Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, tous ? Non un petit village résiste encore et toujours à l'envahisseur… euh je m'égare désolée ! Tous les personnages appartiennent à !^^
Je vous rappelle juste que ceci est une fiction, et que je suis étudiante en lettre, je connais la deuxième guerre mondiale, m'y intéresse mais je ne suis pas une professionnelle de cette période, et il peut y avoir certaine erreur, ou incohérence dans cette fiction.
N/R : et moi j'ai fait un bac S, les cours d'histoire c'était 2 heures par semaines, donc je suis pas non plus une pro !
N/A : Avec mon bac STAV, c'était pire, on avait deux heures d'histoire-Géo, seulement en terminale, on avait pas d'histoire en première… Ne cherchez pas, personne ne connait le bac STAV, à moins de l'avoir fait !^^ J'ai même rejoints un groupe sur FB : Les STAV sont intouchables, parce qu'ils sont inconnus ! Enfin bref, j'arrête avec mes histoires et vous laisse lire le chapitre :
Chapitre 3 : Réveil et Réalité.
POV Bella.
Je luttais pendant des heures pour reprendre connaissance, émergeant juste assez pour savoir que quelque chose allait de travers mais incapable de m'arracher à cette torpeur, tel un nageur qui voit au dessus de lui la surface de l'eau sans pouvoir l'atteindre. Chaque fois que je m'élevais vers la conscience, quelque chose me tirait en arrière tel un courant sous-marin. A une occasion, je ressentis la vibration d'une camionnette, et un gyrophare. Puis j'entendis des voix, elles parlaient vite, très vite. La troisième fois, tout était immobile et silencieux.
La quatrième, je parvins à ouvrir les yeux et à les garder ouvert, certaine d'être perdue si je les refermais. Pendant une heure au moins, je restais étendue là, résistant avec succès à l'envie de dormir, mais sans la force de faire beaucoup plus que regarder un mur blanc. Etait-il blanc? Ou Crème? Peut être platine. Et c'était sans aucun doute une peinture au latex. Ivoire. C'était effrayant que j'en sache autant sur la peinture, mais avec Maria nous nous étions occupées de la décoration de notre maison dans la campagne de Chieri. Mais plus effrayant encore que je me retrouve étendue là, paralysée jusqu'aux paupières, à me demander de quelle couleur sont les murs d'un endroit inconnu. Je pouvais toujours me ronger les sangs et céder à la panique en me demandant où j'étais, mais ça n'y changerait rien. Je ne pouvais pas soulever la tête. Ni ouvrir la bouche. Je ne pouvais rien faire d'autre que regarder fixement ce mur débile et si ruminer des questions sur la peinture m'aidait à garder mon calme, alors qu'il en soit ainsi.
Crème. Oui, j'en étais presque certaine.
Ma lèvre supérieure picota, comme lorsqu'une anesthésie se dissipe. Je grimaçais. Tous mes muscles étaient en états de marche. Génial. Maintenant si quelqu'un m'agressait, je pourrais le mordre (bah oui je suis une fille les coups de poing très peu pour moi!), à condition qu'il soit assez serviable pour enfoncer une partie de lui-même dans ma bouche...
Le picotement descendit jusqu'à mon cou. Je levais les yeux. Un plafond blanc. Un bruit lointain. Des voix.
Je sursautais, les souvenirs refaisant surface, les vignes, la balade, Rose, les allemands, le pistolet… Une douleur aigue me traversait l'épaule gauche, j'y jetais un coup d'œil, un bandage. J'avais certainement dû être opéré pour retirer la balle. J'avais eu de la chance dans mon malheur, encore quelques centimètres vers la droite et c'est mon cœur qui se faisait percer de part en part.
Mouvement de la main et du bras droit. Dieu soit loué. J'enfonçais mon coude valide dans le lit, soulevais mon torse et regardais autour de moi. Quatre murs. Tous crème. Une fenêtre, d'où provenait la seule lumière, celle du soleil. Je reconnus soudain le lieu dans lequel je me trouvais, une chambre d'hôpital !
Une seconde. J'avais des jambes. Oui! Je les passais par dessus le bord du lit et… basculais à terre. Bon, d'accord, je ne les avais pas encore totalement retrouvées. Joli carrelage, cependant. D'un blanc éclatant !
Au bout de quelques minutes, je pus me lever péniblement. Je regardai autour de moi.
