Chapitre 3 : Les Ruines d'Albion

Le lendemain, Gwen et Merlin allèrent en cours pendant qu'Arthur et Morgana restaient avec Hunith. L'arrivée de deux jeunes gens si bien mis juste après la messe avait été remarquée, et Gwen fut obligée de répondre à la curiosité de toutes ses camarades. Oui, Arthur et Morgana venaient de Londres, et oui, ils étaient riches. Non, ils n'habitaient pas à Londres en ce moment. Oui, elle les connaissait bien. Ses parents avaient travaillé pour leur famille. Les indiscrétions des élèves de sa classe n'étaient pas méchantes, mais Gwen en était tout de même fatiguée. Le pire venait des autres classes, de filles qui ne la connaissaient pas et qui ne lui voulaient pas de bien. Elle avait capté des bouts de conversations dans le couloir, des « pour qui se prend-elle », ou encore « accueillir qui que ce soit dans le taudis qui leur sert de maison », et encore « la négresse ne se sent plus pisser. ». Elle essaya de ne pas y prêter attention et de garder la tête haute. Le moindre prétexte était bon, cela ne lui servait à rien d'essayer de se défendre.

Elle fut tout de même soulagée que les cours se terminent. Dehors, Arthur et Morgana l'attendaient. Elle salua ses amies qui gloussaient sur la qualité des vêtements des deux cousins et les rejoignit. À quelques pas de là se trouvait l'école pour garçons de Merlin. Il était en grande discussion avec Will, le fils du voisin. Quand il les vit arriver, il se dépêcha de lui dire au revoir pour le rejoindre.

« Vous avez passé une bonne journée ? » demanda-t-il, le sourire jusqu'aux oreilles.

« Très bonne merci, répondit Morgana. Ta mère a été très gentille, elle nous a emmenés voir le vieux château. »

Merlin était ravi de l'apprendre. Ils firent une longue promenade avant de rentrer. Gwen et Merlin avaient très envie de leur montrer leurs coins préférés du bourg et des champs environnants. Ils marchèrent longtemps, discutant de tout et de rien, savourant la clémence du temps. Quand le jour commença à baisser et que l'air refroidit, ils rentrèrent.

Hunith les attendait et leur proposa de s'installer au salon pendant qu'elle s'occupait du dîner. Merlin essaya de marchander avec elle : étaient-ils vraiment obligés de faire leurs devoirs alors qu'ils avaient des invités ? Mais Hunith fut intraitable. Elle accepta qu'ils montent leurs cahiers au grenier à la condition que leurs leçons soient finies avant l'heure du repas. Sinon, ils les finiraient dans la cuisine, sous sa surveillance. Merlin et Gwen acceptèrent sans se plaindre et ils se retrouvèrent bientôt tous les quatre en haut. Morgana attrapa un livre qui traînait, Arthur prit le jeu de cartes, et Gwen et Merlin commencèrent à travailler dans un silence paisible. De temps en temps, Gwen levait la tête, pour voir Morgana tourner sa page, complètement absorbée, Merlin froncer les sourcils sur son problème d'arithmétique, ou Arthur battre les cartes pour recommencer sa réussite. Elle échangeait un regard avec l'un ou l'autre, souriait sans rien dire, puis retournait à son essai. La pièce vibrait de leur simple présence, et Gwen pensa qu'elle était de nouveau chez elle. Ils ne pouvaient pas avoir inventé Albion, se dit-elle. Sinon, comment expliquer cette nostalgie qui la prenait quand ils étaient tous les quatre ? Elle avait renoncé à y retourner, mais au fond elle n'arrivait pas à oublier cette autre vie qu'elle avait vécue dans un autre temps, et elle se sentait gonflée d'émotions qu'elle croyait avoir laissées à l'intérieur de l'armoire.

