Chapitre 3 : Et la lumière fut…

Ses yeux le brulaient, ses paupières étaient lourdes, très lourdes comme si il ne les avait pas soulevées depuis une éternité. Il percevait de faibles murmures mais se demandait qui cela pouvait bien être. La bataille était-elle finie ! Avait-il réussi à la rejoindre ? Et comment s'était-il retrouvé au terrier car oui c'était bien le terrier où il avait atterri après cet étrange phénomène dans la salle sur demande. Seulement la femme et les enfants qui y habitaient même s'ils avaient un air vaguement familier au jeune garçon n'étaient pas les Weasley ou en tout cas pas ceux qu'il connaissait.

Après cinq minutes d'essais, il réussit à ouvrir ses deux yeux mais fut rapidement ébloui par la blancheur des lieux, il connaissait tellement cette blancheur, même surement trop ! C'était l'infirmerie de Poudlard, il la reconnaitrait entre mille ! Mais dans ce cas que s'était-il passé ? Ah oui il avait fui de chez cette jeune femme et avait transplané à Pré au Lard pour retourner dans la bataille qui avait lieu à Poudlard. Pour passer inaperçu il s'était transformé et était entré dans le château par la confiserie Honeyduckes… Et là quelle avait été sa surprise en voyant le calme du château ! Ou étaient les mangemorts, la bataille était-elle fini ? Qui avait gagné ? Cela ne pouvait-être que Voldemort car il était le seul à pouvoir le vaincre, or il ne l'avait pas fait… mais dans ce cas pourquoi était-il à l'infirmerie ou donc étaient les autres ! Ololah il sentait une migraine énorme pointé le bout de son nez !

C'est alors qu'une femme apparu devant son lit, et un grand sourire s'étala sur son visage quand elle vu que son patient était réveillé.

-« Ah vous voilà de retour parmi nous monsieur ! Comment-allez-vous ? » Mais Harry Potter était trop abasourdi pour répondre, devant lui se tenait Mme Pomfresh, jusque-là pas de problème ! Mais quelque chose le dérangeait, elle paraissait étrangement…jeune. Oui c'était cela jeune !

-Mme…Mme Pomfresh ?

La femme le regarda étonné : Vous me connaissez ?

-« Mais bien sûr, enfin ! Je suis… » Mais il se stoppa net, se rappelant qu'il avait modifié son apparence, le sort devait toujours faire effet et c'est pour cela que Pompom ne le reconnaissait pas ! « Je suis enchanté de vous rencontrer, votre réputation d'infirmière est parvenue jusqu'à mes oreilles, rattrapa-t-il avec un sourire forcé, oulalah rattrapage in extremis pas très convaincant !

Il enchaina : « je ne me sens pas trop mal, quelque peu endoloris mais bien reposé. Comment suis-je arrivé ici ? » demanda-t-il, inquiet de la réponse.

L'infirmière le regarde suspicieuse, peu convaincu par son excuse : « Un élève, Mr Rogue vous a apporté à l'infirmerie, vous étiez évanoui »

Harry se redressa horrifié : « Rogue !? »

Pomfresh étonnée de sa réaction hocha la tête

Et alors il se rappela comment il s'était retrouvé dans le couloir et s'était évanoui voyant face à lui son ancien professeur de potion, traitre qui avait tué Dumbledore, et dernièrement le pire directeur que Poudlard n'ai jamais connu… Mais ce qui l'avait fait s'évanouir n'était pas cela, non il n'était pas du genre à s'évanouir devant un ennemi mais l'homme qui se tenait devant lui, ce Rogue-là, n'avait pas plus de 17 ans !

C'est alors que Harry regardant de nouveau Pompom comprit tout à coup, le terrier, la jeune femme familière et son fils Charlie, le château calme, trop calme, Rogue jeune, Pomfresh jeune, l'absence de couvre-feu à Pré au lard…. ET si, et si…

-« Mme Pomfresh, quel jour sommes-nous exactement, demanda Harry d'une voix lente et chargée d'angoisse

-« le 15 septembre 1978 monsieur.

Harry la regarda, estomaqué, son cerveau refusant d'intégrer cette réalité et tout ce que cela engendrait

-Eh oui monsieur, dit l'infirmière voyant la réaction du jeune homme, vous avez dormi presque 4 jours entiers ! Ce n'est pas étonnant vu vos cicatrices récentes, et votre transplanage jusqu'à l'école a achevé de pomper votre énergie !