-Bella ! S'écria une grosse voix en entrant dans la pièce.
Je sursautais et me tournais vers l'intrus.
-Bella que fais-tu debout, bon dieu ! Cria Emmett en me prenant dans ses bras pour me recoucher dans le lit.
Je l'observais. Il avait mauvaise mine, ses yeux étaient cernés, ses pupilles semblaient vides et éteintes. Ses vêtements étaient chiffonnés, sales et il ne sentait pas la rose, depuis quand n'était-il pas rentré à la maison ? Il s'assit sur la chaise à côté du lit, et me fixa.
-Bella que s'est-il passé ? Me demanda-t-il d'une voix morte.
Les larmes me montèrent aux yeux, j'étais si triste pour mon frère, et j'avais si peur pour Rose. Que lui voulaient ses hommes ?
-C'était des allemands, et ils l'ont emmené, pleurais-je sans pouvoir m'en empêcher.
Mon frère hocha la tête sans rien dire, il regardait par la fenêtre, mais ne voyait rien. Ses yeux comme les miens étaient envahis de larmes, mais lui savait les retenir. C'était la première fois que je voyais Emmett si affecté, si sensible. Il avait toujours était invincible pour moi, un vrai roc, mais aujourd'hui il croulait sous les fissures. Je lui pris la main.
-On va la retrouver, je te le promets.
-Ne dis pas des choses comme ça Bella, tu ne connais rien du monde.
Malgré la douleur que sa phrase et que son abandon m'infligé, je souris tristement.
-Et toi, ça fait longtemps que tu ne me connais plus.
Il se tourna vers moi, les yeux ronds, il semblait enfin m'écouter.
-Que veux-tu dire ?
-Je veux dire, que je connais le monde extérieur, plus que tu ne peux l'imaginer, et je veux dire, que si je dis : on va la retrouver, alors on va la retrouver, c'est clair ?
Je n'admettais aucune réplique. Emmett se contenta d'hocher la tête, incrédule.
-Ta première mission sera de me sortir d'ici, alors exécution soldat, souris-je en essuyant mes joues humides.
Il sourit légèrement et se leva sans poser de questions. Il sortit de la chambre, et je m'autorisais enfin à grimacer, mon épaule me faisait vraiment souffrir à présent. Et je pense que mon petit plongeon au sol n'avait pas arrangé les choses.
Lorsque mon frère revint, il n'était pas seul, deux policiers l'accompagnaient. Je soupirais, la journée allait être longue.
Je dû faire ma déposition aux deux agents, ils repartirent très vite. Mes parents avaient exigé que la future Mme Swan soit très vite retrouvée, mais j'avais bien vu au moment où j'avais dit aux inspecteurs que les ravisseurs étaient allemands, qu'ils n'avaient plus d'espoir de la retrouver en Italie. Les kidnappeurs ne voulaient pas de rançon, ils étaient juste venus la chercher pour la ramener dans son pays. « Pourquoi ? » Etait la seule chose à laquelle je ne pouvais pas encore répondre. Une infirmière vint ensuite faire la morale à mon frère, qui revendiquait mon départ de l'hôpital. Il se fit même insulter d'ours mal léché, mais étrangement rien ne le touchait. Pas même le découragement visible des forces de polices locales.
Je fus finalement autorisée à sortir, une attelle me maintenait le bras gauche replié contre ma poitrine. J'avais l'interdiction formelle du médecin de bouger le bras endommagé.
-Je suis restée combien de temps inconsciente ? Lui demandais-je lorsque nous fûmes dans la voiture en route pour la maison.
-Trois jours.
Je sursautais. Tant que ça ?
-Trois jours ? M'écriais-je.
Il se contenta de hocher la tête.
-Et il est quelle heure ?
-Six heure et demi.
Je hochai simplement la tête. On devait vite se mettre en route, Emmett n'allait pas longtemps supporter l'inaction, et il nous restait pas mal de chose à faire avant ce soir. Le reste du trajet se poursuivi en silence, mon frère ruminait de sombres pensées, et moi je planifiais notre itinéraire des prochains jours.
-Avant de rentrer à la maison, passe par l'église du père Paulo, dans Chieri.
-Pourquoi ?
-Une confession, mentis-je avec un air angélique.
-Bella, s'énerva-t-il.
