Mot de l'auteure : Voici le second chapitre qui m'aura donnée du fil à retordre. Un nouveau protagoniste y fait son apparition, et pas des moindres ; plus on est de fous, plus on rit n'est-ce pas ? -sors- Bref, j'espère que vous apprécierez ce chapitre, un peu longuet sur les bords, mais qui, je l'espère, introduit au mieux l'histoire et ses personnages ! Le titre aussi est très révélateur sur mon sens de l'originalité, ahah. Sur ce, Bisou's les Cacahuètes !
Disclamer : Les personnages -Hormis Hikari et Haru que vous ne tarderez à rencontrer- et l'univers de Matsuri Hino ne m'appartiennent en aucun cas.
Chapitre 2 :
Suite d'une histoire.
Sur le chemin du retour, il se mit à neiger. De gros flocons, qui se densifiaient au fil des minutes. Arrivée sur le perron, j'avais ouvert la porte, hâtée par le vent glacial. Mais ce que je vis à l'intérieur me laissa de marbre. Les corps de mes parents adoptifs, étendus sur le sol, sans vies, baignant dans une véritable mare de sang. Leurs abdomens avaient été transpercés et leurs visages semblaient figés à jamais. Je distinguais quand même une arme anti-vampire dans la main de mon père, complètement déglinguée. Mon cœur ratât un battement devant ce « spectacle » macabre et des larmes commencèrent d'ores et déjà à déferler le long de mes joues. Je ne pus alors contenir un cri d'horreur qui résonna autour de moi, dans l'étendu nocturne.
Soudain, je distinguais une ombre derrière les cadavres de mes parents. Une grande silhouette filiforme. Deux pupilles de couleurs différentes me toisaient. Une rouge, telle le sang, et une bleue, telle le saphir.
« Eh bien petite, tu en as mis du temps. Ta mère ne t'a jamais dit que c'était impoli de faire patienter des invités ? »
Ses dents. Mon cou. Du sang. MON sang. Ou peut-être le sien. Et ses prunelles, avides et sauvages.
Je me réveillai en sursaut, les yeux grands ouverts et les mains moites, serrant convulsivement une touffe d'herbe devenue éparse entre mes doigts. Et mon souffle totalement irrégulier peina à retrouver son rythme normal.
Quelque peu désorientée suite à cet épisode que je pensais enfoui au plus profond de mon inconscient, mon regard se perdit de droite à gauche, scrutant inlassablement les alentours, de manière à reprendre définitivement connaissance. Je me situais dans un vaste terrain respirant le gazon fraîchement tondu, avec de rares végétaux pour compagnie. De mon poste d'observation, on pouvait également apercevoir le parc de l'académie : un endroit au dallage bleu turquoise avec fixée en son centre une imposante fontaine. Des bancs - quatre au total - approximativement plantés en cercle autour de celle-ci devaient résider ici depuis bien des années.
Une sensation de fraîcheur se répandit subrepticement le long de ma nuque. Je me levai définitivement de terre et fis face à celui qui avait osé troubler ma tranquillité. Sans compter ces souvenirs immatériels qui avaient eu la bonté de me visiter quelques instants plus tôt.
« Je ne me souvenais pas que tu t'endormais partout et aussi facilement.
— Moi aussi je suis contente de te voir, Zero. Et pour ma gouverne, je n'avais pas envie de broyer du noir dans ma chambre.
— Il ne va pas tarder à pleuvoir tu devrais me remercier, je viens de t'éviter une douche froide.
— Tu es venu parler de la pluie et du beau temps avec moi ? Ironisais-je.
— Il me semblait avoir été clair. Cette « personnalité » ne te convient pas. »
Je poussais un long soupir d'exaspération. Et le souvenir des mains du gardien contre ma peau me firent frissonner.
« Et si tu abrégeais mes tourments en me disant ce que tu es venu faire ici ?
— A l'origine, j'étais parti à ta recherche. Le directeur a besoin de nous. Et je n'ai pas eu mes réponses te concernant. Sur ta disparition...
— Je ne dirais strictement rien, le coupais-je.
— C'est donc si dur à expliquer pour que tu refuses de m'en parler ?
— Je suis contente de te savoir toujours aussi calme » souriais-je comme pour moi-même.
L'image du Zero de mon arrivée s'estompa peu à peu dans mon esprit. Et avant que notre conversation aille plus loin, des gouttelettes d'eau y mirent un terme. La petite averse qui nous tomba littéralement dessus se transforma rapidement en déluge. Avant d'être trempés jusqu'aux os, Zero m'attrapa par la main et nous courûmes nous abriter sous un arbre au feuillage suffisamment dense pour abriter deux personnes. Malheureusement, l'eau de pluie s'était déjà occupé de nos uniformes et les avait en partie infiltrés.
