Disclaimer : Aucun personnage ne m'appartient, propriété de Sir Arthur Conan Doyle.
Titre du chapitre : Une malencontreuse colocation
"Il doit y avoir une erreur..."
John se tenait devant le directeur, l'air stupéfait. Ce dernier s'était levé et le fixait sévèrement.
"Non, monsieur Watson. Vos résultats sont déplorables. Vous avez choisi cette école à cause de ses options scientifiques, n'est-ce pas? Pourtant, vous ne manifestez aucun intérêt et aucune implication quant aux dites matières. Votre mère nous avait expressément demandé à ce que vous soyez seul dans votre chambre de pensionnat afin que vous puissiez vous concentrer au mieux mais vos notes disent long de cette tactique. C'est pourquoi vous partagerez désormais votre espace avec un autre élève.
-Mais je n'ai rien contre ça, s'emporta John, seulement pas avec lui!
-Sherlock Holmes est un étudiant brillant, j'irais jusqu'à dire un génie, il sera d'une grande aide.
-Vous ne comprenez pas décidément, dit le plus jeune en serrant les poings, il...On n'a pas vraiment d'affinité! D'ailleurs, c'est à peine si on se connait!
-Cela se travaille. Maintenant sortez!"
Le directeur se rassit à son bureau en dardant John de son regard perçant. Le jeune homme sortit en ayant l'impression de porter le fardeau du monde. De son côté, le directeur jubilait. Le jeune Holmes était venu le quérir afin de partager la chambre de Watson pour ainsi l'aider dans les matières qui ne lui réussissait pas. C'était bien pensé, et en plus, le directeur allait pouvoir changer la plaque de la chambre de John. Oh, cela sera du plus bel effet, pensa le directeur, une plaque où les deux noms John Watson et Sherlock Holmes seront réunis.
John déambula dans les couloirs en attendant que la pause se termine. Il pensait qu'une fois le dîner de la dernière fois terminé, il n'aurait plus à rester en présence du grand brun. Ce n'est pas qu'il l'indisposait...Enfin, soyons honnête, si, il l'indisposait parce qu'il s'appelait Sherlock Holmes et que c'était vraiment un petit péteux...
"Bonjour John.
-Salut Molly, tu vas bien? Tu as passé un bon week-end?
-Euh, oui. Toi en revanche, tu as l'air lessivé. Que s'est-il passé?
-Sherlock Holmes, voilà ce qu'il s'est passé, répondit le jeune homme en bougeant sa main comme s'il chassait une mouche.
-Ah, oui, le nouveau, sourit Molly, il a beaucoup d'allure.
-...Si tu veux, marmonna John.
-Je veux dire...enfin...ce n'est pas qu'il me plait, hein? bredouilla Molly, ses joues se teintant peu à peu en rouge.
-Oui, d'accord, tu penses ce que tu veux!
-Euh...Donc, qu'est-ce qu'il t'as fait?
-Ah, ça. On va partager la même chambre au pensionnat.
-Oh.
-Je pense que tu ne saisis pas l'ampleur du problème. Les blagues vont de nouveau fuser.
-Tu sais, il suffit de ne pas faire attention. Et puis, tu souris quand c'est Mike qui les fait, souligna Molly.
-Oui, mais c'est Mike. Tu as déjà lu un Sherlock Holmes?
-Bien sûr, qui ne l'as jamais fait?
-Eh bien, tu n'as jamais trouvé leur relation...très complices?
-Évidemment!...Ah.
-Comme tu dis.
-Mais de toute façon, John, tu n'as pas à t'inquiéter, tout le monde sait que tu n'es pas...homosexuel, si c'est ça qui te fait peur, le rassura Molly.
-Oui, c'est vrai après tout, haha", se força John.
Néanmoins, il n'était pas tranquille. Il n'était qu'un simple étudiant et il était sensible aux remarques qu'on pourrait lui lancer. Et il ne pensait pas pouvoir surmonter le fait qu'on puisse le prendre pour un couple avec Sherlock Holmes. John expira profondément et rentra dans la salle de cours avec Molly.