-Ne pose pas de question pour le moment Emmett, je te dirais tout ce soir. Pour le moment conduis-moi au père Paulo.
-D'accord.
On arriva très vite dans le centre de Chieri, Emmett se gara devant la petite église.
-Je suppose que je ne t'accompagne pas, gronda-t-il.
Il ne semblait plus de très bonne humeur. Et je dois avouer qu'un Emmett Swan en colère était très impressionnant, voir légèrement effrayant. Mais je ne me laissai pas démonter, ce n'était que mon frère, peu importe qu'à présent il ait une grosse voix, du poil au menton et des pectoraux.
-Tu m'attends ici, en effet.
Sans lui laissai le temps de répondre, je sortis du véhicule. Je pris un temps pour m'habituer à la luminosité de l'extérieur puis me ruai dans l'église.
-Père Paulo ? L'appelais-je en avançant vers l'autel, mes petits talons claquaient sur la pierre froide. Père Paulo ?
-Bella ? Oh ! Bella ! Comment vas-tu ma chérie ? J'ai appris ce qu'il t'était arrivé ! Comment est-ce possible ? Demanda-t-il en se ruant vers moi.
Je lui souris faiblement.
-Peut-on en parler dans un endroit plus calme ?
-Oh, oui bien sur !
On partit très vite dans son presbytère.
-Alors, commença-t-il en refermant la porte derrière lui, que t'arrive-t-il ?
-Je dois partir, lui annonçais-je d'emblée.
-Partir ?
Il semblait vraiment surpris.
-Oui, et le plutôt sera le mieux, mais il y a quelques changements dans le plan.
-Lesquels ? Demanda-t-il soupçonneux.
-Je ne pars pas seule.
-Bella, gronda-t-il.
-Ma belle sœur a été enlevé par des allemands, je pars avec mon frère la retrouver, avec ou sans votre aide et celle du réseau.
-Oui, j'ai appris pour la femme d'Emmett, je suis très peiné par ce qu'il vous arrive mais… je vais voir ce que je peux faire, soupira-t-il.
Je lui souris.
-Je pars dans trois jours.
-Tu auras le nom des contacts qui accepteront de t'aider dans deux jours.
-Très bien, à dans deux jours père Paulo.
-Au revoir, jeune Swan.
Je sortis aussi rapidement de l'église que j'y étais entrée. La voiture était toujours au même endroit, Emmett au volant, fixant droit devant lui, comme une statue. Lorsque j'entrais dans l'auto, il ne sursauta pas, ne détourna pas la tête.
-Alors tu es allée te confesser ?
-Oui, et tu en seras très heureux dans deux jours.
-Deux jours ?
-Nous partons dans deux jours, le temps d'organiser le voyage, et on lève les voiles.
-Très bien.
Son ton était légèrement plus doux.
-Maintenant on rentre à la maison, Maria nous fait à dîner, et après je t'explique tout.
-Très bien, répéta-t-il.
Lorsque je franchis la porte de la cuisine, une tornade me prit dans ses bras à m'en faire mal à l'épaule. Je grimaçais.
-Bella ! Comment vas-tu ? On a eu si peur pour toi, ici ! Pleura Heidi.
Je soupirai, Heidi était vraiment une petite nature.
-Je vais bien ne t'en fais pas, lui assurais-je en me détachant d'elle.
Maria était derrière sa protégée, elle avait les yeux tristes, anxieux et cernés. Je plongeais dans ses bras pour un peu de réconfort. J'avais besoin d'elle, de son soutien, je ne pouvais pas tout faire toute seule. Elle m'enveloppa avec tendresse, tout le contraire d'Heidi. Je pus enfin souffler dans ses bras, m'évader de toute cette douleur, ce désespoir qui avait envahit ma vie et ma famille. Nous avions perdu l'une des nôtres. Et même si nous partions à sa recherche, cela risquait d'être long et dangereux voir inutile, alors pendant une minute j'oubliais tout cela dans l'étreinte de ma nourrice. Après un dernier soupir de bien-être, je me détachai d'elle, et repris pied avec la réalité aussi sombre soit-elle.
-Où sont nos parents ?
-Ils sont partis à une réception, avoua-t-elle.
Je souris tristement au peu d'intérêt que me portaient mes géniteurs. Aujourd'hui je n'étais plus choquée, mais je voyais sur le visage de mon frère ce qu'il en pensait.