« Et voilà, nous sommes coincés, conclut le chargé de discipline.
— Coincés, peut-être pas en courant vers un endroit sec, on ne sera pas beaucoup plus mouillé que maintenant, me moquais-je en avisant nos uniformes détrempés.
— L'avantage, c'est qu'à présent, tu as le temps de me raconter tes aventures.
— Je ne crois pas non » bougonnais-je.
Un long silence pesant s'instaura entre nous. Seul le clapotis des fines gouttes de pluie parvenait à nos oreilles. L'averse ne semblait plus vouloir s'arrêter. J'ignorais combien de temps nous pourrions rester dans ces attraits. Zero fut d'ailleurs le premier à rompre le silence.
« Tu n'imagines même pas l'état dans lequel j'étais il y a trois jours en t'ouvrant le portail.
— Ça a dû être un incroyable choc, je peux comprendre.
— Tu maîtrises formidablement bien l'ironie à ce que je vois.
— Zero, le jour où je te révélerai cette partie de mon passé, je devrais probablement déserter l'académie ; or j'espérais tout de même y séjourner un peu plus longuement.
— Tout ça n'a aucun sens. »
Un grondement du tonnerre l'empêcha de poursuivre. Le bruit des éclairs déchirant le ciel nous parvint avec fracas. Complètement terrorisée par ce vacarme, je me protégeais les oreilles à l'aide de mes mains.
« Ça te terrorise à ce point ? S'étonna Zero.
— J'ai peur de l'orage, oui » sanglotais-je.
Et comme pour témoigner de mes dires, un nouveau roulement de tonnerre éclata. Totalement dépassée par ma crainte, je me réfugiais contre la surface dure et noueuse du tronc d'arbre derrière nous. Bientôt, ce furent les bras du gardien qui m'accueillirent, comme pour dissiper mes angoisses grandissantes. Cette étreinte chaleureuse les étouffa petit à petit. Zero et moi restâmes quelques minutes dans cette position avant que je n'entende sa respiration s'accélérer. Il m'enserra si fort que j'eus l'impression qu'on venait de me broyer les os. Il se faisait également de plus en plus lourd sur mes épaules, et à bout de force, je m'effondrai avec lui. Je sentis une de ses mains dépourvoir mon cou d'une once de cheveux. Subséquemment, son visage se risqua dans l'encolure de ma nuque et je devinai sa langue sur ma peau.
« Ze… Zero ! Hurlai-je. Qu'est-ce que tu fabriques ?! Arr- »
La douleur me fit vociférer. La morsure que venait de m'administrer le chargé de discipline avait été exécutée aussi sauvagement que lui. Rido Kuran. Et en dépit des circonstances, Zero avait planté ses canines exactement au même endroit. De fines ridules rougeâtres glissèrent le long de mon dos, teintant au passage ma chemise. Et la foudre, comme pour m'effrayer davantage, retentit une nouvelle fois. L'air ambiant chargé d'humidité me donnait la nausée, tout comme l'écho du sang que me pompait Zero. Ma respiration s'accentua encore un peu plus sous l'effet de l'effroi.
Après plusieurs secondes, qui me parurent une éternité, il s'arrêta, mettant un terme à mon supplice. Je le sentis m'allonger doucement sur l'herbe suintante. Il me fixa intensément, d'une paire d'yeux qui s'étaient teintés d'un abominable rouge écarlate, puis ânonna comme pour lui :
« Pardonne-moi Hikari. Moi aussi j'ai énormément changé en quatre ans. »
Le gardien s'assit lourdement à mes côtés, recroquevillé sur lui-même et sans plus bouger d'un pouce. Il attendait que je me prononce sur ce qui venait d'arriver. Profitant du laps de temps qui m'était impartie, je mis au clair la situation : Zero était finalement un « vampire ». Pourtant, aussi loin que je me souvienne, il n'avait jamais manifesté aucun signe de vampirisme. J'avais été formée pour être une hunter, et à force de regarder Zero -de loin comme de près-, je n'avais jamais décelé aucune anomalie. J'avais l'esprit totalement embrumé, et sachant le gardien à mes côtés, c'est vainement que je tentais de me calmer. Car brusquement, une douleur incessante m'électrisa, à l'endroit précis où Zero avait apposé sa « marque ». Je me relevai alors promptement, aussi gracieuse qu'un bout de bois. Un regard vers le gardien, une tendre caresse sur le haut de son crâne, ébouriffant se tignasse à la couleur digne des plus séniles vieillards et je m'éclipsais de la scène, en titubant et surtout, sans attendre une quelconque réaction de Zero. Une fois hors de vue, je courus droit devant moi, à en perdre haleine. Il ne m'avait pas apostrophée, ni suivie. Ce simple fait me procura une sorte de réjouissance. Je n'aurais jamais su quoi faire s'il avait tenté de me courser ou de me consoler. À vrai dire, j'aurais sûrement fondu en larmes, tant à cause de ces subites révélations qu'à cause de la douleur qui me lacérait la gorge.
