Chapitre 2. Nouvelle vie.

Charlie et moi étions en route vers la maison. La maison… Il était étrange d'appeler ainsi un lieu dont je ne me souvenais pas. Un lieu que j'étais censée connaître depuis ma plus tendre enfance. Cette réflexion me fit penser à la façon dont j'avais atterri à l'hôpital. C'était une femme qui avait alerté les secours. Elle m'avait trouvé, disait-elle, inconsciente sur la route qui bordait le bois près de la maison, scénario plausible, étant donné que j'avais laissé un mot à Charlie expliquant que j'allais faire une promenade dans ce bois. J'avais donc appris, peu après mon réveil que j'avais un très mauvais sens de l'orientation. Le crissement des pneus sur l'asphalte me ramena à la réalité.

La voiture de patrouille s'arrêta devant une maisonnette de trois pièces, devant laquelle se trouvait une camionnette rouge, dont je tombais immédiatement sous le charme. Je sortis de la voiture et me dirigeai vers le porche, avant de franchir la porte que mon père avait ouverte. J'examinai la minuscule cuisine aux murs palissés de bois sombre, aux placards jaune vif et au sol couvert de lino blanc, les trois chaises dépareillées qui entouraient une ancienne table carrée.

A l'étage, je trouvai ce que je devinai être ma chambre. Une pièce aux murs bleu clair, avec un plafond incliné, des rideaux de dentelle à la fenêtre, sous laquelle se trouvait un rocking-chair non loin duquel était le lit, et, à son opposé, le bureau. Je me dirigeai vers l'étagère remplie de livres et lisais les titres, mais aucun ne me disait rien. Jane Eyre, Bobby Pendragon, Artemis Fowl, Les hauts de Hurlevents, Roméo et Juliette…

Soudain, une douleur d'une extrême violence me saisit la poitrine, me coupant le souffle. Chancelante, je me laissai glisser le long du mur. L'impression qu'une plaie béante me barrait la poitrine me saisit, sans que je sache pourquoi… Dans un geste protecteur, je ramenai mes jambes contre ma poitrine et les enroulai de mes bras…

Je ne sais combien de temps je restai ainsi, me balançant d'avant en arrière, mais lorsque je me relevai, il faisait presque nuit… Le crépuscule…

Entendant mon ventre gargouiller, je réalisai que j'avais faim. Ecoutant mon estomac, je me dirigeais vers la cuisine, où je découvrais Charlie en train de s'affairer au dessus d'une casserole. Je lui proposai mon aide, bien que je fusse incapable de l'aider en quoi que ce soit. Il déclina gentiment, mais je décidai de dresser la table. Même si j'eus du mal à trouver les fourchettes, (forks en anglais…^^) je m'en sortis…

Mon père servit les pâtes et j'entamais mon repas lorsque je pensais à quelque chose :

-Papa ?

-Oui, Bella ?

-Je me demandais… Comment étais-je, avant ?

-Bella, il faut que tu saches que tu as toujours été quelqu'un de bien. Tu as toujours été, et resteras quelqu'un de responsable, d'entier, de foncièrement gentil…Même si tu es d'une incorrigible maladresse… termina-t-il, un sourire aux lèvres.

Rassurée, je repensai à Mike, Angela et Jessica, qui étaient venus me voir à l'hôpital. Angela m'avait paru aussi douce et bienveillante que Jessica bruyante et exubérante. Pour Mike, c'était différent. Il était gentil mais, pour je ne sais quelle raison, j'avais une impression étrange à son encontre. Je n'aurais su dire pourquoi, mais aussi adorable qu'il soit, j'avais le sentiment que je ne devais pas me rapprocher trop de lui.

Un autre détail me semblait étrange : lorsque j'avais interrogées Angela et Jessica sur un éventuel petit ami, elles m'avaient semblé gênées et hésitantes, m'assurant que, bien que j'ai du succès -ce à quoi je ne croyais guère-, je n'étais sortie avec personne à Forks. Pourtant, j'avais le sentiment que quelque chose manquait dans ma vie –en dehors de mes souvenirs. Je me rappelai le vide que j'avais ressenti quelques minutes plus tôt, dans ma chambre. Je décidai alors d'interroger ma mère la prochaine fois que je lui parlerai.

Fatiguée et repue, je montai dans ma chambre tandis que Charlie s'affalait dans le sofa devant un match… Cherchant un pyjama, je me dirigeai vers mon placard et faisais coulisser la porte quand un de mes jeans tomba. Je me penchais pour le ramasser, quand je remarquai qu'une des poches formait une boule. Je plongeais ma main à l'intérieur pour l'arranger et sentis un petite boule de papier que je dépliais pour la lire. Une série de chiffre y était calligraphiée avec soin, ainsi qu'un nom : EDWARD CULLEN…

J'essaie de poster la suite avant dimanche, en espérant que je ne vais pas me tromper, cette fois…XD