-Quand rentrent-ils ?
-Dans trois jours Bella.
-C'est parfait. Maria j'aurais besoin de ton aide, dans les deux jours à venir, Emmett et moi partons en vacances nous changer les esprits, après tout ces événement, mentis-je.
Maria compris ce qui se passait malgré mes mensonges. Je ne pouvais pas lui parler ouvertement devant Heidi, cette petite sotte serait capable de tout répéter au retour de mes parents, et nous n'avions pas besoin d'un avis de recherche placardé dans toute l'Europe.
-Peux-tu nous monter un repas léger dans ma chambre, je dois parler avec Emmett.
Elle hocha la tête en silence, et j'emmenais mon frère vers les escaliers. La partie la plus délicate de la soirée allée commencer, lui expliquer qui j'étais réellement. On entra dans ma chambre en silence.
-Alors comment comptes-tu retrouver Rose ? Et pourquoi es-tu passée à l'église ?
Je soupirais, Courage Bella ! En regardant le sol, je lui répondis.
-Je… je fais parti d'un réseau de résistance, chuchotais-je.
-Quoi ? Demanda-t-il d'une voix calme, un peu trop calme.
-Je fais parti d'un réseau de résistance, répétais-je sans perdre les lattes du plancher des yeux.
-Bella, regarde-moi quand tu parles ! Gronda-t-il.
Ça y était ! Il commençait à m'énerver ! Il n'avait pas été là pendant des années, et il pensait pouvoir juger ma vie et ce que je suis devenue ! Non ! Je ne laisserai personne bafouer mes principes pas même mon frère ! Je relevais les yeux, et lui lançais un regard de défis.
-Oui, je fais parti d'un réseau de résistance ! Et alors ? J'ai des principes moi ! Sais-tu ce qu'il se passe en Allemagne ? As-tu entendu parler de l'étoile jaune que les juifs doivent porter ? Des lois de Nuremberg* qu'Hitler a fait voter ? Mais c'est quoi ce truc : Loi sur la protection du sang et de l'honneur allemand ? Sais-tu qu'ils les emmènent dieu c'est où ? Alors oui, je fais parti d'un réseau, j'aide les gens en danger, peut-être même en danger de mort ! À s'enfuir ! Et je suis très fière de faire cela ! Extrêmement fière ! Alors tu n'as rien à dire ! Strictement rien à dire, surtout parce que tu m'as laissé toute seule ici durant des années ! (N/A : * Les lois de Nuremberg ont été voté en 1935)
J'avais relâché la pression, et à présent j'étais vide, complètement vide. Je me laissai tomber sur mon lit, et me pris la tête dans ma main, l'autre étant coincée dans l'attelle. Mon frère n'avait toujours rien dit, ni même bougé.
-Alors peut-être que tu soutiens les idées du führer et que tu réprouves ce que je fais, mais c'est certainement grâce à mon réseau que l'on va retrouver ta fiancée !
-Mais qu'est ce que vient faire là dedans l'église du village ?
-C'est le père Paulo qui m'a fait entrer dans le réseau, avouais-je.
-Mais je pensais que l'Eglise soutenait les nazis ?
-Et bien il faut croire qu'ils ne sont pas tous fous.
Je relevais enfin les yeux vers lui, et étonnamment un sourire timide s'étirait sur ses lèvres.
-Tu as bien changé ma petite sœur, dit-il gentiment.
Je lui rendis son sourire, en hochant la tête. Il s'installa par terre, et leva les yeux vers moi, encore plein de questions.
-Alors comment partons-nous ?
-J'avais prévu mon départ de la maison s'ils m'obligeaient à épouser cet homme. Je devais partir pour l'Allemagne et prêter main forte aux résistants là-bas, à la place nous partirons à deux pour retrouver Rose. On passera de passeur en passeur, en essayant de récolter des informations aux passages. Mais je suis sûre qu'on la retrouvera, ils sont très informés, plus informés que l'on ne le pense. Ils ne peuvent simplement pas sauver tout le monde, ils sont trop peu nombreux, et la gestapo et les SS font régner la terreur là-bas.
-Oui, je sais, soupira Emmett. Donc le père Paulo organise notre départ ?
-Oui, nous partons dans deux jours, le temps de s'organiser. On prendra la Horch des parents, et nous laisserons un mot indiquant que nous sommes partis en direction de la mer.
