Un chapitre un peu plus long que les autres où des personnes étrangement connues apparaissent. Le mystère s'épaissit un peu plus ! Ne vous inquiétez pas, la suite promet d'être mouvementée ! Je remercie Raggedy Archangel, pour son aide précieuse !

Arrivés devant la fameuse bouche de métro, Donna eut un mouvement de recul. Le terme bouche prenait ici tout son sens, comme l'énorme gueule d'une ancienne créature, tapie, prête à vous avaler.

Elle fut bientôt interrompue dans ses pensées. Un bruit, semblable à un début de rugissement commençait à se faire entendre depuis l'intérieur de la bête. Le Docteur s'arrêta également. Le bruit augmentait, grondant, ronflant et s'apprêtait à déferler sur eux. Le Docteur attira Donna sur le côté.

Très vite, ils commencèrent à distinguer d'où provenait tout ce bruit. une foule de personnes sortait de l'entrée, serrées et aux regards déterminés.

"Une manifestation! " compris Donna.

En effet, en écoutant attentivement, elle pouvait commencer à comprendre l'origine de ce rassemblement au milieu du brouhaha. On entendait vaguement les mots "guerre", "sécurité" et "travail".

Néanmoins le Docteur fut plus rapide qu'elle : "Forcément. Ils ne peuvent continuer de laisser tout cela arriver". Il s'avança vers la foule et réussit à atteindre l'un des manifestants.

" - Dites-moi, pourquoi manifestez-vous ?"

Le manifestant, un jeune homme d'une trentaine d'année était plutôt grand et fin. Il avait les cheveux clairs et les yeux bleus. Donna lui trouvait un drôle d'air, comme s'il ne savait pas trop ce qu'il faisait là. Il répondit:

" - Nos conditions de travail sont heu... déplorables. Nous sommes mal payés et avec la guerre qui... euh... qui approche, cela ne risque pas de s'améliorer.

- Ah donc cela n'a rien à voir avec les disparitions dans cette station alors."

Le Docteur commençait à faire demi-tour quand :

" - Attendez ! Comment êtes-vous au courant de ça?"

Le Docteur sourit :

" - Oh nous en avons un peu entendu parler c'est tout. En vous voyant ici, nous pensions que vous manifestiez à cause de cela...

- Non. Oui. Enfin... -Le jeune homme avait l'air perdu.- Bon. Le but est de faire fermer cette station. Il s'y passe trop de choses étranges et personne n'aime cela. Rajoutez à cela la guerre...

- Oui. Je comprends. Est-ce que vous pourriez nous en parler un peu plus heu...

- ... Jean. Je m'appelle Jean."

Donna remarqua cette hésitation. Décidément cela était étrange. Le Docteur poursuivit :

" - Très bien Jean. Alors dites-moi, depuis quand ces histoires ont-elles commencé ? "

Alors que celui-ci était sur le point de commencer son récit, la compagne du Seigneur du temps jetait un coup d'œil rapide aux alentours. Les manifestants avaient continué leur marche et eux-mêmes s'étant mis à l'écart, le coin était redevenu calme. Ils n'étaient qu'eux sur la place, à l'exception d'une jeune fille rousse au loin, plongée dans sa lecture.

" Tout a commencé il y a quelques semaines. Au départ ce n'était que peu de gens... donc personne n'avait rien remarqué. Puis petit à petit les disparitions ont été plus nombreuses... Surtout parmi les travailleurs. On a fini par faire le lien. Presque tous les disparus devaient être passés par cette station. En regroupant les témoignages, on a compris qu'ils disparaissaient dans cette station. Personne ne les a revus depuis. Ce n'est pas tout. On a de fréquentes coupures de courant, centrées que sur cette station. On ne sait pas ce qui se passe, mais ça à voir avec ce trou, c'est sûr."

Le Docteur qui l'avait écouté attentivement, hochait la tête. Jean poursuivit sur sa lancée:

" - C'est pour ça qu'on manifeste. On ne veut pas alerter la population, mais on veut fermer cet endroit. Nous avons manifesté juste avant la fermeture, pour être sûrs que celle-ci ne ré-ouvrira jamais. Vous comprenez monsieur...

- Smith. John Smith.

- John Smith hein?"

Le jeune homme sourit étrangement. Il reprit :

" - Je dois y retourner monsieur Smith. Je ne voudrais pas manquer la fin de notre marche," Il se tourna vers Donna et la salua, "Madame."

En disant ces mots, il regardait la lectrice et Donna vit le regard d'un homme amoureux. Elle sourit : " Au revoir Jean". Il se dirigea alors vers le chemin qu'avaient pris les manifestants. Quelques secondes plus tard, la jeune femme rousse se levait -quelles jambes longues et fines!- et partit à son tour.

Donna se tourna vers le Docteur :

" - Qu'en pensez-vous ? Il m'a tout l'air de mentir...

- Oh oui. Mais en me donnant exactement les informations dont j'ai besoin.

- Besoin pour quoi ?

- Puisque cette station vient de fermer, je suppose que nous pourrions y faire un tour. Mais c'est peut-être un piège. Grossier, mais un piège..."

Mais Donna connaissait le Docteur depuis quelques temps. Il ne pouvait plus la duper.

" - Vous mourrez d'envie d'y aller n'est-ce pas?

- Des disparitions dans le métro en plein cœur de Paris à la veille de la guerre? Nahhh. Cela ne m'intéresse pas. Pas du tout...

- Qu'est-ce qu'on attends?"

Ce dernier sourit. Un sourire jusqu'aux oreilles. Il se dirigea vers l'entrée du métro, fermée par des grilles :

"Allons-y !"