"John! appela Mike en chuchotant.
Le blond et Molly s'assirent à côté de lui.
-Salut Mike.
-Salut Molly. John, je suis tellement désolé.
-Pourquoi?
-Eh bien, je me sens un peu mal à cause de toutes les blagues que j'ai pu te faire en clamant, à qui voulait bien entendre, que Sherlock serait toujours là pour toi.
-Tu ne pouvais pas savoir. Personne ne pouvait savoir une chose pareille...Pff, j'ai juste pas de chance, voilà tout", acheva John en sortant son classeur de français.
Mike et Molly se regardèrent mais ne dirent plus rien. John n'avait pas l'air d'humeur à en parler.
A la fin du cours, le blond les quitta en leur déclarant qu'il avait des choses à faire. Il marcha le long des couloirs et tourna l'angle pour se retrouvez nez à nez avec Sherlock. Ce dernier se para d'un sourire quand il vit le jeune homme.
"Ah, John, bien. J'ai justement besoin de toi, annonça Sherlock.
-Ah...ah bon?
-J'imagine que tu dois déjà être au courant que nous allons désormais partager ta chambre. Le problème est que je n'arrive pas du tout à la trouver. Alors, je te suis."
Il ne lui avait même pas demandé son avis. Cela conforta John dans l'idée que le brun était sans-gêne. Cependant, il décida quand même de lui montrer le chemin. Qu'est-ce que ça lui coutait?
Ils traversèrent le bâtiment principal et s'engouffrèrent dans l'annexe un peu plus loin. Ils montèrent deux escaliers avant d'arriver à la porte 221. Quelqu'un avait trouvé ça drôle de rajouter un "B" après le nombre.
"Voilà, on y est. Le lit de droite est à moi et essaye de ne pas trop déranger mes affaires."
Sherlock agita distraitement la main puis ouvrit la porte. John le laissa prendre ses marques et se retira. En chemin, il croisa Greg, le dos voûté, les yeux à demi-ouverts et les bras ballants. Ça sentait la mauvaise note par ici.
"Greg! Ça va, mon vieux? demanda John en le rejoignant.
Le jeune homme leva légèrement la tête, sourit en le saluant vaguement.
-John, Madame Stellenfrail veut me donner des cours particuliers, répondit faiblement Greg.
John ne saurait décrire les émotions qui passèrent en lui à cet instant, mais s'il le devait, il dirait que c'était un mélange entre l'horreur et le fou rire. Le pauvre Greg avait l'air si diminué qu'il ne put s'empêcher de trouver ça drôle tout en étant désolé pour lui. Madame Stellenfrail n'était pas réputée pour son extrême gentillesse et sa méthode douce. On l'aurait remplacé par un taureau que personne n'aurait vu de différences. Et Greg. Greg qui était comme John, qui ne comprenait rien à la physique, à la chimie et aux maths. Greg qui allait bientôt souffrir comme jamais.
John lui tapota dans le dos.
"Tu sais, moi aussi on m'a ordonné de prendre des cours particuliers. Avec Sherlock Holmes. Tu imagines?
-Au moins, ce n'est pas Madame Stellenfrail.
-C'est vrai mais Stellenfrail est un professeur. Sherlock, lui, est un élève. Il va sûrement prendre des airs supérieurs et me descendre.
-Oui, mais ce n'est pas Madame Stellenfrail, répéta Greg, les yeux larmoyants.
-Certes."
John voyait bien que quoi qu'il dise, Greg broiera du noir. Il décida de le laisser seul car il sentait de plus en plus le rire monter en lui. Greg semblait si dépité en ce moment qu'il ne pouvait que trouver ça drôle. Et puis, un ami était fait pour ça aussi : rire du malheur d'un autre. Bon, pas tout à fait mais à chaque fois que lui était dans le caca, tous ses amis rigolaient.
Au bout de plusieurs heures, le moment que redoutait John finit par arriver. L'école se terminait et à l'inverse de la plupart des élèves, il dû rejoindre sa chambre dans l'annexe. Chambre qu'il partageait.
