face à cette révélation.
Un bruit de casserole tombant au sol résonna au rez-de-chaussée, preuve que certains n'avaient pas su garder leurs oreilles pour eux.
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A suivre...
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Bon, maintenant je pense qu'il n'y a plus de doute sur le ship ! Et non, définitivement non, Stiles ne finira pas avec Derek, ils sont frères et cette histoire ne traite pas d'inceste ;)
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! Et comment vous avez trouvé mon Derek roulant des mécaniques devant l'ami de son petit frère XD