Le survivant secoua la tête comme pour se ressaisir, il avait donc remonté le temps ! C'était cela qui s'était passé dans la salle sur demande. Abattu il se laissa retomber sur ses oreillers, mille et une questions lui venant à l'esprit.

L'infirmière comprenant la réaction de son patient quand il avait appris avoir dormi quatre jours de suite était partie et revenait à présent un verre à la main, qu'elle tendit à Harry :

-Cuvez cela, cela va stimulez vos muscles ankylosés, vous pouvez réutiliser de la magie mais ménagez-vous tout de même !

Harry sourit, il reconnaissait bien là Mme Pomfresh, toujours cet air sévère derrière lequel se cachait une infinie bonté et but la potion infecte, comme toujours, qu'elle lui tendait. Il se sentait un peu mieux.

-Bien maintenant si vous le permettez le directeur de collège souhaiterait vous voir, Mr…en fait quel est votre nom ?

-Euh…, Harry réfléchit à toute allure, ne sachant quoi inventé de crédible, il ne pouvait sciemment pas se faire appeler Harry Potter ! « Je suis Harry Granger » c'était le premier nom qui lui était venu à l'esprit et une pensée nostalgique le gagna lorsqu'il pensa à son amie et donc à tous ceux qu'il avait laissé, que leur était-il arrivé ? Mais l'heure n'était pas à ces questions, il allait devoir affronter le directeur ! Il fallait qu'il trouve quoi lui dire et vite !

-« Bien Mr Granger, je vais vous aidez à vous lever et vous accompagner jusqu'au bureau du directeur

-Merci madame. » S'appuyant sur elle Harry tenta de se lever, ses jambes eurent du mal à le supporter, et il vacilla durant quelques secondes encore puis fini par réussir quelques pas. C'est lentement qu'au bras de Mme Pomfresh il s'avança vers la porte de l'infirmerie. En passant devant un lit, il vit que celui-ci était occupé par un jeune homme qui le regardait avec curiosité. Il devait être un élève de 6ème ou 7ème année, les cheveux d'un blond cendré et des yeux mordorés soulignés de cernes bien prononcés. Harry était persuadé de l'avoir déjà vu.

L'élève lui tendit la main et dit : « Salut ! Bonne chance avec le directeur »

Harry, troublé, serra la main tendue de garçon, c'était sur il avait entendu la conversation. Il répondit un timide merci et continua son chemin.

Sorti de l'infirmerie Pomfresh le dirigea vers le bureau directorial. Harry se mit alors à réfléchir, qu'allait-il dire à ce directeur ? Il fallait qu'il trouve une histoire plausible et rapidement. Il cogita de longues minutes réfléchissant sur chaque question qu'on allait surement lui poser et ne s'actait par rendu compte qu'ils se trouvaient déjà devant la gargouille caractéristique du bureau. Pomfresh prononça le mot de passe : « Chocogrenouille »

Une évidence frappa alors Harry, il ne connaissait qu'une personne capable d'utiliser des friandises comme mot de passe pour son bureau. Et cet homme était Albus Dumbledore. Harry resta pétrifié quelque secondes, était-ce une bonne ou une mauvaise chose, il ne savait comment il allait réagir face à son directeur mort depuis presque un an. Mais une chose le dérangeait, Albus Dumbledore était un très grand sorcier, et mentir devant lui ne serait pas chose aisée !

S'armant de courage il grimpa à la suite de l'infirmière. Il n'était pas un griffondor pour rien ! Arrivé en haut de l'escalier en spirale Mme Pomfresh frappa à la porte. Harry tressailli en entendant le « entrez » prononcé par une voix qu'il reconnaitrait entre mille… tant admirée, puis aimée et détestée aussi ! Mme Pomfresh ouvrit la porte mais n'entra pas signifiant ainsi qu'il devrait y aller seul. Harry soupira et entra dans le bureau ovale.

Il leva les yeux et lorsqu'il croisa le regard bleu perçant, des émotions contradictoires le traversèrent : il adorait cette homme face à lui, il l'avait protégé, l'avait aidé, avait été son mentor durant sa sixième année, il avait toujours été là pour répondre à ses questions enfin presque car il avait découvert l'année passée le côté sombre de Dumbledore et le nombre incalculable de choses que celui-ci lui avait cachées, il avait été plus d'une fois en colère contre lui, peut-être à défaut de n'avoir aucune autre personne à blâmer. Cependant en le voyant, ses yeux perçant, pétillant de malice, sa barbe argentée, il ne put empêcher des larmes silencieuses de couler. Ça allait être dur de cacher ses émotions, Qui allait-il encore rencontrer ?