J'espère qu'il ne ronfle pas, songea John en ouvrant la porte 221 où il remarqua que le directeur avait déjà changé la plaque annonçant le nom des élèves et en plus, il avait fait graver le "B" qu'un type avait tagué après le numéro de la chambre. Très marrant, monsieur le directeur, très marrant...
Il entra et eut un choc. Qu'est-ce que c'était que ce fouillis? Une tornade était passée ou quoi? Il était impossible que sa chambre ait pu changer à ce point rien qu'avec l'arrivée d'un nouveau occupant. C'est quoi ce crâne? Pourquoi il y a un crâne sur une étagère? Qu'est-ce qu'un étudiant fait avec un crâne? A quoi peut bien servir ce crâne? C'est le crâne de qui? Comment as-t-il pu récupérer ce crâne? Est-ce que ce crâne va vraiment rester là? Et pourquoi avait-il l'impression que ce crâne avait déjà trouvé sa place définitive? Pourquoi ce crâne devait-il être aussi voyant?
"Sherlock, ce crâne...
-C'est un ami."
Mais c'est pas possible, génie ou pas, quelque chose ne tournait pas rond dans la tête du brun! Et puis, ne lui avait-il pas dit de ne pas trop déranger ses affaires? Il ne reconnaissait même plus son lit, envahi par des dizaines de bidules.
Il lâcha un soupir exaspéré et se massa les tempes. Il ne voyait vraiment pas en quoi la présence du brun allait l'aider à s'améliorer. De ce qu'il voyait, il pensait surtout qu'il ne pourrait plus jamais se concentrer ne serait-ce que sur un problème minime.
"Tu n'as pas à avoir un espace dégagé pour travailler alors ne te plains pas, rétorqua Sherlock avant même que John ne prononce un mot, il te suffit simplement de comprendre la base et ça, ça se passe dans ton cerveau. Peu importe ton environnement.
-Tu as peut-être raison sur ce point-là-
-J'ai assurément raison.
-Mais j'ai besoin de dormir aussi, continua John sans faire attention à l'interruption.
-Tu n'as qu'à t'allonger par terre.
-Mais tu as des trucs par terre aussi! Et puis, je préfère dormir sur un lit! Je suis déjà courbaturé quand je reviens de l'entrainement de rugby alors j'ai pas besoin d'en avoir plus!"
-De toute façon, je ne peux bouger aucunes de ces éprouvettes, celles de ton lit comprises. C'est une expérience en cours.
-Tu t'es pris pour un chimiste de renom? Rah, cette cohabitation va être un calvaire.
-Tu ne mets pas du tien.
-Étrangement, j'ai envie de te frapper.
-Tu n'es pas la première personne à vouloir ça, déclara neutralement Sherlock en prenant une des éprouvettes qu'il examina avec une moue pensive.
-Je me demande bien pourquoi", bougonna John en s'asseyant sur le sol.
Plus tard, Sherlock consentit de mauvaise grâce à déplacer ses expériences du lit du blond. Il en restait quelques unes mais John laissa passer. Comparé à la situation initiale, il était beaucoup plus avantagé. Sherlock éteignit les lumières et regagna son lit, épargné de tout son propre bordel naturellement, et s'endormit.
Cependant, John n'arriva pas à trouver le sommeil. Sa capacité de mouvement était considérablement diminué à cause des bidules rendant sa position pour le moins confortable.
Satané Sherlock, lui, il doit bien dormir! pensa John en fronçant les sourcils.
Mais il n'y avait pas de raison à ce qu'il n'y ait que lui qui ne puisse pas atteindre le pays des rêves.
A pas de loup, John se déplaça vers le lit situé à l'opposé du sien en tentant de ne marcher sur aucun objet trainant par terre. Il faillit hurler quand un morceau rentra dans sa plante de pieds. Il n'avait pas éprouvé de douleur pareille depuis que Harriet avait éparpillé tous ses legos.
