J'ai eu plusieurs retours depuis deux jours et je constate que la fiction surprend. Elle est effectivement très particulière dans le sens où elle peut être très crue. Je vous assure qu'en anglais, ça passe toujours mieux ^^'. Mais l'auteur a bien spécifié que le rating le valait et que la fic était catégorisée dans la romance et dans l'horreur. Donc bon … c'est pas pour rien. D'autant plus qu'on parle de Fenrir Greyback, pas un enfant de cœur quoi. Leur relation va évidemment évoluer et c'est ça qui m'a plu dans cette histoire. Je remercie les reviewer, ça fait très plaisir de voir qu'il y a d'autres adeptes du Fenrir/Hermione !

La première fois qu'Hermione le vit muter, elle observait avec une fascination similaire au jour où elle fut témoin d'une démonstration de magie Dumbledore faisant léviter une saucière dans la maison de ses parents. A nouveau elle sentait l'émerveillement, les yeux écarquillés, et ressentait une incrédulité accompagnée par la houle d'un chœur de voix douce-amères lui chuchotant que le monde était aujourd'hui et à jamais changé.

La lune formait une orbe telle que celle de troisième année en classe de Défense contre les Forces du Mal. Cela lui provoquait un frissonnement de peur et d'anticipation qui courait le long de son échine tel une marrée de fourmis. Le corps de l'homme, déjà poilu et fourni même quand il était humain, grandissait doucement, une fourrure brillante recouvrant chaque partie de sa peau tannée. Sa mâchoire s'allongea, se modifiant alors que les os craquaient et grinçaient. Ses terribles dents aux canines particulièrement acérées poussaient en longueur.

« L'horreur », murmura-t-elle.

Son nouveau corps se tint sur ses postérieurs et il jeta ses bras en arrière alors que son museau se levait. Il hurla. Le son n'était rien d'autre qu'un cri de jubilation, un cri d'une fureur furieuse et merveilleuse et pour Hermione, un cri de domination.

C'était encore la peur qui lui provoqua la chair de poule alors qu'il s'approchait d'elle. Elle se tassa contre le bois d'un arbre. Elle redoutait la souffrance et le son des hurlements qu'elle pousserait quand ils blesseraient ses oreilles. Oh, combien elle détestait le bruit de la douleur. Cela sonnait toujours comme du désespoir. Pourtant, le sentiment sous-jacent qui courrait sauvagement sous sa peur, était du soulagement. S'il la tuait, elle serait enfin libérée de lui.

La morsure finale ne vint jamais, cependant. Il courba la tête vers elle. Ses narines flairaient alors qu'elles captaient son odeur. Sa bouche s'ouvrit tandis que la salive, cette mixture maladive, coulait sur sa langue, ses dents, ses lèvres.

Il la mordit. Il mordit ses lèvres. Il mordit ses seins. Il mordit le nœud entre ses jambes. Doucement, si doucement, il mordit la chair gémissante de son cou et aspira le sang. Il embrassa la peau détruite sous ses puissantes pattes et la lia à lui en une cérémonie primaire avec sa meute, des bêtes aux yeux noirs, qui hurlaient des félicitations.

« L'horreur », sa voix finit la chanson alors que ses yeux s'éteignaient.


« Qu'est-ce que ça fait ? »

Elle était allongée aux pieds de l'homme, arrachant paresseusement les pétales d'une rose alors que le loup garou reposait ses os contre le tronc d'un arbre et la regardait à travers ses paupières fatiguées. Il émit un son venu du fond de sa gorge, léger avertissement, avant de changer d'avis et de satisfaire son besoin de parler.

Il lui demanda de clarifier brièvement.

« La première fois ». Elle tourna son visage vers lui, la rose encore entre ses mains, alors que ses cheveux, un fouillis de saleté et de salive séchée, s'étalaient sur le sol. « Quand on se transforme. »

Il resta silencieux pendant un moment. Elle se détourna pour enlever un pétale.

Il m'aime.

« C'était terrifiant. » dit-il d'une voix égale, respectueusement, en un murmure de crainte. « Mais après la terreur vient quelque chose de tellement bon que … que je peux comprendre pourquoi les gens se battent comme ils le font contre mon Maître. »

Il ne m'aime pas.

« Qu'est-ce que c'était? »

Il m'aime.

« La liberté, petite. Tu en feras l'expérience bientôt. Puis tu comprendras. » Ses yeux noires se promenèrent sur son corps avec envie à la vue de sa maturité forcée. « C'est quelque chose qui se passe de moralité. Il s'agit de l'essence même de toute chose. » En voyant son front plissé, il déplaça son poids et essaya de penser comme elle pour lui faire comprendre son point de vue.