Le directeur avait vu le jeune homme entré dans la pièce et le regardait intrigué, ses yeux le fixaient et un flot d'émotions pouvaient s'y lire, tristesse, joie, amour et… colère et cette colère était contre lui il le sentait. Mais qui était ce jeune homme ? C'est alors que la tristesse reprit le dessus et que des larmes coulèrent sur les joues de l'enfant. Dumbledore ne comprenait pas, cet enfant le connaitrait-il ?

Et pour l'une des premières fois de sa vie, lui, Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore ne sut comment réagir devant la tristesse de cet enfant. Il émanait de lui un amour sans borne mais également une colère et une souffrance retenues depuis bien longtemps. Le jeune homme ne devait pas avoir plus de 17-18 ans, pourtant on sentait qu'il avait vécu beaucoup de choses dans sa courte vie.

Harry se flagellait mentalement, non ! Pourquoi diable n'avait-il pu retenir ses larmes, il voyait à présent le regard scrutateur, songeur et étonné du directeur l'analyser des pieds à la tête.

Harry secoua sa tête et ses cheveux devenu blond, sécha ses yeux bleus et s'approcha enfin du bureau du professeur, il réfléchit à une excuse pour expliquer sa réaction et décida d'être franc.

-« Bonjour professeur, je suis désolé de cette réaction mais vous me rappelez quelqu'un, un de mes professeurs qui nous a quitté il y a de cela un an… dit-il d'une toute petite voix

Dumbledore, les yeux toujours fixé sur lui, sembla être tiré brutalement de ses pensées :

« Oh, toutes mes condoléances dans ce cas, dit le directeur, Je suis le professeur Dumbledore, asseyez-vous je vous prie, voulez-vous un bonbon au citron ?

Harry qui s'était après son moment d'égarement formé un masque d'indifférence impénétrable s'assit et refusa le bonbon d'un geste non sans avoir esquissé un minuscule sourire que seul pouvait voir un œil expert. Le directeur perturbé par le masque froid du jeune homme mais comprenant que celui-ci ne s'attarderait pas sur ses sentiments continua :

-Bien Monsieur j'avoue que j'attendais avec impatience votre rétablissement qui je l'espère est bien réel afin d'avoir quelques… explications

Harry sourit mentalement, Dumbledore et sa curiosité légendaire !

-Et bien, merci, je me sens en pleine forme quoique un peu endoloris par l'immobilité…

-Bien, très bien, accepteriez-vous de répondre à mes questions ?

-Oui bien sûr professeur

Dumbledore aurait peut-être dû s'étonner de la rapidité avec laquelle Harry avait accepté mais il ne le fit pas, toutefois pas à haute voix.

-Quel est votre nom ?

-Je me nomme Harry. Harry Granger monsieur.

-Harry Granger? Granger, cela ne me dit rien, vous êtes né moldu ?

-Non sang mêlé, père moldu et mère sorcière.

-Bien et pouvez me dire pourquoi vous étiez dans un des couloirs de cette école ?

Harry le regarda dans les yeux : « c'est simple monsieur, je venais vous voir afin de vous demander si il était possible d'étudier dans votre école. »

« Etudier à Poudlard ?, dit le directeur surprit, mais pourquoi ? D'où venez-vous ?

-Je suis américain et j'ai étudié à l'école Salem depuis mes onze ans

-Et pourquoi êtes-vous venu en Angleterre ? demanda le directeur peu convaincu, Salem est pourtant une école réputée ?

-C'est vrai professeur, mais voyez-vous, la seule famille qui me restait est décédée cette été, mon parrain Sirius …Sirius Grant, dit-il une lueur de tristesse passant dans ses yeux

-Je suis désolé… dit le directeur d'une voix sincère, mais cela n'explique pas votre venue en Angleterre

-Et bien, pour être honnête, j'avais besoin de changer d'air, de me rendre utile, et ayant entendu parler du climat actuel de l'Angleterre j'ai voulu venir afin d'aider. De plus Poudlard est une excellente école. »

Harry avait dit cela d'une voix assuré mais il ne savait comment Dumbledore régirait, il ne connaissait pas la situation par rapport à Voldemort en 1978, mais il savait qu'il était déjà présent. Comble de l'ironie il avait dit vouloir se rendre utile ! Lui l'élu comme on l'appelait chez lui, voulait se rendre utile dans la guerre contre Voldemort alors qu'il était déjà l'un des plus impliqués! Si Ron et Hermione entendaient cela, ils riraient à gorges déployées !