Il approcha à tâtons de son camarade et toucha le matelas pour s'assurer que le lit était bien à proximité. Il se glissa sous la couverture avec un sourire satisfait. Il était un peu serré mais au moins, il était dans une bonne position. Secrètement, il espérait que cela dérange Sherlock et que ce dernier fasse des cauchemars en passant.
Le lendemain matin, lorsque John ouvrit les yeux, il remarqua que Sherlock n'était plus présent et à sa grande joie, il vit que tout le bazar sur son lit avait disparu. Bien, le message était passé.
Le jeune homme s'étira et alla dans la salle de bain commune.
Une fois bien réveillé et lavé, il alla chercher de quoi manger au réfectoire et se sentit fin prêt à attaquer cette nouvelle journée. Il jeta un coup d'œil à son emploi du temps. Pas de matières scientifiques ce mardi. La journée commençait drôlement bien.
Irène n'était pas venue lui reparler depuis la fois où il avait dû décommander leur rendez-vous. En même temps, avec les examens qui approchaient, elle devait être tendue. En tout cas, lui l'était. Greg aussi.
John emprunta le couloir menant au laboratoire pour atteindre son casier. Généralement, Molly s'y trouvait le matin avec son père pour discuter de ce qu'il pratiquait comme méthode à la police scientifique. Ainsi, elle ne se retrouvait pas déphasée lorsqu'elle reprenait son stage là-bas.
Le père de Molly était également un intervenant pour l'école, argumentant sur telle ou telle technique utile afin d'identifier certains produits. D'allure froide et revêche, il n'en était pas moins amical et aidait les élèves à comprendre. Il aurait dû être prof à la place de Stellenfrail dont on avait l'impression qu'elle ne vivait que pour se moquer des étudiants en difficulté. John ne pensait pas trouver une pire peau de vache de toute son existence.
Il arriva finalement à son casier et en sortit ce dont il avait besoin pour les cours. En prenant le chemin inverse, il croisa Sherlock qui avait l'air de ruminer des tas de pensées.
"Bonjour Sherlock", le salua John.
Il n'obtint aucune réponse si ce n'est un bref regard avant que l'autre ne se mette à accélérer le pas. Il semblerait que ce qu'avait fait John la nuit dernière l'ait quelque peu perturbé. Enfin, si c'était arrivé au blond, il ne s'en serait sans doute pas remis donc il ne pouvait pas juger le comportement de son camarde comme étant bizarre.
Il ne revit le brun qu'à l'heure du déjeuner. Le temps étant partiellement ensoleillé, John avait décidé de prendre son repas dans le parc qui jouxtait l'université. Ses amis n'avaient pas voulu l'accompagner, prétextant qu'il faisait un peu froid et que pour une fois, il y avait de la bonne bouffe à la cantine.
John avait avancé le long d'une allée et s'était figé lorsqu'il avait reconnu Sherlock. L'étudiant était assis dans l'herbe, le dos reposant contre un arbre. Il avait un livre à la main et une pomme dans l'autre. Il était seul.
Le blond s'approcha de lui et s'assit à ses côtés.
"Qu'est-ce que tu fais là? demanda Sherlock en ne levant pas la tête de son bouquin.
-Je mange.
-Pourquoi ici?
-Je peux m'adosser sur un arbre, c'est bien je trouve.
-Il y a plein d'autres arbres dans ce parc.
-Bon, écoute, si ma présence te dérange, dis-le franchement! s'énerva John.
-Ta présence me déranges.
-Eh bien, je m'en fiche. Je reste là",ronchonna John en déballant son sandwich.
Il mâcha en silence son repas puis commença à s'intéresser au livre du brun. Il avala sa bouchée d'un coup avant de parler.
"Qu'est-ce que tu lis?
-Est-ce que je te demande ce que tu es en train de manger? rétorqua Sherlock en le fixant, agacé.
-Non, mais si tu veux le savoir, c'est un sandwich au poulet.
-Merci, je me sens bien plus intelligent maintenant.
-Allez, fais-moi voir, insista John en se penchant vers lui.
Sherlock referma brusquement son livre et fixa intensément le blond qui cilla.