Le repas fut animé. Les jeunes gens avaient beau tout se raconter par lettres, ce n'était pas la même chose que de le dire de vive voix. Sans compter la mère de Merlin qui se montrait très bon public. Il fallut donc lui narrer les réparties cinglantes de Morgana à ses professeurs, la fois où Arthur s'était fait punir pour avoir craché sur un dernière année qui molestait les plus jeunes, et lui donner la version officieuse du jour où Merlin avait relâché les souris du laboratoire de son école. Il y avait beaucoup à dire et la discussion les mena tard dans la nuit.

Plus tard, dans la chambre, Morgana demanda à Gwen :

« Je n'ai pas osé demander... Est-ce que le père de Merlin est sur le front ? »

« Non, il... il n'a pas de père. » répondit Gwen.

Elle avait appris l'histoire d'Hunith par les ragots du bourg. Personne ne savait de qui elle était tombée enceinte, et personne n'avait cherché à l'aider, mis à part le Professeur Jenkins, qui était l'oncle d'Hunith et le grand-oncle de Merlin. Il l'avait installée dans cette petite maison, un vieil héritage dont personne ne voulait, et payait les frais d'éducation de Merlin. Elle se faisait appeler « Madame Jenkins » pour éviter les ennuis, mais tout le monde savait qu'elle n'avait pas été mariée et que Merlin avait pris son nom à elle.

« J'ai bien fait de ne pas demander. » fit Morgana quand elle eut fini.

« Je ne sais pas, dit Gwen, ça n'a pas l'air de déranger Merlin. »

« C'est ce qu'il veut qu'on croie. »

Gwen se dit qu'elle avait sans doute raison.

La nuit passa, puis il fallut retourner à l'école, supporter un jour de plus d'être le centre de l'attention, et déjà Gwen et Merlin accompagnaient leurs amis à la gare.

« Ecris-moi si ça ne va pas, d'accord ? » dit Morgana.

Gwen promit, même si elle n'était pas certaine de le faire.

« Et toi aussi, continua la jeune fille en s'adressant cette fois à Merlin, tu as le droit de m'envoyer un petit mot de temps en temps. »

Merlin rougit jusqu'à la racine de ses cheveux et bredouilla des excuses.

« Mais c'est qu'on est timide » railla Arthur.

« Oui, répliqua Merlin qui retrouva aussitôt tout son mordant, parce que toi tu nous écris tous les jours, peut-être ? »

Ce fut au tour d'Arthur de s'embarrasser, mais, éducation privilégiée oblige, il dissimula sa gêne avec une digne quinte de toux.

« Je pense qu'il vaut mieux continuer comme nous avons fait jusqu'ici, dit Gwen pour clore le sujet. Nous écrire toutes les deux et ajouter les amitiés d'Arthur et Merlin en post-scriptum. »

Morgana rit et lança un regard hautain aux deux garçons. Gwen leva les yeux vers l'horloge de la gare. Elle aurait pourtant juré qu'il était déjà moins le quart quand elle l'avait regardée quelques minutes plus tôt.

« Aïe ! cria soudain Merlin. Arthur ! Tu m'as marché sur le pied ! »

« Mais je n'ai rien fait, répondit Arthur. Tu as dû trébucher tout seul, comme d'habitude. »

Gwen ne prêta d'abord pas attention à cette nouvelle dispute.

« Mais tu m'a pincé ! s'écria Arthur presque aussitôt. C'est très mature, vraiment ! »

« Qui est-ce qui vient de me pousser ? »

Cette fois-ci, la plainte venait de Morgana. Et Gwen aussi sentait comme une force qui la tirait.

« Moi aussi j'ai senti quelque chose, dit-elle. Mais personne ne m'a touchée... »

Autour d'eux, la gare étrangement vide vibrait d'un murmure diffus.

« J'ai l'impression qu'on me tire la peau vers les rails. » dit Morgana.

« C'est pareil pour moi, renchérit Merlin. Je crois que c'est de la magie. »

Juste à ce moment-là, le son s'amplifia. On aurait dit un vent de tempête. Les murs et le sol de la gare commencèrent à bouger, et les enfants se retrouvèrent au milieu d'un tourbillon d'énergie et de bruit.