Mais oh, combien c'était facile pour elle de le comprendre quand elle le voyait, le chant de gloire devant l'orbe nocturne, les grognements et les cris, l'air contre son corps couvert de la fourrure noire.

Bientôt, il se rappela.

Il ne m'aime pas.

« Tes semblables, » commença-t-il doucement, « ils combattent parce qu'ils croient que mon Maître leurs prendra leur liberté … »

« … il le fera, » s'exclama la fille qui, d'un regard glacial vers lui, se calma et détourna les yeux.

« Et leur capacité à faire des choix. Cependant, » il se déplaça encore, grattant une plaie dans son dos contre le bois dur, « la liberté que tes semblables cherchent désespérément est un concept qu'ils n'obtiendront jamais. »

Hermione comprit, puis, fut atterrée. « Ce dont vous parlez s'appelle l'anarchie. »

Il m'aime.

« Quand tu te transformeras, petite, tu comprendras. C'est au delà des mots comme l'anarchie, au delà de ta logique, de ta culture, de ton histoire. C'est un choix entre le noir et le blanc, le bien et le mal et toutes les déclinaisons de gris. Et sachant cela, tu es capable d'emprunter tous les chemins sans aucune restriction. Tes semblables ne comprendront jamais cela. Même s'ils gagnent, ils resteront emprisonnés par leurs lois, par leurs propres préjugés contre mon espèce, notre espèce, » déclara-t-il sans remarquer son tressaillement. « Ils seront emprisonnés par leur Ministère adoré et par les déclarations rédigées par des sorciers qui avaient probablement bu quand ils avaient écrit la moitié d'entre elles. Ils seront emprisonnés par leur propre culpabilité. Ils seront emprisonnés par quiconque leur dira d'arrêter. »

« Eleutheria, » elle murmura le mot en grec si doucement qu'il l'entendit à peine, malgré son ouïe fine.

« Quand tu te transformes, tu prends une vie parce que tu es plus forte que cette vie. Tu épargneras une vie parce que tu es généreuse. Chaque choix aura les mêmes conséquences aucune. »

Il ne m'aime pas.

La fleur, dénuée de pétales, désormais hideuse, fut jetée par terre.

« Votre espère, » elle insista sur le mot pour que le fait qu'elle ne se sentait pas impliqué reste clair, « tue les miens et ma famille, et beaucoup de personnes qui me sont chères pour la simple raison qu'ils proviennent d'une mauvaise ascendance, chose que personne ne peut choisir. »

Il gronda tout bas et l'attrapa entre ses bras. Elle se soumit suffisamment pour poser sa tête contre la poitrine montante du loup garou. La peau d'Hermione, glacée par la sol, se réchauffa contre la sienne.

« Mieux vaut que certains soient vraiment libres que d'avoir un monde entièrement asservi, » dit-il calmement.

Elle n'était pas d'accord mais, malgré le fait qu'une partie d'elle, restée jeune, voulait insister sur ce point, la version plus âgée, fatiguée, lasse et consciente de l'inutilité de l'entreprise, laissa les convictions de l'homme inchangées.


La nuit même, sous la lumière de la pleine lune, la bête sombre appelée Fenrir Greyback courrait à travers la forêt enchantée. Sa proie, un jeune daim, cavalait sous la panique pure et était parvenue à garder une certaine distance. Fenrir imaginait que son dîner était perdu pendant une brève seconde avant qu'une autre silhouette, brillante et brune, se jette de derrière une rangée d'arbres sur la proie. Leurs yeux se rencontrèrent et étincelèrent devant la jeune bête, pattes appuyées contre le corps de la créature, ensanglantée, les dents étincelantes pressées contre la jugulaire et la louve déchira la veine en un abandon sauvage.

Cette nuit, fière et grande, Hermione Jean Granger rapporta pour la meute sa première proie. Alors que de nombreuses dents s'enfonçaient dans la chair, les yeux sombres de l'Alpha l'observaient attentivement avec une expression de plaisir.

Le cœur de la louve, battant au delà de toute limite, exultait.

Le mot Eleutheria prononcé par Hermione signifie en grec Liberté.

Bon, j'espère ne pas avoir traumatiser certains lecteurs ^^'. Vous commencez à entrevoir l'évolution de leur relation ou vous bloquez encore sur le côté glauque de la fic ?