-Que c'est-il passé là haut Bella ? Demanda-t-il d'une petite voix.
Je n'étais pas sûre qu'il veuille savoir, mais je devais lui dire, et il devait savoir, peu importe la dureté de la réalité, il devait y faire face. Je soupirais pour me donner du courage.
-On est monté jusqu'à la route avec Rose…
-Oui, c'est là que l'on t'a trouvé. Après avoir entendu le coup de feu qui a résonné dans toute la vallée.
Je ne me formalisais pas de son interruption, c'était aussi dur pour lui que pour moi.
-Il y avait deux hommes avec leur voiture. Ils étaient arrêtés et hors de leur véhicule. Je pensais qu'ils étaient perdus parce qu'ils avaient une carte dépliée sur le capot de leur Wolkswagen. Ils ont dit qu'ils cherchaient le domaine Swan, en mauvais italien, alors j'ai pensé qu'ils venaient voir Père, qu'ils avaient affaire avec lui. Je me suis présentée, et j'ai présenté Rose, dis-je en laissant échapper une, puis plusieurs larmes.
-Je voulais juste être polie, mais je n'aurais jamais dû dire son nom, c'est à cause de moi s'ils l'ont emmené.
Je vis mon frère tendre la main vers moi.
-Non ! Laisse-moi finir ! Ils lui ont demandé si elle était mademoiselle Hale, elle a hochait la tête alors ils ont dit « vous devez nous suivre mademoiselle Hale » mais je n'avais pas compris ils avaient parlé trop vite, Rose par contre elle avait très bien entendu leurs paroles et elle a eu un mouvement de recule. Elle ne leur a pas répondu, elle leur a demandé qui ils étaient. Sur le moment je n'ai pas compris ce qu'ils lui ont répondu, je n'arrivai pas à me concentrer pour traduire leurs paroles, mais maintenant je sais. Leurs mots tournent en boucle dans mon esprit et je sais. Ils m'ont menacé, ils ont dit « Vous ne voulez pas que votre amie soit blessée, mademoiselle Hale ». Elle a demandé ce qu'ils lui voulaient, et ils ont dit « Suivez nous sans protester et on laisse votre amie en vie ». Alors elle m'a dit en italien de partir, et d'aller te chercher. J'aurais dû l'écouter, mais je n'avais pas compris ce qu'il avait dit. Je me sens si stupide ! Criais-je en me frappant la tête de mon poing.
J'étais complètement recroquevillée sur moi-même, mais Emmett comprit qu'il ne fallait pas m'approcher, ni même m'aider, il fallait que tout cela sorte. Je ne pouvais plus retenir toute cette horreur.
-Je lui ai répondu que je ne la laisserai pas, et elle m'a supplié, mais avant que je ne puisse répondre l'un des deux hommes avait sorti un révolver. Il a ordonné à Rose de monter dans la voiture, maintenant. Alors elle a dit « sauve-nous Bella », et elle a avancé vers la voiture. L'homme a dit « dans la voiture, vite », et elle a obéit, et elle est monté dans sa voiture. L'homme au révolver qui n'avait pas bougé, m'a dit « Adieu », et il m'a tiré dessus. Rose a crié, je n'ai pas eu le temps de faire un mouvement, rien.
Je relevais enfin les yeux vers mon frère, qui venait de vivre l'enlèvement de sa fiancée, et la tentative d'assassinat de sa sœur. Ses joues étaient aussi humides que les miennes. Il releva le visage vers moi, sa tristesse me déchira le cœur.
-Elle a dit « nous », chuchota-t-il, elle a dit « nous ».
-Emmett ? L'appelais-je sans comprendre.
Je descendais de mon lit et m'approchais de lui, m'asseyant à ses côtés. Je lui pris la main et la serrer.
-Emmett ? De quoi tu parles ?
-Elle a bien dit « sauve-nous Bella », n'est ce pas ? C'est ce que tu as dit.
-Oui, c'est ce qu'elle a dit, mais pourqu…
Je m'interrompis plongeant mes yeux dans ceux de mon frère, incrédule, et horrifiée.
-Elle a était la seule enlevée, soufflais-je.
Il hocha la tête.
-Tu crois que…
-Oui, dit-il d'une voix bourrue remplis d'émotion contradictoire, je croix que ma Rose est enceinte.