« Prenez mes mains, s'écria Arthur, il ne faut pas qu'on soit séparés. »

Gwen prit la main gauche d'Arthur, la droite de Morgana, et Arthur attrapa Merlin de son autre main.

« Pas la peine de serrer comme une brute ! » cria Merlin.

Sa voix se perdit dans la tourmente. Autour d'eux, la gare commençait à s'effacer, à plusieurs reprises, ils aperçurent une mer bleu-vert au-delà des murs. Ils continuèrent de s'accrocher les uns aux autres, jusqu'à ce que la tempète se calme enfin et que le bruit s'arrête. Quand ils rouvrirent les yeux, ils étaient sur une grande plage de sable blanc.

Gwen avait du mal à y croire. Elle sentait pourtant le sable sous ses chaussures, le vent chargé d'embruns qui faisait voler la jupe de son uniforme, le soleil brûlant sur sa peau, et l'odeur iodée de la mer. Du plus profond de son être, une joie immense vint lui gonfler le cœur.

Ils étaient de retour à Albion.

Le soleil était au zénith, il devait être à peine midi, et la mer resplendissait. Gwen sursauta soudain : on venait de l'asperger d'eau. Évidemment, découvrit-elle en se retournant, c'était Merlin.

« Toi ! » cria-t-elle avant de se lancer à sa poursuite.

Ils coururent jusqu'aux premières vagues. La mer était basse, et la pente très douce. Même après plusieurs dizaines de mètres, ils n'avaient de l'eau que jusqu'aux genoux. Quand Gwen réussit à rattraper Merlin, qu'elle l'eut menacé, qu'il eut crié et supplié, elle l'éclaboussa jusqu'à tremper sa chemise et se déclara satisfaite. Derrière eux, Arthur et Morgana entraient eux aussi dans l'eau en riant. Ils avaient eu la présence d'esprit d'enlever leurs chaussures. Gwen regarda les siennes au travers de l'eau. Elles étaient fichues. Tant pis. Elle se remit à courir et à jouer avec les autres. C'était comme des vacances. Merlin trouva une algue énorme et poursuivit les filles en l'agitant devant lui. Morgana criait et se débattait de peur d'un contact avec la chose dégoulinante et flasque. Gwen n'en menait pas plus large, la course-poursuite faisait monter dans son dos un mélange de panique et de joie. Finalement, l'algue atterrit sur la tête d'Arthur qui ne s'y attendait pas du tout.

Les deux filles se figèrent et regardèrent l'algue glisser lentement de la tête de leur ami, avant de tomber dans l'eau dans un bruit sec. Un instant, Arthur resta de marbre.

« Allez Arthur, dit Merlin, tu ne vas pas faire la tête pour ça. »

Mais Arthur ne répondit pas, il fit quelques pas dans la direction de Merlin avec un regard d'une effrayante détermination. Gwen détestait quand il faisait ça, et était bien contente de ne jamais en avoir été victime.

« Arthur, non, c'était une blague. » s'excusa Merlin, entre le fou rire et la supplique.

Arthur se mit à courir. Merlin tenta de s'enfuir mais il était bien trop lent. En deux secondes, Arthur l'avait attrapé, ceinturé, et envoyé valser dans l'eau comme s'il n'avait pas pesé plus lourd qu'une plume. Merlin émergea en criant et se releva. Il était complètement trempé.

« C'est ça, dit-il aux filles qui riaient comme des perdues, moquez-vous ! »

Mais il souriait jusqu'aux oreilles, et personne ne prit ses gémissements très au sérieux.

Plus tard, quand ils eurent barboté et nagé tout leur soûl, ils s'étendirent sur le sable sec pour se laisser sécher par les rayons du soleil. Gwen ferma les yeux. Le soleil lui chauffait le visage et l'éblouissait à travers ses paupières closes. Elle songea un instant à mettre ses amis en garde ; ils avaient tous la peau si blanche, ils risquaient les coups de soleil. Mais l'air était trop doux, et la chaleur trop agréable, pour se résoudre à ouvrir les yeux. Elle voulait simplement rester là, sur le sable, se laisser chauffer par le soleil et ne penser à rien, aussi longtemps que possible.