Fort heureusement, j'accédai rapidement à ma chambre, dans laquelle je m'enfermai à double tour. Je m'écroulai presque aussitôt sur le sol. Si quelqu'un avait assisté à la scène de l'extérieur, il aurait sans doute cru que j'étais poursuivie par un démon ou un monstre tout droit sorti des enfers. Ma morsure me rappela soudain à l'ordre, me tirant de mes rêveries quelques peu farfelues. La douleur, semblable à celle du jour où ma vie avait basculé, me fit méchamment grimacer. Elle recommençait, me consumant à petit feu.
[ … ]
Le temps continuait de s'écouler. J'attendais inlassablement que la douleur se dissipe, une main plaquée contre ma carotide. J'avais pris une douche, m'étais changée pour ne pas avoir à grelotter trop longtemps et m'étais allongée sur mon lit, évitant de bouger davantage. Quand j'entendis frapper à la porte, j'eus l'impression que ma jugulaire venait d'imploser. Toujours recroquevillée sur moi-même, je dus me relever dans un effort surhumain pour aller ouvrir. La lumière qui pénétra par l'entrebâillement me fit violemment plisser les yeux. Je finis toutefois par distinguer le directeur sur le seuil, souriant paisiblement, comme au premier jour de mon arrivée. D'un naturel chaleureux, sa figure me mit un peu de baume au cœur.
« J'étais certain de te trouver ici, s'exclama-t-il sans préavis, guilleret. Pourrais-tu me suivre dans mon bureau ?
— Bien sûr. »
Chemin faisant, je décidai de rompre un silence de mort, qui aurait pu perdurer jusqu'aux appartements du principal Cross.
« Je suppose que Zero vous a relaté les événements de tout à l'heure ?
— Oui, c'est la première chose qu'il m'a confié en venant faire son rapport. Je suis désolé que tu ais eu à l'apprendre aussi vite et dans de telles conditions.
— Vous n'y êtes pour rien.
— Ne soit pas trop dure envers Zero » me souffla le directeur.
Arrivés à destination, il m'introduisit dans son bureau avant de s'engouffrer lui-même à l'intérieur. Il prit rapidement place sur son siège et m'avisa.
« Hikari, maintenant que tu sais pour Zero, puis-je te demander de le surveiller et surtout… de prendre soin de lui ? Tenta Kaien Cross.
— Oui, acquiesçai-je après un temps de réflexion. Et si jamais on venait à l'apprendre au sein la Day-Class, ce serait un véritable drame.
— Puisque tu parles de la Day-Class, les élèves commencent à arriver. Les premiers nous sont parvenus cette après-midi même.
— C'est d'ailleurs pour cela que vous aviez besoin de nous, n'est-ce pas ? M'enquis-je, d'une toute petite voix, dépitée par avance.
— Rassure-toi, Zero s'en est chargé.
— Je suis désolée. J'ai failli à ma tâche de gardienne.
— Tu n'as pas à t'excuser voyons. J'avais besoin de tes services pour un tout autre travail. »
Trois coups retentirent à la porte, coupant le directeur dans ses propos. Pile au bon moment. Kaien scruta sa montre, soupira et ordonna à l'individu d'entrer. Un jeune homme -qui devait tout juste avoir mon âge- s'introduisit dans la pièce. Ce garçon s'avança de quelques pas et nous salua brièvement d'un signe de tête. Ses cheveux courts, coiffés en bataille, me renvoyaient de sublimes reflets auburn. Quelques mèches lui retombaient également devant les yeux, couleurs noisette, quoique légèrement plus sombres. Pratiquement aussi grand que Zero, il portait déjà l'uniforme noir à l'effigie de l'académie.
« Hikari, je te présente le troisième chargé de discipline, Haru Nogami.