-Oh Mon Dieu ! M'époumonais-je en mettant mes mains sur ma bouche, étouffant mon cri.
Je me levai d'un bond, et sorti de ma chambre en courant. Les plans avaient changés, tout était différent à présent. Je n'avais pas compris ! Pourquoi n'avais-je pas compris ! J'étais si stupide ! Pourquoi n'avais-je pas compris ! Je m'en voulais tellement ! Nous n'étions pas à la recherche d'une jeune femme forte, et en pleine possession de ses moyens, mais à la poursuite d'une femme enceinte, qui allait d'abord penser à son enfant avant de penser à elle. Tout était modifié, sa résistance à la douleur, son endurance, et sa robustesse.
-BELLA ! Hurla Emmett depuis ma chambre.
-PREPARE UN SAC, ON S'EN VA ! MAINTENANT !
Je me précipitai dans l'entrée, et saisi le téléphone de la maison. Je composai le numéro du père Paulo, espérant qu'il ait fait avancer les choses. Nous devions partir maintenant. Immédiatement, ils avaient déjà trois jours d'avance sur nous, ils ne devaient pas prendre plus d'une semaine. La tonalité sonna un long moment avant que le père réponde enfin.
-Allo ? Fit-il d'une voix hésitante.
-Mon père, c'est Bella. Nous partons, nous n'avons pas de temps à perdre, avez-vous pu nous aider, ou…
-Bella ! Calme-toi ! Et dis-moi ce qu'il se passe.
-Elle est enceinte, mon père. Elle est enceinte, pleurais-je.
-Seigneur, murmura-t-il dans le combiné.
-Nous partons dès aujourd'hui. Je ne sais pas encore pourquoi ils l'ont emmené, mais nous devons nous dépêcher.
-J'ai eu quelques renseignements, sur le pourquoi de l'enlèvement. Le début de votre voyage est prêt, je vous attends, dit-il en raccrochant.
Je reposai le téléphone, et couru jusque dans la cuisine où Maria nous préparait un bon diner. Elle sursauta en me voyant arriver.
-Maria, on s'en va plutôt que prévu, met-nous ton succulent repas dans des gamelles.
Elle hocha la tête, et je repartis dans ma chambre à toute vitesse. J'étais complètement essoufflée, mais je n'en avais cure. Mon frère n'était plus là, certainement en train de préparer ses affaires. Avec mon bras valide, je pris mon grand sac de voyage en dessous de mon lit et le plaçait dessus. J'avais déjà pensé de nombreuses fois à ce que devait contenir mon sac si je devais partir dans la précipitation, mes gestes étaient quasiment mécaniques. Je pris plusieurs robes dans mon armoire, des chemises de nuit, et les déposais dans mon sac, j'y mis aussi les vêtements noirs que je possédais. Juste au cas où nous devrions passer inaperçu une nuit. Je pris des chaussures mondaines, mais également une paire de silencieuse. Je pris ma trousse de toilette, ma photo de Maria, Emmett et moi, et refermais mon sac. J'étais prête.
Je sortis de ma chambre sans regarder derrière moi. J'étais presque heureuse de quitter ce lieu, mes parents, et une Italie qui ne ressemblait plus à rien.
Arrivée en bas, je rejoignis ma nourrice, confidente, mère de substitution dans la cuisine. Je pris plusieurs boite de médicaments dans la pharmacie, en avalait deux dès à présent, et glissais le reste dans mon sac. Deux gamelles étaient empilées sur la table de cuisine, devant une Maria aux yeux larmoyant. Je plongeais une nouvelle fois dans ses bras, et la serrais fort. Comme plus tôt dans la journée, je laissais sa chaleur et sa tendresse m'envahir et gonfler mon cœur de courage. Lorsque je me détachais d'elle, Emmett était arrivé. Il semblait vraiment mal en point et pressé de partir.
-Tu peux mettre nos sacs dans le coffre de la Horch.
Il acquiesça et prit mon sac, alors qu'il allait sortir je le rappelais.
-Et Emmett ?
Il se tourna vers moi.
-Pas la décapotable !
Il sourit, hocha la tête et repris la route vers le garage de Père. Je me retournais vers Maria.
-Prend soin de toi, lui demandais-je.
-Et toi promets-moi de rentrer à la maison, un jour.
J'hochais la tête.
-Un jour, je te promets de revenir, alors toi attends-moi.