-Qu'est-ce que tu me veux au juste? J'ai bien compris que tu ne voulais pas que je sois aux alentours quand tu es là. Mais tu es présentement en train de me coller. Qu'est ce que je suis censé comprendre? Explique-moi parce que, pour une fois, je suis perdu.
John resta bouche-bée. Il avait raison. Il ne voulait pas être vu en présence du brun de peur des railleries ou autre joyeuseté du genre, alors que faisait-il ici? Peut-être parce qu'il était seul et que John n'aimait pas ça. Oh bon sang, ne me dites pas que j'ai pris en pitié un génie, pensa-t-il, s'il le devine, je vais me faire trucider.
Aussi, le blond évita de lui dire franchement ce qu'il pensait et fit comme si de rien n'était.
-Eh bien, amorça John, je t'ai vu et je me suis dit que je devrais m'excuser pour ce que j'avais fait la nuit dernière. Et aussi, je me demandais à quel moment on allait débuter nos cours particuliers.
Sherlock le scruta de ses yeux perçants. S'il avait trouvé quelque chose, il se garda bien de le dire et soupira.
-Ce soir.
-Quoi? Si tôt? s'exclama John.
Il n'était pas encore psychologiquement et physiquement prêt!
-Si tu ne commences pas un jour, tu ne commenceras jamais. Ne t'inquiètes pas, tu peux me faire confiance.
-Ah, merci. Mais on n'a pas à faire ça aussi rapidement, tenta John, on peut très bien le faire la semaine prochaine, voire le mois prochain.
-Les examens sont dans à peine deux mois. Je trouve ça déjà juste avec le temps qui nous ait accordé. De plus, il va d'abord falloir qu'on travaille ton attitude. Tu as tout d'une mentalité de perdant.
-Sympa.
-C'est avec cette mentalité que tu ne peux pas réussir donc c'est ce sur quoi nous allons travailler ce soir ainsi que tous les autres soirs de cette semaine. Ah, et tu viens dormir chez moi ce week-end. Mycroft est en déplacement, tu pourras prendre sa chambre."
Oh là là! Tout d'un coup, les événement se déroulaient trop vite. Ce type venait de faire le planning de sa semaine en à peine une phrase. Et en plus, John ne voulait absolument rien faire de ce qui était prévu. Tous les soirs de la semaine il serait obligé de travailler? Et en prime, il devrait dormir chez Sherlock? Oh, misère. Si jamais il s'en sortait, il ne serait plus le même.
Remarquant que le brun attendait une réaction de sa part, John hocha la tête d'un air las puis but une gorgée d'eau avant de reposer sa tête contre l'arbre. Sherlock lui offrit un bref sourire et replongea dans sa lecture.
La pause déjeuner se finit dans un silence confortable bien que John avait l'air assez abattu. Les deux étudiants entrèrent ensemble dans la salle de cours sous les regards de tous et s'installèrent côte à côte.
Mike donna un coup de coude à Molly. Ils étaient placés deux rangées de sièges derrière John et Sherlock.
"Dis-moi que je rêve, j'ai l'impression de voir un détective et son docteur, chuchota-t-il d'un ton amusé.
-Je ne pensais pas que John finirait par l'accepter. Surtout après ce qu'il m'a avoué.
-Qu'est-ce qu'il t'as dit?
-Rien qui ne te concerne.
-Dans ce cas ne me révèle rien à la base! Maintenant j'ai trop envie de savoir! dit Mike.
-Bon, d'accord, de toute façon, ce n'est pas si important, céda Molly, John avait peur qu'on les prenne, lui et Sherlock, pour un couple. Tu sais, à cause du roman et de la complicité extrême qui lie les deux protagonistes de manière ambigüe.
-Hum, si tu veux mon avis, je trouve que ce Sherlock et un peu...tu vois quoi.
-Quoi?
-Mais si, tu sais! insista le garçon, un peu...allons, Molly!
-Précise!
-Un peu...gay, voilà! lâcha Mike en jetant des coup d'œils à droite à gauche au cas où quelqu'un aurait surpris leur conversation.
-...Oh, dit Molly en ayant l'air déçu.