— Le troisième chargé de discipline ? Comment se fait-il que…
— Je suis désolé de ne pas vous avoir prévenus en temps et en heure, Zero et toi, mais je n'étais pas sûr qu'il vous assiste cette année. »
En lançant un bref coup d'œil au dit Haru, je remarquai que ce dernier me dévisageait. Il n'insista pas davantage face à mon regard noir, décidant de recentrer son attention sur le principal. Mais rapidement, ses yeux ricochèrent de nouveau sur ma personne, détail qui ne manqua pas de m'échapper. Ce manège dura, le temps que le directeur Cross –que je n'écoutais plus que d'une oreille peu attentive- introduise le nouveau gardien. Il restait d'ailleurs de la paperasse à remplir et signer, que le principal avait oublié et qu'il s'empressa d'aller chercher. Alors seulement Haru se manifesta, avançant dans ma direction d'un pas leste et déterminé. Mes cheveux ébènes devaient l'obnubiler pour que ses doigts s'immiscent si tendrement à leur surface. Le bref sentiment de malaise qui m'avait envahie laissa place à de la confusion, lorsque sa main s'attarda un peu plus longuement contre ma joue.
« Alors c'est toi, Hikari Kojima ?
— En chair et en os, répondis-je, sur le qui-vive.
— Si je puis me permettre, tu es aussi belle que ta mère. Et malgré le fait que tu ais été adoptée, tu as quelques traits d'Okito.
— Je te trouve bien renseigné.
— Mes ascendants ont maintes fois travaillé avec les tiens. Il m'est même arrivé de les rencontrer. En revanche, il me semble que nous ne nous sommes jamais croisés auparavant. Tes parents parlaient assez peu de toi. Et à ce juste titre, toutes mes condoléances. »
Jamais son sourire ne s'évanouissait ? J'aurais pu le frapper pour oser parler ainsi de mes parents aussi impunément et librement. Une colère sourde grondait en mon for intérieur. Colère qui s'accrut, lorsque je ressentis la main d'Haru se glisser contre ma « blessure ». Il l'effleura du bout des doigts, qui se firent plus vifs au fil des secondes. Ses yeux me fixaient avec la même intensité qu'auparavant, ce qui me valut plusieurs frissons en prime.
« Quelle vilaine blessure, ironisa-t-il. C'est donc à ça que ressemble une morsure de vampire. »
Je me débarrassai vivement de ses sales pattes, et cachai cette affreuse plaie de ma paume de main. À présent, nous nous dévisagions mutuellement lui conservait son sempiternel sourire et une assurance non feinte. Quant à moi, les sourcils arqués au maximum, je ne digérais toujours pas les manières de ce nouveau chargé de discipline. À peine arrivé, je l'avais déjà dans le collimateur. Or, mon instinct me hurlait de me méfier de ce type. J'avais un mauvais pressentiment.
Un grincement, et un prompt regard vers la porte me signalèrent que le directeur était –enfin- de retour. Mais je ne décolérais pas, figée dans la même posture. Haru lui, s'était reculé de quelques minuscules pas, sans doute pour se redonner une contenance. Kaien, qui avait repris place sur son siège, compris très vite comment la situation avait évolué, et dégénéré, entre les deux adolescents. Gêné, il se racla la gorge.
« Bien, trêves de plaisanterie. Hikari, je voudrais que tu fasses visiter l'établissement à Haru dans les plus brefs délais. Comme tu le sais, la Day-Class est déjà arrivée et à l'heure qu'il est, Zero doit se charger de membres de la Night-Class.
— De la Night-Class ? Repris-je. Ces élèves ne devaient-ils pas arriver demain ?
— Ce soir, il n'y a qu'une petite troupe qui souhaitait prendre de l'avance. Mais là n'est pas le problème. En tant que gardien, vous vous devez de connaître le moindre recoin de l'académie. C'est pourquoi je veux que tu fasses visiter les environs à Haru. Zero t'avait-il bien tout expliqué le jour de ton arrivée ?
— Oui, il m'avait tout présenté, jusqu'aux moindres recoins de l'établissement.
—Parfait. Alors, calque l'excursion de Zero et apprends à Haru ce dont il aura besoin de savoir en tant que chargé de discipline. »
C'est la mort dans l'âme que je m'exécutai. Nos regards se croisèrent de nouveau. Cette visite allait être express. La perspective de savoir le nouveau chargé de discipline perdu aux tréfonds des bois me réjouissait. Je quittai les appartements du directeur, suivie de près par ce dernier, qui souriait toujours candidement.
Merci d'avoir lu !
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