« Où pensez-vous que nous sommes arrivés ? » demanda Merlin après un long silence.

Les trois autres n'en avaient aucune idée.

La plage ressemblait fort à celles des côtes de la mer du Sud, mais ils ne la reconnaissaient pas, ni sa taille, ni sa forme, ni les rochers qui l'entouraient. Ils avaient pourtant parcouru cette région de long en large pendant leur règne. Celle-ci et toutes les autres régions d'Albion, d'ailleurs.

« Vous croyez que nous pourrions être en territoire calormène ? » proposa Morgana.

« Pourquoi nous aurait-on ramené ailleurs qu'à Albion ? répondit Merlin. Ça n'aurait pas de sens. »

Les enfants décidèrent alors d'explorer les environs, afin de déterminer où ils se trouvaient et, accessoirement, de trouver de la nourriture et de l'eau potable. Gwen doutait qu'ils continuent d'apprécier leur retour le soir tombé, quand ils auraient faim et soif et que l'air se serait refroidi.

« Nous devrions manger maintenant les sandwichs qu'Hunith a préparés, dit-elle, ils risquent de se perdre. »

Il n'y en avait que pour deux personnes, puisque Merlin et Gwen étaient censés rentrer chez eux une fois leurs amis dans le train. Mais comme personne n'avait rien mangé depuis le matin et que les estomacs commençaient à réclamer pitance à cor et à cri, ils les partagèrent en quatre et les avalèrent sur-le-champ. Il serait toujours temps de trouver de la nourriture plus tard.

Les enfants commencèrent par quitter la plage. En remontant les dunes, ils arrivèrent à une vaste étendue de bruyères, chardons et autres buissons secs, qui s'étendait à perte de vue. Gwen remit en grimaçant ses chaussures mouillées et ils s'engagèrent dans la lande.

« Notre priorité est de trouver de l'eau douce. » annonça Arthur.

vers la mHeureusement, ils tombèrent non loin de là sur un petit ruisseau clair qui s'écoulait directement er, où ils purent étancher leur soif. Ils décidèrent de remonter le ruisseau afin de ne pas le perdre de vue. Un vent de terre soufflait dans leurs cheveux poisseux de sel et faisait onduler les bruyères et les plantes basses comme une mer végétale. Au loin, les enfants aperçurent des taches blanches qui ressemblaient à de gros rochers. Attirés par cette disparité dans le paysage plat et brun, ils prirent sa direction et l'atteignirent en quelques minutes, pour découvrir que ce n'étaient pas des rochers, mais des ruines.

« Des ruines à Albion ? » s'étonna Arthur.

Ils n'en avaient jamais croisé pendant leur règne. Gwen se dit qu'ils étaient sans doute simplement dans une contrée qu'ils ne connaissaient pas, mais elle avait un mauvais pressentiment. Ils avancèrent entre les pierres blanches, recouvertes en partie par la mousse et les herbes. Ici, les reliquats d'un sol pavé transparaissaient sous les bruyères. Là, la base d'une colonne s'élevait à moitié rongée par le lierre. Gwen aperçut un éclat doré entre deux herbes folles, et se pencha pour le ramasser. C'était une statuette en or repésentant un cavalier.

« Morgana » appela-t-elle en se relevant.

La jeune fille, qui était partie un peu plus loin avec les garçons, revint sur ses pas.

« C'est une pièce de mon jeu d'échec... » murmura-t-elle.

Les deux filles échangèrent un regard de compréhension horrifié.

« Gwen, Morgana, appela alors Merlin. Il faut que vous veniez voir ça. »

Elles rejoignirent les garçons, qui se tenaient devant quatre promontoires d'une pierre un peu moins friable que le reste des ruines. Dès qu'ils furent chacun devant une des pierres, les enfants eurent comme une vision des plafonds de marbre, des colonnes et de la grande salle où ils avaient autrefois occupé quatre trônes, dans leur palais de Camelot.