-Ben, qu'est-ce que tu as? Ne me dis pas que tu...Ah! Mince! Mais tu sais, ce n'est qu'une supposition! Si ça se trouve, je fabule! Haha!" se rattrapa Mike.
Un silence gêné les gagna et ils ne parlèrent plus jusqu'à la fin du cours et de la journée. Mike réussit à accorder un bref salut à John qui passait comme une flèche dans le couloir tandis que Molly n'osait plus croiser le regard de Sherlock sachant pertinemment qu'elle rougissait beaucoup quand cela se produisait.
John se précipitait vers l'annexe en pensant avoir le temps de balancer ses affaires en vrac sur son lit pour ensuite s'enfuir dans une autre chambre. Comme ça, Sherlock ne le trouverait pas.
Le blond n'avait vraiment rien contre ces leçons mais pas maintenant. Qu'elles se fassent un autre jour.
Malheureusement, son plan ne marcha pas comme il l'espérait. Les grandes foulées de Sherlock lui permirent de rattraper le plus petit et de lui empêcher toute retraite. Acculé, John admit sa défaite et s'assit sur son lit, attendant que Sherlock lui annonce ce qu'ils allaient faire.
Sherlock se plaça devant lui, debout.
"Bien, nous allons donc commencer notre programme estime de soi. Tu dois te sentir important John. C'est la base de tout.
-Est-ce que ça veut dire que tu te sens important en permanence vu la grande estime que tu te portes?
-Je ne me sens pas important. Je suis simplement brillant.
Si ça ce n'est pas de l'estime de soi...
-Bon, poursuivit Sherlock, tu es le capitaine de l'équipe de rugby, pas vrai?
-Oui.
-Est-ce que tu as déjà gagné?
-Une fois.
-Tu en es satisfait?
-Et pas qu'un peu! dit John en relevant le menton.
C'était grâce à lui qu'ils avaient réussi à reprendre le terrain à l'équipe adverse et ainsi marquer le point à la toute fin du match.
-Bon, alors ce n'est pas ça qui plonge...Niveau famille? Rien d'anormal?
-...Non.
-Vraiment? Ton attitude me dit le contraire pourtant, remarqua Sherlock en haussant un sourcil.
-Il n'y a rien.
-...D'accord, et niveau sentimental?
-Euh...C'est vraiment nécessaire?
-C'est le genre de choses qui change complètement un être humain. Ce doit être un des plus grand fléau lors des études.
-Héhé! Alors si tu as des notes et un esprit aussi géniaux, c'est parce que ne dois pas avoir de copines, le taquina John.
-Ce n'est pas ma tasse de thé.
-Oh...Euh, d'accord...Pas de copain non plus dans ce cas? bredouilla John.
-Écoute, nous sommes ici pour trouver ton problème majeur.
-Oui, c'est vrai, se reprit John.
-Donc, es-tu amoureux de quelqu'un?
-...Non, répondit le blond avec sincérité.
-Tu ressens un manque lié à ça?
-Ben, pas vraiment.
-Alors je suis désolé de te le dire, mais c'est bien au niveau familial que ton estime de toi est rabaissée. Que tu le veuilles ou non, je me dois d'enquêter sur tes relations familiales. Je t'avais proposé de venir dormir chez moi plus tôt dans la journée? Eh bien, finalement, nous allons nous établir chez toi. Ça me permettra de m'immerger dans ton quotidien", déclara Sherlock d'un ton qui n'acceptait pas qu'on le contredise.
John haussa les épaules. Sherlock ne l'écouterait pas alors autant accepter son sort. Qu'il fouille s'il le souhaite. Cependant, le brun risquait d'avoir une grosse surprise en découvrant l'étendue de ses problèmes et John se ferait un malin plaisir de le voir tenter d'arranger ça.
Troisième chapitre, faites tourner les serviettes! Les reviews aimeraient beaucoup rester sur cette histoire, ne les retenez pas. J'en prendrais soin et les chérirais comme si elles étaient de la poussière de fée.
A plus pour le chapitre suivant!