Mais Harry ne montra aucun de ses doutes et soutint le regard du vieil homme qui exprimait méfiance mais également quelque chose qu'il avait du mal à discerner, serait-ce de l'estime ? Le directeur finit par prendre la parole :

-Vous paraissez bien jeune pour combattre. dit-il seulement

-Oh, c'est surement vrai, mais je veux apprendre, pour défendre le bien, dit-il d'un ton convaincu

-Soit, je trouve vos motivations honorables jeune homme, mais dites –moi votre histoire n'explique en aucun cas l'état dans lequel vous êtes arrivé, vos cicatrices parlent d'elles-mêmes vous avez participé à un combat. Racontez moi la vérité je saurai si vous me mentez

Harry soupira : « c'est vrai professeur dit-il d'une voix lasse, j'ai participé à un combat, lorsque je suis arrivé en Angleterre, en transplanant, je suis tombé sur des mangemorts, qui n'ont pas hésité à m'attaquer, d'où mes cicatrices puis comme j'étais en position de faiblesse j'ai tranplané à Pré au lard que je connais pour l'avoir visité et je suis arrivé ici…saletés de chiens à la botte de Voldemort ! Termina-t-il d'une voix vibrante de colère.

Dumbledore sursauta, le garçon avait dit son nom, un jeune adolescent ! Voyant sa réaction Harry sourit malicieusement : « La peur d'un nom ne fait qu'accentuer la peur de la chose elle-même » murmura-t-il

Le vieil homme le regarda étrangement : « vous avez raison mon garçon, vraiment raison… mais dites-moi quelque choses me tracasse encore, sur votre front vous avez une cicatrice qui semble plus ancienne, elle a une forme étrange… »

-« Oh ! Celle-ci, dit-il la touchant mécaniquement, c'est la trace d'un vieux sort quand j'étais enfant, ce n'est rien, affirma-t-il d'un ton catégorique

-Si vous le dites, répondit Albus, n'insistant pas.

- Je disais donc, dit Harry pour changer de sujet, que j'aimerai intégrer votre école.

-Je pense que cela peut se faire même si cela est rare d'accueillir des nouveaux élèves en cours de scolarité, quelle année êtes-vous né ?

- Le…, Harry fit un rapide calcul, …31 juillet 1959, je devais rentrer en 7ème année

-Mais vous avez déjà 18 ans ! Votre scolarité devrait être terminée, non ?

-Oui, mais en fait j'ai… redoublé, oui on peut dire cela ! J'ai redoublé ma 6ème année

-Vraiment ?, dit le directeur peu convaincu

-Oui vraiment, répondit le jeune homme avec aplomb

Après tout il ne mentait qu'à moitié !

-Bien dit le directeur, vous dormirez encore ce soir dans l'infirmerie et vous serez demain soir réparti dans une des 4 maisons de Poudlard, vous connaissez le principe ?

-Euh oui… une de mes amies passionnée de livre avait en adoration l'histoire de Poudlard et nous en contait les détails assez régulièrement, éluda-t-il, rigolant d'un rire franc et joyeux au souvenir d'Hermione

-Bon je crois que tout est réglé, au revoir Monsieur Granger, je vais envoyer un patronus à notre infirmière pour qu'elle vienne afin de vous raccompagner jusqu'à l'infirmerie, le château est grand et on s'y perd facilement.

-J'adore les bâtisses remplies de mystère, dit Harry, merci pour tout professeur.

Il sortit et Dumbledore resta songeur assis à son bureau, ce garçon était étrange, tout d'abord sa réaction lorsqu'il était entré était vraiment inexplicable, il était rare qu'on assimile Albus à une de ses connaissances, il était unique en son genre et personne ne lui ressemblait si ce n'est son frère Alberforth. De plus il avait dit le nom de Voldemort sans hésiter, et voulait combattre alors qu'il était à peine majeur ! Son histoire de redoublement semblait également faux… et s'il avait perdu son parrain cet été il devait bien avoir des parents non ?il avait dit ne plus avoir de famille pourtant… C'était étrange. Pourtant ce garçon inspirait confiance il émanait de lui beaucoup d'amour de d'honnêteté malgré cette colère enfouie. Il avait l'air en colère contre lui… et cette cicatrice, quoiqu'en dise le garçon avait l'air tout de même spéciale ! Oui Albus Dumbledore avait une énigme à résoudre, il découvrirait tout ce qu'il fallait sur Harry Granger, foi de Dumby !