Elle sourit et accepta. On savait toutes les deux que nous ne nous reverrions pas avant très longtemps. Pas avant que tout soit fini, le règne de Mussolini, la dictature d'Hitler, la guerre qui avait été déclaré entre la France*, l'Angleterre et Allemagne et qui n'avait toujours pas commencé. Si Emmett et moi arrivions à arracher Rose aux allemands nous allions devoir fuir, loin de l'Allemagne et de l'Italie. Et vu comment c'était partit, il faudrait encore de longues décennies avant que les choses changent en Europe !
Je partis en direction du garage moi aussi, les deux gamelles chaudes sous le bras, suivant la trace d'Emmett à travers les pièces allumées. Lorsque j'arrivais Emmett avait déjà mis en route la voiture, les bagages étaient dans le coffre, et mon frère ouvrait la porte du garage. Je montais dans l'auto, et il fit de même sans dire un mot. On partit sans regarder en arrière, le silence était pesant entre nous, mais nous ne fîmes rien pour changer ça. Chacun se préparant mentalement à notre aventure, qui n'avait rien d'un conte de fée.
On arriva très vite à l'église, la maison n'était pas loin du centre ville. On entra discrètement dans le bâtiment religieux après s'être garé sous un olivier, on prit notre diner avec nous. Père Paulo nous attendait dans son presbytère. Il nous salua chaleureusement, et on commença à manger attendant que le père se mette à parler.
-Votre première destination est Trento, près de la frontière de l'Allemagne (N/A : je rappelle que l'Autriche n'existe plus depuis 1938, annexée à l'Allemagne), vous passez par Chivasso, puis Trino, ensuite Vigevano, Montichiari, vous longez le lac Lago di Garda jusqu'à Trento. Vous mettrez environ dix heures pour atteindre Trento, vous êtes attendus à 15h, aux pieds de la fontaine de la place « Piazza del Duomo ». Ceux qui vous accueillerons auront un foulard rouge autour du cou.
J'hochais la tête.
-Et pour les causes de l'enlèvement qu'avez-vous découvert ?
-Des rumeurs circulent, certains disent qu'ils enlèvent des jeunes femmes allemandes blondes, aux yeux bleus…
-De parfaites aryennes, résumais-je.
-Oui, des aryennes, mais des pauvres, pour ne pas trop attirer l'attention de l'opinion publique, elles sont enfermées dans un vieil hôtel du nord de l'Allemagne ou peut-être en Pologne. (N/A : Je rappelle que la Pologne a été envahit en septembre 1939 par l'Allemagne, ce qui a entrainé la déclaration de guerre des Alliés contre l'Allemagne, mais dans les mois qui suivirent il n'y eu aucun combat, c'est ce qu'on appelle « La Drôle de Guerre ».)
-Et qu'est-ce qu'elles y font ? Demanda d'une petite voix Emmett.
-Elles servent de reproductrices à la race aryenne, souffla le père Paulo.
Je plaquais ma main contre ma bouche, regardant Emmett. Mon frère n'avait pas bougé, digérant la nouvelle. Je n'en croyais pas mes oreilles, non ça ne pouvais pas être ce que j'avais entendu.
-Vous, voulez dire, qu'ils les enferment, qu'elles se font violer par des… des aryens, pour qu'elles aient des enfants parfaits ? Demandais-je en sentant les larmes couler le long de mes joues.
-Oui, c'est ce qu'affirment les rumeurs.
-C'est possible, dis-je finalement.
-On s'en va Bella, gronda mon frère en se levant.
-Mais…
Il ne m'écouta pas et sortit de la pièce. Je soupirais, c'était encore plus horrible que ce à quoi je m'attendais. Le Père Paulo me remit un dossier, avec les destinations suivantes, jusqu'à Berlin.
-Pour le moment nous ne savons pas exactement où se situe cet hôtel, vous devrez faire les recherches vous-même, et vous débrouiller pour vous y rendre.
-Très bien, adieu Père Paulo.
-Bonne chance Bella.
Alors pour répondre à la question que vous vous posez, oui ces camps de reproduction existaient bien, ils étaient la brillante idée de Himmler.
J'espère que ce chapitre vous a plus. Les recherches commencent enfin. Et Bella sans le savoir se rapproche de plus en plus d'Edward…N/R : on a hâte… ou pas !
Kisss
San