« La pierre s'est érodée, remarqua sombrement Morgana, et tout a été recouvert par les plantes... Cela doit faire un moment qu'il a été détruit. »

La nuit était tombée. Ils avaient trouvé quelques baies, et avaient fait un feu au milieu des ruines de leur palais. L'endroit était plus sec et dans certaines parties, les murs qui ne s'étaient pas complètement écroulés offraient un abri bienvenu contre le vent qui soufflait sans s'arrêter sur toute la lande. Ils avaient mangé leurs trouvailles en silence, perdus dans leurs pensées qui se résumaient en une question : comment Camelot avait pu tomber ?

« Cela fait à peine plus d'un an que nous sommes partis... » argua Arthur.

« Réfléchis, intervint Morgana. Quand nous sommes allés à Albion la première fois, nous sommes restés dix ans, mais il ne s'était passé qu'un instant au manoir. Un peu plus d'un an chez nous, je n'imagine même pas combien d'années cela fait ici... »

« Alors ça veut dire... continua Merlin, que tous les gens que nous connaissions, Monsieur Tumnus, les Castors... »

« Le capitaine Oréius, ajouta Gwen, tous les gens du palais... »

Personne n'eut le cran de finir la phrase. Tous ces gens étaient morts, et probablement oubliés.

« Si plus personne ne vit ici, commença Gwen. Si personne n'occupe les trônes de Camelot... Qui gouverne Albion ? »

Personne ne connaissait la réponse. Les enfants n'ouvrirent plus la bouche de la soirée, et regardèrent d'un air sombre le feu de bois danser, craquer et projeter ses ombres mouvantes sur les ruines blanches qui les entouraient.

Morgana ne voyait pas la bête qui la suivait entre les arbres. Mais elle sentait sa présence. Elle courait sur un sentier qui menait hors de la forêt. Le chemin descendait, et la pente était si forte que Morgana ne pouvait s'arrêter de courir. La bête derrière elle se rapprochait, et soudain la jeune fille sentit son ombre immense la recouvrir. Arthur surgit alors à côté d'elle et l'entraîna plus vite encore sur le sentier. Bientôt, l'ombre disparut, et ils quittèrent le bois. Mais le chemin continuait de descendre et leurs jambes continuaient de courir. Un précipice se profilait à l'horizon. Il fallait qu'elle ralentisse, il fallait qu'elle parvienne à s'arrêter. Arthur allait de plus en plus vite. Elle cria pour qu'il s'arrête, mais quand il tourna son visage vers elle, il était livide et ses yeux étaient rentrés dedans leurs orbites. Il ne pouvait l'entendre, et à chaque tentative il lui tirait le bras plus fort. La falaise se rapprochait. De l'autre côté du gouffre, elle pouvait voir les murs et les tourelles d'une place forte se dessiner. Ils dépassèrent en courant Merlin et Gwen qui ne pouvaient que les regarder tomber. Arthur sauta pour essayer d'atteindre la citadelle, mais il fut englouti par le gouffre. Morgana tombait lentement, et tout devenait noir autour d'elle, excepté une lueur diffuse et froide au-dessous, l'aura inquiétante d'une grande femme aux bras nus...

Gwen se réveilla au sursaut de Morgana à côté d'elle.

« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-elle.

« Rien. Un cauchemar... »

Morgana avait les cheveux défaits et le souffle court. Gwen se redressa et lui caressa le bras.

« Quel genre de cauchemar ? »

« Je ne suis pas sûre... répondit-elle. Il y avait un château... et un fossé, je crois... Je ne me souviens plus. »

Elle sembla hésiter mais finit par se pencher vers Gwen. La jeune fille lui passa alors un bras autour des épaules et la serra contre elle.

« Albion a changé. » dit Morgana d'une voix faible.

Gwen acquiesça silencieusement, le nez dans les cheveux de son amie.